Récemment disparu, le chanteur belge avait la volonté féroce de graver ‘son dernier album’. Pas un album monté à titre posthume, un vrai nouvel album, enregistré entre l’automne 2021 et le printemps à 2022 à Bruxelles. « Opex », ce sera le titre de cet elpee.…

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Grandma's Ashes et un trio féminin parisien qui pratique une forme de rock alternatif teinté de prog, de stoner, de gothique et… d’humour noir. Après avoir gravé un Ep en 2021 (« The Fates »), le trio sortira prochainement son premier elpee. Il est d’ailleurs…

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vendredi, 13 décembre 2019 17:21

Power chords

Grafic-designer de profession, Mike Krol déserte son bureau à ses heures perdues pour changer d’air et déverser son trop plein d’énergie dans la musique. Trois ans après avoir gravé son précédent opus, le Californien opère son retour en publiant un second album signé sur Merge (Arcade FIre, Lambchop, Destroyer, Dinosaur Jr, ...) Lors des sessions, il a reçu le concours de musicos issus des quatre coins des USA.

A l’instar d’un King Tuff ou du regretté Jay Reatard, Mike Krol maîtrise parfaitement son sujet. Ses morceaux sont sculptés dans un rock garage aussi mélodique qu’énergique. La machine est impeccablement huilée. Et Mike est aussi à l’aise sur les tempos lents que plus rythmés. Sous une production lo-fi, les riffs sont imparables et les refrains judicieusement repris en chœur. Les onze morceaux de “Power Chords” défilent sans le moindre contretemps.

Cet album constitue certainement l’un des meilleurs remèdes au spleen provoqué par le manque de lumière de ce mois de décembre…

vendredi, 13 décembre 2019 17:16

Even in the tremor

Derrière le patronyme Lady Lamb se cache Aly Spaltro. Originaire du Maine, elle a posé ses valises à Brooklyn, il y a près de dix ans. C’est à cette période qu’elle embrasse une carrière en solo et commence à enregistrer. Paru en 2015, son second elpee, « After », lui permet de se produire sur le Vieux Continent, tournée qui va d’ailleurs passer par le Botanique à Bruxelles. Aujourd’hui âgée de 29 ans, elle nous propose donc son troisième opus, “Even in the tremor”, un disque paru sur le label Ba Da Bing.

Tout au long de cet LP, la songwritrice nous raconte des tranches de vie d’une voix bien maîtrisée. Elle évoque ainsi ses racines religieuses sur “Young Disciple” ou relate ses histoires d’amour tout au long de “Deep Love”. Tramées sur sa gratte acoustique, ses compos ont été ensuite enrichies par une instrumentation plus ou moins généreuse, suivant les morceaux. Faut dire que lors des sessions, elle a reçu le concours de brillants collaborateurs, dont Benjamin Lazar Davis (Okkervil River) à la basse et au synthé ainsi que le drummer Jeremy Gustin (croisé aux côtés de David Byrne et d’Albert Hammond Jr). L’opus nous réserve aussi bien des pistes strictement acoustique (“Without a Name”), aux accents clairement pop (“Deep Love”) que copieusement électriques, à l’instar du titre maître. Malheureusement, si les mélodies sont bien construites, il faut regretter qu’Aly en fasse parfois un peu trop, au détriment de sa spontanéité. En outre, la production est tellement léchée que régulièrement, les compositions pêchent par excès de lyrisme.

vendredi, 13 décembre 2019 17:14

Highway Hypnosis

Eva Moolchan, aka Sneaks, a sévi au sein de groupes noise avant d’embrasser une carrière solo. Et lorsqu’on écoute “Highway Hypnosis”, son deuxième LP signé chez Merge, les réminiscences de ce parcours initial sont flagrantes…

Derrière le spoken-word emprunté au hip hop, on a souvent l’impression de se farcir un post-punk sous sédatif. Le format court (rarement plus de deux minutes) des compositions nous le rappelle. L’album ne dure d’ailleurs pas plus d’une demi-heure pour treize titres. L’Américaine développe sur chaque morceau une instrumentation minimaliste alimentée par des éléments électroniques. Souvent le tempo musarde. A l’instar de “Suck like a Whistle” ou encore de ”Addis”, les riffs sont hypnotiques et planants. Cependant, afin de nous extirper de la léthargie dans laquelle l’opus nous plonge, l’Américaine nous réserve des intermèdes plus rythmés comme tout au long de “Holy Cow Saw a Girl Like Her” ou encore “And We’re Off”, au cours duquel des instruments se profilent avant de disparaître aussitôt.

