Lylac rencontre les esprits de la nature…

Telle une allégorie d’un paradis perdu, le nouveau single de Lylac, “The spirits of the wild”, évoque son fantasme ‘Eastwoodien’ des grands espaces sauvages et inexplorés. Fleuretant avec l’idée de la recherche du mythe ultime cher aux artistes californiens…

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Miossec

Une vulgaire piquette...

C'est dans le cadre du festival itinérant " Les Jeux " que les deux Français (Christophe) Miossec et Dominique A(né) sont venus nous rendre visite, dans une ambiance d'abord bon enfant mais qui tomba très vite dans le mauvais trip breton, tendance Manau à la foire de Libramont. Dans le rôle du bœuf très beauf : Miossec, dont la musique ce soir-là n'eut pour unique intérêt que mieux nous faire aimer ses deux supports acts, bien plus électrifiants que n'importe laquelle de ses mélodies bancales qui sentent la bière et le mauvais déo.

Amor Belhom Duo est en fait un trio qui marie ambiance moite proche des westerns crépusculaires de Sam Peckinpah et charme vénéneux distillé au compte-gouttes par des musiciens parents des frères Burns de Calexico. Au croisement d'un post-rockabilly fiévreux et d'une pop à la française pleine d'échos du Middle West, la musique de ce trio parvint à nous enivrer mais pas à nous saouler, contrairement à celle du malheureux Breton mentionné plus haut.

Autre fièvre pleine de folie mais sans delirium, le concert de Dominique A : supporté par Sacha Toorop à la batterie (Zop Hopop) et l'ancien guitariste de… l'ivrogne suscritiqué, l'homme au crâne rasé tétanisa l'assemblée par ses chansons toute tension dehors, des ballades écorchées vives sans cesse sur le fil du rasoir, qui vous font chavirer par leur beauté à fleur de peau. A cet égard, la chanson qui clôtura ce concert magnifique, " Pour la peau ", est sans doute l'une des plus belles de Dominique A, bien loin des misanthropies faciles de son avant-dernier album " Remué ".

Ensuite, les choses se gâtèrent : bourré comme toute la Bretagne, le piètre troubadour des A. A. entra dans l'arène, prêt à décocher ses petites phrases assassines en roulant ses " r " comme le fit jadis Brassens et Gainsbourg, mais en mieux. Car les deux chanteurs, auxquels le petit monsieur de ce soir doit vouer beaucoup d'admiration, avaient, eux, de la classe, et respectaient leur public. Le petit Miossec n'en à rien à cirer des gens qui viennent l'acclamer (et le pire, c'est que tous en redemandaient) : ses chansons de troquet boitent et se plantent, et même si les musiciens qui l'accompagnent feront de leur mieux pour sauvegarder les meubles, le petit chanteur coulera à pic. La vérité est dans le vin, dit-on… La vérité, c'est que, le vin aidant, Miossec est devenu égoïste, suffisant et vulgaire, et sa musique une soupe celtique servie froide et sans sel. Désolant.

Miossec

Chansons Ordinaires

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Miossec n’est certainement le plus poétique des paroliers francophones, mais appartient sans aucun doute à la catégorie des plus directs! Il n’enrobe pas ses paroles d’un doucereux emballage ! Ce n’est pas nécessaire pour donner le goût au travail du Brestois. Ses « Chansons Ordinaires » perpétuent sa tradition. Pas question de déroger à la règle. Mais soyons honnêtes, ses coutumes musicales ne métamorphosent pas Christophe Miossec en artiste transcendant. Ce huitième opus va contenter son public déjà acquis à sa cause, mais aura du mal à en conquérir un nouveau. Les textes sont pour la plupart relativement faibles, faciles. Les mélodies manquent de renouvellement. Et on ne rencontre pas sur ce disque les plus grandes compos de l’auteur-compositeur-interprète français. Là où il y a un véritable effort, c’est sur le titre qu’il a adopté. C’est en effet un record de longueur qu’il a établi en choisissant « Chansons Ordinaires », puisque jusque là, celui qui dénombrait le plus de lettres était « A prendre ». Je me moque un peu parce que les chansons sont intitulées de manière un peu simpliste (« Chanson que personne n’écoute », « Chanson pour les amis », etc.). L’origine remonte à l’entre-deux guerre où les chansons avaient toutes une fonction et étaient baptisées par rapport à celle-ci. Mais n’éternisons pas cette chronique qui suscite aussi peu d’intérêt que l’elpee auquel il se rapporte.

