Barnabé Mons rend hommage à un chat… sauvage…

Chanteur-batteur dès l’âge de treize ans, le Lillois Barnabé Mons a transité par la bagatelle de neuf formations, avant de se lancer en solitaire, soit après 28 ans de carrière. « Bunker Superstars », son premier elpee, est paru ce 2 juin 2023. Et il vient…

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Un Pycholove pour soigner Hoboken Division…

Issu de Nancy, Hoboken publiera son troisième long playing, « Psycholove », ce 14 février 2024. Cette formation est parvenue à teinté son garage/blues/rock râpeux, glacial, furieux et authentique de psychédélisme. En attendant, cette sortie, le groupe a…

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Air Waves

The Dance

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Collaboratrice du toujours parfait Kevin Morby ou de Katie von Schleicher, Nicole Schneit propose le second elpee de son projet, Air Waves. Et il est en tous points réjouissant. Lors des sessions d’enregistrement, elle a bénéficié du concours d’invités de marque tels que Luke Temple, Cass McCombs et Frankie Cosmos. Tout au long de cet opus, elle nous réserve de petites perles indie pop (« The Roof ») boostées par des cuivres (« Wait ») et discrètement tapissées de claviers, tout en ne négligeant pas d’y injecter une bonne dose de sensibilité. Depuis sa base arrière de Brooklyn, l’Américaine est parvenue à concocter une œuvre plus complexe qu’elle ne paraît. Et le très mélancolique « Black Medal Demon » en est la plus belle illustration… 

Liz Phair

Soberish

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Considérée autrefois comme une icône de l’alt rock, Liz Phair est tombée bien bas. Déjà que son dernier elpee, « Funstyle », faisait pâle figure, mais alors « Soberish » ne ravive certainement les espoirs qu’une aussi longue attente aurait pu susciter. Alors que de nombreux médias, même spécialisés, ont bien voulu nous faire croire qu’il était de toute bonne facture...

Sur les 11 plages de cet opus, seul le spectral « Soul sucker » qui ose s’aventurer dans la pop expérimentale, se distinguant par d’excellentes harmonies vocales, et la pop song entraînante à coloration sixties « Bad kitting », tramée sur un riff de gratte sèche, sortent la tête de l’eau (NDR : du lot ?) On retrouve çà et là, ces riffs de guitare acoustiques, souvent bien torchés, mais en général les morceaux sont tellement insipides, qu’ils ne pourraient revendiquer qu’une programmation sur la bande FM, le dédoublement des voix, parfois vocodées, accentuant l’impression d’être en présence de compos revendiquant une sélection pour l’Eurovision…

Boulevard des Airs

Loin des Yeux

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Fondé en 2004, Boulevard des Airs a vite conquis le public grâce à la diversité de son répertoire, oscillant entre world, pop et électronique. Sans oublier des titres fédérateurs qui font encore les beaux jours des ondes radiophoniques.

Une tournée stoppée en plein élan un 7 mars 2020, après le Zénith de Toulouse, en raison des conditions sanitaires strictes dues à la COVID, d’une part, et des échanges entre artistes via les réseaux sociaux, d’autre part, ont fait germer dans l’esprit de BDA l’idée de revisiter ses plus grands tubes en invitant des artistes hexagonaux à les réinterpréter.

« Loin des Yeux », constitue donc la genèse d’un vaste programme de deux chapitres, constitué tant de jolies collaborations que de titres ancestraux présentés sous une angulaire acoustique. Ce qui apporte à l’ensemble quelque chose de très épuré et magique, à l’instar de « Emmène-moi » feat L.E.J. ou encore « Je me dis que toi aussi » feat Jérémy Frerot.

Un opus hybride, à la fois personnel et collectif, qui permet au mélomane de découvrir de l’intérieur le combo et tout particulièrement sur « Et nous vraiment », un titre au cours duquel Sylvain Duthu retrace avec nostalgie la carrière musicale de la clique.

En tirant parti d’une symétrie parfaitement organisée, BDA produit un format unique, ambitieux et introspectif, dans la parfaite lignée de ses précédents exercices. Les thématiques peuvent être aussi lumineuses ("Abécédaire", sorte de fusion des inspirations des membres du band), que sombres ("Va-t-en", complainte sur le sort d'un migrant), lorsqu’elles ne sont pas engagées ("Que tout recommence", cri d’espoir pour retrouver la scène).

Vingt-quatre chansons à la dimension égale, composées et orchestrées avec cohérence, intelligemment (re)construites, faisant transparaître une belle palette d’émotions au Panthéon de la sensibilité.

Vingt-quatre plages partagées entre 12 inédits et 12 morceaux adaptés par des gens que BDA apprécie beaucoup, comme Claudio Capéo, Doya, Jérémy Frérot, Gauvain Sers, LEJ, Lola Dubini, Lunis, Patrick Bruel, Tibz, Tryo, Vianney et Yannick Noah

Plus qu’une relecture, une invitation à la soif de découverte, entre pop et variété, qui fait autant de bien que les rayons de soleil.

« Loin des Yeux », peut-être, mais pas loin du cœur !