Finalement, il faut bien avouer que le manque de chaleur et de fluctuation des compos, rend cet LP difficile à digérer…

lundi, 16 décembre 2019 11:17

Pony

Orville Peck est un personnage pour le moins énigmatique. Caché derrière des lanières de cuir suspendues à un chapeau, ce cow-boy affiche un look qui ne laisse pas indifférent. Après avoir opéré quelques recherches sur la toile, et réalisé une longue analyse comparative des tatouages, le personnage énigmatique serait Daniel Pitout, le batteur de Nu Sensae, un groupe punk méconnu issu de Vancouver. On apprend également que le songwriter revendique son adhésion au mouvement queer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le mystère qui enveloppe l’artiste a porté ses fruits. Et pour cause, son cocktail de folk et de country a tapé dans l’oreille du légendaire label Sub Pop.

Cette reconnaissance est parfaitement justifiée. Orville Peck parvient à insuffler un souffle de modernité dans sa country. Une country qu’il revisite cependant à la manière de Johnny Cash, tout au long de “Take you Back (The Iron Hoof)”. Et quand il se sert du banjo et de la lap steel sur “Big Sky”. Les éléments contemporains, il les incorpore tout au long de “Buffalo Run”, une plage qui monte progressivement en crescendo ainsi que sur le plus pop “Turn to Hate”. Mais comme ses acolytes du style, Orville Peck aime raconter ses histoires à travers des tranches de vie. D’une voix caverneuse, néanmoins très susceptible de grimper dans les aigus, il relate les stéréotypes du monde des rodéos ou ses amours déchus, quand il n’évoque pas les cow-boys/girls ou son amour pour les plaines arides… Chaque piste nous entraîne au sein d’un univers différent. Et le résultat est tout bonnement épatant…

vendredi, 08 novembre 2019 16:40

Invitation

Très longtemps, Heather Woods Broderick est restée dans l’ombre. Elle a pourtant épaulé des songwritrices comme Sharon Von Etten, Laura Gibson ou encore Alela Diane. Elle a également joué en compagnie de Efterklang et Horse Feathers. Cette multi-instrumentiste est aussi la sœur de Peter Broderick, un artiste connu pour ses albums solos ainsi que pour ses collaborations avec Nils Frahm et… Efterklang (lui aussi).

A côté de tous ces projets, Heather Woods Broderick, aujourd’hui installée dans l’Oregon, a eu le temps de développer le sien. « Invitation » constitue son troisième elpee en dix ans, et son deuxième sur le label américain Western Vinyl (Strand of Oaks, Ava Luna, Dirty Projectors, …) Les onze plages de cet opus sont sculptées dans le folk baroque. L’instrumentation est aussi subtile que variée. Et le tout bénéficie d’une production parfaitement léchée. Derrière sa voix maîtrisée, douce et éthérée, l’Américaine ajoute des cordes, des cuivres, du piano ou encore des nappes de synthés. Plusieurs écoutes sont néanmoins nécessaires avant d’appréhender la richesse des différents titres. Globalement, “Invitation” s’écoule paisiblement sans trop faire de remous. C’est peut-être d’ailleurs là que le bât blesse. Car ses compos manquent cruellement de folie. Difficile de sortir du lot l’un ou l’autre morceau. Si l’écoute de ce troisième opus s’avère agréable, il risque fort de ne pas survivre à l’hiver...

