De la confiture de morue pour Jesus & Mary Chain…

The Jesus and Mary Chain publiera un tout nouvel album le 8 mars 2024. Il s’intitulera « Glasgow Eyes ». Glasgow Eyes a été enregistré au studio Castle of Doom de Mogwai à Glasgow, où Jim et William ont poursuivi le processus créatif du précédent elpee,…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26267 Items)

Guillaume Léglise

Le roman personnel de Guillaume Léglise

Écrit par

Producteur, réalisateur, mixeur, remixeur, multi-instrumentiste (au sein du groupe Vox Low), compositeur pour le théâtre (Philippe Calvario, Nicolas Kerszenbaum, Pauline Ribat) ou la danse contemporaine (Marjory Duprès, Aude Lachaise), Guillaume Léglise se réinvente au gré de ses multiples collaborations.

Son premier véritable album « Auto Fictions » est paru ce 14 mars 2023. Sur scène, Guillaume est accompagné, depuis deux ans, à la basse et aux chœurs, par Clémence Lasme qu’on a pu notamment voir sur scène accompagnant Pomme, Moodoïd... Seul maître à bord de son studio de Belleville, il compose une galerie de portraits, qu’il dévoile peu à peu en Eps aussi sensuels que conceptuels, mariant la musique de club aux mélodies limpides des dandys pop français (Serge Gainsbourg, Alain Chamfort, Philippe Chany), le français lettré à l’ivresse du noctambule, la poésie décadente à la langueur d’une after.

Après un Ep qui convoquait d’éphémères rencontres amoureuses dans la torpeur urbaine des eighties, puis « Riviera », un Ep estival, distillant une moite langueur synthétique, comme une idylle entre New Order et Metronomy, Guillaume Léglise annonce ses « Auto Fictions », un premier opus accompagné d’un road movie de six vidéos à découvrir sur Youtube, clips qui bénéficient de la participation, comme invités, de Cléa Vincent et Lisa Li Lund.

Pur regarder et écouter le clip de « L.O.V », c’est

 

 

Sugar Wizard

L’esprit à la dérive de Sugar Wizard

Écrit par

Pénétrer l’univers de Sugar Wizard, c’est s’inscrire au Fight Club avec Freud. Après s’être fait maîtriser, on passe en mode psychanalyse. On réfléchit, impuissant, encore marqué par notre passé d’adolescent. Ah qu’est-ce qu’on a aimé ! Le rock qui tache des années 90, le ‘plane’ des 70s ou encore la folie des clubs. S’il reste un peu d’énergie, on peut se lever, hisser les poings et frapper à son tour, fort, sur cet adversaire qui n’est autre que nous-même.

Loin des bancs de l’école, Victorien, Philippe, Aymeric et Kévin se sont rencontrés, à Lyon, en 2019, et ils ont chacun enregistré un lourd bagage dans la soute de Sugar Wizard !

Un bagage musical bien sûr, mais surtout un bagage émotionnel. Leurs philosophies se confrontent, leurs expériences et leur ego sont mis à rude épreuve ; ils s’analysent et se complètent sans se comprendre entièrement, mais c’est justement dans cette atmosphère de mystère que la magie opère. Alors que les esprits s’ouvrent, la brume se dissipe et laisse entrevoir la perspective du tableau : une musique lunaire et mélancolique qui ne manque pas d’énergie.

Aujourd’hui, Sugar Wizard puise dans son identité naissante pour nourrir le projet et le porter plus loin. Son premier Ep, « Drifting mind », est paru ce 17 mars 2023. Et la formation n’a qu’une envie : aller à la rencontre de son public. Bouclez vos valises, prêts pour le décollage !

Le clip de « Practicing Magic Away From Home » est disponible

 

 

Annabel Lee

Les vagues d’Annabel Lee…

Écrit par

‘Quand on est en ville, coincé·e dans le quotidien, on aimerait parfois pouvoir prendre l’air et trouver un paysage qui fait écho à notre météo intérieure. « By the sea » c’est cette fuite vers une mer déchaînée, sous la pluie où on peut crier et extérioriser toute notre frustration. Comme un remède…’

« DRIFT », le second elpee d’Annabel Lee paraît ce 24 mars 2023. Issu de cet opus, le clip de « By the Sea » est à voir et écouter ici

 

Oberbaum

La félicité d’Oberbaum…

Écrit par

« The Absence of Misery », c’est le titre du premier elpee de la chanteuse bruxelloise Lucie Rezsöhazy, tête pensante du projet Oberbaum et déjà aperçue dans d'autres projets comme Fabiola, Condore ou Les Juliens.

Oberbaum n’est donc pas qu’un pont mythique de Berlin, où elle a vécu de nombreuses années. C’est aussi et surtout une pop indé joyeusement mélancolique, dans laquelle ses influences sont élégamment distillées : Andy Shauf, Julia Jacklin, et surtout des artistes issus des nineties comme Sparklehorse et Cardigans.

Ses chansons indie pop ont toutes une sonorité et une atmosphère douce-amère à l'instar des 2 premiers titres "We Yearn" et "Sibling Dry" qui avaient été envoyés en éclaireurs.

Formée au classique et au jazz et biberonnée au rock-pop des nineties, Lucie sort de sa chambre d’adulescente et propose, à l'image de ses titres, un live bittersweet à l'aide du trio qu'elle forme avec Aurélien Auchain (Mountain Bike, June Moan) à la basse et Antoine Pasqualini (Monolithe Noir) à la batterie.

Le clip de « We Yearn » est à découvrir

 

Sura

Sura prend son envol…

Écrit par

Fondatrice du groupe Las Lloronas en compagnie duquel elle tourne avec succès depuis quelques années, Sura est l'échappée belle de Rachel Solomon, Bruxelloise de 31 ans aux origines aussi métissées que ses influences musicales.

