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Kaiser Chiefs

Séance d’essayage…

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En ce 23 avril, Saint-Georges est célébré un peu partout en Angleterre. Et pour fêter cet événement, rien de tel que d’assister au concert de Kaiser Chiefs, un groupe de britpop toujours en vogue, dans une petite salle... Surtout lorsqu’on sait que ce combo a plutôt l’habitude de se produire devant des milliers de spectateurs, que ce soit indoor ou lors de grands rassemblement en plein air. Pour ponctuer sa tournée, et avant d’entamer la saison des festivals d’été (NDR : il est notamment programmé à Dour, ce 20 juillet), il a décidé de réserver à ses aficionados, quelques set intimistes. Dont la Flèche d’Or à Paris, la veille, et l’Orangerie du Botanique, ce soir.

Parfois on se demande pourquoi programmer une première partie. Surtout quand elle ne sert qu’à faire patienter le public. Et le DJ set de l’abonné Brett Summers en est une nouvelle illustration. Il tente pourtant de chauffer la salle. Mais sans succès. Faut dire que les aficionados de Kaiser Chiefs sont déjà agglutinés aux premiers rangs ; et ils attendent le concert principal. Et rien d’autre. La météo clémente invite plutôt à rejoindre le bar ou aller profiter des derniers rayons de soleil en terrasse et jardin.

Drôle d’intro sonore que le titre « War » version Tom Jones (à choisir, celle de Springsteen est quand même meilleure) ! Bref, enfin, les musicos de Kaiser Chiefs montent sur l’estrade comme une équipe de football, prête à aborder un match de ‘Champion’s league’ (NDR : ah oui, c’est vrai il y a une demi-finale ce soir). La prise de risque est minimale en débutant les hostilités par le tube « Everyday I Love You Less and Less ». Dans la foulée, Ricky Wilson, jamais avare de commentaires entre les titres, lance un ‘Brussels, I want to see you dancing !’ Qui ne provoquera guère d’effet. Car bien que chaleureux, le public ne remue pas tellement, et les pogos ne semblent pas figurer au programme de l’auditoire, ce soir. Les chansons s’égrènent et le turbulent leader joue au responsable de vestiaire. Il déplace un par un les blazers que des spectateurs ont entassé sur une enceinte. Et s’amuse à les revêtir au fil des morceaux. Avant d’inviter les propriétaires à récupérer leurs jaquettes sur l’estrade. Et à redescendre dans la fosse, tout en ajoutant ‘You’re wasting my time and the time of all the audience’. Il est vrai que vu la durée de la prestation prévue (NDR : 1h15), il était préférable de ne pas perdre trop de temps. Wilson introduit « The factory gates » par ‘It was the first song of our last album’ et « Coming home », par ‘Now we’ll play the second song’. Ben oui, ce sont deux plages issues de leur dernier elpee, fraîchement paru en mars, « Education, education, education war ». Manifestement, n’y a pas que les compos qui sont directes et un peu bourrues chez Kaiser Chiefs, la communication aussi. Les tubes « I predict a riot » ou « Ruby » ne sont pas oubliés. Et on a bien sûr droit au one-man show rituel du leader qui tour à tour descend dans le public ou lui demande de s’asseoir sur le sol. Il convie également une fan, (NDR : et pas une moche) à danser un slow. Puis, sur « Canons », il fonce comme un boulet vers la table de mixage et retraverse la foule en crowd surfing…

Après une brève interruption, le rappel met à nouveau une plage du dernier opus en évidence, « Meanwhile Up In Heaven », avant un retour aux origines en compagnie du premier single « Oh my god ». 

Bref, un set plutôt court comme annoncé –d’ailleurs quand l’heure de fin d’un spectacle est déjà annoncée, on est mis immédiatement au parfum– mais finalement, très agréable.

(Organisation Botanique)

Set list :

Everyday I Love You Less and Less
Ruffians On Parade 
Everything Is Average Nowadays 
Never Miss a Beat 
Little Shocks 
The Factory Gates 
Coming Home 
You Can Have It All 
Modern Way 
Misery Company 
I Predict A Riot 
Ruby 
Cannons 
The Angry Mob  

Rappel :

Meanwhile Up In Heaven
Oh My God 

 


Kaiser Chiefs

Tubeur en série…

Écrit par

C’est sous le pseudonyme de « Kaiser Chiefs » (pseudonyme emprunté à un célèbre club de foot Sud- Africain !) que le groupe s’est formé en 2003. Les cinq garçons de Leeds, emmenés par le leader charismatique Ricky Wilson, deviendront rapidement une figure incontournable de la scène britpop. Il leur a fallu en effet moins de deux ans pour convaincre avant que leur premier album studio, « Employment », ne caracole en haut des charts…

Trois albums plus tard, le groupe anglais revient fouler les planches de l’Ancienne Belgique pour défendre son titre de superstar de la pop anglaise et présenter son quatrième opus plutôt bousculé par la presse, « The Futur Is Medieval ».

