La cavalcade de Jéhan…

Poussé par un nouvel élan poétique, Jean Jéhan a sorti son nouvel opus, « On ne sait jamais », le 18 novembre 2023. Pour ce cinquième elpee, Jéhan fait le choix de s'affranchir de ses affinités folk rock, pour aller vers des horizons plus dégagés. On retrouve…

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of Montreal

Autant pour les yeux que pour les oreilles…

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Deux premières parties avant le concert d’of Montreal, c’était assurément uns soirée qui allait nous mener tard. Et en ce qui concerne le premier groupe, Recorders, on n’aurait pu vraiment faire l’impasse. Enfin, ce n’est sans doute pas l’avis de la famille et des amis venus en nombre pour les applaudir chaleureusement. Ils devaient bien être 150, et la plupart se sont barrés après leur prestation. Bref, le chanteur/bassiste porte un beau masque de plumes, comme les mayas, mais il manque de voix. Le guitariste dispose d’une belle panoplie de guitares, mais on n’entend guère de notes sortir de son manche ; et si le claviériste se débrouille plutôt bien aux backing vocaux, ses interventions sont noyées dans l’ensemble. Seul le drummer assure. Mais gros problème, la section rythmique est beaucoup trop puissante, si bien que le volume monte en décibels pour aboutir à un résultat sans grande consistance…

Yip Deceiver, c’est le projet de Davey Pierce, qu’a donc rejoint Nicholas Dobbratz, deux musiciens qui militent également chez of Montreal. Au sein du duo, le premier se réserve les  claviers et bidouille à l’aide d’une boîte à rythmes hi-tech. Quand au second, il joue également des claviers mais aussi parfois de la guitare. Les deux musicos chantent et leurs voix se conjuguent parfaitement en harmonie. Curieux, leurs deux claviers sont placés face à face, nous montrant le plus souvent le tandem de profil. Leur musique est excitante et dansante et campe une électro-pop directement inspirée par la face la plus disco de la new wave. Pensez à Depeche Mode, Human League, Soft Cell et même à Yazoo. Un set ma foi bien agréable et qui finalement nous a réservé une bonne surprise…

On installe quelques panneaux à la trame semi-transparente, mais de couleur blanche, au bord de la scène. En fait, ils sont destinés à recevoir des projections d’images psychédéliques, tout au long du spectacle. Tout comme ceux placés au fond de la scène en hauteur, à gauche et à droite. Des projections nées des élucubrations de Kevin Barnes, le leader d’of Montreal ; à tel point qu’on se demande si on n’assiste pas à une version détraquée du « Yellow Submarine » des Fab Four. Et le graphisme de ses pochettes, qu’il prend soin de réaliser personnellement, en est certainement la plus belle illustration. Faut dire aussi que les thèmes développés par ses chansons traitent le plus souvent de désespoir, de paranoïa et de défiance. Enfin, tout au long de ce show coloré, on aura droit aux interventions de deux personnages déguisés en rat d’hôtel. Au début, ils sont vêtus de noir, puis de blanc, prennent finalement quelques couleurs, mais jouent aussi aux fantômes, déploient de grandes ailes, font tournoyer des parasols, se déguisent en fœtus monstrueux, portent des masques diaboliques, projettent des petites bandelettes de papier ou balancent des grappes de ballons blancs dans la foule, et j’en passe… on aura même droit à une séance de crowdsurfing accomplie par un de ces figurants.

Le décor planté, venons-en aux musiciens. Ils sont huit sur l’estrade. Une claviériste, un violoniste/guitariste, un drummer, un saxophoniste/flûtiste/guitariste, un guitariste soliste (NDR : les cheveux roux, des rouflaquettes impressionnantes, il aurait pu militer au sein d’un groupe garage des sixties !), sans oublier les deux musicos de Yip Deceiver, l’un aux percus et aux bidouillages, l’autre à la basse et parfois aux claviers. Et enfin Kevin Barnes, tour à tour derrière son piano portable en front de scène ou debout derrière son pied de micro, s’accompagnant alors régulièrement à la guitare. En début de parcours, Kevin porte une veste, qu’il va ôter après quelques morceaux, pour laisser ensuite apparaitre une chemise de couleur rouge vif, garnie de dentelles. Il s’est maquillé les yeux de fard bleu et porte de longs cheveux tirés d’un côté, obscurcissant partiellement la face droite de son visage. Une tenue finalement bien adaptée à la flamboyance de sa musique.

