Le dernier combat de Malween…

Malween est le projet emmené par Julien Buys, auteur, compositeur et interprète, originaire de Nantes. Julien a quitté le monde de la finance, sans regret, en 2017 pour devenir comédien voix-off le jour et chanteur/guitariste a sein de différents projets…

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Glass Beams signe chez Ninja Tune

Glass Beams, groupe énigmatique établi à Melbourne, s'inspire de son héritage indien, infusant son psychédélisme serpentin d'instrumentations cosmiques et de polyrythmies du monde. Son premier album, « Mirage », enregistré en home studio, est une fusion…

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TTC

Minitel rosse

Booty, crunk, acid house et Daft Punk… Jean Nippon, disciple chtimi des rappeurs parigos, se la joue DJ de kermesse : il exhorte les djeunes b-boys à faire 'plus de bruiiiit', ça nous rappelle de vieilles 'fancy-fair' hennuyères, le cervelas fluorescent, les dessous de bras qui sentent le céleri et « This is the sound of C ». « C'est le retour de la new beat, tu savais pas ? ». Mais si couzin, et d'ailleurs « Fanfares » de Vitalic c'est presque aussi bien que le Carnaval de Binche. Et un concert de TTC ? 'C'était mieux avant', houspilleront les fans hardcore – et sans doute qu'ils n'ont pas vraiment tort. Finis les délires vocaux et l'instru jazz-lo fi à la Big Dada, place à l'italo disco, la pop Haribo et les jeux de gros mots. « Ceci n'est pas un disque de TTC » ? Depuis la deuxième moitié de leur tournée précédente (qui date seulement d'hier), Cuizinier, Teki Latex et Tido Berman n'interprètent plus de titres de leur premier album. Erick Morillo a remplacé Dose One, et « Bouge ton cul » « De Pauvres Riches » : TTC aujourd'hui veut se faire de la thune, passer à la radio et se faire passer pour un trio de macs. On n'y croit pas trop mais peu importe : le show continue, et tant mieux puisqu'on est en janvier, période plutôt morose.

« Ambition » en ouverture donne d'ailleurs le ton : embué, rampant, mélancolique – comme du Giorgio Moroder sous codéine. 'On n'est pas encore habitué au laptop, mais voilà c'est nouveau', se sent obligé de nous confier Teki Latex… Et de fait, cette nouvelle manière d'appréhender le live semble indiquer chez TTC une volonté de moins se fatiguer sur scène : 'la rançon du succès', diront les plus cyniques… Qui d'ailleurs sont absents : à la place des jeunes filles qui n'attendent que « Girlfriend » pour monter sur la scène, et deux ou trois 'vieux' fans de hip hop, pour la plupart de bonne famille. « Le chant des hommes », « J'ai pas sommeil » et « Catalogue » réchauffent un peu l'ambiance : ça gueule aux premiers rangs, malgré l'état comateux d'un Cuizi Cuiz 'larveux'. Il rouvrira les yeux quelques minutes plus tard, au moment d'entamer pour de vrai la promo de leur dernière galette. « Quand je claque des doigts », « Travailler », « Paris Paris » (ou, selon le lieu du concert : « Bruxelles Bruxelles », « Liège Liège », « Erps Kwerps Erps Kwerps », etc.) : du TTC qui a choisi de miser tous ses jetons sur l'efficacité FM, avec le risque de se faire battre en finale par Patrick Bruel (le con). David Toop parlerait de 'nostalgie pour le futur' (ce son) et Patriiiick de 'souvenirs devant' : en voilà donc une drôle de coïncidence, eh merde alors ! Il n'empêche que « Téléphone » et « Frotte ton cul par terre » sonnent comme de vrais tubes radiophoniques : même Michael Youn en a vomi sa putain de cagoule ! Ok, TTC n'est plus du tout une histoire de petits snobs qui se la pètent 'avant hop' (avant kwé ?), et on ne va pas vraiment s'en plaindre. Pensez Récré A2, mangez des pommes et rejetez donc une oreille à Milli Vanilli : ça n'a pas pris une ride ! « Dans le club » et « Girlfriend » clôturent le set avant le rappel de rigueur, un « Turbo » trance qui ressemble à de plates excuses ('Désolé les gars, mais on aime vraiment la pop FM eighties et les cols en fourrure !'). Sont-ils toujours les 'plus forts, un peu comme Musclor' ? Demandez donc à Bioman !

