Le duo français Équipe de Foot sortira son troisième album studio "Geranium", le 10 juin 2022. Un tandem qui fait peu à peu partie de la nouvelle vague du rock français, juste à côté de groupes comme Lysitrata ou Johnny Mafia. Alors que ses deux premiers…

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Stéphane Reignier

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samedi, 30 avril 2022 09:09

La vraie vie de Buck John

Quelques mois à peine après la sortie de son dernier album studio, « Baby Love », Jean-Louis Murat est de retour. Et il nous propose son 21ème elpee, « La vraie vie de Buck John ».

Si le titre évoque un célèbre cowboy héros de bandes dessinées publié dans un fascicule éponyme et tiré des films de l’acteur américain de western, Buck Jones, ne vous attendez cependant pas à tomber dans les poncifs d’un univers folk/blues.

Sur le fond, la figure stylistique empruntée par Bergheaud (à l’état civil) reste dans la même veine que ses ouvrages précédents.

A ceci près que, bricolé durant le confinement, Murat s’est fixé comme contrainte de n’utiliser que deux ou trois instruments (vous n’y entendrez pas de basse), l’unique intervention extérieure se limitant à celle de son complice Eric Toury, à la batterie, à la prise de son et au mixage.

L’Auvergnat réunit tous les éléments pour proposer un produit intéressant : un grain de voix séducteur, un groove funky (« Battlefield »), des gimmicks sautillants (« Où Geronimo rêvait ») et des mélodies inspirées par la thématique de l’amour. L’utilisation sporadique de synthétiseurs et sons typés ‘années 80/90’ (« Marylin et Marianne »), permettent aussi de souligner subtilement cet habillage en lui communiquant un caractère plus contemporain.

Pourtant, dans sa globalité, si le disque répond aux exigences de l’artiste et est traversé par des courants de bonne humeur (?!?!?), il fait figure pâle. Si, objectivement, il n’est pas déplaisant, il n’est probablement pas celui dont on parlera le plus. Pour plusieurs raisons.

Outre le minimalisme de la durée (une trentaine de minutes seulement), le disque souffre d’un manque de corps et fait preuve d’une certaine légèreté, même si l’une ou l’autre chanson s’en tire plutôt bien.

Et puis l’ensemble s’avère un peu trop linéaire. Tout en laissant un goût d’inachevé. Murat se complairait-il dans la facilité ?

Alors oui, en matière de goûts musicaux, il faut parfois se faire une raison. Lorsqu'on aime, tant mieux, mais lorsqu'on n'aime pas… difficile d’être objectif.

samedi, 09 avril 2022 15:21

Les Gens d’Ere 2022

Né d’une initiative peu commune entre une bande de copains qui, pour fêter la fin des examens, avaient décidé de boire un godet autour d’un peu de musique dans l’enceinte d’un hangar, le festival ‘Les Gens d’Ere’ a décidemment bien grandi depuis 1998.

Malgré son importance et un line up à faire rougir, ce festival est parvenu à garder à l’esprit un côté intimiste, bon enfant et une mixité sociale rarement observée dans ce genre d’événements.

A l’instar de l’année précédente, les festivités s’étalent sur trois jours.

On ne change pas une équipe qui gagne ! Raison pour laquelle, le principe des trois jours est maintenu.

Le line up de cette année est riche en diversités et très susceptible de satisfaire un large public dans le cadre verdoyant qu’est le cœur de la Wallonie Picarde (à 10 minutes du centre historique de Tournai).

Vendredi 29 Juillet

Kendji Girac, Henri PFR, Doria D, Ykons, Zenith, Neg'Marron, Youssef Swatt's

Samedi 30 Juillet

The World Of Queen, Mister Cover, Lemon Straw, S!MON

Dimanche 31 Juillet

Christophe Maé, Cali, Mustii, Delta, Stephane, Cephaz, Elia Rose, Bric & Broc, Awissa

Rendez-vous donc le dernier Week-end de juillet (29-30-31)

Plus d’infos sur : https://www.lesgensdere.be/

Après deux annulations pour cause de crise sanitaire, cette fois sera la bonne :  le Festival au Carré sera de retour en 2022 du jeudi 30 juin au samedi 9 juillet. À vos agendas !

