Les textes candides mais positifs de Sea Girls…

Ce quatuor londonien –composé de Henry Camamile (chant, guitare), Rory Young (guitare), Andrew Dawson (basse) et Oli Khan (batterie)– s'impose par sa franchise rafraîchissante, ses mélodies accrocheuses et des paroles candides et positives. En outre, Sea…

logo_musiczine

L’ostréiculture de Quivers…

La formation australienne Quivers sortira son troisième long playing, « Oyster cuts », ce 9 août 2024. Ses deux premier elpees ont été salués par les musicos de R.E.M. ! Faut dire que sa jangle pop rêveuse et délavée par le soleil est parfois susceptible de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

billy_talent_ab_03
Jane's Addiction - 04/06/...
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 27 août 2017 12:12

Blue again

Américaine, Janiva Magness chante le blues et la soul. Et malgré ses 60 ans, elle ne manque ni de charme, d’allure ou de présence. Au fil de sa carrière, elle a accumulé une fameuse expérience. Mini album partagé en 6 pistes, "Blue again" en revient au blues, une musique qu’elle considère comme vraie et basique. Dave Darling en assure, de nouveau, la mise en forme. Et lors des sessions, elle a pu compter sur le concours du réputé Zach Zunis et de l’ex-Eulogies (NDR : un groupe rock issu de Los Angeles) Garrett Deloian, aux grattes.

"I can tell" démarre en force. Adaptée par des tas d'artistes, dont Dr Feelgood et les Fabulous Thunderbirds, cette piste figurait également au répertoire de Do Diddley. Janis la chante d’un timbre profond qui transpire de vécu. Invité, Kid Ramos se charge de la six cordes, et le résultat est épatant ! Blues lent, "I love you more than you'll ever know" est issu de la plume d'Al Kooper. Cette compo date de l’époque où il militait chez Blood, Sweat and Tears. Arlan Schierbaum la tapisse de son orgue, alors que particulièrement affûtée, la guitare de Zunis est empreinte d’une grande sensibilité. Signée Etta James, "If I can't have you" est une ballade blues au cours de laquelle la voix de Javina et celle de Sugaray Rayford (NDR : chanteur chez le band californien The Mannish Boys, ce Texan possède un baryton littéralement magique) se conjuguent, alors que Zach Zunis se réserve une sortie impériale sur ses cordes. Très jump, le "Tired of walking" d'Eddie Hinton est imprimé sur un tempo enlevé. Tout est parfaitement en place. Les interventions de gratte sont alertes. Janiva peut sortir ses griffes ! "Buck" figurait au répertoire de Nina Simone. La version est davantage roots, paisible même. Miss Magness est épaulée par son époux, T.J Norton, à l’harmonica. Le "Pack it up" de Freddie King clôt cet opus. Un r&b légèrement funky qui colle parfaitement au timbre de la native de Detroit, bien épaulée par la le va et vient incessant opéré par la guitare de Zunis. Excellent!

 

dimanche, 27 août 2017 12:11

Almost Free (Ep)

Ce trio français a été fondé en 2013 par Fabien Guidi, un guitariste/chanteur/compositeur âgé de 23 printemps. Le line up du band implique le drummer Julien Hubert et le bassiste Pierre-Yves Ternoise. Avant de publier cet Ep, le combo avait gravé un premier opus. Baptisé "The story of Sharky Jones", sa pochette était illustrée par la photo du légendaire Robert Johnson, mais dont la tête avait été remplacée par un crâne.

Le drumming de Julien précède une intervention de gratte aux accents métalliques inspirée par le Delta. Elle s’épanouit et meurt au cœur de la section rythmique parfaitement soudée. La voix est grave, lugubre, fantomatique. L’atmosphère devient sombre et angoissante. La basse reste collée aux cordes. On se sent littéralement absorbé. Ce psycho delta blues est vraiment classieux ! Ce tourment se poursuit tout au long "Deadly life". La rythmique est invasive. Les riffs de gratte sont versatiles et perçants. La guitare Resonator ouvre la voie à "Almost free", une piste qui se révèle rapidement le théâtre de ce mal-être persistant. La joie de vivre ne semble pas appartenir au monde musical de Jamwalkers. Des cordes acoustiques sereines introduisent "If I were" ; mais cette douceur apparente se transforme ensuite en une rage de vivre nerveuse. La technique affichée par Guidi, sur son manche, est à la fois excellente et irrésistible. Après une longue intro, "Hate blues" entame une transe psychédélique impitoyable qui s'étend sur plus de 7'. La voix s’avère toujours aussi ténébreuse. Tout au long de ce blues de la haine et de l'impossible, les petits envols des cordes demeurent pourtant accrocheurs et mélodieux. Impressionnant !

