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Dan San

Dan San bien installé dans son Grand Salon…

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Sept ans après la sortie de "Shelter", Dan San signe son retour en publiant "Grand Salon". Il s’agira de son troisième opus.

Pour ourler ce nouveau recueil de pop sophistiquée, les six membres du collectif belge –enrichis de leurs collaborations respectives en production, tournée et composition pour l’audiovisuel avec The Feather, Condore, Pale Grey, Kowari, Sharko– ont pris soin de leur bien commun, replaçant le dessein de Dan San au centre de leurs mouvements.

Pour le finaliser, la formation s'est retirée aux portes de Paris, dans l'antre de La Frette. Cet ancien manoir, reconverti en studio d'enregistrement, tient une place à part dans l'histoire de la pop moderne. Feist, Patrick Watson, Timber Timbre, Idles, Parcels et autres Arctic Monkeys y ont en effet gravé leurs meilleures chansons.

Sous son intitulé francophile, "Grand Salon" ne cache ni ses ambitions ni ses préférences pour des sons typiquement anglo-saxons. À l’écart de la hype et des écoutes téléguidées par les algorithmes, les musiciens se sont réfugiés aux plus près de leurs disques de chevet. Bob Dylan, Simon & Garfunkel, Neil Young ou Nick Drake sont autant de références nécessaires pour comprendre l’ADN de ce nouvel album. Une passion renouvelée pour les Beatles au contact du documentaire réalisé par Peter Jackson, ainsi que la lecture d’une biographie de Geoff Emerick, ont également nourri l’imaginaire des musiciens.

L’album est paru ce 28 avril 2023

Le clip de "No one in the house" est disponible ici

En concert

      07/05/23 - Nuits Botanique - Bruxelles - BE - * Release Party *
      26/05/23 - Paradiso - Amsterdam - NL * Release Party *
      27/05/23 - Hnita - Heist-op-den-Berg - BE * Release Party *
      01/06/23 - Reflektor - Liège - BE * Release Party *
      08/06/23 - Hasard Ludique - Paris - FR * Release Party *
      23/06/23 - Fête de la Musique - Huy - BE  
      25/06/23 - Fête de la Musique - Izel – BE
      07/07/23 - On lâche rien sauf les chiens - Poligné – FR
      20/07/23 - Francofolies de Spa - Spa – BE
      26/08/23 - Août en Eclats - Soignies – BE
      03/09/23 - Bruis Festival - Maastricht - NL // TICKETS

 

Hideous

A la poursuite de Hideous…

Écrit par

Hideous réunit Guillaume Lamont (RHEA), Tim Leyman (RAMKOT), Victor Defoort (Roméo Elvis) et Dajo Vlaeminck (Kids With Buns). Il a suffi d'une soirée dans un café pour que les musicos décident de tenter une nouvelle aventure.

En novembre 2022, le quatuor a sorti son premier single « Curse ». Il nous en propose son second, « Follow Me », une chanson sur le fait que peu importe à quel point on est coincé, on peut toujours retrouver son chemin pour s'en sortir et apprendre à vivre avec soi-même.

« Follow Me » est en écoute

Prochains concerts

23/06/2023 Grensrock, Menin

30/06/2023 Festival Rock Werchter

16/07/2023 Boomtown, Gand

21/07/2023 Rock Olmen

 

Roots And Roses 2023 : lundi 1er mai

Écrit par

La seconde journée du Roots & Roses a donc lieu donc le 1er mai, alors que dans un passé récent encore, elle se déroulait uniquement ce jour férié. Le temps est couvert mais suivant les prévisions météorologiques, on n’annonce pas de pluie. Peut-être quelques gouttes… on verra. A Lessines, c’est la fête du Travail mais aussi celle du blues, du rock garage et de l’americana ; soit tout ce qui correspond à ce festival. Hier, on a quand même constaté que le public était un peu à l’étroit sous cet unique chapiteau, pour les têtes d’affiche.

A 11heures pile, The Cleopatras ouvre le bal. Un quatuor italien qui réunit quatre jolies gonzesses, dont la chanteuse Vanessa, la drummeuse Camilla, la bassiste Alice et la guitariste Marla. Son premier elpee, « Bikini girl », est paru l’an dernier. Hormis « Amoureux solitaires » de Lio, chantée en français, les compos sont interprétées dans la langue de Shakespeare ou de Verdi et la plupart sont puisées dans ce long playing. Manquait plus qu’un « Banana Split » ! Le combo va nous réserver, quand même, deux plages extraites de l’Ep « Onigiri Head », « Apple Pie » et « Rock’n’ Roll Robot ». Son garage-rock-punk-surf bourré d’autodérision tranche par rapport au milieu résolument sérieux et … masculin. Belle entrée en matière !

Neptunian Maximalism est censé nous éveiller les chakras. Fondé en 2018, ce groupe propose un musique cosmique et expérimentale ouverte au free, psyché, doom et drone. Hormis le guitariste Guillaume Cazalet (parfois préposé à la cithare, mais pas lors de ce concert) et le saxophoniste Jean-Jacques Duerinckx, le line up du combo est à géométrie variable. Ainsi, en général, il implique deux drummers. Pour la circonstance, il n’y aura qu’un percussionniste. Musicalement, on a l’impression d’être plongé dans une ambiance indienne propice à la méditation. Pas trop la tasse de thé de votre serviteur, mais des goûts et des couleurs…

Place ensuite à Psychonaut, un trio malinois actif depuis 2011. Il réunit le chanteur/bassiste Thomas Michiels, le chanteur/guitariste Stefan de Graef et le drummer Peters (depuis 2020). Teinté de sludge, son post metal psychédélique s’inspire de groupes issus des 70’s, tels que Led Zeppelin et Pink Floyd, mais également contemporains comme Tool et Amenra. La formation partage la même vision que Graveyard et Kadavar, qui se produiront sur la même scène, plus tard dans la journée. Paru en 2018, son album « Unfold The God Man » est une œuvre essentielle dans sa carrière. Conceptuelle et complexe, elle aborde des thèmes philosophiques et existentiels. Depuis, elle a publié un second opus, « Violate Consensus Reality », en 2022. Si le premier morceau du set est instrumental, les suivants sont chantés par l’une ou l’autre voix screamée. La prestation est assez captivante. Et atteint son apogée sur « All I Saw as a Huge Monkey », « Interbeing » et « The Fall Of Consciousness », issus de cet opus génial qu’est « Unfold the God Man ». Rien à ajouter. Parfait !!

Lee Bains & The Glory Fires nous vient tout droit des States. Formé en 2011 à Birmingham (Alabama), ce trio pratique un rock alternatif, original et sudiste qui véhicule un message à la fois politique et écologique. On est d’ailleurs loin ici des clichés du genre trop souvent ressassés. Le trio implique le frontman, Lee Bains (guitare/chant), Blake Williamson (drums) et enfin Adam Williamson (basse).

Le concert débute par « Sweet Disorder ! », un morceau issu du troisième album, « Youth Detention » (2017). De loin, l’un des meilleurs du band. La musique de Lee Bains est alternative, puissante et contemporaine. Elle communique de bonnes sensations. Nerveuse, granuleuse, elle nous plonge au sein d’une bonne vieille musique country, débordante d'un esprit rock and roll certain, tout en soignant l’aspect mélodique. Extrait de « Old Time Folks », le dernier elpee du groupe, « Lizard People » est littéralement à croquer. Un excellent set, mais trop court. Mériterait de figurer parmi les têtes d’affiche, dans le futur.   

The Devil's Barkers est un autre duo guitare/batterie que votre serviteur adore. Et pour cause, il implique le guitariste Fred Lani (Fred & The Healers, Superslinger, X-Three, etc.) et Giacomo Panarisi (Romano Nervoso, Giac Taylor, Hulk), pour la circonstance, préposé aux fûts. A Lessines, ils sont presque à la maison. Le nouveau single de la paire, « The Carpenter », est une véritable tuerie. Et « The Punisher » est de la même trempe. A contrario, le plus paisible « Wise Man » est idéal pour entraîner votre partenaire sur le dancefloor. Une belle claque ! En espérant un album, pour bientôt…

Originaire du Sierra Leone, mais établi à Bruxelles, Bai Kamara Jr. est devenu Belge d’adoption, d’où il mène depuis plus de vingt ans une carrière internationale. Il met sa voix chaude et puissante au service d’une musique métissée de blues, de soul, de funk et de jazz ». Il est soutenu par The Voodoo Sniffers. Soit les guitaristes Tom Beardslee (Red Red) et Julien Tassin ainsi que le drummer Patrick Dorcean et le bassiste Jonathan Dembélé.

Depuis la sortie de l’elpee « Salone », en 2020, Bai Kamara Jr. est revenu à un son plus inspiré par le blues noir des origines africaines. En mars dernier, il a publié « Traveling Medicine Man » un LP dont il va nous présenter de larges extraits. « Troubles » et « Cold Cold Love » (« Salone ») se révèlent à la fois hybrides, onctueux et bluesy. « Miranda Blues » campe un blues du désert. « I Don't Roll With Snakes » serpente entre le boogie blues et les musiques traditionnelles issues de l’Afrique de l’Ouest. Enfin, « Fortune » qui clôt le concert, s’enfonce profondément dans le bayou.   

Ada Oda est une nouvelle formation issue de la scène bruxelloise. Son rock binaire et uptempo synthétise l’aplomb post-punk des eighties et les grandes envolées mélodiques propres à la variété italienne. Le projet a été initié en 2020, durant le premier confinement, par le guitariste/pianiste/vocaliste César Laloux (The Tellers, BRNS, Mortalcombat, Italian Boyfriend) et la chanteuse Victoria Barracato, qui n’est autre que la fille de Frédéric François. César décrit ses impressions sur l’amour et les gens qui l'entourent. Ses textes sont d’abord traduits en italien et ensuite adaptés par Victoria, fille d’immigré sicilien. Le duo est épaulé par le bassiste Marc Pirard (Italian Boyfriend), le batteur Alex De Bueger (Alaska Gold Rush, Gros Cœur) et le guitariste Aurélien Gainetdinoff (San Malo, Yolande Bashing). Un elpee à son actif : « Un Amore Debole », paru l’an dernier. La musique est rafraîchissante, punk, parfois garage (« Nienta Da Offrire ») et énergique, mais un peu bercée par la ‘dolce vita’ …

Fantastic Cat réunit 4 singer/songwriters américains. Ce sera une des découvertes de l’édition 2023 du Roots & Roses. Electrique, son folk exhale des effluves 60’s et 70’s. Ce quatuor implique Don DiLego, Mike Montali, Anthony D'Amato et Brian Dunne. Collectivement, cependant, les quatre transcendent leurs racines respectives et émergent comme une harmonie d'échange d'instruments qui fusionne le rock and roll et le folk.