La scène, le lieu de débat idéal pour faire taire toute controverse. Un terrain de jeux où, justement, les cinq musiciens excellent tout particulièrement ! Sachant que le quinquet de Leeds enflamme régulièrement les plus grandes scènes internationales, il semblait évident qu’il avait toutes les cartes en main pour offrir, en deux temps trois mouvements, un concert enlevé et festif lors des deux soirées bruxelloises complètes. Soulignons également la volonté du groupe de s’offrir deux fois l’AB à taille humaine et de snober les grandes salles du pays (NDR : Forest National pour ne pas la citer !) où les intérêts financiers priment trop souvent la qualité artistique.

Pas d’album à la carte cette fois-ci mais plutôt une setlist subtile construite pour ne pas laisser souffler le spectateur. D’emblée, le son est au point et le groupe ultra en place. Une courte intro gonflée de sons électroniques pour annoncer les modulations d’amplitude de « The Futur Is Medieval » avant de nous balancer « Everyday I Love You Less And Less », en ouverture. On  peut dire et écrire ce qu’on veut sur Kaiser Chiefs, au rayon efficacité, c’est assez imparable. Un vrai concert juke-box enfilant des tubes, des tubes et encore des tubes… Une formation qui privilégie intelligemment ses morceaux les plus tranchants, les plus pop et les plus immédiats. Grâce à ses chansons taillées sur mesure pour les stades (« Ruby », « Na na na naa » ou « I predict a riot”), le groupe tient son public en main dès le début pour ne plus le lâcher et nous livre un concert tout en énergie. Une terrible force de frappe d’élite. Il est tout simplement impossible de ne pas succomber aux assauts ravageurs des cinq ‘déglingos’ ce soir à l’AB. Une salle qui réagit à la moindre injonction du charismatique frontman, Ricky Wilson. L’énigmatique chanteur, véritable djinn monté sur piles, assure le show et tient le public en haleine par ses frasques habituelles. Le micro voltigeur inlassablement pointé vers un public qui reprend en chœur des hymnes taillés pour le live. Un dynamisme mêlé d’audace où les morceaux s’enchaînent et se brisent pour mieux repartir, à une vitesse vertigineuse.                                                                                                                                          

Bien sûr, les influences se bousculent au détour d’un riff, d’un refrain, d’un accord de clavier  ou d’un morceau tout entier (« Dead Or In Serious Trouble ») mais ce sont ces influences mêmes (Blur, Stranglers, Magazine…) qui font de Kaiser Chiefs ce qu’il est aujourd’hui : un groupe solide de scène. Un groupe qui se détache néanmoins progressivement de ses pairs sur les nouvelles compos. Moments où les claviers et les ronflements analogiques surgissent et caressent, parfois timidement, la new wave sur « Out Of Focus ». Ou encore, lorsque « When All Is Quiet » (titre au refrain 60’s) s’étreint d’un clavier ultra-efficace et « Kinda Girl You Are » souffle un power pop sur lequel « The Vaccines » n’aurait pas craché.

Bref, un « The Futur Is Medieval » qui prend des couleurs sur scène et éclipse temporairement les coups de tonnerre médiatiques qui se sont abattus sur l’album studio.

(Voir aussi notre section photos)

 