 

dimanche, 27 août 2017 12:10

Apocalipstick

Après avoir publié le très prometteur elpee "A real fine mess", en 2014, le duo de Vancouver nous propose son second, "Apocalipstick". Pour l’enregistrer, le chanteur/harmoniciste Shawn Hall, alias The Harpoonist, et Matthew Rogers, aka The Axe Murderer, préposé à la guitare, à la basse et aux synthés, ont reçu le concours de quelques musicos, dont le producteur John Raham, aux drums et percussions. Originale, la musique se caractérise par ses arrangements complexes, ses recherches sur les sonorités et un travail constant sur les voix. Faut dire que pour la circonstance, Shawn est entouré par pas moins de sept autres vocalistes. Le résultat est plutôt coloré, à l’instar de l’illustration de la pochette, qui reproduit des lèvres multicolores. Coloré voire psychédélique, car le climat est propice à l’aventure et au voyage. Bien sûr, l’opus n’est pas englouti sous un flot de guitares acides, mais balayé par une folie orchestrale sonore…

D'ailleurs, des tonalités chiadées, dispensées par les synthés de Matthew, ouvrent la voie à "Get ready", une piste dont la rythmique bien marquée rappelle le Bo Diddley beat. John Raman déverse de solides percus. Une rythmique qui se révèle bien nerveuse sur "Nancy", un morceau dominé par l'ensemble vocal. Et si les sonorités de la guitare sont découpées au rasoir, le refrain adopte un profil accrocheur, pop même. Un riff rythmique appuyé balise "Forever fool". La voix de Harpoonist s’y révèle autoritaire. Des cordes réverbérées introduisent "I'm back", un blues contemporain, caractérisé par des harmonies vocales élaborées. Mr Hall chante nerveusement "Pretty please", un rock singulier au cours duquel harmonica débridé et percus sont à l’offensive. Et d’une voix pure, "Treat me kind", une jolie ballade roots enrobée de chœurs et découpée dans les cordes acoustiques. L’opus nous réserve encore toute une série de brèves compos complexes et bien fignolées qui explorent judicieusement les parties vocales. A l’instar de l’allègre "Marianne". Souligné par les brefs jaillissements d’harmo, la voix s’impose sur "Father's son", un morceau au cours duquel la guitare trafiquée de Matthew prend son billet de sortie, en entraînant dans son élan les claviers de Geoff Hilhorst. La finale est excellente. Le chant slalome entre percussions et synthés, à la rencontre des autres voix. Mystérieuse et éclatante, cette aventure psychédélique est décidément peu ordinaire !

 

dimanche, 27 août 2017 12:09

Play Music & Dance

Godboogie est un super groupe torontois de blues/rock. Il est drivé par Jerome Godboo, un des tous meilleurs harmonicistes canadiens. Il s’est entouré de musiciens brillants. Eric Schenkman (Spin Doctors) se consacre à la guitare baritone. Shawn Kellerman (NDR : on ne compte plus les expériences vécues par ce vétéran qui milite actuellement au sein du backing groupe de Lucky Peterson), également à la gratte et à la basse. Gary Craig (Blackie and the Rodeo Kings), aux drums. La discographie de Jerome est conséquente. Il a ainsi publié onze albums personnels, dont le dernier "Sanctuary City", avait déjà été bénéficié de la participation d’Eric et de Gary. Godboo assure l'essentiel des parties vocales. C’est également le principal compositeur. Enfin, l’opus est sous-titré "13 Upbeat Blues Funk hits!".