Le set d’ouvre par le skud « C'Mon Armageddon. Une entrée en matière particulièrement éblouissante qui sert de tremplin à des morceaux comme « Wild & Free » et « The Gig ». En fait, le combo va dispenser une forme de ‘best of’ de son répertoire, dont la plupart des plages figurent sur la compile sortie en 2022, « The Very Best Of Fantastic Cat » ...

A l’instar de Deuxluxes, les Courettes est un couple uni à la ville comme sur la scène. Un duo brésilo-danois formé de Flavia (guitare/chant) et Martin Couri (batterie) qui éclabousse depuis quelques années déjà la scène néo garage européenne.

Les groupes qui proposent un rock/garage revivaliste sont légion. Mais les Courettes se situent franchement au-dessus du lot. Leur musique est inventive, fraîche et inspirée. Comme les Deuxluxes ils ont fait trembler le chapiteau.

Band instrumental, le Delvon Lamarr Organ Trio est issu de Seattle et pratique une forme de soul/funk à forte coloration sixties et seventies, dans l’esprit de Booker T & The MG’s. Baignant dans l’orgue Hammond, l’expression sonore libère pas mal de groove, mais votre serviteur décide alors de prendre une pause pour d’aller se restaurer…

Originaire de Berlin, Kadavar est né en 2010. Le line up implique le guitariste/chanteur Christoph ‘Lupus’ Lindemann, le batteur Christoph ‘Tiger’ Bartelt et le bassiste Simon ‘Dragon’ Bouteloup. Il reconnaît pour influences majeures The Doors et Hawkwind, mais surtout Black Sabbath et Led Zeppelin. Rétro, son stoner rock est teinté de psychédélisme, de blues et de doom.

« All Your Thoughts » ouvre les hostilités. La formation n’en n’oublie pas « Die Baby Die » et « Doomsday Machine », deux titres-phare de son répertoire.

La prestation terminée, votre serviteur vide les lieux. Il reste Pokey LaFarge, mais il a déjà eu l’opportunité de l’applaudir à deux reprises, au même endroit. Et puis, comme d’habitude, il s’est concentré sur les découvertes en débarquant dès l’ouverture du festival. La fatigue commençant à se faire de plus en plus sentir, il préfère rejoindre ses pénates.

(Organisation : Centre Culturel René Magritte, Lessines)

Roots & Roses 2023 : dimanche 30 avril

Lors de l’édition 2019, le Roots & Roses avait atteint son pic de fréquentation. En 2021, le festival avait été annulé, corona oblige, mais une édition estivale limitée avait été organisée au mois de juillet. En 2022, alors que les contraintes du confinement commençaient à s’assouplir, l’événement a pu se dérouler plus ou moins normalement, et sur deux jours ; cependant, il a dû faire face à l’annulation de plusieurs groupes et/ou artistes américains.

Malheureusement, cette année, les intempéries n’ont pas permis de planter les deux chapiteaux. Il n’y en aura qu’un seul, mais de 60 mètres de long, alors qu’au départ il était prévu d’en ériger un de 90 mètres. Aussi, en soirée, lorsque les têtes d’affiches se sont produites, il était difficile d’y pénétrer ; et bon nombre de spectateurs ont dû assister aux spectacles de l’extérieur. Le timing sera scrupuleusement respecté, en ne laissant que 5 minutes de battement entre chaque prestation qui se dérouleront alternativement d’un côté ou de l’autre de la tente.

Il revient à A Murder In Mississippi d’ouvrir les hostilités. Une formation gantoise qui pratique de la musique roots. Deux albums à son actif. Un éponyme paru en 2018 et « Hurricana », en 2021. Dans un style qui mêle americana, country, folk, blues et musique traditionnelle irlandaise, le band tisse des mélodies entraînantes sur de douces harmonies vocales soutenues par le violon, le violoncelle, la contrebasse et le banjo. Tout au long de « Blue Lake » les chanteuses tirent parfaitement leur épingle du jeu mais en trahissant une passion pour Dolly Parton et Emmylou Harris. Les interventions d’Alexandra Van Wesemael au violon sont à la fois empreintes de délicatesse et de mélancolie. Et celles du banjo sur « Forever and A Day » nous entraînent dans les grandes plaines du Far West sur des chevaux lancés à toute allure. Tout comme « River Whispers » alors que « Wrong Side Of The Road » incite à la danse country. Une belle mise en bouche !

C’est au tout de Purrses de grimper sur le podium ‘Roses’, après un soundcheck réalisé en un temps record. Si l’expression sonore de la formation bruxelloise évolue au croisement de l’énergie du rock, du groove, de la soul et du punk, la singularité du band émane de l’alternance des trois voix féminines, qui apportent sensualité et tranchant aux compos. Votre serviteur ne voit qu’une chanteuse, en l’occurrence Laura Ruggiero, la frontwoman d’origine française. Où se cachent les autres ? Le reste du line up réunit Simon François aux claviers et une section rythmique constituée de Max Poelman et Lucas Roger. Les compos ne manquent pas de charme et tout particulièrement « Wrong Tide » ainsi qu’une version réarrangée de « My Girl ». Le combo n’en n’oublie pas son single, « So Cool » ni ses incontournables « Ride The Dragon » et « Rolling Like This » …

Place ensuite à Howlin’ Jaws, un trio parisien fondé il y a une douzaine d’années. Son premier elpee, « Strange Effect », est paru en 2021. Les musicos affichent un look rockhab’ 50’s et proposent une musique vintage qui mêle pop anglaise des 60’s, garage rock caustique made in USA, rock’n’roll, blues et bien sûr, rockabilly. La formation est taillée pour le Roots & Roses. The Kinks et Status Quo constituent ses influences majeures. Elle entame d’ailleurs son set par le « Down Down » de la bande à Francis Rossi et feu Alan Lancaster, un énorme tube décroché en 1977.

Le guitariste est impressionnant, le chanteur/bassiste/contrebassiste charismatique, virevoltant, et le drummer dynamique. L’expression sonore est à la fois furieusement actuelle, pétillante et plein de vie. A revoir, dès que l’occasion se présentera…

Dans l’esprit de Blood Red Shoes et surtout des White Stripes, The Glüks est un duo ostendais qui réunit la chanteuse/drummeuse Tina Ghillebert (batterie et chant) et le guitariste Alek Pigor. A son actif, trois albums : « Barefoot Sessions » (2014), « Youth On Stuff » (2016) et « Run Amok » (2018), que votre serviteur recommande chaudement. On y retrouve une même énergie rock, noise et garage que chez les deux tandems précités. La formation a bien évolué ces derniers temps, arrivant à canaliser son énergie débridée, tout en laissant intactes rage et puissance et de plus en plus d’espace à la voix de l’excellente Tina Ghillebert. The Glücks incarne l’esprit de la nouvelle scène garage du nord de la Belgique. Ses influences oscillent de Robert Johnson aux Cramps en passant par les Sonics, Jon Spencer, les Black Keys ou encore Mudhoney, The Stooges et Thee Oh Sees. Une touche 60’s, un zeste de folie et l’énergie que seuls les duos batterie/guitare et chant peuvent nous procurer. Sur les planches ça claque et ça dépote…

Entre chaque concert, on peut assister à un combat de catch. De véritables acrobates aux looks de zombies !

Jérémy Alonzi, c’est un des guitaristes de The Experimental Tropic Blues Band. Il a choisi le pseudo Kamikaze pour se produire en solitaire, à la manière d’un Rémy Bricka. Enfin pas vraiment, puisqu’il se sert d’un synthé, de machines, d’une grosse caisse qu’il martyrise du pied et d’un micro, qu’il mange littéralement. Il a enfilé un marcel de couleur jaune vif. C’est un habitué du festival. Si en général il pousse le blues expérimental dans ses derniers retranchements, ici, il l’assaisonne de techno ou carrément de sonorités pour bal musette. Sa folie scénique met une ambiance folle dans le public. Sa créativité débordante est poussée à l’extrême. « Johnny, Go, Go » est revisité et « Dancing In The Storm » vire au délire. On a même droit à une cover des Doors. Bref, un show Kamikaze atypique et génial à la fois !

Chuck Prophet a rejoint, à la mi-eighties, le cultissime Green On Red de Dan Stuart, formation néo-psychédélique et incontournable du mouvement Paisley Underground. Sur les planches, il est désormais épaulé par Mission Express, groupe en compagnie duquel il livre un folk rock americana de bien belle facture. Chuck, qui a surmonté un cancer, n’a pu accorder qu'une poignée de spectacles en 2022. Aujourd’hui, il n’est soutenu que par la moitié de son quatuor. Soit Stéphanie Finch (claviers, vocaux, accordéon) et Vincente Rodriguez (batterie minimaliste) à la batterie minimaliste. De ce concert, on épinglera le magnifique « Run Primo Run », l’original « You Did (Bomp Shooby Dooby Bomp) », un « Marathon » au cours duquel Stéphanie assure à l’accordéon et aux ivoires, le « Always » de Chet Atkins ainsi que le Tex Mex « Queen Bee » …

Le set de la famille Durham était très attendu. Kitty Daisy & Lewis sont multi-instrumentistes et changent régulièrement d’instrument (guitare, piano, basse, batterie, harmonica, banjo, ukulélé, xylophone, accordéon, etc.) Le trio britannique bénéficie du concours d’un bassiste et d’un claviériste.