Cabaret Voltaire

Shadow of fear

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Throbbing Gristle et Cabaret Voltaire sont considérés comme des pionniers de la musique industrielle. Issu de Sheffield, Cabaret Voltaire s’est surtout illustré de 1974 à 1994. D’abord sous la forme d’un trio. Jusque 1981, moment choisi par Chris Watson pour devenir ingénieur du son à la BBC. Mais surtout d’un duo impliquant Richard H. Kirk et Stephen W. Mallinder, ce dernier assurant également les parties vocales. A l’issue de la séparation, Mallinder prend une longue pause, s’exile en Australie pour devenir docteur es musicologie, mais revient début du millénaire pour reprendre le collier notamment au sein de Wrangler et Creep Show. Outre sa carrière solo, Kirk multiplie les projets (Electronic Eye, Vasco de Mento, Sweet Exorcist, Sandoz et la liste est loin d’être exhaustive). Puis en 2014, il relance Cabaret Voltaire, mais en solitaire. En 2019, il enregistre « Chance Versus Causality », la bande originale officielle du film de Babeth Mondini, sorti en 1979. Et enfin, cette année, « Shadow of fear », le premier elpee de Cabaret Voltaire en un quart de siècle. 

Kirk a utilisé un équipement vintage pour réaliser cet album. Un vieux Mac G4. Pace que son logiciel numérique est tombé en panne, au plus mauvais moment…

En résulte un elpee découpé en 8 titres qui synthétise un peu tous les styles explorés par Cabaret Voltaire, dans le passé. Depuis le dub à la techno, en passant par l’acid house, l’indus et le funk. Tout en restant résolument contemporain, un peu dans l’esprit d’un Aphex Twin qui se sert également d’un matos vintage…

Première constatation, il n’y a plus de chant, mais des voix échantillonnées, déformées, incantatoires, parfois plaquées sous la forme de slogans ou samplées (extraits de films policiers ou de discours prononcés par des politiciens véreux). La palette de synthés est large : orchestraux, atmosphériques, acides kraftwerkiens, dubby, cuivrés, frénétiques, etc. La boîte à rythmes est minimaliste, implacable. La guitare est déformée, tentaculaire, caustique. Tout un ensemble qui conduit à un climat sombre, claustrophobe voire sinistre. Mais qui devient carrément hypnotique lors des plages les plus speedées. Et puis, il y a les machines répétitives et froides qui font le reste.

Le tout premier LP du groupe de Sheffield, « Mixed up », était quelque part prémonitoire, évoquant les thèmes du chaos politique, de couvre-feux, de surveillance, de répression, de désinformation ou de surinformation… Traitant des thèmes de la corruption et de la destruction, « The power (of their knowledge ») nous rappelle que Cabaret Voltaire n’a jamais renoncé à dépeindre notre société qui, aux yeux de Kirk, se porte toujours aussi mal…

Bref Cabaret Voltaire fait du Cabaret Voltaire…

Hercules and Love Affair

Hercules and Love Affair

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Au cours des trois dernières années, DFA (Death From Above) est incontestablement devenu un des labels les plus prolifiques. Sans doute que le travail apporté par James Murphy explique cette situation. Producteur et ingénieur du son infatigable, recruteur de génie, le Newyorkais réussit à jongler magnifiquement entre son groupe, LCD Soundsystem et son label DFA, une écurie cofondée en compagnie de son ami de longue date, Tim Goldsworthy. Un personnage qui ne vous dit peut-être pas grand-chose ; et pourtant, c’est bien lui qui a découvert Hercules and Love Affair.

Projet d’Andrew Butler, DJ et producteur de la Grande Pomme, l’homme a bénéficié du concours d’une orchestration issue de la scène underground newyorkaise ; et, cerise sur le gâteau, de la participation d’Antony, mais pour la circonstance, sans ses Johnsons. Il prête sa voix à cinq titres. Un registre que l’on ne lui connaissait pas, mais au sein duquel il se transforme, d’une façon magistrale, en un crooner androgyne. Disco. A la voix tendre et suave. Ce premier opus est éponyme. Une œuvre qui ne manque pas d’élégance. Ni de rythmes funk et disco. Dispensés à la manière d’un Bronsky Beat, ils sont ici propulsés dans le nouveau millénaire. Les voix féminines de Nomi et de Kim Ann Foxman sont imprégnées de sensualité. A l’instar des ‘Traîtresses de l’Ile du Désir,’ elles roucoulent de plaisir tout au long de « You Belong » ou encore d’« Athene », une plage dont les beats disco étourdissants, épicés de sonorités de cloches sont dynamisés par des accès de basse orgasmiques. Un univers sonore qui a bien failli faire chavirer Hercule lors de l’accomplissement de ses douze travaux. Mais il a résisté. Non sans mal ; jusqu’à ce que, Antony vienne entonner « Blind », tube herculéen déjà classé historiquement. Tracée par un Tyler Pope (!!!, LCD) bien inspiré, la ligne de basse est pure. Typiquement disco et enrichi de cuivres, le tempo serait susceptible de faire danser un mort sur un dancefloor couvert de paillettes. Ce dancefloor… Un endroit de repos éternel : mais également le vestige d’une Grèce Antique, revisitée par un producteur des temps modernes, pour célébrer une histoire d’amour et une réconciliation avec les années 80 !

