Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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François Staal version écolo.

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La musique de François Staal a souvent été considérée comme le résultat d’un mélange hypothétique entre celle d’Alain Bashung et de CharlElie Couture. Un artiste plutôt singulier, responsable de la composition de plus de quarante B.O. de films. Il vient de commettre son quatrième elpee, « Canyon ». Pour la circonstance, il a bénéficié du concours d’un invité de luxe, en l’occurrence Jean Fauque (« Osez Joséphine », « Ma petite entreprise »), qui signe deux nouvelles chansons, dont « Terre M’Atterre », une compo qui aurait pu figurer au répertoire du célèbre chanteur parisien, disparu voici déjà deux ans.

Vous pouvez découvrir ce titre à travers un clip, tourné dans les conditions live, telles que le disque a été enregistré.

http://www.youtube.com/watch?v=b2eKkgMYIxA
http://gallery.me.com/lestaal
http://www.olympiahall.com

 

Fink

Un concert soporiFink!

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Fink avait posé sa guitare sur la scène de l’Aéronef de Lille ce 24 octobre. Fin Greenall, de son vrai nom, présentait son album « Perfect Darkness », sorti au mois de juin dernier. Il était passé sous la loupe attentive de votre serviteur. Je lui avais fait la part belle en vous écrivant une critique avantageuse. Il fallait donc concrétiser cette première attache envers le Britannique par un concert.

Il est 20h30. Rachel Sermanni monte sur les planches de la salle lilloise. Sa guitare et sa douce voix séduisante embarquent le public vers les contrées écossaises, lieux de sa naissance. La petite artiste fait virevolter les notes comme des oiseaux voletant aux abords d’une forêt. Nous planons même au-dessus d’une verdure chatoyante, au sein de laquelle coule une rivière aux sons délicats et mélodieux. Rachel Sermanni est, elle aussi, un plaisir pour les yeux comme pour les oreilles. Du haut de sa petite taille, elle a ravi toute une salle, agrémentant les pauses entre ses chansons de quelques mots en français. Entourée comme il se doit, cette jolie demoiselle pourrait bien se révéler. Une belle découverte en somme. Le soleil qui précède la pluie voire même un gros orage.

Ah oui, c’est vrai… C’est du groupe soporiFink dont je venais vous décrire le triste concert. Effectivement, au bout de trois morceaux, je somnolais presque sur mon siège. Alors que peut-on retenir de cette soirée à l’Aéronef ? Pas grand-chose à vrai dire. Il est difficile de poser des mots sur l’ennui. Un live mou, sans vie, marquant très peu de différences par rapport au dernier opus. Assis sur son tabouret, le chanteur laisse jaillir ses chansons de sa bouche sans qu’aucune autre parole ne passe la frontière de ses lèvres. Pas la moindre communication entre deux titres avec les fans présents. Seulement un déballage continu et morne sans le moindre petit interlude. De quoi avoir envie de filer avant la fin. Et certains ne s’en sont d’ailleurs pas privés. En gros, Fink m’a juste offert une fantastique déception. Peut-être ma sévérité est-elle aussi liée à la forte impression que The Do m’a laissée il y a 10 jours. Car il est vrai qu’entre les deux, il existe plusieurs mondes de différences. Mais là, je suis bien redescendu sur terre. Cependant, certains artistes s’en sortent très bien en exprimant simplement leur talent en studio. Mais il faudrait malgré tout une fameuse dose de folie en plus pour pouvoir présenter ce spectacle sur des scènes de plus grande envergure. Plus d’envie aussi, sans doute. Parce qu’on est en droit de se demander quel plaisir Fin Greenall et ses musiciens prennent en ‘live’ lorsqu’on les voit peiner comme en ce lundi soir. La musique doit avant tout être motivée par le partage, rythmée par la passion, bercée d’une harmonie entre spectateurs et artistes. Autant de critères qui étaient aux abonnés absents et n’ont pas habité Fink, au cours de ce concert.

(Organisation : Aéronef)

Les heures In D 2011 : samedi 22 octobre

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Après avoir vécu l’édition de l’an dernier qui avait accueilli Midlake ou encore Anna Calvi, dans la cité bouillonnante, j’ai donc remis le couvert pour assister à ce festival parallèle aux Ardentes. Un événement qui jouait en 2011, la carte de l’éclectisme et de la découverte. Son appellation ne souffrant d’aucun malentendu, l’accent était, bien entendu, placé sur les artistes en marge du ‘mainstream’. Jeunes talents en devenir ou valeurs (r)assurées, cette nouvelle a permis au public considéré comme le plus ‘chaud boulette’ de s’éclater et de frémir aux sons les plus divers.

Day two.

C'est dans un silence religieux imposé par une assistance des plus clairsemées, que Leaf House, collectif local, dispense les premières mesures de cette deuxième journée, placée sous la bannière étoilée des cœurs plaintifs. Puisant son inspiration dans le souffle des vents d'une Americana en suspens dans le temps et métissant sa musique d'apports electro pertinemment agencés en séquences subliminales, le jeune combo dépose au pied de l'autel de cette plage désertée quelques pétales de fleurs arrachées au balcon de cités noyées dans les brumes de la nuit. Nuancées et délicates, les compositions trouvent un écho timide auprès d'une assistance néanmoins très concentrée sur le sujet, type de respect relativement rare à l'entame d'un festival.

