Cucamaras n’est pas une formation espagnole, mais britannique. Issue de Nottingham, très exactement. Son premier Ep sort de 27 mai 2022. Son titre ? « Soft Soap ». Une expression britannique qui se traduit par ‘se prendre un savon’. Le band est responsable…

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« Horsepower For The Streets », le cinquième elpee de Jonathan Jeremiah sortira ce 9 septembre 2022. En attendant, il nous propose son nouveau single, consacré au tire maître, et il est disponible sous forme de clip, là Cette nouvelle chanson est sans doute…

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Chroniques

Soil & ‘Pimp’ Sessions

Pimpoint

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Formé sur la scène ‘clubbing’ de Tokyo, ce sextet nous réserve, sur ce troisième album, une bonne dose de jazz, boostée par une énergie impressionnante. Fortement influencés par le jazz new-yorkais de la grande époque, ces Japonais furieux ne se contentent pas de rendre hommage aux maîtres de manière compassée ; mais ils parviennent à sortir cette musique du formol…

Cet opus recèle beaucoup de titres de hard bop ; des impros modales jouées à un rythme soutenu et inventif, le tout grâce à une impeccable section rythmique. Des thèmes classiques mais bien composés qui s’aventurent parfois du côté du funk jazz comme sur le fou furieux « The Slaughter Suite », « Makuroke » (et ce clavier très « Starsky & Hutch ») ainsi que le très élégant « Funky Goldman ». Les hommages appuyés ne manquent pas non plus : l’intro du très bon « We Want More ! ! ! » renvoie au « Just the Two of Us » de Bill Withers. « Hype Of Gold » semble quant à lui calqué sur le Coltrane de « My Favorite Things ». « The Party » rappelle les mélodies chorales du « Milestones » de Miles Davis. Pas vraiment original vous me direz, mais c’est tellement frais que ça passe très bien.

La formation s’aventure aussi dans des rythmiques plus latines : « Pluto » est à la croisée des chemins entre la musique cubaine et brésilienne, tout comme l’excellent « Sahara » qui achève cet album. On sent que ces compos sont jouées avec amour et passion, transformant ce disque en une agréable surprise. A noter que les gaillards seront cette année au festival de Dour et leurs prestations scéniques valent le détour… A bon entendeur !

 

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Slim Cessna

Cipher

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Slim Cessna’s Auto Club est une formation issue de Denver drivée par… Slim Cessna. En fait le seul membre originel du line up, même si au fil du temps, Jay Munly est devenu son complément indispensable. Les deux musiciens se partagent d’ailleurs les lead vocaux. A l’instar de 16 Horsepower, le combo pratique une forme d’alt country gothique (NDR : ou sudiste, si vous préférez !) Et le combat perpétuel entre le bien et le mal est également la principale source de leurs lyrics. On y parle donc de Dieu, du Vieux Testament, de l’apocalypse, du péché (l’alcool, la fornication et tutti quanti), de la pénitence, de la rédemption et autres thèmes qui relèvent autant du dogme que de la théologie. Mais aussi de guerres et de vengeance. De quoi alimenter les conversations quotidiennes…

Penchons-nous maintenant sur leur musique, et surtout sur leur album, « Cipher ». Découpé en quatre sections annoncées par autant de versions différentes d’une compo hymnique (« An introduction to the power of braces »), l’opus se révèle de plus en plus ténébreux et électrique au fil du temps. La country allègre, enlevée (impliquant notamment banjo, mandoline et  slide), presque festive, parfois balayée de chœurs gospel, a cappella ou incantatoires, succombant même aux accents pop de Pulp sur la presque valse « SCAC 101 », se mue alors en rock tentaculaire, ténébreux, lugubre, voire sinistre, aux deux tiers du parcours. C’est d’ailleurs à partir de ce moment que l’elpee devient le plus électrique et surtout le plus intéressant, lorgnant même vers Nick Cave et ses Bad Seeds du « From her to eternity », sur « Jesus is in my body : my body has let me down » et empruntant un tempo carrément boogie sur l’écorché (cette slide !) « Red pirate of the prairie ». L’opus s’achevant par « That fierce cow is common sense in a country dress », un morceau de cow punk particulièrement austère. Et pour rendre l’œuvre encore plus obscure, Slim Cessna’s Auto Club n’a rien trouvé de mieux que d’inclure des messages codés à l’intérieur de l’artwork de la pochette…

