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Le 7ème art soviétique inspire Bodega…

Le nouveau long playing de Bodega "Our brand could be yr life" paraîtra ce 12 avril 2024. En fait, il s’agit d’un ‘remake’ de l'unique LP de Bodega Bay, l'ancien groupe de Ben et Nikki, un disque auto-édité de 33 titres qui remonte à 2015. Sur cette nouvelle…

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Blisterhead

Border Control (Ep)

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Fondé en 1999, Blisterhead nous vient de Skövde / Göteborg, en Suède. Il réunit le bassiste Andreas Emanuelsson, le drummer Johan Carlsson ainsi que les guitaristes Erik Törnqvist et Kim Nilsson. Ces trois derniers se consacrent également aux vocaux. Son style ? Du ska/punk/rock. Mais à la sauce scandinave.

Caractérisé par ses accords de grattes basiques, « Border Control » baigne dans un punk réminiscent du Clash (NDR : pensez à « London Calling »).

Punk/rock celtique, « Valley Of The Dead » aurait pu figurer dans le répertoire des Pogues. Il est peut-être un peu plus sucré. Prudence, quand même, si vous ne voulez pas finir édenté, comme Shane MacGohan…

Davantage rock/garage « Blood On Your Face » évoque le conflit armé qui a secoué l’Irlande, entre 1968 et 1998…

« System Overload » en revient à un punk primaire, une piste tracée par un chant à trois voix particulièrement frénétiques. On attend le nouvel album impatiemment. Et puis que le combo se produise près de chez nous. En live, à mon humble avis, il doit déménager !

 

Randy McAllister

Fistful of Gumption

Écrit par

Randy McAllister est issu de Novice, non loin d'Abilene, au Texas. C’est son père qui l’éveille à la pratique de la batterie. Et au cours de son service militaire, Earring George Mayweather (NDR : harmoniciste notoire, il est décédé en 1995) devient son instructeur, mais sur l’instrument. Au Texas, il établit d’excellentes relations avec les guitaristes Mike Morgan (Crawl), Robin Sylar et Andrew Jr Boy Jones. Ce dernier favorise sa signature chez le label anglais JSP. Randy y grave trois elpees, au cours de la fin du dernier siècle. Avant de passer successivement sur Severn et Reaction. Randy drive aujourd’hui son propre groupe. Baptisé The Scrappiest Band in The Motherland, il réunit de jeunes musiciens ; en l’occurrence le guitariste Rob Dewan, le bassiste Matt Higgins et la violoniste Maya Van Nuys. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio Audio Dallas. McAllister a composé neuf des dix plages. Il se concentre essentiellement sur le chant. Il siège derrière ses fûts pour cinq plages et ne souffle dans son harmo qu’à trois reprises.

Morceau très rythmique, "C’mon brothers and sisters" ouvre la plaque, une piste originale caractérisée par des arrangements vocaux particulièrement riches, impliquant les répliques d’Andrea Wallace. Maya prend rapidement les commandes. Son violon et les drums déclenchent les différents changements de rythme. Ce qui n’empêche pas Rob Dewan de s’autoriser une bonne sortie sur ses cordes. Ballade, "Time for the sun to rise" est un blues issu de la plume d’Earl King (NDR : considéré comme l'un des plus importants musiciens de rhythm and blues de la Nouvelle-Orléans, ce chanteur/compositeur/guitariste est décédé en 2003). Soulignée par les interventions, à la fois pures et belles, de Miss Van Nuys à l’archet, relayée par Rob qui signe un envol classieux, la nouvelle version ne manque pas de charme. Folk roots dansant, "Ride to get right" semble émerger des bayous. Randy est préposé au frottoir et les deux solistes s’avèrent bien affûtés sur leur instrument, tout au long de ce titre qui rend hommage à Otis Redding et Earl King. Carson Wagner double orgue et piano sur "Roll with the flow", un shuffle bien rythmé. Un tempo maintenu sur "My stride", un morceau au cours duquel Mc Allister souffle dans son harmonica en puissance mais singulièrement, alors que Rob Dewan est intenable sur sa slide largement amplifiée. Et ce tempo et toujours aussi soutenu pour "Background singer", un morceau tapissé par l’orgue de Carson. Randy et Andrea Wallace y conjuguent leurs vocaux sous un format gospel. "The oppressor" s’ébroue à la manière d’un R&B lent ; une piste qui s’enrichit au fil de la participation des différents instrumentistes. Mais si une forme de douceur baigne la finale, c’est pour laisser décoller la gratte de Mr Dewan, dont les interventions atteignent les sommets, que rejoint très vite le violon, devenu intarissable, de Maya. L’harmonica opère son retour sur "Leave a few wrong notes". De blues, le titre glisse alors vers le jazz, un style entretenu par le piano, l’orgue et la guitare. "Band with the beautiful bus" campe un shuffle texan classieux. Dans le style du sixcordiste Mike Morgan (NDR : il est issu de Dallas), flanqué de son Crawl. Et les gratteurs tirent une nouvelle fois leur épingle du jeu sur "East Texas scrapper", un r&b qui clôt cet opus… 