Son projet solo devient littéralement le ‘dépotoir créatif’ de la chanteuse qui trouve en cet exercice solitaire une légèreté, une liberté dans l'écriture, une indépendance dans la création. Sura est prolifique, boulimique, antinomique parfois aussi dans ce qu'elle produit.

Après un premier single intitulé « Roar » comme son premier opus, elle est récemment revenue avec un deuxième clip pour le titre « Fly », nouvelle caresse auditive folk !

« Roar » comme ce cri bestial intérieur que la chanteuse se fredonnait telle une berceuse pour accompagner la douleur autant qu'accueillir la difficile décision de ne finalement pas donner la vie.

Sura fait le choix de la connexion à son propre corps pour donner naissance à ses chansons, à son projet, à sa création. Les 21 morceaux de son elpee ont été enregistrés en deux jours. Dans le désir d'y ressentir de l'urgence. Dans le besoin de véhiculer de la beauté. Du doux. Du fort. Du fragile. Mais aussi de l'imparfait. Du sublime bordel né dans l'instant.

À l'instar d'un groupe comme Mutual Benefit, son album est rempli de bruits de vent, de mer, d'oiseaux. De l'intime à tous les étages. Des caresses auditives pour panser les plaies et pour illuminer le quotidien de poésie.

Le clip de « Fly » est à découvrir ici

 

Louis Arlette

La poésie contemporaine de Louis Arlette…

Écrit par

Louis Arlette est de retour en publiant l’Ep « Sacrilèges », qui adapte cinq des plus beaux poèmes de la langue française en ne s'interdisant aucune expérimentation.

Sur ce disque, ‘La Ballade des Pendus’ de François Villon, le spleen de Baudelaire, le romantisme de Gérard de Nerval, la mélancolie de Ronsard et la ‘Tristesse’ de Musset sont transfigurés, rendus méconnaissables par le traitement musical que Louis Arlette leur a imaginé.

Sur cet essai enregistré et mixé dans son propre studio, Louis Arlette approfondit deux qualités que l'on retrouve sur chacun de ses trois albums : l'amour de la littérature française, et des goûts musicaux anglo-saxons qui le conduisent aux confins des univers de David Bowie, The Cure, Joy Division ou encore Nine Inch Nails.

‘De l’envie irrésistible de composer et de la spontanéité qu’offrent parfois les réseaux sociaux est né ce concept « Sacrilège. Je prends un poème que j’adore. Je le déshonore ! Plusieurs mois plus tard, passés seul dans mon studio, dans un curieux mélange de livres, de posts Instagram, d’instruments acoustiques et de synthétiseurs, « Sacrilèges » était né ». Et je n’en ai pas terminé...’

L’écoute de cet Ep nous permet de découvrir la puissance des mots, et laisse imaginer que nos poètes étaient eux-mêmes des rockstars avant l'heure.

Magnifiés par les instrumentaux pop, rock et électro confectionnés par Louis Arlette, les poèmes de Ronsard, Beaudelaire, Villon, Musset et Nerval retrouvent leur lustre et leur magie…

Pour découvrir le clip d'« A son âme » (Ronsard), c’est ici

 

Bipolar Club

Le vertige de Bipolar Club

Écrit par

A la fois rugueux et doux, Bipolar Club est le nouveau groupe de rock qui va vous emporter dans un puissant voyage sonore.

Les compos de la formation sont à l’image des réflexions de ses musicos. Pleines d’espoir mais aussi d’angoisse, elles traduisent le paradoxe d’un monde qui change, tiraillé entre un désir de progrès constant, trop rapide, et l’envie d’une époque plus simple, plus humaine, qui semble révolue. Bipolar Club est le reflet de cette génération : tournée vers l’avant mais pleine de nostalgie envers le passé.

Bipolar Club c’est la dichotomie, l’opposition mais aussi la porte ouverte à deux énergies : plus enragé ou plus mélancolique ; à deux univers : l’un sombre, l’autre lumineux ; mais aussi à deux langues : le français et l’anglais.

C’est l’essence même du groupe : laisser la place au choix. Le plus important étant l’esthétisme final et la recherche de profondeur.

Ce nouveau projet prend forme en pleine crise, tout en entretenant l’espoir, pour les quatre musiciens, de renouer avec le public et la scène malgré une ambiance sociétale moribonde.

La musique de Bipolar Club est donc résolument rock et propose un son abrasif, dense et puissant, donc taillé pour la scène.

Le deuxième Ep du groupe, « Vertigo » est paru début mars.

Le clip d’« Océan » est disponible

 

Teenage Bed

Teenage Bed nous mène en bateau…

Écrit par

Teenage Bed est un chaman du Do It Yourself nouvelle génération.

De la réalisation de ces morceaux à celles de ces clips, il démontre un art du bricolage certain qui vient définir les contours d’un projet forcément à part. Le Lorientais a notamment fait ses armes du côté de Philadelphie où il a squatté le canapé de Shelf Life et mangé un burger avec Alex G pour mieux s’imprégner de cette scène lo-fi est-américaine qui le fascine tant (The Microphones, Attic Abasement, Coma cinema, ...)

C’est à la suite de cette aventure qu’il sort l’album collaboratif enregistré sur place, « Shelf Life x Teenage Bed » en 2019. Porté par un recueil de chansons déjà fourni, il s'accompagne sur scène d'un lecteur k7 pour bricoler une musique enveloppante et impactante.

Des prestations à l'énergie presque grunge entre humour et introspection, qui mettent en valeur une voix et une qualité d’écriture bien à lui. « Grand Val », son premier album, est un bijou de songwriting et paraîtra le 7 avril 2023.

« Big Sur / Pop Urbaine » est à voir et écouter ici

Dead Chic

Dead Chic

Écrit par

Dead Chic, c'est avant tout le nouveau projet de l'audacieux guitariste jurassien Damien Félix (ex-Catfish & Bigger) et du charismatique anglais Andy Balcon (Heymoonshaker). Des artistes confirmés qui, à eux deux, ont parcouru des milliers de kilomètres et foulé les plus grosses scènes d'Europe (Les Eurockéennes) et du monde entier (Glastonbury).