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Brian Reitzell

30 Days Of Night

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Dirigé par David Slade et coproduit par Sam Raimi, le film « 30 Days Of Night », sorti aux alentours des fêtes d’Halloween et tiré du comic-book du même nom, conte l’histoire d’une petite bourgade d’Alaska victime d’un phénomène naturel particulier. Chaque année, le soleil boude cette partie du monde pendant 30 jours consécutifs, forçant ses habitants à vivre, de toute évidence, dans l’obscurité durant cette période. Une aubaine pour les vampires, qui ne passeront certainement pas à côté de cette opportunité. Le film ayant disparu des complexes cinématographiques depuis un bail, la bande sonore de « 30 Days Of Night » arrive dans les bacs belges manifestement trop à la bourre. Indissociable du long métrage qu’elle illustre, l’œuvre de Brian Reitzell et son atmosphère inquiétante n’a, par conséquent, que peu d’intérêt hors contexte. Sauf peut-être pour agrémenter l’ambiance de l’une ou l’autre soirée déguisée à Halloween. En attendant, l’objet devra se contenter de prendre la poussière au fond du grenier…

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Daniel Lanois

Here is what is

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Daniel Lanois enregistre très peu pour son compte personnel. Ce « Here is what is » n’est que son neuvième album. Par contre, on ne compte plus ses collaborations auprès d’autres groupes ou artistes. Parmi les plus notoires Martha and the Muffins, Peter Gabriel, Luscious Jackson, les Neville Brothers et j’en passe. U2 et Bob Dylan aussi, évidemment. C’est même l’Acadien qui a relancé la carrière du Zim. Et puis Brian Eno. Un pote ! Qui est venu apporter son concours pour enregistrer ce « Here is what is ». En fait, il se contente de s’épancher à travers des réflexions philosophiques. Parfois mises en musique. Ce sont les interludes de cet elpee qui compte quand même 18 plages. Lanois a également reçu la participation de musiciens hors normes. Et notamment Garth Hudson (piano/claviers) ainsi que le fantastique drummer/percussionniste Brian Blade. Enregistré entre Toronto, Los Angeles et Shreveport, cet opus est en fait la bande sonore d’un documentaire du même nom. Pour Lanois, ce n’est pas une première. Ce qui explique sans doute la présence de ces commentaires ou de ces dialogues, sans grand intérêt sous leur forme audio. Dommage, car en éliminant ces plages, ce disque aurait mérité qu’on s’y attarde davantage.

Daniel se réserve l’essentiel des vocaux et des parties de guitare ; notamment la pedal steel dont il use et même parfois abuse. C’est encore un motif valable pour ne pas lui accorder une note d’excellence. Pourtant, l’opus recèle des titres incontournables. A l’instar de « Where will I be », une chanson qu’il avait écrite pour Emmylou Harris », lors de la confection de son album « Wrecking Ball », en 1995 (NDR : il l’avait même mis en forme) ; et dont la nouvelle version est dynamisée par les percussions tribales de Brian. Un Brian qui transforme en or tout ce qu’il touche. A l’instar du titre maître, un morceau abrasé par des cordes de guitares bourdonnantes, légèrement reverb, nébuleuses. Une électricité presque ‘crazyhorsienne’ qui se révèle aussi pétillante sur « Duo glide ». Mais dispensée en toile de fond, pour permettre aux harmonies vocales rares, mais limpides d’atteindre le raffinement ultime. Des harmonies vocales qui hantent également « Joy », un fragment fluidifié par un orgue vintage. De cette plaque on épinglera encore les 8’30 de « Lovechild ». La première moitié du morceau est interprétée au piano. De manière classique. Mais une forme de classique légère et contemporaine. Avant d’atteindre un carrefour où après avoir hésité entre psychédélisme, country et ambient, il va finalement choisir la voie du soft rock cosmique. Et puis encore le curieux « Snake #6 ». Balisé par un énorme groove de basse, cet instrumental mêle habilement cordes semi-acoustiques tintinnabulantes et électriques particulièrement effilées. Sans oublier « Moondog » caractérisé par ses drums offensifs et ses jaillissements de piano jazzyfiants ainsi que le gospel « This may be the last time », auquel a participé le père de Blade, échappé des chœurs de son Zion Baptist Church. On passera donc sous silence les quelques ballades atmosphériques romantiques et languissantes (le plus souvent colorées par la pedal steel de Daniel) pour ne retenir que la quintessence de cette œuvre. Et franchement, si on élimine le superflu, la sélection vaut le détour…  