Le set s’ouvre par les deux premiers morceaux du dernier elpee, « Gelid ascent » et « Spiteful intervention ». La musique navigue entre pop, psychédélisme, disco, glam et prog. Les changements de rythmes sont réguliers. Parfois même au cours d’un même morceau. Le falsetto de Kevin me fait quelquefois penser à Prince ou alors à Todd Rundgren. Surtout lors du slow « Exquisite’s confessions ». Les compos les plus sauvages sont également celles au cours desquelles le groupe a recours au plus de grattes. A un certain moment, ils sont 4 sixcordistes ; et on peut dire que l’intensité est alors à son comble. Sur les morceaux les plus dansants, Barnes se met aussi à remuer le corps lascivement, déboutonnant sa chemise et… Bref, c’est un véritable showman. Le public est réceptif. Il danse, chante, balance les bras ou frappe dans les mains. Et impossible de résister lors de l’allègre « Heimdalgate like prome thean curse ». Le set s’achève par « April », sous les acclamations nourries du public.

L’attente est longue pour obtenir le rappel. Soudain, nos deux figurants déguisés en porcs montent sur le podium. Ils débranchent le piano et font mine de l’emporter sous les huées de la foule. En posant l’index sur la bouche, ils nous demandent de nous taire. J’entends un spectateur lancer : ‘Ils vont nous jouer un tour de cochon’. Puis les deux énergumènes invitent les spectateurs à lever les bras et à les balancer en cadence, tout en appuyant ces gestes de leurs clameurs. Moment choisi par le groupe pour remonter sur l’estrade. Of Montreal va alors nous accorder un long rappel, interprétant au passage « Kissing in the grass ». Nos deux intervenants décident alors de soulever Kevin et de le hisser sur leurs épaules. Le temps de redescendre sur le plancher des vaches, et le band vide les lieux, sous un tonnerre d’applaudissements. Mais la musique de fond est rapidement rétablie tout comme les lumières. Il y a des bandelettes de papier partout. Demain, le service de nettoyage va pester. Mais, ce soir on s’est bien amusé. Oh, bien sûr, certains diront peut-être que le set était décousu. Mais ce spectacle, ce véritable show était très riche, coloré, imprévisible, excitant et à la limite fascinant. Et on en a eu autant pour les yeux que pour les oreilles.

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos : ici

 

 

of Montreal

Spectacle total

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Lors d’une interview accordée dans un magazine belge, Kevin Barnes, chanteur et tête pensante d’Of Montreal confiait, à propos de la prochaine tournée de son groupe, qu’il allait mettre sur pied une performance théâtrale assez complexe. La plus grande production de l’histoire de la formation. Et mettre en scène une multitude de marionnettes humaines, nécessitant une foule de costumes. Jugeant même ce projet formidable…’ Autant dire que ces déclarations ouvrent l’appétit, surtout lorsqu’on connaît les prestations ‘live’ complètement déjantées du groupe d’Athens (Georgie). D’ailleurs les spectateurs présents à la Rotonde, voici 2 ans, se rappellent sans aucun doute de leur show complètement barré.

Le concert accordé ce vendredi 16 octobre à l’Orangerie offrait une merveilleuse occasion de vérifier ses dires et de découvrir leur nouvel album, « False Priest ».

20h00 pétantes, la première partie s’apprête à monter sur la scène du Botanique. La salle est à moitié remplie, l’ambiance décontractée. Tape Tum est un duo belge, renforcé par un groupe réunissant Bruxellois et Gantois, en ‘live’. Il tente de chauffer la salle. Et leur tout premier morceau suscite manifestement l’enthousiasme. Malheureusement, l’intensité retombe aussi rapidement qu’elle s’est déclenchée. La concentration de l’audience s’étiole et les bavardages s’intensifient. Pourtant, le rock teinté d’exotisme de ce combo ne manque pas de charme, mais le mélomane lambda éprouve de grosses difficultés à suivre le fil du concert. Néanmoins, après une demi-heure, le band se retire, sous les applaudissements du public.

