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Jean-Claude Mondo

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mercredi, 18 octobre 2017 12:36

No black no white just blues

De son véritable nom William K. Hermes, Lightnin' Willie est chanteur/guitariste. Originaire du Texas, il s’est cependant établi du côté de Los Angeles. Il a forgé son expérience sur les planches, d’abord en se produisant au sein des petits clubs locaux, puis sur les scènes internationales, à l’instar du Royal Albert Hall de Londres. Flanqué de ses Poorboys, il a publié plusieurs albums, au cours des années 90 et 2000.

"No black no white just blues" est paru chez Little Dog, le label du guitariste et producteur Pete Anderson, un personnage qui, dans le passé, a notamment bossé pour Dwight Yokham, Lucinda Williams et Michelle Shocked. Outre son concours comme instrumentiste, Anderson se charge d’ailleurs de la mise en forme. Lors des sessions, qui se sont déroulées au studio The Nest à Glendale, Willie a reçu le concours de nombreux amis musiciens.

Le son proposé par cet artiste est plutôt original. Imprimé sur un tempo nerveux, "Can't get that stuff" ouvre la plaque. Les ivoires de Dona Oxford sont bien mises en exergue, mais c’est la voix relativement corrodée mais cool de Willie qui émerge. "Eyes in the back of my head" élève le rythme. La voix colle de nouveau parfaitement au morceau. Pete Anderson souffle dans son harmo, alors que le solo de gratte permet au gratteur d’afficher tout son doigté. Blues lent classique, "Locked in a prison" est enrichi par les interventions au saxophone de Ron Dziubla, balisé par le piano de Dona Oxford et tapissé chaleureusement par l’orgue Hammond. "Sad 'n blue" nous entraîne en Louisiane. L'accordéon de Skip Edwards fleure bon le zydeco de cet état du Sud. Le vocal correspond remarquablement bien à ce type de blues feutré et nonchalant, proposé par l'artiste. Et il le démontre une nouvelle fois tout au long de "Note on my door", une plage caractérisée par une sortie parcimonieuse et réaliste sur les cordes. Des cordes qui se révèlent à nouveau intéressantes sur "Heartache", un swamp blues hanté par Slim Harpo. Blues/rumba aux accents exotiques, "Phone stopped ringing" nous transporte dans le Chicago Westside cher à Otis Rush. Jerry Olson procure l’assise rythmique à la compo, alors que la gratte parvient à allier sobriété et éclat. Ballade blues, "Thinking of you" fait penser à… B.B King. De bonne facture, cet elpee s’achève par "Shake that snake", un boogie mené à la texane...

 

mercredi, 18 octobre 2017 12:34

Necronomidonkeykongimicon

Fondé en 2005, Goblin Cock est issu de San Diego, en Californie. Il est drivé par le chanteur/guitariste Rob Crow, qui a choisi pour pseudo, Lord Phallus (NDR : pourquoi pas !), et implique le second gratteur Lick Myheart, le bassiste Tinnitus Island, le drummer The Reg et le claviériste Loki Sinjuggler. Avant de publier ce " Necronomidonkeykongimicon", le combo avait gravé deux albums. Le premier en 20015, et le deuxième, en 20018. L’attente a donc été longue avant de voir paraître ce nouvel elpee. Ne dépassant jamais les 4’, les 13 plages ont signées par Rob Crow. Le métal de Goblin Cock est entretenu par des guitares qui impriment un mur du son constitué de riffs largement amplifiés. Les vocaux ne sont ni hurlants ni criés ; ce qui rend l’expression sonore agréable à l’écoute…

Dès "Something haunted", on est mis au parfum. L’intro est particulièrement métallique. Tout en rythmique, la guitare toise le tandem basse/batterie ; et le chant s’élève alors, au sein d’une atmosphère enrichie de sonorités synthétiques. Les plages se fondent les unes dans les autres, alternant régulièrement le tempo. Les titres les moins rapides sont probablement les meilleurs de l’opus. A l’instar de "Stewpot's package", de "Flumed", une plage caractérisée par un chant qui tient en haleine ainsi que des riffs lourds et menaçants. Et encore "Your watch", un titre paradoxalement dominé par des interventions d’orgue. Coup d’accélérateur pour "Bothered". Les musicos sont bien soudés pour attaquer cette compo ; probablement la plus immédiate et aventureuse (NDR : ces effets sonores !) du long playing. Et "Struth" est de la même trempe. Instrumental, "The dorse" met en exergue la force percussive de The Reg. "World is moving" nous réserve un peu de douceur dans cet univers métallique. Solennel, "Buck" clôt cet LP. Un morceau qui se distingue par ce contraste étonnant entre la voix tendre et presque new wave, la rythmique tendue et les claviers synthétiques…

