Ce n’est pas la fin pour Caesaria…

Thomas, Louis et Théo ont tissé leurs liens dès l'enfance, autant sur la pelouse du club de foot qu’autour du son. C’est la scène qui devient leur terrain de jeu favori, et ça se voit : leurs ‘live’ électrisent les corps et marquent les cerveaux au fer rouge.…

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TORRES perdue dans une salle immense…

TORRES (le nom de scène de l'artiste new-yorkaise Mackenzie Scott) publiera son nouvel elpee, « What an enormous room », ce le 26 janvier 2024. La chanteuse américaine propose également son premier single/vidéo, « Collect ». Parallèlement à cette annonce,…

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Activity

Spirit in the room

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Après le split de Grooms, le chanteur/sixcordiste Travis Johnson et le drummer (comédien quand il a du temps libre) Steve Levine décident de monter un nouveau projet : Activity. Ils engagent le guitariste Russian Baths et la bassiste Zoë Browne (ex-Empty Country, ex-Field Mouse) pour compéter le line up et enregistrent un premier elpee, « Unmask Whoever », en 2020. Depuis, Bri DiGoia a succédé à Zoë, à la basse.

« Spirit in the room » (NDR : une référence à Smog) constitue le second opus du quatuor, un disque concocté dans des circonstances difficiles, puisque le père de Johnson est tombé gravement malade et sa mère est décédée, des suites d’un cancer du pancréas. Ce qui peut expliquer cette douleur qui transparaît à travers certains morceaux de cet LP. Dont « I saw his eyes », qui évoque l’affection de son paternel, une piste dont le final est particulièrement chargé d’intensité électrique. Et dans le même esprit de vulnérabilité, « Susan medical city » clôt ce long playing. Outre de la mort et la souffrance, les lyrics traitent de la paranoïa, des dégâts causés par le capitalisme et de l’anxiété causée par la COVID 19.

L’expression sonore de cette formation est issue d’une fusion expérimentale entre trip hop, noisy, indie pop, shoegaze, slowcore, post punk, dream pop, indus et electronica. Entre autres. Ainsi, samples, bidouillages, synthés tentaculaires et gadgets se fondent parfaitement dans l’instrumentation organique, basse/batterie/guitare. Les vocaux sont parfois re-échantillonnés féminins sur « Department of blood » et ceux de Travis sur « Sophia »). On a même droit à un chuchotement sur le lo-fi et intimiste « Cloud come here ».

Ethéré et crépusculaire, « Where the art is hung » est enveloppé dans un voile de mystère. Une tension permanente alimente le spectral (ces échos obsédants !) « Careful let’s sleepwalk ». Caractérisé par sa jolie mélodie, « Heaven chords » rend hommage à David Berman, le leader du mythique Silver Jews. Enfin, cafardeux et brumeux, « Icing » est paradoxalement imprimé sur le rythme du chemin de fer.   

Une œuvre tourmentée, sombre et fragile, malgré ses grooves hypnotiques…

The Far Outs

The Far Outs !

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The Far Outs est un projet monté par le chanteur/guitariste de Grand Atlantic, Phil Usher (NDR : il siège également derrière les fûts chez Screamfeeder et Sounds Like Sunset) et le drummer Johnny Pickance (Blonde on Blonde, Fingerless, etc.) En fait lors de l’enregistrement du dernier opus de Grand Atlantic, plusieurs compos avaient été délaissées, car elles ne collaient pas au style du groupe, qui avait pourtant évolué de l’indie à la britpop. Etonnant, quand on sait que tout ce petit monde est issu de Brisbane, en Australie. Et plus étonnant encore, lorsqu’on écoute le premier elpee de The Far Outs. Puisque dans l’ensemble, l’expression sonore baigne dans le garage. Rappelant très souvent celui des Sonics, circa 1963, un orgue rogné, poussiéreux, s’infiltrant quelquefois dans l’expression sonore.

Instrumental cinématique voire ‘enniomorriconesque’, « Get off my shroud » aurait pu servir de B.O. à un western de Sergio Leone, même s’il emprunte le rythme d’un paso doble. Autre instrumental filmique mais enlevé, « El diablo del mar » se distingue par son intensité électrique et curieusement ses accents flamencos. « Keep away » libère des effluves réminiscentes des Beatles du début des sixties. Aride, « Freight train » adopte un riff qui évoque le « You really got me » des Kinks. Une aridité qu’on retrouve tout au long de « Keen away » et « Hey lkittle girl ». Enfin « Some kind of treason » aurait pu figurer au répertoire des Kills ou des Black Keys.

 

Sweeping Promises

Good living is coming for you

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Sweeping Promises est un duo réunissant la chanteuse/bassiste Lira Mondal et le guitariste/batteur Caufield Schnug ; et « Good living is coming for you » constitue son second elpee. Il fait suite à « Hunger for a way out », publié en 2020. La paire a longtemps sévi sur la scène DIY De Boston, avant de s’installer à Lawrence, dans le Kansas.

Première constatation, la voix de Lira est aussi haut-perchée que celle de Kate Pierson et/ou de Cindy Wilson, lorsque qu’elle est dédoublée par la technique de l’overdubbing. Et quand la musique devient sautillante, on ne peut s’empêcher de penser aux B-52’s. A l’instar du titre qui ouvre l’opus, « Eraser », de « Connoisseur of salt » à la guitare ‘hoquetante’ et de « Throw of the dice », abordé dans l’esprit d’une compo de new wave dansante.

Mais, en général la musiques s‘avère plutôt minimaliste (une sixcordes, une basse, une batterie et des synthés vintage, nonobstant l’intervention fugace d’un saxophone sur « Walk a place »), ludique ou rugueuse (la guitare), alors que les textes vilipendent le capitalisme…

Cory Hanson

Cum

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Troisième elpee solo pour le leader de Wand qui, pour la circonstance peut compter sur le soutien de son autre band, Slowhand (NDR : c’était aussi le titre d’un album d’Eric Clapton, on y reviendra), un quatuor au sein duquel son frangin, Casey, se consacre à la basse.

Alors que le second LP, « Pale Horse » naviguait dans le psych folk, « Cum » s’enfonce dans le rock sudiste, et tout particulièrement celui des Allman Brothers Band et de Lynyrd Skynyrd. A cause de ces guitares jumelées. Encore que parfois, l’ombre du Derek & The Dominos (NDR : pensez à « Layla ») se met à planer (« Driving through heaven »). Ou alors, c’est celle de Thin Lizzy, comme sur « Horsebalt sabotage ». A cause de ces envolées de guitares jumelées, épiques, si caractéristiques et puis parfois de la voix de Cory (NDR : dont le timbre délicat évoque plutôt George Harrison), qui suit la sixcordes (« Wings »). Episodiquement, une steel guitar communique un feeling country à l’expression sonore (la ballade « Ghost ship », « Persuasion architecture » et « Twins). 

