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La vérité selon RORI

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Psychotic Waltz : en attendant que reviennent les valses de...

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Personne n’osait espérer le retour de Psychotic Waltz. Le groupe culte de la scène prog métal de San Diego nous a laissé quinze ans sans nouvelles ; ce qui est, avouons-le,  un brin longuet pour une pause carrière (NDR : « Bleeding », son dernier album en date est sorti en 1996). D’autant que son leader, l’énigmatique Buddy Lackey (Alias Devon Graves), qui semble être tout à fait heureux au sein de Deadsoul Tribe, vient de publier un superbe album en compagnie d’un tout nouveau projet appelé The Shadow Theory.

Pourtant, c’est officiel : la ‘Valse Psychotique’ est bien de retour. Les membres du groupe ont repris contact en 2010 et sont actuellement en pleine répétition de la tournée européenne qui passera chez nous, le 27 février 2011 au Hof Ter Lo (Trix) d’Anvers. Psychotic Waltz participe en effet au ‘Power Of Metal Tour’ qui emmène Nevermore, Symphony X, Mercenary et Thaurorod sur les routes du Vieux Continent.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule : le label Century Media annonce la sortie imminente d’un box (édition limitée à 500 exemplaires) reprenant une réédition au format vinyle des quatre albums studio du groupe  (« A Social Grace » (1990), « Into the Everflow » (1992), « Mosquito » (1994) et « Bleeding » (1996)) ainsi que ses deux premières démos (« Aslan » (1986) et « Psychotic Waltz » (1988)). Ce box sera normalement en vente au stand merchandising du groupe lors du ‘Power Of Metal Tour’. Les albums « A Social Grace », « Into The Everflow » et « Bleeding » seront aussi pressés en version vinyle colorés et vendus individuellement.

Psychotic Waltz aurait aussi l’intention de s’attaquer à la composition de nouveaux titres, et n’exclut pas la possibilité d’enregistrer un nouvel album avec son line-up d’origine.

Janelle Monáe

Firestarter

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Elle s’est fait attendre, la petite Janelle. Ce dimanche 10 février, la nouvelle coqueluche de la Soul foulait enfin les planches d’une Orangerie sold out depuis des mois. Elle y présentait « The ArchAndroid », un premier album à l’effet feu d’artifice, combinant classe, énergie et originalité. Sur scène, Miss Monáe en fait voir plein les yeux à son public. Et la prestation de ce soir n’a pas dérogé à la règle.

Initialement prévu le 8 décembre dernier, le concert de Janelle Monáe (prononcer Moné) avait tout d’abord été annulé avant d’être finalement reporté de plusieurs semaines. Du haut de ses 25 ans, la chanteuse originaire de Kansas City avait pourtant bien tenu son engagement le lendemain à la Cigale de Paris, stage diving à l’appui. Rien de plus normal, donc, que ses fans belges l’attendaient au tournant, et de pied ferme.

20h30. A l’heure où les lumières de l’Orangerie s’éteignent, un maître de cérémonie tiré à quatre épingles, un haut de forme sur le crâne, entre en scène et s'adresse au public. Après une courte présentation, des images commencent à défiler sur le grand écran surplombant la scène. Un petit film mettant en scène la chanteuse marque le point de départ de la soirée.  S’ensuit un show digne de Las Vegas. Le band s’installe et entame une intro sur laquelle se meuvent trois silhouettes dissimulées sous de longues toges, dos à la scène. « Dance Or Die », la phrase est lâché ; et Janelle Monáe ainsi que ses deux danseuses envoient valser leur camouflage. Le public s’affole à la même cadence que les grosses caisses. La Texane est vêtue de son fameux costard blanc et noir ; et sa célèbre coiffure est toujours de circonstance. La starlette embraye, sans transition, d’une chanson à l’autre. « Faster » colle de près à « Locked Inside » tandis que sur scène défilent de drôles de créatures aux visages morbides et à la démarche de zombie. Un canon à confettis boucle les festivités d'un premier acte qui aura défilé à toutes vitesses. Les influences scéniques des Flaming Lips et de ses potes d’Of Montreal sont définitivement palpables.

Deuxième acte. Janelle revient sur l’estrade, sans artifice, pour la reprise de « Smile », le grand classique de Chaplin, suivi de « Sincerely, Jane », un extrait de son Ep « Metropolis ». La chanteuse invoque ensuite « Wondaland », ce lieu imaginaire autour duquel gravite son univers artistique. Retour au calme sur un « Mushroom & Roses » au cours duquel elle dévoilera une autre facette de son talent. Le micro à la main, et un pinceau dans l’autre, Janelle esquisse quelques formes et le mot « Love » sur une toile posée à ses côtés. Toile qu’elle cèdera à la fin du spectacle à un fan aux anges. Les cinq musiciens de la belle assurent comme des bêtes, notamment un guitariste accoutré d’un postiche à la André 3000 circa « Hey Ya ! ». A l’issue d'un solo à la gratte rondement mené, un déluge de ballons noir et blanc tombe sur le public, pour accompagner les premières notes de « Cold War », signifiant ainsi le début de la fin du show. Mais c’est, évidemment, son méga-tube « Tightrope » qui clôture sa setlist. Morceau pendant lequel elle mettra la salle à genoux, littéralement.

Un dernier pour la route. En guise de rappel, Janelle et sa troupe délivrent un « Come Alive (War Of The Roses) » résolument rock’n’roll. D’aucuns reprocheront à la demoiselle le côté bien trop millimétré de son spectacle, qui ne laisse aucune place à l’improvisation. Un manque de spontanéité pardonné par l’énergie incroyable de la petite qui, en une heure à peine, a mis le feu à l’Orangerie et a largement prouvé qu’elle en a dans le ventre.

