La cavalcade de Jéhan…

Poussé par un nouvel élan poétique, Jean Jéhan a sorti son nouvel opus, « On ne sait jamais », le 18 novembre 2023. Pour ce cinquième elpee, Jéhan fait le choix de s'affranchir de ses affinités folk rock, pour aller vers des horizons plus dégagés. On retrouve…

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William Clarke

Live Bootleg Cassette Anthology

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William est considéré come un des plus grands souffleurs du blues. Un des génies de l'harmonica chromatique, et sans doute le meilleur élève de Georges ‘Harmonica’ Smith ; n'en déplaise à Rod Piazza ! Hélas, son cœur l'a lâché le 3 novembre 1996. Il n'avait que 45 ans. Sa veuve, Jeannette Lodovici semble avoir surmonté l’épreuve de sa disparition ; et une chose et sûre, elle dirige d’une main de maître la carrière posthume (si l'on peut dire) de Clarke, en compagnie de leur fille Gina. Elles nous avaient déjà légués plusieurs brillants témoignages discographiques consacrés à l’artiste, dont un superbe "Live in Germany", "Now that you've gone", "One more again" et deux volumes de "The early years". Sans oublier "My last goodbye", une vidéo lui rendant hommage. La source semble inépuisable, puisque vient de paraître "Live bootleg cassette Anthology". Pas vraiment un bootleg, puisqu’il est édité sur le label Watchdog de Miss Jeannette. Des prises ‘live’, immortalisées sur de modestes enregistreurs à cassette. Ce qui n’empêche pas le charme d’exercer son effet.

Sur les onze plages, huit sont issues d’un concert accordé à San Francisco, en 1991. Les trois dernières de sa toute dernière tournée accomplie 1996. Nous sommes à San Francisco. Bill est planté au milieu de la scène. Comme d’habitude, il est entouré de musiciens brillants : Zach Zunis et Rick Holmstrom aux guitares, Will Brinlee à la basse et Lee Cambell aux drums. Après une brève introduction, il attaque "Walked all night long". Et on entre instantanément au sein du fabuleux univers nocturne de Clarke. Le tempo est vif. William crache déjà des phrases assassines sur son harmo. L'ensemble libère un groove pas possible. Parfaitement huilé, le band peut hausser le rythme. L’attaque perpétrée sur le "Lollipop Mama jam" de Roy Brown est incisive et directe. Cette compo ouvrait "Blowin' like hell", le premier elpee, paru en 1991, chez Alligator. Les cordes de Holmstrom explosent dans un style digne du Hollywood Fats Band au sommet de son art. Ce west coast jump évolue en première division. Les poumons de William sont gonflés à bloc. A cette époque, il pétait encore la santé. Une compo qui atteint un véritable sommet, même si le son n'est pas hi-fi. Et puis tant pis ou tant mieux! Les deux gratteurs conjuguent leurs talents à merveille, tantôt en soliste, tantôt à la rythmique ; mais toujours au service du leader. L'introduction de "Telephone is ringing" est percutante et tonique (NDR : ce titre figurait sur "Groove time", et impliquait Kid Ramos à la guitare!) Mr Clarke entame enfin un blues lent, "Must be jelly", un hommage appuyé à son maître Georges Smith, au cours duquel Bill aligne des notes invraisemblables. Bref mais percutant, "Trying to stretch my money" campe un shuffle californien, un morceau caractérisé par le rôle des guitares rythmiques qui poussent sans cesse leur leader vers l'avant. "Lonesome in my bedroom" est un blues lent. Le type de compo au cours de laquelle Clarke injectait toute sa passion, au point où parfois il était au bord des larmes. Ce cri d'amour et de désespoir est vraiment bouleversant. La fin du concert approche ; et le présentateur le remercie. Mais c’est avec un pincement au cœur que nous écoutons religieusement "Bill's last tune… Goodbye".

