Ce n’est pas la fin pour Caesaria…

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Une lune de nacre éclaire And Also The Trees…

« Mother-of-pearl moon », le nouvel elpee d’And Also The Trees, paraîtra ce 23 février 2024. Nés d'une série d'improvisations à la guitare électrique, de Justin Jones avant et après l'aube, pendant un mois de solitude en 2020, les morceaux se sont ensuite…

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Coldplay

Music of the spheres

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A l’instar de Radiohead, Coldplay peut se targuer de disposer d’un line up immuable. Mais les comparaisons s’arrêtent là ; car si la bande à Thom Yorke a toujours résisté aux sirènes purement rémunératrices du ‘mainstream’, celle à Chris Martin y a cédé depuis longtemps. Pourtant à l’origine, à l’instar du band d’Oxford, Coldplay pratiquait une musique indie, puisant notamment ses références chez Echo & The Bunnymen et House of love. Deux excellents elpees plus tard (« Parachutes » en 2000 et « A Rush Of Blood To The Head », en 2002), la magie avait déjà fini d’opérer et on pouvait déjà classer la formation dans la catégorie des grosses cylindrées vides de contenu et prête à engranger des thunes.

Début du millénaire, votre serviteur avait eu l’opportunité de rencontrer Will Champion, le drummer. Il l’avait invité à venir revoir le groupe, 20 voire 30 ans plus tard, car les musiciens n’avaient pas grand-chose à raconter (à lire ou relire ). Et Chris Martin, croisé quelques minutes plus tard, avait confirmé ses propos. Maintenant, faut pas rêver quand même…

Et puis de quoi causerait-on ? Certainement pas de musique. De bande dessinée, peut-être, car Chris est un excellent cartooniste. Et puis, bien évidemment, de leur engagement auprès des associations caritatives et en matière d’écologie. Et ça, on ne peut pas leur retirer. Après avoir consulté des experts de la crise climatique, le band compte d’ailleurs bien diminuer ses émissions de CO2 de 50%. Batterie de spectacle rechargeable (NDR : au lieu des générateurs à hydrocarbures), confettis biodégradables, éco-gobelets, panneaux solaires et plancher cinétique contribueront à cet objectif lors de leur tournée 2022.  

A propose d’écologie, sur le nouvel opus, figure « Higher power », titre dont le clip est consacré à une pub destinée à la promotion d’une voiture électrique. Une chanson contagieuse, mais dont la mélodie finit par vous énerver tellement elle est difficile à évacuer de votre matière grise. Sans quoi le thème principal de l’album tourne autour l’espace intersidéral et des aliens (NDR : des petits hommes verts ?). Le disque recèle ainsi quelques interludes d’ambient cosmique. Mais pas de titre susceptible de déclencher une nouvelle guerre des étoiles. D’autant plus que ces mélodies, on a l’impression de les avoir déjà entendues, dans le passé…

Plusieurs collaborations sont quand même à épingler. Tout d’abord Selena Gomez qui chante en duo avec Chris sur le slow insipide « Let some body go ». We are King et Jacob Collier sur « Human heart », une plage chantée a cappella qui aurait pu se révéler remarquable si elle avait été abordée sous forme polyphonique et pas computarisée. Et enfin, le groupe K-pop BTS sur « My universe », une plage que le band pourrait défendre dans le cadre du concours Eurovision. « People of the pride » s’autorise quelques accès plus enlevés et groovy, mais faute de digressions électriques, elle retombe rapidement à plat. Le long playing propose deux morceaux plus électro, fallait s’en douter. Tout d’abord, le mid tempo « Biutyful », dominé par le tempo d’une boîte à rythmes, et puis « Infinity sign », carrément converti au ‘tchack, tchack, boum’.

Morceau final, « Coloratura » s’étale sur un peu plus de 10 minutes. Tramé sur des accords de piano et traversé d’envolées de guitare floydiennes, pour ne pas dire gémissantes, il est manifestement plus élaboré, sans pour autant s’avérer révolutionnaire.

Après une telle chronique, votre serviteur va encore se faire des amis…

 

 


 

Coldplay

Le reflet d'un bonheur fugace, mais intense...