A mon humble avis, « Hercules and Love Affair » risque fort de devenir le disque majeur d’une année 2008 explosive. Une énorme boule à facettes qui n’est pas prête de se décrocher et devrait continuer à tourner jusqu'à rayure du disque. Un grand moment de néo-disco que ce petit malin de Butler a reconstitué intelligemment. Mais aussi et surtout, un choix encore une fois judicieux du très très grand label DFA. Messieurs Murphy et Goldsworthy : chapeaux bas !

Pour voir la vidéo de « You belong » : http://fr.youtube.com/watch?v=T5spXHUCmWc

 

Air Waves

Warrior

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Trois années après avoir gravé son deuxième opus (« Parting Glances »), Nicole Schneit, aka Air Waves, nous propose son nouvel album. Intitulé « Warrior », il est paru sur l’excellent label Western Vinyl ». Le titre et l’artwork de cet essai illustrent parfaitement la philosophie prônée par l’Américaine basée à Brooklyn. Tout au long des onze morceaux qui jonchent « Warrior », elle relate ses différents combats. Celui mené pour la tolérance vis-à-vis de la communauté queer à laquelle elle appartient, de sa mère contre la maladie ou encore contre la présidence de Donald Trump…

Portées par sa voix androgyne, ses mélodies sont captivantes mais complexes. Outre la qualité de ses compos destinées à répercuter ses émotions à travers la musique, la songwritrice a bénéficié du concours de quelques excellents collaborateurs, dont John Taveniere, producteur et guitariste de Woods, derrière les manettes, ou encore Kevin Morby, aux chœurs, sur le titre electro-pop-rock éponyme. Des compositions indie/folk à l’instrumentation riche. A l’instar du titre qui ouvre l’opus, « Home », une plage colorée de cuivres. Ce qui n’empêche pas Nicole de libérer toute sa sensibilité, en ne se servant que d’une simple gratte électrique. Comme sur « Sky » et « Hold on Hope », deux pistes qui montent en intensité grâce à leurs longs crescendos…

D’excellente facture, « Warrior » nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Des lectures qui permettront, progressivement, de révéler la richesse des douze morceaux et de s’immerger totalement dans l’univers d’Air Waves...

 

Alastair Greene

Live from the 805

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Alastair Greene s'est forgé une solide réputation au cours de ces dernières années. Il drive avec bonheur son propre trio de blues rock, au sein duquel il chante, compose et joue de la guitare. Il vit à Santa Barbara, en Californie. Agé aujourd’hui de 47 ans, il est passé du piano au saxophone, avant d’opter pour la gratte. Il a côtoyé le célèbre producteur anglais Alan Parsons. Son Alastair Greene Band compte désormais plus de vingt années d'existence. Son dernier elpee, "Dream train", date de moins d'une année. Et son nouvel essai est live et double. Il a été immortalisé au Soho Music Club, chez lui, à Santa Barbara et réunit vingt titres, pour la plupart, issus des deux derniers opus studio, "Dream Train" et "Trouble at your door". Son backing group implique le bassiste Jim Rankin et le drummer Austin Beede. La formule trio favorise des envols d'un bout à l'autre du concert. Un set homogène, mais d’où émergent quelques titres. 

Et tout particulièrement, sur le premier compact disc, "Big bad wolf", un boogie dominé par la voix, mais dont les interventions de guitare sont très susceptibles de rappeler un autre trio, mais notoire, ZZ Top! Lors de "Say what you want", le tempo est imprimé sur celui du célèbre Bo Diddley, par Austin Beede. Il est mid tempo sur le "Love so strong" d’Albert King, et Alastair s'y révèle aussi insatiable qu’infatigable. Enfin, la slide est vraiment impressionnante tout au long de "Down to Memphis". 

Les musicos sont maintenant ‘chaud boulette’. Blues/rock, "Dream train" est emporté par le rythme du chemin de fer ; et la slide est à nouveau indomptable. "Back where I belong" est sculpté dans du boogie pur et dur. Blues lent, "Last train around the sun" lorgne à nouveau vers ZZ Top. Swamp blues rock, "Love you so bad" se signale par ses cordes intarissables, trempées dans la reverb. Sommet de l’œuvre, "The other way" se distingue par une longue intro exécutée par la basse de Jim Rankin, avant que singulières, les cordes pénètrent au sein d’un univers, autrefois hanté par les Doors, à l’époque de "L.A Woman". Superbe!

Alastair Greene

Dream train

Écrit par

Agé de 47 balais, Alastair Greene est chanteur/guitariste. Il collabore régulièrement en compagnie d’Alan Parsons, mais a également bossé sur des projets avec Aynsley Dunbar, Mitch Kashmar ou le Français Frank Goldwasser. Il drive son AG Band depuis 14 années. "Dream train" constitue déjà son septième elpee personnel. Il fait suite à "Trouble at your door", gravé en 2014. Pour la circonstance, Alastair est soutenu par sa section rythmique, en l’occurrence le bassiste Jim Rankin et le batteur Austin Beede. En outre, plusieurs invités ont participé aux sessions d’enregistrement. L’opus a été produit par David Z.