Au beau milieu de la plaque, figurent trois plages extraites d'un concert accordé lors de son dernier périple accordé en 96. Paul Bryant se réserve les cordes, Rick Reed la basse et Brian Fahey les drums ; mais seul Mr Clarke se libère comme soliste. Se succèdent ainsi l’émouvant, mais prémonitoire "My last goodbye", un blues lent qui transpire le vécu. Un morceau au cours duquel on a l’impression que l'harmonica chromatique reste collé à ses lèvres. Puis deux plages plus rythmées. "Home is where the heart is" et un "Loose your life", marqué par ce riff à la Bo Diddley, une compo au cours de laquelle le maître s’autorise une sortie remarquable sur son instrument. Un riff signé Paul ‘Pops’ Bryant, c’est-à-dire plus que probablement le dernier guitariste à avoir accompagné Clarke sur la route ; un chemin parcouru depuis la fin 94 jusqu'au 20 octobre 96, à Abilene Texas. Deux semaines plus tard, William quittait ce monde. Repose en paix l'artiste!

 

William Clarke

One more again!

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Plus de dix années après sa mort, l'âme musicale de William Clarke est toujours bien présente. Faut dire que le travail inlassable de sa veuve Jeannette y est pour quelque chose. Chaque année, elle ouvre ses tiroirs et nous offre des témoignages inédits du grand harmoniciste californien disparu. On a ainsi eu droit à "Now that you're gone", "Live in Germany", "The early years, Vol 1 et Vol 2", sans oublier une série de Dvd tout aussi intéressants.

"One more again!" réunit des prises alternatives d'enregistrements opérés dans sa période Alligator. Il recèle plusieurs inédits. Ces morceaux sont issus de sessions accordés au cours de l'année 1993 ; des sessions pour lesquelles il avait reçu la collaboration de redoutables musiciens comme Alex Schultz à la guitare, Eddie Clark aux drums, Rick Reed à la basse et Steve F'Dor au piano.

L'opus démarre par un instrumental sans titre (NDR : « Untitled »). William souffle dans l'instrument chromatique comme il était pratiquement le seul à pouvoir le faire. Ses petites incursions sont géniales. Sa sensibilité musicale est omniprésente. Ses collaborateurs se distinguent par leur sobriété et leur efficacité. On ressent leur joie de se produire ensemble. La complicité entretenue entre Clarke et Alex fait plaisir à entendre. Lorsque Schultz prend son billet de sortie, on entend clairement Bill pousser des cris de satisfaction. "I got my bags packed" est un blues imprimé sur un tempo nonchalant. Un de ces blues qui faisaient la marque de fabrique de Clarke. Sa voix libère une émotion intense. Il signe également, sur son harmonica, des phrases d'une profondeur inégalée. Chargée de swing, "Five card hand" évolue sut un rythme plus enlevé. Une compo qui figurait sur "The hard way", un elpee paru en 1996. Pour la circonstance, c'est Alex, un des seigneurs du style west coast jump, qui tire son épingle du jeu. Signé Roy Brown, "Letter from home" est également issu du même opus. Il emprunte donc également au jazz et au swing. Alex et Bill sont manifestement ravis de le jouer ensemble. Les deux complices nous accordent encore un véritable festival de leurs talents sur "Educated fool", un fragment imprimé sur un tempo rapide, emprunté à "Serious intentions", un elpee qui remonte à 1992. Deux versions de "Home is where the heart is" sont ici proposées. Tout d’abord une extrêmement lente au cours de laquelle Greg Verginio se distingue à la six cordes pendant que Steve F'Dor s'éclate derrière les ivoires. William en profite pour entretenir cette flamme incandescente qui le dévorait constamment. La seconde est plus rapide. C’est Alex Schultz qui est ici à la barre ; mais la différence de rythme est tellement marquée qu’on a l’impression de ne pas être en présence de la même compo. Virginio avait également participé aux sessions d’enregistrement de "The hard way", un œuvre qui semble bien constituer la source d’inspiration majeure de ce "One more again!" (NDR : depuis, Virginio a abandonné les voies sonores pour embrasser celles plus mystiques de la religion). Il est également impliqué sur "When I'm with you baby", un autre blues lent et encore un instrumental sans titre, rehaussé par la présence de Juke Logan, à l'orgue. Et en fin de parcours, Alex se montre à nouveau à la hauteur sur "That ain't the way to do it", grâce à son style si personnel, caractérisé par ses nombreuses notes dispensées sur des lignes parfaitement construites ; le tout soutenu par une rythmique tellement légère et balayé par l’instrument chromatique du maître. Un régal!