 

Miossec

Finistériens

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Septième galette pour le breton Miossec. Et quelle galette ! Elle est lourde, très lourde, voire indigeste. Pire que du pain rassis. L’ennui coule par tous les trous. On ne peut pas vraiment dire que le gars déborde de joie et de bonne humeur… Ah ça non ! Il aurait des envies suicidaires que je ne serais pas étonné tiens.

Et dire que c’est Yann Tiersen qui s’est chargé de la réalisation. Ben dis donc, il nous avait habitués à autre chose l’animal. Ses compos à lui sont d’une autre trempe, bien plus enjouées.

Visiblement, le ciel gris et la pluie bretonne ont fait leur œuvre. Après avoir écouté cet elpee, quelques réflexions en vrac me viennent à l’esprit :

- Fatigué ? Pas de sédatif ? Pas grave, un petit coup de « Finistérien » et hop, vous êtes dans le gaz. « Finistérien », le somnifère efficace et sans danger pour la santé. Quoique !

- Dépressif ? Ecoutez-moi ça ! Alors, ça va mieux ? Ben vous voyez, y’a pire que vous !

- Des difficultés à évacuer ? Ballonné ? Constipé peut-être ? Une bonne dose de Miossec et ça dégage aussi sec !

- Un petit jeu ? Une roulette russe ? Non ? Vous cherchez mieux ? Alors écoutez cet album. A quel titre succomberez-vous ? Vous faudra-t-il un deuxième essai ?

 Ok, stop, j’arrête mon petit ‘concon’.

Ben oui, j’aime pas. Mais alors pas du tout. Rien n’arrive à m’accrocher. Miossec demeure pour moi une énigme de la chanson française. Porté aux nues par les médias culturellement spécialisés, il n’en touche pas une chez votre serviteur. Ses compos sont insipides, incolores et inodores ; or, je croyais qu’il avait déjà touché le fond. Mais non, il continue de creuser visiblement. Pas grave, s’il y trouve un quelconque plaisir. Mais franchement de cet album, tout comme du précédent, de celui d’avant et de celui qui précédait celui d’avant (où j’en suis là ?), je ne parviens pas à choisir ce qui me consterne le plus : la fadeur des textes insipides ou les mélodies faiblardes ?

Mais pas de problème pour celles et ceux qui l’aiment et chérissent le genre, il n’a pas changé de fusil d’épaule. Par contre, si vous n’appréciez pas trop son dernier recueil de ‘mouchoirs usagés et trempés’, vous pouvez toujours vous procurer le dernier Delerm.

 

Miossec

L´étreinte

Écrit par

Ouille ! Il s’est passé quelque chose d’étrange : le nouvel album de Miossec n’est plus illustré d’une photo de son géniteur. A l’origine de ce bouleversement, une peinture, signée Paul Bloas, venant immortaliser le portrait de Christophe Miossec. Les couleurs, éclatantes, ornant la pochette semblent d’ailleurs augurer d’un contenu joyeux. Mais ce serait oublier que nous sommes chez Miossec, chantre d’un univers ouvertement mélancolique. Pourtant, d’entrée de jeu, la surprise est au rendez-vous : « Palapa, pa palapa… ». Une mélodie immédiate, un refrain à chanter en chœurs, « La facture d’électricité » réaffirme l’obsession maladive de Miossec pour ces impossibles relations amoureuses. Si le morceau donne l’impression d’avoir été gratouillé en cinq minutes, il confère une spontanéité d’ensemble à son sixième album. Miossec livre ici un hymne mélancolique joyeux, populaire. Les élitistes ingrats lui reprocheront sans doute de trop fricoter avec Cali. Mais tant pis pour eux. Ou plutôt tant mieux… Oui, nous, on s’amuse bien en compagnie de ce nouveau Miossec. Les blasés peuvent crier, aucune critique n’altérera la verve naturelle du Brestois.