(Organisation : Botanique)

 

Festival D'Hiver Rock 2011 : samedi 19 février

Changement de décor pour ce samedi 20 février. Il y a déjà bien 150 personnes pour accueillir la première formation. Et on en dénombrera 950 en début de soirée. Un beau succès, par rapport à la veille et même l’an dernier, lorsqu’on comptabilise l’ensemble des spectateurs sur les deux jours. Faut dire aussi que l’affiche était bien plus alléchante. Compte-rendu.

Un groupe mouscronnois est invité à donner le coup d’envoi de la seconde journée du festival : Markünkl. Sur scène : 3 guitaristes, un bassiste et un batteur. Il n’y a pas de chanteur. Seule la musique fait vibrer les amplis. Quoiqu’influencé par Isis et surtout Explosions In The Sky, le band essaie de se forger son propre style. Exercice de style plutôt difficile, quand on pratique du post rock…

Particulièrement populaire dans les régions de Mouscron et de Tournai, Black Sheep est une formation qui en jette sur scène ! Son style ? Punk, mais dans l’esprit des débuts d’Offspring, même si on y décèle quelques traces de ska. Le line up réunit un bassiste, deux guitaristes (dont Peanuts qui double au chant) et un drummer. Enervé, le chanteur déborde d’une énergie surprenante. Il bondit d’un côté à l’autre de l’estrade abandonne même sa gratte, un moment, au milieu du show. Punk is not dead !

Franck Shinobi est un quatuor liégeois  composé d’un drummer, de deux sixcordistes, et d’un bassiste. Ce dernier et l’un des deux gratteurs (NDR : un sosie de Gérard Deprez, mais en plus jeune) se partagent le chant. Leur musique est étiquetée mathrock. S’ils reconnaissent pour influences majeures At The Drive-in, Foals, 31 Knots (NDR: c’est d’ailleurs Jay Pellicci de 31 Knots qui s’est chargé de produire leur premier album, « A Little Less More ») et The Redneck Manifesto, on y décèle des références à The Fall, Girls Against Boys, mais aussi à la prog (NDR : pensez aux débuts de Genesis et au King Crimson circa « Larks’ tongues in aspic »). Pas étonnant que ce soit des excellents instrumentistes et que paradoxalement, le préposé aux quatre cordes possède des inflexions vocales rappelant John Wetton, alors que celles de son condisciple me font plutôt penser à Mark E. Smith. Bref, si leur expression sonore n’est pas très facile à assimiler, elle est fort bien torchée. En fin de parcours, ils rejouent pour le D’Hiver Rock leur titre « Chanson reggae »… qui, en fait, n’a rien de reggae !

Random Hand serait une formation de post punk comme les autres (NDR : les références au ska sont classiques dans le genre), s’il n’y avait la présence de Robin Leitch. Il se réserve le lead vocal et le trombone. Et sur son cuivre, il se révèle vraiment brillant. Le quatuor londonien implique également un drummer, un bassiste et un guitariste. Une prestation solide pour un groupe qui a manifestement des planches…

Deux guitaristes, dont le chanteur, un bassiste et un batteur, Willis Drummond est un quatuor qui nous vient du Pays Basque. Ecorchés vifs, les vocaux sont exprimés dans la langue de Cervantès, ce qui confère à leur expression sonore, fruit d’un mélange de punk, de funkcore, de metal et d’alt rock (NDR : pensez à Incubus) une identité très spécifique. En fin de parcours, le combo se lance dans un morceau plus déstructuré ou psychédélique, si vous préférez. Pas mal du tout !

C’était le premier concert de Château Bourneville, et il faut l’avouer, il nous a réservé une bonne surprise. Le quatuor avait décidé de soigner son look. Et question look, on peut dire que le quatuor avait mis la gomme : pompes cirées et peau de mouton par-dessus les épaules pour l’un, lunettes de soleil, gants squelettiques, veste de smoking et caleçon kitsch pour le chanteur. Bref, on en avait plein la vue. Mais Château Bourneville nous en a mis aussi plein les oreilles. Et dès son arrivée sur l’estrade, le combo a montré de quel bois il se chauffait. ‘C’est le premier groupe de rock où tous les membres descendent de la ligne royale… sauf Thomas Rasneur, l’aventurier !’ confie le chanteur. Leur post punk expérimental ne manque pas d’humour, et leur set a vraiment marqué les esprits. Bien plus que de la musique, c’était une représentation théâtrale…

Ils sont quatre en nous viennent d’Anvers. DAAU (NDR : acronyme de Die Anarchistische Abendunterhaltung!) était donc venu présenter son 10ème album lors de cette nouvelle édition du d’Hiver Rock. Pour apporter un peu de calme et d’harmonie dans un contexte essentiellement rock ! Un clarinettiste, un accordéoniste, un violoncelliste et un contrebassiste constituent le line up. Le public semblait attentif et ému tout au long de ce rendez-vous musical. Leur reprise de la célèbre musique du film « Requiem for a dream » a flanqué la chair de poule à plus d’un mélomane ! Une belle découverte pour les amateurs de jazz et de musique classique. Par contre, pour celles et ceux qui ont déjà assisté à un de leurs concerts, le constat est identique : ce type de spectacle serait bien mieux mis en valeur, s’il était soutenu par des projections ; car leur solution sonore est filmique et finit par devenir lassante, si vous ne parvenez pas à entrer dans leur univers cérébral…