Kaiser Chiefs

Off with their heads

Écrit par

Kaiser Chiefs ne chôme pas. Et pour cause, “Off with their heads” constitue déjà le troisième album de la formation de Leeds en quatre ans. Plus de Stephen Street, cependant, à la mise en forme, mais Eliot James (The Rakes, Bloc Party) et surtout Mark Ronson (Lily Allen, Amy Winehouse). On aurait pu d’ailleurs éprouver les pires craintes en voyant débarquer le bidouilleur/producteur londonien. Pas de souci, il a juste fait appel à Lily pour une compo (le contagieux « Always happens like that ») et à Sway sur « Half the truth », un morceau qui s’ouvre en mode new wave, à la sauce XTC très précisément, avant que le rappeur ne vienne poser son flow en fin de parcours. Bref, hormis les dispensables « Good days bad days », « Addicted to drugs » qui pompe un peu trop « Addicted to love » de Robert Palmer et l’insipide « Tomato in the rain », le reste tient la route. Depuis les allègres « Spanish metal (NDR : un mélange entre flamenco, prog et metal) et « Never miss a beat » (NDR : bien balancé et vivace, c’est aussi le single) jusqu’à la ballade émouvante « Remember you’re a girl », chantée par le drummer Nick Hodgson, en passant par « Like it too much » et ses cordes à la « Eleanor Rigby » arrangées par David Arnold, le très eighties (Yazoo ?) « You want history », malgré son clin d’œil appuyé au « Girls & Boys » de Blur (NDR : l’esprit de Damon Albarn plane quand même souvent tout au long de l’opus) et le très sixties « Can’t say what I mean », caractérisé par ses claviers rognés et ses cordes de guitare croustillantes (Inspiral Carpets ?) Bon maintenant, il faut reconnaître que les lyrics ne cassent pas des briques, mais ce n’est pas la priorité chez ce type de groupe britannique, pourvu que les compos soient hymniques (ça rime !)…

 

Kaiser Chiefs

Yours truly, angry mob

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Pour enregistrer son deuxième album, Kaiser Chiefs a reconduit Stephen Street (The Smiths, Blur) à la production. Et il faut reconnaître que la mise en forme est époustouflante. Un disque qui regorge de hits et rend quelques lettres de noblesse à une britpop en nette perte de vitesse. 12 plages hymniques, contagieuses, imparables à siffloter sous la douche. Ce qui n’empêche pas les nuances de proliférer ; l’énergie et l’électricité de se libérer. On a même droit à une ballade semi-acoustique empreinte d’une grande délicatesse (« Love’s not a competition ») et une autre, « Try your best », adressant manifestement quelques clins d’œil à la bande à Damon Albarn ainsi qu’à Oasis… Si plusieurs plages lorgnent manifestement vers l’univers de Blur circa « The great escape », les références à la new wave des eighties sont légion. Et en particulier celles relatives à Tears For Fears, Naked Eyes et Chumbawamba (les chœurs vindicatifs !) Alors que « My kind of guy » émarge à une sorte de post punk presque déclamatoire (imaginez un Eighties Matchbox B-Line Disaster hospitalier), deux titres optent résolument pour une formule plus garage : « Highroyds » et ses riffs ‘fuzz’, tranchants, et puis le final « Retirement » au cours duquel claviers ‘vintage’ et guitares poisseuses remplissent bien l’espace sonore. Mais ce qui frappe le plus tout au long de ce disque, c’est le timbre et les inflexions du chanteur, Ricky Wilson : ils n’ont jamais été aussi proche de David Gahan (Depeche Mode). « Employement », l’album précédent s’était vendu à plus de 2.000.000 d’exemplaires en Angleterre. Après ce que je viens de vous raconter, il n’est pas difficile d’imaginer que le record sera nettement battu…

 



Kaiser Chiefs

Etre comparés, c'est être reconnus...

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Kaiser Chiefs est à l'affiche du prochain festival Rock Werchter. Une fameuse reconnaissance pour une formation qui, à ses débuts, a éprouvé toutes les peines du monde pour décrocher un contrat auprès d'un label.  Depuis, le quintet de Leeds cumule les distinctions. Et pas seulement à cause de leur tube « I predict a riot » ; mais surtout, parce qu'en février dernier, il a été primé en recevant 3 récompenses aux Brit Awards. Mais revenons à leurs débuts. Qui remontent à 2003 (NDR : le groupe existait déjà depuis 1997, mais sous le patronyme de Parva). Il leur a fallu une bonne année avant qu'ils ne signent chez le label indépendant B-Unique en Angleterre, puis décrochent un contrat chez Universal pour le reste du monde. Lors de son dernier passage à l'Aéronef de Lille, Nick 'Peanut' Baines, le claviériste, nous a parlé de ces moments difficiles au cours desquels le groupe n'a jamais baissé les bras…