Théâtre, musique, créations, concerts, spectacles dans l’espace public, fêtes, convivialité et gastronomie : tous les ingrédients pour ouvrir l’été à Mons seront au rendez-vous !

Plus d’infos d’ici quelques jours...

https://surmars.be/evenement/festival-au-carre/

vendredi, 08 avril 2022 16:10

Human Flare

Succédant à « Wild Jalopy Of The Mist » (2016) et « Camouflage » (2020), deux albums qui lui a valu de très nombreuses critiques favorables, Alaska Gold Rush s’émancipe encore davantage de ses fondamentaux en gravant un « Human Flare » accompli.

Présents sur la scène rock belge depuis 2014, Renaud Ledru (guitare, chant) et Nicky Collaer (batterie) s’exposent singulièrement tout au long d’un patchwork animé et psyché conjuguant deux talents hors normes.

Enregistrés et mixés à Bruxelles par Gaethan Dehoux (Témé Tan, BRNS), et bien qu’évoluant entre folk et garage, les titres de ce troisième elpee nous plongent au sein d’un univers théâtral, énergique, délirant mais subtil, tout en traçant des lignes mélodiques aérées sur fond de rythmes syncopés. Parfois l’ombre de Kings Of Leon se met quand même à planer.

Minimaliste mais précis, solennel mais sobre, « Human Flare » s’inscrit cependant totalement dans son époque, et peu importe que les compos adoptent un profil léché (« My Hands ») où tonitruant (« Arsonist »).

Bref, une affaire à suivre.

Rien n’arrête la marche de Mes Souliers sont Rouges jamais les deux pieds dans les mêmes galoches !

Toujours prompts à défricher de nouvelles partitions, ils se réinventent grâce à des compositions originales et des chansons écrites sur mesure pour leur 8e album qui vient sceller le renouveau du groupe déjà bien engagé depuis 2018.

Si les instruments restent traditionnels, le groupe réserve bien des surprises, en servant, par exemple, de la cornemuse, merveille de déchirement dans l’ode à la « Demoiselle ». Ils nous racontent des choses terribles à l’aide de mélodies rafraîchies par le violon, ensoleillées par l’accordéon ou traversées par la flûte « Ah ce que c’est triste ! ».

Les histoires drôles se prêtent à leurs chœurs tendres. Ils jouent avec les mots à double, triple sens, plus virtuoses que jamais de la diction dans les accélérations. L’agilité rivalise avec la précision des arrangements pour délivrer toute la finesse des textes de Marion Cousineau.

Florent Vintrigner (la Rue Ketanou) donne le ton à de nouvelles couleurs sonores pour se préoccuper du monde d’aujourd’hui. Si ‘le temps s’en va’, doux-amers, l’harmonica et le banjo finiront par s’emballer en compagnie de la contrebasse et la planche. Mes Souliers sont Rouges conserve sa bonne humeur pour entraîner inlassablement le public dans la sarabande.

La tournée annonce un beau Printemps 2022 dont un spectacle conçu et mis en scène avec Perrine Diot, chansigneuse, qui devient membre à part entière de la formation.

Les mélomanes et les fêtards, les vieux, les jeunes, les anciens comme les modernes, les gars, les filles, tout le monde s’y retrouve dans la musique traditionnelle anticonformiste de Mes Souliers sont Rouges et finalement s’en mêle...

De loin en proche, fort de ses 30 années au compteur, le phénomène folk alternatif reste d’actualité !