Une rencontre providentielle, renforcée par l’arrivée de Rémi Ferbus à la batterie (Kimberose, Mélissa Laveaux, ...) et de Mathis Akengin aux claviers (ex-Catfish, EMÉA, ...) qui donne naissance, en 2020, à un projet original aux sonorités heavy soul et rock.

Le 1er single/clip de la formation, « Too Far Gone », paraît en janvier 2022. Suivi d’un 1er Ep, « Bastion Session », publié en mai de la même année. Il recèle 3 titres enregistrés ‘live’ lors de sa toute 1ère résidence au Bastion à Besançon et de la version studio du single, « Too Far Gone ».

Le quatuor est de retour et nous propose son 1er Ep studio baptisé « The Venus Ballroom ». Un disque réunissant cinq titres et un interlude enregistrés au mythique Black Box Studio, sous la houlette de Peter Deimel (Anna Calvi, The Kills, The Last Shadow Puppets, ...). Le tout enregistré en 4 jours sur bande afin de retranscrire le plus fidèlement possible la puissance live du groupe…

Un univers à la fois poétique et racé : la voix rocailleuse et déchirante d’Andy (tel un prêcheur animé de tout son être sur scène), portée par les riffs gorgés de reverb de Damien, les subtils jeux de clavier de Mathis et la frappe énergique de Rémi.

Le clip de « Too Far Gone » est à voir et écouter

Jérôme Castel

Jérôme Castel s’inquiète du continent de plastique…

Écrit par

« Doggerland » est le disque d’un homme de 53 ans, dont le parcours musical est protéiforme. Ancien DJ d’électro minimale, guitariste ou bassiste pour d’autres projets (Nesles, Bertrand Louis, Fredda…), aujourd’hui créateur sonore pour le théâtre, Jérome Castel n’a jamais cessé́ d’écrire des chansons et de les chanter.

Initié juste après la sortie de « La chaleur animale », précédent elpee au goût d’inachevé, « Doggerland » a été enregistré live en quatre jours, au mois de décembre 2019. Puis les overdubs et enregistrements des voix s’étalent sur plus d’un an, se glissant entre les confinements successifs.

C’est donc un disque réalisé durant une période inquiète, qui sort dans une période à l’inquiétude renouvelée. Cette appréhension se retrouve dans plusieurs titres de l’album : disparition du vivant, surconsommation, catastrophes naturelles. Ces sujets graves sont approchés de manière sereine, trouvant un certain apaisement dans la lumière de l’autre, dans la confiance envers le vivant, et contrebalancé par un désir qui nous sauve.

Si toutes les chansons ont été écrites par Jérôme, elles ont pris leur forme définitive grâce à Nicolas Puaux (à la basse, au clavier et aux chœurs) et à Benoit Prisset (à la batterie et aux chœurs). Ces deux musiciens l’accompagnent depuis 8 ans et ils ont ensemble bâti et sculpté le son de ce disque, explorant les possibilités de ce trio et mettant l’électricité et la guitare au cœur du processus, avec beaucoup d’intensité et de puissance.

La couleur est sans conteste rock. Un rock très influencé par les années 90. Pas le grunge ni la britpop, mais plutôt le rock indé américain, de Swell à Pavement et Low, en passant par Thurston Moore et les Pixies. Cette musique qu’il a beaucoup écoutée à l’époque, qui a beaucoup comptée et compte encore pour lui.

Mais ce n’est pas du rock français, C’est plutôt des chansons soniques : un alliage, une alliance, entre la langue d’ici et l’électricité. Une écriture léchée, sans effets, chantée, parfois parlée mais jamais criée, portée par l’élégance du trio basse - batterie - guitare électrique.

La pochette du disque, réalisée par Christophe Lavergne, est une photo de Samuel Bollendorff, tirée de la série ‘Contaminations’. Sous cette mer calme, sous ce soleil dont on ne sait si la brume le recouvre ou s’en dégage, s’étend un continent de plastique, ou plutôt une soupe de microplastiques chargées d’adjuvants, de PCB et de toxiques persistants, un écosystème à part entière qu’on appelle la platisphère.

La photo est belle mais ce que nous regardons est contaminé pour des siècles.

La vidéo de « Comme un papillon » est disponible

 

Elmer Food Beat

Les potes bruyants d’Elmer Food Beat

Écrit par

Qui n’a pas été ébaubi par ce parcours hors norme qu’a vécu son premier elpee, le malicieusement intitulé « 30 cm » ? Il a affolé les compteurs, collectionné les certifications d’or et de platine pour atteindre le score stratosphérique de 650 000 albums vendus en remportant, cerise sur le déjà fort copieux gâteau, la Victoire de la Musique du groupe de l’année en 1991 ; coiffant sur le poteau rien moins que La Mano Negra et Niagara (excusez du peu !).

Dans une France morose, plombée par les années SIDA, un taux de chômage record et le spectre de la guerre en Irak, qu’il était bon d’entonner à tue-tête ‘Daniela » (la, la, la, la, la, la, laaa)’, « Le plastique c’est fantastique » ou « La caissière de chez Leclerc ».

Puis après une tournée américaine et un concert au mythique CBGB de New York, les Augustes tirent leur révérence en 1993, emportant avec eux un peu de notre légèreté potache d’adolescent pubère.

C’est sûr le Monde s’annonçait moins drôle…

En 2006, c’est un retour improbable et l’occasion de vérifier que Manou, le chanteur, reste le meilleur joueur d’épuisette de ce pays, que les salles sont toujours pleines et que les spectateurs affichent le même sourire partout.