 

mercredi, 18 octobre 2017 12:33

Lubbock (on everything)

Terry Allen est issu de Lubbock, au Texas. Agé de 74 ans, il vit désormais à Santa Fé. Non seulement, il s’est forgé une belle notoriété comme sculpteur, peintre, dessinateur et vidéaste, mais il est également chanteur/compositeur de country. En outre, il a influencé des grosses pointures comme Jeff Tweedy et Lucinda Williams. Entre 1975 et 20014, il a gravé 8 albums. Et "Lubbock (on everything)", constitue son deuxième. Il était paru en 1979, sous la forme d’un double 33 tours! Terry célèbre donc ses 50 ans de carrière en rééditant cette œuvre, sans doute la plus représentative de son univers sonore, mais sous la forme d’un cd. Et les morceaux ont été remasterisés. Le disque est enrichi d’un fort intéressant livret de 50 pages, rédigé par David Byrne. Terry signe donc toutes les plages. Il se consacre au piano et au micro. Il est soutenu par une belle brochette de musiciens, dont Lloyd Maines qui se consacre à la pedal steel, au dobro, au banjo, à la mandoline ainsi qu’aux grattes acoustique et électrique.

L'ouverture "Amarillo Highway" plante déjà fort bien le décor. Une plage purement country, tout au long de laquelle piano, pedal steel et violon (NDR : celui de Richard Bowden) sont bien mis en exergue. "Highplains Jamboree" est une très jolie ballade véhiculant un maximum de douceur. Allen nous parle du Panhandle, une région, sise au Nord du Texas, non loin du Nouveau Mexique et de l'Oklahoma. A l’époque, il la sillonnait en empruntant les autoroutes qui relient Amarillo et Lubbock. Il tente même de chanter en français sur "Oui (A french song)" et "RendezVous USA", un morceau qui, bercé par l’accordéon de Ponty Bone, baigne au sein d’un climat ‘Vieille France’…

Le second volume semble plus intéressant. A cause de la diversité des styles et d’une instrumentation plus recherchée. Exotique et chaleureux, "Cocktails for three" est entretenu par la guitare fluide et jazzyfiante de Luis Martinez et les cuivres aux colorations latines ! Dixieland, "High horse Momma" s’enfièvre aux sons du banjo, du tuba, de la trompette et du trombone. Joe Ely se réserve l’harmo sur le très rythmé "New Delhi Freight Train", une invitation à accomplir un périple par la voie du chemin de fer. Très en verve, Terry se consacre au piano sur cette plage hantée par JJ Cale. Jesse Taylor brille aux cordes tout au long de "Flatland Farmer", un country blues enlevé. Enfin, l’accordéon balaie la ballade tex mex "My Amigo"…

 

mercredi, 18 octobre 2017 12:32

IV

Fondé en 2013, Spidergawd est issu de Trondheim, en Norvège. Le line up réunit le chanteur/guitariste Per Porten, le saxophoniste Rolf Martin Snustad, le batteur Kenneth Kapstad, et le drummer (NDR : un ex-Orango) Hallvard Gaardlos. Baptisé "IV", le nouvel opus fait tout simplement suite à "Spidergawd" (2014), "II" (2015) et "III" (2016). Fruit d’un mélange de hard rock et de métal, sa musique est parfois teintée de psychédélisme. Elle est même très susceptible de rappeler toute une génération de metal bands anglais qui ont sévi dans le passé, à l’instar de Judas Priest ou Iron Maiden. C’est d’ailleurs ce que la formation déclare. L’elpee réunit 8 plages.