Quand on sait que Cory Hanson a été le guitariste de Ty Segall lors de la tournée ‘Emotional Mugger’, en 2016, et que le projet de ce dernier, Fuzz, nous replonge dans le blues/rock de la fin des 60’s et du début des seventies, la nouvelle orientation prise par Cory Hanson peut aisément s’expliquer, d’autant plus qu’il est hébergé chez Drag City, le label de Segall. La boucle est bouclée.

Black Duck

Black Duck

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Black Duck et un trio qui réunit trois musiciens chevronnés ; en l’occurrence, le drummer Charles Rumback (Colorlist, Leaf Bird), le guitariste Bill Mackay (NDR : il a notamment joué en compagnie de Nathan Bowles et Bill Callahan, mais aussi au sein de Broken Things et Sounds of Now) et le guitariste/bassiste Douglas McCombs (NDR : il a sévi chez Eleventh Dream Day et milite encore auprès de John McEntire, chez Tortoise). Ces deux derniers sont issus de la scène de Chicago. Point commun pour les trois musicos : ils ont fréquenté le talentueux chanteur/compositeur/sixcordiste, Ryley Walker.

Instrumental, cet opus éponyme permet aux musiciens de se livrer à l’impro. Et pas seulement dans le free jazz, à l’instar de « Thunder fade that earth ». Mais aussi de s’aventurer dans l’avant-gardisme tout en conservant une fluidité sonore certaine. McCombs signe « Of the lit backyards, une plage cool dont les sonorités de gratte sont empruntées au surf des fifties, MacKay, « Delivery », et Rumback, « The trees are dancing ». Le reste a été improvisé en studio.

Morceau le plus court, « Foothill daze » déploie des vagues de distorsion atmosphériques. De la distorsion qui peut devenir grinçante. Coup de cœur cependant pour « Lemon treasure », une compo qui rend hommage à feu Jaki Libezeit, le légendaire batteur de Can, tout en laissant rôder le spectre de Duruti Column.

Bref, d’excellents instrumentistes, mais dont l’expression sonore s’adresse surtout à un public (très) averti…

Shamir

Homo Anxietatem

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Né à Las Vegas, Shamir est aujourd’hui établi à Philadelphie. En 8 ans, il a publié 9 elpees qui lui ont permis d’explorer des tas de styles différents : heavy rock, indus, pop, dance, punk rock, house circa 90’s, country, etc.

Son dernier LP, « Heterosexuality » est paru l’an dernier, une œuvre qui explorait de nombreux aspects de son existence queer. 

Traduit du latin, « Homo Anxietatem » signifie homme anxieux, un sentiment que l’artiste reflète à travers ses compos introspectives. Tout comme ceux de sa survie et de son adaptation à la société contemporaine.

Mais ce qui frappe d’abord chez Shamir, c’est sa voix. Un falsetto qu’on pourrait comparer à celui d‘Anohni, mais en plus puissant. Ce qui communique une coloration très particulière à son indie pop/rock

L’elpee recèle deux singles potentiels. Tout d’abord, « Without you », une plage qui bénéficie d’une jolie mélodie. Puis de « Obsession », un morceau dynamisé par la ligne de basse cold. « Crime » est imprimé sur un tempo new wave et la ballade mid tempo « Words » est colorée par des accords de guitare semi-acoustiques tintinnabulants. Le long playing s’achève par l‘excellent blues acoustique « The devil said the blues is all I’ll know ». Enfin, « Our song » est stimulé par un drumming offensif. Les autres morceaux sont souvent un peu trop poppy pour une telle tessiture vocale…

Goose (USA)

Shenanigans Nite Club

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Grosse surprise à l’écoute des premières notes de cet elpee ! Alors que votre serviteur s’attendait à retrouver l’électro musclée et dansante du band courtraisien Goose, il s’est rendu compte qu’il s’agissait de la musique d’un homonyme issu des States (NDR : le combo est établi dans le Connecticut), responsable d’une musique qui libère un groove imparable ainsi que des effluves acides et tout particulièrement lors de longues jams, à l’instar de leurs compatriotes, Phish.

« Shenanigans Nite Club » constitue son second album. Il fait suite à « Moon Cabin », paru il y a déjà 5 longues années. Un opus qui navigue entre deux eaux, americana et psychédélisme, rappelant parfois un My Morning Jacket, mais en mode ‘free’. Entre impro (« So Ready ») et longues disgressions (les 12 minutes de « The Labyrinth »), il est propice à l’évasion de l’esprit…

 

Salamirecorder

The goods of conversation

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Salamirecorder & The Hi-Fi Phonos

Viennois, les musiciens de Salamirecorder & The Hi-Fi Phonos militent au sein d’une dizaine de formations différentes. Mais celle qui nous concerne nous réserve, sur « The goods of conversation », une musique qui puise généreusement dans le surf-punk-garage-trash des fifties. Les morceaux sont chargés de reverb’. Surtout dans la voix. Seul « Eyeliner » est chanté d’une voix plus claire, ce qui permet à la mélodie d’être plus perceptible. « Loosin’ my head » nous réserve un larsen en fin de parcours. « No sorry » est tapissé de chœurs. « Hide » libère un max de fuzz, dans l’esprit des Fuzztones et la basse se met à bourdonner sur le tire final, « Can’t you see ».

C’est sympa, mais un peu trop revivaliste au goût de votre serviteur…

Août en Eclats 2023 : samedi 26 août

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C’est devenu une tradition. A Soignies, le dernier samedi est consacré à la joie et à la bonne humeur !

Depuis 2005, en effet, le Centre culturel concocte un vaste programme destiné à plaire au plus grand nombre. On y trouve une vingtaine de spectacles, un village des enfants, un marché du monde et des saveurs, des animations de rue ou encore une affiche musicale haute en couleur. Toutes ces activités sont regroupées dans le centre historique de la cité millénaire fondée au VIIème siècle par Vincent Madelgaire (Saint Vincent). Ce qui confère à Août en Eclat, un côté bucolique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Alors que certains festivals deviennent hors de prix pour le mélomane, ici c’est gratuit ! Mais pour combien de temps encore ?

Côté pile, il s’agit d’une festivité accessible, multidisciplinaire et bon enfant.  Côté face, la météo capricieuse de ces dernières semaines a probablement impacté l’enthousiasme de la foule, le site ayant été impacté.