Power blues/rock détonant, le titre maître ouvre le long playing. Bien mise en exergue, la slide démontre toute l’expérience de Greene. Attaqués en formule trio, "Home Zayne" et "Demons down" véhiculent des accents sudistes, réminiscents de ZZ Top. Sa guitare délire tout au long de "Big bad wolf", un boogie parfaitement balisé par la section rythmique. Mike Finnigan tapisse de son orgue le blues lent, "Another lie", un morceau au cours duquel Alastair et Walter Trout partagent les envols de cordes. L'excellent Mike Zito l’épaule sur le puissant "Down to Memphis", une piste caractérisée par des duels spectaculaires. L’album recèle trois instrumentaux, dont le funky blues "Grateful swagger", au cours duquel Miss Debbie Davies se consacre à la deuxième gratte.    

 

Air Waves

Parting glances

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Airwaves, c’est le projet de Nicole Schneit, une chanteuse/compositrice/guitariste issue de Brooklyn qui a passé son adolescence sur les mêmes bancs du collège que Dan Deacon. Elle a choisi pour patronyme, une chanson de Guided By Voices. Pour enregistrer « Parting glances », son troisième elpee, elle a reçu, outre celui de son backing group, le concours de Jarvis Taveniere (Woods), à la mise en forme. Mais également d’une multitude de collaborateurs. Ainsi, sont venus lui prêter main forte, Becca Kauffman et Felicia Douglass d’Ava Luna, JB Townsend (Crystal Stilts), Brian Betancourt (Hospitality) ainsi que de Jana Hunter (Lower Dens), cette dernière aux harmonies vocales, pour deux titres, « Horse Race » et Thunder ».

La plus souvent dream pop, la musique d’Air Waves partage d’ailleurs de nombreuses affinités avec Lower Dens, mais également Beach House ; encore que parfois, certaines compos trempent dans l’alt-country (« Frank »), l’indie rock (« Thunder », « Sweet Talk ») ou même, lorsque les claviers deviennent vintage, le garage (« Lines », « Thunder »). Une constante, le débit vocal fragile, laconique de Nicole, qui apporte un côté rafraîchissant à l’expression sonore.

Boulevard des Airs

Bruxelles

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10 ans déjà que Boulevard des Airs roule sa bosse. Un collectif de 9 musicos dont les deux premiers hits, « Cielo Ciego » et « San Clemente », figurent sur le premier elpee, « Paris-Buenos Aires », un disque (NDR : d’or) qui s’est vendu à plus de 80 000 exemplaires et lui a permis une nomination aux Victoires de la Musique (Révélation Scène).

Depuis, la formation a gravé un deuxième opus en 2013, « Les Appareuses Trompences », et a enregistré un changement de line up, puisque Mélissa a remplacé Kevin, parti faire le tour du monde.  

« Bruxelles » constitue donc son troisième essai. Si toutes les prises de son ont été réalisées dans le ‘home studio’ à Tarbes, c’est au sein de l’ICP bruxellois que se sont déroulées, les opérations de mixing et de mastering, sous la houlette d’Erwin Autrique (Benjamin Biolay, Cali, Keren Ann, Calogéro, Alain Souchon, …)

Les influences de BdA sont multiples ; elles oscillent du rock au reggae, en passant par le jazz, le folk, l’electro et les musiques traditionnelles. Les textes sont chantés tantôt dans la langue de Voltaire, de Cervantès ou de Shakespeare. Des textes qui parlent de la ville, d’amour, de liberté, de temps qui passe et de révolte.

Enrichi de chœurs atmosphériques, « Si je m'endors, mon amour » baigne dans un climat flamenco. A cause des cordes. Une atmosphère hispanique qu’on retrouve tout au long du refrain de « Mentira », une compo pourtant reggae. Et encore sur « Lo Vamos A Intentar », une plage ensoleillée au cours de laquelle l’espoir d’un monde meilleur est symbolisé par l’intervention de la trompette.  

Paru en single, « Emmène-Moi » est une ballade soulignée de cuivres jazzyfiants. « Demain De Bon Matin » adresse un clin d’œil au « Déserteur » de Boris Vian. Pas étonnant que Zaz y participe, puisqu’elle est considérée comme un nouveau porte-drapeau des valeurs de la liberté et de l’antimilitarisme. Sur un ton pourtant festif, « Tu danses et puis tout va » dénonce les injustices de ce monde. « On Se Regarde » nous parle d’un vieux couple qui vit ensemble depuis longtemps. Les époux n’ont plus rien à se dire. L’ennui les ronge et progressivement ils s’éloignent l’un de l’autre…

Deux pistes plus rock : le cuivré « J' Nous Imagine » et le percutant « Je Resterai ». Un morceau contaminé par le drum&bass : « Ce Gamin-Là ». Quant au titre maître, légèrement électro, il trahit une vision de la capitale européenne par les Provençaux.   

Pulpul, le chanteur du groupe ibérique Ska-P, prête sa voix à l’énergique « Quiero Sonar ». Un style qu’on retrouve sur « Laisser Faire », piste au cours de laquelle les cuivres s’en donnent à cœur joie.   

