Barnabé Mons rend hommage à un chat… sauvage…

Chanteur-batteur dès l’âge de treize ans, le Lillois Barnabé Mons a transité par la bagatelle de neuf formations, avant de se lancer en solitaire, soit après 28 ans de carrière. « Bunker Superstars », son premier elpee, est paru ce 2 juin 2023. Et il vient…

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Nick Moss

From the root to the fruit

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Issu de Chicago, Nick Moss est chanteur/guitariste. Agé de 76 balais, il a longtemps drivé ses  Flip Tops, qu’il a reconvertis, dès 2009, en Nick Moss Band. Très tôt, Moss avait créé son propre label : Blue Bella. "From the root to the fruit" est un double elpee. Il s’agit déjà de son douzième. Une plaque est consacrée au "Roots", puisqu’elle puise dans ses racines blues. Et l’autre, baptisée "Fruits", à sa création actuelle, consécutive à l’évolution de sa propre vision musicale. Il a bien sûr reçu le concours de son backing group, en l’occurrence Michael Ledbetter au chant et à la guitare rythmique, Patrick Seals à la batterie, Nick Fane à la basse et Taylor Streiff, aux claviers. Quelques amis ont été invités à rejoindre la troupe lors des sessions d’enregistrement. 

Sous-titré "Roots", le premier cd réunit des compositions signées Moss et Ledbetter ainsi que des reprises de Junior Wells et d’Elmore James. La musique s’inspire du Chicago blues d’après-guerre, mais aussi du Texas blues ainsi que du Mississippi blues des années 40 et 50. La musicalité est irréprochable. Et les compos sont indiscutablement d’excellente qualité, surtout dans le registre du blues de Chicago.

"Fruits" implique les mêmes acteurs et compositeurs. Mais s’écarte quelque peu du chemin tracé par les bluesmen traditionnels, s’inspirant davantage d’un maître gratteur, l’incomparable Peter Green.

"Before the night is through" ouvre idéalement le long playing. Ledbetter chante d’une voix purement soul. Les lignes tracées par la guitare sont superbes. Et Nick est tout aussi brillant sur "Make way for me", un Memphis R&B au cours duquel Sax Gordon Beadle souffle –évidemment– dans son saxophone. Moss chante son "Dead man’s hand", un blues imprimé sur un tempo enlevé, entretenu par le piano alerte de Streiff, et le sax tout en effervescence de Beadle. Inspiré par Muddy Waters, "From the root to the fruit" baigne dans le Chicago Southside. Otis Spann se réincarne en Streiff. Nick expire dans l’harmo et libère encore de bien belles phrases sur ses cordes. Blues lent, "Symone" émarge au même style. Taylor est passé à l’orgue pour "Lost and found", un autre blues lent, abordé dans l’esprit de BB King. Impeccable ! Le disque recèle trois plages instrumentales de toute bonne facture : "Haymarket hop", "Rump Rash" et "Cold sore". Moss adapte impeccablement le "Long tall woman" d’Elmore James. Et le jeune prodige Jason Ricci se réserve l’harmonica sur "The woman I love".

La seconde plaque s’étale sur près de 80’. "Catch me I’m falling" entame le bal. Le son est plus contemporain. Ledbetter est derrière son micro. L’orgue s’impose alors que largement amplifiée, la gratte s’autorise certaines libertés. Elle devient même aventureuse tout au long du plus funky "Jupiter Florida". Et devient même versatile, quoique bien maîtrisée, sur "Breakdown", une piste qui met bien en exergue les percussions de Patrick Seals. Blues lent, "Serves me right" est judicieusement sous-titré "Space Jam". Et pour cause Moss prend le temps et l’espace de développer de longues improvisations. Il modifie les sonorités de ses cordes à l’aide de ses pédales, bientôt talonné par son claviériste. Et ce dernier poursuit ces expérimentations sur "Ta Ta for Tay Tay" au sein d’un climat jazzyfiant. Un climat qu’on retrouve sur "Free will", mais en plus cool. Streiff siège derrière le piano électrique. Partagées entre Nick Moss et David Hidalgo de Los Lobos, les parties de guitare sont un nouveau régal pour les oreilles. Nick est épaulé par deux choristes, Tina et Lara, sur "Grateful", une plage bien balancée. Délicate, la voix de Ledbetter est encore bien mise en exergue tout au long de la jolie ballade "Shade tree". Mais également sur un dernier blues lent intitulé "Stand by", une compo superbe ponctuée par une envolée de Nick Moss, chargée de feeling. "Speak up" ne dénote pas dans l’atmosphère qui baigne ce deuxième volet. Instrumental, "Heavy water" clôt ce long playing. Moss en profite pour se réserver une dernière sortie sur ses cordes, mais en s’inspirant manifestement de Carlos Santana.