Showstar est un groupe qui a des planches. Et dont la musique n’a jamais déçu, même si elle a toujours été considérée comme ‘underdog’ au sein d’un soi-disant rock wallon. La formation a publié un troisième elpee, « Think Ringo », l’an dernier, un disque qui n’a peut-être pas bénéficié du soutien nécessaire et indispensable pour pouvoir faire la différence (NDR : Musiczine ne l’avait d’ailleurs pas reçu). Depuis ses débuts, il a connu quelques changements de line up, mais il pratique toujours ce type de pop/rock mélodique et contagieux, alimenté par des guitares ‘ligne claire’. Le chanteur, Christophe Danthinne, et un vrai personnage. A la fois charismatique et discret, il possède une très bonne voix. Plutôt statique sur scène, habillé d’une veste gris/bleu, il joue surtout sur l’attitude derrière ses lunettes de prof, qu’il ôte puis rechausse tout au long du spectacle. Un titre issu de leur dernier album pourrait franchement faire un tube : « We are the Residents ». Mais le reste du traklisting ne manquait pas d’allure. Un coup de chapeau à Showstar quand même, pour avoir livré un set d’une telle qualité, quand on sait que 15 jours plus tôt, des malfrats avaient volé leurs guitares, mésaventure (dixit Christophe) qui leur était d’ailleurs déjà arrivée il y a 7 ou 8 ans.

Un duo étonnant : Chevreuil. Un batteur et un guitariste qui se réserve également le synthé. Ce tandem français a décidé d’installer son matos au beau milieu du hall d’entrée de la maison de la culture. Une manière de happer le public à l’entrée du festival. Ils pratiquent une musique à la fois instrumentale et expérimentale, parfois à la limite du métal. L’auditoire semblait conquis cette nouvelle formule de scène ; car outre le fait de se produire en un endroit inédit de cette institution tournaisienne, ils utilisent 4 amplis différents, simultanément ou séparément. Original !

Des rockeurs habillés classe, ça existe ?! Et bien oui : Inspector Cluzo en est la preuve humaine ! Seul petit hic, le chanteur porte des Adidas blanche en dessous de son costard noir! Et le drummer (NDR : un support en arc de cercle passe au-dessus de sa tête pour qu’il puisse donner de la voix ; dans le micro, bien sûr, comme chez les Ting Tings) ressemble plutôt à un caissier de banque, comme on le voit dans les films. Ce duo français (Issu de Mont-de-Marsan, dans les Landes) a de la gouaille. Le chanteur/guitariste tout particulièrement. Physiquement, il me fait penser à un Rubeus Hagrid endimanché. Et possède un timbre vocal susceptible de passer du grave à un falsetto digne de Prince. Il aime la provoc’ et n’hésite pas à haranguer le public (NDR : verbalement, et pas seulement en affichant ses doigts en cornes de diable) ou à pourfendre les institutions, dénigrer les hommes politiques et autres personnages illustres (Sarkozy en tête) ainsi que les bassistes (NDR : une des chansons s’intitule d’ailleurs « Fuck the bass player »). Il affirme qu’en Australie, on les a surnommés ‘The French bastards’, fait monter une fille des premiers rangs à se trémousser sur les planches, mais surtout le cameraman de la télé locale auquel il subtilise quelques instants la caméra pour le filmer en action (NDR : doit avoir eu des sueurs froides le garçon !) Dommage que le public ne participe pas davantage au spectacle. Manque de réplique ! C’est d’ailleurs ce que Laurent Lacrouts cherche et espère. Maintenant faut aussi comprendre et apprécier son humour au quatrième degré. Certains diront, un peu lourd. Néanmoins, le duo va enflammer l’audience à l’aide de son funk/blues/rock qui doit autant à Fishbone, Rage Against The Machine, Incubus et Primus qu’à AC/DC et aux White Stripes. Et malgré l’absence de basse, ça groove du tonnerre. Faut dire que le batteur utilise beaucoup la grosse caisse et que le gratteur se sert aussi de ses grosses cordes. Un excellent moment du festival !

La cerise sur le gâteau du d’Hiver Rock nous est venue de Hurra Torpedo. Un trio norvégien qui n’a pas peur de faire du bruit et de la casse ! On ne les connaissait pas et pourtant, ils sont spectaculaires. Leur style oscille du bon vieux rock à l’indus, et n’hésite pas à exécuter des reprises dans un style très personnel (NDR : Bonnie Tyler, Britney Spears et les Pixies, par exemple). Ils sont vêtus de trainings bleus (NDR : des schtroumpfs ?) Le public est intrigué et fasciné par ces étranges bêtes de cirques ! A chaque extrémité de la scène, se plante un guitariste percussionniste. Derrière, au beau milieu, un colosse. Au rythme de leurs riffs, il massacre des fours à coups de pièces métalliques (les deux autres aussi, mais quand ils ne se concentrent pas sur leurs six cordes), tout en donnant le tempo, à l’aide d’un congelo. De quoi en prendre plein les mirettes et les feuilles de chou ! En fin de parcours, l’un des deux gratteurs enfile sur sa tête, un tambour de machine à laver, et commence à taper dessus, à l’aide d’un ustensile, alors que le mec balèze monte sur son congélateur, après avoir empoigné une des cuisinières, et la fracasse sur l’estrade (NDR : le public au premier rang ne devait pas être rassuré). Et de quitter l’audience en lâchant (NDR : l’humour scandinave ?) un ‘Norway 2 points’…

Après un tel spectacle, on peut affirmer que la barre était placée bien haut, pour le groupe suivant. En l’occurrence, Tagada Jones, quatuor breton qui pratique un mélange de métal, d'électro et de punk rock tout en véhiculant des textes engagés, traitant aussi bien de la mondialisation, du capitalisme, du fanatisme que de la justice sociale. Des lyrics interprétés d’un timbre éraillé par Niko, dans la langue de Voltaire. La musique est nerveuse, énergique et déboule à cent à l’heure. Le son est brut et énorme. Mais on ne parvient pas à se concentrer sur le sujet. Dans ce cas, il est préférable de prendre une pause…  