BRNS quant à lui, se charge d'électriser quelque peu l'ambiance par le biais d'un set peut-être un peu inégal, mais bien maîtrisé. Laissant l'excellent "Mexico" terminer leur prestation de superbe manière.

La première gifle de la soirée est assenée par Imany, beauté comorienne montée sur des jambes qui ne finissent jamais et dont la voix est sans conteste à l'instar de son physique d'ex-mannequin. Décortiquant les plages de son premier album, "The Shape Of A Brocken Heart", dont le titre évoque le parallèle subtil entre la forme du continent africain et la moitié d'un cœur brisé, cette grande artiste (dans tous les sens du terme) nous dévoile sa forte personnalité et son talent énorme. Drôle dans ses interventions et touchante dans ses textes, Imany capte l'attention par la grâce d'une technique vocale sans faille mais surtout par une présence scénique remarquable si l'on considère sa frêle silhouette, accompagnée le plus simplement du monde par une guitare acoustique. Sorte de Grace Jones métissée de Tracy Chapman, elle a du bagout et son humour est bien balancé. Bref, cette ex-star des podiums réussit brillamment son virage. Nul doute qu'on en reparlera.

L'atmosphère se drape alors dans des apparats de soie noire, lors de l'apparition du trio Fink. Le protégé du label Ninja Tune n'a pas son pareil pour ensorceler son auditoire en dispensant un folk sombre et pourtant lumineux, parcouru par sa voix au timbre habité par mille démons du passé. Emotions portées à leur paroxysme (en témoigne cette jeune fille en larmes du début à la fin du concert) et efficacité d'un set mené de main de maître basé sur le nouvel opus de cet esthète hors normes. Un moment poignant et à la hauteur des espérances.

Le final de cette seconde édition est donc laissé à Jean-Louis Murat, dont le mot de la fin se déclame en une sombre poésie où la langue française se conjugue au passé Baudelairien, à cheval sur les grands horizons américains. Fidèle à lui même, l'Auvergnat, dans un très bon jour, captive l'assistance en nous racontant ses histoires d'amours déchus et d'espoirs sans lendemain. Présentant son nouvel album ("Grand Lièvre"), le plus Indé des Français recueille un succès mérité pour sa prestation énergique et savamment équilibrée entre hier et aujourd'hui. Au delà du cliché de poète maudit, il affiche la classe d'un artiste n'ayant plus rien à prouver mais toujours un incroyable talent et surtout manifeste une envie insatiable d'aller toujours plus en avant. Chapeau bas, monsieur Murat.

Enfin, l'after party peut commencer à avaler la nuit, et dans son sillage, les échos d'un festival encore mineur, mais plus pour très longtemps.

Les heures In D 2011 : vendredi 21 octobre

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Après avoir vécu l’édition de l’an dernier qui avait accueilli Midlake ou encore Anna Calvi, dans la cité bouillonnante, j’ai donc remis le couvert pour assister à ce festival parallèle aux Ardentes. Un événement qui jouait en 2011, la carte de l’éclectisme et de la découverte. Son appellation ne souffrant d’aucun malentendu, l’accent était, bien entendu, placé sur les artistes en marge du ‘mainstream’. Jeunes talents en devenir ou valeurs (r)assurées, cette nouvelle a permis au public considéré comme le plus ‘chaud boulette’ de s’éclater et de frémir aux sons les plus divers.

Day one.

En débarquant après le boulot, j’ai manqué les prestations de Divine et Radio Radio.

Selon les échos glanés à chaud, la prestation de la jeune Liégeoise a récolté un franc succès ; elle a même emporté dans son flow les doutes éventuels quant à assumer seule l’ouverture du festival.

Sur la lancée de sa première Mixtape et déjà reconnue dans le milieu pour son talent de MC, Divine a assuré remarquablement un exercice toujours périlleux avec un certain aplomb. 

Suivent donc les Canadiens de Radio Radio, dont le hip hop electro aux accents Chiac (un franglais parlé principalement par la jeune génération du Nouveau Brunswick au Canada) convainc une assistance qui allait gonfler au fil des minutes. Prozac dans la grisaille et les premiers froids de cette soirée d’octobre, leur enthousiasme et bonhommie a instauré un climat on ne peut plus favorable pour la suite des festivités.

Auxquelles je me suis enfin invité sur le coup de vingt heures. Juste à temps pour le début du set de 1995… Absolument réfractaire au Hip Hop hexagonal perclus de clichés en tous genres –depuis la grosse chaîne en or qui brille, aux gestuelles formatées (Yo !) jusqu’au phrasé inlassablement copié-collé de générations en générations– je ne peux qu’émettre deux constatations. La première : sur les six minutes vingt-six secondes de patience accordée au set, chaque fois que j’ai tourné la tête, un membre de plus est apparu sur scène. La seconde : après coup, j’ai réalisé que la moyenne d’âge des fans oscillait autour des treize ans. Conclusion : trop vieux et trop Rock & Roll pour vous donner mon avis sur un épisode que j’ai de toute façon snobé.