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Il y avait longtemps que je n'avais plus vu autant de monde à Forest National. Si mes souvenirs sont exacts, c'était lors d'un concert de Depeche Mode. En 1997. Celui des britanniques Coldplay était bien évidemment sold out. Même le poulailler était plus que copieusement garni. Malheureusement, je n'ai pu assister qu'à la fin du set accordé par le supporting act, en l'occurrence Idlewild. Un retard provoqué par les travaux, les embouteillages et le temps nécessaire pour trouver une place de parking...

Mais venons-en à Coldplay. Première constatation, le light show est tout bonnement remarquable. Plusieurs écrans restituent, tant au dessus que derrière le groupe, les prestations individuelles des musiciens. Tantôt en couleurs, tantôt en noir et blanc. A l'instar de ce que U2 avait utilisé lors de son 'Elevation tour'. Sans oublier les stroboscopes et les lasers. Lors du rappel, un de ceux-ci va même projeter un ciel jaune virtuel, où les nuages circulent, juste au-dessus du public. Magique !

Ah oui, et le concert alors ? Somptueux, tout simplement ! Pourtant, après quelques morceaux, j'ai eu un peu peur, que la formation se contente de reproduire méthodiquement les plages de ses deux albums. Un peu comme le groupe l'avait fait lors de son dernier passage à l'AB. Une impression qui a duré 20 bonnes minutes. Et puis Coldplay s'est totalement libéré. Alternant chansons issues de ses deux opus, Chris Martin passe du piano à la guitare sèche ou électrique, comme si c'était déjà un vieux briscard. Assis derrière les ivoires, il ne tient pas en place. Debout, il saute d'un côté à l'autre de la scène. Aussi lorsque l'intensité électrique jaillit, c'est toute l'assistance qui s'enflamme. Et je pense tout particulièrement à cette interprétation flamboyante de « One I Love », issue du single « In my place », qui m'a rappelé les meilleurs moments de House Of Love. Faut dire que Jon Buckland, le guitariste, y met la gomme. Chris s'excuse de ne pas trop bien parler dans la langue de Molière. Mais il le fait avec une telle candeur, qu'on en tombe sous le charme. Sa voix est bourrée de feeling et correspond parfaitement au profil romantique de ses chansons. Mais, il a pris de la bouteille et tourne le micro vers le public pour le laisser reprendre en chœur ses plus belles mélodies. Des moments d'émotion indescriptibles pour les aficionados. Et n'oublions pas pour autant le travail de Guy Berryman à la basse et de Will Champion aux drums, une redoutable section rythmique décidée à ne laisser déraper le concert que si elle le contrôle. Une bonne heure trente-cinq plus tard, y compris le rappel, on pouvait lire sur le visage des spectateurs le reflet d'un bonheur fugace, mais intense. Comme quoi le rock ça peut rendre encore heureux.

Après un tel set, je me suis juste posé une question : celle de savoir si le groupe avait encore l'intention de grandir et risquer de perdre sa spontanéité juvénile, ou alors de conserver sa dimension humaine. Je n'ai pas la réponse, mais j'ai toujours en mémoire des (mauvais) exemples de groupes, qui au sommet de leur art, ont oublié qu'il fallait aussi se renouveler. Pensez à Simple Minds. Et même à Radiohead, qui à une certaine époque, a failli tomber dans le piège. Croisons les doigts pour que l'histoire ne soit pas un éternel recommencement.

 

Coldplay

Ghost Stories Live 2014

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C’est en 1996, à Londres, que le chanteur/pianiste/guitariste Chris Martin et le guitariste Jon Buckland décident de monter un groupe. Le gratteur Guy Berryman les rejoint ensuite et le band insulaire prend le nom de Starfish. Ce n’est qu’après l’arrivée du drummer Will Champion et du producteur Phil Harvey, qu’il opte pour le patronyme de Coldplay. Soit en 1998. Il publie alors ses deux premiers Eps. Et signe chez Parlophone. Coldplay est devenu aujourd'hui l'un des plus grands groupes de rock à succès du nouveau millénaire. Il a ainsi vendu près de 60 millions d'albums. Critiqué mais régulièrement récompensé, il a décroché 8 Brit Awards, 7 Grammy Awards, 6 Q Awards et 5 NME Awards. Il a aussi été élu, en décembre 2009, quatrième meilleur artiste des années 2000 par les lecteurs du magazine Rolling Stone.