« Malgré cette épreuve, nous avons toujours eu confiance en nous. Nous n'avons jamais eu l'idée de tout arrêter. Nous étions déterminés. D'autant plus que notre entente a toujours été idéale. Parce que cela prend déjà du temps de monter un groupe. Il est vrai, qu'il est très dur de se sentir ignoré par les maisons de disques et de ne pas bénéficier d'un contrat. Mais finalement, cette épreuve a renforcé notre caractère. Tu sais notre parcours a connu des hauts et des bas ; on apprécie d'autant plus aujourd'hui, là où on est arrivé. »

Pour mettre en forme leur premier album, 'Employment', le groupe a fait appel à deux producteurs. Ce qui méritait une explication. « Ce disque a été enregistré en 2004. Au mois d'octobre et de novembre. Nous avions travaillé en compagnie de Steve Harris pour la confection de quelques B-sides, dans le passé. Et nous avions l'intention de retravailler avec lui. Mais son emploi du temps était beaucoup trop chargé et il lui était matériellement impossible de bosser pour tout un album. Il a quand même accepté de se charger de 6 chansons. Il a sa façon bien à lui de traiter le son ; et on peut immédiatement le déceler à première écoute. Stephen Street embrasse une approche différente. Il s'est occupé des autres titres. Mais l'essentiel est que l'ensemble soit en harmonie. Et finalement le résultat est à la hauteur de nos espérances… »

Sur ce disque on retrouve l'inévitable hit ‘I predict a riot’, une compo dont les lyrics sont assez inhabituels dans le chef ( !?!?) de Kaiser Chiefs, puisqu'elle recèle un commentaire à caractère social. Nick s'explique : « Effectivement. Le texte parle des sorties du vendredi et du samedi soir. En fait les gens travaillent du lundi au vendredi. Tu vois le topo : métro-boulot-dodo. Et le week-end, ils boivent démesurément. C'est Nick, le drummer, qui a écrit ce texte. Autrefois, il bossait comme DJ dans un club indé. Et lorsqu'il rentrait chez lui, il croisait des tas de gens bourrés au milieu de la route. Des filles qui marchaient sur la route en tenant leurs chaussures à la main. Pas un très beau tableau ! Et il voyait le même cinéma chaque semaine. Il a donc eu l'idée d'en écrire une chanson en parlant de cette population portée sur la boisson et qui se comporte de manière irresponsable et puérile. Ce n'est pas vraiment un commentaire social, mais le fruit d'une observation quotidienne. Nous abordons d'autres thèmes dans nos chansons. Celui de la télévision, par exemple… » Nick est en effet le principal compositeur. Mais aussi le drummer. Concilier ces deux fonctions semble quand même difficile. Ce qui méritait une explication. « Ce n'est pas un problème. Car en plus de la batterie, il joue de la guitare et du piano. En outre, il chante très bien. Lorsque nous avons travaillé sur les compos de l'album, il débarquait quotidiennement avec une idée, un refrain ou des lyrics. On ne concrétisait pas systématiquement ses idées, mais elles servaient le plus souvent de base à la confection d'une chanson. De son côté, le bassiste amenait également ses idées. Et puis on en discutait tous ensemble pour les ramener à un projet de groupe, pas individuel. Mais le plus souvent, Nick esquissait le squelette de la chanson ; et nous on y mettait la peau… » Deux compos de cet opus, ‘Born to be a dancer’ et ‘Everyday I love you less and less’ parlent de leurs ex girlfriends. A croire que les musiciens écrivent une chanson chaque fois qu'une de leurs relations amoureuses s'achève… « Je pense qu'alors nous pourrions sortir au moins dix albums en deux temps trois mouvements (rires). Plus sérieusement ce sont des histoires que nous racontons. Seules ces deux plages traitent de rupture. Maintenant, il est possible que nous écrivions d'autres chansons sur le sujet. Finalement, il est assez sympa que certaines personnes puissent deviner qu'elles concernent nos ex-copines. Tout le monde rencontre, un jour ou l'autre, des  difficultés avec son ou sa partenaire. Et il est assez facile d'écrire quelque chose à partir de son vécu… »