Les plus courageux déambulent, s’arrêtent songeurs devant les nombreuses échoppes avant de plonger subrepticement sur les rares sièges disponibles aux terrasses des cafés lorsque le soleil décide, durant quelques minutes, de briller de tout son… éclat.

Nombreux sont les enfants qui profitent de leur avant-dernier jour de congé d’été, comme pour prolonger indéfiniment cette sensation de liberté qui les envahit depuis pratiquement deux mois…

Lorsque votre serviteur débarque sur les lieux, Sharko entame son tour de chant. Le frontman a l’honneur de se produire sur la grande scène.

Après avoir surpris tout son monde en opérant quelques détours contrastés au cœur de son approche musicale, depuis l'acoustique « Hometour » en passant par l'electro-pop « Glucose », l’Arlonais revient aux fondamentaux proches du rock.

Bartholomé, à l’état civil, est soutenu par Guillaume Vierset à la guitare et Olivier Cox à la batterie. Comme il aime à le souligner, ils sont tous deux originaires de Soignies et donc venus en amis et voisins. Info ou intox ? Peu importe, le public y croit dur comme fer !

Sur la scène noir-jaune-rouge, ces musiciens sont loin d’être des inconnus puisqu’ils se sont imposés dans l’univers musical, tantôt comme leaders ou encore comme sidemen dans diverses formations. Enfin, Bartholomé se charge de la basse comme d’hab’, son instrument de prédilection.

Il est parvenu à créer un style ‘pop surréaliste’ ou ‘avant-pop’ pour son aspect bricolé. Nombreux sont ceux qui se sont pressés devant l’estrade pour (re)découvrir le bien nommé.

Le set débute par « Wake up », un morceau épatant, direct et sans concession. La musique est simple voire élémentaire. Une compo à l’image de son auteur, en quelque sorte.

Le trublion belge est parvenu à mettre le public dans sa poche qui ne rate d’ailleurs pas une seule seconde les élucubrations du showman. Une mise en bouche suivie de l’excellent… « Excellent », un morceau caractérisé par la voix rocailleuse de son auteur.

Deux titres radiophoniques qui permettent aux plus anciens de se remémorer les heures de gloire du personnage aux facettes équivoques jusqu’à ce que « Never Alone », un single optimiste qui figure sur son dernier elpee, « We love you David », soit interprété.

Le quinqua en a dans le falzar. Débordant d’énergie, il est quand même moins imprévisible qu’à ses débuts.

Ce qui n’empêche pas sa musique de vous entraîner parfois dans des contrées aux allures magiques, comme lors de cet étrange « Padam », aux accents syncopés et aux envolées de guitare féériques.

Le gars est viscéralement déjanté, à l’instar de « Family », ‘l’histoire d’une famille qui prend l’E411 et puis c’est tout…’, sous les cris hilares d’un public qui a bien dû mal à le cerner.

« I went done » constitue un des moments clé de ce concert. Sans oublier cette chorégraphie surréaliste, lorsque, plongé au milieu du public, son corps s’exprime par saccades. Le visage expressif et les convulsions provoquent chez certains une crainte bien légitime.

Le concert tire doucement sa révérence. « Sweet Protection », autre compo connue, éveille chez la plupart un sursaut de bonheur. Une chanson dont la thématique traite de l’existence et de l’amour, à travers le prisme de la sécurité que lui procurait sa mère. Et par extrapolation la mère patrie. Un manifeste de la bienveillance qui colle bien avec le côté militant de l’artiste.

Un « Président » du tonnerre de Dieu et un « We Sould Be Dancing » solaire, cèdent le relais à un « We Love You David », résultante d’une vision narcissique.

Cet après-midi, Sharko s’est une nouvelle fois transformé en homme de théâtre offrant ci et là des moments inoubliables, sans oublier ce son et cette identité vocale qui le caractérisent si bien.

Direction tribord, sur la petite scène. RIVE s’y prépare.

Deux albums encensés par la critique, des clips léchés, une esthétique soignée, un duo sexué et une électro pop envoûtante. Ce sont quelques superlatifs résumant parfaitement la culture de ce binôme convaincu et convaincant.

Derrière cet idiome, se cachent Juliette Bossé en féministe assumée et Kévin Brieuc, le rêveur mélomane.

Le duo nous vient de Bruxelles. Il s’était déjà produit, il y a quelques années, sur la plaine de Soignies. Une opportunité pour l’interviewer, Musiczine constituant un des premiers médias à s’intéresser au projet ; et l’entretien avait séduit les deux artistes.

RIVE est venu défendre les couleurs l’elpee « Collisson », un prétexte pour se plonger dans l’histoire d’une rencontre amoureuse passée, le besoin de liberté et l’évolution de chacun des personnages, sous un angle lumineux et plein d’espoir.

Habitué à se produire à deux, le tandem est aujourd’hui soutenu par un préposé à la basse et aux claviers. Ce qui permet à la musique d’emprunter un format plus organique tout en servant de support aux textes de la jeune femme.

« Dictaphone » est proposé en intro. Une chanson composée alors que Juliette, en Bretagne, avait pris la décision de quitter une relation qu’elle estimait toxique et dans laquelle elle s’était enfermée imprudemment jusqu’à un point de non-retour.

Vêtue de noir et d’un short, Juliette s’avance, sourire aux lèvres, tandis que son comparse s’installe devant les fûts, casquette vissée sur la tête. Le troisième larron, lui, se plante devant les ivoires.

C’est alors que « Rêver grand » se révèle et révèle les désirs d’une femme, partagée entre l’envie de poursuivre cette relation amoureuse, et dans le même temps, de retrouver cette liberté en tant que personne, mais aussi et surtout dans le souci de s’épanouir. Sans doute, faut-il y voir un enjeu féministe de taille, l’objectif de la demoiselle étant de retrouver sa place dans la société et de faire écho auprès de toutes celles qui vivent une situation similaire. Un appel à la vie tout simplement…

Kévin a posé un bout d’étoffe sur la caisse claire, de manière à obtenir un son suffisamment feutré pour laisser la porte ouverte à cette voix sublime, touchante et sensuelle. Parfois son jeu devient tribal, à l’instar de « Justice » ; ce qui lui permet de frapper ses peaux avec davantage d’amplitude et apporter un peu plus de visuel.

Entre rêve et réalité, RIVE a pris le parti de revisiter, le temps d’une tournée, certains titres de son premier bébé sous une nouvelle orchestration, comme pour ce « Vogue », un morceau abordé à l’aide d’une guitare prêtée pour l’occasion, celle de Miss Bossé l’ayant lâchée. Ou encore « Soleil », un titre étonnement paradoxal, ce samedi noir.