TTC

Bâtards Sensibles

Écrit par
Après une première plaque qui a plus séduit le public rock que le fan moyen de hip hop, les dingos de TTC reviennent enfoncer le clou. Esprit punk, innovations soniques et ambiances paranoïaques sont au menu de ce disque extrême. Comme son titre l’indique, cet opus oscille entre les moments sensibles ou réfléchis (« Le chant des hommes », « J’ai pas sommeil », « Bâtard sensible ») et d’autres plus crus ou ‘grande gueule’ qu’on ne risque pas d’entendre souvent sur les radios (« Du sang sur le dancefloor », « Dans le club », « Catalogue », « Rap jeu », « Girlfriend »). La constante procède du radicalisme musical appliqué aux chansons : un mélange d’électronica (dans le style du label WARP), de gros beats qui semblent sortir d’un vieux disque rap du début des années 80 et de scratches inventifs. Une approche musicale qui rappelle Anti Pop Consortium, à la différence près que les Français sont beaucoup plus directs et moins cérébraux que leurs homologues américains. Une plaque pas toujours facile à écouter (les flows des Mc’s sont un peu répétitifs) mais qui recèle tellement d’idées et de moments vraiment touchants (oui oui !) qu’elle rachète largement le côté parfois indigeste de l’entreprise.

TTC

Pour nous le rap, c est de la musique électronique.

" Ceci n'est pas un disque " était un des albums rap de 2002 : rarement aura-t-on pu entendre telle 'déconnade' intelligente, parce que oui, ça existe. Teki Latex, Tido et Cuiziner, secondés par Orgazmik aux platines, nous ont redonné une bonne raison d'écouter du rap français, sans clichés ni foutage de gueule. Bénéficiant d'une production détonante (DJ Vadim, Tacteel,…) et d'invités triés sur le volet (Dose One, La Caution,…), " Ceci n'est pas un disque " nous changeait enfin du commun exercice de gangsta rap parigo singeant son cousin d'Amérique. En plus, c'est drôle (les paroles, pleines de cadavres - vraiment - exquis), futé et affûté (les beats, inventifs). A l'occasion de leur passage aux Nuits Botanique (le mercredi 24, avec Detroit Grand Pubahs), nous les avons rencontrés. Attention : ceci n'est pas une interview.

" Ceci n'est pas un disque ", un hommage à Magritte ?

Teki Latex : La peinture flamande et nous, c'est une longue histoire… En fait, c'est flamand ou wallon ?

Il est de la Wallonie profonde.

T.L. : " Il est de la Wallonie profonde " ! Alors arrête un petit peu de dire des conneries sinon ils vont te casser la gueule ! (Il désigne ses amis) Euh ! Matisse… non : Magritte, on l'aime bien. Même si on le confond avec Matisse.

Parce que Magritte, à l'époque, incarnait un peu la révolution picturale… Est-ce que TTC est une révolution au niveau du rap français ?

T.L. : C'est la Révolution française. On a pris les baïonnettes et on est allé buter de l'aristo, et…

Orgazmik : Et ils m'ont récupéré à Versailles au passage.

T.L. : Non, sérieusement… Ce n'est pas vraiment la révolution. On n'a rien inventé. On essaie juste de faire de la bonne musique.

N'empêche qu'il y a beaucoup de jeux de mots dans votre musique, qui…

T.L. : (nous interrompant) On doit tout à Dr. Dre. Et à Death Row Records. Et à Suge Knight. On leur doit tout. C'est du gangsta rap, ce qu'on fait.

Alors, quoi ! ? TTC : rap français ou hip hop international ?

T.K. : C'est du hip hop de chambre.

Pourquoi ? Parce que " (Je n'arrive pas à) danser ", c'est un hit dans ta chambre ?

T.K. : Voilà, exactement. Et parce que c'est dans la chambre qu'on se reproduit, et c'est important de se reproduire pour la survie de l'espèce humaine. Euh ! Donc, voilà : hip hop pour faire l'amour. Vous pouvez faire l'amour à votre copine en écoutant TTC, ça marche.

C'est un concept qui a déjà été pris, 'tention !

T.K. : Ben oui, mais… A partir du moment où on peut contribuer à cette grande chose qu'est la reproduction humaine, et ben on le fait.

Certes, mais là on s'égare. Que pensez-vous de la scène hip hop américaine, de labels comme Anticon, Def Jux, qui expérimentent à tout va ? Vous avez collaboré avec Dose One sur " Pas d'armure "…

T.K. : J'aime beaucoup.

O. : (crachant une fumée à l'odeur de chanvre, et sur un ton nébuleux) Oui, moi aussi.

T.K. : On trouve que ce sont des gens qui font de la très bonne musique et qui mériteraient d'être encore plus écoutés. Et découverts.

Qu'est-ce que ça vous apporte d'être signés sur un label anglais, Big Dada, par rapport au fait d'être un groupe de rap français ?