Si « Parachutes », leur premier long playing, est à la fois considéré comme leur meilleur gravé à ce jour, méritant d’ailleurs de figurer parmi les albums cultes, ce sont « X&Y » et surtout « Viva la Vida Or Death And All His Friends » qui vont permettre à Coldplay d’asseoir sa consécration. Paru en 2011, « Mylo Xyloto » nous avait laissé sur notre faim. Et le mollasson « Ghost stories » trop peu voire pas du tout satisfait. Qu’attendre dès lors de cette version live de ce long playing ?

Coldplay se rappelle donc aux bons souvenirs du Père Noël en publiant ce « Ghost Stories Live 2014 » que les fans ont certainement eu à coeur de déposer au pied du sapin. Il y réunit un dvd et un cd qui reprend les titres de l’LP studio, dans son intégralité et dans l'ordre des morceaux. Le second compile des prestations accordées à Londres, Sydney, Paris et New York. Face à un public enthousiaste, le quatuor égrène ses compos empreintes de douceur, dans des adaptations scéniques qui l'éloignent du cliché de ‘stadium band’. Un statut qui lui colle à la peau. « Magic », « Ink » et « Oceans » affichent un côté atmosphérique et délicat très réussi. Il est vrai que sur les planches, les musicos sont de véritables bêtes de scène ; et en particulier Chris Martin. Ayant eu le bonheur d’assister 4 fois à l’un de leurs shows, je vous avoue que leur musique me procure des sensations particulières. Le rêve peut même devenir parfait en fermant les yeux. Des conditions idéales pour être téléportés dans l'amphithéâtre où se déroule l'évènement.

Coldplay lance également un clip novateur pour « Ink », le quatrième single tiré de l'album « Ghost Stories ». L'expérience est à vivre dès maintenant ici. Les fans peuvent choisir eux-mêmes le déroulement de l'histoire à travers un conte interactif et animé qui vous emmène sur les traces d'un jeune voyageur à la recherche de son amour perdu. Tout au long de la vidéo, le spectateur est amené à faire des choix en temps réel qui influencent le déroulement de l'histoire. Plus de 300 histoires différentes peuvent ainsi prendre vie. Ce nouveau clip suit de près, la sortie de l'album « Ghost Stories Live 2014 ».

« Ghost stories » est un album mélancolique qui reflète l’état dépressif de Chris, vécu juste après sa rupture avec Gwyneth Paltrow. D’une durée de 35 minutes, on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement inspiré.

Mais venons-en au live ! « Always In My Head » ouvre le concert comme l’elpee. Tout en douceur. Le chant est intense et passionné. Un peu plus électro, « True Love » et « Midnight » élèvent davantage le tempo. Les titres des morceaux reflètent les déboires amoureux de notre nouveau célibataire : « Tell Me You Love Me » (Dis- moi que tu m'aimes), « Meet Me In The Rain Again » (Rencontre-moi à nouveau sous la pluie), « I Am Going To Give You My Heart » (Je vais te donner mon coeur), « True Love » (Le véritable amour). Les deux premier ssingles (« A Sky Full Of Stars », co-produit par Avicii et « Magic »), adoptent également un profil plus électro.

Pour accompagner ce dernier opus, la bande de Chris Martin a décidé de sortir un cd live des performances de leur récente tournée mondiale et d'un concert accordé en petit comité, dans les studios Sony de Los Angeles, face à un auditoire trié sur le volet qui découvrait les nouvelles chansons en avant-première.

Setlist :

« Always In My Head » (Live at the Royal Albert Hall, London)
« Magic » (Live at the Enmore Theatre, Sydney)

« Ink » (Live at Le Casino de Paris, Paris)
« True Love » (Live at the Enmore Theatre, Sydney)
« Midnight » (Live at the Royal Albert Hall, London)
« Another’s Arms » (Live at the Beacon Theatre, New York)
« Oceans » (Live at E-Werk, Cologne)
« A Sky Full Of Stars » (Live at the Royal Albert Hall, London)
« O » (Live at Royce Hall, Los Angeles)

Coldplay

Viva La Vida Or Death And All His Friends

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Ecrire la chronique d’un nouvel album de Coldplay est un exercice de style périlleux. Si vous encensez, les puristes vous traiteront de faux cul. Si vous le descendez en flammes, les nombreux aficionados vous prendront pour un blasé. Enfin, si vous lui trouvez des qualités et des défauts, vous ne contenterez ni les uns, ni les autres. Finalement, c’est pour le troisième choix que votre serviteur a opté, histoire de susciter la polémique.