‘Personne ne m’arrêtera puisque je ne vais nulle part’, telle était la phrase inscrite sur le t-shirt de Louis Warynski. Un slogan très significatif pour Chapelier Fou. Pas besoin d’être fan d’Alice au Pays des Merveilles pour tout de suite basculer dans le monde de ce mélomane. Il est seul sur scène mais en impose beaucoup en se servant d’un ordinateur et de machines pour réaliser des boucles à l’aide de son violon, sa guitare et sa mandoline. Il jongle avec ses instruments au fil des mélodies, les pose en couches successives afin d’en créer une symphonie électronique et finit par parfumer l’atmosphère d’une ambiance tamisée et mystérieuse. Nous sommes alors à mi-chemin entre le rêve et la réalité…

Pas eu le temps de voir le set d’Alek et les Japonaises ni des Irradiates, mais on a entrevu celui de Thee Vicars, trio garage particulièrement imprégné par la culture des sixties (NDR : le look, la musique, les voix). Par contre, nous avons capitulé avant la prestation de Périls of Penelope. L’heure avancée et la fatigue aidant, nous avons préféré quitter le festival sur ce moment d’évasion, les images plein la tête. D’ailleurs, nous vous invitons à découvrir les clichés en rubrique ‘photos’.

 

The Pains Of Being Pure At Heart sans la moindre douleur…

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Le second elpee de la formation déjà culte The Pains Of Being Pure At Heart va-t-il, une nouvelle fois, faire chavirer les âmes adolescentes ? Une chose est sûre, pour le concocter, le combo a reçu le concours de Flood (Depeche Mode, U2) et d’Alan Moulder (Depche Mode, Smashing Pumpkins, Jesus and Mary Chain, Ride), pour le produire et le mixer. « Belong » sera dans les bacs ce 28 mars,

http://www.thepainsofbeingpureatheart.com

Une belle brochette de producteurs pour Adam Kesher

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En 2007, Adam Kesher publiait un premier elpee qui lui avait permis de se placer en ordre utile sur l’échiquier du rock hybride, primitif et synthétique. Le second opus de la formation française, « Challenging Nature », a été mis en forme par Dave One (Chromeo) et mixé par Zdar (Cassius), A Trak et Pierrick Devin ! De quoi vous inciter à vous le procurer ce 11 avril…

Tracklisting:

1- Hundred Years Later
2- Hour of the Wolf
3- Attraction
4- Blue Purple
5- Gravy Train
6- Knock Myself Out
7- Armed Hands
8- Kiss Me Kinski
9- Waterfall

10- Julien, Julie

 

Festival D'Hiver Rock 2011 : vendredi 18 février

Pour la première journée de l’édition 2011 du d’Hiver Rock, on ne peut pas dire qu’il y avait foule. Si vers 18h30, on dénombrait 80 spectateurs, on a à peine dépassé les 450 âmes, vers 22h30. Paradoxalement, a contrario des années précédentes, le bar est resté quasi-désert toute la soirée. Le public était dans les salles. Davantage de mélomanes que de flâneurs ou même de fêtards. Une inquiétude se lisait quand même dans les yeux des organisateurs. Une explication qui en vaut certainement une autre : l’absence de ‘tête d’affiche’, même si le festival est surtout consacré aux découvertes. Ainsi, pour ce vendredi, on ne recensait aucun article spécifique, consacré aux 9 artistes présents, dans Musiczine. Mais bien 8 lors du samedi, sur 17 participants.

Il revenait à Rue des Pêcheries d’ouvrir les hostilités. Un collectif réunissant huit musicos : un drummer/bidouilleur, un claviériste, un bassiste, un percussionniste, un MC et une section de cuivres partagée entre un saxophoniste ténor, un trompettiste et un tromboniste. Si le combo reconnaît pour influences majeures The Roots, les Beastie Boys et Herbaliser, son hip hop old school est teinté de funk et de jazz. Et laisse une bonne place à l’impro. Les textes sont cependant exprimés dans la langue de Molière. Très intéressants, ils posent un avis critique, voire ironique, sur l’avenir de notre génération postindustrielle. Ne m’en demandez pas plus, je ne suis jamais parvenu à accrocher au hip hop, au rap et à ses dérivés. Mais je respecte ceux qui défendent cette cause, surtout lorsqu’elle est exprimée avec talent.

Bang Bang Bazooka est une formation néerlandaise. Issue d’Eindhoven, très exactement. Née en 1987, elle a mis son histoire entre parenthèse après le décès accidentel de leur roadie. Chaque musicien s’est alors lancé dans des projets différents. Avant de se réunir et de recommencer l’aventure, en compagnie d’un nouveau drummer. Le quatuor pratique un rockabilly de toute bonne facture, lorgnant même parfois carrément vers le countrybilly (NDR : pas toujours une bonne idée, cependant). Deux images qui me restent en tête : la superbe gratte blanche du chanteur/guitariste et le look pas possible du contrebassiste. Une chose est indéniable, le set était de bien bonne facture et m’a même rappelé les Romantics…