 

Randy McAllister

Gristle to Gold

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Texan, Randy McAllister est chanteur/compositeur. Mais également multi-instrumentiste. Il s’est forgé une certaine notoriété en proposant des compos fort originales. Raison pour laquelle il est parfois comparé à Delbert McClinton, John Hiatt ou encore Doug Sahm. Et si le blues est manifestement son fil conducteur, il n'hésite pas à le teinter de country, gospel, rock, tex-mex ou même de zydeco. Il est originaire de Novice, une petite bourgade sise au cœur du Texas. A ce jour, il a publié une bonne dizaine d'albums, dont le précédent, "Diggin' for sofa change", est paru en 1997, chez JSP.

Il s’est depuis établi à Dallas, où il a enregistré "Gristle to Gold" au studio Audio. Il chante et souffle dans son harmonica sur la moitié de l’elpee. Lors des sessions il a reçu la collaboration de musiciens locaux, dont ceux du Scrappiest Band in The Motherland, le guitariste Rob Dewan (NDR : il est même omniprésent), la violoniste Maya Van Nuys, le bassiste Matt Higgins et Carson Wagner, un jeune claviériste originaire de l'Oklahoma.

"The kid with the really old soul" ouvre la plaque. Une plage qui déménage au cours de laquelle la guitare se révèle déjà  bien alerte et l’harmo chargé de promesses. "The push" adopte le même tempo. La slide de Dewan est à la fois gémissante et particulièrement nerveuse. Bien soutenue par celle de Miss Andrea Wallace, la voix de McAllister colle parfaitement au style. Andrea amorce "Something that don't cost a dime", une plage qui vire rapidement au shuffle. Et l’envolée opérée sur les cordes par Rob est superbe. Avant d’être relayée par l’intervention de Randy à l’harmo. Sur un tempo aussi vivace, le ludique "Crappy food, no sleep, a van and a bunch of songs" est balisé par les ivoires de Wagner, alors que les vocaux de Benita Arterberry et de Randy se conjuguent. Si la voix de McAllister est bien mise en exergue tout au long de la ballade soul "I'm like a boomerang", il faut reconnaître que les chœurs féminins sont un peu trop envahissants. Heureusement, Mike Morgan (NDR : particulièrement populaire à Dallas) nous réserve discrètement un petit envol non dénué de charme, alors que Carson tapisse l’ensemble à l'orgue. Andrea se consacre au micro pour attaquer "You lit the dynamite", un boogie fiévreux au cours duquel Mike Morgan brille sur sa basse, tandis que Rob Dewan entame une chevauchée presque métallique. "Someone's been there" est un ballade intimiste, chargée d’intensité, sculptée dans les cordes acoustiques et les ivoires de Carson. "Bowling pin" est un bref mais enlevé blues/rock au cours duquel l’harmo talonne la voix plutôt fébrile, alors que la fusion entre les sonorités de gratte et celles de l’orgue sont plutôt réminiscentes des 70’s. Un saxophone et une trompette s’invitent tout au long de "Glass half full", une ballade R&B ponctuée par une sortie originale sur les cordes. Rob Dewan est manifestement un passionné. Et il le démontre une nouvelle fois sur "A whole lot of nothing". "Hey Hooker" opère un retour au boogie. Séduisante, cette compo rend manifestement hommage à John Lee Hooker. Mike Morgan a réempoigné sa guitare, tandis que piano et harmo entrent en effervescence. Orgue Hammond, piano, slide et harmonica participent à "Ninja Bout Cha", une finale festive et funkysante. 

 

Blister

Facepaint (Ep)

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Ouf ! Le ténébreux artwork de la pochette ne correspond pas du tout au contenu de cet opus. Je craignais devoir déguster du métal dégoulinant voire indigeste ; et surprise, j’ai été secoué par une étonnante décharge de riffs oscillant entre rock heavy (« Chiwawa »), grunge (« Gone Again ») et stoner (« Down the Road »). Blister est une formation belge. Issue de Bruxelles, très exactement. J’avoue qu’il est peut-être un peu tard pour revenir sur une sortie datant de mai 2012 ; mais vu la qualité des 7 plages de cet Ep, ce retour en arrière est tout à fait justifié. Je vous invite d’ailleurs à jeter une oreille attentive à ces riffs blanc bleu belges chauffés à blanc !