Mais tout d’abord, parlons de l’aspect technique de cet opus. La pochette. Superbe. Elle reproduit une peinture révolutionnaire de Delacroix. Le titre de l’album : « Viva la vida… ». Il s’inspire des natures mortes de Frida Kahlo. La production. Elle a été assurée par Brian Eno et son disciple Markus Dravs ; ce dernier parce qu’il avait été conseillé par Win Butler, le leader d’Arcade Fire. Un opus qui a nécessité deux ans de travail. Ce qui explique sans doute pourquoi il a été piraté et que les pistes illégales sont plus nombreuses que celles retenues pour l’elpee.

Venons-en maintenant au contenu. Et procédons par élimination. Quatre plages font très pâle figure. Tout d’abord les U2esque « Lovers in Japan/Reign of love » et le premier single “Violet hill”. Sur le dernier morceau, la voix réverbérée et les accords de piano lorgnent excessivement vers John Lennon. Le titre maître ensuite. Un peu trop allègre pour être honnête. Et enfin la ballade mid tempo « Strawberry swing ». Je cherche vainement le swing. Quant à la framboise, elle est sans saveur. Loin d’être exceptionnel, le final « Death and all his friends » s’ouvre dans un style dépouillé réminiscent de « Parachutes », avant de s’autoriser un léger flirt avec la prog. Mais trop léger pour vraiment convaincre. Intro instrumentale, « Life in technicolor » ne dure que 2’30 et a un goût de trop peu.

On en arrive donc au meilleur. C’est-à-dire lorsque Coldplay démontre tout son art unique à communiquer ses émotions à travers la mélodie. Caractérisé par ses cordes de guitares tintinnabulantes, « Cemeteries of London » est dynamisé par de judicieuses boîtes à rythmes. Tout comme « Lost », infiltré de claviers omniprésents, presque ‘cathédralesques’. Faut dire que le recours à la technologie moderne y est plus systématique. « 42 » est une ballade romantique qui se mue progressivement en morceau complexe, somptueux, une compo au cours de laquelle la conjugaison des guitares chatoyantes et vivifiantes s’avère on ne peut plus savoureuse. Mais le morceau qui mérite vraiment la palme est « Yes ». Oui, oui ! Découpé en deux parties, il s’ouvre par des accès de cordes au sein duquel se détache un violon grinçant, un peu comme chez Tarmac, avant de glisser vers une noisy pétillante, virulente, éthérée, digne de Ride voire de My Bloody Valentine. Remarquable ! Dommage que tout l’opus ne soit pas de cette veine, car 4 morceaux sur 10, c’est quand même insuffisant pour un groupe de la trempe de Coldplay. En outre, Eno s’est déjà montré bien plus inspiré lors de ses mises en forme…

 