Il y a deux ans, j’avais eu un coup de cœur pour Lucie Carton, une formation scaldéenne. Bien en place, elle proposait une musique festive rappelant Les Négresses Vertes. Se distinguant par ses vocaux essentiellement partagés entre une très jolie vocaliste au timbre limpide et un lutin enthousiaste. Et puis par des lyrics traitant de questions relatives à la vie et à son absence. Le tout traversé par de savoureuses interventions à l’accordéon, apportant une touche cabaret particulièrement judicieuse à l’ensemble. Aujourd’hui ils sont 10 et plus 9. Un des gratteurs partage également les vocaux. Et un nouveau venu est venu s’ajouter à la section de cuivres. C’était déjà le point faible. Passée à un trio, elle manque de cohésion. Ce qui n’arrange rien. En outre, c’est à peine si on entend l’accordéon. Et les arrangements sont totalement bâclés. C’est bien beau d’enregistrer un album, mais est-ce vraiment nécessaire si c’est uniquement pour participer aux fêtes estudiantines ou au carnaval ? Quand on dispose d’un tel potentiel, on doit avoir de l’ambition. Bosser, répéter et au moins prévoir un voire deux ingénieurs du son lorsqu’on se produit en ‘live’. On ne règle pas une balance entre autant de musiciens, les doigts dans le nez. C’est extrêmement périlleux. Et complètement casse-gueule. Au cours des années 70, les sections de cuivres de Blood Sweat & Tears et de Chicago étaient dirigées par un chef d’orchestre spécifique. Maintenant, les fans se sont bien amusés. Tant mieux pour eux. Mais pour notre part, c’est une grosse déception.

Chez The Caroloregians (NDR : rien avoir avec VanCau !) militent certains membres des Moon Invaders. Un quintet qui pratique un mélange de funk, d’early reggae et de soul à coloration sixties. Le vocaliste possède une très belle voix et le claviériste s’est dégoté un orgue Hammond de collection. Les différents instrumentistes ne sont pas des manchots, la musique ne manque pas de groove, mais les compos accrochent difficilement. Si bien qu’après 20 minutes, votre serviteur est allé se désaltérer.

Heureusement, la soirée allait nous réserver une toute bonne surprise : La Troba Kung-Fu. Chez cette formation, on retrouve Joan Garriga, le chanteur/accordéoniste du groupe légendaire catalan Dusminguet. Mais aussi Muñeco (multi-instrumeniste chez Amparanoia, Ojos le Brujo et Macaco), ‘Totti’ (Wagner Pa), Marìa Roch (Jarabe le Palo) et le guitariste andalou flamenco ‘Muchacho’. A l’instar d’Ojos de Brujo, d’Amparanoia et de Macaco, Dusminguet était un des groupes phares de la scène ‘mestizo’ espagnole. A l’issue de la sortie de son troisième opus, « Go », il s’est séparé. Fruit d’un mélange entre cumbia, dub, raï, reggae, rumba, salsa et boogie woogie, la musique de LTKF revisite le folklore espagnol, cubain et sud-américain. Les vocaux sont interprétés (le plus souvent) en catalan. Et ce souffle venant de la Méditerranée a apporté un vent de fraîcheur au festival. Leur énergie communicative et leur bonne humeur ont conquis les spectateurs qui se sont lancés dans d’interminables farandoles. Et non seulement, le public a participé à la fête, mais les musiciens ont aussi démontré une grande maîtrise instrumentale. Le set a dépassé son timing prévu, mais on ne s’en est guère rendu compte, le quintet achevant sa prestation par des reprises de chansons traditionnelles et un morceau quasi a capella que la foule a repris en chœur.

Peter Pan Speedrock est également un band issu d’Eindhoven. Mais il pratique du métal old school dans la lignée de Motörhead. Un trio fondé en 1997 qui compte quand même huit albums à son actif. Dès les premiers accords, on est complètement soufflé par la puissance du son. Le chanteur/guitariste arpente la scène de long en large. Le drummer cogne dur et le bassiste manifeste énormément de versatilité sur ses (3 ?) cordes. Mais après 3 morceaux, ayant oublié mes boules-Quiés et craignant les acouphènes, j’ai préféré m’esquiver. Sorry !

Dubioza Kolektiv nous vient de Bosnie-Herzégovine. Apparemment, le line up habituel réunit 7 musiciens, mais ce soir je n’en ai dénombré que 6. A moins peut-être que le préposé aux effets électroniques se cachait en coulisses. Un zeste de reggae, un chouia de rock, du dub, un parfum d’Europe de l’Est et beaucoup de hip hop (NDR : la présence de deux MCs n’y est pas étrangère). C’est un peu la formule de leur expression sonore. Ces deux personnages se ressemblent quand même physiquement. Ils portent une coupe de cheveux de type Iroquois, même si l’un des deux possède une longue chevelure retenue par un nœud, derrière la tête. Tous les musicos sont vêtus d’un training. Jaune et noir pour tout le monde, sauf pour l’un des deux vocalistes. Il est noir et jaune (NDR : cherchez l’erreur !) Peut-être des nostalgiques du Royal Racing Club de Tournai. Dans le style, leur set tient la route, mais décidément ce soir, hormis la Troba Kung-Fu, je reste sur ma faim.

La mort du roi de la Pop, Michaël a monopolisé une grande partie des médias ces dernières années. Mais ce soir, c’est un autre King qui va renaître de ses cendres. Dead Elvis est un one-man band dans le style de Bob Log III. Coiffé d’un masque de tête de mort, et vêtu d’un authentique costume, plutôt dépareillé, de l’idole de Memphis, notre homme revisite les compos à sa façon. Armé d’une guitare et tambourinant du pied sur une grosse caisse minimaliste, le résultat est surprenant. Le public, en partie fan de rockabilly vu les dégaines, se déhanche devant la scène. Le bonhomme nous fait rire, et joue la carte du mythe derrière son masque qu’il n’ôtera jamais. Bref un set humoristique avant tout, qui a son effet en festival, mais qui n’ameuterait pas grande foule en salle !