Les choses sérieuses peuvent donc commencer par la prestation des Lillois de Skip The Use. Quelle énergie ! Quelle pêche ! Mêlant ingrédients pop aux forts accents British (Bloc Party comme référence majeure), son vachement burné (Dog Eat Dog ?) et influences glissant du funk au reggae, ces cinq là ont un allant certain pour mettre la patate et mettre l’ambiance dans une salle. Si ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé, j’en reprendrais volontiers une petite goutte en infusion veineuse. Un chanteur époustouflant, et un groupe qui dégomme derrière. Bref, cette révélation des Ardentes 2009 n’a rien perdu de sa superbe.

L’ambiance montée d’un cran, les Français de Caravan Palace n’avaient plus qu’à assener le coup de grâce. L’ennui, c’est que je déteste ce genre de jazz manouche teinté de disco house. J’admets un savoir-faire indéniable ; et au vu de la réponse du public et de son enthousiasme, le concert devait être particulièrement bon. Mais perso, ça m’horripile et je m’ennuie ferme face à telle prestation. Truc de jeunes ou de filles (ou les deux), le plan clarinette sur fond de boîte techno me laisse profondément de marbre. Au milieu de ces centaines de jambes qui s’agitent, de ces fessiers qui rebondissent, de ces poitrines qui se soulèvent, je ressemblais à une frêle embarcation prisonnière d’une tempête. Et je n’avais qu’une hâte, rejoindre le rivage.

Le premier soir s’achève donc par un salut théâtral dans une ambiance survoltée, pendant que je m’engouffre dans ma voiture, chauffage à fond.

A demain pour d’autres aventures…

 

Ground Zero 2011 : mercredi 19 octobre

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Caravan Palace a donc effectué son grand retour sur les planches, ce mercredi 19 octobre.  Pour célébrer les retrouvailles avec son public, le groupe a lancé la note au théâtre du Sébastopol de Lille. Une ambiance de folie au cours de laquelle l’electro et le swing ont fusionné pour un résultat détonnant mais surtout enchanteur…

La soirée a commencé en douceur par Felipecha, un duo venu caresser nos tympans de ses ballades fraîches et colorées. Responsable de deux albums à ce jour (« De fil en aiguille » en 2008 et « Les lignes de fuite » cette année), Philippe et Charlotte (NDR : ex-chanteuse de Wax Taylor) nous ont invités à les accompagner lors d’une promenade champêtre et parfumée, afin d’y cueillir des fruits sonore, nés d’un mélange de subtilité, de délicatesse et de maturité. Un supporting act très raffiné.

Place ensuite au groupe français Caravan Palace. Après s’être accordé une année sabbatique, la formation a donc décidé de reprendre du service. Un nouvel Ep est d’ailleurs paru début octobre. Teinté de jazz manouche (NDR : les musicos adorent Django Reinhardt), leur électro swing avait ainsi cartonné sur leur opus éponyme, publié en 2008, mais également leur avait permis d’accomplir une tournée à guichets fermés.

Le public est impatient. Il est convaincu qu’il va vivre une bonne soirée. Et pour cause, le tracklisting devrait inclure les nouvelles compos du band, qui figureront sur leur nouvel album (NDR : il s’intitulera « Clash » et sa sortie est prévue pour le premier trimestre 2012).

Sur scène, un grand rideau rouge est tiré. Un ancien micro est planté devant, au beau milieu du podium. Soudain, quelques notes jaillissent de nulle part, déclenchant un accès de frénésie général, au sein du public. Le Théâtre Sebastopol est une salle où les places sont assises. Aussi les mélomanes les moins avertis n’ont pas beaucoup le temps de se prélasser, car après quelques secondes, il est impératif de se lever pour voir le spectacle et puis évidemment ressentir les rythmes nous envahir.

Le rideau se lève et laisse apparaître six musiciens répartis sur le podium. L’excitation de la foule cède alors le relais à l’euphorie totale, lors de l’arrivée de la ravissante Colotis Zoé, vêtue d’une tenue, on ne peut plus ‘charleston’…

Le concert peut alors commencer. Le public se rapproche de l’estrade et laisse éclater toute sa fièvre contenue et manifeste un enthousiasme, que la chanteuse lui rend bien et chaleureusement.

Leur style est très personnel. Très différent des autres groupes électro. A cet égard, j’estime qu’il y gagnerait, notamment en ‘live’, en jouant davantage sur sa spécificité. Par exemple en tirant parti d’un décor mieux adapté à la musique. De quoi donner plus de consistance au set.

Mais finalement, il ne s’agit que d’un détail, tant les musiciens sont passionnés et libèrent de l’énergie sur les planches. A tel point qu’il est difficile de résister à l’envie de danser, de swinguer et de prendre du plaisir, autant que le groupe s’amuse lui-même.