Coldplay

X&Y

Écrit par
Vous avez certainement déjà remarqué que nous ne sommes pas tendres avec les grosses pointures. Normal, parce que d’une part, nous prenons du recul par rapport aux fans, en essayant d’effectuer la critique la plus objective possible. D’autre part, nous estimons qu’il appartient aux stars de démontrer qu’elles méritent de conserver leur statut. Ce n’est pas parce qu’un artiste vend des millions d’albums à travers le monde qu’il doit lui suffire de paraître pour convaincre. Il faut aussi le mériter. En outre, lorsque cet artiste dispose de moyens financiers et matériels, remettre une copie bâclée est une injure au public. A l’instar de Radiohead, Coldplay se remet constamment en question. Et c’est sans doute là le secret de leur pérennité. On avait dit de Coldplay qu’ils étaient trop lymphatiques sur les planches. Ils sont devenus une des formations les plus percutantes et impressionnantes en ‘live’. Et tout particulièrement dans les stades. On les avait taxé de copie conforme de Radiohead. Ou même de nouveaux U2. Sept ans et 3 albums plus tard, de semblables comparaisons trahissent une totale méconnaissance du groupe. Leur troisième opus a été accouché dans la douleur. Il a fallu 18 mois à la formation pour le concocter. 60 chansons avaient été écrites. Peu satisfaits du résultat, les musiciens ont fait table rase et recommencé à travailler. Et « X&Y » constitue le fruit de leur labeur. 13 morceaux (NDR : dont un caché) qui nonobstant des arrangements grandiloquents, s’avèrent émouvants dans leur simplicité. Pourtant les spectres de Bowie et de Brian Eno (« Low », qui est également le titre d’une des plages de l’opus) ainsi que de Simple Minds circa « Empire and dance » (NDR : c'est-à-dire du tout début des eighties) planent sur cet opus. Une brume d’orgue (NDR : un hammond B3 !) mystérieux, parfois même mystique, tapisse la plupart des compos de cette œuvre. L’ombre de Phil Spector rôle également ; mais à cause des arrangements somptueux de cordes. Ce qui permet à Chris Martin d’afficher sa face obscure, ténébreuse même ; ou encore de laisser éclater sa colère. Un elpee bien équilibré entre titres puissants, allègres, complexes ou fragiles, au sein duquel le piano et la voix gémissante, mélancolique de Chris se promènent au gré des fluctuations de la mélodie. Une œuvre balayée par les accès de guitare de Jim Buckland, dont les riffs tout à tour gémissants ou bringuebalants peuvent adresser l’un ou l’autre clin d’œil à House Of Love (l’hymnique « Fix you »), au défunt Big Country (les accords/cornemuse de « Talk ») voire aux Beatles (« Twisted logic » et son crescendo hypnotique réminiscent d’« I want you »). Et lorsqu’on ne parle pas de la section rythmique, c’est qu’elle est irréprochable ! Plus besoin de résoudre l’équation car franchement ce « X&Y » est une réussite.

Coldplay

Live 2003

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Un Cd et un Dvd composent ce "Live 2003". Des enregistrements opérés les 21 et 22 juillet dernier au Horden Pavilion de Sydney. Le DVD recèle un documentaire de 40 minutes consacré à la vie quotidienne des quatre musiciens et un enregistrement public d'une heure et demie. Sur les planches, Coldplay possède une aura différente. Lors de son passage à Forest National, on avait pu se rendre compte que le groupe était capable de libérer une intensité phénoménale. De passer de moments d'émotion à fleur de peau à la fièvre électrique la plus féroce, avec une facilité déconcertante. Mais surtout de donner une forme nouvelle à chacune de leurs chansons, afin de les rendre plus vivantes. Et puis il y a Chris Martin, un showman qui ne tient pas en place et dont le charisme procède davantage du capital sympathie qu'il affiche que d'une quelconque image ou attitude. Et pour votre information, sachez que si la plupart des standards de la formation ont été sélectionnés pour la circonstance, deux fragments devraient faire le bonheur des véritables aficionados : tout d'abord l'inédit " Moses ", et puis le rarissime " See you soon ". Sans oublier " One I love " ; c'est à dire un fragment issu du single " In my place ", un titre dont les guitares bringuebalantes rappellent ici encore davantage la période la plus brillante du défunt et mythique House Of Love…

Coldplay

In my place (single)

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En attendant la sortie de son deuxième opus prévu pour fin août, Coldplay se signale déjà par son nouveau single. Une superbe chanson empreinte de délicatesse et de mélancolie que vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre ou d'écouter sur l'une ou l'autre station radiophonique, à moins que vous n'ayez eu le loisir de visionner le clip vidéo qui lui est consacré. Deux morceaux figurent également sur ce disque. Tout d'abord " Bloom blaum ", une composition sculptée dans le minimalisme acoustique. Mais surtout " One I love ", un titre dont les guitares bringuebalantes rappellent ni plus ni moins la période la plus brillante du défunt et mythique House Of Love... Bien vite l'album !

Coldplay

A rush of blood to the head

Écrit par

Nonobstant sa candeur un peu gauche et une longueur récurrente, le premier elpee de Coldplay m'avait particulièrement plu. Faut dire que sa pop concise et contagieuse était parvenue à susciter, en mon for intérieur, des émotions à la fois puissantes et intenses.