Alors que l’annonce du dernier opus de Tame Impala remplit les pages des gazettes musicales, un autre évènement destiné aux fans de psychédélisme est programmé ce mercredi au Botanique : le concert de Pond. Méconnu dans nos contrées, en témoigne le peu de personnes présentes au sein de l’Orangerie, cette formation australienne compte pourtant en ses rangs d’anciennes pointures de Tame Impala ; à savoir le chanteur Nick Allbrook ainsi que Jay Watson, partis créer ce groupe en parallèle pour y trouver davantage d’espace d’expression. En une dizaine d’années d’existence, la formation a gravé huit albums dont le dernier en date, “Tasmania”, est paru en mars dernier.  

Afin d’assurer sa première partie, le band a choisi Sinead O’ Brien, une Irlandaise établie à Londres…

Il est 21h lorsque les lumières s’éteignent. L’Orangerie est loin d’être remplie. Nick Allbrook prend place au centre du podium. Il est soutenu par quatre musiciens (drums/guitare/claviers/basse). Dès les premières notes, le gringalet met la machine en route. Pond est aussi à l’aise sur une estrade relativement petite (à l’instar de l’Orangerie) que dans un stade. Il faut dire que sa musique s’y prête particulièrement. Et pour cause, certains morceaux s’inspirent indiscutablement d’artistes légendaires du rock, comme les Rolling Stones ou encore David Bowie. D’ailleurs, Allbrook n’hésite pas à adopter les mimiques scéniques de ces légendes. Charismatique, il occupe tout l’espace disponible et n’hésite à empiéter sur celui du public en descendant dans la fosse. Le set nous réserve, bien évidemment, des moments chargés d‘intensité psychédélique, et notamment lorsque Albrook empoigne puis souffle dans sa flûte traversière afin de nous entraîner au cœur d’un univers sonore coloré et enchanteur. En une heure et demie, Pond va nous livrer une jolie synthèse de ses dernières œuvres, dont les tubes issus de “The Weather” (“Sweep Me Off My Feet”, “Fire in the Water”), “Man It Feels Like Space Again”, mais également des plages de son dernier elpee (“Daisy”, “Tasmania”, “Hand Mouth Dancer”).

La prestation de Pond est impressionnante d’efficacité. En outre, ce soir, il a démontré que non seulement sa discographie est excellente, mais qu’il maîtrise parfaitement son sujet et est capable de subjuguer un auditoire, sur les planches. Il n’a ainsi rien à envier à ses comparses antipodaux. Ce soir, les spectateurs présents n’ont certainement pas boudé leur plaisir en assistant à ce concert à taille humaine. Ce qui est devenu impossible pour Tame Impala.

(Organisation : Botanique)

mardi, 29 octobre 2019 17:51

This (is what I wanted to tell you)

Près de 25 ans après s’être lancé en solo, Kurt Wagner, alias Lambchop, continue d’enregistrer des œuvres de grande qualité. Bien que jouissant aujourd’hui d’une solide notoriété, il pourrait graver, à la pelle, des albums réunissant des morceaux de folk/americana. Or, le natif de Nashville a le bon goût de se réinventer, et notamment à chaque nouvel LP.

Sur ce nouvel et quinzième opus intitulé “This (is what I wanted to tell you)”, Kurt Wagner reprend les choses là où il les avait laissées en 2016, lorsqu’il a publié “Lotus”. Il poursuit son exploration en mêlant folk, soul et jazz. Epaulé par Matthew McCanaughan (batteur au sein de Bon Iver) à la composition, il injecte des sonorités électroniques dans son expressions sonore, dont le vocoder est certainement l’outil le plus emblématique, tout en conservant des instruments plus classiques, à l’instar du piano qui occupe d’ailleurs une place centrale. Mais c’est la voix de l’Américain qui domine l’ensemble. Une voix chaude, empreinte de sensualité et de mélancolie. Découpé en 8 plages réconfortantes de sérénité, cet LP s’écoutera volontiers au coin d’un feu de bois, lors des longues et froides nuits d’automne...

