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The Smashing Pumpkins

Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun.

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Pour enregistrer son dixième elpee studio, The Smashing Pumpkins a réuni son line up aux trois-quarts, puisqu’il y manque la bassiste D'arcy Wretzky, qui s’est retirée de la scène musicale depuis l’an 2000. Jeff Shroeder assurait le rôle de lead guitariste, depuis 2008. Mais lors du retour de James Iha, il a repris celui de bassiste.

On ne peut pas dire que les albums de Smashing Pumpkins aient été fracassants, depuis le début du millénaire. Et la carrière de Billy Corgan en solitaire ainsi que chez Zwan ne s’est pas avérée davantage brillante.

Alors quoi ? Quid de ce “Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun”? Et bien, a contrario de ce que prétend la presse spécialisée, il est intéressant. Bien sûr, il n’atteint pas le statut de l’album culte de, Mellon Collie and the Infinite Sadness », mais il renoue avec un passé glorieux reflété par « Siamese dream » et « Adore ». Pas sur tout l’album, mais grâce à quelques compos bien torchées, comme le contagieux « Silvery sometimes (Ghosts) », le bien grunge « Solara » ainsi que « Marchin’ on », un titre percutant qui aurait pu figurer au répertoire de Metallica. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on sait que c’est Rick Rubin qui a produit le long playing. Enfin, pas long, plutôt court, puisqu’il ne dure que 33’. N’empêche les interventions de James Iha, à la gratte, valent leur pesant de cacahuètes, et puis Jimmy Chamberlin, malgré ses problèmes récurrents d’addiction, est un fameux drummer. Il étale même toute sa virtuosité sur la ballade épique mid tempo « Alienation », le single « Solara » ainsi que lors de la finale, « Seek and you shall destroy », une piste caractérisée par une bien jolie mélodie. Enfin, l’opus s’ouvre par une drôle de compo, une autre ballade alimentée par un synthé et enrichie de chœurs gospel. On en oublierait presque la voix de Billy Corgan qui est… égale à elle-même. Et si “Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun” n’est pas l’album de la décennie, il a au moins de mérite de retrouver ses fondamentaux. Alors à l’instar des citrouilles, pourquoi ne pas s’éclater. En espérant que le second chapitre soit encore de meilleure facture…

 

The Smashing Pumpkins

Monument to an Elegy

Écrit par

Fondé par Bill Corgan, il y a 28 ans, Smashing Pumpkins est considéré comme un dinosaure.

Et on doit vite se rendre compte que nous sommes les victimes de ce prédateur.

Si le succès n’est réellement apparu qu’au début des années 90, on a vite fait le calcul, ces enfoirés ont grandi avec ma génération ; Corgan était d’ailleurs à peine plus âgé que votre serviteur.

Un dinosaure, certes, mais qui peine à disparaître.

Non pas que nous le souhaitions, mais parfois mourir de sa belle mort, communique au mythe une certaine forme d’élégance.

Dans le chef des Pumpkins, il semble impensable de poser le mediator.

Mais essayons d’être objectif ; en nous demandant ce que « Monument to an Elegy » a vraiment dans le ventre ?

Faisons fi des accords métalliques chers au combo. Oublions leurs martèlements de fûts spécifiquement marécageux. Délaissons ces fiévreuses envolées si caractéristiques. Supprimons la voix nasillarde de Corgan. Que reste-t-il ?

Une innovation ? Une nouvelle approche de la musique ? Une subtilité discrètement camouflée ?

Et bien, si on enlève tous les éléments spécifiques à leur expression sonore, il ne reste rien. Nada !

Il faut pouvoir accepter cette situation. Pourtant, 20 ans plus tôt le combo nous réservait des compos originales, percutantes, élaborées, savoureuses et même bouleversantes. Aujourd’hui, il se mord la queue et n’est plus que l’ombre de lui-même.

Pourtant, « Monument to an Elegy » devrait ravir les irréductibles, nostalgiques des nineties. Ceux dont l’horloge s’est alors arrêtée.

Vu le talent de la bande à Billy, il est incompréhensible de la voir incapable de se remettre en question. De s’ouvrir de nouveaux horizons sonores. Pourtant, elle a suffisamment d’expérience pour y parvenir. Afin de mettre à genoux la nouvelle génération, sur son propre terrain.

Bref, soyez rassurés quand même, tout au long de « Monument to an Elegy » Smashing Pumpkins fait du Smashing Pumpkins. Les aficionados crieront peut-être même au génie mais Dieu reconnaîtra les siens.