Caravan Palace + Felipecha

 

Katy B

On A Mission

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Plus la peine de la présenter, la déjà fameuse Katherine Brien. C’est sous le sobriquet de Katy B que la londonienne conquiert les ondes depuis quelques mois. Passionnée de musique électronique depuis toujours, elle se fait remarquer en 2008 en poussant la chansonnette sur un morceau du rappeur Geeneus et un titre de The Count & Sinden. Son timbre de voix fait ensuite vibrer le slip des trois ténors du dubstep, Benga, Skream et Artwork, réunis sous l’étendard de Magnetic Man. C’est d’ailleurs en compagnie de ce ‘supergroupe’ que la jeune femme de 22 ans signe son premier tube, « Perfect Stranger ». La suite, on la connaît. Gros buzz, quelques scènes rapidement sold-out et un premier album directement classé en 2ème position des charts britons. Ce qui lui permet d’être nominée, quelques semaines plus tard, pour le prestigieux Mercury Award. Katy est en mission et n’a pas besoin de tapage pour le faire savoir.

Estampillée dubstep, à cause de sa collaboration opérée auprès de Magnetic Man, l’œuvre de Katy B ne se limite pas à un seul genre. Pop, electropop, trip hop, drum’n’bass, acid jazz (si si !), la jeune chanteuse ratisse plus ou moins large, en bénéficiant du concours de Geeneus et Benga. La pilule passe toute seule, notamment grâce à des morceaux comme « Katy On A Mission », « Easy Please Me », « Hard To Get » et un excellent « Lights On » au sein duquel elle reçoit le concours et le flow de Ms. Dynamite. La mission de Katy connaît malgré tout quelques grossières lourdeurs qui empâtent inutilement son premier recueil. Ainsi, on se passerait volontiers de l’assommant « Witches’ Brew », d’un « Go Away » dégoulinant de mièvrerie et d’un « Disappear » d’une platitude telle qu’il mérite amplement son intitulé.

Globalement, il est clair que Katy B n’a pas encore démontré tout ce dont elle était capable. Un petit coup de pouce de producteurs moins opportunistes permettrait probablement à la petite Anglaise d’en surprendre plus d’un. D’ailleurs, une éventuelle collaboration Katy B / Jamie XX ne serait pas dégueulasse au demeurant. Wait & See.

Live : Katy B sera sur la scène du festival ‘I Love Techno 2011’ à Gand ce 12 novembre.

 

Siskiyou

Keep Away the Dead

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Mais que se cache-t-il sous l’étrange sobriquet de Siskiyou ? Une tribu indienne encore inconnue ? Et bien, non ; il s’agit d’une formation canadienne dont la musique baigne au sein d’un univers sombre et gothique. Comme l’indique d’ailleurs si bien le titre de leur second album, « Keep Away the Dead ». Siskyou a été formé par le chanteur/compositeur Colin Huebert ainsi que le guitariste Erik Arnesen ; et après avoir écouté les compos de cet elpee, on reconnaît la griffe du premier cité, ex-membre des magnifiques Great Lake Swimmers.

Le band a signé chez Constellation. Et le line up s’est élargi à un quatuor. De quoi permettre à l’instrumentation de se diversifier, entre guitares slide, accordéons, pianos ou autres banjos. Pourtant, leur musique ne trempe pas dans un folk basique, mais privilégie des compos minimalistes, boisées, atmosphériques, hantées, ténébreuses, parfois proches de celles, plus ascétiques, de Royal City. Des morceaux pas toujours faciles à assimiler et qui exigent souvent un effort de concentration pour être appréciés à leur juste valeur. Quant à la voix de Colin Huebert, elle rappelle celle, ‘dérapante’, du regretté Saint-Thomas (« Revolution Blues »). Bref, si les 10 pistes proposées sur ce disque ne transpirent pas la joie, « Keep Away the Dead » se révèle très cohérent. Dommage que certaines plages soient inutilement étirées et puis que les mélodies soient aussi peu contagieuses (« Dear Old Friend »). Il ne nous reste plus qu’à invoquer la lune en compagnie de la tribu folk des Siskiyou…

Le 5 novembre à Dixmude au 4AD.

 

Michael Bolton

Gems - The Duets collection

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Le chouchou de ces dames, Michael Bolton sort son nouvel album intitulé « Gems - The Duets collection ».

Au menu, un homme à la voix de ténor aussi envoûtante que sexy offre de longs instants de tendresse et des moments câlins, à savourer de préférence sous la couette.

Mais bien que l’elpee épingle quelques uns des plus beaux duos, certains laissent à désirer.

La première partie de l’opus est plutôt soporifique, tant les chansons sont lentes au point d’en oublier la précédente. La seconde s’avère beaucoup plus intense, notamment lors de titres comme « The prayer » qu’il chante en duo avec Lara Fabian ou encore l’« Hallelujah » de Jeff Buckley. De quoi faire vibrer la gente féminine, le temps d’une soirée.