T.K. : Ca nous apporte des prostituées, des jeunes filles en rut qui viennent à la sortie des concerts avec des minis T-shirts " Big Dada ". On les avait pas avant, mais depuis qu'on a signé, elles sont folles de nous ! (Redevenant sérieux) Non, ça nous apporte la gloire. Ca nous apporte le fait d'être distribué dans 30 pays. Et ça, c'est génial ! Des rencontres, des opportunités. Des gens qui s'intéressent à nous parce qu'ils s'intéressent à toutes les sorties du label et qui vont tendre plus facilement l'oreille que si nous avions été signés sur un label indépendant ou sur un label plus commun avec moins d'identité. Ca nous apporte beaucoup de satisfaction.

Comment vous positionnez-vous par rapport à la scène rap française, et qu'est-ce que vous pensez de ce genre de grande messe hip hop au Stade de France, etc. ?

T.K. : Les grandes messes au Stade de France, c'est très bien. C'est pour la paix urbaine, et nous on se sent vraiment concerné, parce qu'on est urbain.

C'est marrant, parce que les artistes alternatifs ont un point de vue différent du public : ils pensent que musique alternative et musique commerciale peuvent cohabiter.

T.K. : Oui, je pense que c'est de plus en plus le cas.

O. : (cassé) Oui, tout à fait.

T.K. : Justement, on parlait tout à l'heure de Def Jux et d'Anticon, des labels auxquels la presse porte un intérêt croissant. C'est bien ! Ca prouve que ça peut exister aussi. Je pense que tout peut coexister. Après c'est vrai que parfois ça fait un peu mal au cœur de voir certaines personnes sauter certaines étapes et s'autoproclamer " MC's " alors qu'ils se sont un peu moins creusés le cerveau que d'autres… Et ils y arrivent parce que c'est un emballage et toute une stratégie marketing qui sont dus aux majors… Mais ça ne sert à rien de se lamenter là-dessus : on préfère faire notre musique dans notre coin.

Sur quel genre de radios êtes-vous diffusés en France ?

T.L. : Sur Radio Nova, et les radios associatives.

O. : Oui, en province, y a plus de radios qui passent TTC.

On vous sent fan de culture populaire : d'où vous vient cette admiration pour les super héros de la TV, genre Leguman ?

O. : C'est l'époque où on est né qui fait que voilà, on a été bercé par cette culture. Donc c'est logique après que cela se retranscrive dans ce qu'ils disent… Et puis en plus, toute la musique électronique a été créée à cette époque-là.

T.L. : Les jeux vidéo…

O. : Finalement, ce qu'on fait, c'est qu'une évolution de ça.

T.L. : On a été très traumatisé par les années 80.

A côté de ça, vous construisez vos chansons comme certains réalisateurs leurs films. " Pas d'armure ", c'est confus, sans véritable linéarité, comme du David Lynch, et " Reconstitution ", ça ressemble à " Memento "…

T.L. : Ouais ! Ca nous influence. Comme les discussions qu'on peut avoir avec les gens. L'art pictural. La bande dessinée. Tout est musique. Tout est idée. Tout nous inspire.

D'où le fait que vous utilisiez toute une panoplie de techniques d'écriture, comme de production.

T.K. : On accorde beaucoup d'importance au style. Tout doit être fait avec style, sinon ça n'a aucun intérêt. Peu importe la musique ! Comme je dis toujours, on ne condamne pas tel ou tel artiste pictural parce qu'il a dessiné un arbre plutôt qu'une maison. Nous, on essaie d'expérimenter à tous les niveaux, son, écriture, flow, attitude, image, … Pourquoi se limiter ?

Cuizinier : (qui déboule enfin) Bonjour ! Je suis Cuizinier, du groupe TTC !

Enchanté… Le fait de rapper avec une voix suraiguë, ça va dans ce sens-là ?

T.K. : Aussi. Cette recherche d'originalité. Quand j'ai commencé à avoir ce style-là, c'est parce que je cherchais à avoir mon truc à moi, mon terrain à moi. Emmener les gens sur mon terrain.

Et ça rejoint cette idée de passion pour la culture populaire, qui vient de l'enfance.

T.K. : Oui, aussi. Ca peut être les marionnettes de mon enfance qui me faisaient peur. Finalement, la ligne est fine entre cette voix-là (il prend sa voix de scène, tel un gros Titi) et l'autre.

Quel a été l'apport de DJ Vadim sur " De Pauvres Riches ", et celui des autres producteurs ?

T.K. : C'est tout le temps différent, avec chacun d'entre eux.

Pourquoi DJ Vadim par exemple ?