Les nouveaux troubadours du XXIème se produiront à Bruxelles ce 23 mars 2016 à la salle de la Madeleine et sillonneront l’hexagone de février à juillet…

 

Hercules and Love Affair

The Feast of the Broken Heart

Écrit par

Andy Butler, aka-Hercules, avait connu une sérieuse baisse de régime en 2011, après avoir publié sont second elpee, « Blue Songs », un disque qui succédait à un remarquable premier album. Eponyme, il avait été unanimement acclamé par la critique et recelait un single irrésistible, « Blind » ; une plage sublimée par la voix magique d’Antony Hegarty. Fer de lance d’une scène dance new-yorkaise ‘queer’ totalement assumée et vindicative, Hercules & The Love Affair refait surface et nous propose « Feast of the Broken Heart », son 3ème essai. Première constatation, la pochette est d’un goût plus que douteux, cabotant entre un pastiche de Silex in The City et une orgie chez les Flintstones. En outre, on ne peut pas dire que la musique soit à la hauteur, malgré un nouveau casting vocal et le talent indéniable des protagonistes, dont l’incontournable John Grant (NDR : pour « I Try to Talk to You », grande réussite de l’elpee), le travesti et diva français Rouge Mary (NDR : convaincant dans le registre disco-gospel) et le chanteur soprano belge Gustpah… Si l’hédonisme est bien présent, les compos finissent par lasser. En outre, les beats et les mélodies manquent parfois d’inspiration malgré quelques chouettes références empruntées au disco et l’une ou l’autre salve inspirée, telle que le kitschissime « Liberty ». Une fête à moitié réussie, malgré quelques moments euphorisants, avouons-le…

 

Les R’tardataires

Mieux Vaut Tard Que Jamais

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Liège est un véritable vivier de talents. Si l’écurie JauneOrange héberge une multitude de formations et d’artistes pop/rock, quand on parle de hip hop, on évoque immédiatement Starflam. Et bien sûr, Akro, dont il a été longtemps le porte-flambeau. Dans le style, il faudra bientôt y ajourer les R'tardataires. Drivé de main de maître par deux Mc's : Max (Maxime Lacroix) et Ced (Cédric Chiappe), le crew implique également le bassiste Benoît Lesage, la claviériste Andréa Monticciolla, le drummer Aurelien Wynant, le guitariste Sébastien Hogge et Dj Nsk aux platines.

Le lauréats du Franc'Off 2013 sont revenus sur les terres de leurs méfaits cette année. Et franchement, leur show était épatant. Malgré un soleil de plomb, ils sont parvenus à mettre le souk dans l’auditoire, grâce à leur rap teinté de funk, de ska, de musique manouche, de rock, de disco, mais aussi de reggae et de rythmes latino. Truffés de calembours, leurs textes respectent la rime. Mais ils sont à prendre au second degré. Ils traitent tout simplement de la vie quotidienne, des coups de coeurs, des regrets, du blues des vieux, du dérapage de la justice et parfois de la police. Ils malmènent également les préjugés dont est trop souvent victime leur hip hop. 

« Intro » présente brièvement le groupe. Dynamisé par ses rythmes latino et tout particulièrement cubains, « Rien de nouveau sous la pluie » (feat Xamanek) inclut un texte en espagnol. Caractérisé par ses lyrics cocasses mais légers, « L'homme ne sait pas ce qu'il veut » nous entraîne à Kingston. La musique passe bien la rampe. Quand au message, il est terriblement réaliste : l'homme ne sait pas ce qu'il veut...

« Sur terre en vacances » lorgne vers Puppetmastaz. Il n’y manque que les scratches et les marionnettes. « Les Escargots-DF » relate le destin d’un gastéropode sur fond de comics américains. Du reggae, encore pour « C'est grillé », qui se consume jusque la dernière bouffée de ganja. « En R'Tard » se réfère à leur patronyme, mais également au rythme de vie que nous impose la société contemporaine. Et pas question d'arriver après l’heure…

D’une durée de moins d’une minute, « Interlude (Michel Feilner) » opère un lien naturel avec « La folie des glandeurs ». Les chômeurs, les ratés, les assistés sont souvent délaissés. S'ils s'ennuient, qu'ils travaillent. Du boulot, il y en a... « C'est bon » me botte moins. Sur un air emprunté au bayou, « Mamy Blues » s’intéresse aux petits vieux oubliés dans les maisons de retraite. Interpellant ! Vous connaissez Al ? Non pas Capone, mais Zheimer. Comme tout le monde, un jour tu feras sa connaissance, et on t'oubliera. « Natural » est un ska à part. « 22, fait tourner ! » raille la police à l’appui de certains dérapages commis par son personnel. La Justice en prend également pour son grade, à cause de son inertie. Décapante et désopilante, leur vidéo mérite que vous vous y attardiez (voir ici ?!?!?) « Zion » nous replonge dans l’univers de Bob Marley & The Wailers. Sur fond de scratches, « Soirée Mousse » décrit le parcours d’un jeune, la nuit, qui ne dispose que d’une cannette. 