Sentimental, Miossec dédie même une chanson à sa « Maman ». Tel un enfant perdu dans un corps d’adulte, il confesse ses grosses bêtises, espérant l’indulgence maternelle. Plus loin, il passe la trentaine au crible. Dans « 30 ans », il se montre critique à l’égard de cette période de sa vie, manifestement pénible. Tendance pop illuminée, toujours affligée, « Mes crimes : le châtiment » et « Quand je fais la chose » s’inscrivent dans la plus pure tradition de son répertoire. Entendez : pas un grand chanteur mais un excellent conteur. La belle « Etreinte » de Miossec se passe, comme toujours, entre un homme et une femme. Et nous, on éprouve énormément de plaisir à observer ce couple. Comme des voyeurs, on s’immisce au cœur de cette relation qui ne nous appartient pas. Vivre « L’étreinte » par procuration : la luxure du moment !

 

 

Miossec

Brûle

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Textes ambitieux, style parlé-chanté, voix fatiguée… Miossec a tout pour être une sorte de poète maudit. Sauf qu'il a du talent. Et pas un peu. Nul besoin chez lui de recourir au jeu de mots ou aux termes alambiqués pour avoir l'air intelligent. Miossec a l'art de nous balancer des évidences auxquelles on n'avait jamais songé : ‘On vouvoie le paradis et on tutoie l'enfer’. A-t-on déjà emprunté raccourci plus simple pour résumer la condition humaine ? Quand il joue à l'architecte, ses chansons aux constructions originales ne tombent jamais dans le piège de l'exercice de style. Et je pense tout particulièrement à cette subtile lettre à " Ma tendre S " ou à cette succession de questions – ‘comme on ne pose jamais les bonnes questions, pourquoi aurait-on un jour les bonnes réponses ?’ - qui aboutit à une magnifique chanson d'amour. Lorsqu'il tire un portrait, il évite ces raccourcis et vise juste : ‘elle était de ces femmes, qu'on embrasse sur les yeux’. Miossec nous offre donc de la vraie chanson. Et pourtant, sans doute est-ce son histoire personnelle ; mais on sent confusément le rock à chaque coin de ses couplets, sans qu'il ait besoin de grosses guitares électriques pour cela. Juste une atmosphère. Et une autre preuve de son talent.

 

Miossec

Le côté p tite teigne qui ressort...

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Il écoute Asian Dub Foundation, les productions de labels comme Wall Of Sound et Cup Of Tea, et il attend impatiemment la sortie du nouveau dEUS. Il n'avait pas prévu de devenir chanteur et semble aujourd'hui se méfier du succès qui pourrait le guetter. Pas facile à prendre, le Miossec!

Intituler son album ‘A Prendre’ ouvre la porte à toutes les interprétations imaginables. Apprendre, à prendre... ou à laisser, allez savoir. Christophe Miossec ne se tracasse pas. Et s'il s'est quelque peu calmé (ou du moins, il essaie) côté excès, il continue à pratiquer son art avec cette conception qui n'appartient presque qu'à lui : « Je n'ai pas de message personnel à délivrer, autrement je ne ferais pas de musique, quoi. Je ne prends pas les choses comme ça en fait. Je fais un disque et puis voilà... C'est un peu ‘advienne que pourra’. Mais je n'attends pas de questions précises, et je n'ai pas non plus de réponses précises à fournir. Ce que je veux dire, c'est que je comprends complètement quelqu'un qui n'aime pas le disque ; je peux me retrouver en accord avec lui, et ça ne me pose pas de souci majeur. Et vice-versa. » N'empêche, les albums du Breton, trois à ce jour, n'ont jamais suscité l'indifférence. Après ‘Boire’ et ‘Baiser’, certains espéraient même le voir toucher un auditoire plus large. « Il y a quand même un truc marrant dans ce que j'ai pu lire, c'est que des gens ont été étonnés que je ne fasse pas le grand saut. Quelque chose de plus populaire. Que je devienne une usine à tubes. Mais je sais que c'est complètement à côté de la plaque, parce que ce n'est pas du tout dans ma façon de fonctionner, de faire de la musique. Ce qui est vraiment drôle, c'est de voir que ces réactions sont même issues de journaux indépendants ou dits comme tels. C'est tout de même marrant de lire des journalistes spécialisés qui te reprochent pratiquement de ne pas faire des tubes... »