Vers 21h00, une partie de la troupe d’Of Montreal, tout de blanc vêtue, monte sur les planches. La salle est maintenant remplie. Un écran géant sert de décor. Les premières sonorités de guitare déchirent l’univers sonore. Il règne alors un climat lourd et malsain. Un homme-poisson, armé de fusils, les rejoint. Il est suivi, quelques instants plus tard, par le leader, Kevin Barnes. Maquillé (NDR : comme d’hab !) et vêtu d’une robe. Le combo ouvre alors les hostilités set par un des morceaux du nouvel elpee, « Coquet Coquette ». Les lumières scintillent, les musiciens s’en donnent à cœur joie et Barnes se tortille dans tous les sens, lorsque soudainement, un démon fait son apparition. Et entame alors un combat contre le poisson !!! En un seul morceau, Kevin Barnes est parvenu à nous entraîner au sein d’un univers surréaliste. Un monde des ténèbres en mode funky. Qui  dit mieux ? Les titres du dernier opus s’enchaînent. Le public est conquis. Impossible de quitter le spectacle des yeux. Chaque compo offre son lot de surprises. Lorsque les démons ne se chamaillent plus, les fantômes aux ailes dorées les remplacent. Tout est imaginé et exécuté à la perfection, tant au niveau musical que scénique. Mais lorsque Barnes revient déguisé, une corde autour du cou, pendant que des images de visages d’enfants et de vieillards qui se déforment au rythme de la musique sont projetées, l’Orangerie est comme pétrifiée. Si la majorité des plages du dernier long playing sont interprétées, la formation n’oublie cependant pas ses morceaux les plus ensorcelants, tels que « For Our Elegant Caste », « An Education Instance » ou encore « Heimdalgate Like A Promethean Curse ». Autant dire que les fans se régalent. Après une heure et demie, la troupe se retire.

A peine 5 minutes plus tard, l’équipe revient sur l’estrade et entame une série de reprises dont le « Thriller » de Michael Jackson. Of Montreal s’amuse et c’est visible. Plaisir communicatif au vu du nombre de spectateurs se déhanchant sur les rythmes entraînants. Que du bonheur donc… Kevin Barnes et ses comparses vident les lieux pour revenir quelques instants plus tard. Ils nous réservent alors ce qui constitue, pour votre serviteur, le meilleur morceau d’Of Montreal paru à ce jour: « The Past Is A Grotesque Animal ». Dépouillé de tout apparat, démaquillé, Barnes y révèle toute sa sensibilité à fleur de peau. Dix minutes qui s’achèvent dans un véritable bordel sonore. Le groupe se retire alors, définitivement. Respect !

Après deux heures de représentation, il faut reconnaître que Kevin Barnes a tenu parole. Car finalement, ce n’est pas à un concert que nous avons assisté, ce soir, mais à un spectacle total. Au cours duquel il apporte des tas de couleurs aux ténèbres. Lors de cette dernière date européenne, Of Montreal est allé au bout de lui-même et ce don de soi, le public l’a parfaitement perçu… 

Organisation Botanique

of Montreal

Un spectacle total…

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Groupe à la fois original, inclassable et déjanté sur disque, Of Montreal jouit également d’une très flatteuse réputation scénique. Ces natifs d’Athens (Géorgie, USA) jouaient à Lille le 30 janvier dernier. Un crochet via le Nord de la France quelques jours après leur show enthousiasmant, accordé à la Rotonde à Bruxelles. Le concert n’est pas sold out même si ses deux magnifiques derniers albums (« Hissing fauna, are you the destroyer ? » et « Skeletal Lamping ») ont reçu d’excellentes critiques, de la part de la presse musicale.

J’avais assisté à leur set, quelques jours plus tôt au Botanique. Et je les avais quittés totalement conquis ! A tel point que j’ai décidé d’emmener ma copine pour aller les applaudir à l’Aéronef. La question n’était donc plus de savoir comment le groupe allait retranscrire son nouvel opus sur scène ; car une réponse magistrale m’avait déjà été fournie à Bruxelles.