 

Nick Moss

Play it til' tomorrow

Écrit par

Le premier album de Nick, "First offense", date de 1999. Depuis il a commis cinq autres opus. Moss a même fait fort ; puisqu’il est parvenu à sortir, le même jour, quatre elpees pour son label Blue Bella. Quatre disques pour lesquels il a participé. Aussi bien comme musicien que comme producteur. Flanqué des Flip Tops, formation qu'il dirige depuis quelques années, il a concocté un double cd. Un ensemble qu’il dirige depuis avec beaucoup de cœur, de compétence et de réussite. Pour la circonstance, il est donc soutenu par le pianiste Willie Oshawny, le batteur Bob "Cartello" Carter et son homme à tout faire, Gerry ‘The utility man’ Hundt. Sans oublier sa douce compagne Kate. Elle se réserve sporadiquement la basse ; mais a quand même réalisé la luxueuse pochette qui habille la double plaque.

A l’âge de 20 ans, le prometteur Nick sévissait comme bassiste au sein du Jimmy Dawkins Band. Un an plus tard, il remplaçait Calvin ‘Fuzz’ Jones (un ancien partenaire de Muddy Waters) chez le Legendary Blues Band. Il tournera 3 ans en compagnie du Jimmy Rogers Band, avant de fonder ses Flip Tops. Ce nouveau projet est aussi le plus ambitieux. Le ‘Program one’ se consacre au blues électrique. Le ‘Program Two’ réunit des plages essentiellement acoustiques.

Le premier volume s’ouvre par "Late night saint". La guitare rythmique balise parfaitement cette compo. Elle est dévolue à l'invité d'honneur, Eddie Taylor Jr. Oui, oui, le fils du ‘bad boy’, gratteur officiel de Jimmy Reed. Ce riff récurrent devient même hypnotique. Le refrain est repris en chœur par l'ensemble des musiciens. Le son semble avoir été pris ‘live’ en studio. Le tempo est rapide. Nick chante d’un timbre rugueux son "You make me so angry". Eddie Jr est le premier à se libérer sur les cordes ; il est bientôt talonné suivi par Nick qui lâche tout ce qu'il a dans les tripes ; et lorsque le père Moss est lancé, il est difficile de l’arrêter. Le "Woman don't lie" de Luther ‘Snakeboy’ Johnson trempe bien dans le funk. La voix de Nick est convaincante, pendant que sa douce Kate se réserve les cordes rythmiques. Moss nous rappelle qu'il a régulièrement secondé le grand Jimmy Dawkins, dans le passé. Il se révèle ici aussi éclatant qu’excellent! Nick est très inspiré par le divin Dawkins. Faut dire qu’au sommet de son art, le natif de Tchula, dans le Mississippi, était sans aucun doute un des plus brillants guitaristes. Et il nous le démontre à nouveau tout au long du remarquable "Mistakes from the past". Saturées, ses cordes répondent au chant par des courtes phrases bien acérées. L’orgue de Willie nappe le tout lors de ce Chicago westside blues époustouflant. A couper le souffle ! "Bad avenue" est issu de la plume d’un autre habitué du quartier Ouest : Lefty Dizz. La version des Flip Tops est échevelée. Nick plaque sèchement les accords rythmiques. Il manifeste une agressivité inhabituelle. Sa voix est plus ténébreuse que jamais. C’est bien un blues du début de ce XXIème siècle. Moss libère ses cordes avec une violence inouïe, mais il parvient néanmoins à maîtriser son sujet. Son assurance mérite le respect. Il réussit même, au détour, à lancer un clin d'œil complice à Magic Sam Maghett. Du blues 5 étoiles ! "Lyin' for profit" est un shuffle puissant. Nick shoute ses vocaux. Implacable, la rythmique évolue dans un registre proche des Teardorps de Magic Slim. De ses cordes il nous retrace le who's who des gratteurs noirs issus des seventies. Nick Moss a manifestement tout misé sur ce « Program One ». "Woman's holler" est un Chicago blues inventif et respectueux. Piano Willie prend un billet de sortie, tandis que la section rythmique scelle en puissance les fondements de ce blues sans concession. Le "Rising wind" de Floyd Jones est un blues lent empreint d’une grande sensibilité. Nick manifeste toute sa versatilité à l'harmonica tandis que Taylor Jr assure les cordes. Blues décontracté, "My love is like a fire" est imprimé sur un mid tempo, proche de Jimmy Reed. Complice inspiré, le piano entretient une intimité déconcertante. Moss empoigne une dernière fois l'harmonica et souffle comme Big Walter sur "Peculiar feeling". Les musiciens nous donnent le tournis. Oshwny passe à la guitare et Hundt l'harmonica pour "Too many miles", une plage abordée dans l'esprit de Muddy Waters. Et enfin, Gerry se réserve les cordes et Willie glisse à la basse lors de l’instrumental "The rump bump", la finale secouée de ‘Program One’. Brillant!

