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vendredi, 24 novembre 2017 15:40

Palestine Blues

Chanteur/guitariste, Lew Jetton vit aujourd’hui dans le Tennessee. Ce qui ne l’empêche pas de présenter la météo sur une chaîne de télévision locale, à Jackson. Ses débuts, il les a accompli dans le Kentucky voisin, au sein de 61 South, à partir de 1994. Et il va finalement en devenir le leader. Depuis le début de ce millénaire, le band à gravé quatre elpees, dont ce "Palestine blues", qui reflète une période difficile traversée par Jetton, ces 10 dernières années. Une décennie au cours de laquelle il a été confronté aux addictions à l'alcool et aux drogues, à la dépression, à la frustration et à l'absence de travail! "Palestine" est un quartier de Paducah qui abrite une communauté urbaine où il vit! La Palestine est aussi bien sûr un lieu de conflit, c'est un peu ce qu'il a vécu lui-même. Dix épisodes personnels, qui bénéficient, pour l'essentiel, du concours de la section rythmique de 61 South ; en l’occurrence le batteur Erik Eicholtz et le bassiste Otis Walker.

"Will I go to hell" pose d’emblée une question existentielle. Introduite par des sonorités de cordes empruntées à John Lee Hooker, la plage est rapidement contaminée par l'harmonica percutant de J.D. Wilkes (NDR : il a autrefois, milité au sein de 61 South et se consacre, depuis de nombreuses années, au chant, chez les Legendary Shack Shakers). Un brûlot abordé à la manière d’un boogie. Les riffs rythmiques sont puissants tout au long de "Oh my my", un rockin' blues dont le vocal solide ouvre la voie à envol enflammé sur les cordes. Ballade roots, "For the pain" est un morceau savoureusement suranné. Remarquable, la voix de Letton rappelle parfois celle du Van Morrison de la grande époque. Des riffs ‘rollingstoniens’ découpent "Mexico", une piste aux tonalités southern rock. Excellent ! Shuffle entraînant, "Sold us out" annonce le retour de J.D. Wilkes à l'harmonica ; et ses interventions sont toujours aussi saignantes ! Imprimé sur un mid tempo, "Don't need no devil" macère dans le delta. Les percus d’Erik tirent parfaitement leur épingle du jeu, alors que la voix est possédée et autoritaire. Très soudée, la section rythmique balise le troublant "Christ have mercy". Elle talonne les cordes du leader qui crachent des notes menaçantes. Roots/rock, "Drama" ne manque pas de charme. Une compo qui se singularise par l’excellente intervention vocale. Et l’elpee de s’achever par "Bout time", un blues/rock rapide et de toute bonne facture…

 

jeudi, 26 octobre 2017 12:15

R.I.P. Fats Domino

Antoine Domino Jr, alias Fats Domino, est décédé de mort naturelle chez lui, ce 25 octobre 2017, à Harvey, de l'autre côté du Mississippi, à la Nouvelle Orléans. Là où il avait reconstruit sa maison après le passage de l'ouragan Katrina, en 2005.

C'est dans la grande cité musicale du sud qu'il était né. Le 26 février 1928 février. Il était donc âgé de 89 ans. D'origine créole, il a appris à jouer du piano dès son plus jeune âge.

Ce grand amateur de blues et de boogie-woogie avait été repéré par un chercheur de talent, le trompettiste/compositeur Dave Bartholomew. Il est signé dès 1949 par le label Imperial. Fats portera sera d’abord considéré comme un artiste de rhythm & blues avant de devenir l'un des pionniers du rock'n'roll.

Fats Domino a énormément enregistré et à décroché de nombreux succès, à l’instar de "Blueberry Hill", "I'm walkin'", Ain't that a shame", Josephine" et bien sûr "Lady Madonna", sa reprise des Beatles.

Il restera définitivement l'un des plus grands noms du rock'n'roll noir auprès de Chuck Berry et Little Richard.

