Pas d’amis, pas de douleur pour Johnnie Carwash…

« No Friends No Pain », c’est le titre du nouvel elpee de Johnnie Carwash. En attendant, il nous en propose un extrait, sous forme de clip, « Aha (it's ok) ». Ballade pop façon The Drums, « Aha (it's ok) » est un morceau mélancolique qui a conservé la…

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Channel Zero

Le drumming, véritable fil conducteur du show !

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Channel Zero est né, il y a déjà 32 ans ; et pour fêter cet anniversaire, il se produisait à l’AB. Trois soirées de suite ! Et elles sont sold out. Mais en même temps, le band a voulu rendre hommage à Phil Baheux, décédé en 2013.  

En 1997, lorsque Channel Zero a décidé de mettre son aventure entre parenthèses, il avait déjà publié quatre albums en cinq ans. Quatre albums qui lui avaient permis de grimper au sommet de son art. Il a entamé son parcours comme band de trash metal underground et est devenu le plus grand phénomène du genre, au Benelux, grâce à son style frais et tranchant. Il a fait le tour du monde en compagnie, notamment, de Megadeth, Danzig et Biohazard et s’est produit dans les plus grands festivals européens. A l’issue du split, les musicos ont chacun suivi leur propre chemin après avoir remercié leur légion de fans en gravant un cédé ‘live’, immortalisant leur prestation au Marktrock. Cependant, un collectif de fans a créé une page Facebook dès 2008, pour inciter le combo à se réunir. Après de longues discussions, de pardons, d'oublis, de réflexions, d'essais et de répétitions, Franky, Tino et Phil acceptent de reformer le band. Et le 22 janvier 2009, Channel Zero joue un premier concert de retrouvailles à l'Ancienne Belgique. Il est sold out en un temps record ! Tout comme les dates programmées dans la foulée. En une heure ! Soit les 23 et 24 du même mois, et même ceux prévus un an plus tard. En l’occurrence les 28, 29 et 31 janvier 2010. Impressionnant !

Le line up implique aujourd’hui le frontman/chanteur Franky De Smet Van Damme, les guitaristes Mikey Doling (ex-Soulfly, ex-Snot) et Christophe Depree, le bassiste Olivier De Martino ainsi que le drummer Seven Antonopoulos.

Le supporting act est assuré par Virgin Prozak (la veille, la première partie avait été assurée par Destroy Humanity – photos )

Il y a 6 ans, Virgin Prozak se résumait à un duo. Soit un chanteur/guitariste et un batteur. Les chemins musicaux de Simon Rosenfeld Dernelle et Christophe Gindt se sont ensuite séparés et Simon a été rejoint par le bassiste Alban Waff ainsi que le drummer Chriss. Mais les deux membre orignaux sont à nouveau réunis ; et c’est Vincent Dessart (LETHVM) qui se charge aujourd’hui de l’instrument à quatre cordes.

A l’actif du combo, deux Eps, « Plethora », en 2018, et « Plethora, Vol. II », en 2020. Début avril, il a gravé un nouveau single, « The Doubt Remains », produit par Tony De Martino.

Sur les planches, si le drumming s’avère énergique voire tribal, la section rythmique fait preuve d’une efficacité sans faille. La voix est tantôt très mélodique et accrocheuse ou alors rugueuse. Très rythmique, la guitare s’élève aisément dans les riffs, un peu comme celle de James Hetfield, chez Metallica. Des émotions fortes et sans filtre émanent du metal vierge d'antidépresseurs pratiqué par le power trio.

Dans son genre musical, ce groupe wallon est à suivre très attentivement.  

Le rideau rouge est tiré juste après le déménagement de la première partie. A 20h30 précises, il s’ouvre. Mikey et Franky apparaissent alors pour interpréter une version acoustique d’« Angel », afin de rendre hommage à feu leur batteur. Puis il se referme.

Au bout de quelques minutes, il s’écarte de nouveau et on remarque la présence de deux bidons de couleur noire d’une capacité de 100 litres, de chaque côté de la scène, sur lesquels est mentionné les mots ‘black fuel’, en jaune.