Je ne m’épancherai pas trop sur ‘Programm two’, dont les compos sont quasi unplugged ; cependant, toutes ces plages évoluent à un excellent niveau. Depuis un "You've got the devil inside" à l'énergie débridée, au bien rythmé "I'll be straight on you", au cours duquel piano et harmo sont à la fête. Moss amplifie sa slide pour aborder "Another life is gone" et "Married woman blues", de vibrants hommages à Muddy Waters. Et "It's written in the bible" est de la même trempe. Dernière plage amplifiée, "Wild imagination" surprend par son jump bien frais. Le piano semble servir de ligne de conduite. Willie O'Shawny est le responsable de ces interventions empreintes d’émotion. Plusieurs plages sont consacrées à des duos intimistes. Tout d’abord l’instrumental "Fille r up". Moss à la sèche et Hundt à l’harmo s’y partagent l’espace sonore. Tout comme pour "Crazy mixed up baby '07". Mais respectivement à la guitare et à la mandoline. En outre, le tandem conjugue ses vocaux lors du gospel traditionnel "I shall not be moved". Enfin, Nick est soutenu par les ivoires de Barrelhouse Chuck pour "Got my mail today". Vu l’imagination de leurs créateurs, cette fresque de blues contemporain constitue un exercice de style passionnant. Un projet dédié à Muddy Doggers, le chien de la famille Moss qui a égayé leur vie durant ces huit dernières années.  

Nick Moss

Live at Chan's

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Nick Moss est considéré, depuis quelques années, comme un des guitaristes de blues les plus réputés à Chicago. Et les excellents albums commis à ce jour en sont la plus belle illustration. En outre, sur les planches, il est également capable de manifester toute l’étendue de son talent…