Hard rock musclé, "Is this love...?" ouvre le bal. Les riffs de gratte sont puissants et la voix colle parfaitement à l’ensemble. "I am the night" embraie dans le même registre. Les musicos sont bien soudés. Généreux mais rigoureux, les envols de gratte sont astucieusement explorés. Les musiciens chantent en chœur "Loucille", une plage plus élaborée, mais qui ne manque pas de charme ; et un saxophone vient communiquer opportunément une touche progressive à l’ensemble. Excellent! Orignal, "Ballad of a millionnaire" se distingue par sa section rythmique à la fois solide, féroce et implacable. Ce qui n’empêche pas le sax de libérer toute sa puissance. Imprimé sur un tempo rapide, "What have you become" opère un retour au rock, une piste impitoyable caractérisée par son envol final sur les cordes, particulièrement saignant. "What must come to pass" bénéficie d’une excellente intro. Amorcée par le saxophone et relayée par l’harmonica, la piste est ensuite soumise au pouvoir des riffs épais et lourds, réminiscents de bands légendaires, même si davantage chiadé, le break de guitare ose s’aventurer dans une forme de psychédélisme, mais parfaitement maîtrisé… Retour au hard rock classique pour "Heaven comes tomorrow", une compo qui rappelle quelque part Thin Lizzy, mais sans la voix de Phil Lynott. Curieux, mais la finale, "Stranglehold", s’ouvre sur un riff rythmique emprunté au group de space rock, Hawkwind, alors que criarde, la voix est davantage adaptée au heavy metal…

 

vendredi, 13 octobre 2017 17:40

Swamp Rock Country Blues

Issu d’Hamilton, dans l’Ontario, TG, de son véritable nom Tim Gibbons, est chanteur, guitariste et compositeur. Il a baptisé son backing group du patronyme Swampbusters. Soit une section rythmique constituée du bassiste Swampy Jo Klienfeltr et du batteur Patch. Le blues/rock du trio macère au sein des marais louisianais. Le combo avait publié un premier opus en 2015, "Swamp Tooth Comb". L’expression sonore n’a recours à aucun artifice et ne s’embarrasse guère de subtilités techniques. Elle privilégie l’impact direct. Et volontairement décontracté !

TG souffle dans son harmonica avant d'emprunter paisiblement les trois accords basiques du blues, avant de hausser le rythme pour aborder "Honky Tonk song", un swamp blues proche du style de Jimmy Reed. Sa voix est persuasive. Manifestement, il a de l'expérience ; d’ailleurs, Swampy et Jo n'ont plus qu'à suivre leur leader! Blues lent très donwnhome, "Five minutes past midnight" est introduit par des notes fluides. Nonchalant, le vocal reflète le climat lourd du Sud profond. Rock implacable, "One hundred proof blues" est balisé par une rythmique stonienne. On imagine même la silhouette de Tim se dodelinant frénétiquement derrière son micro, tel un Mick Jagger envoûté. Récréatif, "She always ate her crackers in bed" nous replonge dans le delta. Un blues/roots primitif entretenu par les cordes acoustiques et l’harmo. Une rythmique lourde et puissante domine "Pitching a tent". Le spectre du ZZ Top originel se met à planer et nous entraîne sur les pistes poussiéreuses du Texas. Et quoique proches du boogie, "Twist my rubber arm" et "Cranberry corners" sont également hantés par le célèbre trio de Houston. La basse de Swampy Joe pilote "Whiskey woman", une plage hypnotique qui baigne dans les swamps. Et c’est plutôt le fantôme de Tony Joe White qui se met ici à rôder. Enigmatique, "The devil gets his due" se singularise par un vocal flemmard. A contrario, enthousiaste, Tim force la voix sur le southern rockin' blues "Georgia rollin' stone", face aux cordes dédoublées. Blues particulièrement basique, "Baby sin" s’enfonce une dernière fois dans les marais tout en libérant un maximum d'énergie. Le long playing se referme par "She gave me the blues", un delta blues paisiblement acoustique…

 

vendredi, 13 octobre 2017 17:35

This ain't New York

Mercy John est néerlandais. Il pratique une forme de roots qu’il a baptisé ‘Dutch americana’. Chanteur et guitariste, il compose son propre répertoire. Pour enregistrer ce "This ain't New York", il a reçu le concours de Gabriël Peeters, à la production et aux claviers. Des sessions qui se sont déroulées au studio Uncle Gabe's Sound. John se revendique volontiers de Tom Petty, Bruce Springsteen et Ryan Adams. Enfin pour l’esprit !