Et la soirée se termine par les régionaux de l’étape : Red Soul. Avec l’avantage que leur show est diffusé simultanément en direct sur Radio Campus. La célèbre radio universitaire du Nord de la France (Villeneuve d’Ascq plus exactement) qui a vu le jour il y a maintenant plus de 40 ans. Et durant ce festival, un studio radio squattait même le deuxième étage de la Maison de la Culture, tout comme une expo BD de Mezzo. Bref, revenons-en au band tournaisien, qui distille un blues-psyché aux accents de vieux hard. Le chanteur possède d’ailleurs une voix nasillarde qu’il module, un peu, à la manière d’un Bon Scott. Il n’a évidemment pas le même charisme, même si certaines compo sonnent très AC/DC. Leur guitariste péruvien n’est d’ailleurs pas avare de riffs plutôt percutants. Mais il est déjà passé une heure du mat’ et le public se fait rare. Et l’on décide aussi de prendre congé en milieu de set, pour rejoindre les bras de Morphée. D’autant plus que la deuxième journée (samedi) s’annonce bien plus chargée et surtout plus intéressante…

(Voir aussi notre section photos)

 

Radiohead prend à nouveau tout le monde par surprise…

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Le huitième opus de Radiohead, « The King of limbs », sera dans les bacs ce 28 mars 2011. Mais auparavant, il sera disponible en édition Deluxe et en téléchargement (MP3 ou Wave). Vous pouvez déjà enregistrer les précommandes sur le site du groupe.

http://www.radiohead.com

John Foxx fait ses comptes…

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John Foxx & The Maths, c’est le nouveau projet de Dennis Leigh, personnage légendaire, précurseur de la new wave et fondateur d’Ultravox. Pour enregistrer ce nouvel opus, il a reçu le concours du compositeur électro Benge (Ben Edwards). La publication du disque est prévue pour le 16 avril prochain. L’expression sonore devrait osciller entre l’électronique du début des 80’s et le Krautrock.

http://www.johnfoxxandthemaths.com

 

Les dents de The Dø

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Leur premier opus avait créé un véritable raz-de-marée. Et leur second, très attendu par ailleurs, paraîtra ce 7 mars. Il s’intitulera « Both Ways Open Jaws ». Et vous ne devrez pas attendre les festivals estivaux pour les voir en ‘live’, puisqu’ils se produiront déjà ce 7 avril, au Botanique de Bruxelles…

 

Cage the Elephant : ça trompe énormément…

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Cage The Elephant est une jeune formation américaine issue du Kentucky. Fondé en 2006, il était particulièrement influencé par le grunge du début des 90’s. Publié en 2008, son premier elpee s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires, à travers le monde. Son second album paraîtra ce 18 mars 2011. Il s’intitulera " Thank You, Happy Birthday".

Et la presse semble enthousiaste. Jugez plutôt :

‘Un des meilleurs nouveaux groupe de rock’ - Rolling Stones
‘Le nouvel album est plus abrasif et moins stable… ils vont dans la bonne direction’ - The New-York Times
‘Un des meilleurs album rock de l’année !’ - AP

Le premier single,"Shake me Down" est en téléchargement sur Youtube.

http://www.youtube.com/user/cagetheelephant?blend=2&ob=4#p/f/0/vFo28_VbQf4

 

Akron Family : quelle famille !

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Akron Family se produira en concert ce 17 mai, au Botanique de Bruxelles ; pour présenter leur nouvel album. Fidèle à leur philosophie complètement déjantée, la formation a intitulé cet elpee « S/T II: The Cosmic Birth and Journey of Shinju TNT ». Un titre facile à retenir, non ? Les compos ont été écrites sur l’île d’Hokkaido au Japon et les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Detroit sous la houlette de Chris Koltay (Liars, Deerhunter, Holy Fuck, No Age).

 

Edward Sharpe sans ses Zeroes…

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Alexander, mieux connu sous le pseudo d’Edward Shape, publiera son premier opus solo, ce 11 avril prochain. Les compos ont été écrites, dans sa chambre, à Los Angeles, à l’issue de sa tournée accomplie en compagnie de ses fameux Zeroes. Sous ce profil individuel, l’Américain a voulu concocter des chansons intimistes, abordées dans l’esprit néo-hippie qui le caractérise…

 

 

Gentlemen Drivers : en route vers la piste de danse.

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« Asphalt », le second maxi de Gentlemen Drivers paraîtra le 28 février. Cet Ep est annoncé résolument dancefloor et en mode pop synthétique…

Cassius : because it’s electro…

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Chez Because, l’électro est toujours au menu du jour. Un Ep de remixes du « I <3 U So » de Cassius a été réalisé par Skream & Bowksi ; il est enrichi de deux autres titres, remixés par L-VIS 1990 et Gessafelstein. 

 

Showstar cambriolé…

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De sombres individus ont fracturé la porte du local de répétition de Showstar à Huy et ont emporté toutes les guitares des membres du groupe. La formation est à la recherche de toute information concernant ce vol.

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Dans un registre plus rassurant, le combo a décidé de publier un single inédit ce 21 mars. Intitulé  “Monkey See Monkey Do”, il a été produit par Richard Formby (Wild Beasts, Spectrals, Herman Dune, ...) et enregistré au fin fond des Ardennes belges. Ce titre fait suite à la sortie de l’album « Think Ringo ».

Pour le combo, il s’agit d’‘Une relecture de la solitude, de l'aliénation de l'esprit et du paradoxe de la socialisation tout autant qu'une apologie du jeu vidéo rétro et des plaisirs solidaires’ Tout un programme !

Les premières images du clip sont disponibles ici : http://www.daily.neue.be/?p=222

 

 

Elles en Scène…

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Trois structures, en l’occurrence le Théâtre 140, UBU et 33Tours, qui travaillent depuis des années dans le domaine de la musique et de la chanson, ont décidé de s’associer pour créer les bases d’un futur festival destiné à mettre en valeur artistes féminines confirmées ou en devenir. Résultat des courses, ils viennent de créer un nouveau festival : ‘Elles en scène’. Et la première édition se déroulera ce 8 mars au Théâtre 140, 140 avenue Plasky, à 1030 Bruxelles. L’affiche et alléchante, puisqu’elle réunira Claudine Muno & The Luna Boots, June & Lula et Sophie Gallet,

http://www.theatre140.be
http://www.ticketnet.be
http://www.facebook.com/ubuproduction

 

Cold War Kids

‘Mine Is Yours’ ? Vous pouvez le garder, merci.