Afin d'enregistrer son deuxième opus, le quatuor a de nouveau fait confiance à Ken Nelson, pour la coproduction. Un disque qui nécessite, paradoxalement, plusieurs écoutes avant d'être apprécié à sa juste valeur. Et honnêtement, je dois avouer qu'au plus je l'écoute, au plus je l'apprécie. Hormis le titre maître, qui s'inscrit dans la lignée de " Parachutes ", les dix autres fragments de " A rush of blood to the head " explorent des horizons sonores différents. Le plus fréquenté, ayant plus que probablement été défriché par Echo & The Bunnymen. C'est même une certitude sur l'énigmatique, hypnotique, presque vaudou " God put a smile upon your face ", l'incantatoire (" The cutter " ?), " Daylight ", ainsi que le remarquable et bouleversant " Clocks ", imprimé sur un tempo new wave et nimbé de backing vocaux lmpides, falsetto, il constitue plus que probablement la meilleure plage de l'œuvre. L'ombre de Ian Mc Culloch plane également sur trois autres plages. Ben tiens ! Chez les ballades " The scientist " et " Warning song ", cette dernière, bénéficiant même d'arrangements symphoniques, comme à la plus belle époque d'Ocean Rain. Sans oublier le single " In my place. Eclabousse de gouttelettes de guitares rafraîchissantes, ‘ricochantes’, il a été enregistré en la présence de Big Mac en personne ! Mais lorsque les accès de guitare, dispensés par Jan Buckland épousent une forme sauvageonne, davantage bringuebalante, c'est alors à House of Love que je me mets à penser. A l'instar du très élaboré " Amsterdam ", ou encore de l'envoûtant " A whisper ". Pourtant, la trame des mélodies repose essentiellement sur la voix et le piano de Chris Martin. Une voix vulnérable, désarmante, qui parle tout simplement de la vie, de la mort et du temps qui passe, une voix qu'il étaie de son piano spectral… Encore un must !

Coldplay

Parachutes

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Drivé par Chris Martin, compositeur, guitariste, pianiste et chanteur à la voix exceptionnelle, dont le timbre tantôt angélique, falsetto, douloureux ou intimiste, nous rappelle à la fois Thom Yorke et Jeff Buckley, Coldplay vient d'enregistrer son premier album. Et quel album ! Un disque qui dégage une intensité émotionnelle considérable. Mais si la musique évoque, à premier abord, Radiohead, Muse, Travis ou Embrace, au fil des écoutes, elle dévoile une identité bien plus personnelle, en explorant un univers sonore sis à la croisée des chemins de la simplicité et de l'efficacité. Un peu comme si le groupe avait trouvé la formule idéale pour écrire des chansons intemporelles. Le processus de composition y est dans doute pour quelque chose, puisque Coldplay y pose des jalons acoustiques, avant de passer à la mise en forme contemporaine. Chris accompagne d'ailleurs toujours son chant, d'une guitare sèche ou d'un piano, pour interpréter ses chansons. A charge des trois autres d'y injecter toute l'intensité électrique, en tenant compte de cette sensibilité mélodique mélancolique, hymnique (Echo & the Bunnymen ?), capable d'embrasser les accents symphoniques du défunt The Verve, circa " The nothern soul ". Un must !

 

Coldplay

Revenez nous voir dans 20 ou 30 ans…

Écrit par

Formé non pas à Oxford, comme le dit la rumeur, mais à Londres –et à l’univ !– Coldplay a longtemps manqué d’un batteur. Will Champion ne jouait que du piano, de la basse, du violon et d’un tas d’autres instruments. Il a dû se mettre à la batterie aussi. C’était en 98, date à laquelle il rejoint Guy Berryman, Jonny Buckland et Chris Martin. Aujourd’hui, à la maison, Coldplay est déjà la nouvelle coqueluche britannique.

D’après la presse spécialisée, les membres du groupe ne sont pas friands d’interviews. « Parce que nous n’avons pas grand-chose à raconter », justifie Will, invitant même l’interlocuteur à revenir les rencontrer d’ici 20 ou 30 ans, lorsque, à l’instar de Bob Dylan, Tom Waits ou Neil Young, ils auront acquis suffisamment d’expérience pour entretenir la conversation. Nous on veut bien, mais tous ceux-là, ils refusent généralement d’accorder des interviews… parce qu’ils ont suffisamment de succès.