L’elpee s’ouvre par le titre maître, une ballade country/folk, qu'il interprète d'une voix à la fois belle expressive. Elle est soutenue par les ivoires de Kirsten Boersma, alors que Rolf Verbaant soigne la mélodie à l’aide de sa pedal steel. Fermez les yeux, ouvrez grandes vos oreilles, "Don't leave me now", "Better to be safe" et "Shock" sonnent plus Tom Petty que nature. Excellent ! "Back home" met bien en exergue les cordes de Verbaant. Ballade country, "Break apart with me" atteint le parfait équilibre entre cordes acoustiques et réverbérées produites par la guitare baritone à l'écho étonnant ; alors que la voix de John n’a jamais été aussi proche de celle de Ryan Adams. "God made an awful mistake" emprunte son intro à Joe Cocker, même si le timbre vocal est plus clair ; un blues lent amplifié dominé par la pedal steel. La fin de parcours foisonne de douces ballades. Dont le dépouillé et raffiné "The rain", que Rolf souligne de ses interventions harmonieuses, à la guitare. "Lost" ensuite. "Endless summer" encore. Un titre tapissé par l’orgue et le piano. Et enfin, la longue finale, "Strangers". Abordée dans l’esprit de Neil Young, elle se singularise par sa guitare enchanteresse. John et Kirsten chantent en duo "Alcohol and rage", une piste americana, illuminée par les sonorités métalliques de la pedal steel.

 

vendredi, 13 octobre 2017 17:32

Crawling back

Si ce trio breton s’inspire du blues, on peut affirmer que sa démarche est fondamentalement rock. Le line up implique le chanteur/guitariste/compositeur Robin Millasseau, son frère Mathias à la basse et Klet Beyer à la batterie. En avril 2015, le trio avait publié "Wicked", un Ep éponyme autoproduit. Depuis, la formation tourne sans cesse afin de se forger une expérience mais également une propre identité. Au cours de cet hiver, les trois musicos se sont enfermés au sein du studio Near Deaf Experience, afin de composer un nouveau répertoire destiné à alimenter un nouvel Ep 6 titres. Et de toute évidence, Wicked a sensiblement progressé.

Le titre maître ouvre la plaque. Fort rythmique et très présente, la sonorité de guitare évolue le plus souvent sur le fil du rasoir. La voix s’intègre parfaitement dans un ensemble à la fois homogène et percutant. Tapissé par l’orgue de Thomas Schaettel, "You can die" baigne au sein d’un climat hypnotique, une piste au cours de laquelle la ligne de basse profonde favorise les envols de gratte relativement déjantés voire acides. Paisible, l’intro d’"Everyday" met en relief la voix expressive de Robin avant qu’il ne cède le relais aux acteurs du rythme. Et si l’orgue de Thomas s’intègre harmonieusement à l'ensemble, les cordes réverbérées de Robin finissent par déraper dans un délire fuzz et trash. La combinaison entre la guitare et l'orgue est savoureuse, et nous replonge parfois dans l’univers d’Iron Butterfly, une formation californienne qui à surtout marqué la fin des sixties. Dès que le vocal a libéré "Back in town", les musiciens s’enfoncent au cœur d’un climat chaotique et impitoyable. Mais hantée par le Robert Fripp rouge, la guitare de Millasseau finit par émerger. Des riffs lourds et menaçants s’invitent au sabbat noir de "Colors". "Be your slave" clôt le long playing. Un titre plus blues mais aux accents power pop. La section rythmique étale toute sa richesse. Et les harmonies vocales célèbrent une forme de mariage, plutôt énigmatique…

 

vendredi, 06 octobre 2017 12:37

R.I.P. James Thornbury

James Thornbury, alias James T, est décédé ce 1er octobre 2017, des suites d'une leucémie. Originaire de Cincinnati, ce chanteur, guitariste et harmoniciste de blues avait milité chez Canned Heat, de 1985 à 1995. Il vivait depuis en Australie.

James T est impliqué sur six albums de Canned Heat, notamment "Re-Heated", paru en 1989 et "Internal Combustion", en 1995. 

lundi, 11 septembre 2017 16:42

Silence in the City

A l’origine, Linda et Mats Brandemark avaient fondé Lighthouse. Le couple avait gravé un excellent album en 2014. Eponyme, il était le fruit d’un savoureux cocktail entre americana, country et pop. Le duo a ensuite recruté trois nouveaux musicos. En l’occurrence le guitariste Tobias Bergström, le batteur Thomas Bjerklünd et le bassiste Marc Gransten. Et dans la foulée, le patronyme a été transformé en Lighthouse Sweden. Pas étonnant, quand on sait que le quintet est suédois.