Vous l’avez bien compris, messieurs, si vous voulez faire concurrence à Michael Bolton, et épater votre douce moitié, il est temps de vous inscrire à des cours de chant !

 

Captain Quentin

Instrumental Jet Set

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La plupart des groupes de rock alternatif issus du Nord de l’Italie, débarquent chez nous par l’entremise du distributeur Mandaï. Zu et Aucan en sont les meilleurs exemples. Par contre, on ne rencontre pas souvent de formations nées dans le Sud de la Botte. La température ou les traditions locales, ne se prêtent, peut-être pas spécialement à l’exercice ! Mais à toute règle, il y a une exception. Et elle répond au patronyme de Captain Quentin. Ce nom fait référence à Captain Beefheart ainsi qu’au personnage de Quentin, dans « The Sound and the Fury » de William Faulkner.

Le quintet nous vient donc de la Calabre. « Instrumental Jet Set » constitue son deuxième elpee ; et franchement au vu du résultat, il n’a certainement pas à rougir face aux formations anglophones. D’ailleurs, Captain Quentin a le bon goût de teinter son post-math-rock-noise d’influences latinos (« (ognuno ha il proprio concetto di) Intervallo »), africaines et freejazz … Une belle palette de couleurs sonores, qui serpente entre dérapages expérimentaux contrôlés et mélodies plus ou moins évidentes. Les musicos sont impressionnants de maîtrise ; et j’espère franchement les voir rapidement se produire en concert près de chez nous.

Venu du pays de l’omerta et des plaines arides, Captain Quentin nous lègue un « Instrumental Jet Set » jouissif et tout bonnement ensoleillé. On est loin des œuvres tristounettes proposées, en général, par la scène post-rock contemporaine…

 

Circle

Infektio (b)

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Il y a l’art abstrait, mais il y a aussi la musique abstraite. Bien que la musique soit un art, et l’art, de la musique, l’abstrait lui, reste au final toujours abstrait… tout comme Circle.

Dans un style underground minimaliste, Circle intrigue et surprend à la fois.

Leur album « Infektio » est découpé en longues plages au cours desquelles les sons étranges s’entremêlent.  A l’écoute, on ressent une sensation de malaise ; notamment sur le titre « Maatunut », une piste qui pourrait servir de fond sonore à une soirée de type Halloween.

Cet ensemble finlandais s’est forgé une notoriété en insistant sur l’aspect décalé de leur expression sonore. Prêtant dès lors à la curiosité. Les styles et les rythmes se confondent ; si bien qu’il est difficile de cerner la moindre mélodie. De quoi déstabiliser le mélomane, à moins d’être dans un état second ou d’habiter sur une autre planète. Ce qui pourrait alors aider à décrypter la musique.

Dérangeant, Circle devrait cependant dénicher ses aficionados chez les inconditionnels du psycho-déglingo. Pour le reste, on dira simplement que c’est… conceptuel.

 

Forest Fire

Staring at the X

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En 2008, Forest Fire publiait un premier opus, « Survival », œuvre qui n’est pas parvenue à s’extraire de l’anonymat, malgré une republication sur le label bordelais Talitres, l’année suivante. Depuis, bien de l’eau à coulé sous les ponts pour ce quatuor étasunien (NDR : il s’est établi à Brooklyn). Une tournée européenne et des premières parties assurées pour des groupes tels que Phosphorescent, Xiu Xiu, Papercuts ou Gang Gang Dance, vont permettre à la formation de gagner en maturité et en maîtrise. Le combo américain a également signé chez FatCat. Ce qui lui a certainement permis de disposer de moyens davantage conséquents pour enregistrer leur album (NDR : enfin, on le suppose). Pourtant, le band a privilégié la production lo-fi (mais pas trop).

« Staring at The X » est un disque riche en émotions et en couleurs. Les mélodies sont bourrées de charme, mais pas toujours facile d’accès. Forest Fire prend ainsi un malin plaisir à les cacher derrières des nappes de bruits. Caractérisé par ses grattes et son sax criard, le titre d’ouverture en est un parfait exemple. Bref, c’est une musique qui se mérite! « Future Shadows » et « The News » épousent un ton plus enjoué, plus proche de Yeasayer. Du moins en apparence, car les paroles ne semblent pas respirer la joie de vivre. Les nappes de synthés, les guitares scintillantes et le rythme dansant rappellent les 80’s. Deux singles en perspective. « They Pray Execution Style » nous aspire dans un tourbillon hypnotique et atmosphérique. La deuxième moitié de l’album trempe essentiellement dans le folk. On pense parfois à Dylan, surtout à cause de la voix nasillarde du chanteur. Le tempo est lent, mais le feeling est palpable. Enfin, les deux derniers morceaux « Mtns are Mtns » et « Vision In Plastic », clôturent l’album par un sublime crescendo.

Le second album de Forest Fire brûle de mille feux. Un brasier qui risque bientôt d’enflammer l’Europe. Et une fois allumé, celui-ci sera difficile à éteindre. Certainement un des albums de l’année.

Forest Fire se produira le 23 Novembre à la Maison des Musiques en compagnie de Leaf House dans le cadre du festival Autumn Falls. Occasion à ne pas rater.