En juillet 2005, il s’est produit au Woonsocket de Rhode Island. Pour chauffer l’ambiance, il ouvre le set par "Eggroll stroll", un instrumental improvisé, mais surtout de haute facture. Il est soutenu par Gerry Hundt à la basse, Victor Spann aux drums et Piano Willie Oshawny aux claviers. Pourtant, ce sont bien les cordes de Moss qui sont mises en évidence. "Chek my pulse" nous entraîne dans un solide Chicago shuffle. Le style vigoureux et persuasif d’Oshawny aux ivoires rappelle l’Otis Spann des grands jours. Tandis que la main gauche trace les lignes de basse, la droite jouit d’une liberté totale et n’hésite pas à déborder de son contexte. Ajoutez-y le chant efficace de Nick et c’est le bonheur ! Le "I love the woman" de Freddie King est un superbe blues lent comme on les aime. Nick est un fan du géant texan et il lui rend ici un vibrant hommage. D’ailleurs, les 10 minutes de cette plage passent même trop vite. Le thermomètre monte de quelques degrés supplémentaires lors du saignant "I never forget", une compo bien trempée dans le blues urbain de Chicago. Nick et Willie jouent ensemble depuis plus de dix ans. Leur complicité saute aux yeux. La section rythmique est particulièrement solide. Elle soutient parfaitement l’ensemble. Le solo de Moss ne manque pas d’envergure. Créatif, inventif, il sort largement des créneaux habituels explorés à Chicago, flirtant même quelque peu avec les principes rythmiques des princes de la West Coast. Les Flip Tops opèrent à nouveau dans le blues lent. Tout au long de "One eyed Jack", ils étalent leur diversité instrumentale. Gerry empoigne l’harmonica. Willie la basse. Mais cette plage est une opportunité offerte à Nick pour démontrer sa dextérité à la slide. Son bottleneck glisse le long des cordes avec beaucoup de sensibilité. Issu de Boston, Monster Mike Welsh ne vit pas très loin de Rhode Island. Invité par Moss, il opère son entrée en scène lors d’un nouvel exercice instrumental intitulé "Your red wagon". West Coast swing, la machine s’emballe. Ce qui se traduit par trois sorties exceptionnelles successives : Welsh, Oshawny au piano et enfin Moss. "Just like that" replonge dans le Chicago blues. Le tempo est vif. Gerry se révèle, pour la circonstance, excellent harmoniciste. A l’instar des légendes de la cité des vents, (Little Walter, Junior Wells et Billy Boy Arnold), il souffle puissamment dans son instrument. Mike Welsh est toujours au poste, auprès de son ami Nick ; mais il opère dans un style très différent. Signée Buster Benton, "It’s good your neighborhood" figurait au répertoire de Magic Slim. La reprise des Flip Tops est calquée sur celle de Slim. La version est imparable. Musicien au style très versatile, Gerry Hundt empoigne sa guitare et se mesure à son boss. Les excellents échanges restituent bien l’ambiance des Teardrops de la meilleure époque, lorsque Magic Slim joutait Nick Holt. Les musiciens reprennent leur rôle de départ lors des trois derniers morceaux du concert. "The end", tout d’abord. Mike Welsh et Nick rendent ici un hommage à Earl Hooker en jouant sur les effets de pédales. Le "Wine-O-baby boogie" de Big Joe Turner, ensuite. Déchaîné Willie chante à la manière de Pete Johnson dans les années 20. Et franchement, il se montre convainquant. "Move over Morris", enfin. Un superbe instrumental. Hommage à Morris Holt, alias Magic Slim, ce fragment est imprimé sur un rythme emprunté à Bill Doggett. Ce musicien voue un grand respect à la musique qu’il aime. Celle des héros du blues urbain qui ont sévi au cours des années 50. Et tout au long de “Live at Chan´s”, il en fait une parfaite démonstration…

 

 

Nick Moss

Sadie Mae

Écrit par
Etabli à Chicago, Nicky Moss est un chanteur guitariste blanc. Naguère, il a joué en compagnie de Jimmy Rogers, Jimmy Dawkins, Willie Smith et le Legendary Blues Band. Le blues pratiqué à Chicago, des années 40 à aujourd’hui, n’est pas ou plus un secret pour lui, tant il a écouté toutes les générations qui l’ont alimenté. A la fin des années 90, il fonde son groupe : les Flip Tops. Une formation responsable d’un premier opus, "First offense", suivi de "Got a new plan" en 2001 et enfin de "Count your blessings" en 2003.
 