Pourtant derrière ce parcours impeccable reste une blessure secrète, pas grand-chose en soi, à peine une égratignure : Elmer Food Beat ne serait que des amuseurs un peu paillards et légers, le tout dit avec la condescendance de celui qui se pâme devant la perspective d’un marathon ‘anthologie du cinéma d’auteur islandais de 1960 à 1967’ à la Cinémathèque de Saumur.

Pourtant, qu’il est difficile de faire rire sérieusement !

Et qu’il est encore plus difficile de faire rire tout en sensibilisant le monde sur les problèmes de société.

Car enfin, qui crée l’association Les Rockeurs ont du cœur ? Idée géniale, qui voit échanger des places de concerts par des jouets, offerts ensuite aux enfants défavorisés.

Qui modifie son iconique « Plastique c’est fantastique » (déjà utilisé à l’époque par le Ministère de la Santé pour promouvoir le port du préservatif) en « Plastique c’est dramatique » pour soutenir l’association « Sea Cleaners » et le projet Manta pour dépolluer les océans ?

On pourrait encore citer le consentement dans « Quand la dame » (dit non, c’est non) et le titre du nouvel LP, objet de ce panégyrique mérité : « Le Bruit des Potes ».

Car là encore, l’époque ne porte pas vraiment à la franche poilade et si les marchands de canons se frottent les mains, ils sont bien les seuls… alors au ‘bruit des bottes’ cher à Max Frisch ou Jean Ferrat, il n’est pas inutile de rappeler cet antidote à la sinistrose : « Le bruit des potes » avec qui partager les rires et le pain.

Et quitte à embarquer, nous préférons sincèrement, au ‘radeau de la Méduse’ vers lequel nous poussent nos élites bienveillantes (tout en s’aménageant, elles, des canots de sauvetage cinq étoiles ; l’histoire est tragiquement édifiante) celui d’Elmer ; ce ‘radeau de la méduse (la tatane)’ où l’on refait un Monde meilleur dans le respect des autres…

Issu de ce futur (?) elpee, « No future », est à voir et écouter ici ; un clip qui a bénéficié du concours de Romain Colucci.

Et redécouvrez cet univers déjanté en regardant la session ‘live’ de « Daniela »,

 

Hermetic Delight

Attaché à Hermetic Delight

Écrit par

En un peu plus de dix ans d’existence, Hermetic Delight a déjà vécu plusieurs vies musicales. Au fil de ses sorties (trois Eps et un premier elpee paru en 2020) et de ses explorations, la formation strasbourgeoise a peu à peu enrichi sa signature sonore aux accents post-punk, d’élans pop et de musiques avant-gardistes.

Le groupe est né autour de Zeynep Kaya, chanteuse issue des milieux punks et féministes d’Ankara, venue en France pour poursuivre dans le lyrique, le jazz et les musiques improvisées, de Delphine Padilla, batteuse et performeuse immergée dans le milieu de la danse et d'Atef Aouadhi, musicien autodidacte qui s’est également illustré comme bassiste au sein du groupe Crocodiles.

Hermetic Delight s’attelle en 2019 à la composition de « F.A. Cult », un premier opus chanté en trois langues (français, turc et anglais) qui sortira l’année suivante, et verra le trio s’entourer d’artistes tels que l’américain Charles Rowell du groupe Crocodiles ou de la britannique Anna Calvi. 

Salué par la critique (Rolling Stone, Rock & Folk, Magic, etc.), ce long-format permet enfin au groupe de livrer le fruit de ses recherches sonores et d’ouvrir son spectre musical, quelque part entre rythme hypnotique et mélodie entêtante, une certaine pop déviante.

Trois ans après son premier long playing paru chez les Strasbourgeois d'October Tone, Hermetic Delight, signe son retour en publiant un nouveau single et un nouveau clip : « Tied Up » (à découvrir ).

Cette compo donne le ton : il est urgent, léger, immédiat et lumineux, décrivant une relation entre deux personnes qui n'ont pas vraiment le temps de quoi que ce soit. Une histoire d'amour qui se déroule après le bip.

Delphine Padilla est la protagoniste de ce clip en huis clos, suspendue au téléphone. Mais Zeynep et Atef apparaissent, transformés en diverses créatures, grâce au trait animé de la dessinatrice Saba Niknam qui complète la vidéo réalisée par Malu França & Corentin Denos.

Les paroles de « Tied Up » décrivent la façon dont nous courons après nos vies, et évoquent cette période d'urgence marquée par une certaine difficulté de se réunir. C’était notamment le cas entre les membres du groupe pendant l'écriture du titre, puisque tout le monde a contribué à distance et certaines voix ont été enregistrées par téléphone.

Le morceau décrit également une forme paradoxale du parfait amour, vécu par deux personnes qui n'ont pas le temps de se manquer. Ce contexte d'urgence se traduit directement dans le son du morceau, caractérisé par sa ligne de basse et ses parties de guitares terriblement frénétiques.

 

Eaves Wilder

Eaves Wilder fait l’école buissonnière…

Écrit par

La Londonienne Eaves Wilder annonce la sortie de son premier Ep, « Hookey ». À cette occasion, elle nous invite à découvrir le troisième single extrait du disque, « Are You Diagnosed ? »

Enregistrant, produisant et sortant sa propre musique depuis l'âge de 16 ans, Eaves Wilder et ses textes honnêtes et francs ont suscité de nombreux éloges de la part des médias britanniques, comme le NME ou encore The Sunday Times, Clash, DIY, Dork ou The Line of Best Fit, faisant d'elle l'un des nouveaux talents alternatifs les plus excitants du moment au Royaume-Uni.

Signant sur Secretly Canadian en 2021 –signature qu'elle a attendue jusqu'à avoir ses 18 ans, car elle pensait que ce ne serait pas cool que sa mère signe son contrat d'enregistrement pour elle– Eaves a maintenant troqué sa chambre pour le studio, coproduisant cet Ep en compagnie d’Andy Savors (Arctic Monkeys / Black Country, New Road / Rina Sawayama).