 

William Clarke

Live in Germany

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Onze années déjà que notre ami Bill s'en est allé. Mais Jeannette Lodovici Clarke, la veuve de William, a décidé de lui rendre un hommage permanent. En alimentant régulièrement sa discographie posthume. Ce concert a été enregistré live en Allemagne. Le disque est sorti depuis un certain temps déjà mais il mérite le détour. Nous retrouvons William Clarke lors de l'une de ses nombreuses tournées européennes accomplies à la fin du siècle dernier. Très probablement en 1988, quelques jours avant ou après qu'il soit monté sur les planches du Handzame Blues Festival, événement organisé ici, dans le plat pays qui est le nôtre. Il était pour l'occasion accompagné de sa fidèle section rythmique composée du bassiste Willie Brinlee et du drummer Eddie ‘Lips’ Clark, ainsi que du fabuleux John ‘Marx’ Markowski à la guitare. Maître incontesté du swing, ce musicien inventif était aussi à l'aise dans l’univers du jazz que blues. Alors, pour les nombreux amateurs d’harmonica blues, cet opus est indispensable! William est le souffleur que je préfère. Je le considère comme le meilleur de tous les harmonicistes. Il n’a certes pas tout inventé, mais ses sujets étaient maîtrisés par une technique irréprochable. En outre, il manifestait une vitalité débordante, une puissance de feu, un souffle incroyable, une inventivité inégalable. La prise de son est impressionnante et nous nous retrouvons au cœur du public en compagnie de musiciens extraordinaires.

"Blowin’ like hell" ouvre l’elpee. Un instrumental qui préfigurait déjà son futur premier elpee pour Alligator. C’était également son titre maître. Ce brûlot incandescent porte, en outre, très bien son nom. Clarke avait la voix de son souffle : intense et modulée. Le "She's dynamite" de Tampa Red nous emporte dans un tourbillon. "Lookin' in the future" est un brillant Chicago shuffle. La puissance rythmique de l'ensemble soutient l'instrument diatonique et pousse le leader vers les sommets. Marx est un musicien talentueux. Il anime depuis longtemps les jam sessions du club Cozy, dans la San Fernando Valley, à Los Angeles. "I cried all last night" lui est réservé lors de ce concert. Une compo signée Charles Brown. Très jazz, la guitare manifeste beaucoup de douceur, de quiétude et de fraîcheur. Marx se réserve également le chant, mais c’est son travail sur les cordes qui nous séduit. Il nous plonge ainsi dans un bain de west coast inspiré par T-Bone Walker. William revient des loges, les poumons bien aérés. Il s'attaque à deux titres de Muddy Waters. Tout d’abord, le classique "All night long". Le public teuton est pris à la gorge, mais il participe. Le WCB ralentit le tempo et dispense un "Iodine in my coffee" très ‘west coast’. La dose de jazz inoculée est évidente. Tout en donnant une nouvelle leçon sur l'instrument chromatique, il adresse un clin d'œil à son vieil ami George Smith. La machine bien huilée poursuit sa démonstration. Une nouvelle intervention de Marx irradie "Educated fool". Et elle est brillante ! Elle est suivie par l'envol de William dont la montée sur les planches se soldait irrémédiablement par cette manière très caractéristique de jouer tout en rythmique. Très entraînant, le "Been around the world" de Big Walter Horton est un autre Chicago shuffle. Le swing n'est jamais très loin. Et bien ancré dans le style jump pratiqué dans l'état californien, le cœur de la musique bat au rythme de "One room country shack". Lors de finale, William reproduit ses inévitables cris de guerre, sorte d’aboiements volubiles et détonants. Les musiciens nous réservent cependant encore quelques exercices de haute-voltige instrumentale tout au long de la cover du "Lollipop Mama" de Roy Brown. Un excellent album.