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Trois albums et trois concerts à l’Ancienne Belgique. Manifestement, le quatuor californien aime se frotter aux griffes aiguisées du public belge. Public qui devait délibérer sur le très controversé « Mine Is Yours », sorti le 25 janvier dernier. Une réalisation lisse en perte constante de puissance qui aurait perdu tout désir de s’énerver. La maturité et l’expérience ne sont pas forcément un gage de qualité artistique. Ainsi, à l’écoute de leur dernier long playing, les Kids donnent l’impression d’avoir franchi trop vite le cap de l’adulte modéré. Finie la guerre froide, le temps est venu de fouler sereinement les plages chaudes de Long Beach. Evoluant vers un style plus grand public, privilégiant des mélodies moins abrasives, le quatuor étasunien était vivement attendu par les aficionados. Un virage artistique dangereux que Cold War Kids devait défendre sur scène. Lieu où, généralement, le groupe excelle et ne déçoit que très rarement.

Alors, comment les Californiens se sont-ils débrouillés pour amorcer ce changement de cap ? Une nouvelle orientation où ils auraient pu se perdre à trop vouloir se démarquer de leur identité artistique en proposant un style plus commercial ? Fort heureusement, Nathan Willet est parvenu à limiter les dégâts, grâce à une performance scénique survitaminée. Une folle débauche d’énergie qui va rapidement contaminer la salle. Une course folle entre cour et jardin transportée d’une voix de fausset impressionnante (NDR : surprenante imitation de Donald Duck sous cocaïne !)

Bien rôdée, responsable de transitions parfaites, cette formation ne laisse pas le temps de respirer. Soulignons à cet égard les intros batterie de Matt Aveiro particulièrement réussies. Une machine à musique hyperactive qui nous en ferait presque oublier l’essentiel. 

L’expérience de la scène n’arrive cependant pas à gommer les irrégularités d’une setlist inégale en qualité. Pourtant taillée pour soulever des foules, cette musique n’émeut pas. Les nouvelles compos tissent les lignes d’horizon d’un rock, folk et pop exsangue, sans aspérités. Les solos de guitare se ringardisent et souffrent de banalité. Le set propose un rock moderne occultant tout ancien vestige d’âpreté (« Broken Open », titre ouvertement U2sien). Ou au mieux, reprend ses vieilles recettes en version tamisée (« Royal Blue », « Cold Toes on the Cold Floor »). Les rumeurs de Robbers & Cowards s’étiolent alors et le bruit se vend désormais sous cellophane. 

Malheureusement, on aura l’étrange impression que le concert débute sur le dernier morceau. Moment où Nathan Willet lance les premières notes de l’excellent “We Used To Vacation”. Le spectacle s’éteint sur la première piste du premier album (« Robbers and Cowards ») et, symboliquement, referme ses lourdes portes sur l’ancien monde de Cold War Kids. 

Avant la sortie de « Mine Is Yours », on aurait espéré que les quatre de Long Beach tendent l’oreille vers les profondeurs des Black Keys au lieu de s’échouer sur les rives du poncif. La profondeur aurait certainement sublimé les entrailles de l’Ancienne Belgique ce soir.

N’oublions cependant pas d’épingler la surprenante première partie assurée par Wye Oak. Né dans le Maryland, ce duo guitare-batterie se nourrit principalement de rock indépendant, de folk et de noise. Une fusion délicieuse qui s’inspire du ‘nu-grunge’ et partage les univers sonores de Giant Drag et des Breeders. Un binôme mixte atypique qui a brillé d’originalité dans une soirée décidément trop conventionnelle. Andy Stack (batterie-clavier) et Jenn Wasner (chant-guitare), deux noms à retenir.  

(Organisation Ancienne Belgique)

 

Gary War

Police Water (Ep)

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En 2010, on découvrait Phil Gone (alias Gary War), à travers son album « New Raytheonport ». Et pour dénicher des informations à son sujet, il fallait racler les fonds de tiroir sur le net. Faut dire aussi que le gaillard aime brouiller les pistes. Comme il apprécie mélanger les styles. Mais on ne peut pas dire que cet elpee lui a ouvert les portes de la notoriété. Faut dire aussi que sa musique n’est guère accessible. Moins d’un an plus tard, le New-Yorkais publie un Ep. Intitulé « Police Water », il est paru chez Sacred Bones, un label new-yorkais pratiquement inconnu. Et apparemment, l’Américain vit, toujours au fond de sa tanière, isolé du monde extérieur.

Découpé en neuf plages, cet Ep s’enfonce un peu plus dans le psychédélisme expérimental. Et pour la circonstance, il a incorporé des sonorités de claviers eighties. Pas new wave, mais plutôt disco kitsch. A paillettes, si vous préférez. A moins qu’elles n’évoquent, pour vous, la série Star Trek. C’est selon. Méconnaissable, la voix de Phil Gone est noyée sous une montagne d’effets. Quant aux mélodies elles sont tout aussi étouffées. Mais le mal dont souffre « Police Water » est bien plus grave : la monotonie. Les morceaux se suivent et se ressemblent. D’abord, on s’ennuie ferme, puis un certain agacement commence à vous envahir. D’autant plus que l’expression sonore de Gary War est loin d’être apaisante ; elle taperait même sur les nerfs.