 

mardi, 24 octobre 2017 17:35

Calling Nashville

Le blues/rock de Trevor Sewell rencontre une certaine popularité de l'autre côté de l'Atlantique. Pourtant, ce chanteur/guitariste est britannique. Au sein de l’Albion, il s’est surtout forgé une notoriété comme musicien de studio. Sa discographie personnelle est quand même conséquente et recèle même des hommages rendus tantôt à Mark Knopfler, Robert Johnson et même Freddie King. Sous-titré "An Americana Adventure", ce nouvel elpee a été enregistré au studio Sound Emporium de Nashville, soutenu circonstancielle ment par une section rythmique, basse/batterie. Trevor signe les onze plages.

Blues/roots assez complexe, "Some day" entame les hostilités. Le trio est ici épaulé par Kellen Michael Wenrich, au violon. Des chœurs soulignent la voix éraillée de l’artiste qui dispense des riffs de guitares largement amplifiés. Des interventions qui se révèlent surprenantes, hantées par le Mark Knopfler de Dire Straits, tout au long de la ballade folk/rock "Mountain of gold". Superbe ! Un spectre que l’on retrouve sur "Matter of time", un roots/rock cool au cours duquel Trevor se révèle un excellent gratteur. Chargé de jazz et de swing, "Fade to grey" (NDR : rien à voir avec le tube de Visage !) est une longue compo. Sewell partage les vocaux avec Janis Ian, particulièrement notoire dans l’univers du folk. En outre, cette dernière double au piano. Blues lent plutôt laidback, "Long time ago" se distingue par un bel échange vocal entre l’Anglais et l'admirable Tracy Nelson (NDR : fin des sixties, elle militait chez Mother Earth, à San Francisco). La guitare passe à l’offensive sur "You ain't what I'm looking for", un blues rapide inspiré par Freddie King. Piste nerveuse aux accents rock, "Stand next to him" est le théâtre de beaux échanges entre le violon et la guitare. En finale, Janis Ian revient aux ivoires, pour le tendre et mélancolique "Shadows"…

 

mardi, 24 octobre 2017 17:28

Break the Chain

Doug MacLeod est un bluesman notoire, mais également un conteur. Originaire de New York, il a pas mal bourlingué. Agé de 71 balais, il s’est établi depuis quelques années, à Los Angeles. Il a décroché plusieurs Blues Music Awards, notamment celui de meilleur artiste blues acoustique, en 2016 et 17. Son premier elpee, "No road back home", remonte à 1984. Depuis, il a publié une belle volée d’albums. En ‘live’, il relate ses histoires et contes, en se servant du blues. Et c’est de nouveau le cas sur ce "What the blues mean to me", un opus enregistré au sein du studio californien Skywalker Sound. Doug est toujours inspiré par les aléas de la condition humaine à travers ses douze compositions personnelles. Il joue seul ou en formule duo, trio voire quartet, selon les plages. Y participent donc, suivant les pistes, ses musiciens ; en l’occurrence le batteur Jimi Bott (ex-Blues Survivors, Mighty Flyers, Fabulous Thunderbirds), le bassiste Denny Croy et le percussionniste Oliver Brown.

"Goin' down to the Roadhouse" ouvre le bal. Armé de son bottleneck, MacLeod part à la recherche de besoins primaires, comme manger, boire, danser ou parler à quelqu'un pour briser sa solitude. Il est cependant rapidement rejoint par sa section rythmique. Doug déclame les lyrics de "Mr Bloozeman", un blues autobiographique, ponctué par une excellente sortie sur les cordes. Et également tout au long de "Who's driving the bus?", un boogie primaire hanté par John Lee Hooker. "Lonesome feeling" relate une expérience de relation amoureuse dont il porte la responsabilité de la rupture, un downhome blues flemmard qui charrie une bonne dose de misère et de tristesse et qu’il chante seul, en s’accompagnant à le National Resophonic. Instrumental, "One for Tampa Red" rend hommage à ce grand bluesman du delta qui a sévi avant la deuxième guerre mondiale. Interprété a cappella, le holler "Going home" opère un retour aux sources du blues. "Break the chain" clôt cet opus. Il aborde le thème du cycle de la violence familiale et de ses abus. La famille MacLeod, Doug et son fils Jess, s’y partagent voix et cordes. Une œuvre qui transpire d’authenticité! 