Le soir même, la salle est une nouvelle fois bien remplie. Certes l’Aéronef ne possède pas le cachet de la Rotonde, mais la foule est plus nombreuse (et bien plus jeune qu’à Bruxelles). Le concert débute. Attentif, le public s’attend aux surprises. Car la légende raconte qu’Of Montréal ne déçoit jamais ! Dès les premières minutes, les coups de théâtre se succèdent à nouveau. Un homme au masque de tigre introduit le groupe de manière originale. Les musiciens montent ensuite sur les planches, déguisés. Mention spéciale au guitariste arborant de fières ailes noires d’ange déchu. Leur charismatique chanteur, Kevin Barnes, interprète dans un premier temps les chansons du nouvel opus, telles les excellents « Gallery Pierce » ou « Id Engager ». Le spectacle est total. Les compositions assurent et l’aspect visuel n’est pas négligé. Sur scène aux côtés des musiciens, les roadies, habillés de déguisements impossibles, interprètent de brèves scénettes… de petites odes à la liberté (sexuelle bien souvent) représentant à merveille l’état d’esprit du groupe. Les déhanchements du chanteur ne sont pas une légende non plus… L’ambiance monte, le public danse, chante, se projette dans la musique sans retenue... Le concert est unique. La musique superbe. L’ambiance exceptionnelle. Bref, lorsqu’ils se produisent à nouveau, près de chez vous, ne les ratez surtout pas...

Le concert touche à sa fin lorsque Kevin Barnes quitte les planches pour revenir quasi nu, recouvert de mousse… Il interprète alors les dansants « A sentence of sorts in Kongsviger » et «  Suffer for fashion ». Le rappel est rock, quasi punk… donnant une idée de ce à quoi la musique d’Of Montréal pouvait ressembler, il y a quelques années.

Hormis l’envoi d’un nuage de plumes sur le public en guise d’apothéose et l’incursion des acteurs dans la fosse pour exécuter quelques pas de danse en compagnie des spectateurs, le spectacle est identique à celui de Bruxelles. La différence se situe principalement dans l’attitude du chanteur. Bien plus impliqué, énergique et souriant, il semble prendre beaucoup plus de plaisir cette fois. L’absence de réaction du public bruxellois a-t-elle freiné ses élans ?

Pour ajouter à cette euphorie quasi totale, notons également l’excellente prestation du supporting act. Tant à Bruxelles qu’à Lille, le quintet norvégien Casiokids a impressionné en dispensant une électro entrainante et rêveuse, dans un style sis quelque part entre Hot Chip et LCD Soundsystem. A revoir en première partie de Soldout le 19 Février.

Organisation Aéronef de Lille

of Montreal

Back To Glam

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Ils avaient fait une apparition très remarquée lors de la soirée ‘All Access’ des Nuits Botanique en mai dernier aux côtés de I’m From Barcelona ou encore We Are Scientists. Cette fois, c’est au tour de la Rotonde d’être investie par les délires sonores et visuels de of Montreal. La promo de « Hissing Fauna, Are You The Destroyer ? » à peine achevée, le quintet d’Athens remet le couvert, à guichets fermés. Entre paillettes et provocation.

La première partie était assurée par Casiokids, formation norvégienne d’electro-pop. Le risque de se planter en attestant qu’il s’agit d’une formation dont on entendra beaucoup parler dans les mois qui suivent est moindre. En effet, Casiokids jouit d’un bon petit buzz naissant sur la toile et honore celui-ci en assénant au public des beats irrésistibles extraits de « Fuck Midi!! », publié en 2006, ainsi que de leur second opus, à paraître d’ici peu. Séance de rattrapage en compagnie de Soldout le 19 février à l’AB.

Quelques instants après la fin du set de Casiokids, un drôle de personnage apparaît sur scène. Un chef d’orchestre à la tête de tigre, tiré à quatre épingles, donne le signal de départ. Pas de doute, nous assistons bien à un concert d’of Montreal. Kevin Barnes et ses acolytes suivent de près et entament un set tonitruant devant un écran projetant des bizarreries animées. Barnes joue aux Bowie, remet le Glam au goût du jour et se montre presque à la hauteur du mythe. of Montreal retrace les dernières années de sa carrière et présente son petit dernier, « Skeletal Lamping », de manière très théâtrale. Sur scène se succèdent des ninjas, de gros bouddhas dorés et approximatifs, le diable en personne ou encore Barnes dans un cercueil.

Mais le clou du spectacle nous est venu du rappel. Le chef d’orchestre à la tête de tigre se mesure alors à un Superman celle de Branchiosaure lors d’un combat courtois, aussi improbable que l’ensemble des costumes ayant défilés tout le long de la soirée. Quelques minutes plus tard, le quintet réinvestit les planches de la Rotonde et achève un spectacle des plus psychés et éclectiques par « Ever Fall In Love », honorable reprise des Buzzcocks. Le Glam est loin d’être enterré.

Organisation : Botanique