L’Américain est pourtant talentueux et est donc capable de beaucoup mieux. Retour précoce ? Peut-être ! On attendra donc la sortie de son prochain album pour voir si « Police Water » n’était qu’un accident de parcours.

Ben + Vesper

Honors

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Duo à la vie et au chant, Ben and Vesper font leurs courses ensemble, vont au cinéma ensemble, font des enfants ensemble, et à leurs moments perdus, font de la musique ensemble. Leur registre vocal étant limité et certains accords lorgnant volontiers du côté de la dissonance, le terrain est parfois glissant, mais de manière improbable, le tout tient assez bien la route. La section rythmique assure l'équilibre, et la production subtile et discrète met en lumière des mélodies charmantes et non dénuées d'une once de mélancolie. Sculptées dans une sorte de Folk-Pop à poils longs susceptible de se prendre les pieds dans le tapis, mais qui au final distille un charme subtil, leurs compositions relèvent le difficile pari d'être accessibles tout en jouant la carte d'une nonchalante décontraction. Si aucune chanson ne sort réellement du lot, l'ensemble plutôt homogène laisse en définitive un goût doux-amer pas désagréable. Fait pour se faire plaisir, du reste, « Honors » ne bouleversera pas les tendances et restera vraisemblablement confiné à un certain anonymat. Mais les amateurs de jolies chansons quelque peu foutraques devraient y trouver leur compte.

 

Chain and The Gang

Music's not for everyone

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Toute liberté a un prix. Elle génère parfois dans son sillon de destruction un remodelage du fond mais souvent aussi, de la forme. Et tout modèle d'émancipation porte les stigmates de la dérive, de la dépravation, bref, de la nature humaine. La révolte en tant qu'outil majeur, est à ce titre à double tranchant. Alors associée au génie créatif, elle brise les chaînes de l'esclavage et ainsi permet que naisse à l'occasion telle œuvre d'Art ou tel mouvement singulier.

Tout le propos de cette intro passablement indigeste résume le travail d'un seul homme. Ian Svenonius, puisque c'est de lui dont il est question, fait partie de la race des blancs-becs qui n'ont pas froid aux yeux. L'ex-Make Up puise, depuis de nombreuses années, dans l'essence du Blues aux racines tortueuses, le suc de son art, qu'il perpétue au travers de la musique et de l'écriture. Passablement effronté, relativement dérangé, le lascar distille un son qui doit autant à la Pop des sixties et des seventies qu'au Black power de Détroit. Affranchi de toutes règles et contestataire à la vindicte acerbe, sous le couvert de son dernier projet en date, il ose un « Music's not for everyone » en forme de pamphlet. Et à l'écoute de ce magistral pied de nez à l'industrie du disque, on ne peut que lui donner raison. Il sert ici un disque teinté d'humour terriblement efficace (« Youth is wasted in the young », quel titre déconcertant de cynisme, n'est-il pas?) qui fait mouche à la première écoute. Un opus qui suit l'excellent « Down With Liberty... Up With Chains », publié en 2009. Chain and The Gang érige, tout au long de ce nouvel elpee, un sommet de coolitude, dont les hymnes tels que « Livin' rough » ou « I've got privilege » n'ont pas fini de faire danser tous les poulets de la terre.

Simple et direct, frais comme un alcool doucement frelaté, cet opus est un manifeste contre la servitude à la bêtise ambiante.

Pour sûr! Gainsbourg aurait adoré ce requiem pour un con.

« Music's not for everyone. » Yeah! You're fuckin' right, mate!

 

The Ghost of a Saber Tooth Tiger

Acoustic sessions

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Derrière ce patronyme improbable se cache en réalité un duo composé de Sean Lennon et de Charlotte Kemp Muhl. Sean Lennon, vous connaissez, of course ! Pas facile pour lui d’être le fils de qui vous savez… A 35 ans, la ressemblance tant physique que vocale avec son père est de plus en plus criante. Comme si le fait de s’appeler Lennon ne suffisait pas. Heureusement pour lui, il a également hérité du talent paternel pour la facilité d’écriture de ballades claires et scintillantes.

L’autre moitié de ce duo n’est pas n’importe qui non plus. La belle Kemp Muhl affiche un physique de top-modèle et est plutôt du genre touche à tout : mannequin, bien sûr, chanteuse, sûrement mais aussi girlfriend de la première moitié. Vous suivez ? En bref, Charlotte cumule toutes les casquettes susceptibles de la sacrer ‘hit-girl’ du moment.

Et comme si ce cv ne suffisait pas, elle partage équitablement l’écriture des (seulement) neuf compos de cette session acoustique avec Sean. La chimère (icône du label) est une créature à deux têtes, The G.O.A.S.T.T. également… Intentionnel ???

Toujours est-il que les deux comparses paraissent implacablement complémentaires, tant à l’inspiration qu’à l’exécution des redoutables petites perles qu’ils ont composées en couple. Un seul mot me vient à l’esprit pour qualifier la qualité dispensée lors de cette session acoustique : élégance.

Elégance dans la voix de Sean mieux que secondée par l’organe suave, vaporeux mais impeccable de Charlotte.

Elégance dans le choix de l’instrumentation (des cordes essentiellement) et de quelques bruitages originaux (« Schroedinger’s Cat »)

Elégance dans l’enregistrement, pur et sans faille de chacune des plages (« Lavender Road »).

Elégance dans la simplicité terriblement efficace des mélodies qui enrobent magistralement ces deux voix qui se répondent (« Jardin du Luxembourg »).

Si rien dans cet album ne révolutionnera la planète rock/pop, il faut tout de même admettre que les 35 minutes pondues par notre duo de choc ont de quoi charmer les plus exigeants.

En comparaison, Cocoon, qui emprunte plus ou moins les mêmes sentiers, a encore pas mal de leçons à prendre…

Classe, saveur et merveille!