 

mardi, 24 octobre 2017 17:27

Feet back in the door

Surnommé le ‘Godson of Soul’, Johnny Ray Jones est issu du Sud de la Californie. "Feet back in the door" constitue le premier elpee de ce chanteur. Un disque dont la confection a nécessité pas mal de temps. Et pour cause, les premières sessions remontent à 1995, lorsque ses amis musiciens, Tony Braunagel, Marty Grebb, Joe Sublett et Johnny Lee Schell l’avaient rejoint pour mettre en boîte quatre titres. Et les sessions n’ont repris qu'en 2015 et 16. Il vient donc enfin de sortir ! Et a bénéficié de la coproduction de Johnny Ray, Tony Braunagel et Jimmy Lee Schell, deux requins des studios blues à Los Angeles.

L'opus s’ouvre par le titre maître, une compo soul écrite par Arthur Adams, un bluesman de couleur noire, issu du Tennessee. La voix passe bien la rampe et l’expression sonore, enrichie par le concours des Texicali Horns, en l’occurrence le saxophoniste ténor Joe Sublett et le trompettiste Darrell Leonard, est impeccable. Signé Sam ‘Bluzman’ Taylor, seul rescapé des sessions de 1995, "Hole in your soul" évolue dans un registre proche du Memphis R&B, une piste au cours de laquelle Coco Montoya se montre particulièrement incisif à la guitare. Mike Finnigan s'illustre à l'orgue et au piano tout au long de "Come up and see me sometime", une plage qui baigne dans le même style. "High coast of loving" est un r&b au charme certain. La voix est superbe et Johnny Lee Schell se réserve un envol sémillant sur ses cordes. Il est toujours à la gratte pour "Hard times won", un Chicago blues inspiré par Willie Dixon, que souligne Jimmy Powers (NDR : il a milité au sein du backing group de Buddy Guy) à l’harmo et Lenny Castro aux percus. "Love-Itis" est un titre cosigné par Harvey Scales, Albert Vance et Rudy Jacobs. Il avait été repris par les Sonics, mais surtout a été popularisé par le J Geils Band. Les cuivres et les ivoires tirent parfaitement leur épingle du jeu tout au long de cette version très rythmée, alors que la voix de Johnny Ray emprunte des inflexions à Bryan Ferry. Johnny Lee libère toute sa sensibilité lors de la reprise du "I'm a bluesman" de Z.Z Hill. Et pour celle du "A certain girl" d'Allen Toussaint, Tony Braunagel imprime le tempo alors que Joe Sublett brille au saxophone ; le tout au sein d’une atmosphère néo-orléanaise. Une dernière cover clôt ce long playing. En l’occurrence le "Hearts have turned to stone" de Leon Russell. Explosive, elle se distingue par les interventions offensives au piano de Finnigan.

 

mardi, 24 octobre 2017 17:24

The Nashville Sound

Originaire de Green Hill, dans l’Alabama, ce chanteur/compositeur est âgé de 38 ans. Ce fan de Neil Young et Bob Dylan vit cependant à Nashville, depuis 2011. Il a sévi au sein du band américain de roots/rock, Drive By Truckers, de 2001 à 2007, après avoir bossé dans le fameux studio Muscle Shoals. Jason a gravé son 1er elpee solo, "Sirens of the bitch", en 2007. Il décide alors de poursuivre cette aventure en solitaire. Son quatrième opus, "Southeastern", est primé aux Americana Music Awards, dans les catégories album, chanson et artiste. Tout comme l’opus suivant, "Something more than free", paru en 2015. Outre sa carrière individuelle, Jason Isbell enregistre et se produit en compagnie d’un backing group qu’il a baptisé 400 Unit, une formation qui réunit les musiciens de Muscle Shoals, également établis en Alabama. "The Nashville Sound" constitue déjà le 3ème elpee de ce team. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au sein du studio A de RCA, à Nashville, sous la houlette de Dave Cobb.