William Clarke

Live on Brother Matt s - Dvd

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1985 : William Clarke est âgé de 34 ans. Il se produit à Los Angeles, sur la scène de Brother Matt. Pour la circonstance, sa section rythmique est constituée de Willie Brinlee et Jerry de Monte, respectivement bassiste et drummer. Il est également soutenu par deux guitaristes : Steve Samuels et Joël Foy. William jouissait déjà d’une fameuse réputation, à cette période de sa carrière.

Le concert s’ouvre par "She's dynamite", un de ses titres ‘fétiche’ réservé à la scène. Le tempo est bien enlevé. Il est assez cocasse de voir Steve Samuels réussir un solo, à l’aide de son demi-bras gauche. Il parvient à tirer les cordes en se servant de son moignon, avec une énorme dose de dextérité et de feeling. A cette époque, on venait juste d'inhumer le légendaire George ‘Harmonica’ Smith. Tout naturellement, Clarke ne pouvait que lui rendre hommage. Et il fait revivre George en soufflant dans son harmonica chromatique sur ce "Tribute to George Smith". Il y communique toute son émotion. "I got my brand on you" est imprimé sur un tempo plus enlevé. Samuels en profite pour dispenser une nouvelle salve. "Take a walk with me" est un excellent Chicago shuffle. Clarke pète la forme, mais pour l’occasion, le discret mais efficace Joel Foy sort de sa réserve. William se retire quelques minutes pour laisser ses musiciens rivaliser de talent ; et tout particulièrement Steve qui, de toute évidence, prend son pied. Ce concert s’achève par une compo phare de son répertoire d’alors : le vivifiant "All night long" ; un morceau qui clôturait habituellement ses concerts. Le souffleur californien (un peu plus svelte en ce temps-là) termine son show à genoux, avant de s’étendre totalement sur les planches pour extraire de son instrument des sonorités incroyables. Ce Dvd constitue un excellent témoignage (un de plus) de l'héritage laissé par un des harmonicistes les plus doués de la fin du XXème siècle.

 

 



William Clarke

Alligator Record Party - Dvd

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Jeannette Lodovici tient ses promesses. La veuve de William Clarke sort de ses tiroirs de magnifiques témoignages de son défunt mari. Et en particulier sur Dvd. Paru l’an dernier, "My last goodbye" réunit différents extraits de concerts ‘live’ dont des séquences issues de cette fameuse ‘Alligator Records Party’, qui s’est déroulée en octobre 1990, dans un magasin de disques : le Lamar's Shop de Long Beach. Un événement destiné à marquer la sortie de « Blowin' like hell », le premier album édité sur le célèbre label blues de Chicago. L’intégralité de ce concert est ici immortalisée. Plusieurs musiciens talentueux ont collaboré à cet épisode dont le bassiste Buddy Clark, le drummer Eddie Clark ainsi que les guitaristes Zach Zunis et Rick Holmstrom (avant qu'il ne rejoigne les Mighty Flyers de Rod Piazza). D'évidence, William est au sommet de son art. Au fil du temps, il a développé un style percutant tout à fait personnel. Imaginez la scène : le groupe joue au beau milieu d'une boutique de disques exiguë. Les spectateurs se serrent comme ils peuvent entre les présentoirs. Mais ils ne le regretteront pas, car le set sera remarquable

Le concert s’ouvre par l’instrumental "Blowin' like hell", titre maître de « Blowin' like hell ». Pas moins de trois shuffles s’enchaînent. La température ambiante est torride. Les deux guitaristes se réservent des solos successifs avant de se mettre au service du rythme. Clarke a toujours eu le don de s'entourer de gratteurs capables de respirer le bonheur sur les planches. Fin des années 70, il a sévi chez le Hollywood Fats, avant de collaborer en compagnie de Steve Samuels, Joel Foy et John Marx, mais aussi d'Alex Schultz et Rick Holmstrom ; paradoxalement chaque fois préalablement à leur engagement par Rod Piazza pour ses Mighty Flyers. D'ailleurs, au cours de cette party, après quarante bonnes minutes, à l'initiative de William, le géant Bill Stuve (ce bassiste à longtemps milité chez Mighty Flyer) et Alex Schultz (ce guitariste est un des maîtres incontestables du style west coast) remplacent, le temps de trois titres, respectivement Buddy Clark et Rich Holmstrom. La complicité entre William et Alex fait plaisir à voir et à entendre. "Lonesome bedroom blues" en est la plus belle démonstration. Les autres rappliquent ensuite pour achever ce show promotionnel. William Clarke était un bluesman au talent extraordinaire. Et s’il était encore de ce monde aujourd’hui, il serait, sans nul doute, toujours à la pointe de l’actualité, dans le domaine du blues…