 

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Luther Ingram

I Don’t Want To Be Right : The Ko Ko Singles volume 2

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Il y a peu de temps on vous parlait de Tommy Tate, chanteur quelque peu éclipsé par Luther Ingram, star du label Ko Ko, une filiale du label Stax. Le hasard fait donc bien les choses puisque cette galette réunit les singles enregistrés entre 1972 et 1978 (NDR : l’histoire s’est achevée, lorsque le label a déclaré faillite) par… Luther Ingram. Grâce à l’enregistrement de « If Loving you Is Wrong, I Don’t Want To Be Right », Luther Ingram (décédé il y a deux ans) a connu les honneurs des hit-parades américains. Cette compilation se concentre donc sur cette période.

La différence entre les deux chanteurs est manifeste. Le style de Luther était un peu plus sophistiqué et policé que celui de Tommy Tate. Ce qui n’enlève rien aux qualités artistiques de Luther Ingram, doté lui aussi d’une très belle voix. L’homme était autant à l’aise dans le répertoire de ballades romantiques (qui constituent l’essentiel de ces titres) et des morceaux plus funky qui émaillent souvent les ‘faces’ b’ de ces singles. La crème des musiciens de Memphis est présente sur ces 19 titres : un jeu et un son reconnaissable entre mille, une instrumentation très riche et des arrangements soignés. On reconnaîtra quelques chansons reprises par Tommy Tate (dans « I’m So Satisfied : The Complete Ko Ko Recordings and more ») mais aussi pas mal de titres originaux, et souvent très bons. On pointera par exemple l’élégant « Missing You », porté par sa rythmique énorme et l’arrangement de cordes, de même que sa flip side, l’enlevé « You Were Made For Me ». De nombreuses plages se maintiennent à ce niveau de qualité, même si certaines, comme « Let’s Steal Away To the Hideaway », sombrent un peu dans le sirupeux. En outre, des morceaux comme les excellents « I’ve Got Your Love In My Life » et « Get To Me » se rapprochent respectivement du meilleur de Al Green et Marvin Gaye (on n’exagère pas). Ils rachètent largement les menus excès de glucose qui entachent l’un ou l’autre fragment.

 