Miossec ne fait pourtant pas la fine bouche sur les quelques 140.000 exemplaires écoulés du précédent ‘Baiser’. D'autant, explique-t-il, que dans sa logique de départ, il pensait en vendre 5 ou 6.000 et jouer partout en Bretagne. « Si ce miracle pouvait en rester là, éviter le gigantisme, ce ne serait pas plus mal pourtant. » Au-delà, ce serait une erreur car il avoue ne rien faire pour que ça décolle. « C'est bizarre parce qu'au départ, j'étais musicien. J'avais un 8-pistes et je bricolais tout moi-même. Comme j'étais tout seul, il a fallu chanter. Et puis après écrire mes paroles. Mais à l'origine, mon truc, c'était de faire de la musique, pas du tout devenir chanteur. Enfin, si je m'écoute, ce n'est pas le genre de voix dont on se dit : ‘Tiens, elle est magnifique, je vais devenir chanteur.’ » Ce qui séduit, ce serait donc plus le style que l'organe. Un style dépouillé, une écriture qui pourrait être crue s'il n'y avait le démenti de l'auteur : « Pas pour moi, non. Normale. Enfin, ce qui devrait être normal. J'ai l'impression d'écrire mes textes naturellement, et puis c'est mon truc. J'ai le sentiment d'être honnête dans ce que je raconte. Je ne crois pas être à côté de la plaque. Les choses trop calibrées, je ne m'y retrouve pas du tout. Ce qui fait que je n'écoute pas beaucoup de chanson française en fait. »

En une période qui semble propice à cette ‘nouvelle chanson française’ (notez les guillemets), le succès ou l'intérêt pour les uns poussant les firmes de disques à en signer d'autres, Miossec fait parfois figure d'ouvreur de portes. Encore que cette étiquette le laisse quelque peu sceptique : « Je crois que cela devient aussi une facilité. Je suis loin d'être fan de tout ce qui sort dans le genre. Il y a beaucoup d’imposture intellectuelle dans toute cette... Enfin, je ne balancerai pas de noms pour m'éviter les emmerdes, mais j'ai un peu l'impression que cette situation pourrait vite devenir une tarte à la crème. Je me sens aussi proche de Sloy ou de Noir Désir, pour d'autres raisons. Humainement, même avec Zebda, on s'entend bien. Les Roadrunners aussi. Comme on fait partie de groupes qui tournent beaucoup, il y a des amitiés qui se créent. Ce n'est pas du tout une affaire de sensiblerie à la française, c'est plutôt une histoire d'attitude. L'autre jour, un journaliste qui est dans la techno m'a dit qu'après deux jours de rave, il écoute Miossec parce que ça lui fait du bien. Ça me fait plaisir. Je préfère cette réaction à un mec qui étudie Jean Ferrat. »

Ce que le Breton préfère par-dessus tout, on s'en doute, c'est la scène. Une scène qu'il n'a pratiquement jamais quittée depuis le premier album, notamment parce qu'il a débarqué fort tard dans le milieu. C'est du moins ainsi qu'il l'explique. « Et c'est surtout le fait d'avoir auparavant vécu autre chose dans ta vie. Et puis là, tu te retrouves dans un fourgon rempli de fous furieux! Je n'ai pas arrêté de rouler, c'est formidable. Enfin, c'est autant la vie de fous que les concerts eux-mêmes. Je sais que je n'arrive pas du tout à être calme et serein sur scène. C'est aussi dû au fait que j'ai vachement le trac avant, donc la tension se transforme en violence. Enfin c'est un truc assez bizarre... » Voilà qui ne risque pas non plus de s'arranger au fil de temps. Du moins, Miossec ne le croit pas : « Je ne pense pas qu'un jour je me dirai : ‘Tiens c'est normal, je monte sur scène, y'a du monde dans la salle’. Par contre, je pourrais prendre du plaisir. Ça, c'est énorme. C'est plutôt du plaisir chimique... Mais ça peut être horrible; sortir d'un très mauvais concert, ça te fout le moral en l'air. Si on peut se fendre la gueule, c'est bien. Mais je ne pense pas que j'arriverai à être cool, serein sur scène... J'ai un côté 'tite teigne qui ressort… »

Interview parue dans le n° 73 (mai 99) du magazine Mofo