Le « Ooo Wee » de Louis Jordan (NDR : certains médias le considère comme le grand-père du rock’n’roll) & His Tympany Five remonte à 1954. La version proposée par K, D & L est délicatement rhythm’n’blues. Les compos puisent aussi bien dans le blues, la soul, le reggae, la pop, le garage, le folk, le ska, le rockabilly, la country que le rock'n’roll et la liste est loin d‘être exhaustive. Kitty, Daisy et Lewis explorent et mélangent les genres à la perfection !

La formation n’a pas publié de nouvel album depuis « Superscope », en 2017, un LP aux fortes réminiscences sixties. Lors de ce show, elle va puiser dans ses cinq elpees, mais aussi accorder quelques jolies reprises.

L’instrumental « Paan Boogie Man » ouvre le bal. Lewis enflamme carrément l’auditoire tout au long de l’acoustique « Developer's Disease » et de « Say You'll Be Mine ». Caractérisé par ses contretemps bien marqués, « Tommorow » trempe dans le ska. On se met alors à rêver de Kingston. Le trio n’en n’oublie pas ses standards, « It Ain't Your Business », « Good Looking Woman » et « Baby Bye Bye ». Et c’est l’inévitable cover du « Going Up The Country » de Canned Heat qui achève un spectacle parfait en tous points…

Première apparition des Deuxluxes au R&R, un duo québécois composé de la guitariste Anna Francesca Meyer et du multi-instrumentiste et Étienne Barry. Ils se consacrent également tous les deux aux vocaux. La batterie que Barry actionne à l’aide de ses pieds est vraiment minimaliste (NDR : c’est à la mode !) Fantastique, Anna a un charisme fou. La paire pratique un garage/rock puissant, teinté de psychédélisme, mais aussi d’humour. Points d’orgue du show, « Springtime Devil » et « My Baby & Me » ont littéralement retourné l’auditoire…

Chez Boogie Beasts, l’harmoniciste ‘Lord Benardo' (Fabian Benardo) est la figure de proue. Ce n’est pas la première fois qu’il débarque sur le site (Goon Mat & Lord Benardo, Left Lane Cruiser et Italian Job). Il est flanqué de Jan Jaspers, Patrick Louis et Gert Servaes. Boogie Beasts est considéré comme un des meilleurs blues bands belges, voire européens. Frénétique et contemporain, son style tient autant du punk que du boogie. Intitulé « Blues From Jupiter », son dernier long playing est paru en en 2022. Patrick Louis et Jan Jaspers se partagent tour à tour le chant. « How », « Mad », « You Don't Love Me » et « Bring It On » sont devenus des hymnes pour les aficionados du combo qui, concentrés aux premiers rangs, les reprennent en chœur, comme la plupart des morceaux d’ailleurs…

La musique du prodige étasunien Ron Gallo mêle subtilement fuzz, rock psyché et post-punk. Un poil vintage, bien coloré, le tout lorgne résolument vers les années 70. Après avoir drivé Toy Soldiers, Ron a commencé sa carrière solo, en 2014. Le Philadelphien est venu défendre son dernier LP, « Foreground Music », paru en mars dernier. « Please Yourself » (« Heavy Meta », 2017) entame le set, une compo spasmodique, très vintage qui nous replonge dans les seventies. Ron est armé d’une Fender Jaguar d’un rouge rutilant. Il faut reconnaître qu’avec ses sapes rétros, ses lunettes noires, ses paroles sèches et poétiques et sa chevelure afro, le gaillard a la gueule de l’emploi. Il est épaulé par le bassiste Joe Bisirri et le drummer Dylan Sevey. Ron Gallo égrène de petits bijoux rock, garage et punk pur jus US.

Le set s’ouvre par « Please Yourself » (« Heavy Meta », 2017). Parfois, on a l’impression de voir Tyl Segall en action. Le trio embraie par le single, « Entitled Man ». Gallo commence à incarner l'attitude de la nouvelle scène indie rock à Nashville. Pour ceux qui n'ont jamais assisté à un concert de Ron Gallo, il est important de rappeler qu'il est calme, doux et apaisant... jusqu'à ce qu'il ne le soit plus. Ses plaisanteries ponctuent le feu qui brûle dans les interprétations de son répertoire, sur les planches. Les spectacles de Gallo sont marqués par sa capacité à passer d'un chuchotement tranquille à une fièvre furieuse à la guitare en moins de 10 secondes. La foule s'est nourrie de l'énergie maniaque de Gallo et de son groupe. Un instant, la foule écoutait vaguement un gémissement de guitare imprégné de réverbération, l'instant d'après, elle sautait, criait, s'agitait et surfait.

Pas de Leyla McCalla pour votre serviteur. Il décroche. Demain, une autre longue journée l’attend.

Mais Nick Nijfels, notre correspondant néerlandophone était toujours sur place…

Jim Jones s’est déjà produit au Roots & Roses sous la formule Jim Jones Revue, et il revient ce dimanche 30 avril, sous celle de Jim Jones All Stars. Festif, son rock'n’roll à la Jerry Lee Lewis est caractérisé par une forte interaction entre les guitares et les claviers, mais des cuivres lui communiquent une touche soul, dans l’esprit de James Brown. La formation va même nous gratifier d’une reprise du « Everybody's got something to hide except me and my monkey » (Tout le monde a quelque chose à cacher, sauf moi et mon singe) des Beatles. Enthousiaste, le public a même décidé le groupe d’accorder un rappel. (NN)

La première tête d’affiche du R&R, Nick Waterhouse, n’a pas vraiment convaincu. Peu accrocheur, le son vintage hérité des fifties et des sixties aux influences soul, outre celles du rock'n’roll, aurait été bien plus intéressant à écouter dans son salon, un dimanche matin. Il y a bien un contrebassiste au sein du line up qui apporte une certaine originalité visuelle à l’ensemble, mais c’est le single « LA turnaround » qui s’est révélé le morceau le plus efficace… (NN)

Les Datsuns s’étaient produits en concert à l'AB en 2004 et au festival de Dour en 2006. On les avait un peu perdus de vue depuis. Ils jouent toujours du hard rock classique, avec tous les clichés à la Spinal Tap, même si le spectre d’Iron Maiden s'y est glissé. 

Amplis poussés à fond, solos à gogo, jambes écartées et guitares en l'air. Les anciens morceaux des débuts sont toujours les meilleurs, et notamment « Sittin pretty », « Harmonic Generator » et l'inévitable « MF from hell », lors du rappel … (NN)

(Organisation : Centre Culturel René Magritte, Lessines)

Nile On Wax

Nile On waX, le groupe de Catherine Graindorge, sort un nouvel album

"After Heaven" est le quatrième album de Nile On waX, le trio instrumental belge composé de la violoniste Catherine Graindorge, du bassiste David Christophe et du batteur Elie Rabinovitch. Pour rappel, la musicienne belge jouit d'une réputation internationale, comme en témoignent ses collaborations avec Iggy Pop, John Parish, Nick Cave, Hugo Race et bien d'autres.

La musique du trio propose un 'crossover' unique qui oscille entre post-rock, 'ambient', psyché et musique de film. 

Après trois albums ("Nox", "Freaks" et "Bell Dogs") parus sur le label belge dÉPÔT 214, des compositions pour la danse (Charleroi Danse) et le cinéma (Hal Hartley, Karim Ouelhaj), le trio a enregistré ce nouvel album en se laissant inspirer par les improvisations et en privilégiant la première impulsion. Une fois l'album terminé, le groupe s'est attelé à la recherche d'un label à l'étranger et a été ravi de rencontrer l'enthousiasme et l'engagement des Allemands de Tonzonen Records, qui sortiront l'opus le 19 mai.

L'album peut être pré-commandé sur Bandcamp: https://nileonwax.bandcamp.com/

Le 'release showcase' aura lieu à Bruxelles le 25 mai, à l'Ancienne Belgique, à Bruxelles, avec Rodolphe Coster en première partie. Pour réserver, c'est ici

Pour lire la chronique du concert de Catherine Graindorge avec son projet "Songs for the Dead", c'est ici

 

Ancienne Belgique (Bruxelles) : les nouveaux concerts (update 27/04/2023)

Écrit par

ven. 26 mai
Die Toten Hosen + Thees Uhlmann & Band         

mer. 31 mai
Sam Fischer

lun. 13 nov.
Yaeji     

lun. 13 nov.
Goose (us)

lun. 04 déc.
BABYMETAL + WARGASM (UK)  

jeu. 22 févr.
6LACK + Spinall + SadBoi

sam. 20 avr.
Nits

http://www.abconcerts.be

 

Les Nuits Botanique 2023 : dimanche 23 avril

Ce soir, c'est l’ouverture des Nuits Botanique 2023 ! Pour la circonstance, le Botanique et Bozar se sont associés pour présenter deux spectacles exceptionnels, qui se déroulent à Bozar. Avant le trio Merope, Catherine Graindorge a l'honneur de fouler les planches de la salle Henry Le Boeuf.

Cette violoniste et compositrice bruxelloise est active depuis 2012, date à laquelle elle a sorti son premier album solo, “The Secret of Us All”. Depuis lors, elle a multiplié les collaborations en compagnie d’artistes tels que John Parish, Hugo Race, Pascal Humbert et Bertrand Cantat (Detroit), Warren Ellis et Nick Cave (Jeffrey Lee Pierce Project) et, plus récemment l’iconique Iggy Pop pour un Ep baptisé “The Dictator”. Elle a également composé pour le théâtre et le cinéma, décrochant une nomination aux Magritte du Cinéma pour la bande originale du film dramatique, “Chant des Hommes”.

Ce soir, elle propose une création en avant-première, ‘Songs From The Dead’. Au moment où elle prend place au milieu de la scène, entourée de ses violons, de ses multiples pédales d'effets et de son harmonium portable, sa chevelure blonde rayonne et sa tenue, 100% noire, s'accorde à la thématique de son nouveau projet. A ses côtés, on reconnaît Pascal Humbert (16Horsepower, Lilium) à la basse et aux percussions, et Simon Ho aux claviers. Après une introduction musicale empreinte d'une douceur et d'une profondeur toute mystique, une silhouette se détache de l'ombre pour prendre place devant le micro : c'est Simon Huw Jones, le chanteur bien connu du groupe anglais And Also the Trees.