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Glorytellers

Glorytellers

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Glorytellers conte de jolies histoires posées sur des arpèges passionnés et des mélodies délicates. Une évolution surprenante pour qui s’est consacré pendant douze ans à fusionner le jazz et le post-rock. A des foulées de ses projets précédents (Karaté et Secrets), Geoff Farina délaisse ici les sons saturés pour une orchestration réduite à sa plus délicate expression. Sans regrets, puisque les ballades sont enchaînées sans heurts, comme peut le faire un écoulement de jours et de semaines au toucher peau de pêche. De l’une à l’autre, le sourire ne s’effiloche pas ; on frissonne de cette pop-folk acoustique et épurée, puisant tantôt chez Nick Drake, tantôt chez Belle et Sébastien. Parfois, le morceau est acheminé aux confins de l’improvisation type free jazz, rappelant le passé du songwriter. Mais le plus souvent, la sécurité l’emporte sur la surprise. S’en plaindront peut-être les zappeurs consommateurs qui voudraient voir exploser la dentelle par pure volonté d’expérimentation ou d’imprévisible. Pour les autres, Glorytellers séduit, non par la surprise ou le cataclysme mais par la chaleur d’une voix de velours et d’une guitare frissonnante d’émotion. L’album est soutenu par quelques envolées solos déchirantes de beauté ; des interludes qui sonnent comme autant d’actes de dévotion, tant l’instrument est mis à l’honneur par la virtuosité du musicien. En filigrane, ce premier album de Glorytellers déroule doucement le fil de la vie à travers ses petits plaisirs et ses mélancolies; mais toujours la nonchalance achève de dédramatiser, la guitare gracieuse, d’enivrer. Aucun reproche à cette narration toute en courbes, si ce n’est que sa douce simplicité ne s’apprivoise pas avec autant d’aisance au quotidien.

 

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Panic! at the Disco

Pretty Odd

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Panic At The Disco a perdu bien des choses sur le chemin du deuxième essai. D’abord, des choses de moindre importance telles que le point d’exclamation qui accentuait le ‘Panic’ de sa dénomination. Ensuite, des choses qui pardonnent moins, comme la petite touche d’originalité qui lui donnait une longueur d’avance sur les autres formations concourant dans la même catégorie, comme en attestait le tubesque « The Only Difference Between Martyrdom And Suicide Is Press Coverage ». Sur « A Fever That You Can’t Sweat Out », véritable petit plaisir coupable, le quatuor avait pris le pari, relativement réussi, d’inoculer des éléments électroniques dans un univers baroque propice aux compositions emopop à la structure classique. Aujourd’hui, la formation revient les bras chargés d’un « Pretty Odd » qui ne garde de son prédécesseur que l’aspect le moins attractif.

L’énergie condensée dans la première œuvre a laissé la place à des ballades guimauves et autres formules assommantes aux accents pseudo-folk et sixties. Les plages se suivent sans enthousiasme et les Ricains finissent par lasser très rapidement ; d’autant plus lors qu’ils tentent de se mesurer aux Beatles (des « Mad As Rabbits », « Behind The Sea » ou « The Piano Knows Something I Don’t Know », trop calculés pour être honnêtes). « Pretty Odd » est cependant ponctué par quelques rares passages intéressants durant lesquels la prise de risque est un peu plus réelle et sincère (« From A Mountain In The Middle Of The Cabins », le très court et jazzy « I Have Friends In Holy Spaces ») ; mais ils ne suffisent pas à rattraper les dégâts. Ce second labeur envoie donc Panic At The Disco rejoindre regrettablement la horde de groupes emopop sans grand intérêt.

 

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Merz

Moi et Mon Camion

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Merz est le projet de Conrad Lambert, musicien accompli originaire de Bristol dont le très beau « Loveheart », paru en 2005, est parvenu à séduire les critiques. Sur son troisième album, l’Anglais distille des ambiances paisibles, bucoliques, bien servies par un jeu de guitare raffiné et des orchestrations légères et subtiles.

«  Moi et Mon Camion » est le nom de la société de transport qui s’est chargée des déménagements successifs que Conrad Lambert a vécu ces dernières années. Et l’on sent effectivement le thème du voyage en filigrane, tout au long du disque. Qu’il soit présent au travers des paroles, de la diversité des sons ou des sentiments évoqués, ce voyage est introspectif mais jamais autiste. On y sent au contraire une générosité exemplaire.

Evoquant parfois Ozark Henry ou Coldplay, Merz évite toutefois les arrangements pompeux et l’emphase de ces derniers en privilégiant l’émotion brute et la simplicité. Tout en affichant une personnalité affirmée, « Moi et mon camion » sonnerait plutôt, dans son ensemble, comme une rencontre rêvée entre la folk délicate de Sufjan Stevens et la mélancolie paresseuse de Eels.