Ballade country/americana, "Last of my kind" ouvre la plaque. La voix de Jason est superbe. Il chante en s’accompagnant à la sèche, avant que les instrumentistes n’entrent en action, c’est-à-dire Derry deBorja aux claviers, Sadler Vaden à la pedal steel et Amanda Shires, l'épouse d'Isbell, au violon. Nonobstant son refrain contagieux, "Cumberland gap" est une plage plus sauvage et largement amplifiée, entretenue par des cordes relativement déjantées. Soutenu par la voix d’Amanda, Jason chante, d’une voix claire et pure, la tendre ballade "Tupelo", une plage au parfum honky tonk, traversée par une pedal steel aux sonorités chaudes et métalliques. "White man's world" véhicule un message manifestement sociopolitique. Délicat, le tempo est pourtant imprimé par la section rythmique, alors que d’excellents échanges s’opèrent entre la slide d'Isbell et le violon de Miss Shires. Dès l’ouverture d'"Anxiety", la pression se révèle permanente. Une fresque de près de 7' dominée par la voix de Jason, très susceptible de rappeler celle de Neil Young. Les orchestrations sont élégantes, les claviers de deBorja atmosphériques, et au bout de 5’, on assiste à une rupture totale dans le style. Un choix, manifestement à renouveler ! Ballade americana, "Molotov" est enrichi d'arrangements délicats. "Hope the high road" s'ouvre par des riffs rythmiques ‘rollingstoniens’, une plage de roots/rock à la fois mélodique et musclée, mais qui ne manque pas de charme ; et au cours de laquelle la slide et l’orgue sont bien mis en exergue. Excellent ! De bonne facture, cet opus s’achève par une ballade bluegrass entretenue par deux voix, un violon et des cordes acoustiques…  

 

mardi, 24 octobre 2017 17:22

Good morning Midnight

Agé de 63 ans, ce chanteur/guitariste est originaire de Tulsa, dans l’Oklahoma. Au cours des 80’s, il a émigré à Los Angeles. La décennie suivante, il monte son blues band et publie ses premiers elpees, "Chains of love", en 1993 et "Live at Joey's", en 1995. Il retourne ensuite chez lui, à Tulsa. Depuis, non seulement il tourne constamment, mais il soigne sa discographie. Son dernier opus, "Elevator man", était paru en 2015. "Good morning Midnight" a été enregistré dans l'Oklahoma. Un disque pour lequel il a de nouveau reçu le concours du producteur/compositeur Walt Richmond, un personnage qui a notamment bossé pou JJ Cale et Eric Clapton. Lors des sessions, de nombreux musiciens de studio sont venus apporter leur collaboration.

Ex-Bob Seger and The Silver Bullet Band, Chris Campbell se réserve le micro sur "Sanctified", le morceau qui ouvre l’opus. Puissante et éclatante, sa voix réplique à celle de  Marcy Levy, une ancienne choriste d'Eric Clapton. Perçante, la guitare d'Ellison finit par se poser avant d’occuper tous les espaces libres. Talonné par ses notes courtes et tranchantes, Scott chante comme un possédé l’enlevé "No man's land". Signé par son ami Steve Pryor, disparu depuis une année déjà, "Last breath" constitue certainement une des meilleures plages du long playing. La voix de Scott est plus claire. Il se consacre à la slide alors que Brad Absher (NDR : membre de Swamp Royale) se réserve la guitare baritone. Reggae/blues, "Hope and Faith" est tapissé par l’orgue Hammond de Danny Timms (NDR : il a milité au sein des backing groups de Willie Nelson et Kris Kristofferson). "Mysterious" baigne également au sein d’un climat exotique, une piste qui aurait pu figurer au répertoire de Clapton. Blues/rock classique "Another day in paradise" nous entraîne à Chicago. Imprimé sur un mid tempo, le soul/blues "You made a mess" est chargé de feeling. Guitare et orgue son bien mis en exergue sur "Good morning midnight", un blues enlevé souligné par les interventions à l’harmo de Junior Markham, un ami de Tulsa ! L’intro de "Tangled" emprunte des riffs rythmiques ‘rollingstoniens’, une plage au cours de laquelle Scott opère une sortie très remarquée à la slide. Instrumental, "Wheelhouse" change radicalement de style. Tout en swing, ce jazz jump est judicieusement illuminé par le piano de Danny Timms, la trompette de Mike Bennett et le trombone de Steve Ham. Blues urbain largement amplifié, "Big City" met le cap sur Memphis, les interventions de gratte évoquant carrément Albert King. Cet LP s’achève par "When you loves me like this", un shuffle transpercé par l'harmonica de Markham et caractérisé par un dernier envol généreux sur les cordes…