Sur « Are You Diagnosed ? » l’artiste raconte son expérience du service de santé mentale britannique, le CAMHS. Elle explique la nécessité de jouer avec le système afin d'obtenir l'aide dont elle avait besoin. Ce titre est un décryptage ironique et une déromantisation délibérée de la maladie mentale.

Le clip de « I Stole Your Jumper » est à découvrir ici

 

Moonkiddo

Moonkiddo sur un fil d’argent

Écrit par

Le premier elpee de Moonkiddo, « On a Silver Edge », sort ce 24 mars 2023. En attendant, il nous en propose quatre extraits. Ils sont en écoute

« Some Heroes » est une aventure rêvée sur fond d’indie pop-folk un brin électro. Sur les chœurs de Julien Omé, Véronique Lechat chante de sa voix angélique le désir de sortir de sa zone de confort pour aller explorer l’inconnu.

L'artwork du single est une fois de plus l'œuvre de la talentueuse Kimiko Kitamura (qui avait déjà réalisé la cover du titre « O.V.N.I. »).

 

Haylen

Le vin bleu d’Haylen

Écrit par

Haylen est une artiste indépendante, à la féminité assumée mais surtout multi-facettes. Tour à tour égérie live de Jack Daniel's, 1er rôle féminin dans l'opéra rock "le Rouge et le Noir", membre de la troupe du Jean-Paul Gautier ‘Fashion Freak Show’ ou encore meneuse de revue au Crazy Horse, elle s'avère être également une guitariste talentueuse et une chanteuse à la voix profonde et envoûtante. Elle vient d'ailleurs d'achever une tournée de 16 Zénith en 1ère partie de The Dire Straits Experience…

Inspirée par la musique, le glamour et les icônes des 50's-60's (Etta James, Aretha Franklin, Elvis Presley, ...), Haylen sort un 1er Ep, "Out Of Line", en 2018, disque qui lui permet de se produire sur de nombreuses scènes…

Toujours perchée sur ses talons hauts, notre pin-up des temps modernes nous propose un premier elpee, intitulé "Blue Wine". 13 titres aux accents blues, soul et rock'n'roll dont 2 en français et "Scary Story" signé Darrel Higham (compositeur des tubes d'Imelda May), enregistrés sur des micros d'époque (par Félix Bourgeois dans son studio personnel) et sublimés par des arrangements de sections cordes et cuivres.

Découvrez la vidéo du 1er single "Secret Rhythm" ici

Réalisé par Kevyn Diana, le clip, tourné dans le désert espagnol, rend clairement hommage au cinéma, inspiré par les univers de Quentin Tarantino et Russ Meyer (‘Faster Pussy Cat! Kill! Kill !’).

Une course-poursuite entre une Pontiac et des Harley Davidson ouvre ce court métrage aux allures de règlement de comptes entre gangs. Entre justice et vengeance, ce casting ne laisse personne indifférent tant les personnages sont incarnés.

 

Kwoon

L’étoile noire de Kwoon

Écrit par

Kwoon est de retour et nous propose son nouveau single, « Blackstar », à découvrir sous forme de clip d’animation réalisé par le dessinateur anglais Patrick Atkins.

Kwoon est le projet du guitariste Sandy Lavallart. Son style oscille du post-rock à l’ambient, une expression sonore qu’il traverse de sonorités guitare atmosphériques.

Célébré pour ses albums qui ont marqué le paysage rock français, dans la lignée des meilleurs groupes de post-rock comme Mogwai ou Explosions in The Sky, Kwoon est revenu ces dernières années avec des singles au jeu lyrique et inspiré, sortis par surprise au fil des mois, comme « Life », « Last Paradise » et « Siren's Call ». Le dernier en date s'intitule « King Of Sea » et on y retrouve en invitée Babet du groupe Dionysos. Ce titre évoque l’histoire des marins bretons et les légendes circulant autour de Tévennec, notoire pour son phare maudit. Navigant entre la magie de l’animation, « King of Sea » nous emporte au milieu des vagues musicales puissantes et des chants envoûtants, illustrant un thème auquel tient particulièrement Sandy Lavallart qui a d'ailleurs joué au Phare de Tévénnec, au milieu des flots.

Après avoir propulsé sa guitare dans l'espace, joué sur les volcans de Lanzarote ou à l'Aiguille du Triolet dans le massif du Mont-Blanc, Kwoon tente une expérience inédite baptisée « Blackstar », dont la mélancolie extraterrestre devrait séduire les amateurs de films cosmiques comme ‘Interstellar’ ou ‘Solaris’.

« Blackstar » annonce la sortie du nouvel album de Kwoon, programmé au cours du dernier quadrimestre 2023, après plus de dix ans d'attente, suivi d'une tournée prévue dans la foulée.

Pour regarder et écouter le clip de « Blackstar », c’est

 

 

Poésie Chevalier

Marie Lamy de La Chapelle et sa Poésie Chevalier…

Écrit par

L’histoire du premier album de Poésie Chevalier, « Appelez-moi Poésie ! » trouve son origine en 2016. Marie Lamy de La Chapelle est encore la chanteuse de Kinoko. Le groupe vient de se séparer mais elle s’entête à mener à son terme la sortie de l’elpee « Viens, l’Orage ». Alors que l’éclatement du groupe la plonge dans une crise existentielle, elle rencontre, lors du Printemps de Bourges, le musicien rennais Yann Chéhu (James Eleganz, Success) qu’elle suit en Bretagne.