William Clarke

My last goodbye (Dvd)

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Consacré à William, ce Dvd est un témoignage d’amour manifesté par sa veuve, Jeannette. La première partie est consacrée à un album photo présenté par Jeannette, une séquence entrecoupée d'extraits musicaux et d'entretiens. On peut y revoir William aux côtés de Shakey Jake Harris, Johnny Dyer, George Smith, Philip Walker, Junior Wells, Smokey Wilson, Charlie Musselwhite, Ronnie Earl, Alex Schultz,… Le document recèle une interview accordée par William, dans sa période Alligator, le tout ponctué d’extraits d'un concert accordé au club Rosa's de Long Beach. On a ensuite droit à une vingtaine de minutes de set exécuté dans ce qui semble être un magasin. Pour la circonstance, il est soutenu par deux guitaristes particulièrement affûtés : un jeune Rick Holmstrom et Zach Zunis. Quarante minutes ont été immortalisées lors d’un spectacle concédé au Larry Blake's Club de Berkeley, en Californie. Un autre sommet ! Tournées en noir et blanc, les images sont cependant un peu trop sombres. Heureusement, la musique est d’excellente facture. Elle met même en exergue le talent du gaucher et handicapé Steve Samuels ainsi que celui de l’extraordinaire John Marx. Près d’une demi-heure semble avoir été tournée dans un autre club : le Coors? La prise de vue est assez lointaine. Elle a même été filmée derrière la piste de danse où se pressent de nombreux couples émoustillés par la musique du merveilleux William Clarke. Le Dvd s’achève par un "My last goodbye" en fond musical, une plage extraite de l’elpee "Groove time" (Alligator). D’une durée de près de deux heures, ce testament visuel est un véritable must pour le fan du regretté harmoniciste.

Ces trois albums sont disponibles par e-mail chez Jeannette Lodovici ou chez sa fille Gina.
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De très intéressants documents sont accessibles sur le site www.angelfire.com/blues/williamclarke

Vous pouvez aussi entendre William chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, le 1er janvier 1988, en cliquant sur le lien suivant :
http://www.youtube.com/watch?v=r6m1T_EyTq0

 

 