 

mardi, 24 octobre 2017 17:19

Stay above water

Américain, Scottie Miller est membre du Minnesota Blues Hall of Fame. Son expérience ? Il l’a forgée lors des tournées accomplies auprès du légendaire Bo Diddley. Depuis 2008, il milite également au sein du backing group de la chanteuse texane Ruthie Foster. Il est avant tout pianiste et puise son inspiration majeure au sein des tempos et rythmes de la Nouvelle Orléans. Il joue également de l'orgue, de la guitare et de la mandoline. Si Miller privilégie le blues et le rock, il aime teinter ces expressions sonores de soul, r&b, jazz, country ou funk. Il a monté son SM Band en l'an 2000 ; et cet opus constitue déjà son dixième ! Il a été enregistré chez lui à Minneapolis. Son backing group implique le drummer Mark O'Day, le guitariste Patrick Allen et le bassiste Dik Shopteau. Miller signe les douze plages et se réserve la mise en forme de cet album!

Bien carré, "Burned all my bridges" ouvre a plaque. La voix de Scottie est autoritaire. Piano et sax baryton contribuent au rythme de cette plage au cours de laquelle les cordes de Patrick finissent par s'illustrer. Allen se réserve un bel envol sur "Keep this good thing going", un funky r&b de toute bonne facture qui bénéficie du concours de Ruthie Foster au chant. Scottie et passé à la mandoline pour le titre maître, un roots rock musclé. Mais se la réserve également sur "Same page", une piste qui nous conduit dans le Sud et "Falter", un southern blues qui ne manque pas de charme, les interventions au piano et au chant lorgnant même vers Greg Allman. Allègre, entretenu par le piano, l’orgue, les cuivres et la guitare, "It better groove" est un r&b qui baigne au sein d’un climat particulièrement néo-orléanais, un morceau au cours duquel les percus de Mark O'Day libèrent une bonne dose de groove. "Let's what you do" adopte un profil funky r&b. "Come along" constitue certainement un des meilleurs titres de ce long playing. Scottie vocifère. Ou presque ! Lourdes, les percussions dirigent la manœuvre tandis que la basse est bien mise en exergue. Et lorsque les riffs de gratte s’infiltrent dans le tempo, c’est pour nous guider au cœur d’un périple aux accents orientaux.

 

mercredi, 18 octobre 2017 12:39

Approved by snakes

Jason Ricci est considéré comme l'un des harmonicistes contemporains les plus doués encore en vie. Agé aujourd’hui de 43 ans, il a déjà séduit plusieurs générations de mélomanes passionnés par son instrument. Originaire de Portland, dans le Maine, il s’établit à Memphis, en 1995, où il opère officiellement ses débuts et publie un premier LP éponyme. En 2002, il monte sa propre formation, Jason Ricci & New Blood. Le band publie alors deux elpees pour le label californien, Eclecto Groove. En 2011, Jason met le cap sur la Nouvelle-Orléans. Ce qui lui permet d’expérimenter un mélange de blues, jazz et funk. En 2015, il recrute un nouveau backing group, The Bad Kind. Et deux ans plus tard, il signe chez Ellersoul, une écurie dynamique basée à Washington. Il y grave alors un premier opus, "Approved by Snakes". Le line up de son nouveau combo implique des musicos locaux chevronnés ; en l’occurrence, le guitariste John Lisi (NDR : ce spécialiste du Delta Funk a notamment apporté son concours à Dr John, Cyril Neville et Bryan Lee), le bassiste Andy Kurz, le second gratteur Sam Hotchkiss, et le drummer Adam Beaumol. Tout au long des 80’ de ce long playing, Ricci ne fait pas dans la demi-mesure. Les plages sont longues. En outre, ses lyrics traitent des divers problèmes qui rongent l'artiste : addiction aux drogues, sexualité perturbée ou encore expériences sociales diverses.