Vêtu d’une salopette de teinte bleu pétrole au dos de laquelle est imprimé le logo du band, et de hautes tiges qui lui remontent jusqu’aux genoux, Franky débarque le premier. Les autres membres du groupe émergent d’un nuage de fumigènes traversé de spots aveuglants. Le drummer est perché sur une estrade, entouré de deux murs de baffles Marshall et derrière une double voire triple batterie.

« No Light (At the End of Their Tunnel) » vient à peine d’être achevé que Franky est déjà en sueur. Groovy, « Fools Parade » déclenche les premiers ‘crowdsurfings’ et de timides ‘pogos’.

Le jeu de basse de Tino De Martino claque et ne trahit aucun signe d'usure. Franky remonte le temps jusqu’à l’édition 1995 du festival de Torhout, tout au long d’« Heroin ». Et il le signale. Il arpente les planches, dans tous les sens, en emportant de petites bouteilles d’eau dont il asperge rituellement les premiers rangs. Il s’exprime tour à tour en français, néerlandais ou anglais, parfois en patois de Zottegem, sa terre d’origine. A deux reprises, il s’autorise un long bain de foule. Il fait le tour de la salle et grimpe à l’étage tout en continuant à chanter. Deux enfants montent sur le podium. Ils viennent embrasser leur papa, Olivier, dont c’était l’anniversaire, la veille. Le band entame alors l’inévitable ‘Happy Birthday’, que la foule reprend en chœur.

Tel un diable prêt à sortir de sa boîte, le drummer a vraiment marqué le concert de son empreinte. Il a accordé un solo de batterie magistral de 10 bonnes minutes. Ses expressions faciales et ses poses démoniaques étaient saisissantes sous le feu d’un light show agressif. En fait, il est parvenu à sublimer ses partenaires.

Et le concert de Channel Zero atteindra son apogée lors des deux derniers morceaux du show, « Suck My Energy » et « Black Fuel ». Dans la fosse, ça pogote sec. Les responsables de la sécurité ont du travail. Mais le tout se déroule dans une excellente ambiance.

Finalement, on a eu droit à un set en forme de ‘best of’ (photos )

Setlist : « Angel », « No Light (At the End of Their Tunnel) », « Tales Of Worship », « Repetition », « Chrome Dome », « Fool's Parade », « Dashboard Devils », « Heroin », « Call On Me », « Mastermind », « Bad To The Bone », « Help », « Unsafe », « Drum Solo », « Dark Passenger », « Ammunition », « Hot Summer », « Suck My Energy », « Black Fuel ».

Photos Romain Ballez

(Organisation : Ancienne Belgique »)

Channel Zero

Des Flamoutchs et de la bonne humeur !

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Après avoir gravé « Exit Humanity », le 27 octobre dernier, Channel Zero est venu défendre son septième LP studio sur les planches du Zik Zak, à Ittre, ce dimanche 10 décembre. Les fers de lance du Metal en Belgique se sont, par la même occasion, adjoint les services d’un nouveau mercenaire, Christophe Depree. Loin d’être un inconnu sur la scène locale, le guitariste sévit depuis bientôt trente ans au sein du band thrashy After All et injecte à présent également ses riffs dans les morceaux de Channel Zero. Une mini-tournée de huit dates dans le plat pays, dont deux en Wallonie, afin d’exposer par l’exemple la nouvelle mouture du combo. Compte-rendu à l’autopsie.

L’année 2017 égrène ses derniers jours et a profité de la nuit pour recouvrir le paysage belge d’un léger manteau blanc. Insignifiant pour le grand monde, mais imposant pour la modeste Belgique. Ittre n’est pas nécessairement connue pour ses frasques rock’n’rollesques, mais force et de constater qu’il commence à se créer quelque chose autour de cette ancienne école de musique devenue un antre à décibels. Quelques routes sinueuses mènent finalement à un paysage industriel, plongé dans l’obscurité et arrosé par une pluie froide d’hiver. Il suffit d’ouvrir la portière pour se prendre une drache. Évidemment ! En suivant les badauds on finit par entrer dans une petite salle à l’éclairage tamisé, plus large que profonde, où l’ambiance paraît de suite décontractée. Typiquement le genre d’endroit à fréquenter en pantoufles tant on se sent vite chez soi. A l’exception près que de mes enceintes ne sort que très rarement « Like a Virgin » de Madonna…