 

Aynsley Lister

Home

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Insulaire, Aynsley Lister est chanteur et guitariste. Aujourd’hui âgé de 37 ans, il a acquis une fameuse expérience. Très jeune, il apprend à jouer de la guitare, en écoutant les 45tours de son père, et en particulier ceux de Freddie King, John Mayall ou Eric Clapton. Il venait à peine de fêter ses 20 balais, lorsqu’il publie ses premiers albums, "Messin' with the kid" en 1996 et "Pay attention!" en 1997. Il attire ainsi l'attention de Thomas Ruf qui le signe sur son écurie teutonne. Il y signe "Aynsley Lister", un elpee mis en forme par Jim Gaines, en 1999. Et dans la foulée, y grave six autres long playings. Il rejoint alors le label anglais Manhaton, pour lequel il commet "Equilibrium" en 2009 et "Tower sessions" l'année suivante. Depuis, il a fondé sa propre boîte, Straight Talkin' Records

Majestueux, "Home" ouvre la plaque. Très caractéristique, le style d’Aynsley lui colle à la peau. L'orgue Hammond d'André Bassing est omniprésent sur ce type de plage. La voix est douce, mais se charge d’intensité dramatique quand c’est nécessaire. Et c’est le piano qui introduit la guitare en fin de parcours, afin de la mettre dans les conditions idéales lors du bouquet final. "Broke" emprunte une ligne mélodique légèrement pop, une piste qui rivalise de tendresse et de mélancolie. "Insatiable" démarre sur un tempo particulièrement. Soudain, la voix devient autoritaire. Le rythme change. Et la piste vire alors au boogie, que magnifie un envol de cordes aux sonorités cristallines. Superbe ! "Inside out" et "You make it real" sont des ballades légères, mais bien construites. "Free" bénéficie d’arrangements particulièrement soignés. Un rock intense, déchiré entre douceur et étincelles, lorgnant même vers le psychédélisme. Une des meilleures compos de ce disque. Blues, "Sugar" est imprimé sur un mid tempo. Le piano et la guitare dialoguent, avant que la section rythmique ne vienne participer aux débats. Mais si l’impact est franc et direct, le résultat est un peu trop écrasant à mon goût. "Feeling good" est une chanson popularisée, il y a près d'un demi-siècle, par Nina Simone. Excellente, la nouvelle version est exacerbée par un sens de la tragédie. Des moments d’émotion intenses, illuminés par de bien jolis accords de piano. Chargée de sensibilité, la voix de Lister s’adapte à tous les registres. Et "Possession" en est une nouvelle illustration, un morceau bien construit qui ne manque pas de charme, et au cours duquel la guitare bien sentie libère pleinement le feeling de l'artiste. "Impossible" est un blues aux intonations jazz. Andre siège derrière le clavier, pour canaliser cette partie de cordes impeccable. "Straight talkin' woman" clôt l’elpee, une piste qui baigne à nouveau au cœur de cet environnement jazz/blues plus intimiste, et épingle une ultime sortie d'Aynsley!

 

Aynsley Lister

Tower sessions

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Né en novembre 1976, ce jeune chanteur/guitariste compte déjà une dizaine d’albums à son actif. Il est même considéré aujourd’hui comme une valeur sûre sur la scène musicale du blues. « Tower sessions » est un opus enregistré ‘live’. Il a été immortalisé en janvier dernier, au club ‘The Tower’ à Winchester (NDR : c’est au sud-ouest de Londres, non loin de Southampton). Paradoxal, mais on n’entend pas le public. Aussi, soit que le son a été pris directement sur la table de mixage, soit le public était absent ; ce qui paraît assez peu probable. Lors de ce set, Aynsley était soutenu par sa bassiste Midus Guerreiro, le drummer Simon Small et le claviériste Dan Healey.