La basse cède rapidement le relais à l'harmonica pour amorcer "My true love is a dope whore" (Trad. : Ma vraie passion est une p***** de drogue). Le climat est étrange. La voix est déclamatoire. De cris participatifs traversent l’espace sonore. Les guitares dispensent une succession de sons secs et tranchants avant que de vifs échanges entre l’harmo de Jason et les cordes de Hotchkiss interviennent. Funky/blues, "Something just arrived" est une jam techniquement impressionnante. Les interventions à l’harmo sont à la fois bouleversantes et novatrices. "Demon lover" démarre très lentement. Susurrée, la voix pénètre progressivement au sein d’une atmosphère dépouillée d’où émergent les cordes réverbérées et des accès de basse souples. La voix véhicule un sentiment de mal-être et même d'épouvante. L’intensité monte graduellement jusqu'au moment provoqué par l'envol de l'harmonica. Plage la plus courte, "My mom's gonna yell at you" est aussi celle qui manifeste l’impact le plus direct. Particulièrement rythmée, elle est interprétée en chœur et se distingue par ses sonorités de guitare rock diablement efficaces. "My broken toy" constitue une fameuse tranche de vécu pour Jason, un blues lent presque classique au cours duquel Lisi nous réserve un envol remarquable et bouleversant, sur ses cordes. Dans la foulée, l’implacable "I fink you freaky" se convertit au rap, grâce à la collaboration de la formation sud-africaine Die Antwoords. "Listen here" est la plus longue plage du long playing. Signée par le saxophoniste de jazz Eddie Harris, cette jam adopte un format jazz/funk afin de mettre en exergue le talent des différents musicos : le bassiste, les guitaristes, le drummer et l’harmoniciste. Autre cover, "Terrors of nightlife" est issu de la plume de Dax Riggs, le vocaliste du groupe de death metal Acid Bath. La version est superbe. Torturée, envoûtante, soutenue par celle de Jenny Langer, alias Black Betty, la voix du leader force le respect, alors que les cordes de Hotchkiss se chargent d’une belle intensité et d’une dose d’émotion rare. John Lisi brille encore aux cordes tout au long du funky blues exotique, "Got cleaned up". Du funk et du blues qu’on retrouve sur "I'm too strong for you". Un album vraiment original !

 

mercredi, 18 octobre 2017 12:38

Wrangled

Il n’existe aucun lien familial entre Angaleena et Elvis. Originaire du Kentucky, cette chanteuse/compositrice est âgée de 40 ans. Son créneau ? La country ! Depuis 2000, elle est citoyenne de Nashville, la Music City, reconnue comme capitale de ce style musical. Elle y a milité au sein de The Pistol Annies, en compagnie d’Ashley Monroe et de Miranda Lambert, un trio féminin qui a récolté un succès certain à l’époque. En 2015, elle publie son premier opus solo, "American Middle Class", sous la houlette de son époux, Jordan Powell. "Wrangled" constitue donc son second elpee. Un disque qui réunit douze compositions. Oscillant entre sonorités modernes et surannées, elles baignent au sein d’une forme d’americana, largement teintée de country et parfois parfumée de blues.

"Creams don't come tru" ouvre la plaque, une ballade country harmonieuse, signée par les Pistol Annies. Fluette, la voix de Mrs Presley est soulignée par les interventions réverbérées de la pedal steel. La voix accroche facilement tout au long du plus pop "High school", une compo old school, réminiscente des juke-boxes qui ont bercé les années 50. Le long playing nous réserve plusieurs ballades country pour cow-boy. A l’instar d’"Only blood", une piste empreinte de charme. De "Wrangled", une chanson tendre, légèrement soul, qui agrège cordes acoustiques et électriques. Ou encore du savoureux latino pop "Outlaw". Paradoxalement, "Country" est imprimé sur un tempo dynamique, particulièrement rock'n'roll. Mais si les polyphonies vocales sont judicieuses, la parenthèse rap passe moins bien la rampe. Le long playing recèle donc également l’une ou l’autre titre blues. Dont le nerveux "Mama I tried", au cours duquel les percussions sont bien à l'avant-plan, alors que bien amplifiée, la gratte s’intègre parfaitement à l’ensemble. Puis "Good girl down". Amorcée par des accès de basse acoustique et chargée de swing, cette solide plage se distingue par ses percus judicieuses et ses cordes amplifiées. Angaleena interprète aussi l'émouvant "Cheer up little darling", une chanson signée Guy Clark, célèbre chanteur texan de country disparu en 2016. Après une intro hispanisante, une mandoline soutient la voix posée de Miss Presley. Cocktail vivifiant de hillbilly et gospel, "Motel Bible" clôt cet opus. Une composition de country swing lancé au galop et qui met bien en exergue la pedal steel.

 

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