 

The Smashing Pumpkins

If All Goes Wrong (Dvd)

Écrit par

Des Smashing Pumpkins du début, il ne reste aujourd’hui que deux figures de proue. Accompagnés de trois nouveaux membres ‘jetables’, Billy Corgan et Jimmy Chamberlain ont opéré, il y a deux ans, un retour fructueux qui s’est traduit par la confection de ce recueil intitulé « Zeitgeist » et a débouché sur une grande tournée de ‘réunion’. Ces événements sont à l’origine de « If All Goes Wrong », un double Dvd de près de 4h, indispensable à tout fan qui se respecte.

Le premier disque épingle un documentaire narrant les circonstances du grand retour des Smashing Pumpkins. Il retrace le long chemin de fortune emprunté par Corgan durant les sept années qui ont séparé le split du quatuor originel de cette reformation. La toile est tissée autour de compositions inédites qui donnent le ton de chacun des thèmes évoqués dans un documentaire qui jouit de la participation prestigieuse de Pete Townshend, guitariste du Who. Billy Corgan et Jimmy Chamberlain y donnent la parole aux nouveaux membres du groupe, à d’autres musiciens mais également aux fans, qui occupent une part centrale dans ce film.

En bonus, des aficionados racontent tout le bien qu’ils pensent de la formation et Pete Townsend (The Who) accorde une petite interview supplémentaire.

La deuxième partie est consacrée à un concert de près de deux heures enregistré au Fillmore à l’aide de pas moins de douze caméras. Le show fait la part belle aux inédits mais également aux compositions les moins évidentes de la discographie des Smashing Pumpkins. Aucun hit, donc. Bien que le son y soit quasiment parfait, ce second Dvd souffre d’une image ‘cracra’. Une explication ? Probablement la faute à la couleur dominante des spots : le bleu. Ce qui communique à l’ensemble un aspect sombre pas toujours agréable. En bonus, on retrouve Billy et ses acolytes durant les répétitions qui ont précédé le concert.

Bien qu’il s’adresse avant tout aux fans, « If All Goes Wrong » devrait également plaire aux profanes soucieux de découvrir, côté coulisses et/ou côté scène, l’univers et la biographie des Smashing Pumpkins, sans se fatiguer.

 

The Smashing Pumpkins

American Gothic (Ep)

Écrit par

Un peu moins d’un an après la sortie de « Zeitgeist », elpee qui célébrait leur come-back, et entre deux tournées (l’US et l’européenne qui passait par Forest ce 19/2), Billy Corgan et le reste de sa bande ont concocté cet Ep 4 titres. Aux USA, il est disponible uniquement via iTunes, l’artwork étant accessible gratuitement sur le site officiel du groupe. En Europe les aficionados peuvent se procurer le CD, au design audacieux, mais aux couleurs harmonieuses. Le contenu est tout autant surprenant.

Avouons-le tout de suite, les deux premiers titres ne sont guère emballants. En écoutant « Rose March », on se dit vraiment que les Pumpkins ne sont plus ‘Smashing’ mais plutôt ‘Rolling’. Il y a toujours ce timbre de voix si typique de Billy Corgan, mais sans véritable finition, on se demande ce qu’a bien pu foutre le personnel en studio. A moins qu’il se soit effacé afin de permettre à Billy de mener la danse de bout en bout. L’auditeur est d’ailleurs en droit de se demander où sont passés les arrangements si bien ficelés de « Zeitgest »

« Again, again, again » porte bien son titre, tant ce deuxième morceau semble tout aussi léger, voire bâclé serait-on tenté d’écrire. Il lasse et même irrite sur la longueur. Heureusement « Pox » exhale une petite bouffée d’air frais. Sur fond de guitare acoustique tendre et entraînant, tapissé à la manière des Californiens de Swell, Billy vient déposer sa voix plus douce et plus maîtrisée. Et cet Ep finit quand même sur une bonne note. En l’occurrence par « Sunkissed », une chanson diffusée sur les bonnes ondes radiophoniques. Et il faut croire que le groupe a envie de marquer le coup, en tournant définitivement la page du noisy/grunge des 90’s. Certains salueront ce virage en le qualifiant de rafraîchissant. D’autres, nostalgiques de la période « Gish » ou de l’incontournable « Mellon Collie and the Infinite Sadness » crieront au ‘grand n’importe quoi’. Reste à voir si ce n’était qu’une aventure sans lendemain ou si le prochain elpee des citrouilles sera du même acabit…