Celle qui se fait désormais appeler Poésie Chevalier se lance alors dans la recherche de sons qui donneront leurs couleurs à un projet d’album solo. Elle tombe sous le charme du synthétiseur DX7 qui lui rappelle les tubes des chanteuses des années 80. Après plusieurs maquettes réalisées en compagnie de Yann Chéhu, elle s’entoure du multi-instrumentiste rennais Bastien Larche (Carambolage, Volontiers...) et de l’ingénieur du son Paul-Edouard Laurendeau (Benjamin Biolay, Yseult...) À Bruxelles, ils réalisent un disque qui explore les nuances de la pop, de l’électro et de la variété française. Produit par Isabelle Chapis et son label ZRP (Her, Lewis Evans, James Eleganz), l’opus est logiquement intitulé « Appelez-moi Poésie ! »

Début 2022, Poésie Chevalier présente des extraits de son texte-manifeste à Paris lors d’une lecture organisée par l’autrice féministe Chloé Delaume. Elle continue à approfondir son travail en proposant au producteur Timsters de réinterpréter le single « Vague et bleu » sous l’influence de Kavinsky. 

Le nouveau clip consacré à « Vague et Bleu » est à découvrir ici

 

Lamuzgueule

Lamuzgueule anachronique ?

Écrit par

Lamuzgueule, le phénomène electro swing hexagonal, annonce la sortie de son nouvel album « I Am Anachronic » pour le mois de mai 2023, accompagnée d'une vaste tournée dans toute la France et peut-être la Belgique.

Premier extrait de l’album qui déboule, le single « Pleins Phares » marque la collaboration avec le producteur autrichien The Swing Bot. Ce titre nous entraîne immédiatement dans un cabaret digital où se mélangent les époques, et qui évoque une génération qui doit prendre en main son futur et changer son histoire en se mobilisant.

Le clip de « Pleins Phares » a été tourné entre Paris et Grenoble, et ce titre dansant fait rugir les années 1920, en ce début d’année 2023.

Pour découvrir le clip de « Pleins Phares », c’est ici

 

Stephan Eicher

Autour d’une bonne table…

Écrit par

Stephan Eicher est surtout connu pour sa musique. Il l’est moins pour avoir composé des B.O. destinées au le cinéma et aux séries, et encore moins pour ses rôles dans les films ‘Anuk - Der Weg des Kriegers’ de Luke Gasser, sorti en 2006, et surtout ‘Mary Queen of Scots’, en 2013. Côté musical, sa palette est particulièrement large. Il avait fondé le groupe électro Grauzone, début des eighties, en compagnie de son frère Martin (NDR : souvenez-vous du hit « Eisbär », paru en 1981). Il chante aussi bien dans la langue de Shakespeare que celle de Molière, mais est aussi est capable de se frotter au rock ou à la techno-pop. Quoique depuis quelques années, il est devenu un pilier de la chanson française. Ses shows sont particulièrement créatifs. Ainsi, il lui arrive de se servir d’automates ou d’une fanfare (Traktorkestar). Son imagination fantasque, sa spontanéité pétillante et sa sensibilité à fleur de peau sont autant d’armes de séduction massive pour cet artiste bernois qui parvient, malgré plusieurs décennies de carrière, à rester imprévisible. Stephan Eicher a sorti son 17ème long playing, « Ode », en octobre dernier. Pour l’écriture des textes, il a une nouvelle fois fait appel à la plume de Philippe Djian et Martin Suter, qui traitent de la disparition, de la menace qui rôde, des doutes, et bien sûr de l’amour. Des chansons poétiques empreintes d’une grande humanité. C’est cet opus qu’il est venu défendre, en la salle Henry Leboeuf, à Bozar, ce 22 février 2023.

Il est 20h30, lorsque les musicos s’installent autour d’une grande table en bois supportant 2 chandeliers à 3 branches montés de bougies et sur laquelle sont alignés des verres à vin. Elles sont allumées, au début du concert, juste avant l’arrivée des artistes. Nous allons peut-être assister à un repas entre amis. Derrière la table, se plante le multi-instrumentiste et producteur hollandais Reyn Ouwenhand. Devant, à gauche, le fidèle Simon Gerber, qui se charge de la basse, de la guitare et des percus. A droite, la jeune harpiste Noémie Von Felder. Ils sont tous assis. Stephan se poste devant et au centre sur un siège ou debout, selon les morceaux, devant ses claviers. En arrière-plan, on distingue 3 meubles en bois à double-portes. Et à l’extrême droite, une haute lingère de type bretonne par lesquels les artistes sont rentrés sur scène.

Stephan Eicher débarque le dernier, sous les lumières puissantes des projecteurs. Le dîner musical entre amis peut commencer.

Le set s’ouvre par « Sans contact », un extrait du dernier long playing, « Ode ». Reyn y brille aux ivoires. En live, les sonorités des violons sont remplacées par celles de la harpe.

Le climat général du spectacle est propice à la bonne humeur. Très interactif entre chaque chanson, Eicher raconte régulièrement des petites anecdotes ou des blagues. Il salue le public et déclare : ‘Bienvenue chez moi’. Ajoutant : ’Quelle belle salle, on est bien’. Il embraie par « A nos cœurs solitaires ». Son toucher délicat aux claviers est en parfaite osmose avec les cordes de la harpiste.

Il explique avoir eu trois trous dans le bras et deux en plus car il a fait deux fois la covid. Au cours de cette période, il explique avoir sondé la toile sous toutes ses coutures. Il évoque son projet « Radeau des inutiles », né pendant le confinement, tout heureux de présenter ses chansons devant un parterre de 15 personnes. Il précise même avoir préparé les repas et s’être chargé de la vaisselle pour soigner ses spectateurs. Le radeau a été démonté depuis et Stephan, en soulevant sa guitare et en mettant son nez sur celle-ci, affirme qu’elle a été fabriquée dans le bois du radeau. Ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire. Il invite 15 personnes à se lever et révèle qu’il s’agissait des spectateurs du déconfinement. Il en rigole en ajoutant que personne d’autre ne doit se lever. Son humour est décapant. Entre les chansons, l’Helvète marque de longues pauses, taquine le Jurassien Simon Gerber au-sujet des dialectes suisses, des accents corses et basques, évoque ses nouvelles passions :  le mentalisme et la magie. Le show est plein de petites trouvailles, construit autour de petits interludes amusants comme lorsque Simon Gerber cherche à s’accorder au diapason de verres de vin vides et à moitié plein. Ou quand Eicher nous demande de sortir nos portables pour enclencher le minuteur qui sonnera au beau milieu du titre que le groupe joue. Cet échange direct dégage immédiatement un climat de sympathie et lui permet de tisser un contact chaleureux avec les spectateurs. Pour changer, il nous propose une chanson plus classique, « Pas d'ami (comme toi) », et l’ambiance monte d’un cran.