Le titre maître ouvre les hostilités. Il nous entraîne en Louisiane. A cause des percus, et tout particulièrement du frottoir ; mais également des interventions de Jerome qui double accordéon et harmonica. La guitare est percutante et mordante, tout au long du blues classique et particulièrement rythmé "Honey badger". "Wounded" nous emmène au cœur du Chicago Westside. Très rythmique, le riff de gratte est attaqué à la manière de Magic Sam. Les solistes sont à la fête et leurs interventions sont débridées ; que ce soit l’harmonica ou la six cordes. "It's a party" lorgne vers le funk. La voix est nerveuse face au dialogue opéré entre l'harmonica et la guitare, plutôt déjantée. Le style de Jerome est à la fois original et créatif. Il rappelle tantôt l’hyper doué Jason Ricci ou alors John Popper, le forntman de Blues Taveler. La piste se distingue par ses changements de tempo. Elle vire d’ailleurs à une jam propice au déchaînement de cordes pendant plus de 7'. Le long playing recèle deux autres jams. Tout d’abord, "Sign of the times", un blues lent frénétique et dévastateur ; puis en finale, l’épique "Tigers, horses,kings & queens", une compo qui monte progressivement en puissance, afin de favoriser des envolées d'envergure, relativement ravagées ou passées à la moulinette, dans l’esprit d’un Jimi Hendrix. Excellent blues, "Kitty" est imprimé sur un mid tempo. La rythmique est hypnotique. Le guitariste se fend d’un remarquable solo qui vous pénètre, littéralement. Le spectre de Howlin' Wolf rôde. Les solistes sont à nouveau à la fête tout au long du plus rock "So far away", une plage qui déménage. Plus roots, exotique même, "Dragon King" facilite de nouveaux envols. Séduisante, la voix de Jereome est soutenue par celle de Schenkman. Pistes indolentes et atmosphériques, "The way to Heaven" et "Call on my love" nous plongent au cœur d’une ambiance cool, donc paisible…

dimanche, 27 août 2017 12:04

Robert Cray & Hi Rhythm

Chanteur de blues, soul et r&b, Robert Cray est un artiste notoire et talentueux. Agé de 64 balais, il a entamé sa carrière en 1980. Pour enregistrer cet opus, il s’est rendu à Memphis, au Royal Studios, où il a bénéficié du concours de son ami Steve Jordan, pour la mise en forme. Steve est un illustre drummer (Stevie Wonder, Blues Brothers) et un célèbre producteur (Bob Dylan, Neil Young, BB King). Pour mettre en boîte cet opus de Memphis soul, Robert a bénéficié de la collaboration de Hi Rhythm, un combo qui implique les frères Charles et Leroy Hodges, respectivement organiste/pianiste et bassiste, ainsi que le claviériste Archie ‘Hubbie’ Turner…

"The same love that made me laugh" est un titre signé Bill Withers. Magique, la voix colle parfaitement à ce morceau de soul. Tout comme les accords de grattes, particulièrement accrocheurs. Il embraie par le funky r&b "You must believe in yourself", épaulé par les Royal Horns ; et sa gratte est véritablement insatiable. Robert reprend "I don't care" et "Honey bad", deux compos de r&b classieux signées Sir Mack Rice (NDR : ce gentleman de la soul a longtemps apporté sa collaboration au label Stax ; et tout particulièrement à des artistes comme Wilson Pickett et Eddie Floyd. Et deux morceaux issus de la plume du Louisianais Tony Joe White, qui rehausse l’adaptation de sa présence. En se réservant la guitare sur le nerveux, ravagé et hypnotique "Don't steal my love". Mais en plus, l’harmonica tout au long de la superbe ballade "Aspen, Colorado". Cray se consacre au micro pour trois de ses compositions. D’abord, "Just how low", un blues parfaitement structuré à l’instrumentation impeccablement huilée. Puis la ballade soul "You had my heart", une plage sentimentale au cours de laquelle les interventions dispensées par Robert à la gratte se révèlent empreintes d’une grande sensibilité. Et puis le tendre "The way we are". Enfin, il exécute, mais en deux parties "I'm with you", un titre écrit en 1960 par le guitariste et principal compositeur du groupe vocal doowop, The 5 Royales…

 

dimanche, 27 août 2017 12:01

Twangadelic Bluesophunk

Canadien, Gary Cain est chanteur/guitariste. Il est soutenu par une section rythmique, en l’occurrence le bassiste Tom Nagy, spécialiste dans l’unvivers du jazz, et le drummer Donnie McDougall. Les trois musicos sont diplômés du réputé Humber College de Toronto. Gary avait publié un Ep solo intitulé "The Holborn Sessions", avant que le trio ne grave ce "Twangadelic Bluesophunk". Cain signe les dix plages. Vu le titre de cet elpee, on imagine que la formation est responsable d’une expression sonore originale…