Le tracklisting est partagé entre neuf compos personnelles et deux reprises : le très attendu "Purple rain" de Prince et le "Crosstown traffic" de Jimi Hendrix. "Soundman" ouvre ces sessions. Un shuffle fort proche de Stevie Ray Vaughan. De toute bonne facture, cette plage figurait déjà sur son premier elpee, gravé en 1999 et son premier opus "Live", commis en 2004. Les interventions de Dan Healey à l'orgue Hammond sont conséquentes et apportent de l’épaisseur à la solution sonore. Trois titres sont issus de son dernier long playing studio "Equilibrium", publié l’an dernier. Tout d'abord le boogie "Sugar low". Ensuite "What's it all about", une ballade lente sculptée dans son style très caractéristique. Une compo au cours de laquelle sa sortie de cordes est assez grandiose. Et enfin "Hurricane". Deux autres plages ont été empruntées à "Upside down", un cd paru en 2007 : "With me tonight", un shuffle qui puise ses sources dans le Texas et "In the morning", le morceau final au cours duquel il démontre toute sa dextérité à la slide. Rockin' blues libérant une belle dose de punch, "Hero" figurait sur "All or nothing", un disque édité en 2002. Tout comme le "Crosstown traffic" de Jimi Hendrix. Instrumental à la texane, "Quiet boy" évolue à la croisée des chemins de Freddie King et de Vaughan ; un morceau dont la version originale figurait sur "Everything I need", un LP commis en 2001. Mais la toute bonne surprise procède de la présence de sa superbe version du "Purple rain" de Prince, une adaptation de près de 10' qu’il élabore habilement, mais en y injectant une fameuse dose d’émotion. Avant de permettre à ses cordes de décoller. Un moment d’exception, bien mis en relief par les interventions de l’orgue.

Aynsley Lister

Equilibrium

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Ce jeune chanteur/guitariste anglais s'est forgé une solide réputation dans le milieu du rocking blues, un milieu au sein duquel se bousculent quelques fleurons outre-Atlantique : Jonny Lang, Kenny Wayne Sheperd ou encore Joe Bonamassa. Et ce n’est pas usurpé ! Dès ses débuts, opérés en 1999, il signe sur le label allemand Ruf. Il y a concédé cinq 5 albums dont un live, paru aussi sur Dvd. Il collabore également à la série Blues Caravan Pilgrimage, aux côtés de Ian Parker et d'Erja Lyytinen, projet concrétisé à ce jour par un elpee studio et un Dvd live. Lister semble délaisser peu à peu sa fibre blues pour adopter un power pop rock de bonne facture. Ce qui va sans doute lui permettre de drainer un nouveau public, mais aussi plus large. Son expérience la plus blues a été immortalisée sur l’elpee "Supakev & Pilchards", un disque paru en 2002. Une œuvre concoctée en solitaire. Et en live. Acoustique elle réunissait, pour la plupart, des reprises de classiques du blues.

Pour enregistrer cet "Equilibrium", Lister est soutenu par Robbie McIntosh et Simon Johnson. Ces deux musiciens alternent basse et guitare rythmique. Mais également par le drummer Paul Beavis et le claviériste Steve Darrell Smith. Aynsley ouvre l’opus par une compo déjà très rock, malgré son titre ("Soul"). Une plage au refrain contagieux, susceptible de rallier nombre de nouveaux admirateurs. Les guitares très rythmiques et l'orgue très présent peuvent rappeler le meilleur de Tom Petty and the Heartbreakers. L’homogénéité des compos est assez remarquable, surtout dans la conjugaison des cordes. "Time's up" nous replonge dans l’univers habitue de Lister. Un shuffle bien équilibré ( ?!?!), plus proche du blues/rock à la texane. "What's it all about" opère un retour dans la sphère rock. Une jolie ballade. Les vocaux sont excellents. Les interventions à l’orgue de Darrell Smith très subtiles. Lister en profite pour se réserver un de ces soli rarement entendu de nos jours. Les lignes sont simples, mais acérées. Elles s'accélèrent, montent en puissance avant d'exploser. Et pourtant, la sensibilité mélodique y est bien préservée. "Forever" évolue à un très bon niveau. Une plage pop/rock lumineuse susceptible de rappeler, mais sans les voix féminines, la meilleure période américaine du Fleetwood Mac. Ici encore, le leader se réserve une sortie éblouissante sur les cordes, toujours basée sur des lignes simples, mais tellement efficaces. Lister interprète "Crazy" en solitaire. Il s'est armé d'un instrument acoustique au son métallique. Une sorte de dobro. Il chante ce titre dans un style proche du Delta blues ; c’est aussi le seul de cet elpee qui ne soit pas issu de sa plume. Rock bluesy, "Big sleep" fait instantanément mouche. Les nappes d’orgue sont chaleureuses, elles sont déversées dans un style que n'aurait pas renié le Spencer Davis Group de Stevie Winwood. Aynsley en profite pour s'éclater une nouvelle fois sur ses cordes. Retour au pop rock pour "Running on empty". Attachante, caractérisée par des lignes de guitares démultipliées et une voix se détachant de l’ensemble, cette plage possède une dimension commerciale indéniable. Jolie ballade empreinte de douceur et de délicatesse, "Superficial" bénéficie d’une parfaite complicité entre vocaux et instruments. "Early morning dew" adopte un profil plus simple, voire dépouillé. En fin de parcours, le jeune Anglais se reconnecte à son blues rituel. Shuffle torride, "Running out on me" évolue dans un registre très proche du regretté Stevie Ray Vaughan. Lors du boogie tranchant, sans fioritures, agité, "Sugar low", Aynsley sort enfin sa slide. Et elle est acérée. Une slide qui opère une ultime sortie sur la finale "Hurricane", un rockin' blues puissant, subtil et accrocheur. Dans le style, c’est un excellent elpee.