Après avoir été le second groupe à ouvrir la journée du samedi de l’Alcatraz Festival, en août dernier, King Hiss poursuit à présent sa conquête du Royaume. Malgré une apparente linéarité au niveau des compos, la formation envoie du lourd. Optant pour des sonorités plutôt Heavy en début de set, les Meninois vont progressivement dérouler un Stoner ample et rond comme il se doit. Al dente ! Jan, le vocaliste, impressionne par sa puissance vocale. Et tout particulièrement lors du morceau éponyme, dont le premier couplet est interprété a capella, un pied sur l’ampli, le corps tendu en un élan, afin d’expulser un maximum d’air de ses poumons, électrisant la fosse face à lui. En une grosse demi-heure, King Hiss a pu démontrer qu’il avait du punch dans les tripes. Certains de ses morceaux trottent longtemps dans votre tête, ne demandant qu’à être réécoutés a posteriori afin d’en savourer tout le potentiel. Il est fort à parier que ces gars issus de Flandre-Orientale feront encore parler d’eux à l’avenir…

Alors que Channel Zero s’était permis d’enrichir la scène d’un décor, quelques jours plus tôt, à Bruxelles, c’est aujourd’hui sur un mode plus old school que le quintet va se produire en ‘live’. En effet, seul un backdrop frappé du logo du groupe surmonté d’un crâne de bouc est accroché à l’arrache en arrière-plan. La batterie de Seven Antonopoulos repose sur un podium et la peau blanche des grosses caisses a été peinte du logo de la formation. Le drummer est d’ailleurs le premier à monter sur les planches, l’œil gauche bardé d’un sparadrap blanc (une indiscrétion sur les réseaux sociaux permettra d’apprendre que le musicien s’est blessé la veille, atteint par un éclat de baguette dans le globe oculaire). Pas le choix, il va falloir ce soir viser juste ! Il est suivi de près par Mikey Doling, tignasse ébouriffée et vêtu d’un t-shirt rappelant ses origines californiennes. De racines, il en est également question en observant le t-shirt à l’effigie de ‘La Muerte’, enfilé par le bassiste Tino De Martino, puisqu’il milite également au sein de ce band metallo-punk bruxellois. Pourtant discret, le bracelet éponge du nouveau venu, Christophe Depree, ne manquera pas lui aussi de montrer ses origines, rappelant subtilement qu’il gratte nerveusement depuis quelques années sous la bannière Thrash d’After All. Et puis, comme d’habitude, habillé de noir et chaussé de ses éternelles New-Rock, Franky De Smet Van Damme est le dernier à débarquer, micro à la main.

Après une tournée acoustique et un show d’entraînement accordé en ouverture des Guns N’ Roses, en juin dernier, Channel Zero est désormais bel et bien de retour sous sa forme métallique. Alors qu’il aurait été classique de dégainer par un morceau de son nouveau long playing, c’est par « Dark Passenger » (NDR : et c’est une surprise), titre d’ouverture du précédent opus, « Kill All Kings », que le concert s’ouvre. Le volume sonore décoiffe, et le public, majoritairement composé de trentenaires ainsi que quadras, opine directement du crâne. « Ammunition » et « Hot Summer », issus de « Feed Em With A Brick », plongent tout le monde dans le bain. Il faut aussi dire que Franky a l’art de mettre à l’aise. Il a un sens de l’humour bien belge. D’ailleurs, pour lui, les tensions qui dressent Nord et Sud du pays ne veulent pas dire grand-chose. ‘Bonsoir Ittre’, lâche-t-il, l’accent flamand bien prononcé. ‘Bon, allez, ce soir on va parler français… on est passé ici de l’autre côté de la frontière linguistique, on n’est plus chez les Flamoutches !’, ajoute-t-il ironiquement Manifestement, en cette soirée hivernale, il est particulièrement en forme...