« On remet les pendules à l'heure » (feat Daddy Cookiz et Hpk) ou quand le raggamuffin prend totalement le dessus. Chico et ses Gypsy sont venus apporter leur concours à « Le p'tit Dylan », un petit bonhomme qui vit dans un camp de gitans dont les parents sont divorcés. Une histoire banale quoi, celle d’un manouche dans la ville…

Et pour tenir en haleine, rien de tel qu’une « Chanson Cachée »…

Les R'tardataires se produiront à La Rotonde du Botanique le 23/10, à l'Entrepôt d'Arlon le 27/09/2014 et dans le cadre du Festival Musique à La Source de Chaudfontaine le 18/10/2014. Dépêchez-vous à vous procurer vos places, il n’y en aura plus pour les retardataires…

Alastair Greene

Trouble at your door

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Agé de 43 ans, Alastair Greene est chanteur et guitariste. Il est issu de Santa Barbara, en Californie. Avant d’opter pour la gratte, il a appris à jouer du piano et du saxophone. Des études qu’il a accomplies au ‘Berklee College of Music’ de Boston. Lorsqu’il revient en Californie, début des nineties, il opte pour le rock et le blues. Il fonde l'Alastair Greene Band en 1997 ; une aventure toujours en cours qui lui a permis de publier cinq elpees à ce jour : "A little wiser" en 2002, "Live in L.A" en 2003, "Walking in circles" en 2009, "Through the rain" en 2011, un disque au profil hard rock, et "Now and again", une compilation réunissant 15 titres partagés entre standards et inédits, en 2013. Particulièrement ouvert à la création musicale, Greene a réussi à s’attirer la sympathie d’Alan Parsons, le leader de l’A.P. Project (NDR : c’est également lui qui avait assuré le rôle d’ingénieur du son pour l’album de Pink Floyd, "Dark side of the moon"). Alastair participe ainsi à la confection du long playing de Parsons, "A valid path", en 2004. Il intègre même le touring band d'Alan, dès 2010, en compagnie duquel il continue de se produire ! Enfin Greene a également apporté sa collaboration, en studio, mais également, en tournée, à de célèbres musiciens comme le batteur Aynsley Dunbar, le guitariste français François Goldwasser et l'harmoniciste californien Mitch Kashmar. En janvier 2014, il signe sur le label blues Delta Groove, et plus précisément sur sa branche plus rock, Eclecto Groove. Greene adore se produire en trio. Pour la circonstance, il est soutenu par le bassiste Jim Rankin et le drummer Austin Beede. Une formule power blues/rock que l'AGB explore à la perfection.

"People" nous plonge dans l’univers déterminé et dynamique de l’AGB. Alastair est le seul soliste. Et il en est conscient. Il intègre parfaitement les interventions à la slide, sur cette plage. La machine est bien huilée. Le trio manifeste une efficacité redoutable. Le titre maître me rappelle un autre trio texan. Vous vous en doutez, le ZZ Top. "Back where I belong" nous embarque dans un boogie. La section rythmique est solide et puissante. Insatiable, Alastair fait vibrer son doigt d'acier. Une envie irrésistible à se secouer vous envahit. "Red wine woman" est un interlude roots. Seul, armé de sa guitare Resonator, Greene nous plonge dans le delta blues! Blues/rock direct et musclé, "First born son" constitue une belle rampe de lancement pour un décollage aux cordes. "Love you so bad" est bien plus enlevé. Malgré le tempo, la guitare tient parfaitement la route. Elle se révèle même aventureuse, tout au long de ce blues inspiré par le Delta, tout en évoluant à un rythme de locomotive lancée à toute vapeur sur les rails. Menaçant, "Last train around the sun" est à nouveau hanté par ZZ Top. Les riffs sont déterminés et les chapelets de notes bien senties. Excellent! "Calling for you" change totalement de style. Une plage indolente, introduite par les interventions à l’orgue Hammond d'Erik Norlander. Une compo dont le profil prog est accentué par les accès de gratte discrets mais réverbérés, injectés un peu à la manière d’un David Gilmour. Sean McCue chante en harmonie "Make the devil's day", une piste qui opère un retour au rockin' blues, s’autorisant même un envol aux cordes totalement suranné. Une seule reprise : le "Strange feeling" du regretté Michael Burks, un titre au cours duquel l’aspect dramatique est fort bien restitué! De toute bonne facture, ce long playing s’achève par "The sweetest honey", un brûlot imprimé tout simplement sur un tempo rocker, mais tellement efficace…

 

Fair Ohs

Jungle Cats

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Il y a deux ans, ces Londoniens publiaient un premier album intitulé « Everything is Dancing », un disque surprenant, suggérant même une version punk de Vampire Weekend. Depuis, les Anglais se sont plutôt fait discrets. Avant de publier ce second opus, ma foi, fort sympathique.

Première constatation, tout au long de « Jungle Cats », Fair Ohs n’a rien perdu de sa vitalité et continue de dynamiser ses compos de percussions afro-caribéennes. Néanmoins, hormis le caoutchouteux « Ya Mustafa », les comparaisons entre le band new-yorkais et insulaire, s’arrêtent ici. Sur cet elpee, on ressent davantage les racines britanniques dans leur musique. Les chœurs sont ainsi beaucoup plus présents, rappelant les grandes heures de la britpop, à l’instar de « Panama Red Jets ». Et les quelques touches de punk-rock psychédélique injectées dans cette solution sonore particulièrement addictive, accentuent cette impression. 