Et, en effet, dès "Live wire", les sonorités de gratte sont aventureuses, fouillées, complexes même, et comblent bien chaque espace, alors que la section rythmique doit s'adapter afin de suivre cette rapidité d'exécution. "Pipes and spoons" est un rock/blues plus classique. La voix se détache bien de l’ensemble. Et lorsqu’un créneau funk s’ouvre, Gary Cain se déchaîne sur sa gratte. Il adopte la technique du pickin’ (NDR : une pratique courante dans l’univers de la country) tout au long de "Thought I heard you say", un morceau de bravoure propice à la créativité. Etonnant ! Exercice de style instrumental, "Twang strut" se distingue par ces effets ‘twang’, produits pas la vibration des cordes, et tout particulièrement celles des guitares Fender. La vitesse d'exécution demeure impressionnante dans le style surf/country avant de virer à l’exotisme du reggae. Rockin' boogie, "Got me where you want me" enchaîne les riffs rythmiques, un peu dans l’esprit de ZZ Top. En accélération constante, les cordes sont en verve. Et se convertissent au métal sur le funk/blues "Last dance", une piste imprimée sur un mid tempo. Le spectre de Jimi Hendrix hante "Girl's too rich". Les accords sont nerveux, plaqués, saignants et adoptent une démarche rythmique en crescendo. Ballade instrumentale, "Faith healer" clôt cet opus. Un blues mélodique, au cours duquel, Gary injecte une bonne dose de réverb dans les cordes…

                       

dimanche, 27 août 2017 11:57

Elvin Bishop's Big Fun Trio

Ce vétéran est au service du blues depuis plus d’un demi-siècle. Un véritable passionné ! Il fêtera bientôt ses 75 ans. Né en Californie, il a grandi dans l'Oklahoma avant de rallier Chicago, dès 1960. En 63, il rencontre l'harmoniciste Paul Butterfield, qu'il rejoint vite au sein du légendaire Paul Butterfield Blues Band, premier célèbre groupe de blues blanc. Il y restera cinq ans et côtoiera l'extraordinaire guitariste Michael Bloomfield. Elvin embrasse ensuite une carrière solo, toujours d’actualité en 2017. Il est sous contrat auprès du célèbre label chicagoan, Alligator. Récemment, il a organisé une jam dans son studio, en compagnie de deux autres musiciens. En l’occurrence le pianiste/guitariste Bob Welsh (NDR : membre du backing group d’Elvin Bishop, il a fréquenté de grosses pointures du blues californien comme Mark Hummel et Rick Estrin, notamment). Mais également le chanteur/percussionniste Willy Jordan. Enthousiasmé par cette réunion, Bishop décide d’attribuer un patronyme à ce projet : le Big Fun Trio. Et puis d’immortaliser cette rencontre à travers un album. Des sessions qui se sont déroulées au sein d’un studio californien…           

Baignant dans la bonne humeur, "Keep On Rollin'" ouvre la plaque. Entraînant, le piano roadhouse de Welch imprime le tempo. Willy se consacre aux percussions. Et tout particulièrement en se servant d’un cajon (NDR : d'origine sud-américaine, cet instrument ressemble à une boîte carrée sur laquelle on doit s’asseoir pour la tambouriner à l’aide des mains). Elvin et Willy chantent en duo. Et à tue-tête le remuant "Honey Babe", que le mythique Lightnin' Hopkins avait composé en 1948. Ils partagent un plaisir évident à conjuguer leurs voix. Bishop démontre qu'il n'a rien perdu de son talent de gratteur. Welch assure la partie de basse sur sa guitare. Shuffle percutant, "It's you, baby" est issu de la plume du pianiste chicagoan, Sunnyland Slim. Les ivoires dominent le sujet ; et Kim Wilson en personne vient souffler dans son harmo. Il s’y révèle époustouflant ! Bishop est au micro pour une adaptation authentique du "Ace in the hole", titre maître de ce long playing, gravé en 1995. Delta blues classique, "Delta lowdown" est une excellente piste. Rafraîchissante aussi. Le piano de Welch roule. Rick Estrin (NDR : c’est le leader des Nightcats) est éclatant à l'harmonica. Et Charlie Musselwhite l’est tout autant tout au long de "100 years of the blues", un autre grand moment de l’opus. Cinquante ans qu’ils se connaissent ! Ce qui explique le titre de ce morceau dont émane une émotion bien naturelle. Le Big Fun Trio est capable de hausser proprement le rythme. A l’instar de la cover allègre du "Let the four winds blow" de Fats Domino. Et les excellentes vibrations néo-orléanaises sont entretenues par Bob Welsh. Un climat au sein duquel baigne également "That's what I'm talkin' about", un compo du trio cuisinée à l’aide de produits locaux : gumbo, crawfish et soul food ! La reprise du célèbre "It's all over now" de Bobby Womack n'est pas piquée des vers. Et l’adaptation est finalement assez proche de celle proposée par les Rolling Stones, en 1964. Superbe!