Hauts les chœurs et cœurs vaillants, l’aventure continue… et le clip de « Maraîcher mon ami est à savourer ici

 

mardi, 05 avril 2022 13:32

Et de 66 pour Wim Mertens…

Wim Mertens vient de sortir son nouvel elpee. Intitulé « Heroïdes », il s’agit de son 66ème. Cet opus s’inspire des Heroïdes, un recueil de poèmes par l’aède latin Ovide, sous forme de lettres adressées par des héroïnes de la mythologie (Sappho, Pénélope, Hermione, …), à leurs amants héroïques qui sont absents (Phaon, Ulysse, Oreste, …) à cause de guerres ou d’autres raisons de séparation.

« Heroides » se présente sous la forme d’un double album : le premier pour piano et voix et le second lui répondant avec un ensemble de cordes (violons, cellos, harpe), enrichi par Mertens au piano. Ces lettres restées pour la plupart sans réponse sont ce que l’on pourrait appeler des petites tragédies. La tragédie de la séparation avec l’être aimé, de la douleur d’un amour impossible à partager, de lendemains sans promesses.

Tout au long de « Heroides », le compositeur a choisi de répondre musicalement à ces monologues en présentant les mêmes compositions pour deux instrumentations différentes. Comme un miroir qui répond à la douleur de l’absence, comme un écho à ces chants d’humble solitude, comme un hymne à des retrouvailles.

En 2020, la célébration de 40 ans de carrière de Wim Mertens devait trouver son apogée lors de la tournée ‘Inescapable’. Mais un certain virus est passé par là … et le projet du périple s’est évaporé.

En 2022, Wim reprend la route des salles de concert pour notre plus grand plaisir...

Lien d’écoute

 

mardi, 05 avril 2022 13:31

La face rock de Pierre Rapsat…

Pierre Rapsat avait plus d’une corde à son arc. Bien sûr, il était un mélodiste de grand talent : de « L’enfant du 92ème » à « Les rêves sont en nous », Pierre pouvait composer des chansons dont les mélodies fortes nous poursuivent encore, 20 ans après sa disparition (il nous a quittés le 20 avril 2002).

Il pouvait aussi écrire des chansons qui nous touchent comme « Aurore » ou « Un dimanche en automne » ; composer des mélodies sur des textes écrits par d’autres auteurs de talent, notamment avec Eric Van Hulse : « Les artistes d’eau douce », « Gémeaux ».

Il aimait profondément le travail de création en studio où il prenait plaisir à entendre éclore les nouvelles perles de son prochain album. Mais tout le monde s’accorde à dire que son grand ‘Art’ était d’être sur scène, face à son public, porté par un bon band. ll se transformait alors en ‘bête de scène’ particulièrement lorsqu’il interprétait ses chansons les plus rock.

Après « Well cut », le premier album de Gengis Khan (1970) dans lequel il n’était ‘que’ le bassiste, Pierre n’a pas laissé tomber ses influences rock. Bien au contraire. La presse l’a identifié à l’époque comme un des tout premiers à faire du rock en français ; et on sait qu’avoir raison avant les autres n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

La compilation « Face Rock » met en valeur une collection de titres rock de toutes les époques où les guitares, les bonnes basses et les batteries n’ont rien à envier aux groupes anglo-saxons qui en fin de compte n’ont pas le monopole du genre. C’est étonnant et vivifiant d’entendre tous ces titres musclés enchaînés ; ça fait du bien, ça donne envie de bouger et ça décrasse bien les oreilles !

« Face Rock » paraîtra ce 15 avril 2022.

mardi, 05 avril 2022 13:26

Les non-dits de Roseland…

Deuxième long format après « To Save What Is Left » paru en 2020, “Unsaid Words”, le nouvel album de la Bordelaise Roseland (de son vrai nom Émeline Marceau) s’annonce comme une belle sortie du printemps 2022.

Composé en grande partie pendant le confinement de l’hiver-printemps 2020, il dévoile un véritable patchwork d’émotions et de couleurs qui placent directement sa créatrice à mille lieues des modes et styles musicaux trop facilement codifiés ou codifiables par le diktat du marketing médiatique.