Grâce à une production musicale osée, grandiloquente, mais orchestralement portée par une émulsion artistique spectaculaire, la musique de RIVE s’inscrit dans l’air du temps en abordant des thématiques universelles et intemporelles.

Alors que beaucoup d’artistes choisissent l’anglais pour mieux s’exporter, la formation persiste et signe dans la langue de Voltaire, permettant non seulement une expression soignée, mais aussi beaucoup de rondeur à la poétique dialectale.

Même lorsqu’il est question de compositions plus frontales, comme « Tension » ou « Obsession », Juliette dévoile une fébrilité et fragilité extrêmes, les échecs amoureux la transportant sans doute autant que les réussites.

Une thématique qui n’en est pas à son coup d’essai puisque le combo s’était déjà essayé sur ce terrain lors du précédent opus. Comme ce « Fauve », traitant du désir et de l’alchimie des corps qui s’étiole, même si l’amour perdure. L’intime semble politique et doit être dévoilé…

Bref, RIVE gagne encore en crédibilité et s’impose de plus en plus comme une valeur sûre de la scène francophone. Une bien jolie prestation.

Talisco et son équipe se pressent sur la main stage. Vu ses origines espagnoles, il n’est pas étonnant qu’il ait choisi un pseudo aux consonnances latines.

Les nuages commencent à devenir menaçants. Le public semble relativement pessimiste pour la seconde partie de cette journée. Certains se sont équipés de parapluies ou de K-ways. Quant aux autres…

Le jeune Jérôme Amandi, de son vrai nom, découvre la musique et la guitare à l'âge des premières révoltes. Le conservatoire le saoule, il compose ses chansons dans sa chambre et monte un groupe de rock, sur les traces de Slash, Rod Stewart et Stevie Wonder. Mais la vie l'embarque vers d'autres horizons. Il met sa carrière musicale entre parenthèses, et bosse dans l’univers du marketing. Mais en 2010, il décide d’en revenir à la musique et se lance dans l’aventure. Une voie qu’il ne quittera plus…

Il est soutenu par un bassiste ainsi qu’un drummer et se consacre à la guitare et aux synthés, son expression baignant au sein d’une ‘frenchie pop électro’…

Il éprouve beaucoup de plaisir à exprimer son art au sein du plat pays. Il estime que le public belge est le meilleur, le déclare et le répète, communiquant à l’auditoire présent, un légitime sentiment de fierté.

Un quatrième opus est en préparation. Il serait chargé de surprises ! Et à l’écoute des nouvelles compos, non seulement les aficionados ne seront pas déçus, mais elles permettront de de découvrir une autre facette de cet artiste (d)étonnant.

Considérer Talisco comme une machine à tubes serait réducteur. Il est plus que ça. Sa musique, en multipliant les décors, est une invitation aux fantasmes. Une perspective volontairement lumineuse et subtile. Sans oublier son caractère complexe, l’artiste tirant parti des superpositions tant des sons que de la voix.

Instinctive, la musique de Talisco est franche, directe et immédiate, à l’instar de ce « Thousand Suns » et sa rythmique syncopée ou encore ce « The Martian Man » qui invite à l’évasion interstellaire.

Difficile de la définir, ses chansons baignant tour à tour le rock, la pop ou encore l’électro. Une chose est sûre, il s’impose en artisan bricoleur, humble face au résultat de sa création.

Naturellement, les sonorités de Talisco sont influencées par Ennio Morricone. A cause des sonorités de la guitare. Mais aussi par la musique eighties dont il reste un fan absolu.

Si certains artistes enregistrent en fonction du ‘live’, on prend un plaisir identique à l’écouter aussi bien dans le salon, confortablement assis, cocktail en main, qu’en concert, entouré de centaines de personnes qui partagent une même vision des événements.

Il faut cependant attendre des titres incontournables comme « The Keys », 2ème single extrait de l'album « Run », pour que le public s’enflamme. Une compo restée dans la mémoire collective puisqu’elle a été choisie pour illustrer, en son temps, la nouvelle campagne 4G de Bouygues Telecom.

Selon l’adage toutes les bonnes choses ont une fin. Alors que l’ambiance est à son paroxysme, une véritable trombe d’eau s’abat sur la foule, obligeant la quasi-majorité des festivaliers à s’abriter, soit au sein de bistrots avoisinants, soit sous des abris de fortune, comme l’espace dédié aux ingé-sons, écourtant ainsi au passage l’exaltation naissante. Seule une poignée de courageux (téméraires) braveront la drache, forçant ainsi l’admiration du frontman, qui en est resté bouche bée.

Le déluge passé, le populaire « Sun », générique d’une série sur France2 ‘Un si grand soleil’ achève un concert empreint d’onirisme.

Après avoir réalisé les interviews de RIVE et de Talisco, votre serviteur entend au loin un son électro plutôt intéressant. Le temps d’arriver devant le podium, le set de Kowari vient de commencer…

C’est le projet au patronyme étrange drivé par le violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et le pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane où il se consacre à la basse), tous deux issus de la scène pop/rock belge.

Si Kowari est un petit mammifère à la queue en plumeau, comme dans ‘Le Roi Lion’, le nom de scène évoque plutôt le totem scout d’une amie commune.

Bien qu’à la base, le projet était destiné à la musique de film, très vite on lui suggère le ‘live’, l’univers du duo s’y prêtant admirablement bien.

Tout en s’appuyant sur sa formation classique dans la structure des chansons, Kowari propose une expression sonore qui navigue entre néo-classique et ambiant, Chierici se chargeant d’y apporter de la douceur alors que Louan la sublime de ses sonorités électroniques.

Une musique dont l’approche, la culture et l’instrumentation n’est pas sans rappeler celle du duo berlinois Two Lanes.

Kowari s’inscrit dans cette nouvelle génération d’artistes repoussant les frontières entre l’organique et l’électronique avec un souci de la précision et du show poussés à son extrême.

Secondé par un light show absolument délicieux, les deux comparses livrent un set empreint d’instinct et d’expérimentation, grâce aux synthés et autres loops. Sans oublier les cut-offs sur les instruments. Bref, une panoplie technologique qui leur permet de s’exprimer cinématographiquement.

Sensorielle, profonde et altruiste, la musique de Kowari, entre passages calmes et envolées diaboliques, explore de grands espaces recouverts de sable chaud propices à la sensualité. Des chansons qui se vivent plus qu’elles ne s’écoutent.