Certains médias on taxé la musique pratiquée par Kaiser Chiefs de britpop. Nick s'en défend : « La britpop, c'était il y a dix ans. Et aujourd'hui cette réflexion a une définition péjorative. Celle de donner l'impression d'imiter quelqu'un ou quelque chose. En fait, notre musique est britannique. Nuance ! Bien sûr il existe quelque chose de commun  à cette musique ; et en particulier cet esprit de narration et puis le fait que l'on ne se prenne pas trop au sérieux. Des groupes ou des artistes tels que les Kinks, les Beatles, Dexy's Midnight Runnners, Bowie, Blur ou Pulp symbolisent parfaitement cet état d'esprit. Mais aujourd'hui, la musique a évolué… » Blur est d'ailleurs un groupe que les musiciens de Kaiser Chiefs apprécient tout particulièrement. Leur ex-guitariste, Graham Coxon, a même participé à  l'enregistrement de leur album. Pas à la gratte, mais sur une moto. Pour y donner quelques coups de gaz. « Nous sommes effectivement de grands admirateurs de Blur. En fait, lors de sessions d'enregistrement, nous n'avions pas rencontré grand monde. Et surtout pas de grosses pointures. Stephen Street qui a produit un elpee solo de Graham – nous a confessé que Coxon était alors en studio. On a donc pensé lui demander de jouer de la guitare ou de chanter sur une de nos chansons. Puis, on a opté pour le son produit par le démarreur d'une voiture. Mais le résultat n'était guère concluant. Enfin, on s'est décidé de mettre sur bande le bruit d'une moto qui se met en marche. Pas trop difficile puisque c'est le mode de déplacement de Coxon dans Londres. Nous avons d'abord essayé de recueillir le son à travers un GSM. Sans davantage de résultat probant. Puis, nous sommes finalement sortis du studio avec un long câble d'enregistrement. C'est l'aspect amusant des sessions d'enregistrement. Mais cette rencontre nous a permis d'opérer une tournée au Royaume-Uni en première partie de Coxon. En avril 2005. »

Les membres de Kaiser Chiefs apprécient tout particulièrement les Specials et Madness. Pourtant, on ne peut pas dire que leur musique soit fondamentalement marquée par le ska. « C'est parce qu'il y a de l'énergie dans leur musique. Lorsqu'on écoute leurs chansons, on ne peut s'empêcher de battre le rythme, de danser. Et puis, nous apprécions leur manière de s'habiller. Sur scène, ils sont toujours en costard/cravate. J'aime également être bien habillé quand je monte sur les planches. Leur son est très british. Je ne connais aucun autre groupe en Europe ou aux States capable de sonner comme eux. Leurs lyrics son très narratifs. Un peu comme nous. Ils traitent de filles ou de sujets aussi futiles que la perte d'une chaussure. Des sujets simples mis au service d'une musique entraînante. Sur scène, ils prennent leur pied. Et comme eux, nous sommes heureux lorsque le public bouge. C'est ce qui nous rapproche de Madness… » Les refrains des chansons de Kaiser Chiefs peuvent parfois évoquer les Bay City Rollers. C'est en tout cas ce qu'une bonne partie de la presse insulaire rapporte… « Possible, mais ce n'est pas intentionnel. C'est le fruit du hasard. Même si beaucoup de monde nous le rappelle. A une certaine époque, on  nous comparait à XTC. Tous les avis sont dans la nature. En fait, nous pratiquons notre propre musique, mais ces parallèles ne nous dérangent pas. En fait, c'est même une forme de reconnaissance. C'est la seule chose qu'on pourrait retirer de cette situation. Pas pour le reste. Si on considère que la reconnaissance doit passer par la comparaison, c'est qu'on a de l'estime pour nous… »

Merci à Vincent Devos

 

Kaiser Chiefs

Employment

Écrit par
Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre une de leurs chansons sur l’une ou l’autre station radiophonique. L’énergique « Everyday I love you less and less » ; mais surtout leur succès « I predict a riot ». En vous disant peut-être que la Britpop avait encore de beaux restes. Auteur d’un tout premier opus, ce quintette nous vient de Leeds. Une formation manifestement influencée par l’histoire de la pop britannique : depuis les Kinks à Blur, en passant par The Jam, Clash, le Who, les Specials, Madness et les plus contemporains Franz Ferdinand (NDR : un raccourci destiné à ne pas devoir déraper dans l’histoire de la new wave). Produit par Stephen Street (Blur, The Smiths, Suede), cet opus fait la part belle aux mélodies efficaces et aux refrains accrocheurs. Rien de bien révolutionnaire, cependant ; mais des compos qui vous donnent envie de siffloter sous la douche. Même le séditieux « I predict a riot » est un accident de parcours. En fait le groupe s’attarde davantage sur la forme que sur le fond. Car les lyrics se veulent avant tout auto-parodiques. N’hésitant pas à multiplier les onomatopées (NDR : décidemment, c’est la mode !) hymniques. Bref, un elpee fort agréable, qui demande tout simplement confirmation…