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Fidèle à son style unique, Simon pose sa voix envoûtante, alternant chant et déclamation dans un souffle romantique. Le violon de Catherine Graindorge vient mêler ses volutes sonores, tantôt chatoyantes, tantôt stridentes, à l'expression littéraire du Britannique. Le tout nous plonge au sein d’un univers cinématographique totalement hypnotique. En écho lointain aux envolées d'un Max Richter ou aux harmonies écorchées d'un Warren Ellis, la musique du quatuor voyage hors du temps, dans un espace onirique vibrant.

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Le point de départ de la création de Catherine Graindorge + Guests est un poème intitulé ‘A Dream Record’. Mexico, le 6 septembre 1951. Sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, William Burroughs tue accidentellement sa femme Joan d’un coup de revolver en voulant imiter Guillaume Tell. En 1955, Allen Ginsberg écrit ce poème, dans lequel il raconte un rêve lié à l'événement. Il est à Mexico, Joan Burroughs est assise sur une chaise. Ils discutent et soudain Ginsberg, réalisant que ce n’est qu’un rêve, lui demande : ‘Joan, quelle sorte de savoir a-t-on lorsqu’on est mort ? Peux-tu encore aimer tes connaissances mortelles ? Quel souvenir gardes-tu de nous ?’ Inspirées par ce poème et par le mythe grec d'Orphée et Eurydice, les compositions du quatuor interrogent donc les défunts, ceux qui ont compté dans la vie de la violoniste belge, qu’ils soient intimes ou lointains. Les paroles de Simon Jones évoluent, c'est usuel pour lui, dans un 'stream of consciousness' subtil et solennel, pénétré par la puissance de la nature et l'illumination du moment présent.

Plus tard, deux choristes, Lula et Ilona Rabinovitch, les deux filles de Catherine, rejoignent le quatuor pour prêter leurs voix diaphanes à une composition tout simplement sublime, rythmée par les arpèges du piano, les envolées du violon et la poésie hallucinante de Simon Jones. “Silent Is The Day...”.

A l'issue de ce périple magique, quasi chamanique, on se dit qu'on aimerait pouvoir repartir chez soi avec, en ses mains, la musique de ce moment unique. Bonne nouvelle : le concert a été enregistré et filmé et fera l'objet d'un documentaire. A suivre !

Après une courte pause, le moment est venu de passer au spectacle du trio international Merope, qui a invité le chœur Jauna Muzika, de Vilnius, pour la première mondiale de son nouvel opus, “Salos”. Au milieu de la scène, on découvre la chanteuse lituanienne Indrė Jurgelevičiūtė, flanquée, à sa droite du Français Jean-Christophe Bonnafous à la flûte indienne (bansurî) et, à sa gauche, du Belge Bert Cools, à la guitare, aux claviers et aux effets électroniques. Placé sur la droite de la scène, le chœur Jauna Muzika réunit une quinzaine de chanteuses et de chanteurs, dirigés par Vaclovas Augustinas.

Au fil des premières compositions, on découvre une musique largement centrée sur le chant folklorique lituanien et le “kanklės”, un instrument à cordes pincées traditionnel, joué par Indrė, mais ces éléments sont combinés à des sons tantôt expérimentaux tantôt carrément électroniques.

Le chœur Jauna Muzika apporte à la l’expression sonore une touche majestueuse, inspirée de la musique sacrée. On se sent à nouveau transporté dans un autre monde, tout aussi mystique que celui de Catherine Graindorge. Dans une démarche totalement originale, le trio se saisit de la tradition folk pour la transformer en un laboratoire sonore inspiré par la modernité. On pense parfois à Björk ou à Wardruna et le côté 'ambient' électronique évoque Ben Frost. C'est comme une recherche rétrofuturiste des liens entre l'homme et la nature, au travers d'une méditation musicale pleine de virtuosité et de sensibilité.

Au moment de quitter Bozar après ces deux superbes spectacles, on se dit que les Nuits Botanique commencent de la meilleure façon, dans une aura lumineuse. Venues de Lituanie, les aurores boréales ont gagné nos régions et elles éclairent notre conscience de leur éblouissant éclat...

Merci au Botanique, à Bozar et à Sabam For Culture. Merci à Simon Hugh Jones pour l'interview qu'il nous a accordée avant le concert et qui sera publiée dans votre webzine favori !

Trio Merope + Catherine Graindorge

(Organisation : Botanique et Bozar)

Crédit photos : Axel Tihon (merci à Branchés Culture)

 

And Also The Trees

La création, c'est comme un état méditatif, un moment hors du temps...

Au sein de la rédaction de Musiczine, un groupe fait la quasi-unanimité : And Also The Trees. Fondée en 1979, cette formation issue de la campagne anglaise produit, avec une constance remarquable, une musique inclassable, enracinée dans le post-punk et fertilisée par le folk, l'ambient, le jazz et la musique classique. Un ‘crossover’ singulier, qui fraternise avec Nick Cave, Dead Can Dance et Leonard Cohen tout autant que les Doors, le Velvet Underground et Joy Division.

Le chanteur, Simon Huw Jones, a imposé sa voix envoûtante, qui oscille entre chant et déclamation et elle est animée par un véritable souffle romantique. Ses paroles vont puiser dans un 'stream of consciousness' subtil et solennel, pénétré par la puissance de la nature et l'illumination du moment présent.

Parallèlement à son band, Simon aime s’investir dans des projets en compagnie d'autres artistes. Il partage ainsi celui de November auprès de Bernard Trontin, des Young Gods. Il y a quelques jours, il a débarqué à Bruxelles pour participer au nouveau projet de la violoniste et compositrice belge Catherine Graindorge : ‘Songs For The Dead’. L'avant-première s'est déroulée à Bozar, dans le cadre de la soirée d'ouverture de l’édition 2023 des Nuits Botanique. Musiczine a pu rencontrer le chanteur avant le concert et lui proposer une interview assez inédite, sous la forme d'un ‘Florilège de Citations’. Vu que c'est un homme féru de mots et de littérature, nous lui avons proposé de lire à haute voix ces citations préparées spécialement pour lui. Un objectif ? Que Simon partage avec nous ce qu’elles évoquent en son for intérieur.

Musiczine - Merci pour cette interview ! Je te propose de lire la première citation.

‘The boy walked round the jagged rocks
Caught between ideals and desires
He sinks into oblivion’

(‘Le garçon marchait autour des rochers déchiquetés
Pris entre les idéaux et les désirs
Il sombre dans l'oubli.’)

Simon Huw Jones - Oui, bien sûr, je la reconnais ! Elle figure sur l'une de nos toutes premières chansons, écrite à l'âge de 19 ans. Et les autres membres du groupe étaient encore plus jeunes que moi. En fait, c'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'intéresser à la littérature. Alors que nous travaillions sur nos premières compos dans le Worcestershire, au sein de la chambre de mon frangin, je me creusais les méninges pour trouver des paroles. Alors, je suis allé dans un placard, en haut de l'escalier, et j'ai prélevé un livre, qui appartenait à mon frère aîné. C'était ‘Time Must Have a Stop’ d'Aldous Huxley. La chanson qui est directement inspirée de cet ouvrage s’intitule “There Were No Bounds”. Et cette citation en est également inspirée. J'ai repris au hasard des extraits du bouquin et j'ai comblé les espaces en ajoutant des textes personnels. Je ne sais pas si on peut parler de plagiat... (rires)

M - C'est “So This is Silence”. Il est extrait du premier elpee, “From Under The Hill”, paru en 1982.

SHJ - Oui, en fait, c'était notre première cassette. Elle contient les enregistrements que nous avons réalisés sous la direction de Robert Smith et Mike Hedges, à Londres. Ensuite, nous avons travaillé sous la houlette de Lol Tolhurst pour enregistrer notre premier long playing.

M - L'album éponyme : “And Also The Trees”.

SHJ - Exactement.

M - ‘Éponyme’, quel mot merveilleux !

SHJ - En effet (rires) !

‘Brainwaves transmitted from my mind
Of a magnetic kind
I don't know what to do
If I can't get through to you’

(‘Les ondes cérébrales transmises par mon esprit
Ont quelque chose de magnétique
Je ne saurai pas quoi faire
Si je ne réussis pas à te rejoindre’)

SHJ - Je ne vois pas.

M - C'est “ESP”, des Buzzcocks.

SHJ - Ah oui, maintenant que tu l’indiques, j'entends la chanson dans ma tête !

M - Sais-tu pourquoi je l'ai choisie ?

SHJ - Sans doute parce que, quand Justin, mon frère, a commencé à apprendre à jouer de la guitare, sur une acoustique bon marché, il jouait le riff de ce morceau sur une seule corde (Simon chante la mélodie du riff). Et il reprenait aussi un morceau de Pink Floyd.

M - Oui ! “Interstellar Overdrive” ! Mais j'ai dû choisir “ESP”, car la compo de Pink Floyd est instrumentale...

SHJ - Justin n'avait que 14 ans à ce moment-là.

M - C'est incroyable. Quand on regarde les photos, il a l'air si jeune.

SHJ - C'est ainsi que tout a commencé.

M - Était-ce à Inkberrow ?

SHJ - C'était à Morton Underhill, un hameau sis près d'Inkberrow.

M - Qu’écoutiez-vous d’autre, comme musique ?

SHJ - Nous écoutions ce que mon grand frère ramenait à la maison, surtout des albums des Beatles et des Beach Boys.

M - Te souviens-tu d'un morceau ou d'une chanson en particulier qui a provoqué en toi un flash, une sorte de prise de conscience ?

SHJ - Probablement “A Day In The Life”, des Beatles. J'étais fasciné par cette chanson. Il y a une telle mélancolie, une telle profondeur, et les paroles sont surréalistes et très visuelles. Elle est parfaite pour moi. Je l'adore encore aujourd'hui.