 

Charlotte Gainsbourg

Terrible angels (Ep)

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C’est ce 7 novembre que sortira le double album de Charlotte Gainsbourg, « Stage Whisper (Live & inédits) ». Un opus très attendu par les fans puisqu’il réunira 11 enregistrements live et 7 inédits studio (dont 4 écrits par Beck).

Histoire de nous faire patienter, Because Music publie donc cet Ep découpé en 4 titres et enrichi de 2 vidéo-clips.

Sur « Terrible angels», le titre d’ouverture, l’empreinte de Beck (à l’écriture et à la production) est bien visible (ou plutôt audible). La voix de Charlotte berce littéralement « Memoir », une longue ballade. Une voix qui n’est toujours pas (et ne le sera sans doute jamais, mais celle de feu son père ne l’était pas davantage) parfaite, mais qui vient se poser délicatement sur cette compo signée Conor O’Brien et Renaud Letang.

Et l’intérêt de cet Ep procède aussi de la présence de 2 titres immortalisés en public. Soit l’entraînant « IRM », caractérisé par son côté disco/pop, et le plus intimiste « Just like heaven ».

Deux pistes qui démontrent une nouvelle fois, qu’à l’instar de Gainsbarre, Charlotte est toujours parvenue à bien s’entourer.

 

Golden Kanine

Scissors & Happiness

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Tout commence dix ans plus tôt, lors de la rencontre entre Linus Lindvall et Andreas Olrog, alors encore étudiants à l’école du cinéma d’Helsinborg. Apparemment davantage influencés par Wilco, Jayhawks ou The Decemberist que par Abba, les deux Suédois forment Golden Kanine afin de revisiter l’indie-folk-rock américain à leur manière. Après plusieurs années de travail, le groupe sort enfin un premier album « Scissors  & Happiness », suivi deux années plus tard par « Oh Woe ! », déjà chroniqué en ces pages, il y a quelques semaines.

Le premier album de Golden Kanine démontre déjà tout le potentiel que le groupe possédait déjà à l’époque. Pas étonnant que depuis, le groupe ait trouvé refuge sur un label plus performant, en l’occurrence Glitterhouse Records (Woven Hand, Scott Matthew, Dakota Suite, …).

A l’instar de leur dernier elpee, Golden Kanine marie et varie astucieusement une multitude d’instruments ; depuis la mandoline au violon, en passant par les instruments à vent. Les chœurs sont tout simplement magnifiques. Moins lyrique que son successeur, « Scissors & Happiness » nous communique quand même son lot de frissons, comme sur l’excellent morceau qui ouvre le disque « A World to Save » et « Cut ».

« Scissors & Happiness » ne recèle cependant pas autant de tubes potentiels que « Oh Woe », et la production n’y est pas aussi subtile. Mais peu de groupes ou artistes sont capables d’atteindre un tel niveau. Golden Kanine y est parvenu dès son coup d’essai et demeure en constante progression. A ce régime, le combo suédois ne tardera pas à rafler les suffrages. Je vous aurai prévenu !

 

Jeffrey Lewis

A Turn in the Dream Songs

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Entre ses nombreuses réalisations de ‘Comics’, Jeffrey Lewis, le petit prince de l’anti-folk new-yorkais, a trouvé le temps de concocter un nouvel album, « A Turn in the Dream Songs », 2 ans après nous avoir concédé sa dernière et réjouissante livraison en compagnie de ses Junkyards. Sans son backing-band de circonstance, l’Américain adoucit le ton sur un opus d’apparence bien plus sage et moins potache que les précédents (hormis « Mosquito Rap », un rap rigolo en titre caché…)

Dès le morceau d’ouverture, « To Go and Return », plage au cours de laquelle, Franic Rozycki de Wave Pictures est venu apporter son concours à la mandoline, le ton est donné : l’instrumentation sera plus riche. Si les textes font toujours intelligemment le grand écart entre l’humour et la profondeur (il aborde une série de sujets pas franchement réjouissants tels que la vieillesse, la perte de ses amis, la solitude ou même le suicide, tout en manifestant une bonne humeur surprenante…), l’expression sonore est bien plus soignée que par le passé. Et la participation de guests n’y est certainement pas étrangère, à l’instar de membres de Dr. Dog (« How Can it Be ») ou d’Au Revoir Simone (« Reaching »). Bien sûr, certaines pistes pêchent par facilité, mais la plupart sont vraiment de bonne facture, deux se détachant même du lot : le délicat « I Got Lost » et le plus allègre « Try it Again ».

Maintenant, si vous le préférez dans son ancien registre, caractérisé par son humour féroce de geek cultivé, il faudra probablement attendre la sortie d’un nouvel elpee en compagnie de ses Junkyards…

 

M83

Hurry Up, We’re Dreaming

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Quatre ans se sont écoulés depuis le jour où M83, alias Anthony Gonzalez, a commis l’immense, le grandiose, le luxueux « Saturdays = Youth ». La suite, on l’attendait bien évidemment de pied ferme. C’est donc un sourire jusqu’aux oreilles qu’on a accueilli l’annonce de la sortie d’un double album de l’enfant prodige. Un sourire qui s’st allongé de quelques centimètre de plus à l’écoute de l’excellent premier extrait de la plaque, « Midnight City ». Gonzalez est donc bien de retour, dans une forme olympique.