Un groupe qui peut surprendre dans un festival où le line-up se veut plutôt populaire et accessible, mais ses élans sauvages et ses air(e)(e)s de liberté s’intègrent plutôt bien dans un tel environnement…

Il fait nuit depuis un moment maintenant. Les températures ont considérablement baissé, plongeant le site dans une atmosphère automnale. La pluie tombe par intermittence. Pourtant la place de Soignies est pleine à craquer. Pas étonnant, Louis Bertignac constitue la tête d’affiche.

Pour tous les fans de rock français, Louis Bertignac restera à jamais intimement lié à l'histoire du groupe Téléphone. Entouré de son compère et complice Jean-Louis Aubert, ainsi que de Richard Kolinka et Corine Marienneau, le quatuor va régner sur le rock français de 1977 à 1986. Au sein de la formation, Lulu s'impose comme un guitariste de grand talent, dont il est aussi chanteur et compositeur.

Après la dissolution du groupe, l'artiste fonde Bertignac et les Visiteurs. Une aventure qui va durer cinq ans, sans jamais s'approcher de l'immense succès de Téléphone. Pas de quoi décourager l’homme qui va alors se lancer en solo dans les 90’s.

Le presque septuagénaire vient de sortir son dernier album « Dans le film de ma vie » et s’est lancé dans une tournée de près de 50 dates, parmi lesquelles figure Août en Eclats.

Accompagné d’un bassiste, d’un batteur et d’un claviériste, l’idole des jeunes commence son tour de chauffe par un « Ca c’est vraiment toi », suivi du mash up d’un célèbre titre des Rolling Stones « (I can‘t get no) satisfaction ». Deux titres forts qui lui permettent d’explorer pleinement les sonorités de sa célèbre guitare Gibson SG Junior pour le plus grand plaisir de la foule.

Résolument rock, Bertignac aligne alors, dans la foulée, quelques plages de son dernier opus, dont « Jamais », un titre fédérateur aux relents fondamentaux.

On le sent à fleur de peau, notamment lorsqu’il évoque sa femme Laetitia Briche, de trente-quatre ans sa cadette, à travers « Peut-être un jour ». Une chanson écrite durant la période de confinement et sur laquelle elle pose d’ailleurs la voix dans la version studio ; mais surtout, une étape difficile vécue par le couple en proie à des querelles au sujet de leur fils, Jack, les obligeant à faire chambre à part pendant deux à trois mois, se souvient-il, amusé.

Une composition légère, fraîche, qui a permis à son auteur de renouer le dialogue avec sa promise par échange de sms aime-t-il à détailler sous les cris hilares des spectateurs, ayant aussi connu, eux aussi, probablement pareille mésaventure.

Bertignac s’épanche ensuite sur une autre histoire d’amour, celle de sa célèbre Gibson SG Jr achetée à Londres en 1974. La même Gibson que John Lee Hooker détaille-t-il, laissant surgir ce qu’il y a de plus profond chez chacun des musiciens.

Bref des compos dans lesquelles l’artiste se confie tout à tour sur le temps qui passe, sur l’amour, les séparations ou encore la drogue.

Véritable touche-à-tout, Bertignac est un curieux qui se laisse bercer par la vie. Un artiste qui ne cesse de s’inventer et se réinventer.

Mais aussi, un homme attaché au passé et aux valeurs sûres de la chanson française. A commencer par ce « Cendrillon » qui ravit la fan base ou « Un autre monde », autre titre phare de Téléphone, issu du cinquième et dernier elpee du quatuor, gravé en 1984.

Il est déjà presque temps de tirer le rideau et de laisser cette petite ville vaquer à ses occupations.

Bertignac s’exécute en personnage iconique et véritable institution, en s’appuyant sur un « Purule Rain » du regretté Prince, une version impressionnante, jouée tout en retenue et sublimée par le jeu down tempo du drummer.

Encore une fois, le Centre culturel et plus largement la Ville de Soignes sont parvenus à démontrer leur savoir-faire en proposant des concerts de qualité et totalement gratuits. Des faits tellement rares qu’ils méritent d’être soulignés, dans un monde gangréné par cette course effrénée aux profits.

Mais combien de temps résisteront-ils encore ?

(Organisation : Août en Eclats)

 

 

 

W-Festival 2023 : samedi 26 août

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Tout avait pourtant bien mal commencé ! Après un peu plus de 90 minutes de route, votre chroniqueur est à la recherche d'un emplacement pour son véhicule ! Trouvé ! Et Waze renseigne une distance de 1,7 kms à parcourir pour atteindre la ‘Klein Strand’, où se déroule le festival. Après une marche de 200 mètres, dans la direction indiquée, le GPS rectifie : le trajet sera de 6,5 kms ! Il faut donc reprendre la voiture, mais tous les parkings sont complets ! Il y a bien quelques places libres le long des rues principales, mais il n’est pas autorisé de rester garé plus de 2 heures ! Pas envie de se farcir une prune ou pire, de retrouver le véhicule en fourrière... Après avoir tourné inlassablement, on finit par s’éloigner. Un stationnement sans risque est enfin déniché, mais il se situe à 4,5 kms du site. Et cette marche forcée, il faudra se la retaper en sens inverse, à l’issue des concerts... après être resté debout pendant 7 heures…

En arrivant sur place, il faut déjà dire ‘adieu’ à nos sandwiches ! Interdiction d'amener de la bouffe et des boissons à l'intérieur de l'enceinte ! Ok ! That's my very big mistake ! Il aurait été préférable de bien lire les conditions d’accès au site ! Enfin ! On ne va quand même pas balancer des sandwiches au filet américain à la tête des artistes !

Nik Kershaw ! Quelle idée de programmer un tel artiste à 14h20 ! Pas grave, on s'avance, mon Kéké (Kelian Mongin) et votre serviteur ; et puis, tout à coup, c'est le déluge ! Des trompes d'eau s'abattent sur les festivaliers. On se précipite sous le chapiteau et... stop ! Défense d’entrer ! Il y a trop de monde à l'intérieur !!! Pendant que le préposé à la sécurité nous explique cette décision, une dizaine de personnes pénètrent à notre gauche et à notre droite ! Frustrant ! ‘The Riddle’, ‘Wouldn't it be good’, ‘I won't let the sun go down on me’ (the sun ? The rain, yess) plus tard, trempés jusqu'aux os, on capitule et on se dirige vers une friterie ! Ben oui, on n'a plus de sandwiches... 7 € le (petit) paquet de frites ! 5,50 pour la barquette + 1,50 pour la sauce ! Et elles n'étaient même pas bonnes ! On comprend mieux l'histoire des sandwiches qui finissent à la poubelle.

Bon, maintenant, on a soif ! 45 minutes de queue pour pouvoir déguster 1 Wittekerke Rosée ! Une blanche avec de la grenadine quoi ! Enfin, ça désaltère et c'est déjà ça ! Il est l'heure de la première conclusion partielle : le W-Festival n'apprend pas de ses erreurs et les reproduit d'une année à l'autre...