Le band continue son exploration dans le temps en s’attaquant au groovy « Fools Parade » de 96, suivis d’« Unsafe » et « Héroïn ». De quoi ravir les fans de la première heure. Il faudra donc attendre un tiers du concert avant que Channel Zero ne commence à interpréter quelques compos de son nouvel elpee. ‘Bon… vous savez qu’on vient de sortir un album hein !’, déclare le vocaliste. ‘Qui l’a déjà acheté… ? un… deux… trois… quatre… cinq ! Allez, c’est déjà pas mal, on sera peut-être à dix à la fin de la tournée’, poursuit-il en se marrant. « Blood Letters » embraie, ce qui permet de découvrir enfin une nouvelle face de la palette vocale du chanteur, s’évadant davantage dans des envolées plus aiguës et mélodiques ; constat qui ne fera d’ailleurs que se confirmer tout au long d’« Exit Humanity ». S’il venait un jour à ne plus chanter, nul doute que Franky pourrait alors se tourner vers le one-man-show. ‘Mesdames, c’est un peu le moment émotionnel de la soirée… tu vois, ce moment où tu touches ton nipple et que ça te fait de l’effet… Et bien c’est maintenant !’, donnant dès lors le coup d’envoi de « Let the Games Begin ». La petite salle est désormais baignée dans les tons rouges, accentuant le côté intimiste de ce morceau langoureux.

Mais l’ambiance de fête s’impose à nouveau très vite, Franky invitant non seulement les membres de King Hiss à les rejoindre sur l’estrade, mais également les gars de Fleddy Melculy qui rencontre un beau succès, particulièrement en Flandre, et spectateurs de la soirée pour l’occasion. ‘Aussi des flamoutches !’, indique Franky en désignant les artistes. Avant que le vocaliste de Fleddy Melculy ne pousse la chansonnette sur « Bad To The Bones », l’ensemble des musicos présents sur les planches sont invités à affronter le ‘Channel Zero Challenge’ : vider chacun une bouteille de bière en moins de trois secondes. Quelques instants plus tard, une autre guest est invitée à grimper sur le podium, sous les acclamations unanimes de la foule. Et pour cause, tout metalhead qui se respecte connaît Anik, une véritable icône dans le milieu. Longtemps propriétaire du célèbre –voire culte !– magasin Hard Rock Market, situé dans le centre de Bruxelles (et contrairement à ce qui avait été annoncé dans les médias, toujours bel et bien ouvert!), elle a conseillé plusieurs générations de passioné(e)s de musique forte… ‘Faites un putain de bordel pour Anik’, réclame Franky en s’adressant à l’audience, face à une Anik aussi timide que modeste, comme de coutume (NDR : une ambiance quasi familiale, on vous l’annonçait !) Le band ne manquera d’ailleurs pas de chaleureusement remercier cet auditoire d’être toujours aussi fidèle : ‘On a tous plus ou moins autour des cinquante balais à présent. Si vous n’étiez pas là à nous soutenir, on serait juste chez nous en train de nous branler dans le fauteuil’, avoue le chanteur, potache. ‘Pas vrai, madameke ?’, en interpellant un quinqua aux premiers rangs. ‘Tu vas voir, tu vas venir chanter avec moi bientôt, on va reprendre du Slayer !’

Malgré son récent engagement au sein de la formation, force est de constater que le courant passe déjà très bien entre Christophe Depree et Mikey Doling. Il faut dire aussi que ce dernier n’était autre que la roadie technique de Mikey depuis quelques années… Plus d’une fois durant le show, il suffira d’un échange du regard entre les deux musiciens pour qu’ils se retrouvent au centre de la scène, s’affrontant fraternellement à coups de riffs. Plutôt en retrait pendant l’heure et demie de concert, Tino De Martino finira néanmoins par se frayer un chemin entre les deux guitaristes afin de se faire porter dans la fosse tout en martelant sa basse.

Le set touche à sa fin et les dernières balles, de choix, sont tirées. Après un « Help » largement entonné en chœur par la foule et « Suck My Energy » toujours aussi puissant, entrecoupés de riffs d’Iron Maiden et de Pantera, Channel Zero finit au chalumeau en balançant une reprise du « Reign in Blood » des maîtres du Thrash, Slayer. Chose promise, chose due ! Alors que le public s’était contenu tout au long du set, il n’en fallait pas plus pour finalement mettre le feu aux poudres et déclencher quelques bousculades dans la bonne humeur. Mais les Belgo-Américains ne pouvaient évidemment pas prendre congé de leurs fans sans leur jouissif « Black Fuel », ultime occasion de donner de la voix en cette soirée décidément aussi puissante que festive. C’était en tout cas, un vrai plaisir de constater que Channel Zero, qui rappelons-le, avait rempli six fois d’affilée l’Ancienne Belgique lors de sa reformation en 2010, a été loin de faire la fine bouche ce soir face à une audience de taille plus réduite que d’ordinaire. Au contraire même (et preuve de son professionnalisme) : il est parvenu à injecter une perfusion de bonnes ondes, typiquement rock’n’roll. C’est sans aucun doute que son bonheur communicatif à se produire sur les planches a contaminé l’ensemble de l’auditoire. On recommence quand ?