M - En t'écoutant parler, j’imagine que la façon dont tu écris évoque peut-être le style précis et réaliste de la chanson des Beatles. ‘I read the news today oh Boy’. Je discerne un lien avec l'approche 'stream of consciousness' qui est ta signature.

SHJ - Je n'y avais jamais pensé auparavant. Mais ta réflexion ne me surprend pas trop. Car la plupart de nos créations sont influencées, de manière subliminale, par ce qu'on a vu ou entendu, sans que nous nous en rendions compte.

M - En même temps, les Beatles ont quasiment tout inventé dans le domaine de la musique pop, non ? Ils étaient les premiers à écrire des paroles aussi originales.

SHJ - Oui, c'est vrai.

M - Comment trouves-tu l'inspiration pour écrire tes textes ?

SHJ - Autrefois, lorsque j'écrivais, je passais des heures et des heures assis devant une feuille blanche en cherchant le souffle créateur. Et finalement, il se manifestait. J’ignore d'où il venait, mais j'étais très satisfait du résultat. Au point qu'en me relisant, je me demandais si c'était bien moi qui avais rédigé ces mots. En fait, la création, c'est presque comme un état méditatif, un moment hors du temps.

M - C'est le moment où tu es dans les limbes, entre le rêve et la réalité. Ça prend quelques fractions de secondes et puis, tu reviens et il y a quelque chose sur le papier. C'est un peu comme une hypnose, ne crois-tu pas ?

SHJ - Oui, je pense que c'est le cas. C'est impressionnant, comme processus. Parfois, le résultat est moins bon mais à chaque fois, je suis surpris.

M - La prochaine citation est très facile...

‘I tried to laugh about it
Cover it all up with lies
I tried to laugh about it
Hiding the tears in my eyes’

(‘J'ai essayé d'en rire
De tout couvrir tout avec des mensonges
J'ai essayé d'en rire
En cachant les larmes dans mes yeux’)

SHJ - ...because Boys Don't Cry (rires) !

M - Dans le mille ! Parlons un peu de The Cure, ces merveilleuses personnes qui ont été si importantes dans la vie de votre groupe.

SHJ - La première fois que j'ai entendu The Cure, c'était dans la voiture de mon père, et “10:15 Saturday Night” passait à la radio. Le lendemain, j'ai acheté le single et, ensuite, j'ai découvert leur premier album.

M - Et c'est au groupe que vous avez envoyé votre première 'démo'.

SHJ - Oui. Ils avaient publié une annonce car ils cherchaient un band pour assurer leur première partie.

M - Et vous avez joué en supporting act à l'université de Loughborough. Et plus tard, vous avez enregistré la première cassette sous la direction de Robert Smith. J'ai entendu parler d'une anecdote concernant “Charlotte Sometimes”...

SHJ - Oui. Nous étions en studio et Robert nous a permis d’écouter un nouveau morceau de The Cure, “Charlotte Sometimes”, qui était fabuleux. On le félicite évidemment et il nous répond : ‘But it's not as good as any of your stuff of course !” (“Mais ce n'est pas aussi bien que tout ce que vous faites, bien sûr !’) (rires).

M - Crois-tu qu'il parlait sincèrement ou était-ce du second degré ? Perso, je crois qu'il vous aimait vraiment beaucoup, à ce moment-là.

SHJ - Robert était quelqu'un de très modeste. Ce qu'il appréciait surtout chez nous, à cette époque, c'était notre naïveté, notre simplicité et l'originalité de notre musique. Je pense que lorsque nous avons mieux maîtrisé nos instruments et sommes devenus ce que nous sommes aujourd'hui, il nous a appréciés d'une manière différente.

M - Et puis, un jour Siouxsie a débarqué dans le studio...

SHJ - Oh oui ! Un grand moment, car nous étions tous d'énormes fans de Siouxsie, avant même qu'elle n'ait rejoint une maison de disques. Nous connaissions sa musique grâce aux sessions de John Peel. A cet instant, elle n'avait pas encore signé de contrat. Il existait même des badges sur lesquels on pouvait lire ‘Siouxsie, don't sign !’ (rires). Nous ne voulions pas qu'elle intègre le business musical parce que c'était tellement cool qu'elle soit indépendante du système. C'était très 'punk'. Et en effet, un jour, elle a débarqué dans le studio où nous étions.

M - Un véritable choc, je suppose ?

SHJ - Oh oui ! Nous étions bouche bée, comme tétanisés. On ne savait que dire ou faire. Un des plus grands moments de ma vie.

M - On continue...

‘The jasmine grows
In through the walls
Into the fruit room
Its perfume blows...’

(‘Le jasmin pousse
Au travers des murs
Dans la pièce aux fruits
Son parfum souffle…’)

SHJ - C'est “The Fruit Room”...

M - Je ne sais pas qui a écrit ce texte, mais il est magnifique (rires) ! En fait, il s’agit de ma chanson préférée d'And Also The Trees. Extraite de “Green Is The Sea”, mon album favori.

SHJ - A Morton Underhill, nous vivions dans une ancienne ferme et dans la pièce où j'écrivais, et où nous nous retrouvions pour boire, fumer et écouter de la musique, il y avait du jasmin. La plante avait traversé les murs et poussé dans la pièce. C'est dans ce contexte que j'ai écrit ces paroles.

M - C'est incroyable ! Tu sais, cet opus a quelque chose de spécial pour moi tant au niveau musical que dans ma vie personnelle. C'est probablement celui d'AATT dont les arrangements sont les plus audacieux. Sans doute en raison de la présence des claviers.

SHJ - Oui, c'est vrai. Pour être franc, je n'avais plus écouté “Green Is The Sea” depuis longtemps et un jour, il y a peu, je me suis replongé dans l'album. J'ai vraiment été surpris. Je m'étais habitué aux versions dépouillées, que nous interprétions sur scène et j'avais oublié toute la complexité du disque. Il se passe énormément de choses au niveau musical. Une fois ce moment d'étonnement passé, j'ai pris énormément de plaisir à le réécouter.

M - C'est un véritable kaléidoscope musical. En général, j'aime beaucoup les musiques 'crossover', qui combinent toutes sortes de courants, comme le pratiquent Radiohead et Nine Inch Nails. On ne peut pas dire qu'il s'agisse d'un style de musique bien précis.

SHJ - Oui, exactement.

‘Half a gramme for a half-holiday,
A gramme for a weekend,
Two grammes for a trip to the gorgeous East,
Three for a dark eternity on the moon.’

(‘Un demi-gramme pour des demi-vacances,
Un gramme pour un week-end,
Deux grammes pour un voyage dans le magnifique Orient,
Trois pour une sombre éternité sur la lune.’)

SHJ - C'est “Brave New World”, d'Aldous Huxley !

M - Bien vu ! Il y parle d'une drogue, appelée ‘Soma’. Ce qui me permet de poser une question, à laquelle tu n'es pas obligé de répondre : as-tu déjà pris des substances psychédéliques ?

SHJ – Oui.

M - T’ont-elles ouvert des portes comme le dit Aldous Huxley dans ‘The Doors of Perception’ ?

SHJ - Oui. C'est un sujet intéressant. J'y ai beaucoup réfléchi récemment, en écrivant la biographie du groupe pour notre site internet. Je me suis dit qu’il serait bien de consacrer une publication sur les 'substances' et de la traiter de manière honnête et intelligente. Parce qu'il existe évidemment le problème des excès et des dangers inhérents à cette consommation. Mais, il est indéniable qu’elles ouvrent des portes. Elles te permettent de voir les choses différemment.

M - On en parlera 'off the record', après l'interview car le sujet mérite des développements, surtout quand on aborde les substances psychoactives, comme l'ayahuasca. Mais pour revenir à Huxley, sais-tu qu'il s'était inspiré de William Blake ?

SHJ - Ah non !

M - Le concept des portes de la perception vient du livre ‘The Marriage of Heaven and Hell’. Blake y écrit : ‘If the doors of perception were cleansed, everything would appear as it is, infinite...’ (‘Si les portes de la perception étaient nettoyées, toutes les choses apparaîtraient comme elles sont, infinies...’)

SHJ – Wow !

M - Passons à la citation suivante, car elle nous permettra de parler de la Belgique.

‘My death waits there among the leaves
In magicians' mysterious sleeves
Rabbits and dogs and the passing time
My death waits there among the flowers
Where the blackest shadow, blackest shadow cowers
Let's pick lilacs for the passing time...’

(‘Ma mort attend là parmi les feuilles
Dans les manches mystérieuses des magiciens
Les lapins et les chiens et le temps qui passe.
Ma mort attend là parmi les fleurs
Où l'ombre la plus noire, la plus noire, se tapit
Cueillons des lilas pour le temps qui passe…’)

SHJ - Jacques Brel ! C'est à l'origine une chanson de Jacques Brel, “La Mort” ! Et ici, c'est un des rares cas où la reprise en anglais (NDR : “My Death”) est en fait meilleure que la version originale ! J'adore aussi bien celle de Scott Walker que de David Bowie. Elles sont toutes deux absolument brillantes.

M - La traduction a été effectuée par Mort Shuman, un chanteur assez connu en France, en Belgique et en Suisse, surtout grâce à son hit : “Le Lac Majeur”.

SHJ - Non, je ne le connais pas. C'est étrange parce que ma femme est précisément originaire d'une ville qui borde le Lac Majeur.

‘In a bed of leaves
In a bed of lace
In a bed of fire
In a bed of leaves
She's calling me, calling me…’

(‘Dans un lit de feuilles
Dans un lit de dentelle
Dans un lit de feu
Dans un lit de feuilles
Elle m'appelle, m'appelle…’)

SHJ - Facile, c'est “In Bed In Yugoslavia”, extrait de notre dernier album, “The Bone Carver”.

M - Et la dernière citation...

‘So long ago,
It must have been in another life
The trees were gods
And fires could sing until the morning dawned
An eagle, flyin' high to guide our way
The path was bright and led up there into the Sun...’