William Clarke

The Early years – Volume 1

Écrit par

Ce premier volume revisite les années 1978 à 85. Dès les premières notes du morceau qui ouvre l’elpee, "Hittin' heavy", nous reconnaissons la présence - excellente par ailleurs - de l'inoubliable Michael Mann, alias Hollywood Fats. Il est même soutenu par son band de l’époque pour cet instrumental bien nerveux ainsi que lors des six plages suivantes. Tout d’abord sur "Blues afterwhile", un autre instrumental très fin de soirée. Déjà une leçon de ce que Smith avait appris à Clarke. Il y manifeste énormément de sensibilité. Mais c’est bien le souffle brûlant du blues qui est ici répandu. Fats et le pianiste John Detherage conjuguent avec bonheur ce blues de l'âme. Le "Diggin' my potatoes" de Leadbetter est imprimé sur un tempo alerte. William chante ; cependant c'est surtout son talent fou à l'harmonica qui nous souffle! Un fantôme passe : la voix chaude de George Smith interprète son "Teenage girl", véritable sommet de cette collection. Smith a conservé sa musique à bouche dans la poche. Ce diable d'homme sait que le souffleur rêvé pour le seconder est bien Bill Clarke. Il se montre insatiable dans l'arrière scène et se réserve un solo dans les aigus vraiment pas piqué des vers. Un privilège qu’il nous accorde l’espace de cinq bonnes minutes! "So all alone" démarre sur un mode funky avant de s'emballer dans le meilleur des Chicago blues. Les fans d'Hollywood Fats seront aux anges en découvrant "Come on baby". Du pur west coast jump qui n'a pas pris une ride. La musique pratiquée par ces jeunes blancs à L.A., fin des 70s, est décidément d'un niveau très élevé. George Smith est à nouveau présent pour chanter "Teardrops fallin', un nouveau slow blues très Chicago Southside, parcouru par la slide de Craig Printup. William est étincelant tout au long de "Blowin' my nuts", pendant que la section rythmique - constituée de Al Bedrosian à la basse et Matt Goodwine à la batterie - produit un groove incroyable. Fats revient gratter ses cordes sur "The little girl I'm lovin", un blues lent généreux au cours duquel Clarke chante vigoureusement face au piano de James Borden. Les quatre dernières plages remontent aux années 80. Plusieurs invités de marque y collaborent. Une belle preuve que Clarke était un musicien confirmé qui faisait autorité dans les milieux branchés blues de L.A. Smokey Wilson se réserve les vocaux sur l’excellent "Fine little mama", une compo puissante mais festive. Une véritable propagande pour le blues à laquelle participent Rick Holmstrom, alors très jeune guitariste, Fred Kaplan au piano, Willie Brinlee à la basse et Eddie Clarck aux drums. William chante autoritairement et avec assurance le slow blues "Give me back that wig" face aux ivoires de Kaplan. Son jeu à l’harmonica amplifié est d'une puissance impitoyable. Dernier invité, Cardell Boyette pose la voix sur son "I miss you so" soutenu par Zach Zunis et Steve F'dor. Cette collection fort intéressante s’achève par "Gina's Groove", un instrumental probablement dédié à Gina, la fille de Bill. Une compo qui réunit toutes les caractéristiques inhérentes au génie de ce souffleur légendaire.

 

William Clarke

The early years – Volume 2

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Ce second volume est consacré à la période sise entre 85 à 91. Un autre recueil épinglant une nouvelle fois des plages remarquables, pour la plupart rares ou inédites et impliquant des invités prestigieux. Au dos de la pochette figure une photo qui date de 1982. Elle réunit William et son meilleur ami, Joe Lodovici, un autre brillant harmoniciste qui a aujourd'hui épousé Jeannette, la veuve de William.

L’opus s’ouvre par "Early in the mornin", un blues d’une grande richesse. Slow blues, "The feeling's gone" se singularise par son dépouillement. Le booklet ne signale pas le line up des musiciens qui constitue le backing group. Pourtant, le piano se révèle primordial dans le décor sonore. Très zélé, Bill dispense un divin souffle sur son harmonica chromatique. "Give me mine now" évolue sur un tempo assez proche du feeling rencontré à la Nouvelle Orléans, une sensation accentuée par le piano très rythmique. William est sur scène, derrière son idole George Smith. Ce dernier chante. Les deux hommes soufflent à l’unisson. La prise de son n'est guère brillante, mais l'émotion est bien présente. La profondeur aussi. Ils sont à nouveau soutenus par des illustres inconnus. Jeannette a retrouvé toute une série de bandes dans un tiroir. Mais elle ne fournit autre information à ce sujet. Ni le lieu, ni l’époque, ni l’identité des collaborateurs. Cependant, quel rare bonheur de découvrir ces musiciens qui jouent avec cœur. Rasheed Abdallah manifeste beaucoup d’enthousiasme pour chanter "Should kept on runnin". Clarke en profite pour exploser comme bien peu d'autres harmonicistes rêveraient de le faire. Mais ce musicien ne se contente pas de s’acharner ; il se révèle largement au dessus du lot. On a même l’impression que lui et son instrument miniature ne font plus qu’un. Le "Lookin for trouble" d'Eddie Taylor est sculpté dans le Chicago Blues le plus pur. A cause de l’orgue et puis du piano joué dans ce bon vieux style d'Otis Spann. "Bloody tears on my pillow" est un très long blues lent. Le jeu inventif, créatif, brillant du guitariste se détache. Ce qui n’est guère étonnant lorsqu’on sait qu’il relève de Ronnie Earl. Il porte même William vers les sommets sur son harmo chromatique. La reprise du célèbre "Ice cream man" de John Brim est un autre grand moment. Un Chicago shuffle qui bénéficie du concours d’un très bon pianiste (Fred Kaplan?). Deux plages mettent en présence deux harmonicistes. Tout d’abord Johnny Dyer. Il pose la voix avec beaucoup de sensibilité sur le "So glad I'm livin" de Sonny Boy Williamson. Mitch Kashmar, ensuite. Il est flanqué de ses Pontiax pour attaquer l'instrumental "Horn of plenty". William rivalise avec ce dernier. Les échanges de notes d'harmo évoluent à très haut niveau. Les trois dernières plages immortalisent un concert remarquable accordé au Starboard Attitude de Redondo Beach, le 11 avril 1987. Des enregistrements qui figuraient sur l'album "Rockin' the boat", paru en 88 sur Rivera. Pas la peine de vous faire un dessin, Bill est épaulé par des musiciens très talentueux : Joel Foy à la guitare, Fred Kaplan au piano, Willie Brinlee à la basse et Eddie Clarck aux drums. Toute cette équipe est responsable du torride shuffle "Deal the cards". Et puis du tonique "Boogie woogie woman". De la pure dynamite!