Mais il est l'heure aussi du Earth Wind and Fire Project ! Et là, première claque ! Ils sont bons les bougres ! Et le son l'est tout autant ! Et ils ont l'excellente idée de terminer leur prestation par les titres les plus connus : "September", sur lequel l'ombre de Omar Sy et François Cluzet plane, mais aussi "Boogie Wonderland" et "Let's groove" qui viennent ponctuer une prestation de grande qualité. Le public est déjà conquis, et la bonne humeur revient. Tout comme le soleil.

On profite du va-et-vient de la foule pour se faufiler vers les premiers rangs ; et, déjà, Wet Wet Wet grimpe sur le podium ! D'abord annoncé comme ‘dismissed’ pour raison de COVID d'un des membres, la formation est bien présente ! Ce qui, au vu de l'état des fringues de votre chroniquer et de son patronyme, n'est que logique ! Si elle avait opté pour ‘Dry Dry Dry’, il aurait été plus difficile d'assurer une belle prestation... Parce qu’elle a été tout bonnement excellente ! Si les deux Graeme (Clarke et Duffin) sont toujours bien au poste, et en très grande forme, Marti Pellow a été remplacé par Kevin Simm. Le nouveau chanteur du groupe écossais va-t-il tenir la comparaison ? Près de 15 ans plus jeune que les membres fondateurs, il va faire mieux que ça ! Le mec a une voix de malade et un charisme de dingue. Il improvise même une partie de football, agrémentée de quelques jongles de qualité avec le public qui lui renvoie sans cesse un ballon de plage, et lance un petit débat sur la qualité des bières belges.

"Sweet surrender", "Love is all around" mais surtout "With a little help from my friend" et "Wishing I was lucky" font un véritable tabac au sein d'un auditoire de plus en plus déchaîné !

Il faut attendre 45 minutes avant l'arrivée de Nena ! Aaah l'attente est longue, mais le plaisir n'en sera que plus intense...

Les lombaires de votre chroniqueur commencent à le rappeler à l'ordre et lui imposent un ‘sitting’ dans le sable. Le retour en position debout entraîne une chute en avant sur les pieds d'une voisine francophone... Heureusement, son copain de 2 mètres n’en tiendra pas rigueur... Et voilà enfin la Reine de la soirée ! Gabrielle Suzanne Kerner, alias Nena !

Elle entame son gig par "Genau Jetzt". Et d'entrée, elle fait chanter le public qui n'attend que ça ! Elle a une pêche d'enfer du haut de ses ??? 63 printemps et est toujours aussi belle. Elle est soutenue par une équipe extraordinaire. Ses 2 guitaristes, John Andrews et Gabriel Holz (NDR : merci Philippe), sont tout bonnement époustouflants et accompagnent Nena dans ses sprints et multiples sauts sur scène. Même s’il semble que ce soit Philippe Palm à la batterie, une recherche approfondie sur le Web ne permet pas de retrouver les noms de tous les membres du combo. Mais de la qualité, il y en a à revendre !

Les morceaux s'enchaînent lors d’une prestation plus ‘rock’ que jamais : "Nur getraümt", "Kreis", "Lied Nummer 1", "Willst du mit mir gehn ?" et le public, en chœur, de répondre ‘Jaaaaa’ !

Un petit moment de répit est accordé à travers un de ses tout derniers titres : "Karawane". Et puis, le set repart de plus belle, Nena se chargeant de la guitare rythmique ! "Noch einmal", "Zaubertrick", "Leuchtturm", "Blitzkrieg Bop" qui se s’achève en version ‘ramonesque’ et on en arrive déjà à la fin du show. Alors que le claviériste entame les premiers accords du légendaire "99 Luftballons", Nena reçoit un ballon blanc, géant, qu'elle dédicace, avant de le balancer dans la fosse en délire !

Hast du etwaß Zeit für mich
Dann sänge ich ein Lied für dich
Von 99 Luftballons
Ihren Weg zum Horizont
Denkst du vielleicht gerade an mich
Dann sänge ich ein Lied für dich
Von 99 Luftballons...

Elle termine ce morceau par le final de "Hey Jude" des Beatles repris par 3 500 fans exaltés, avant de tirer sa révérence en affichant un sourire qui ne l'a pas quittée une seule seconde.

Ben quoi ? C'est tout ? Et "Irgendwie, Irgendwo, Irgendwann" alors ?

Surprise ! Nena kommt zurück et nous offre cet autre morceau culte. Pas de Kim Wilde pour l'accompagner ? Certains ont peut-être fermé les yeux, et l'ont rêvée. Mais finalement, pas besoin de Kim ! Nena fait très bien le job seule. Pour notre plaisir, pour le sien ! Une heure (57 minutes exactement) d'un concert empli de professionnalisme, de dynamisme et de très bonne humeur. On se reverra Nena ! Votre chroniqueur ne compte pas, une fois de plus, attendre 35 années avant de la revoir sur les planches.

Human League ? Le dos dit ‘stop’ ! Il faudra faire l’impasse. Au cours de la randonnée pédestre du retour, on entend vaguement la bande à Phil Oakey, et de loin. Le temps de retrouver mon amie Christine et son adorable mari, Frédéric. Et d'aller déguster 2 excellentes ‘Triples Karmeliet’ !

 

Tokyo Witch

Elena, du groupe Eosine, lance son projet solo: Tokyo Witch

Elena Lacroix, la chanteuse du groupe Eosine, annonce la sortie imminente du premier album de son projet solo: Tokyo Witch. Intitulé “Skin Like Feathers”, il propose des compositions qui, dit-elle, “sont trop intimes pour être incarnées par le groupe Eosine”. Il comprend 7 morceaux, qui illustrent “7 péchés capitaux, le temps d'un cycle nycthéméral, de la lumière à la lumière en passant une longue nuit d'introspection”.

Elena explique: “J'ai composé et enregistré les morceaux seule, sans crainte et sans contrainte, hors du rythme effréné de la musique rock, en hibernation, et j'avais gardé ce projet secret depuis lors. J'ai l'impression que maintenant, les étoiles s'alignent, et il est temps de partager ce projet qui me tient tant à coeur. Skin Like Feathers est comme un écho lointain, plus réverbéré, plus distordu et onirique, des compositions ciselées et calculées d’Eosine. La guitare demeurant au centre de la majorité des morceaux, elle est entremêlée de synthés, de voix, comme des ronces autour des roses dans un rêve marbré de cauchemars.”