The Smashing Pumpkins

Zeitgeist

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Incontournables à la fin des années 90 et au début du XXIème siècle, les citrouilles écrasées sont aujourd’hui reconstituées, amputées tout de même de la moitié du line up original. Au service d’une pop métal à la gonflette, le groupe s’était séparé dans un contexte nébuleux, après la sortie d’un « Machina – The Machines of God » qui s’embourbait dans un rock excessivement chargé et prétentieux. Billy Corgan s’implique alors dans son projet solo Zwan, la liane rousse et bassiste Mellissa Auf Der Maur sort un excellent album sous son propre nom, tandis que le guitariste James Iha et le batteur Jimmy Chamberlain développent des projets intéressants, mais sans grand succès. Le Smashing Pumpkins cru 2007 c’est inévitablement Billy Corgan, maître à penser incontestable, escorté par son ami Jimmy Chamberlain. Les autres musicos ont été recruté via une petite annonce…

Après quelques écoutes de ce « Zeitgeist » coproduit par Terry Date, spécialiste des sons métalliques, on se rend vite à l’évidence. Rien n’a vraiment changé malgré ces sept années d’absence. Le combo reprend là où il s’était arrêté en 2000. Gros son saturé, voix plaintive, breaks paisibles, et en particulier une prédilection assez inattendue pour des riffs heavy. C’est sûr, Corgan ne vise pas à rivaliser avec Tokyo Hotel. Il le sait. Son public ne sera plus constitué d’adolescentes ‘grungettes’, mais bien d’anciens fans nostalgiques et autres amateurs de musique lourde. Le combo ne parviendra plus à remplir un Flanders Expo, mais se produira devant le public plus branché de l’AB.

« Zeitgeist » se révèle bien pensé, arrangé minutieusement et nous livre son lot de refrains franchement bien foutus. A commencer pas le single « Tarantula ». Cette compo confirme que le duo a davantage gardé un pied dans le métal et s’éloigne des influences cold wave et noisy régulièrement rencontrées sur leurs premiers opus. Certains estimeront prétentieux le titre évocateur « United States » caractérisé par son développement de près de onze minutes et ses gros roulements de batterie. Pourtant la pièce ne laisse pas indifférent, et sonne au final de façon très spontanée. Les Pumpkins sont immanquablement attachés à certains gimmicks. L’étonnant autant qu’amusant « Starz » en est une preuve incontestable. « Neverlost » apparaît telle une éclaircie dans l’univers rude et glauque de la nouvelle livraison du tandem Corgan/Chamberlain, tandis que « For God and Country » évoque la période « Mellon Collie… », sans le son hyper léché de ce monument indéracinable.

« Zeitgeist » n’est donc pas particulièrement osé et innovateur, mais il s’avère d’une certaine efficacité après une écoute approfondie. Et puis, la voix de Corgan et ses riffs de guitares, reconnaissables entre mille, réveilleront bien des souvenirs, et pas des plus désagréables !

The Smashing Pumpkins

Greatest hits

Écrit par

Le plus agaçant (NDR : mais aussi le plus stimulant !) pour les inconditionnels d'un groupe, c'est de découvrir sur un " Best of " ou un " Greatest hits ", l'un ou l'autre titre inédit. L'édition limitée de cette compile ne devrait pas trop faire hésiter les aficionados de Smashing Pumpkins, puisqu'elle en recèle une bonne dizaine. Pour la plupart excellents ! Faudra quand même qu'ils se grouillent, puisque la vente de ce double CD est limitée dans le temps. Des morceaux issus des sessions d'enregistrements de " Melon Collie and the infinite sadness ", de " Adore " et de " Machina ". Mais aussi des raretés et des faces " b " de singles. Pour celles ou ceux qui viendraient de découvrir l'existence ( ?!?!) du défunt groupe chicagolais (NDR : ça arrive, faut pas rigoler !), réputé pour son mélange très personnel de métal et de psychédélisme, ce recueil découpé en 34 fragments constitue une excellente introduction. Pour en savoir davantage, je les invite quand même à utiliser notre moteur de recherche…

 

The Smashing Pumpkins

Adore

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Smashing Pumpkins est en constante évolution. Surtout sur disque. On avait déjà pu le constater sur le très (trop ?) riche double CD " Mellon collie and the infinite sadness ". Et bien " Adore " est encore plus surprenant. On est d’ailleurs ici à des années lumière du post grunge dispensé sur " Siamese dream " ou sur les planches.