Publier un double album est toujours un pari osé. Il y a ceux qui, commercialement, se cassent les dents dans l’exercice (Ryan Adams & The Cardinals, Scott Weiland, The Knife, …) et ceux qui décrochent le jackpot (Pink Floyd, The Smashing Pumpkings, Outkast, pour ne citer qu’eux). En publiant « Hurry Up, We’re Dreaming », M83 se place définitivement dans la seconde catégorie. L’opus réunit 22 pépites divisées en deux galettes indissociables. Réfléchi, bien dosé, cohérent, ce nouvel ouvrage aidera les sceptiques à se faire une idée de l’étendue du talent de Gonzalez.

Pour le morceau « Intro », M83 a convié la non-moins talentueuse Nika Danilova, plus connue sous le nom de Zola Jesus (dont le nouvel LP « Conatus vaut également le détour) à lui prêter ses chœurs. Une mise en bouche qui renoue avec le son énorme, cinématographie, eighties et éthéré des œuvres du Français. « Hurry Up, We’re Dreaming » n’est pas foncièrement différent de la discographie antérieure de ce dernier mais permet a Gonzalez d’aller plus loin dans la matérialisation de ses idées. Des idées qu’on accueille les oreilles bien dressées, et particulièrement lorsqu’il délivre des morceaux de la trempe de « OK Pal », « Midnight City », « New Map », « Intro » et « Splendor » (pour lequel il a reçu la collaboration de Brad Laner). Des rêves de cette trempe, c’est toutes les nuits qu’on en veut.

 

Milagres

Glowing Mouth

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Memphis Industries est un label exigeant. De qualité aussi. C’est ainsi la maison mère des Anglais de The Field et des Américains de Coulourmusic. Il concède cependant un fort penchant pour le rock progressif, un brin cérébral et sous addiction. Milagres, trio issu de Brooklyn, ne déroge pas à la règle, en dispensant une dream-pop à tendance… progressive. Dans un style sis à la croisée des chemins de Beach House, Grizzly Bear et Flaming Lips…

« Glowing Mouth » est un opus riche et varié. Les compos sont inventives et intemporelles, mais parfaitement maîtrisées. Longues en bouche elles surprennent et parfois même émerveillent. « Here to Stay » puise ses sources à la fois chez Arcade Fire et R.E.M., « To be Imagined » pourrait correspondre à une version moderne des Beach Boys (NDR : Kyle Wilson, chanteur du groupe au falsetto éthéré, partage d’ailleurs curieusement le même le nom de famille), alors que le titre maître, caractérisé par son électro-soul subtile et chaloupée, rappelle carrément James Blake. Des synthés bizarres soutiennent des harmonies vocales étonnantes de maturité pour une formation dont c’est le premier elpee. Il faut dire que Kyle Wilson a disposé d’énormément de temps pour le composer, immobilisé chez lui pendant de longs mois, à la suite d’un accident d’escalade !

Bref « Glowing Mouth » est un disque ambitieux et frais, pas toujours très facile d’accès, malgré son sens mélodique aiguisé. A découvrir d’urgence!

 

Sandro Perri

Impossible Spaces

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Les espaces musicaux ouverts par Sandro Perri, sur « Impossible Spaces », son second album enregistré sous son véritable nom, semblent, à première écoute, difficile d’accès pour le commun des mortels. Le Canadien s’autorise toute liberté sur des longs morceaux rappelant les élucubrations de Sufjan Stevens en compagnie duquel il partage un goût immodéré pour le mélange du folk et de l’électro (le superbe « Wolfman »). Autrefois connu sous le patronyme de Polmo Polpo, Sandro Perri était surtout notoire pour son travail dans le domaine de la production. Et tout particulièrement en matière de musique électronique.

Au fil du temps, il s’est intéressé davantage au style acoustique ; ce qui explique pourquoi il a apporté sa collaboration à Great Lake Swimmers ainsi que Barzin. Multi-instrumentiste, ce petit génie est donc parvenu, en bidouillant dans son home studio, à concocter de véritables pépites uniques en leur genre, accessibles à l’oreille malgré leur originalité. Ses compos qui empruntent constamment de complexes chemins de traverse, mais finissent par retomber sur leurs pattes, pour un résultat pour le moins saisissant mais réussi (le diptyque « Futureactive Kid »). Il parvient même à conjuguer crescendos électro et cuivres ou percussions latines (« Love and Light »), sous un format pop, malgré la longueur des morceaux. Bref, Sufjan Stevens s’est trouvé un nouveau concurrent…

 

Samiyam

Sam Baker’s Album

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Samiyam ou la preuve par 17 que les produits redevables de près ou de loin à Flying Lotus ne sont pas forcément et systématiquement exceptionnels. Si Samiyam, de son nom de baptême Sam Baker, voulait cet essai éponyme à son image, il lui faudra la repenser de A à Z.