Randy McAllister

Flying high while staying low down

Écrit par

Chanteur/compositeur/multi-instrumentiste, McAllister est texan. De la petite ville de Novice, très exactement. Très en verve dans le domaine de l’écriture on le compare même à des stars comme Doug Sahm, John Hiatt et Delbert McClinton. C’est loin d’être un débutant, car il compte à son actif une discographie impressionnante. Son premier elpee, "Diggin' for sofa change", est paru en 1997. Sur le label anglais JSP. Tout comme "Grease, grit, dirt and spit", l'année suivante. Dans la foulée il commet "Temporary fixes" en 2000, "A little left of center" en 2001 et "Grivers and takers" en 2002, chez Freedom First. Cet elpee est en fait un "Best of Compilation" de l'artiste. Il réunit six plages de "Temporary fixes", cinq de "A little left of center" et autant de "Dope slap soup", un opus qui devait sortir plus tard en juillet 2007, alors que la compile ne date que de 2006 ! (NDR : vous m’avez compris ?)

Confessons-le de suite, ce disque est d'une richesse incroyable. Solides et variées, les compositions tiennent toutes parfaitement la route. La voix est impeccable. Les musiciens manifestent une présence incroyable. La classe et aussi la claque! Extraites des trois elpees, les plages sont mélangées ; mais on ne s'en rend guère compte, tant l’ensemble est homogène. Randy chante et joue de l'harmonica. Il a reçu la collaboration de pas moins de sept guitaristes différents. Talentueux, en outre. Ce qui ne gâche rien.

Par ordre chronologique, "Take me out of New Orleans" nous replonge en 2000. Une rythmique implacable donne le ton à ce boogie rock'n'roll, caractérisé par la guitare incisive du notoire Stephane Burton. "That chicken you're fixin'" semble émaner de la même cité louisianaise. La démarche rappelle Little Feat. La slide donne froid dans le dos. Todd Blalock nous transperce de ses notes impitoyables. L'harmonica est mis en exergue tout au long de "Stronger vice/Better hobby". Mais également les percus de Jimmy Morgan ainsi que l'accordéon de Tim Alexander. Le climat baigne allègrement dans le tex-mex et le zydeco. "Never had a lot of faith" est un titre très riche. A cause de l'orgue, de la voix féminine ainsi que des cordes de Blalock et de Jim Suhler, le voisin de Dallas. Mais après plusieurs écoutes nous découvrons encore de nouvelles sonorités. Et on n’est pas au bout de nos surprises. Flux et reflux d’harmonica balaie "Man who went for cigarettes" et "The chain", alors que deux nouvelles guitares apparaissent : celles d'Andrew ‘Jr Boy’ Jones et de Mike Morgan (oui, celui du Crawl).

De l'album édité en 2001, la sublime ballade "Why" a été retenue. Randy chante admirablement cette compo. Sa présence est sidérante. Il souffle sans trop se forcer dans sa musique à bouche. Des chœurs féminins le soutiennent. Tom Blalock gratte doucement ses six cordes. Empreinte d’accents métalliques, la slide acoustique de Rollo Smith est divine. Son attaque est incisive sur "The sound of leaving". Rollo tire à nouveau son épingle du jeu. Le redoutable Tim Alexander siège derrière les claviers. Uniquement épaulé par le piano d’Alexandre, Randy interprète "Wandering shepherd" d’une voix solennelle. Shuffle louisianais dominé par le piano et la slide, "What moves you" retrouve la Nouvelle Orléans.

Pour le dernier elpee, on a droit ici à deux titres d'ouverture. Tout d’abord l'énergique "The girl ain't right". Une véritable perle illuminée par les cordes de Matt Woodburn et de Mike Morgan ainsi que la voix très présente de Miss Banita Arterberry-Burns. "Clear my head" ensuite. Peut-être la plus belle plage. Tout en affichant un évident potentiel commercial, elle permet à l'orgue d'Alexander et à la slide de Woodburn de faire la différence. Le recueil recèle encore la ballade soul "Close your eyes" et un "Baptist church van" caractérisé par un chant majestueux et un orgue imposant, une plage au cours de laquelle le riff est imprimé par la rythmique de Mitchel Smithet et la slide de Woodburn. Une œuvre majeure que je vous conseille vivement.