Avant d’entamer « Lieblingsläbe », il confie qu’à Berne, il causait bernois et qu’il existait une colonie de 7 Jurassiens à laquelle appartenait son bassiste. Il en remet une couche : ‘C’est comme en Belgique !’. Puis, il interprète cette belle chanson d’amour. Il embraie par le tube « Combien de temps ». Il fait la moue et demande à sa harpiste de jouer un peu. Il commence à rayonner. Il regarde les coffres placés en arrière-plan et signale qu’ils sont suisses et forts. Les portes s’ouvrent et révèlent des automates (tuyaux d’orgue, percus et glockenspiel), comme sortis des films expressionnistes allemands d’un siècle plus tôt, qui entament la compo. Magique !

Au piano, aux claviers et aux programmations, Reyn concocte des sonorités électro diaboliquement séduisantes. Derrière sa harpe, Noémie Von Felten apporte quelque chose d’unique, développe de douces sonorités et crée une atmosphère relaxante et féérique.

Plus d’une fois, le chanteur nous prend par surprise en osant de magnifiques versions de ces classiques trentenaires que sont « Pas d’ami (comme toi) », « Des hauts, des bas », « Combien de temps » ou cette sublime adaptation en piano/voix de « Tu ne me dois rien ». Des titres qui nous rendent nostalgiques.

Avant d’aborder « Eisbär », il nous parle de son frère (en compagnie duquel il a fondé Grauzone). La formation va publier son second opus, 40 ans après le premier. Il n’en oublie pas ce « Déjeuner en Paix », devenu anthologique…

Stephan Eicher et sa troupe vont quand même accorder un rappel de deux morceaux, pratique dont il n’est pas du tout friand. Tout d’abord, « Eclaircie », un dixième extrait d’« Ode » et puis encore « Djian's Waltz » …

Setlist : « Sans Contact », « A Nos Coeurs Solitaires », « Pas d'Ami (Comme Toi) », « Le Plus Léger Au Monde », « Tous Les Bars », « Prisonnière », « Orage », « Voyage », « Des Hauts, Des Bas », « Lieblingsläbe », « Combien De Temps », « Rêverie », « 1000 Vies », « Je Te Mentirais Disant », « Doux Dos », « Autour De Ton Cou », « Eisbär » (Grauzone song), « Déjeuner En Paix », « Ce Qui Me Peine », « Tu Ne Me Dois Rien ».

Rappel : « Eclaircie », « Djian's Waltz ».

(Organisation : Live Nation)

Louis-Jean Cormier

L’hypnose

Écrit par

Né au Québec (à Sept-Îles, très exactement), cet auteur-compositeur-interprète a grandi au sein d’une famille mélomane. Son père l’a initié à la musique de Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland et Robert Charlebois, entre autres. En 1998, alors qu'il étudie le jazz au Cégep de Saint-Laurent à Montréal, il fonde Karkwa avec des amis. Le groupe maintiendra le cap pendant 15 bonnes années. Lors d’une pause de la formation, il milite quelque temps, chez Kalembourg. C’est en septembre 2012 qu’il entame sa carrière solo. A son actif quatre elpees, dont le dernier, « Le ciel est au plancher », est paru en avril 2021. Il se produisait ce mardi 22 mars à la Rotonde du Botanique. Deux heures de grâce. Un des plus beaux concerts auxquels votre chroniqueur ait pu assister, à ce jour.

Louis-Jean Cormier débarque sur le podium, à contre-jour. Il s’apprête à nous livrer un spectacle d’une force intime éblouissante.

Il annonce que les spectateurs vont avoir l’impression d’écouter la même tune du début à la fin. Il passe en effet subtilement d’une compo à l’autre par des voies d’accords. Il s’arrête néanmoins quelques fois pour parler à son public. Il improvise de manière très naturelle, autour de son discours préparé. Il reprend même quelques airs connus sur les mêmes accords que ses compositions. Il s’amuse, et nous aussi. Bref, il ne manque pas d’humour.

Mais revenons au début.