Sur ce premier LP en solo, le bidouilleur originaire du Michigan renvoie indubitablement l’image d’un personnage qui foisonne d’idées mais n’arrive pas vraiment à les enrober de façon marquante ou à les disposer de manière cohérente. « Sam Baker’s Album » se limite à une suite de beats Hip Hop sans relief. Parcourir le disque de long en large, et à répétition, ne permet même pas de dégager le moindre morceau marquant. L’impression globale laissée, au terme de l’écoute de la plaque, est irrévocable : « Sam Baker’s Album » sonne cruellement comme du Flying Lotus. Ou plutôt comme une série de démos que Flying Lotus n’aurait même pas pris le temps d’achever.

Rien d’épatant, rien d’exceptionnel. A croire que toute la vigueur et les bonnes idées du projet FlyAmSam de Baker et de son mentor reposaient entièrement entre les doigts d’un seul de ses deux membres. Tout le potentiel des beats de « Sam Baker’s Album » se noie dans un travail bâclé et inachevé. Du côté de chez Brainfeeder, mieux vaut s’attarder sur les dernières galettes de Thundercat et de Lorn.

 

Shaka Ponk

The Geeks and the Jerkin’ Socks

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Voir ou entendre un artiste ou un groupe pour la première fois est souvent déterminant, lorsqu’on doit ensuite poser une analyse. En ce qui concerne Shaka Ponk, quintet français exilé à Berlin, c’était lors de leur passage sur le plateau de l’émission Taratata. Ma réaction n’était peut-être pas très pro, mais mon esprit a été profondément marqué. Pas dans le bon sens, je dois l’avouer. Le kit du parfait combo néo-métal du début du millénaire arboré par des trentenaires ; désolé ça ne pardonne pas ! Autant dire que lorsque j’ai reçu le troisième album du groupe, « The Geeks and the Jerkin’ Socks », son sort (NDR : celui de l’album, évidemment !) était déjà à moitié scellé. Notre histoire avait commencé sur de mauvaises bases. Quoi qu’il en soit, par acquis de conscience et par déontologie, j’ai donc écouté le disque…

A leur décharge, il faut avouer que Shaka Ponk est un groupe essentiellement visuel. Et l’énergie live est difficile à reproduire sur cd. Dès « Let’s Bang », le ton est donné. Tempo rapide, mélodies prévisibles ; bref du punk électronique rappelant la scène californienne d’une décennie plus tôt. La voix de la nouvelle recrue anglo-égyptienne vient cependant adoucir celle aigue et insupportable du chanteur des débuts. Très vite, ce punk festif se répète et finit par lasser. On épinglera quand même la présence du rappeur Beat Assaillant sur « Old School Rocka » ainsi que celle de Bertant Cantat, aux vocaux sur « Palabra Mi Anor ». Ce qui devrait faire un peu de pub à leur long playing.

« The Geeks and the Jerkin’ Socks » va rapidement filer au fond de mon armoire, à l’abri des regards, et prendre peu à peu la poussière. 

 

Collapse Under The Empire

Shoulders & giants

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Dans le domaine du post-rock, les bonnes découvertes ne sont pas légion. Il faut habituellement se farcir une vingtaine de groupes insignifiants avant de dénicher l’oiseau rate. Au cours des dernières années, on a, par exemple, frémi à l’écoute des premiers albums de 65daysofstatic (manifestement à la recherche d’un nouveau souffle), Aucan ou encore And So I Watch You From Afar. A cette liste, on peut dorénavant ajouter le duo hambourgeois Collapse Under The Empire.

Epinglé, il y a quelques semaines, lors de la sortie du superbe split album partagé en compagnie de Mooncake, les Teutons font mieux que confirmer tout le bien que l’on pouvait penser d’eux, en publiant leur troisième album intitulé « Shoulders & Giants ». Quelque part entre Mogwai, pour les ambiances sombres et 65daysofstatics, pour le recours à l’électronique, Collapse Under The Empire développe de longs crescendos débutant sur une ligne de piano et s’achevant dans un déluge de rythmiques et de guitares. Cependant, quoique ténébreuse, leur solution sonore ne manque pas d’éclaircies. Baignant au sein d’un climat mystique, le morceau qui ouvre l’opus pourrait servir de B.O. à un film  de Guillermo Del Toro.

Collapse Under The Empire apporte une belle bouffée d’air frais à une scène post-rock, devenue quelque peu moribonde. Un groupe qui gagne à être connu. Ce qui ne devrait d’ailleurs pas tarder !

 

Sharon Van Etten et ses duos de choc.

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Sharon Van Etten publiera son premier LP début 2012. Intitulé « Tramp », il épinglera quelques duos, et tout particulièrement en compagnie de Bon Iver et d’Aaron Dessner de The National… on a connu pire comme débuts !

http://sharonvanetten.com/
http://www.jagjaguwar.com/artist.php?name=vanettensharon