(‘Il y a si longtemps,
C'était sans doute dans une autre vie
Les arbres étaient des dieux
Et les feux chantaient jusqu'aux aurores.
Un aigle, volant haut pour nous guider
Le chemin était lumineux et nous menait vers le Soleil…’)

SHJ - Je ne vois pas...

M - Tu ne trouveras pas, parce que c'est extrait... d'une de mes propres chansons (rires) !

SHJ - D'accord ! Je me demandais si ce n'était pas une chanson de Pink Floyd...

M - Ah, c'est une très belle référence ! J'achète (rires) !

Simon, bonne chance pour le concert de ce soir et pour tes prochains projets ! Peut-on espérer un prochain album d'AATT ?

SHJ - Oui, nous travaillons sur de nouvelles compositions pour l'instant.

M - J'ai une suggestion pour le titre du prochain album : “Blue Is The Sky”...

SHJ - Nous n'avons pas encore de titre. Mais oui, je vois ce que tu veux dire ! Tu fais référence aux paroles que j'avais écrites tout au début, au moment où nous avons choisi le nom du groupe. J'avais rédigé ce petit poème qui, finalement, n'a pas débouché sur un morceau précis mais a inspiré beaucoup de choses. C'était :

‘Green Is The Sea,
And Also The Trees,
Blue is the Sky,
And Blue were your Eyes...’

(‘Verte est la mer,
Et aussi les arbres,
Bleu est le ciel,
Et bleus étaient tes yeux...')

M - Merci beaucoup pour cette interview, Simon !

SHJ - Merci à toi !

Pour écouter et acheter les albums d'And Also The Trees, c'est ici

Pour écouter l'interview audio dans l'émission WAVES, c'est ici

Pour lire la chronique du concert de Catherine Graindorge + Guests, c'est

Merci à Simon Huw Jones, à Catherine Graindorge, à Bozar et au Botanique.

 

 

 

DMA’s

Des kangourous qui boxeront bientôt sur le ring des grands !

Écrit par

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de DMA’s, c’était au Cirque Royal, en première partie de Kasabian. Il est de retour à l’Ancienne Belgique, mais au club, ce dimanche 23 mai 2023. Fondé en 2012, à Sydney, ce trio est considéré comme la formation la plus anglaise d’Australie. Et pour cause, elle pratique… de la britpop. A son actif, quatre elpees, dont le dernier, "How Many Dreams ?", est paru en mars dernier. Un disque ambitieux partagé entre chansons sur lesquelles s'extasier et d’autres belles à pleurer...

Le supporting act est assuré par Demob Happy, un autre band, mais insulaire. Issu de Newcastle, il s’est cependant établi à Brighton. Quatuor à l’origine, son line up a été réduit à un trio depuis le départ du guitariste Mathew Renforth. Il implique aujourd’hui le bassiste/chanteur Matthew Marcantonio, le drummer Thomas Armstrong et le sixcordiste Adam Godfrey.

Il pratique un power/punk/rock classique mais rebelle et très électrique. A coups de riffs aussi tranchants que déjantés, il a décidé de lutter contre ‘la médiocrité culturelle et la complaisance politique’ qui gangrène son pays. Ses influences musicales oscillent de Nirvana à Queens Of The Stone Age, en passant par Royal Blood et The Melvins.

La prestation va se révéler autant acide, féroce, chargée d’adrénaline qu’audacieuse, surtout à travers « Succubus » (NDR : dans la mythologie, un succubus est un démon qui apparaît dans les rêves, prenant la forme d'une femme pour séduire les hommes ; et le malin est ici incarné par les médias télévisuels qui nous plongent en état de léthargie), un titre au cours duquel le band va donner toute la mesure de son talent…

Le set s’ouvre par "Voodoo Science", le premier single extrait du futur opus. Le batteur imprime un tempo métronomique. Les accords de guitares sont insidieux et sauvageons. Le spectre de Josh Homme se met même déjà à planer.

Les musicos affichent un look retro (pantalons à pattes d’eph) voire glam. Nouveau single, "Run Baby Run" (le clip est disponible ici) se révèle à la fois instinctif, redoutable, huileux et addictif. Un morceau radiophonique qui provoque de l’enthousiasme au sein de la foule. D’autant plus que le son est nickel. Fameuse différence par rapport à celui qu’Inhaler nous a infligé deux jours plus tôt. Si "Hades Baby" nous emporte dans une vague qui déferle à la manière de Nirvana, la voix aérienne et vocodée de Marcantonio lorgne plutôt vers Royal Blood. "Be Your Man" termine un set bien senti, mais trop court. On épinglera, bien sûr, des harmonies vocales ultra pop (NDR : les musicos sont fans des Beatles, non ?), des gimmicks psychédéliques, des relances bien rock, des élans frénétiques punk, un son granuleux plutôt désertique et une distorsion fuzz bien calibrée. A revoir absolument !

Setlist : "Voodoo Science", "Succubus", "Run Baby Run", "Are You Thinking", " Hades, Baby", "Fake Satan", "Less Is More", "Be Your Man"

Ex-The Dirty MA’s, DMA's est à la base, un trio. Soit le chanteur Tommy O’Dell ainsi que Matt Mason et Johnny Took aux guitares. Le premier à l’électrique, le second à la semi-acoustique. Mais en tournée, le combo est renforcé par Joel Flyger à la gratte rythmique, Jonathan Skourletos à la basse et Liam Hoskins aux drums.

Avant que le sextuor ne grimpe sur le podium, les haut-parleurs crachent le « Stupid girl » de Garbage. Les musiciens en profitent pour s’installer sur les planches. La foule les accueille sous un tonnerre d’applaudissements. Le drummer se plante au milieu et en arrière-plan (NDR : la scène n'est pas très grande).

Casquette noire vissée sur le crâne, Tommy possède une voix qui ressemble terriblement à celle de Yungblud, aka Dominic Harrison. Johnny, le blondinet, ne tient pas place. Il porte un même type de couvre-chef, mais de camouflage, et déambule de long en large sur les planches, tout en triturant voire en martyrisant ses cordes. Par intermittence, Joel Flyger, se charge des claviers. Le combo est manifestement en pleine forme. La setlist va nous proposer 6 plages du dernier elpee. Dont le titre maître du long playing, qui ouvre le show. Les autres morceaux sont extraits du reste de sa discographie. L’ensemble des instrus s’éclate dans un mouvement de dance indie (NDR : pensez à Fat Boy Slim ou The Chemical Brothers). Une manière fantastique d’ouvrir les hostilités. "Olympia" navigue sur des guitares saturées assises sous la voix d'O’Dell. Sourire aux lèvres, ce dernier regarde peu le public. Il lui tourne même régulièrement le dos pour fixer le batteur qui imprime un tempo d'enfer.

Sympathique et particulièrement interactif, Johnny quitte rarement sa gratte semi-acoustique. Dont les sonorités s’avèrent savoureusement limpides tout au long de "The Glow". Les chœurs sont riches. Si les influences oscillent de Bruce Springsteen à Bob Dylan, en passant par Sonic Youth, New Order, The Music et Dinosaur Jr, l’ambiance et les orchestrations rappellent surtout les Irlandais de The Academic mais qui auraient hérité du charisme d’Imagine Dragons. Le combo n’en oublie pas son hit, "Hello Girlfriend", un titre qui fait manifestement craquer le public féminin. A la fin du morceau, le second sixcordiste s'y reprend cependant à 7 reprises pour relancer le refrain. Inutile d’écrire que le public est conquis. Non seulement les musicos sont de fameux instrumentistes, mais O’Dell est un excellent chanteur. Et la qualité des compos est au rendez-vous. Bref, des kangourous qui boxeront bientôt sur le ring des grands !

Alors que « Play It Out » s’enfonce dans un psychédélisme réminiscent du Floyd, le light show se focalise sur l’auditoire, accentuant cette impression de voyage sous acide. "Lay Down" achève cette prestation tout en puissance et de toute bonne facture.

Pas d’interruption avant le rappel. La formation s’y colle immédiatement, comme si elle était pressée par le temps.

Stellaire et passionné, "Feels Like 37" est chanté en chœur par les musicos. Tout comme l’exceptionnel "Silver".

Enfin, le remarquable "Everybody's Saying Thursday's The Weekend" clôt définitivement la prestation, un morceau aux paroles significatives ; les lyrics invitant à abandonner ce qui nous pèse pour embrasser l'avenir avec optimisme…

Setlist : "How Many Dreams ?", "Olympia", "The Glow", "Timeless", "Silver", "Something We Are Overcoming", "Tape Deck Sick", "Fading Like A Picture", "Hello Girlfriend", "Forever", "Delete", "Play It Out", "Lay Down".

Rappel : "Blown Away", "Feels Like 37", "Everybody’s Saying Thursday’s The Weekend".

(Organisation : Ancienne Belgique)

FACS

Still life in decay

Écrit par

A l’issue de l’enregistrement de ce « Still life in decay », la bassiste, Alianna Kalaba, a cordialement pris congé du groupe. Elle laisse la place à Jonathan van Herik, membre fondateur, de retour au sein du line up. En espérant que cette ligne de basse fuzzée très caractéristique soit préservée. Car tout au long de « Still life in decay », le cinquième elpee de Facs, c’est elle qui donne la coloration à l’expression sonore.

Découpé en 7 pistes, cet opus s’ouvre par « Constellation ». Fantomatiques, les sonorités de guitare apparaissent puis disparaissent au sein d’un climat angoissant. Ces sonorités oscillent entre le cosmique et la noisy venimeuse sur « When you say ». Et sont dispensées en boucle tout au long de « Slogan », alors que le vocal de Brian Case devient incantatoire.

Légèrement indus et menaçant, s’achevant dans une forme d’ambient, « Class spectre » est imprimé sur un tempo implacable, martial. Une structure que l’on retrouve sur le morceau final « New flag », une plage de 10’ déchirée épisodiquement de stridulations émises par la six cordes. Plus lent et méthodique, le titre maître s’achève également dans l’ambient…

Côté lyrics, Case aborde les thèmes de la démission, du cynisme, de la lutte des classes (NDR : dont le marxisme), la recherche d’identité et la perception d’une société devenue décadente…

En Attendant Ana

Principia

Écrit par

Troisième long playing pour cette formation parisienne au sein de laquelle l’ancien ingénieur du son, Vincent Hivert, est passé à la basse, depuis 2020, remplaçant ainsi Antoine Vaugelade. Et il faut avouer que ses interventions se révèlent particulièrement judicieuses, quelquefois caoutchouteuses, apportant très souvent un contrepoint aux mélodies des compos. 