Si le deuxième essai de Fair Ohs est tout aussi nerveux que le précédent, il permet au groupe de s’ouvrir à d’autres influences, et surtout de proposer sa propre vision débridée du rock. 

 

Airco

Airco (Ep)

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Il y a plus de quatre mois que cet Ep prend la poussière sur ma pile de cds à chroniquer. Depuis que je l’ai reçu, je retarde constamment l’échéance. Je ne parviens pas à l’écouter. Pourquoi ? La pochette ! D’un point de vue esthétique, on devrait interdire de publier des disques aussi mal fagotés…

Dans leur biographie, on apprend que les trois musiciens ont déjà participé à différents projets, gagné quelques concours, et qu’ils ont eu l’occasion de tourner au sein de plusieurs pays francophones.

Fondé en 2010, Airco ambitionne de faire du rock en s’exprimant dans la langue de Molière ! Belle initiative, certes ! Malheureusement, cet Ep risque plutôt de décourager les audacieux qui auraient envie d’opter pour un choix semblable. Après le quart d’heure consacré à cet Ep éponyme, on en conclut qu’à défaut d’avoir une âme de poète autant chanter en anglais, la forme passe mieux et on ne s’attarde pas sur les paroles. Et comme le niveau musical n’est pas plus élevé… Il est même d’ailleurs en parfaite adéquation avec le chant. Le rock d’Airco est daté. Aucune puissance. Des mélodies entendues et réentendues… Il n’y a malheureusement rien à sauver sur cet Ep. Quoiqu’en l’abordant au second degré, on pourrait esquisser un sourire.

 

Gauntlet Hair

Stills

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Gauntlet Hair nous vient du Colorado, un duo qui pourrait très (trop) facilement être taxé de revivaliste 80’s. Or, ce serait commettre une grosse erreur ! Craig Nice (batterie) et Andy Rauworth (guitare, voix) affectionnent clairement la batterie électronique, les claviers et les machines aux relents eighties ; mais leur appétit ne s’arrête pas en si bon chemin. Ils puisent également leurs sonorités dans la noise et le post-punk. Bref, leurs compos baignent, le plus souvent, au sein d’un climat gothique. New Order et Jesus and Mary Chain ne sont pas loin, mais en plus punk. A contrario du premier elpee de la formation, « Stills » aborde le côté obscur de la musique. Les mélodies sont aussi moins évidentes ; plusieurs écoutes s’imposent d’ailleurs afin de pénétrer au cœur de cette carapace et d’apprécier cette œuvre, ma foi, complexe.  

Deuxième essai réussi donc pour le duo qui a eu l’audace de changer de parcours en explorant un univers sonore particulièrement ténébreux. Si le long playing est paru en été, ce n’est réellement que dans les premiers jours d’automne qu’il prendra toute son envergure.

 

Prairie

I’m So in Love I Almost Forget I Survived A Disaster

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La nuit passe à vive allure, imprimant ça et là des images électriques sur la rétine bitumée d’une longue route se perdant au loin dans une obscurité d’encre. Cette même encre qui coule encore de veines illusions, de vaisseaux fracassés, d’artères estropiées.

Puis vient le jour, qui s’élargit en ondes sonores tout autour du silence.

Le soleil, implacablement situé à l’exacte horizontale de nos chefs découverts, brûle la pellicule de nos rêves abandonnés, éparpillés, décimés.

L’album concept se décline en deux volets.

Le désastre suit l’Amour, qui lui-même fait écho au désastre auquel Prairie semble avoir survécu.

Quelques bribes de monologue transparaissent dans la brume asséchée d’un matin calme (« Red To drive Me », « Black Snow »), comme issues d’un rêve cathodique, les sens encore engourdis par une nuit terrifiante.

« I’m So In Love… » est d’une noirceur confondante. A cause de ses transgressions bruitistes à glacer les sens, ses incursions dans le monde de l’angoisse, sa palette de couleurs oscillant entre l’outrageusement vif comme le sang et la livide teinte du pire cauchemar.

Les différentes influences cinématographiques ne manquent pas, littéraires et picturales aussi.

Musicalement, c’est du côté de The Third Eye Foundation que l’on peut toujours lorgner à la recherche de quelconques points de repères.

Mais de repères, en vérité, il n’y a pas. Pas plus que dans les songes hantés qui s’achèvent à l’orée de toute réalité.

Un must pour tous ceux qui adorent se faire Lyncher…

 

Claire Diterzi

Le salon des refusées

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Le « Salon des refusés », c’est une expo qui s’est déroulée à Paris, au Palais de l'Industrie en 1863, sur décision de Napoléon III, pour accueillir les 3 000 œuvres qui n'avaient pas été retenues par l'Académie pour le Salon de peinture et de sculpture.

Pour son cinquième album solo, Claire Diterzi repêche l’idée et s’en va préparer son nouvel opus à la villa Médicis de Rome dans la section ‘musique actuelle’, choix qui entraîne de vives critiques de la part de certaines personnes issues du milieu de la musique classique contemporaine. Ces chansons sont quelque part ‘refusées’ tout comme les œuvres choisies par l’empereur, d’où le titre de sa nouvelle plaque.