Pour concocter cet elpee, il avait reçu la collaboration d'invités prestigieux : Sam Myers, Anson Funderburgh, Willie Smith, Curtis Salgado et Lynwood Slim. Son nouvel album réunit la production scénique du groupe. Nick fréquente très souvent les meilleurs clubs ; et en particulier le House of Blues et le Buddy Guy's Legends. Pour la circonstance, il est soutenu par Gerry Hundt à harmonica et la guitare rythmique, Bob Welsh (NDR : un ex membre du Charlie Musselwhite Band et du backing group de Rusty Zinn) au piano et à l’orgue, Dave Wood à la basse et Victor Spann aux drums. Nick Moss a écrit douze des seize plages. Il a mis en forme et mixé les plages de ce disque, concocté dans son propre studio.
 
"Sadie Mae" est le nom de sa fille, un nom qu'il a choisi en s’inspirant de compos écrites par Hound Dog Taylor et John Lee Hooker. Et c'est ce titre maître qui met le feu aux poudres. Le son des cordes est très primaire. Le chant libéré. Mais la guitare sort de sa torpeur en dispensant un son très sourd, incendiaire, agressif, rappelant certaines époques de Jimmy Dawkins. Du blues comme on n'entend guère plus en ce début de siècle pourri. Ce son de guitare est toujours aussi torturé tout au long d’"I never forget". Un Chicago blues très westside, également proche de Magic Sam. Moss a la peau et l'âme d'un bluesman. Il a tout compris et ne manque pas l’excellente occasion qui se présente pour goûter à une telle représentation de classe. "Check my pulse" est un shuffle qui sent la poudre. Le piano sautillant de Bob Welsh se manifeste, tandis que le son paisible de la guitare évolue dans les hautes sphères. Le tempo est toujours aussi enlevé pour aborder "Just like that". Welsh est passé à l'orgue tandis que Hindt souffle puissamment dans l'harmonica, comme un Little Walter déjanté. Plage instrumentale, "Ridin' at the ranch" démontre le savoir-faire des musiciens. Nick développe son solo avec une facilité désarmante. "One eyed Jack" marque un changement de décor. Pour la circonstance, Nick emmène ses Flip Tops dans le Southside profond, au cœur du blues de Muddy Waters. Et se sert d’un bottleneck. Une technique qu’il maîtrise à la perfection, pendant que Welsh se prend pour Otis Spann. "Grease monkey" nous ramène de l'autre côté de la ville. Empreint d’une grande sensibilité, le toucher de guitare de Moss est ici emprunté à Dawkins. Le son est plus contemporain. L'orgue et le piano cohabitent. "Feel so ashamed" persévère dans ce style! "The money I make" opère un retour dans le blues urbain. Celui des années 50, lorsque les thèmes étaient encore largement empruntés au Delta. L’occasion pour Gerry Hindt de se consacrer à la guitare solo. Bob Welsh se réserve le boogie woogie instrumental "The coldcut stomp". Blues lent tapissé sur fond d'orgue, "The bishop" constitue certainement une des meilleures plages de l’elpee. Le phrasé de guitare glisse quelque part entre l’univers de Dawkins et celui de Magic Sam. Les reprises sont concentrées en fin d'album : "You got to love" d'Earl Hooker, "If I could get my hands on you" de Lefty Dizz – s’autorisant de solides envolées instrumentales proches de Junior Wells, Hindt s’y montre particulièrement expressif à l'harmonica - et "Crazy woman blues" de Jimmy Rogers. Un très long blues, lent, très intense. En fermant les yeux on se croirait revenu un demi-siècle en arrière. Ce superbe album s’achève par "Gone hoggin", un instrumental dominé par la slide. Ce « Sadie Mae » est certainement une des meilleures productions de 2005. Et je vous invite à vous procurer ce disque. Vous ne serez pas déçus !

Nick Moss

Count your blessings

Écrit par

Originaire d'un patelin proche de Chicago, Nick Moss se met à gratter la basse de son frère aîné Joe, dès son plus jeune âge. Il vient alors de contracter le virus du blues. Il fréquente alors tous les clubs mythiques de la Cité des Vents. Et est repéré par Jimmy Dawkins qui l'intègre dans son band. Il passe ensuite 4 années en compagnie de Willie "Big Eyes" Smith ; puis trois années avec Jimmy Rodgers. Et fonde enfin ses Flip Tops avec lesquels il enregistre successivement "First offense" et "Got a new plan".