Setlist : Dark Passenger - Ammunition - Hot Summer - Fools Parade - Unsafe - Heroin - Blood Letters - Exit Humanity - Let The Games Begin - Bad To The Bone - Dashboard Devils - No more - Wish You Well - Mental Breakdown - Refugee - Help - Suck My Energy - Reign in Blood (Slayer cover) - Black Fuel.

(Organisation: Zik Zak)

Channel Zero, Evil Invaders et King Hiss se sont également produits au Trix à Anvers (Org: Alcatraz Music), ce 15 décembre. Les photos sont à découvrir ci-dessous.

 

Channel Zero

Les portes de l’humanité… vont bientôt se refermer…

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« Exit Humanity », le huitième opus studio de Channel Zero paraîtra ce 27 octobre prochain. Bien que s’inscrivant dans la lignée des deux précédents, le nouvel elpee s’annonce plus sombre, moins violent, même s’il recèle quelques pépites musicales qui tiennent parfaitement la route. Mikey Doling, le guitariste de la formation belgo-américaine, évoque, pour Musiczine, la récente actualité du groupe et, bien évidemment, la genèse de ce nouvel effort. Fidèle à lui-même, il n’a manifestement pas sa langue en poche…

Avant de se pencher sur votre nouveau long playing, revenons tout d’abord sur ce concert que vous avez accordé, le 24 juin dernier, en ouverture des Guns ‘N Roses, au Werchter Classic. Comment s’est déroulé ce show ? N’était-il pas trop intimidant de précéder les Guns ?

(rires) Non, pas tellement ! Enfin… si ! C’était intimidant, mais pas pour ces raisons-là ! Il y a, en effet, un an et demi qu’on ne s’était plus produits ensemble… Et crois-moi, débouler sur scène, devant 60 000 personnes, sans être vraiment préparés, c’était vraiment périlleux !

En 2015, vous vous engagiez dans un périple ‘unplugged’, aux quatre coins de la Belgique. Deux ans plus tard, quel regard portes-tu sur cette aventure un peu particulière ? Cette transition et ce calme temporaire étaient-il obligatoires voire nécessaires, afin de permettre au band de mieux débouler par la suite ?

Non, du tout ! On a juste accompli cette tournée pour se faire plaisir, c’est tout. Ce n’était en tout cas pas une étape obligatoire pour le groupe, mais juste une formule qu’on voulait tester. On avait simplement envie d’adapter quelques morceaux de Channel Zero sous un format acoustique, évaluer le résultat et le proposer à notre public. Et puis comme toujours : passer du bon temps ensemble.

Cet épisode a-t-il influencé la manière dont vous avez écrit votre nouveau long playing ?

Non, pas vraiment. On a accompli cette tournée acoustique ; c’était sympa et elle appartient dorénavant au passé. Pour ce nouvel album, on est vraiment passé à autre chose. On sentait bien que le moment était opportun pour écrire de nouvelles compos vraiment lourdes et pêchues. Cet intermède acoustique n’a donc pas vraiment eu d’influence sur « Exit Humanity », car je voulais tout particulièrement que ce disque soit dans la même lignée que « Kill All Kings » et « Feed Em With a Brick ». Mais… en même temps, qu’il reflète une évolution, et soit davantage mature et plus abouti.

… ce nouvel LP est en effet de la même veine, mais néanmoins me semble moins agressif et plus sombre. C’était le but que recherché ?

Tout à fait ! Je souhaitais donc quelque chose de lourd, non pas spécialement des morceaux plus rapides ou agressifs, mais plus profonds. Je voulais également que Franky puisse y chanter de manière un peu plus variée et davantage explorer de nouvelles mélodies, en plus graves ou plus aiguës. Quand on a commencé à composer, je lui ai dit : ‘Vas-y, lance-toi, fais-toi plaisir !’ On a abordé les parties vocales de manière différente ; et je pense que le résultat est plutôt réussi…

Que signifie le titre « Exit Humanity ? » Sur l’artwork de votre premier single, « Blood Letters », on y voit un macchabée dans une morgue, une étiquette accrochée au pied, sur laquelle on peut y lire ‘Cause of Death : Religion’. Peut-on dont en déduire que selon vous, la religion serait la source de l’extinction de l’humanité ?