"Love can seriously damage your heart" lorgne manifestement vers Dire Straits ; et tout particulièrement lorsque Tobias libère ses accords de guitare. A cet instant, on croirait entendre un Mark Knopfler au sommet de sa forme. Et il brille à nouveau sur le plus pop "Neon signs", une plage au cours de laquelle la voix de Linda est tellement proche de celle de Blondie. Mats récupère le micro sur le délicieux blues rythmé "Everybody's been a fool", avant que Linda la rejoigne, alors que l’ensemble est entretenu par l'harmonica de Derrick Big Walker et le piano électrique… Dans le même esprit, le classieux "We used to be lovers" se distingue par une excellente sortie sur les cordes. L’opus recèle plusieurs plages country, dont "Basier to life" une ballade romantique qui met en exergue la pedal steel, la sèche et l'orgue de Felix von Feilitzen, invité pour la circonstance. La slide se substitue cependant parfois à la pedal steel. Plage entraînante, "Hole in my soul" se singularise par ses harmonies vocales en couches ; mais également par une intervention remarquable à la guitare, accordée dans un climat blues. L’harmo et le sax d’Olaf Slund dynamisent le rock "Silver & Gold". "Angel" clôt cet LP. Un titre folk interprété d’une voix pure, lumineuse et simplement belle par Linda, réveillant en mon for intérieur le souvenir de Sandy Denny, la vocaliste de Fairport Convention, disparue depuis déjà près de 40 ans…

 

dimanche, 27 août 2017 12:32

Right place, right time

Issu de Boston, Monster Mike Welch est un guitariste un hyper doué. Depuis son plus jeune âge, il sillonne les circuits de blues. Il milite chez The Bluetones, le solide backing group du chanteur/harmoniciste Sugar Ray Norcia.

Mike Ledbetter nous vient de Chicago, un endroit idéal pour pratiquer le blues. Il milite au sein d’une formation locale, le Nick Moss Band, comme gratteur rythmique.

"Cry for me baby" ouvre la plaque. Sculptée dans le Chicago blues cette compo enlevée figurait au répertoire d'Elmore James. Légèrement nasillarde, la voix de Ledbetter est surprenante. Insatiable, la six cordes la talonne, alors que les interventions au piano d'Anthony Geraci (Sugar Ray Bluetones) tapissent l’ensemble. L'intro d’"I can't please you" sert de rampe de lancement à un r&b cuivré, au cours duquel les cordes de Welch atteignent une nouvelle fois les sommets. Chicago shuffle, "Kay Marie" est une plage entraînante. Les notes dispensées par Anthony Geraci, aux ivoires, sont à la fois belles à pleurer mais aussi hantées par son maître, le regretté Pinetop Perkins. Du blues 5 étoiles ! La performance vocale n'est pas banale tout au long du "I can't stop baby" de Willie Dixon, un titre popularisé par un des leaders du Chicago Westside, Otis Rush. Welch démontre une nouvelle fois sa parfaite assimilation du style, alors que les saxophones de Sax Gordon et de Doug James colorent l’expression sonore. Le "How long can this go on?" de Junior Parker est imprimé sur un tempo vivace, proche du boogie. Mike Welch et Laura Chavez (NDR : c’était la soliste du backing group de la regrettée Candye Kane) se partagent les envols de cordes. Constituée de l’ex-Fabulous Thunderbirds Ronnie James Weber (NDR: impliqué aujourd’hui chez Rick Estrin & The Nightcats) et Marty Richards (Duke Robillard Band), la section rythmique est d'une solidité à toute épreuve. Ledbetter signe "Big Mama" et "Can't sit down", deux excellentes plages, au cours desquelles Geraci se sublime aux ivoires. Blues lent, "I'm gonna move to another country" est issu de la plume de Welch, un classique enflammé par la voix de Ledbetter qui flirte avec les aigus. Monster peut tout se permettre sur ses cordes tant il a assimilé toutes les ficelles du style ! Le "Cryin' won't help you" de Tampa Red et le "Goodbye baby" d'Elmore James sont deux excellentes reprises. La première nous plonge dans le Westside ; et elle de nouveau est si proche de l’univers d'Otis Rush. La seconde nous entraîne au cœur du downhome blues, une piste qui se distingue par sa slide chargée de feeling. Un des sommets de cet opus ! Caractérisée par ses échanges entre Mike et Laura Chavez, "Brewster Avenue Bump" clôt cet elpee, une piste instrumentale signée Welch, mais abordée dans l’esprit de Freddie King. Manifestement, "Right place, right time" constitue un des meilleurs albums de l’année !

 

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