“Chaque arbre de ce jardin secret est représente un péché capital, une part inavouée de soi-même qui forme finalement la nature humaine la plus universelle. Du crépuscule hésitant et vacillant aux lueurs vives et franches d'après l'aube, l'introspection se transforme en exposition d'un intérieur maculé et assurément humain."

L'album sera disponible en format vinyle et Elena a lancé une levée de fonds via ulule pour pouvoir le faire presser.

Ce projet s'adresse en priorité aux fans de Beach House, Ride, Low, All About Eve, Cocteau Twins, Clannad et Cranberries et à quiconque aime la shoegaze dans un style dépouillé, atmosphérique, proche de la folk celtique.

Pour découvrir le projet et écouter le premier morceau extrait de l'album, “Season of Sighs”, c'est ici.

Pour lire l'interview d'Eosine (décembre 2022), c'est ici. Pour écouter cette interview, diffusée dans l'émission WAVES, sur Radio Vibration, c'est ici.

Visuel réalisé par Mary Autumn.

 

Kristin Hersh

Les rues et les routes de Kristin Hersh…

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Peu d'artistes comprennent l'intensité de vivre son art comme Kristin Hersh…

« Constance Street » constitue le troisième single extrait de son nouvel elpee, « Clear Pond Road », qui sortira le 8 septembre 2023.

« Clear Pond Road » poursuit la juxtaposition de l'obscurité et de la lumière - du soleil sombre, comme le dit Hersh - qui caractérise le travail légendaire de Hersh avec Throwing Muses et 50 Foot Wave, mais va encore plus loin dans l'exploration de l'intimité et de la complexité qui accompagnent l'indépendance farouche de Hersh.

« Constance Street » est en écoute

 

Dead Feathers

Le cercle complet de Dead Feathers…

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Bien que Dead Feathers soit comparé à groupes classiques tels que Jefferson Airplane, Big Brother & the Holding Company et Frumpy, ainsi qu'à ses contemporains Blues Pills, Black Mountain et Graveyard, il n’est pas originaire de Californie, mais de l’Illinois, de Chicago, très exactement. Sans jamais relâcher l'attention de l'auditeur, ses guitares bluesy et psychédéliques et ses grooves séduisants constituent le vaisseau idéal pour les envolées vocales puissantes de Marissa Welu.

"Full Circle" son nouvel elpee sort ce 22 septembre 2023. Le titre maître de l’opus est en écoute ici

 

Vanishing Twin

L’après-midi inconnu de Vanishing Twin…

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Vanishing Twin publiera son nouvel elpee, « Afternoon X », ce 6 octobre 2023. 

Conçu à partir d'un équilibre ludique entre humour et rigueur, chaque membre embrassant le rôle de multi-instrumentiste et le processus plutôt que le résultat, « Afternoon X » poursuit la trajectoire d'exploration qui a défini ses récentes sorties. En quête d'ouverture créative et d'une palette élargie de références et de sources, les motifs métronomiques et cycliques de Magaletti et la pulsation des lignes de basse de Mukai restent au cœur du son, mais ces rythmes enracinés forment désormais la base de la recherche d'une plus grande gamme tonale, texturale et structurelle.

Issu de cet LP, le single « Marbles » est disponible sous forme de clip

 

Pale Blue Eyes

La maison familiale de Matt Board…

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« This House », c’est le titre du nouvel LP de Pale Blue Eyes. La maison en question figure sur la pochette. Il s'agit de la maison d'enfance du chanteur et guitariste du trio, Matt Board.

‘Quand maman est morte, cinq ans après papa, il y avait cette charge dans l'air, reliant chaque personne dans la pièce’, dit Matt. ‘Le temps s'est arrêté. J'ai eu l'impression d'entrer momentanément dans une dimension alternative entre la vie et la mort. Des jours et des semaines plus tard, je voyais ma famille dans tous les coins de la maison - tous les rappels, les fantômes et les souvenirs. Puis, progressivement, j'ai senti qu'il était temps de prendre un nouveau départ, de quitter la maison et mes parents extraordinaires...’

Le nouveau titre « Takes Me Over » illustre le message général de Pale Blue Eyes, qui rumine la façon dont on peut commencer à surmonter les plus grands problèmes de la vie grâce à la créativité, comme l'explique Matt :

‘Il s'agit du sentiment que l'on éprouve lorsque la vie nous submerge et que l'on est accaparé par ce qui se trouve devant nous, puis que l'on a une vue d'ensemble de la situation. Il s'agit aussi d'embrasser, de traiter et de laisser aller la musique et tout processus artistique ou créatif.’

‘Le changement est inévitable’, ajoute Matt. ‘Il faut tout accepter, le bon comme le mauvais, et l'horriblement laid.’

Extrait de « This house », « Spaces » est disponible ici et « Tales me over »,

Photo : Sophie Jouvenaar

 

Live Nation : les nouveaux concerts (update 22/08/2023)

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Dimanche 19 novembre 2023 – blackwave – Trix, Anvers

Mardi 21 novembre 2023 – blackwave – Vooruit, Gand

Samedi 16 décembre 2023 – The Opposites – De Roma, Anvers

Mercredi 20 décembre 2023 – The Opposites – Ancienne Belgique, Bruxelles

Jeudi 21 décembre 2023 – S10 – Trix, Anvers

Jeudi 25 janvier 2024 – Architects – Lotto Arena, Anvers

Mardi 13 février 2024 – Maisie Peters – Vooruit, Gand

Jeudi 15 février 2024 – Maksim – Het Depot, Louvain

Samedi 17 février 2024 – Maksim – Trix, Anvers

Samedi 20 avril 2024 – Compact Disk Dummies – De Roma, Anvers

http://www.livenation.be

 

SOROR

SOROR entretient le mystère…

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SOROR est un groupe bruxellois né de la rencontre entre Sophie Chiaramonte, bassiste passionnée de rock, et Alice Ably bercée au trip-hop des années 90.

Cette osmose entre basses envoûtantes et voix infusée à la Beth Gibbons est soutenue par les grooves de batterie tranchants de Théo Lanau et traversée par les lignes de guitare subtiles de Thibaut Lambrechts. SOROR livre des chansons intimes, et profondes. Son premier Ep, enregistré et mixé par Koen Gisen, sorti en mars 2020, définissait alors la ligne de conduite du groupe, à savoir, un son organique, mélancolique. Le groupe tournera alors dans toute la Belgique et en France (Botanique, Brass, Atelier 210, Olt Rivierenhof, Eden, Reflektor, Supersonic, Pop-Up du label …) Le groupe publiera un nouvel elpee en septembre 2023. Son titre ? Ce sera la surprise !