Tout au long des 11 plages de cet opus, les arrangements sont soignés, parfois subtilement cuivrés. Hormis sur « Same old story » au cours de laquelle ils virent carrément mais élégamment au free jazz. Une piste aux harmonies vocales féminines qui s’entrecroisent en français et en anglais. Un régal ! Alors que « To the crush » adopte le profil d’une valse, « Wonder » est imprimé sur un tempo krautrock enlevé.

On en oublierait presque la voix de Margaux Bouchaudon (NDR : c’est aussi la compositrice) toujours aussi pure, sorte d’hybride entre celle de Laetitia Sadier (Stereolab) et de Verity Susman (Electralane), dont les groupes constituent des références majeures pour En Attendant Ana. Et si les sonorités des guitares sont toujours aussi cristallines, elle se fondent davantage dans un ensemble bien moins shoegaze que sur les albums précédents…

An Eagle In Your Mind

Intersection

Écrit par

« Intersection » constitue le troisième elpee d’An Eagle In Your Mind, un duo lyonnais réunissant Sophia Acchibat et Raoul Canivet. Elle se consacre au chant et à l’harmonium indien. Il se réserve le synthé, les guitares (dont une de marque dreadnought), le banjo, le guembri (instrument de musique à cordes pincées des Gnaouas) ainsi que les percus (berbères, brésiliennes, analogiques et la boîte à rythmes). Les instrus insolites ont été ramenés lors de leurs voyages, effectués notamment en Europe de l’Est et en Afrique du Nord.  

Hypnotique, introspective, presque mystique, la musique d’An Eagle In Your Mind navigue à l’« Intersection » de l’Orient et de l’Occident, soit quelque part entre celles de Dead Can Dance, Natacha Atlas et de Lola Colt, la voix spectrale, éthérée de Sophia accentuant cette impression…

Marquis (de Sade)

Konstanz

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Au cours de sa brève existence, (1977-1981) Marquis de Sade a vécu de nombreuses tensions internes, différents qui ont conduit à la séparation, quatre ans et deux elpees plus tard. Il se reforme en 2017, puis décide de sortir un troisième opus. Mais alors que le projet est bien avancé, Philippe Pascal, le chanteur charismatique, se donne la mort le 12 septembre 2019. Le temps d’encaisser le coup et puis de décider si l’aventure va reprendre ou pas, le groupe recrute le Belge Simon Mahieu pour le suppléer, après avoir fait le tour de quelques invités comme Etienne Daho, feu Dominic Sonic et Christian Dargelos. Finalement, l’album sort en mars 2021. Pour la circonstance, Frank Darcel, le compositeur/guitariste avait accordé une interview à Musiczine (à lire ou à relire ici)

Alors que le nouveau line up semble stable, le bassiste historique du band, Thierry Alexandre commence à souffrir d’une maladie des mains et perd sa dextérité sur les cordes. Or, l’enregistrement du nouvel LP est en cours. Le reptilien et menaçant « Brighter » vient alors d’être mis en boîte. Pour pallier cette nouvelle défection, le combo est obligé de faire appel à plusieurs substituts. Cinq en tout ! Dont l’ex-Marc Seberg, ex-Kas Product, Pierre Corneau, et Jared Mickael Nickerson (The The). Mais la liste des invités ne s’est pas arrêtée en si bon chemin, puisque Vernon Reid (Living Colour) est venu donner un bon coup de six cordes sur « Er Maez », et l’ex-Voidoids Ivan Julian, sur « Listen to the big bang », auquel participe Denis Bortek (Jad Wio) au chant et James Stewart (Sun Ra Arkestra) au saxophone. Et parmi les autres guests préposés à ces instruments à vent, figurent Pierrick Pédron et Daniel Pabœuf. Sans oublier le claviériste Adriano Cominotto et le trompettiste Mac Gollehon. On en oublierait presque la chanteuse Eli Madeiros qui partage un duo avec Simon tout au long de « In the mood for love », un morceau traversé de sonorités de guitare tintinnabulantes. Bref, une vingtaine de musicos ont participé aux sessions d’enregistrement.

De ce long playing, on épinglera encore « Immensité de la jeunesse », piste au refrain contagieux, dont les lyrics évoquent la révolte des femmes en Iran. Et encore « Aux premiers feux », une ballade brumeuse qui réveille les spectres d’un passé qu’on regrette sans doute encore un peu…

Bref, un album qui tient la route, dont le titre se réfère à Constance, une ville allemande sise entre la frontière de l’Autriche et de la Suisse où Balzac, Thomas Mann, Herman Hesse, Peter Handle et quelques autres sont allés chercher l’inspiration pour écrire.

Petit bémol, la voix de Simon (qui chante pourtant aussi bien en anglais, en français, en breton qu’en allemand) ne parvient pas à transcender les morceaux et n’atteint sa plénitude que lors des duos.

Josy & The Pony

Hyponyme deluxe

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C’est Fan(n)y Gillard, présentatrice sur Radio 21, qui va donc remplacer Josette aux vocaux, au sein de Josy & The Pony. Encore que sur l’enlevé « Secte équestre », elles chantent en duo. La moitié des compos qui figurent sur cet « Hyponyme deluxe » sont de nouvelles versions d’anciens titres. Mais il recèle également 4 inédits. Sans quoi, l’esprit n’a pas changé. On y retrouve ces références hippiques, sous forme de jeux de mots, ces sous-entendu lubriques (sur le morceau final, « Barbara Âne – Trot slow II », on entend, en fin de morceau, un mec crier ‘A poil’ ; mais en fait ce serait lié à l’interdiction de balancer cette impertinence lors des concerts, en mettant un terme à l’histoire de « Jean-Roger », le skette-braguette de l’hiver dernier), cette autodérision et cet humour décalé ; et puis ce climat sixties entretenu par la guitare surf et le clavier rogné, réminiscent d’Inspiral Carpets. Sans oublier les références aux femmes qui ont chanté pour Gainsbourg (Bardot, France Gall, etc.) et quelques sonorités électroniques pour rester dans l’air du temps… Une valse quand même (« Jean-Roger – Trot slow ») et puis « Canassonic = Panic » qui nous rappelle les B52’s ; même que la voix masculine emprunte les intonations de Fred Schneider…

Big Brave

Nature morte

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Quand on parle de « Nature morte », on pense immédiatement à des peintures sur huile représentant des éléments inanimés (aliments, gibiers, fruits, fleurs, objets divers...) disposés très souvent dans une intention symbolique. A traves « Nature Morte », le trio montréalais a voulu nous sensibiliser à l’effondrement écologique, aux objets inanimés et à la mort.

La disparition de l’espoir, les conséquences sans fin des traumatismes vécus par les humains ainsi que l’oppression du genre féminin sous toutes ses formes sont évoquées par Robin Wattie tout au long de cet LP.

Les six plages de cet opus ne sont pas faciles à assimiler. D’abord, à cause de la voix de Robin : tour à tour criarde, écorchée, hantée ou comparable à un feulement. Parfois fragile ou délicate, quand même. Et puis l’ambiance y est constamment claustrophobe.

Produit par Seth Manchester (Battles, The Body), le climat anxiogène de « Nature morte » se nourrit de sonorités de guitares volcaniques, dissonantes, grondantes, chargées de larsens ou de drones distordus, du drumming minimaliste, mais aussi parfois de langueurs ténébreuses voire contemplatives. Pas de basse, cependant ! Et le tout est lacéré par les interventions vocales de Robin, dont les inflexions sont quelquefois susceptibles de rappeler celles de Björk. En bref, on ne peut pas dire que l’ambiance est à la joie !

Seul instrumental, « My hope renders me a fool » frôle l’univers de Godspeed You ! Black Emperor, autre band montréalais. Et la première partie de « The fable of subjugation » évoque une prière bouddhiste, avant de virer à la noisy âpre et dramatique…

Outed

Ondes De Gravité

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Originaire de Strasbourg, Outed est un couple sur scène comme à la ville. Il réunit Noémie Chevaux et Fred Tavernier. Ils puisent leur inspiration dans la musique qu’écoutaient leurs parents ; en l’occurrence celles des Shadows, des Rolling Stones, d’Eddy Cochran, d’Elvis Presley, de Barbara, d’Higelin, des opérettes, du classique et des Yéyés.

Découpé en 11 plages, l’opus s’ouvre par « A l’Envers », un morceau de pop sautillante éclairée par des paroles lumineuses : ‘Nos corps nus attirés par la lumière. Bercés par un chant familier. Pour un premier voyage en solitaire. Avec champagne à l’arrivée’. Des kalimbas africains (un genre de piano à pouces) enrichissent la piste dont les textes évoquent un retour aux sources et aux origines de l’humanité sur les terres africaines.

Entre ballades pop, morceaux plus électro ou pop-rock énergiques imaginés pour la scène, l’elpee révèle une approche riche et variée du duo. Enfin, pas tout à fait, car lors des sessions, il a reçu le concours de Franck Bedez à la basse, Cédric Macchi à la batterie, David Linderer aux claviers ainsi que Sébastien Hoog aux guitares et à la réalisation.

Ecrits à 4 mains, les textes conservent le style initié dans le premier album « La Matrice Du Chaos ». Et ils alimentent des chansons à leur image : sincères, libres, en clair-obscur qui reflètent les moments de joie, de névroses, d’amour, de délires de peurs, de colères et d’engagements. Mais qui peuvent soulever des questions existentielles avec légèreté et humour ou se transformer en véritable pamphlets caustiques. Plus sombres, ils enfoncent le clou sur un monde chaotique. Il y a même des poèmes mis en musique. Selon Fred et Noémie, cet LP est également une cellule d’observation en milieu psychiatrique.