Refusées est un euphémisme. C’est carrément à une levée de boucliers que l’on assiste. Les vieilles huiles bien pensantes ne digèrent pas que l’on puisse ‘souiller’ ces lieux pour enregistrer une œuvre de ‘bêtes chansons’, alors que résonnent encore sonates, opéras, concerti et autres symphonies des plus grands. Quel outrage !

Et pourtant, Claire nous propose douze plages qui ne nuiront en rien à la sacralité des lieux ; tout est opéré en douceur, chaque chanson évoquant davantage une peinture qu’une chanson pop française.

En effet, une fois passée la plage inaugurale, « Le roi des forêts », seul titre aux relents électriques et bien en chair, le reste de l’album se veut gentil, calme et bien respectueux.

Pour y parvenir, Claire troque sa guitare électrique pour un instrument des plus baroques : la viole de gambe qui restera fréquemment présente. Pour le reste,  chaque titre s’écoute comme on regarde un tableau, avec patience et curiosité. Au creux de chaque plage, on retrouve de la poésie, de la nostalgie, de l’humour, un délicat tissage des genres et des instruments pour un voyage particulièrement dépaysant.

Claire Diterzi est une des rares chanteuses françaises qui soit une véritable musicienne. Elle partage avec nos oreilles reconnaissantes des petites perles de littérature musicales.

Pour l’anecdote, on épinglera une reprise tout en finesse de « Riders of the Storm » des Doors qui vaut le déplacement.

 

Boulevard des Airs

Paris-Buenos Aires

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En cette période hivernale, ce disque a le potentiel pour réchauffer les cœurs…

Fondé en 2004, Boulevard des Airs réunit des musiciens aux goûts et aux influences différents, souhaitant tirer un maximum parti de cette forme de pluralisme. Leurs références oscillent ainsi de Brassens à Red Hot Chili Peppers, en passant par Rage Against The Machine, Jacques Brel et Bob Marley. Chez Boulevard des Airs, la diversité est au pouvoir. Les stations radiophoniques diffusent régulièrement “Mundo Loca”. “Cielo Cengo” devrait suivre le même parcours. Les plages sont interprétées dans un joli mélange de français et d’espagnol. Si le groupe revendique l’étiquette ‘Rock’n’Reggae’, la plupart des pistes lorgnent plutôt vers le ska. Celui de la Ruda, par exemple. Boulevard des Airs assure la première partie de la tournée de Tryo. Cause à effet, mais sur « Paris-Buenos Aires », la bande à Guizmo semble avoir laissé son empreinte…

Néanmoins, cet album est un véritable plaisir pour les oreilles, que je vous conseille de consommer avec excès…

 

Gauntlet Hair

Gauntlet Hair

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Gauntlet Hair nous vient de Lafayette, dans le Colorado. Un duo réunissant Andy R. (guitare, chant) et Craig Nice (batterie) qui se connaissent et partagent leurs goût musicaux, depuis l’âge de 15 ans. Certains médias comparent déjà leur musique à celle d’Animal Collective. Pour la créativité, peut-être. Et le recours à la technologie moderne, sans doute. Mais certainement pas pour les vocaux, Andy les dispensant constamment en reverb. Propulsé par les drums, mais aussi toute une panoplie de percus et de basses synthétiques, les rythmiques sont puissantes, pulsantes, palpitantes. Les cordes de guitare, bringuebalantes, tintinnabulantes, elliptiques, un peu comme chez Vini Reilly (Durutti Column), mais davantage écorchées voire déchiquetées.

Paru fin de l’année 2011, cet opus est éponyme. Il recèle neuf plages qui baignent dans une forme de noisy contemporaine. Expérimentale aussi ; mais sans jamais sombrer dans l’intellectualisme à tout crin, Gauntled Hair parvenant à baliser toutes ses compos sur une trame subtilement mélodique. A découvrir !

 

Chairlift

Something

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La pop de Chairlift a définitivement ‘Quelque chose’! Ancrée dans les années 80, elle affiche cette légère originalité qui lui permet d’être également parfaitement de son temps… L’ex-trio new-yorkais est aujourd’hui réduit à un duo. Au sein duquel on retrouve Patrick Wimberly et Caroline Polachek. Aaron Pfenning, l’ex-petit ami de Caroline P. a rompu et s’est barré. « Something » constitue leur second elpee. Il fait suite à « Does You Inspire You », un disque publié en 2008 qui recelait l’imparable single “Bruises”.

Sur ce nouvel effort, la synth/pop de Chairlift délaisse son côté relativement hermétique tout en s’offrant le luxe de conserver sa touche mystérieuse. La voix éthérée et protéiforme de Caroline Polacheck appuie élégamment l’instrumentation électro-pop élaborée par Wimberly (producteur de Das Racist), une expression sonore (sur)produite par Dan Carey (Hot Chip, Franz Ferdinand) et Alan Moulder (Depeche Mode). Très peu de radios devraient résister à des singles de la trempe de « Sidewalk Safari » ou encore « Ghost Tonight » ! La ‘quality pop’ de Chairlift a définitivement ‘Something’…

 

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