Après quelques morceaux, il prévient l’auditoire : ‘Bruxelles, si tu es venu à la Rotonde ce soir, c’est sûrement parce qu’inconsciemment, tu as le besoin d’intimité. Un criant désir de tendresse et de proximité. Je vois que tu es venu seul, ça tombe bien, moi aussi (rires). Ce que tu vas trouver ce soir est bien plus fort que ça ; ça va être tripatif. Bruxelles, j’ai pris des cours d’hypnose. Ce soir tu vas vivre ce que nous, les pros, on appelle dans le jargon, une sortie de corps (rires). Je t’invite à venir visiter l’endroit dans lequel toutes mes chansons naissent et vivent à l’année. Cet endroit-là, se trouve à l’intérieur de moi. Ça si ce n’est pas de la proximité, je ne sais pas ce que c’est (rires). J’ai élaboré une technique avec un ordre de chansons précis. Tu vas quitter ton corps par le biais de la physique quantique (rires). C’est très scientifique, très factuel tout ça. Ce qui va arriver, c’est que tu vas être nu (rires), ne t’inquiètes pas, tu vas quitter ton corps, tu vas être nu mais tu vas venir visiter, à l’intérieur de moi, l’endroit que nous les pros, on appelle le safe space. Tu sais ce que c’est le safe space ? C’est un endroit à l’abri de tout, à l’abri du temps, du quotidien, des aléas de la vie, il n’y a pas de comptes, de taxes municipales. Tu vas être bien. Tu n’auras pas de forme physique. Tu vas être nu mais sans forme physique. Tu ne pourras pas te vanter d’avoir des formes. Tu me suis ? Restes avec moi (rires). Tout au long des chansons, ça va être spécial, tu vas apercevoir un passage secret, qui ressemble étrangement à un canal auditif. C’est une sorte de tunnel jaune orange. Tu vas traverser ce conduit là et ton corps physique va rester ici. Ton corps va être là, un peu niais. Mais ton corps sera dans de bonnes mains (il présente ses ingénieurs lumières et son ; ce qui déclenche des applaudissements dans la foule). Le seul truc que tu dois savoir c’est par où on entre dans le tunnel. A quel moment il faut sauter et où est la porte d’entrée du tunnel. La seule affaire que tu dois retenir dans tout ce que je viens de dire c’est que l’entrée du passage secret se situe entre chacune des notes que je vais jouer à la guitare ce soir (propos qui entraînent de nouveaux applaudissements). Notes qui se trouvent dans toutes les chansons durant toute la soirée. Tu as l’embarras du choix. Tu vas te sentir vibrer et tu devras sauter dans un trou. Ce sera entre deux affaires (rires). Tu me suis ? Je ne répéterai pas ça en flamand car je le maîtrise mal. Ceci dit, tu te laisses aller. J’ai tout prévu. Je ne suis pas comme les hypnotiseurs. Comme Mesmer. Tu connais Mesmer ? Je ne suis pas comme eux, je trouve ça vulgaire. Tu seras hypnotisé à un, deux, trois, non… ici, tu vas être à l’intérieur de la musique. Tu vas voir, tu vas triper, ça va être débile (rires) ! Tu me fais confiance ? Alors c’est parti !’

Force est de constater que le public est nu, sorti de son corps physique, sous hypnose consciente, à l’intérieur de Louis-Jean Cormier. Il a pris la porte et tout le monde a sauté dans le trou, pour le plus grand bonheur auditif.

Tout au long de la soirée, l’artiste joue avec les mélodies, les mots, l’esprit. On peut voir sur son visage, son sourire sincère et le plaisir qu’il a d’être auprès de nous dans un partage fort, authentique et profond.

L’ensemble est très fluide et emporte l’auditoire qui reprend ses chansons en chœur.

Limité à deux petits spots élégants sur les côtés, quelques bandes de lumières chaleureuses à l’arrière et les éclairages habituels de la Rotonde, le décor est minimaliste.

Les ingénieurs connaissant leur job et arrivent parfaitement à souligner, à rythmer les moments importants du spectacle.

L’artiste se sert d’une Gibson ES-125 datant de 1966, une guitare câblée dont le son est doux, presque jazzy, d’un micro voix et d’un micro directionnel pour la gratte. Mais également d’un pad électronique sur lequel il marque le rythme sur l’estrade à l’aide de ses pieds (il est sur le pad !).

Il utilise souvent un capodastre, l’open tuning, et sa technique de picking est belle et travaillée. Il nous offre aussi quelques petits solos en gammes pentatoniques.

A la fin du spectacle, Il a le soin de clore ‘l’hypnose’ pour libérer les spectateurs et revient sur scène après le rappel en proposant d’interpréter les deux premiers titres qui seront proposés par les spectateurs. Il nous réserve alors deux vieilles chansons, ‘en soins palliatifs’, précise-t-il, puis clôt le set par une compo de son choix, plus récente. Le tout s’achève par une dernière note alors que les lumières s’éteignent au même moment. Bravo à ses ingénieurs !

Derrière la décontraction et la bonhomie de Jean-Louis, on devine les années de travail pour atteindre un tel résultat.

Mon ami spectateur, qui m’accompagne, était un peu dubitatif, se demandant s’il était possible d’être captivé par le concert d’un artiste, seul sur scène, pendant une heure trente. Nous n’aurons pas le temps de nous rendre compte que deux heures se sont écoulées.

Un regret ? Qu’une telle figure considérée comme majeure dans l’univers de la chanson française actuelle ne soit pas encensée par les médias et un très large public à travers toute la francophonie, tout en admettant que cette situation nous a permis de vivre un moment merveilleux tout près de lui, en toute intimité.

Merci Jean-Louis pour cette parenthèse généreuse, magique et suspendue.

A très vite !

Méthode chanson

(Organisation : Botanique)

 

Protomartyr

Le nouveau testament de Protomartyr

Écrit par

Protomartyr est devenu synonyme d'assemblages caustiques et impressionnistes de politique et de poésie, de littéral et d'oblique. Casey décrit le thème sous-jacent de « Formal Growth In The Desert » comme un testament en 12 chansons pour ‘continuer à vivre’, même quand cela semble impossible. « Formal Growth In The Desert », c’est d’ailleurs le titre de son nouvel elpee qui sortira le 2 juin 2023.  

Le premier single/vidéo, « Make Way » (à découvrir ), est également le titre d'ouverture de l’album, Casey l’entamant en affrontant la tragédie de plein fouet : ‘Bienvenue sur la terre hantée // La vie après la vie // Où nous avons choisi d'oublier // les années du Hungry Knife’. La vidéo qui l'accompagne, réalisée par Trevor Naud, est une prouesse cinématographique.  À propos de la vidéo, Naud a déclaré : ‘Il y a une continuité délibérée entre les vidéos de « Make Way » et de « Worm In Heaven ». Les deux chansons sont associées l'une à l'autre. Je voulais donc que les vidéos donnent l'impression d'exister dans le même monde. Il y a des couches d'expériences qui se déroulent, toutes dans un environnement fermé. Nous ne savons pas ce qui s'est passé dans le monde extérieur, mais il y a un sous-entendu que les choses ne sont peut-être pas tout à fait correctes’.

 

Page 27 sur 848