Si certains titres se révèlent plutôt anecdotiques, l’album recèle quelques pépites qui justifient à elles seules son acquisition. Je pense notamment au rêveur « Silver Moon Ladders » ou à l’insouciant « Lucky Adam », malicieux et pétillant. La qualité du disque s’intensifie sensiblement au fil des chansons, jusqu’au doublé final (« No Bells Left To Chime » et « The First And Last Waltz »), véritable sommet émotionnel du disque, tout en apesanteur, beau à en pleurer.

Quoique pour l’instant injustement méconnu, Merz mérite un succès planétaire tant sa pop immédiate mais jamais lisse possède de nombreuses vertus. Ne vous fiez donc pas au titre, car cette musique n’évolue pas en catégorie poids lors, mais elle s’élève au contraire, légère et malicieuse, dans les airs.

 

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Tommy Guerrero

Return of The Bastard

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Le printemps ramène dans ses bagages « Return Of The Bastard », le nouveau recueil de Tommy Guerrero. Le retour du bâtard sonne l’heure des longues ballades sous le soleil, des crèmes UV et des draps de plage. Fêtant dignement les dix ans de sa carrière, Guerrero plonge les auditeurs dans une douce torpeur, aussi efficacement qu’un gros spliff en pleine période de stress. Le guitariste entame la ballade par un « And The Folklore Continues » aux chœurs aériens invoquant sérénité et délassement avant de poursuivre sur une série de titres acoustico-instrumentaux presque tous aussi irradiants les uns que les autres.

Savant mélange de rock et de funk latin, de surf rock et même de samba, « Return Of The Bastard » regorge de rythmes délassants et entêtants comme ceux des séduisants « La Califas Perdido », « Zapata’s Boots », « No Time For Time », « What Have I Been Doing Since I Was Gone ? » et « 40 Summers ». Mais malgré la grande technicité de Guerrero, son apparent manque d’inventivité sur quelques morceaux dénature malencontreusement un peu l’ensemble (« Calling For Ya ! », « The Simple Man », « New Terrain »). Des petites imperfections qui, par ailleurs, n’empêchent aucunement le Californien de convaincre sans mal celui qui ne jure que par le farniente lorsque le thermomètre dépasse les 20 degrés. « Return Of The Bastard » est un disque de saison dont il faut amplement profiter avant la réapparition des nuages.

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Retribution Gospel Choir

Retribution Gospel Choir

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Récemment, Alan Sparhawk, leader des inépuisables Low, a décidé de monter un projet parallèle pour réinterpréter, en grande partie, des compositions de la formation de Minneapolis. Pour la circonstance, il s’est adjoint les services du batteur Eric Pollard et d’un ex-bassiste de Low, Matt Livingston. La fidèle Mimi Parker, complice d’Alan à la scène comme à la ville, se contente ici de distiller quelques chœurs vaporeux. Mark Kozelek, des Red House Painters, produit l’ensemble. Au vu du résultat, il est hélas difficile de s’emballer outre mesure pour cette nouvelle aventure ou d’y trouver un quelconque intérêt.

Low possède une discographie riche et passionnante à suivre. Le groupe a emprunté avec succès de doux chemins slowcore, dont il est considéré comme le parrain (tous les premiers albums), des pentes rock abruptes et, récemment, de surprenants détours électroniques, sur le magnifique « Drums and Guns ». Si cet elpee fait clairement partie de la seconde catégorie, il n’apporte toutefois rien de bien neuf à l’édifice. Certes, la voix d’Alan parvient toujours à émouvoir, tandis que l’instrumentation aride et furieuse fait parfois mouche ; mais l’ensemble laisse un goût d’inachevé, d’inconsistant, au vu de la troublante homogénéité affichée par les disques de Low. En outre, certaines versions restent en deçà des originales. Un exemple : là où « Breaker » fascinait sur « Drums and Gums » par ses boucles suaves et dérangeantes, le morceau se transforme ici en hymne power pop sympa, mais un poil bourrin.

On espère donc voir Low reprendre sa route magique, à la fois sensuelle et déstabilisante, lors de prochaines aventures moins anodines.

 

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