 

 

William Clarke

Tip of the top

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Né en 1951 à Inglewood, sur la Côte Ouest, William Clarke était un harmoniciste merveilleux, bouleversant ; peut-être même le plus doué de sa génération. Et pourtant, la concurrence était rude face à Rod Piazza, James Harman et autres. Tout comme Piazza, cet élève de l'école de George Smith pratiquait une fusion entre les styles de Chicago et de Los Angeles. Il s'était aussi forgé son style à l'écoute des saxophonistes et organistes de jazz. L'album était sorti sous la forme d'un vinyle en 1987. En Europe, sur Double. King Ace a eu la bonne initiative de le sortir en CD, enrichi de quatre inédits.

Cet elpee est tout à fait superbe. Les musiciens en présence sont tous de grosses pointures. Parmi les guitaristes on retrouve Hollywood Fats, Junior Watson, Ronnie Earl et Joel Foy. Rob Rio et Fred Kaplan se partagent les claviers. Will Brinlee et Bill Stuve, la basse. Et la liste est loin d'être exhaustive !

Junior Watson ouvre l'album par "Drinkin' beer", dans ce jump style qui lui colle si bien aux cordes. Une entrée en matière tout à fait exceptionnelle car le 1er décollage de William est le bon ; et l'harmonica explose dans des phrases élégantes. Le pied!! Bill s'attaque à l'admirable "Just a dream", de Big Bill Broonzy, dans le plus pur style Chicago. Le blues s'accélère avec "Take a walk with me". Hollywood Fats est aux cordes. Tout est parfaitement en place. William s'empare de son harmonica chromatique. Les lumières baissent. L'émotion s'empare du géant pour annoncer l'hommage à son maître, "Tribute to George Smith". Et pendant tout ce temps, Fats et Kaplan se régalent derrière leur instrument. Charlie Musselwhite pousse la porte du studio pour chanter son "Charlie's blues", avec à la clé et pour le plaisir des oreilles, un duo d'harmonicas de légende. Un autre grand se présente : Ronnie Earl. Il prête sa guitare à "Hot dog and a beer". Et le menu simple se transforme en festin. Ronnie est au sommet de son art. Il nous délivre un "smokin" en solo. Georges Smith en personne s'approche sur la pointe des pieds. Il souffle dans le registre qui n'appartient qu'à lui, et chante avec des larmes au bord des yeux. Les inédits sont situés en fin de CD. 4 compositions de Clarke : "Party Party", dans le pur jump style avec Hollywood Fats, le très Chicago "Got my brand on you", ainsi que "My dog don't bark" et "My wife got mad" avec Jr Watson. Ces plages ont été cédées par la veuve, Jeannette Clarke, car William nous a quitté le 2 novembre 1996, sur une table d'opération de Fresno. Cet album assez exceptionnel avait été nominé à l'époque, pour les WC Handy Awards. Je vous le conseille vivement!