Lister

Elektrisch vuur

Écrit par

Ce trio hollandais guitare/basse/violon s'aventure sur un terrain en friche, seulement foulé très partiellement par les belges de DAAU.

La musique, essentiellement instrumentale, est d'inspiration traditionnelle. Alors que la plupart des formations officiant dans le genre adaptent des oeuvres existantes, Lister propose 10 créations originales sur les douze plages que comporte l'album. Et s'éloigne très souvent de ses racines par son approche très moderne. Furtivement, on a l'impression d'entendre une production post-rock à la Anathema (première partie de « Rooibos », la cinquième plage), du rock atmosphérique acoustique à la Antimatter, voire l'une de ces oeuvres minimalistes chères à Wim Mertens ou Henry Krutzen. Guitare et violon se font tour à tour rythmiques (parfois de façon fort hypnotique), aventureux ou mélodiques, réservant quelques évolutions expérimentales que le King Crimson des seventies lui-même n'aurait pas reniées. Le propos est en fait rarement enjoué (Suite de Muntenië-gigue). Bien qu'irréprochable, ce CD n'intéressera donc qu'un public très ciblé, lequel se sera reconnu dans cette chronique.

Izaline Calister

Kanta Hélele

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Originaire de l’île de Curaçao dans les Caraïbes, la chanteuse Izaline Calister est une star locale depuis la sortie de son premier disque « Krioyo ». Sur « Kanta Hélele » elle revisite quelques traditionnels de son île en y ajoutant sa touche personnelle. Elle compose aussi ses propres morceaux dans un mélange qui doit autant à la salsa moderne un peu clinquante, au zouk qu’à la rumba congolaise. Les atmosphères sont aussi fort versatiles : des chansons pour se trémousser, quelques ballades jazzy carrément mielleuses (« Nada den mi man ») et des plages touchées par la fièvre vaudou (« Karnaval di Zumbi »). Une belle voix, peut-être trop lisse, comme le reste de la production musicale de ce disque ; l’interprétation est irréprochable, mais hésite constamment entre pop et tradition.

 

Aynsley Lister, Erja Lyytinen & Ian Parker

Pilgrimage

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Le boss Thomas Ruf a eu la bonne idée d’envoyer trois jeunes artistes européens dans le sud des Etats-Unis, afin de leur permettre de retrouver l’inspiration. Et puis, bien sûr, d’enregistrer. Trois chanteurs/guitaristes. Deux anglais : Aynsley Lister et Ian Parker ; et une Finnoise : Miss Erja Lyytinen. Au programme : un pèlerinage (Pilgrimage) vers trois capitales prestigieuses du blues : la Nouvelle Orléans (en Louisiane), Clarksdale (dans le Mississippi) et Memphis (au Tennessee). Mais à cette époque, l'ouragan Katrina a malheureusement détruit une bonne partie de New Orleans ; dès lors, seules les deux autres destinations seront retenues. Ils ont donc séjourné quatre jours au Delta Recording studio de Clarksdale, sous la houlette de Jimbo Mathus (neuf plages) et les trois jours suivants dans les studios Ardent de Memphis, sous celle de Jim Gaines (4 plages). Sous-titré "Mississippi to Memphis", "Pilgrimage" en est donc le résultat.

