Les ravissements de Maud Lübeck

En mars 2023, Maud Lübeck est invitée par Ghislaine Gouby, directrice des Scènes du Golfe à Vannes, pour une carte blanche lors du festival ‘Les Émancipéés’. Cette année-là, pour la première fois, se déroulent ‘Les ravissements’, quatre rencontres animées par…

logo_musiczine

Brazen tient la distance…

Après près de dix-huit ans de silence trompeur, Brazen (Genève), revient avec « Distance », une épopée indie-rock ambitieuse où s’entrelacent modulations mélancoliques et harmonies vocales sur un tapis instrumental planant. Les huit titres qui composent…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (3 Items)

Bacon Caravan Creek

Odd places

Écrit par

Il a fallu six longues années, avant que Bacon Caravan Creek ne publie son troisième elpee. Faut dire que dans l’intervalle, les membres du groupe ont traversé épreuves et événements heureux. La vie quoi ! Les textes de cet opus sont d’ailleurs autobiographiques. Et l’attente valait vraiment la peine. A première écoute, on pense immédiatement à dEUS, Hollywood Porn Stars et Ghinzu. Mais au fil des auditions, la musique dévoile de multiples autres nuances.

Ouvrant la plaque, « Shaking river » trempe dans le folk/blues/psyché/garage, un sifflotement lorgnant vers les B.O. pour western de Sergio Leone. Un climat filmique qu’on retrouve sur le single « Bloody », une plage ténébreuse, traversée de chœurs et dont les inflexions vocales sont très susceptibles de rappeler les Beatles. Des chœurs qui infiltrent « Echoes », une ballade balisée par le piano et enrichie d’orchestrations de cordes, qui vire à mi-parcours en electro/punk. Et encore sur « The saddest man on earth », une autre ballade mais expérimentale, mystérieuse, d’abord imprimée sur un mid tempo, mais émaillée de multiples soubresauts rythmiques, de subtiles interventions électroniques, d’arrangements somptueux, de chœurs (NDR : of course !), et entrecoupée de passages atmosphériques, alors que le chanteur emprunte parfois le timbre de Richard Ashcroft. Des changements de tempo qui dynamisent le capricieux « Cassandre », une piste écorchée par des cordes de gratte grinçantes, crépitantes. Sauvage, très électrique, « Hert » replonge dans l’électro punk, mais dans l’esprit de Muse. Et l’œuvre de s’achever par « Grass ballad ». Qui est amorcée sous cette forme. Etrange, planante, parfois cosmique, réminiscente des seventies, frôlant même parfois les univers du Floyd voire d’Alan Parsons Project, avant de s’emballer définitivement… Un chouette album !

 

Bacon Caravan Creek

Wolfwolfwolfsheepwolf

Écrit par

Cinq longues années que Bacon Caravan Creek n’avait plus enregistré. Le groupe avait même failli se séparer. Réduit à un trio, le combo nous propose donc son second opus, curieusement intitulé « Wolfwolfwolfsheepwolf ». Un disque qui est le fruit d’un travail de longue haleine. Un elpee pour lequel la formation a reçu la collaboration de Lenhart Busé (Yum) aux lyrics, de Denis Moulin au mixing ainsi que de Fritz Sundermann (Sioen), à la mise en forme et à la guitare.

Et le résultat est tout bonnement remarquable. On a même parfois l’impression que BCC est parvenu à faire la synthèse de toute l’œuvre de Radiohead. Electro et instrumentation organique se fondent au cœur d’un climat à la fois atmosphérique et énigmatique. La voix de Nicolas est limpide. Lorsqu’elle est légèrement réverbérée, elle me fait penser à celle de Steve Harley (Cockney Rebel). Elle peut aussi s’élever dans l’éther. Pulsants ou offensifs, beats, drums et boîtes à rythmes palpitent et se confondent. La ligne de basse est tendue. Le piano spectral. Les accès de guitare, se révèlent tour à tour crépitants, acérés, cristallins, gémissants, bringuebalants ou vibrants. Les claviers provoquent des remous imprévisibles. Et des cordes viennent ponctuellement, majestueusement, enrichir la solution sonore. Une solution riche. Très riche même. Ce qui n’empêche pas les mélodies de se développer, avec une sensibilité digne d’un Mud Flow voire de dEUS. Et si les 11 titres de cet album se fondent au sein d’un même ensemble conceptuel, « I wonder » sert de BO au documentaire ‘Climbing Spielberg’. Ne m’en demandez pas plus : au plus j’écoute ce long playing au plus je l’apprécie. Dommage qu’il me soit parvenu si tard ; il aurait pu figurer en tête de mon top belge et même au sein de ma sélection des meilleurs albums internationaux. Ni plus ni moins.

Bacon Caravan Creek

Behind a wish

Écrit par
Putain ! Encore un groupe de rock belge francophone ! Que l’on va nous servir à grandes louches de ‘Sacrééés Wallons’ et de ‘Saint-Eloi est un branleur’ ! De plus un 1er album produit par le Sharkien Rudy Cloquet ! Pas de bol les p’tits Liégeois, vous allez payer pour les autres ! 1er titre, « Day After Pride ». Oups, j’ai dû me tromper de CD… Non! Ok chouette atmosphère entre chien post-pop et loup Tool minimaliste. « London 99 » et « Walk at 3 A.M. » Là, je le savais ! Ca s’agenouille dans la grande église pop belge avec Das Pop en curé de campagne et Soulwax en enfants de choeur. « Relentlessly ». Dites, ces 4 jeunots, ils savent quand même installer des ambiances, tout en demi-ton, voix fugitive, rythmique prenante et discrète, mélodies distendues sans être tarabiscotées. « I’m a Radio » (univers synthétique à la Notwist) et Coma Tale (au final Chameleonesque) confirment la large palette du savoir-composer de Bacon Caravan Creek (quel nom!). Avec « Finally, this punk rocker is taking acid », toute l’ambiguité de l’indie actuelle (un ou deux sucres électros dans votre café pop wave ?) est condensée en 2 minutes. Ok, force est d’avouer que BCC réussit en 10 titres à abattre nos murs d’a priori et les barrières de genre pour imposer un rock inquiet, sombre, tendu. Si la musique de la bande à Nicolas Perat emprunte ici au post-rock, là à la (noisy-)pop (« Sad Tiny Variations »), ou encore à l’électro cheap, elle se révèle particulièrement originale, et pas seulement au sein de la scène belge (mais y a-t-il vraiment une scène belge, hors marketing racoleur s’entend ?). Bacon Caravan Creek, ou la fable du lièvre d’Amay et de la tortue de Marchin, version bolet.