mardi, 29 octobre 2019 17:42

Curve of earth

La vie d’Ohtis n’a rien d’un long fleuve tranquille. L’histoire de cette formation a commencé il y a dix ans, lorsque deux amis d’enfance, Sam Swinson (chant/composition) et Adam Pressley (basse/guitare), décident de monter un groupe. Ils composent alors quelques morceaux. Quelques années plus tard, Pressley déménage. Les deux camarades continuent, cependant, d’échanger leur musique à distance. Malheureusement, le projet est interrompu. En cause, les problèmes d’addiction de Sam Swinson. Ce dernier enchaîne d’ailleurs les cures de désintoxication. Rétabli une décennie plus tard, il reprend contact avec son partenaire. Ohtis refait surface, mais en compagnie d’un troisième larron, en l’occurrence Nate Hahn, un multi-instrumentiste qui se consacre notamment à la lap steel, et dont les interventions sont vraiment superbes.

« Curve of earth » constitue donc le tout premier elpee d’Othis. Il est sorti sur le label Full Time Hobby (Tunng, Micah P.Hinson), un opus court mais efficace, au cours duquel Jacco Gardner apparaît comme le récit d’expiation de Sam Swinson. Sous une musique à l’allure joyeuse, l’Américain relate ses problèmes d’assuétudes et aborde l’endoctrinement religieux. Si l’expression sonore privilégie le country/folk, le long playing alterne pistes plus rythmées, comme « Rehab » et « Black Blood », et d’autres plus paisibles, à l’instar de « Junkie Heaven », « Diggin » ou encore « Little Sister ». Excellent, « Runnin » est en outre, paru en single. Bref, un LP agréable à écouter et pour lequel on ne peut qu’espérer une suite rapide…

mardi, 29 octobre 2019 17:36

Brutal

Toujours à la recherche de sensations fortes et inspirées, la moitié féminine du groupe helvétique Peter Kernel, Barbara Lehnhoff, alias Camilla Sparksss, est de retour cinq années après gravé “For You The Wild”. Intitulé “Brutal”, son nouvel elpee lui permet d’épancher ce qu’elle a sur le cœur.

A travers neuf morceaux, la Canado-Suisse nous propose une musique électronique alimentée par différentes influences. A l’aide de collages de sons multiples et variés ainsi que de rythmiques plus ou moins soutenues, elle nous emmène dans un monde riche en émotions. Un univers partagé entre ténèbres, colère et mélancolie. Les deux premières plages, “Forget” et “Are You ok ?”, intègrent des éléments orientaux. Passé une intro tout en douceur, “Womanized” se mue en hymne à la cause féministe. D’ailleurs, chaque morceau révèle ses spécificités. On n’a donc pas le temps de s’ennuyer.

mardi, 29 octobre 2019 17:32

Honey

Ecouter ”Honey“ n’est pas de tout repos. Lungbutter se plaît à casser les codes à travers un album bourré d’énergie. Si à première écoute, on a l’impression d’être en présence de débutants incapables de torcher la moindre mélodie, au fil du temps, on se rend compte que le trio féminin réunissant Ky Brooks (voix), Kaity Zozula (guitare) et Joni Sadler (drums) jouit d’une certaine expérience sur la scène canadienne ; et qu’en outre, les Montréalaises ont notamment pu compter sur le concours de Radwan Ghazi Moumneh (moitié de Jerusalem in my Heart) pour produire cet opus, dans des conditions proches du ‘live’. 

En résulte onze pistes sculptées dans un noise-rock déstructuré. Les mots posés (ce n’est jamais réellement du chant) par Ky Brooks et la couche de guitare triturée rappelle les titres les plus expérimentaux de Sonic Youth. Hormis la fougue et l’intensité des pistes, il est difficile de leur tracer un quelconque fil rouge. Ainsi, après un bon quart d’heure, il faut bien avouer que l’on perd pied. Lungbutter a certainement davantage à offrir sur les planches…

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