Je suis en tout cas convaincu que, dans le monde actuel, les gens perdent de plus en plus leur sens de l’empathie ainsi que leur amour au sens large du terme de l’humanité. Plus le temps passe, plus on oublie ce qu’être pacifique implique. Tu sais, cette disposition à accepter tout le monde tel qu’il est, et peu importe les origines, les cultures ou les religions… L’être humain est de plus en plus dépouillé de son humanité et tout le monde semble plus ou moins s’en foutre ! Pas étonnant que la société dans laquelle on vit aujourd’hui devient si sombre et si violente… Et selon nous, la religion y joue un rôle important et néfaste. C’est ce qu’on aborde notamment dans le morceau « Blood Letters », au cours duquel on se penche sur ces écrits religieux, qu’ils soient issus de la Bible, de la Torah ou du Coran, qui ont fini, d’une façon ou d’une autre, par engendrer des effusions de sang…

… j’imagine que tu as donc été influencé par l’actualité lors de l’écriture de cet opus ?

Tout à fait ! Et notre président, Donal Trump, y est évidemment pour quelque chose. Ce mec, c’est une vraie merde. Pour tout te dire, je ne le considère même pas comme un être humain. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment il a pu devenir le leader des Américains. Ca m’échappe complètement. Tout le monde le savait, le monde entier le savait ! Et aujourd’hui, comme Américain, je suis gêné d’avoir un tel Président. Mais bon, on pourrait encore en parler pendant des heures tellement j’ai horreur de ce gars…

Sur le fourreau en carton qui habille le disque ou sur la pochette, on peut y remarquer la présence d’une petite fenêtre blanche. Un autre message ?

Il faut la voir comme une porte de sortie. C’est par cette ouverture que s’échappe l’humanité. La pochette symbolise ce que nous devenons une fois que nous avons franchi cette porte : nous nous écrasons les uns sur les autres, entouré de murs et de buildings à n’en plus finir… c’est triste, mais c’est vraiment le reflet du monde contemporain…

 

 

L’artwork de ce nouvel elpee est vraiment sombre. En prenant un peu de recul, on se rend compte qu’on est assez loin de celui de « Feed Em With A Brick ». La disparition tragique et inattendue de votre batteur, Phil Baheux, en 2013, est-elle liée ?

Non, il n’y a pas de lien. Phil nous manque terriblement, c’était un frère. Je pense à lui tous les jours. Mais ce nouvel album n’a aucune corrélation, de près ou de loin, avec sa mort. Sauf peut-être en ce qui concerne ces quelques riffs très lourds qu’on retrouve à certains moments. Il adorait ce genre de riffs.

As-tu déjà établi la set list pour cette tournée de fin d’année ?

Elle n’a pas encore été définie… mais par contre, je peux confirmer qu’elle recèlera certainement la moitié de ce nouvel album ainsi que quelques morceaux de « Kill All Kings ». Et, évidemment, les grands classiques de Channel Zero !

Sur ce nouvel LP, on peut y entendre la voix de Sen Dog, un des membres de Cypress Hill, sur « Said and Done ». Une explication ?

En fait, au départ, j’ai écrit ce morceau pour le jouer en compagnie de Max Cavalera (Soulfy, Cavalera Conspiracy, ex-Sepultura). Quand tu l’écoutes, tu peux clairement entendre qu’il sonne comme du Soulfly (NDR : Mikey Doling figurait à l’époque au sein du line up original de Soulfly). Mais bon, comme d’habitude, Max est toujours très occupé et il n’a pu se rendre disponible. C’est un de mes bons amis, il n’y a donc pas de différent personnel. Simplement, une fois de plus, son agenda débordait. Et donc un jour, alors que je discutais avec mon ami Sen Dog sur Facebook, en lui précisant que j’étais occupé d’enregistrer un nouvel album, il m’a lâché: ‘fais-moi intervenir dessus !’ Et c’est alors que j’ai évidemment pensé à lui pour remplacer Max sur « Said and Done ». On s’est donc donné rendez-vous à Los Angeles. On est entré en studio. On a fumé une centaine de joints et on a enregistré la compo !