T.K. : Parce qu'on admire son travail, parce que…

C. : (qui l'interrompt) Avant que l'on arrive chez Dj Vadim dans sa gente demeure, nous n'avions aucune idée de ce que nous allions fournir à l'auditeur (ça rime, c'est magnifique en plus). Donc figure-toi qu'on a pratiquement écrit sur place, on avait une très vague, mais lointaine (!), idée de ce qu'on allait produire chez lui. C'est inhérent à TTC, dans la continuité de la création de l'album… Et alors Vadim, pourquoi lui ? On a fait appel à 7 producteurs différents pour essayer de varier un maximum, que l'auditeur ne se lasse pas, et avant tout que (avec Teki Latex) nous-mêmes…

T.K. : … ne nous lassions pas.

Ce qui est très fort chez TTC, c'est quand la musique et le flow se superposent parfaitement, comme sur " Montée d'adrénaline " au niveau des coupures.

T.K. : C'est vrai ! J'aime beaucoup ce morceau : il y a une recherche constante du rythme dans le flow chez TTC, qui est très influencée par la scène californienne, des gens comme Freestyle Fellowship qui ont tout de suite traité le hip hop comme une forme de jazz. Jouer avec les rythmes impliquant des instruments comme la trompette, ce genre… Jouer à se compliquer les choses finalement, pour donner quelque chose de vivant.

C. : C'est la même démarche que Q-Bert peut avoir avec les scratches.

T.L. : Et qu'Orgazmik, notamment sur " Leguman ", où il fait parler Leguman à l'aide de scratches.

Finalement, les frontières entre rap et musique électronique sont de plus en plus floues (même si au départ le rap est de la musique électronique). On pense à Warp et Lex, par exemple.

T.K. : Pour nous le rap, c'est de la musique électronique. Les deux se rejoignent. On est de plus en plus influencé par la musique électronique, et on collabore de plus en plus avec des gens de la scène électronique. On apprécie énormément ce que font les gens de Warp, et par extension les gens de Lex. On a fait un morceau avec Tes, et Tacteel, qui a produit " En soulevant le couvercle " sur notre album, figure sur la dernière compilation de Lex, " Lexoleum 3 ".

Ca fait de vous un groupe unique en son genre, en tout cas en France. Sans parler de vos textes… C'est pas de la pierre poncée comme on peut en avoir dans la variété. Qu'est-ce que vous pensez par exemple de types comme Manu Chao, au discours un peu " cheap " ?

C. : Il faut savoir que Manu Chao, il n'y a pas très longtemps, nous a refilé 100.000 euros pour qu'on ne dise aucun mal de lui.

T.K. : En tout cas, Manu : Chao à toi. C'est une blague facile, mais il fallait la faire. Non : pour finir, je dirais que peut-être la meilleure manière de revendiquer, c'est de le faire de manière déguisée et pas vraiment immédiate. C'est peut-être ce qui marque le plus les gens.

 

TTC

Ceci n’est pas un disque

Du rap pour givrés. TTC n'a pas sa langue dans sa poche, d'ailleurs on se demande encore ce qui s'est passé après avoir introduit ce CD dans le lecteur. " Ceci n'est pas un disque ", assurément… C'est mieux. C'est drôle, virevoltant, bien foutu, inventif, et totalement barjo. L'un des trois lascars de ce groupe de " hip hop ", Teki Latex, rappe comme le personnage d'un dessin animé, sa voix suraiguë soulignant davantage l'absurdité des textes. Quoique pas si absurdes : " De pauvres riches " parodie les fils à papa bourgeois qui écoutent NTM pour " faire cool ", " Pollutions " est le premier morceau rap écolo, " Toi-même " s'en prend aux rentiers du hip hop français, de l'Internationale marseillaise aux gangsta-fumistes en tous genres… Les paroles, parfois ridicules, souvent tordantes, dissimulent en fait un à-propos d'une intelligence rare. Parfois pas loin d'une écriture automatique à la Dada, débitées à la vitesse v-v', elles nous renvoient l'image de rappeurs fous mais la tête sur les épaules, sorte d'enfants de la télé qui n'auraient pas peur d'aller à contre-courant du rap dominant. C'est déjà un exploit ! Ca l'est davantage si l'on écoute bien le tapis sonore sur lequel le trio rappe à s'en décrocher la mâchoire : samples costauds, beats ingénieux et salaces… TTC n'est pas seulement un gang de rimeurs adroits, c'est aussi un posse d'admirables bidouilleurs de sons. Preuve à l'appui : sur " Pas d'armure, Dose One " de cLOUDDEAD, autre groupe défricheur, tchatche sur une rythmique d'enfer, et en français s'il vous plaît… Si Lewis Carroll était encore vivant, sûr qu'il écouterait TTC… En tout cas, nous, on y retourne !