Aynsley Lister est sans aucun doute le musicien le plus notoire. Il a déjà commis cinq albums pour le label Ruf depuis 1999, dont le dernier "Live!", est paru en 2004. Ian Parker n'a pas encore trente ans. Ce jeune diplômé en psychologie a drivé différentes formations : Strange Brew, Blue Horizon en 98, Ian Parker's Alibi en 2002 et le Ian Parker Band en 2003. Il a commis deux albums signé chez Ruf : "Thirteen tracks" et le live "Whilst the wind" en 2005. Erja est très jolie. Mais cette Finlandaise n'est pas une débutante, car elle compte trois albums à son actif : "Attention!" en 2002, "Wildflower" en 2003 et "It's a blessing" en 2005, un elpee qu’elle a concocté en compagnie de Davide Floreno. Tels des larrons en foire, Aynsley, Ian et Erja se sont partagé l'écriture des différentes plages, n’autorisant qu’une seule reprise. "Heal me love" est une ballade fort agréable. Le trio aime chanter en chœur. Une guitare se déchaîne en fin de parcours. Serait-ce celle de Ian ? Erja chante son "You don't know", une autre ballade très douce, dépouillée, face au piano de Tim Hinkley. Les voix masculines lui répondent pendant que les cordes font progressivement leur entrée. Le trio attaque la seule cover : le "You don't know" de Luther Allison. Le rythme est soutenu. Les efforts sont encore partagés. Une guitare réverbère des sonorités proches de Luther, l’autre en picking lorgne vers Albert Collins, pendant que la dernière se montre plus réservée. Blues rock séduisant, le "Too much to hide" de Ian Parker est illuminé par des cordes éclatantes. Et la voix passe bien la rampe. Nous sommes au cœur de Clarksdale, non loin du Blues Museum et pas davantage du fameux Crossroads où Robert Johnson rencontra le diable. Le climat passe au roots. Les guitares acoustiques suivent respectueusement le chant d'Aynsley sur son "Mississippi Lawnmower blues". La bande des trois a cosigné un entraînant "Blues Caravan". Balisé par un riff de basse imaginé par Steve Malcom, il vire au délire rap et hip hop! Le "Dreamland blues" d'Erja est un nouvel interlude très roots. Le trio se partage équitablement la tâche. Miss Erja y manifeste une félinité suave. Lister a composé "Twinkle Toes Willie", une plage balayée par une slide exquise. Parker est sans doute le compositeur le plus fécond, original et inspiré ; mais il n’est guère imprégné du blues. Ballade de bonne facture, mélodieuse et élégante, "Time bares witness" est hydratée par les claviers de Hinkley. L’opus recèle un morceau caché. Enfin, pas tout à fait, puisque le bonus track est annoncé comme "Jam with Mister Tater" et il me fait furieusement penser aux sonorités du British Blues Boom des 60s ; en particulier celles que cultivaient Peter Green et surtout Stan Webb. Tout d’abord dans la manière de chanter et puis de libérer de courtes phrases de la guitare. Quoique pas exceptionnelle, cette plaque tient bien la route. Cette Blues Caravan est d’ailleurs actuellement en tournée européenne ; et passera par le Banana Peel de Ruiselede le 8 mai prochain!

Aynsley Lister

Live!

Écrit par
Ce jeune chanteur guitariste anglais jouit déjà d’une solide réputation en Europe. Et pour cause, il arpente les routes du vieux continent, depuis quelques années. Il y a bien longtemps qu’il gratte de la guitare. Tout gosse, lors d’un voyage à San Francisco, pour lequel il avait accompagné ses parents, il rejoint Coco Montoya sur la scène du Lou's Bar au Pier 49 du Fisherman's Wharf. A 18 ans, il fonde son premier groupe. Un trio, en compagnie duquel il enregistre deux albums. Deux disques, par ailleurs autoproduits. Il est ensuite remarqué par le label Ruf qui le signe. Il commet alors successivement "Aynsley Lister" en 1999, "Everything I need" en 2000, "Supakev'n pilchards" en 2002 (NDR : un elpee acoustique immortalisé ‘live’) et l’an dernier "All or nothing".
 
Ce nouvel opus ‘live’ a été enregistré en Allemagne. A Bonn, très exactement. En mars dernier, lors du festival Rockpalast Crossroads. Ce concert s’ouvre par "Aeroplane blues", une compo très agréable au cours de laquelle la guitare d'Aynsley égrène quelques accords rythmés, légèrement amplifiés. Un peu comme John Lee Hooker les accordait lors du début de ses concerts. La voix se pose sur ce boogie solitaire. Armé de sa guitare acoustique, il interprète "As the crow flies" de Tony Joe White. Seul sur les planches ! Il branche sa Gibson Les Paul noire à son ampli avant d’être rejoint par le bassiste James Townsend et la toute jeune drummeuse Sarah Jones (17 ans). Son blues se teinte largement de rock dès l’instant où le son se charge d’électricité. Il nous balance un "Say goodbye" très puissant. La section rythmique évolue au second plan. La guitare occupe bien le devant de scène. Elle remplit tous les espaces. Son chant devient frêle face aux cordes. Et ce concert se poursuit suivant ce schéma. La guitare règne sans partage ; et à chaque plage, Aynsley chante quelques couplets avant de laisser ses doigts disserter sur le manche sans relâche. Les soli n'ont guère de limite. Le tempo demeure assez uniforme, même lorsque défilent "Balls of street" et "Snake". Il revient en force pour un autre boogie très électrique : "Everything I need". La guitare est de plus en plus envahissante. Si notre Lister possède la fureur de jouer d'un Rory Gallagher, il ne possède ni le feeling naturel du blues ou du boogie, ni la légèreté et le plaisir de partager sa musique. Il reprend l'une de ses meilleures compositions : "Angel 'o' mine". Une plage assez lente qui ne manque pas de charme ; mais encore une fois, elle souffre d’une évidente lourdeur héritée en ligne droite du british blues rock. "Now you're gone " nous en met plein les tympans. Mais on n’en retire aucun plaisir. Et pour cause, ce nouveau prétexte à la démonstration frôle l'overdose. Imprimé sur un mid tempo, "Take me to the river" ose un blues rock aventureux. La guitare explore de nouvelles sonorités torturées. Quoique intéressant, ce voyage expérimental s’éloigne du blues. Shuffle bien ficelé, "Runnin' out on me" met en exergue le jeu puissant de Lister. Mais si la section rythmique assure, elle n'affiche pas le potentiel de leurs rivales texanes. Douce ballade, "Sometimes it gets 2 me" monte progressivement en puissance, suivant l’humeur contenue d'Aynsley. Dans les moments les plus calmes, il y ajoute une certaine tension, par de courtes explosions successives. En fin de concert, Lister se lâche dans un trip hendrixien en enchaînant "Soundman" et "Fallin' down". Deux clins d'œil indubitables adressés au maître ! Un opus que je conseillerai exclusivement aux jeunes fans de rockin' blues épais !

