Lylac rencontre les esprits de la nature…

Telle une allégorie d’un paradis perdu, le nouveau single de Lylac, “The spirits of the wild”, évoque son fantasme ‘Eastwoodien’ des grands espaces sauvages et inexplorés. Fleuretant avec l’idée de la recherche du mythe ultime cher aux artistes californiens…

logo_musiczine

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

DAF - Bimfest 2023
Egyptian Blue

The road to Escondido Spécial

Écrit par
&

J.J Cale est né en 1938. A Tusla, en Oklahoma. Ce n’est donc plus un néophyte. Devenu intemporel, son célèbre hit, "After midnight", a été composé dans les années 60. Au départ, cette chanson n’était que la flip side d’un 45 tours. La version d’Eric Clapton deviendra un succès international (NDR : elle figure également sur son album éponyme, paru en 1970) ; mais surtout va lancer la carrière de JJ. Dont le premier elpee, "Naturally", paraît en 1972. Dans son repaire, loin du monde et surtout des modes, JJ créée son propre style musical, emprunté au blues, au rock, au jazz et à la country : le Tusla sound, une musique qui sera qualifiée de ‘laidback’ ; c’est à dire décontractée, simple et chaleureuse, un style dont il est le porte-drapeau en compagnie de Tony Joe White. JJ s’est retrié depuis un bon bout de temps à Los Angeles, où il se consacre à la composition. Sa rencontre avec Eric Clapton n'est gère surprenante. Eric a toujours apprécié JJ et en emprunte très régulièrement le style laidback. A deux reprises, il a converti des chansons de Cale en véritables tubes : "After midnight" bien sûr, et un peu plus tard "Cocaïne" (NDR : une compo incluse sur l’elpee "Slowhand", gravé en 77). Si cette collaboration n’apporte pas de surprise majeure, elle est surtout l’œuvre de JJ qui signe ici onze plages, ne concédant que deux morceaux à Eric et une reprise. De nombreux invités ont participé à la confection de cet opus. Dont plusieurs gratteurs. Etonnant lorsqu’on sait que les deux artistes sont des virtuoses de la six cordes. Et en particulier Doyle Bramhall II et Derek Trucks, deux membres de l’EC Band, ainsi que John Mayer et Albert Lee. Feu Billy Preston se réserve les claviers (NDR : oui, oui, c’était lui l’organiste qui se cachait derrière les Beatles !). Nathan East ou Pino Palladino la basse.

Empruntons la route d'Escondido, une petite cité sise au nord de San Diego, en Californie, nichée au creux d’une vallée entourée de montagnes rocheuses. Plage d'ouverture, "Danger" est un ‘instant winner’, un titre qui accroche immédiatement, vous pénètre, vous contamine et ne vous lâche plus avant d’avoir épuisé sa dernière seconde. L'orgue omniprésent du regretté Billy Preston introduit cette plage (NDR : il s’st éteint le 6 juin dernier). JJ et Eric chantent en duo, avant qu’une guitare largement amplifiée (celle de Doyle Bramhall II ?) ne fasse son apparition. Mais en toile de fond, la gratte d’Eric entre en scène. Feutrée, elle amorce la conclusion. Une formidable entrée en matière. L'album est ensuite partagé entre ballades, plages rythmées et moments intensément blues. Parmi les ballades, le délicat "Heads in Georgia" est traversé de bien jolies parties de guitares. Intimiste, "Who am I telling you?" s’accroche à la slide du jeune Trucks. Quelques plages plus enlevées affichent une coloration country. A l’instar de l'excellent "When the war is over", enrichi de cuivres, mais également parcouru par la slide de Trucks et les cordes d'Eric. Un des grands moments de l’album. Un morceau qui me rappelle un succès de JJ, intitulé "Call me the breeze". Le violon de Dennis Caplinger et la guitare en picking d'Albert Lee tirent leur épingle du jeu tout au long de "Dead end road". Les parties de cordes qui balaient "Anyway the wind blows" sont manifestement southern rock. En finale "Ride the river" synthétise l’œuvre. Compo assez enlevée, "Missing person" concède des accents sudistes. En particulier sous son aspect instrumental. Les guitares (Doyle, Derek) et les claviers y sont bien mis en évidence. Mais le blues n’a pas été oublié. Et je pense tout particulièrement au "Sporting life blues" de Brownie McGhee. Eric chante cette plage très fin de soirée, un morceau qui bénéficie du concours de Taj Mahal à l’harmonica. Impeccable, "It's easy" évolue sur un tempo bien plus enlevé. Un morceau ‘barrelhouse’, idéal pour la route. Blues intimiste, "Hard to thrill" relève de la plume d’Eric et de John Mayer. Les cordes de ces deux solistes et le piano acoustique de Preston sont bien mis en exergue. Autre blues, "Last will and testament" est caractérisé par les interventions immédiatement reconnaissables de Slowhand. Dans le domaine du roots rock, cet album est vraiment d’excellente facture…

 

Informations supplémentaires

Lu 903 fois
Plus dans cette catégorie : « L'album de la maturité Folk Off »