Paru en juin dernier, la compo « Bohemian Paradise » baignait au sein d’une ambiance plus psyché, hypnotique et langoureuse. Un morceau qui figurera sur ce premier elpee dont la sortie est prévue le 22 septembre 2023

SOROR se produira, dans le cadre de la ‘Release Party’, le 21/092023 à la Rotonde du Botanique, là où le son est parfait !

https://botanique.be/fr/artiste/s-o-r-o-r

Autres dates :

28.10.23 @ XScandalous, Saint-Ghislain

14.10.23 @ Les Volumineuses, Bruxelles

29.09.23 @ Fête de la FWB, Atelier Rock, Huy

02.09.23 @ Forest Sounds, Bruxelles

La vidéo de « Bohemian Paradise », est disponible là 

Bush Tetras

They live in my head

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Fondé en 1979, Bush Tetras a connu plusieurs interruptions au cours de son existence. Il a ainsi été actif depuis sa naissance à 1983, de 1995 à 1998, et à partir de 2005. Principalement féminin, le combo a changé de bassiste à plusieurs reprises ; Laura Kennedy, membre originelle, qui avait quitté le band en 1998, est décédée le 14 novembre 2011, des suites d'une longue maladie. Et en 2021, alors que le groupe bossait sur son nouvel elpee, c’est le batteur Dee Pop qui tombe subitement mort. L’ex-Sonic Youth, Steve Shelley, a pris le relais depuis l’an dernier (NDR : il s’est également chargé de la production de l’album) et après plusieurs remaniements, Cait O'Riordan (NDR : elle a milité chez les Pogues et a été mariée à Elvis Costello !) a finalement repris la basse…

Bush Tetras est considéré comme un groupe de no wave américain. Engagé politiquement à gauche, il est d’ailleurs issu de New York. « They live in my head » constitue son sixième elpee, et son esprit contestataire semble ne pas avoir fléchi, les textes traitant de la pandémie, du besoin de protester et de contester les injustices ainsi que des inégalités qui gangrènent notre société. Et lorsque Cynthia Sley adopte des intonations vocales proches de Patti Smith, le message semble encore plus percutant, à l’instar du titre maître. Ou alors de Grace Slick (Jefferson Airplane). Comme sur « Another room », une compo à la jolie mélodie, malgré les cordes effilées et grinçantes dispensées par La sixcordiste Pat Place. Elles le sont régulièrement, parfois acides, tranchantes comme du funk blanc labellisé Gang of Four (« I am not a number », « So strange »), cosmiques (« Walking out the door ») ou même psychédéliques (« The end »). On épinglera quand même le drumming de Pete Shelley, jamais envahissant, mais toujours aussi efficace. Même que parfois, on a l’impression qu’il imprime, sur certaines plages, un tempo new wave.

The Laundromat Chicks

Lightning Trails

Écrit par

Laundromat Chicks est un quatuor issu de Vienne et « Lightning Trails constitue son deuxième elpee. Il fait suite à « Trouble », paru en juin 2022. Agé de 19 printemps, Tobias Hammermüller en est le chanteur/guitariste, mais également le leader. Sept plages figurent sur ce mini elpee, dont la musique indé évoque, tour à tour, The Reds Pinks & Purples, Belle & Sebastian, les Pastels, Kings of Convenience ou Feist, alors que lorsque la section rythmique devient offensive, on ne peut s’empêcher de penser à Wilco.

Des guitares ‘jangly’ ondoyantes, parfois traitées en slide, à l’instar du titre qui ouvre le disque, « Sunday mystery », de la mélancolie douce, une section rythmique feutrée mais efficace et circonstanciellement un filet de clavier vintage alimentent de jolies mélodies interprétées d’une voix détachée, douce et indolente par Tobias…

Rafraîchissant !

 

The Jesus & Mary Chain

Sunset 666

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En 1990, J&MC avait choisi Nine Inch Nails pour assurer le supporting act de sa tournée aux States. En 2018, Trent Reznor, qui a acquis depuis, une notoriété inversement proportionnelle, lui a renvoyé l’ascenseur en l’invitant à se produire en première partie, d’une tournée aux Etats-Unis, dont une série de concerts au Hollywood Palladium.

Le 15 décembre 2018, la bande aux frères Reid s’y produit pour la dernière fois.  Le band n’a pas l’intention d’enregistrer l’événement, mais Michael Brennan, l’ingé-son, avait remarqué qu’il était possible de connecter son ordinateur portable sur la console et il n’a donc pas hésité à le brancher.

Les trois premières faces de ce double vinyle immortalisent l’intégralité de ce concert, au cours duquel, invitée, Isobel Campbell vient poser la voix sur « Sometimes always ».

Interprétés cinq jours plus tôt, au même endroit, les cinq morceaux qui figurent en face D constituent un hommage à l’album « Automatic », avant de s’achever par « In a hole », issu de l’elpee « Psychocandy ». Quant aux trois premières faces, elles ne recèlent aucun titre de « Darklands ». Et pas davantage de trace du single « Sidewalking ». Doit-on s’attendre à une suite ? C’est toujours dans le domaine du possible. En attendant, les aficionados vont probablement se ruer sur cet objet de collection, Jesus & Mary Chain n’ayant plus rien sorti de neuf depuis 2017 ! Ça fait un bail !

Night Beats

Rajan

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Night Beats, c’est le projet de Danny Lee Blackwell, un Texan établi à Los Angeles. « Rajan » constitue son sixième elpee. Un disque dont les compos semblent nées de la rencontre improbable entre psychédélisme et soul vintage. Légèrement reverb et en retrait, le falsetto de Danny rappelle celui de Moby. Encore que sur « Dusty jungle », sa voix devient aussi versatile que celle de Finn Andrews (The Veils). Il règne un climat particulièrement cool tout au long de cet opus à l’instrumentation complexe. Et le spectral « Osaka » en est certainement le plus bel exemple, une plage au cours de laquelle Ambrose Kenny-Smith (King Gizzard & The Lizard Wizard) se réserve le micro et l’harmo. La guitare traverse de nombreuses pistes. Ses sonorités tentaculaires épousent parfois celles de Carlos Santana, mais sur le blues Cautionary tale », elles se révèlent à la fois grinçantes et sinistres. « Thank you » laisse transparaitre, dans le refrain, le célèbre « Sunny » de Bobby Hebb, repris par une multitude d’artistes, dont Ella Fitzgerald, Marvin Gaye, Shirley Bassey, Boney M, etc.

Petit coup de cœur pour « Morocco blues », dont l’atmosphère psychédélique filtrée insidieusement par un sitar, est hantée à la fois par Marc Bolan, Syd Barrett et Brian Jones…

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