Aynsley Lister

Supakev n pilchards

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Agé de bien moins de trente ans, Aynsley est encore un très jeune musicien. Il avait déjà commis deux albums autoproduits, en 96 et 97, avant d'être remarqué par Thomas Ruf, boss du label qui porte le même nom. En 1999, il avait également gravé un opus éponyme produit par Jim Gaines ; un disque suivi en 2001 par "Everything I need". Le jeune chanteur/guitariste anglais poursuit son apprentissage tout au long de cet enregistrement quasi unplugged. Un set immortalisé live au South Parade Pier de Southsea, en juillet 2001.

Lister prouve qu'il peut interpréter le blues des créateurs. Sa voix ne crève certes pas l'écran sonore, mais elle passe bien. En outre, l'artiste semble s'amuser face à son public. Il reprend ici pas moins de quatre compositions de Robert Johnson, dont l'ouverture "Stop breakin' down", un "Kind hearted woman" dont la voix sanglotante est saturée d'émotion, ainsi que "Crossroads" et "Walkin' blues". Assez technique, son jeu de guitare transparaît très bien sur plusieurs titres. A l'instar de "Tougher than tough" de Jimmy Witherspoon. Il se tire aussi très bien d'affaire au bottleneck, dans un style Delta. C'est une évidence chez la cover de "Mean old world" de Little Walter et d'"Empire State Express" de Son House. A mi-parcours, il réussit quelques petits coups de boogie ; et en particulier "Mad man blues" de John Lee Hooker et "Come go home with me" de Sam "Lightnin" Hopkins. Au beau milieu de ce programme blues, il concède l'une ou l'autre chanson. Tout d'abord l'adaptation du "Strong enough" de Sheryl Crow ; et enfin, en guise de rappel, une bien jolie et longue reprise d'"As the crow flies" de Tony Joe White. Lister demeure un artiste à suivre !

 

Aynsley Lister

Everything I need

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Aynsley est un jeune espoir du blues rock d'outre-Manche. Pas étonnant, dès lors, que de plus en plus de monde s'intéresse à lui. Thomas Ruf qui comptait déjà Walter Trout dans son écurie, a décidé de le prendre sous son aile protectrice. Le jeune homme a du talent et une voix qui passe bien dans le style. Particulièrement dense, le boogie rock lâche ses décibels sur "Everything I need". Il est vrai que la production est assurée par Jesse Davey des Hoax. Cette plage se fond dans la suivante, "Angel o' mine". Une composition au tempo plus lent, mais à la mélodie accrocheuse. Aynsley se sent manifestement plus à l'aise sur ce terrain. "Soundman" trempe dans un Rockin' blues à nouveau proche des Hoax. Retour au calme ! Pour interpréter "As the crow flies" de Tony Joe White, l'électricité est même coupée. Lister se révèle le plus à l'aise dans les tempos lents, à l'instar de "Without U". A moins que ce ne soit sa voix qui s'y prête le mieux. Lister est un bon guitariste. Lorsqu'il se concentre sur son manche et ne tombe ni dans la facilité ni les effets, il peut alors devenir intéressant ; très Proche de Freddie King même, comme sur l'instrumental "Quiet boy!". Sans quoi son rockin' blues, destiné à un public plus jeune, reste agréable à l'oreille. Il se souvient qu'il existait en Angleterre un très grand guitariste du blues appelé Peter Green. Ce souvenir lui inspire le très lent et confidentiel "Need her so bad". La plus belle pièce de l'album ! Il termine par "Little wing", un hommage à l'une de ses références, l'inoubliable et mythique Jimi Hendrix…