Sautillant, caractérisé par sa pop électronique légèrement vintage, « Ephémère » est taillé pour le dancefloor.

« Vie tranquille », c’est le nouveau single qui a précédé la sortie du second long playing.

L’amour est éternel sur « Refaites-Moi » : ‘Faites de moi. Le plus bel Apollon, la nouvelle Aphrodite. Un modèle du genre qui vous excite. Je veux être l’objet de tous vos désirs.’

Et parfois les spectres de Daho, des Innocents, de Gainsbourg voire de Gainsbarre se mettent à rôder…

The New Death Cult

Supernatural

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The New Death Cult n’est pas un nouveau dérivé du patronyme du groupe britannique The Southern Death Cult, ni de (Death) Cult, mais une formation norvégienne responsable de deux albums à ce jour. Et « Supernatural » constitue son second. Ses sources d’inspiration ? A Perfect Circle, Biffy Clyro, Feeder, Queens of The Stone Age et Muse. Bref, essentiellement des formations nées au cours des nineties.

Il y a du groove, de l’énergie, un peu d’emphase, des changements de tempo et surtout des riffs de guitare granuleux, explosifs ou par giclées, parfois à la limite du métal voire du grunge. La voix tout comme les harmonies vocales sont à la fois raffinées et limpides et le sens mélodique soigné. Dommage que plusieurs compos semblent sorties d’un même moule, notamment en seconde partie de l’elpee.

Deerhoof

Actually You Can

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Votre serviteur ne compte plus les albums de Deerhoof chroniqués pour Musiczine. Entre 1994 et 2021, la formation a enregistré la bagatelle de 17 long playings. Et, alors que « Actually You Can » est soumis à la chronique, « Devil Kids » est paru en décembre 2021 et « Miracle-Level », en mars 2023.

Comme d’habitude, explorer l’œuvre de Deerhof, c’est plonger dans une sorte de chaos sonique au sein duquel des mélodies inventives et improbables éclosent. La voix si particulière de Satomi Matsuzaki confère une dimension unique au noise rock expérimental du groupe californien (NDR : il est issu de San Francisco). Les plages de cet LP oscillent entre morceaux quasi-pop (« Scarcity is Manufactured ») et dissonances assumées (« Epic Love Poem »). Le tout est enrobé de non-sens et de critique acerbe du capitalisme.

S’agit-il du meilleur ou le moins bon album du quatuor ? Difficile à dire ; mais finalement la réponse à cette question n’est pas très importante, puisque Deerhoof a fait du Deerhoof pur jus. De quoi ravir les aficionados du band américain…

Inhaler

Dommage que l’ingé-son ne soit pas à la hauteur…

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Inhaler se produisait donc deux jours de suite à l’AB, soit les 21 et 22 avril. Votre serviteur assiste au set du vendredi. Son second elpee, « Cuts & Bruises », est paru en février dernier et dans la foulée, le groupe est parti en tournée.

Originaire de Dublin, ce quatuor réunit des membres qui se connaissent depuis 2012, soit lorsqu’ils fréquentaient le collège. Le line up réunit le chanteur/guitariste Elijah Hewson (c’est le fils du chanteur de U2, Bono), le bassiste Robert Keating, le guitariste Josh Jenkinson et le batteur Ryan McMahon. Sur la route, le combo est soutenu par le claviériste Louis Lambert.

Le supporting act est assuré par Blondes, une jeune formation indie issue de Nottingham. A son actif, plusieurs singles, dont « Coming Of Age », devenu viral sur Tik Tok et trois Eps, « Minimum Wage », « Streetfight » et « Out The Neighbourhood ». Le band implique deux guitaristes, un bassiste, un batteur et un chanteur qui se consacre parfois à la six cordes. Et sous cette formule, le résultat est plutôt percutant.

Le set débute s’ouvre par « Street Fight ». Plutôt calme, le morceau est canalisé par la gratte semi-acoustique. Nouvelle compo, « Love In The Afternoon » baigne dans une forme d’indie rock plutôt énergique mais bien radiophonique. La voix s’élève dans l’éther tout au long de « Out The Neighbourhood », une compo au cours de laquelle les guitares s’emballent. Et la prestation, chaudement acclamée, de s’achever par « Basement » …

Setlist : « Street Fight », « Minimum Wage », « Coming Of Age », « Love In The Afternoon », « Out The Neighbourhood », « The Basement » 

Place ensuite à Inhaler. La scénographie est simple : une toile de fond noire sur laquelle le mot ‘Inhaler’ a été peint en blanc. Il changera de couleur en fonction de l’éclairage. Une estrade haute à gauche, pour accueillir le claviériste, et une autre à droite, sur laquelle sera perché le drummer. La face avant de sa grosse caisse se signale également par le logotype du band. Et puis sur les planches, on remarque encore la présence de quelques microphones sur pied. C’est tout !

Pendant que la formation grimpe sur le podium, une musique de film est diffusée dans les haut-parleurs, alors que le light show, entre lumières rouges et stroboscopes blancs aveuglent l’auditoire. Le groupe irlandais ouvre le set par son hymne optimiste à l'esprit libre, « These Are The Days ». Caractérisé par son clavier très eighties et cette petite ligne de guitare répétitive, cette compo évoque The Killers. Impassibles, les 3 gratteurs sont en ligne et ne quitteront quasi-jamais leur zone de confort. Les musicos ont des cheveux en désordre et ont enfilé des chemises à col déboutonné et des jeans.

La voix d’Elijah rappelle celle de son paternel. Elle est à la fois puissante, un brin nasillarde et claire. Et particulièrement tout au long du single, « My Honest Face ». Au sein des premiers rangs (NDR : c’est surtout là que l’ambiance est la plus enflammée), on comprend peut-être les paroles, mais plus on se rapproche de la table de mixage, au moins on les décode. En fait, le volume sonore est trop élevé et les balances ne sont pas vraiment au point.  

Le public est multigénérationnel. Et s'il n'y avait pas les centaines de téléphones brandis par les aficionados (surtout de nombreuses jeunes filles dans la fosse), essayant de capturer plusieurs moments du concert pour les poster sur les réseaux sociaux, on pourrait croire assister au concert d’un un jeune groupe de garage rock qui débute.

En milieu de show, étonné, le public observe le bassiste Robert Keating et le guitariste Josh Jenkinson se diriger vers le batteur Ryan McMahon et échanger avec désinvolture quelques mots au milieu de certains morceaux. Une nonchalante accentuée par les intermèdes continuels affichés par Hewson.

L’entrée en matière de la basse en slap/tap de « Who's Your Money On ? (Plastic House) » est parfaitement en phase avec le drumming. Une section rythmique qui évolue à la limite du funk.

Les guitares ont tout le loisir de s’exprimer, au travers de riffs et mêmes de solos entrelacés, rappelant par moment les heures de gloire de Bloc Party, à l’instar de « Cheer Up Baby » ou encore « My Honest Face », qui adresse de solides clins d’œil à Editors. Un morceau comme « Totally » penche même vers le rock sensuel d’INXS alors que tout au long de « Dublin in ecstasy », le travail des cordes se fond dans les synthés à coloration eighties.   

« Just to Keep You Satisfied » flotte sur un thérémine au son étrange et envoûtant. Des sonorités de sixcordes distordues éclosent à mi-parcours dans l’esprit du « Stupid Girl » de Garbage. « Love Will Get You There » aurait pu naître de la rencontre entre The Cure et Billy Joel, notamment lors du refrain, la ligne de basse mélodique se chargeant d’arrimer la chanson. Britpop, « Valentine » se distingue par ses guitares entraînantes et carillonnantes, comme Johnny Marr à la belle époque des Smiths, son rythme de batterie direct et quelques notes de synthé qui s’insinuent furtivement.

Dommage que l’ingé-son n’était pas à la hauteur…

Setlist : « These Are The Days », « My Honest Face », « Totally », « Dublin In Ecstasy », « The Things I Do », « When It Breaks », « My King Will Be Kind », « Now You Got Me », « Just To Keep You Satisfied », « Who's Your Money On ? (Plastic House) », « Valentine », « Love Will Get You There », « Cheer Up Baby ».

Rappel : « If You're Gonna Break My Heart », « It Won't Always Be Like This ».

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

Greenhousetalent : les nouveaux concerts (update 19/04/2023)

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ME 03.04.2024 Hans Zimmer Palais 12, Bruxelles
Les billets sont en vente à partir du vendredi 21 avril à 10h

SA 13.04.2024 The Musical Box Le Forum, Liège
Les billets sont en vente à partir du vendredi 21 avril à 10h

DI 14.04.2024 The Musical Box Cirque Royal, Bruxelles
Les billets sont en vente à partir du vendredi 21 avril à 10h

http://www.greenhousetalent.be

 

Telex

Telex sort un nouveau coffret de 6 vinyles avec Mute Records et [PIAS]

Telex, le légendaire trio belge de synthpop, composé de Marc Moulin (1942-2008), Dan Lacksman et Michel Moers, a été lancé à Bruxelles en 1978. En pionniers de la synthpop, les trois Belges ont a fait entrer la pop électronique dans le “mainstream”.

Au cours de sa carrière, le trio a sorti six albums : 'Looking for Saint-Tropez' (1979), 'Neurovision' (1980), 'Sex' (1981), 'Wonderful World' (1984), 'Looney Tunes' (1988) et 'How Do You Dance' (2006). Aujourd'hui, ces albums sont réédités par Mute Records dans un coffret vinyle de 6 pièces, doublé d'un coffret de 6 CD en version numérique. Les morceaux ont été remixés et remastérisés, ce qui fait du coffret un objet de collection unique pour les fans et... les autres!

Musiczine a assisté à la présentation officielle du coffret, qui se tenait chez [PIAS], à Bruxelles, en présence de Dan Lacksman, Michel Moers et Daniel Miller, le fondateur de Mute Records. Un compte-rendu complet vous sera proposé sous peu dans les colonnes de votre webzine favori!

Pour écouter et commander le coffret, c'est ici.

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