Ses contours pop, synthétiques, électroniques ou parfois presque post-rock habillent avec élégance une voix qui susurre autant qu’elle (s’) emporte et viennent gorger ses mélodies d’une sensibilité aussi lumineuse que mélancolique. Particulièrement riche et dense (12 titres), l’album est ainsi à l’image de sa pochette : moderne, pluriel et virevoltant.

Au fil des titres, la musicienne évoque aussi le poids du regard des autres et notre rapport à l’altérité, comme sur l’élégante ballade pop “Wasted”, composée piano-voix (qui suit un narrateur sans-abri), ou “All I Want”, chanson d’idolâtrie au synth-rock enivrant. Ailleurs, elle souligne aussi l’importance des gestes face à une parole parfois trop vaine pour s’exprimer (“Unsaid Words”).

Enfin, si la peur de la perte a par ailleurs toujours pignon sur rue dans les thématiques textuelles de Roseland (l’amnésie racontée sur le krautrock entêtant de “Stop”, la mort à travers le vocoder fantômatique de “Silence”), la Bordelaise met également de la lumière dans sa musique en nous faisant encore croire à l’amour bienveillant et à l’espoir d’un avenir optimiste et apaisé (sur la pop mélancolique de “Glide Time” ou la léthargie enchanteresse de “Let It Go”).

Douze titres de synth-rock exaltant qui pourront parfois rappeler les pérégrinations sonores de M83, Radiohead, St Vincent ou Sharon Van Etten et leur conférer une esthétique raffinée et moderne, séduisante à tous points de vue.

“Unsaid words” est en écoute ici 

On croit l’avoir toujours entendu alors que Baptiste Ventadour a vingt et un ans. Pourtant, quand il chante ‘On va tenter la vie en grand pour la beauté du geste’ c’est une évidence absolue.

L’élan folk irrésistible d’une douze cordes, la clarté des émotions, la ferveur d’une voix de bluesman juvénile, la limpidité des intentions.

Ses chansons semblent courir dans une rue de village, de bistrot en bistrot, dans une nuit à guitares, sur un quai en attendant le train…

Des chansons qui prennent la main, qui se partagent d’instinct, qui sont prêtes à tracer la route.

Pour découvrir le clip d’« Une vie », son troisième single, c’est ici

Intitulé « L’insaisissable », le nouvel elpee de Pierre Welsh & the Oaks est paru ce 25 mars 2022. Le groupe dévoile, en outre, une magnifique vidéo pour accompagner le titre « Le Geste, La Grâce ». Réalisée par Robin Shuffield, elle met en scène la danseuse de l'Opéra de Lyon Kristina Benz.

Le clip illustre l'intention du texte en présentant le groupe, immobile, les regards fixes, à contre-jour. La danseuse incarne la grâce par le geste, et danse autour des personnages figés, qui peu à peu s'animent, d'abord furtivement… puis les instruments apparaissent et la formation se met en mouvement, emmenée par les arabesques de la danseuse. C'est la grâce qui régénère et ramène à la vie, au mouvement, au rythme de la pulsation. Par le choix d'un faux noir et blanc (des tonalités sont noires sur fond blanc, mais le clip est en couleur), le contre-jour qui fait ressortir les silhouettes, l'intention était de créer une atmosphère élégante et mystérieuse, très graphique, et légèrement inquiétante au début.

A la fin du titre, les personnages se sont humanisés, l'inquiétude laisse la place à quelque chose de plus lumineux, les mouvements des corps s'inscrivent dans ceux de la musique.

Le choix d'une danseuse de formation classique, mais capable d'improviser, de convoquer la danse contemporaine en toute liberté était déterminant.

Elle apporte une interprétation de la grâce qui conjugue très finement la pureté à une sensualité naturelle et subtile. L'âme et le corps... et un regard qui semble dire : ’Je sais où je veux vous emmener, alors suivez-moi...’.

Le clip de « Le Geste La Grâce » est à voir et écouter

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