Huit dates sont actuellement annoncées pour la tournée prévue en fin d’année. Evil Invaders et King Hiss vous accompagnent. C’était votre choix de les associer à ce périple ?

Oui, je suis un grand fan de ces deux bands ! Ce sont des jeunes et des putains de bons metalleux. On a pensé que les emmener avec nous pour cette tournée serait vraiment un chouette package à offrir à nos fans. Les gars de King Hiss figurent parmi nos très bons potes. Ils font pas mal de bruit, en Belgique, pour l’instant… bon… mais au final on sera quand même les meilleurs sur l’affiche… cependant, on veut aussi leur donner leur chance (rires)…

Avez-vous l’intention de sortir du Royaume pour entamer une tournée internationale ? L’an prochain, par exemple.

On verra bien… quelques options nous ont été offertes, dont quelques festivals comme le Wacken Open Air en Allemagne ou le Hellfest en France. Mais on n’en sait pas plus.

Mikey, tu es également le fondateur de Snot, un groupe de Neo-Metal qui a marqué cette scène au milieu des années ’90. Il est beaucoup plus discret depuis décembre ’98, soit depuis la disparition de Lynn Strait, le vocaliste. Il n’empêche qu’il s’est quand même encore produit, ensuite, aux quatre coins du monde. Que devient le band, aujourd’hui ?

En effet, notre dernière tournée en date remonte à 2014, au cours de laquelle on a traversé pas mal de pays européens. On a rencontré un succès incroyable. Plusieurs dates étaient même sold out. On ne s’attendait pas du tout à un tel engouement ! Sans quoi on se rend au Japon, en novembre, pour y accorder quelques shows. Et on envisage également d’accomplir une tournée européenne, au tout début du printemps de l’année prochaine !

… et peut-on peut-être espérer un nouvel album ?

Non, je ne pense pas… tu sais nos morceaux étaient fortement liés à Lynn Strait. Depuis son décès, on a certes dispensé des concerts, mais on n’a pas du tout l’intention d’enregistrer un nouvel album. Snot, c’était avec lui, point. Si on recommence à jouer en ‘live’, c’est uniquement pour maintenir en vie l’esprit de Snot. Mais on n’envisage pas de composer de nouveaux morceaux. Malgré le décès de Lynn, les fans avaient encore envie de nous écouter en ‘live’. Alors on a décidé de poursuivre l’aventure suivant cette formule. Et pour info, lors de la tournée prochaine, vu que Jamie Miller est parti rejoindre Bad Religion, c’est Seven (NDR : batteur de Channel Zero) qui se chargera des drums…  

(Interview réalisée le vendredi 8 juin, à Bruxelles).

Channel Zero

Décès du drummer de Channel Zero

Écrit par

Phil Baheux, le batteur de Channel Zero est décédé ce 10 août 2013. Il était âgé de 45 ans. Le quatuor s’était reformée en 2010, après 13 ans de séparation et avait même publié un nouvel album intitulé « Feed 'Em With a Brick », en 2011. C’est la page Facebook du groupe qui a annoncé cette triste nouvelle… (voir communiqué ci-dessous)

C'est avec une immense tristesse que Channel Zero doit annoncer le décès de leur frère et batteur Phil Baheux.
Le décès de Phil Baheux (45 ans) ce matin est un terrible choc pour les membres du groupe et du crew.
Nous vous demandons de respecter la vie privée de sa famille et du groupe.
Channel Zero

Channel Zero

Unsafe

Écrit par

Bien que fondé en 1990, Channel Zero en est à son troisième opus. Un disque qui a été enregistré à New York sous la houlette de Michaël Barbiero (Metallica, Soundgarden, L7, Slash), alors que le précédent avait été produit à Nashville par Vinnie Paul, drummer de Pantera. De solides références pour cet ensemble belge dont le trash metal sauvage, redoutable, impitoyable est de la même veine que celui d'Helmet. Un seul reproche, la présence de clichés trop souvent empruntés à Alice In Chains. Sans quoi, dans l'univers du hardcore, cet "Unsafe" est loin de faire pâle figure...