Au sein du line up de cette formation, on retrouve son épouse Kate Hodinott. Préposée à la seconde guitare sur ce nouvel album. Mais aussi Andy Lester à la basse et Greg Campbell aux drums. "Count your blessings" est officiellement découpé en treize plages, dont les dix premières sont signées par Nick. Mais l'opus épingle cinq bonus tracks. Et toutes des reprises. Quel festin!

L'album s'ouvre par "Heavy on my mind". Evoluant sur un mid tempo, il est imprégné des sons du Chicago blues mythique. Les Flip Tops inspirent immédiatement le respect. Nick se réserve un premier solo déjà déterminant. Deux invités de marque y font déjà leur apparition : Mr Curtis Salgado ( jadis membre de Roomful of Blues) à l'harmonica, et Barrelhouse Chuck à l'orgue. Chuck passe au piano, Bob Stroger à la basse et Willie "Big Eyes" Smith à la batterie, pour aborder le titre maître. Curtis se met à souffler comme Jr Wells ou Jimmy Cotton. On a l'impression d'être en présence d'un super groupe local. Du bonheur à l'état pur ! Les plages suivantes confirment les premières impressions. Dans la démarche, elles me font penser à Mississippi Heat. En écoutant Salgado souffler dans les aigus sur "Gold digger", on en conclut qu'elles sont propices à la rencontre de générations différentes. Et on n'est pas au bout de nos surprises, car quatre fragments, dont deux bonus tracks, ont été enregistrés à Dallas en compagnie d'Anson Funderburgh. Les deux guitaristes s'en donnent à cœur joie. L'orgue Farfisa de Barrelhouse Chuck sonne très Booker T & the MGs. Epaulé par Chuck, Stroger et Smith, Nick recrée l'une des ambiances chères à Chess sur "Porchlight". Celle d'Elmore James en particulier. Enrichi par l'harmonica de Richard Duran, alias Lynwood Slim, "So tired" est le slow blues Chess par excellence. Slim partage d'ailleurs la production de cet elpee avec Moss. Et Chuck joue son Otis Spann!! En opérant la synthèse de ce qui se fait le mieux à Chicago, Nick Moss, le guitariste, nous illumine de son talent sur "Panic Attack". On distingue clairement l'emprunte laissée par Jimmy Rodgers sur le jeune Nick, tout au long du sobre "Breal bad". Que c'est bon! Et ce n'est pas tout ! Il se fait même Jimmy Reed sur "W.A.S.T.E.D". Faut dire qu'il possède une bonne voix le Moss. Pas un baryton, mais un timbre proche de nombreux bluesmen du Chicago d'époque. A partir de cet instant, il met ses Flip Tops (et lui-même) à la disposition de ses invités. Barrelhouse Chuck chante "Barrelhouse woman" de Leroy Carr, avec Funderburgh aux cordes, puis le lent et sublime "Ain't times hard" de Floyd Jones, au cours duquel Moss et Salgado accordent des soli émouvants. Venons-en enfin aux bonus tracks. Deux plages sont chantées par le vieux Sam Myers. "Hey hey", tout d'abord. Il libère un de ces sons pourris et met en exergue une intervention impérissable de Moss. "She brought life back to the dead" de Sonny Boy, ensuite. Qui sent bon le Texas. De son timbre graveleux, très proche d'un certain Magic Slim Curtis, Salgado interprète "This little voice, alors que Lynwood Slim se réserve "I chose to sing the blues", soutenu par Chuck au curieux orgue Vox Jaguar. Hommage appuyé à James Cotton, le bouquet final offre un beau duel échangé par les harmonicistes Salgado et Lynwood Slim. Je conseille vivement l'opus de ce jeune artiste, aux amateurs du blues de Chicago.