« Bonne analyse » reconnaît Will, qui avoue quand même apprécier les débats consacrés à la musique. « Pourvu qu’on ne se contente pas de coller des étiquettes », ajoute-t-il. « Nous ne sommes pas trop tracassés par la catégorie où nous rangent les médias. Par contre, nous essayons de savoir si le public aime ce que nous faisons. Nous voulons insuffler une signification à notre musique, la rendre intemporelle. Dans 20 ans, on espère que les gens pourront encore nous écouter et nous apprécier »

« Nous ne sommes pas Britney Spears, heureusement… Nous n’avons pas une image assez forte pour jouer sur ce tableau, donc nous ne pouvons compter que sur notre talent musical. Il n’est peut-être pas facile de conserver cette philosophie, après plusieurs albums, mais si jamais, nous devions enregistrer un disque que nous estimerions moins bon que le précédent, nous ne le sortirions pas ».

Travail de groupe

Chris Martin possède une superbe voix, qui rappelle tantôt Thom Yorke, tantôt Jeff Buckley. Radiohead, Muse et Travis sont aussi des groupes qui peuvent compter sur de formidables chanteurs. « Oui », rétorque Will, « Mais ces groupes ne sont pas exclusivement centrés sur une seule personne. Il y a une symbiose entre chaque membre. Prend l’exemple de The Verve, ce n’était pas seulement Richard Ashcroft. ‘A nothern soul’ est remarquable ; mais c’est surtout le fruit d’un travail en commun. Par contre, l’album solo (‘Alone with everybody’) m’a laissé sur ma faim. Il a perdu toute sa magie. Ce qui importe dans un groupe, c’est la façon dont les musiciens jouent par rapport aux autres. D’entretenir une émulation. »

Les musiciens du quatuor avouent tous des influences éparses. En fait, ils se disent plutôt inspirés par certaines chansons que par certains artistes. On citera les Beatles, Simon & Gardfunkel, dont ils interprétaient autrefois ‘Mrs Robinson’, mais aussi Neil Young et Tom Waits. « Notre perception de la musique change parce qu’on écoute constamment des choses différentes. J’ai acheté dernièrement ‘Five leaves left’ de Nick Drake. C’est vraiment superbe, mais ce n’est sûrement pas la tasse de thé de Chris »

Coldplay a accompli une tournée, qui est notamment passée par le Japon et l’Ecosse, en compagnie des Flaming Lips. A qui Will voue une grande admiration, surtout à cause de leurs prestations scéniques. En outre, il aime la façon dont ils se comportent dans la vie, de ‘ne pas faire semblant d’être quelqu’un d’autre’.

Parachutes

Coldplay a donc intitulé son premier album ‘Parachutes –aucun rapport avec le ‘Parachute’ des Pretty Things, paru en 69, dont Will ignore d’ailleurs l’existence. Pourquoi ‘Parachutes’ ? « Dès que les problèmes nous précipitent dans le vide, on ouvre son parachute. Face aux épreuves, on se raccroche toujours à quelque chose. C’est la raison pour laquelle nos chansons sont rayonnantes ou au contraire tristes. On ne veut pas être maussades ou cafardeux, mais plutôt mélancoliques. »

C’est Ken Nelson qui s’est occupé de la production. Dès leur première rencontre, le courant est passé. « C’est devenu un copain qui partage nos idées sur la conception de la musique, Pour lui comme pour nous, l’essentiel n’est pas de bénéficier d’une production tape-à-l’œil, technologique et clinquante, mais de parvenir à composer la bonne chanson. »

Pour enregistrer cet elpee, Coldplay a utilisé une méthode assez insolite, qui leur a coûté plusieurs mois de travail : les compositions ont été testées sur scène, reliftées au fil du temps, jusqu’au moment où elles paraissaient au point. « Nous sommes autocritiques. Et si nous sommes contents du résultat obtenu sur le premier album, nous sommes conscients qu’il y a encore du pain sur la planche. Il faut s’améliorer, pas seulement en studio, mais live aussi (NDR : qu’est ce que ça va être !). Il faudra que nous accordions également de meilleures interviews. »

Merci à Vincent Devos.

Interview parue dans le n° 86 du magazine Mofo de septembre 2000.