 

dimanche, 27 août 2017 11:56

Tim Bastmeyer's All Star Blues Band

Tim Bastmeyer est issu de Toronto. Chanteur et guitariste, il est également producteur. Il possède ainsi son propre studio à Uxbridge, une petite ville sise au Nord de la capitale de l’Ontario. Il excelle dans le domaine du delta blues. Et jouit d’une excellente réputation dans l’art de se servir du bottleneck et de la slide. Il tourne régulièrement aussi bien aux States qu’en Europe et se produit en solo ou épaulé par son All Star Blues Band, une formation qui réunit quelques fleurons du blues canadien. En l’occurrence, le pianiste Julian Fauth (NDR : il a publié trois elpees personnels sur le label Electro-Fi), l’harmoniciste Paul Reddick (NDR : il est responsable de huit long playings à ce jour, dont quatre, concoctés en compagnie des Sidemen), Sean Pinchin, également spécialiste du bottleneck, le bassiste James Thomson et, circonstanciellement, le batteur Cam de Laat. Vu le talent des musicos, on se doute que la qualité sera bien au rendez-vous ; d’ailleurs, chaque soliste apporte, en permanence, sa pierre à l’édifice. Mais surtout, un souffle d’authenticité va emporter ce blues essentiellement acoustique.

L’elpee s’ouvre par "What a woman does to me", une compo quoi baigne au sein d’un climat très roots. Tim chante d’une voix naturellement grave. Les différents instruments s’intègrent parfaitement dans l’ensemble. Et les premiers billets de sortie sont accordés au piano de Fauth et à la gratte traitée au bottleneck de Pinchin. "Northern boogie blues" se révèle bien plus downhome blues que boogie. Paul Reddick s’immisce à l’harmo. L’ambiance est chaleureuse et propice à la bonne humeur. Autre jolie plage roots, "With you" progresse paresseusement. Amplifiés, les accords de gratte sont superbes. La contrebasse tire parfaitement son épingle du jeu. Grave, la voix souligne "It's a shame", une splendide ballade mélodieuse enrichie par une intervention aux ivoires, belle à pleurer! Country/blues chanté à deux voix, "That woman" se singularise par l’envol délicat de Reddick, à l’harmonica. "Love turns to pain" lorgne de plus en plus vers le Mississippi originel. Le régime imposé par le bottleneck est rugueux et métallique. Le piano de Julian Fauth s’inscrit parfaitement dans l’esprit du All Star Blues Band. Bien que funky jazz, l’instrumental "Funky ten" véhicule des accents délicieusement manouches. "Tomorrow is another day" est une autre ballade. Les deux voix se conjuguent en harmonie. Empreinte de sérénité, elle est illuminée par des interventions magiques aux ivoires. Et l’opus s’achève par l’indolent et excellent "Rough night at the office"…

dimanche, 27 août 2017 11:54

Blue room

Jon Zeeman est issu du sud des Etats-Unis, et plus précisément de l'état du soleil, la Floride. Il pratique une forme de blues/rock. Il a contribué aux débuts de l’aventure de Freight Train, le band du regretté Derek Trucks (NDR : membre originel des Allman Brothers Band, il est décédé en janvier dernier), drummer qui a participé à l’enregistrement de deux plages. Jon comptait déjà trois albums à son actif, dont le dernier, 'Down on my luck", est paru en 2013. Il signe ici huit plages ; les deux autres sont des reprises. Il est épaulé par ses musiciens, une section rythmique et deux claviéristes qui doublent aux percussions!