" Adore " privilégie les climats soignés, tendres et délicats. L’ombre de Guy Chadwick plane ainsi sur " To sheila ", à cause de la richesse et de la subtilité des arrangements ; voire même de son défunt House Of Love. Comme sur la ballade " Once upon a time " ou encore sur " Daphné descends ", velouté par une guitare vibrato, " noisy ". Tout comme sur le dernier opus, Smahing Pumpkins réserve également une place à des fragments plus élaborés, plus progressifs. " For Martha ", par exemple. Mais un prog rock qui n’effleure que les aspects les plus paisibles d’un Yes, voire d’un Genesis, lorsqu’il était encore sous l’emprise de l’archange Gabriel. Ou encore " Blank page ", dont les harmonies vocales limpides, irréprochables, falsetto, se lovent dans une texture à la fois brumeuse et complexe, comme chez Robert Wyatt. Le groupe chicagolais n’en oublie pas pour autant de s’aventurer dans le psychédélisme, sur " Behold ! The nightmare ". Cinq minutes douze à la recherche du " Magical Mystery Tour " des quatre de Liverpool, de Syd Barrett et de My Bloody Valentine. Mais le plus surprenant procède de cette approche de l’électro pop pratiquée par le (défunt ?) New Order. Hymniquement " Perfect ", ou, si on veut bien en éplucher un zeste, " Apples + oranges ". On a même droit à un périple dans la cold wave pornographiquement ‘curiste’", à travers le succulent " Shame ". Et si l’intimiste " The tale of dusty pistol Pete " s’inscrit dans un contexte beatlenesque (référence à " Julia " du " Double blanc "), et que " Pug " résonne aux accents bringuebalants d’" I want you " des même Fab Four, le somptueux " Tear ", affiche la solennité baroque du " Beggars Banquet " des Stones, alors que le single " Ava Adore ", semble avoir calqué son groove sur " I will rock you " de Queen. Son groove seulement, heureusement ! Un album remarquable, il faut l’avouer !

 

The Smashing Pumpkins

Pisces iscariot

" Pisces Iscariot " n'est pas le nouvel album d'un des groupes les plus importants des nineties, mais nous aurions pu le croire. En effet, s'il n'est sorti aux States, il y a déjà deux ans, ce morceau de plastique qui ne réunit que des faces B de singles, des reprises et des " Peel sessions " présente tous les ingrédients nécessaires et indispensables à la réalisation d'un album événement. Tout y est. Sensibilité, profondeur et mélancolie pour les ballades telles que " Soothe ", " Blew away " ou " Whir ". Agressivité, puissance musicale et ferveur pour les titres plus âpres, difficiles comme " Frail and bedazzled " ou " Pissant ". Le tout marqué par cette volonté profonde d'innover. Smashing Pumpkins n'a plus rien à voir avec cette scène grunge qui a fait son temps. Il représente aujourd'hui toute une génération en manque de projet, d'espoir et risque fort bien dans quelques années d'être l'image de toute la musique américaine des années 90, tels que l'étaient les Doors ou le Velvet Underground, durant les sixties. Indispensable!

 

The Smashing Pumpkins

Siamese Dream

Smashing Pumpkins cultive, non pas des potirons, mais l'ambiguïté avec beaucoup d'adresse. Ambiguïté des lyrics, de la musique, mais également des propos affichés par les membres du groupe. Pourtant, à l'origine, le quartet de Chicago semblait surtout inspiré par les vertus du psychédélisme insulaire. Celui de Syd Barrett en particulier. "Gish", premier elpee de cet ensemble yankee (Chicago), en était la plus belle démonstration. Produit par Butch Vig, flanqué pour la circonstance d'Alan ‘My Bloody Valentine’ Moulder, "Siamese Dream", s'est quelque peu converti aux concepts métalliques bien dans l'air du temps. Les mauvaises langues ajouteront même au ‘grunge’! "Quiet", deuxième fragment du CD y est en tout cas plongé jusqu'au cou. Cette composition pourrait d'ailleurs devenir à Smashing Pumpkins, ce que "Smell like teen spirit" était à Nirvana. Mais n'anticipons pas!...Sans quoi, tout au long de ce disque, le groupe pille en quelque sorte toute l'histoire du rock'n’roll pour en remodeler une forme plus stimulante, plus progressive. Parfois vous penserez à Suede, à T Rex, à Steve Harley, à Steppenwolf, aux Beatles et pourquoi pas à N******. Mais la mixture sonore est tellement bien agitée, qu'elle ne permet plus guère de comparaison ; certaines compositions mélangeant même une intensité sub métallique et une pureté émotionnelle nées de somptueux arrangements symphoniques...