"All I want is you" (NDR : auquel coopère Trucks) est un blues enlevé, théâtre d'un rapide envol des cordes, poursuivi par l'orgue. Un bon démarrage! "Hold on" baigne au sein d’un climat sudiste fiévreux et cool. Limitée, la voix de Zeeman colle bien à cette plage qui ne manque pas de charme. Le refrain est repris en chœur et la guitare prend un billet de sortie glorieux. Signé Robert Johnson, "Love in vain" avait été repris remarquablement par les Rolling Stones, en 1969 ; un morceau qui figure sur l’elpee "Let it bleed". La nouvelle version est particulièrement réussie. Les interventions au piano et à l’orgue sont délicats, celles de la gratte du leader, assez poignante. Shuffle bien ficelé, "Next to you" favorise de nouvelles envolées des solistes, dont celles de Derek Trucks. Encore une autre cover, le "Still rainin' still dreamin'" de Jimi Hendrix (NDR : la plage figurait sur le long playing "Electric Ladyland"). Les sonorités adoptent un profil légèrement jazzyfiant. La guitare se révèle volontiers taquine, face au traitement imposé par les claviers que se réservent Bob Taylor et Tom Regis. Zeeman affiche sa technique, face à ces ivoires, tout au long du blues lent de circonstance, "If I could make you love me". "All alone" lorgne vers un Chicago blues aux accents exotiques. Une approche chère à Otis Rush. Mais mélodieuse, la piste est cuisinée à la sauce JZ, s’illustrant par de nouveaux échanges heureux entre les cordes et les claviers. Curieux, mais le titre maître se résume à un court interlude de guitare classique amplifiée, de moins d'une minute. Chaleureux, cet LP s’achève par "Nothin' in the world", un titre qui colle parfaitement à l’ambiance générale de cette œuvre...

 

mercredi, 02 août 2017 19:00

Prayer for peace

Le North Mississippi AllStars fêtera bientôt ses 20 années d'existence. Etablie à Hernando, dans le Mississippi, cette formation propose une musique qui mêle blues et southern rock. On la considère souvent comme un groupe de jam, mais sur cet elpee, elle a décidé de se limiter à des plages plus brèves.

Au départ, le NMA se résumait à un duo, réunissant les frères Dickinson, Luther et Cody. Ce sont les fils de Jim Dickinson, un célèbre producteur qui a notamment bossé, dans le passé, pour Bob Dylan, Ry Cooder et les Rolling Stones. Guitariste, Luther partage son emploi du temps, depuis 2007, entre les All Stars et les Black Crowes. Cody se consacre à la batterie et aux claviers. Le tandem compte près de vingt albums à son actif. Les enregistrements ont été réalisés dans pas moins de six studios différents. Quelques invités sont venus apporter leur concours, dont le bassiste, Oteil Burbridge, un ex-Allman Brothers Band.

En ouverture, "Prayer for Peace" nous replonge un siècle en arrière, aux débuts du blues, à l’époque des Fife'n'drums bands. Le plus célèbre était sans doute Other Turner. Et c'est sa petite-fille, Sharde Thomas, qui se consacre au pipeau et chante auprès de Luther. L'univers des frères Dickinson est impitoyable. Un juke joint blues pur et dur, issu du Hill Country, dans le Nord du Mississippi. La guitare libère des sonorités métalliques et saturées, tout au long de "Need to be free", une plage hantée par Jimi Hendrix. Le long playing recèle trois compos du seigneur de ce blues âpre et sans concession, le regretté R.L Burnside, maître ès son Fat Possum. Tout d’abord "Miss Maybelle", une piste caractérisée par cette slide torturée face aux percussions primaires dispensées par Cody. Puis "Bird without a feather" ainsi que le superbe et complètement déjanté "Long haired Doney". "Run red rooster" adopte un profil blues/rock. Guidée par une slide qui colle parfaitement au rythme, cette piste nous entraîne de nouveau au cœur du delta. La cover du "Stealin" de Gus Cannon (NDR : précurseur du jug style, ce bluesman, a vécu 95 ans !) constitue une petite parenthèse acoustique entretenue par une gratte traitée au bottleneck et un piano. Traditionnel, "Deep Ellum" figurait au répertoire de Blind Lemon Jefferson, Blind Willie Johnson et Leadbelly. La nouvelle version, qui adopte un ton très southern, est respectueuse de l’originale. Le NMAS rend aussi hommage à un autre bluesman mythique, Mississippi Fred McDowell. Tout d’abord à travers le célèbre "You got to move", que Luther chante en duo en compagnie de l’ex-Trampled Under Foot, Danielle Nicole Schnebelen ; puis de l’excellent "61 Highway", une piste qui nous conduit sur les routes du Sud, à la manière de ZZ Top. Encore un traditionnel, "Bid you Goodnight", une compo paisible, attribuée à Aaron Neville. Dominée par la slide et le piano, elle épouse un tempo réminiscent de la Nouvelle Orléans. L’opus s’achève par une reprise de "Prayer for Peace", annoncée… comme un remix…

 

Page 15 sur 216