Pas d’amis, pas de douleur pour Johnnie Carwash…

« No Friends No Pain », c’est le titre du nouvel elpee de Johnnie Carwash. En attendant, il nous en propose un extrait, sous forme de clip, « Aha (it's ok) ». Ballade pop façon The Drums, « Aha (it's ok) » est un morceau mélancolique qui a conservé la…

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Mogwai

Rock Inaction

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Après avoir accordé de fructueuses prestations au Domino festival de l'AB et à Rock Werchter, les Ecossais de Mogwai venaient présenter au public belge, pour la troisième fois en six mois, leur dernière plaque en date, « Mr. Beast ». Sans oublier les quelques merveilleux classiques de la formation issus de « Rock Action » ou encore « Young Team », pour n'en citer que deux.

Kid 666, qui assurait la première partie, n'a pas convaincu grand monde. Dissimulé derrière son laptop, l'homme enchaîne les beats electro-noise. Mais l'ensemble manque manifestement de cohésion. La sauce prend à peine que le DJ relâche la vapeur. Si, dans d'autres circonstances, cette performance aurait pu être créditée de potable, en tant que 'support act' d'un groupe tel que Mogwai, elle était plutôt non avenue. 

Ces derniers ont offert au public du Cirque Royal une prestation hors du temps, un show resplendissant mais un peu trop statique. Après avoir ouvert son set par un envoûtant « Xmas Step », Mogwai ne doit déjà plus trop se décarcasser pour convaincre l'assistance. D'ailleurs, sur scène, les mecs n'ont pas vraiment l'air de se fouler, enchaînant leurs compos comme d'autres enchaînent les heures de travail derrière un bureau. Mais l'intensité des « Hunted By A Freak », « Friend Of The Night » ou encore « Acid Food » excite tellement nos petites neurones que les corps figés des membres de la troupe sont presque admissibles. Agrémentée d'un sympathique light show, la déferlante noise s'achève par un épique rappel au cours duquel ils enchaînent « Mogwai Fear Satan » et « My Father, My King », une suite qui a semblé durer une éternité. Après 1h50 de stimulation cérébrale, Mogwai desserre l'étreinte exercée sur un public émerveillé et quasi sourd. Une chose est sûre : même en ne prestant que le strict minimum, les Ecossais ont confirmé, ce soir, leur réputation de dieux du post-rock. 

Mogwai

Special Moves

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Bien que fondé en 1995, Mogwai est aujourd’hui considéré comme un groupe culte. Sur la scène post rock, ce sont même des vétérans. Leur son unique, leur personnalité ainsi que leur créativité leur a permis de drainer un contingent impressionnant de fans. Et puis, ils ont tracé la voie à un style qui a fait de nombreux émules. Ils semblaient avoir atteint leur apogée discographique, lors de la sortie de leurs « Peel Sessions », en 2005 (« Government Commissions »). Cependant, il est quand même surprenant de constater que ce « Special Moves » constitue seulement leur premier album live ! Un film accompagne les morceaux et celui-ci s’avère être bien plus qu’un simple argument de vente ; car la musique de Mogwaï est par définition ouvertement cinématographique. Et s’inscrit dans l’ordre du pur ressenti. La meilleure méthode pour apprécier un concert de Mogwai, n’est-elle pas de simplement fermer les yeux et de suivre le film créé par notre imagination ? La vidéo intitulée « Burning », réalisée par Vincent Moon et Nathanaël Le Scouarnec, plonge les compos de Mogwaï dans un New-York sombre, proche de l’univers de Martin Scorcese. Ce mini-thriller en noir et blanc colle à merveille à la musique du groupe et particulièrement à certains titres comme « I’m Jim Morrison, I’m Dead », « Batcat » ou « Like Herod’s ». La vidéo a été immortalisée en 2009, au Music Hall de Williamsburg, à Brooklyn, tout comme les chansons de « Special Moves ».

Les 11 morceaux s’érigent donc en sorte de ‘Best of’ (au moins une chanson est extraite de chacun de leurs 6 albums, mais jamais plus de deux !) ; de quoi vous inciter à aller les applaudir en ‘live’, au cas où vous n’auriez jamais eu l’opportunité de vivre un tel moment. « Special Move » constitue également un point d’ancrage idéal pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas leur univers sonore en constante évolution : tour à tour cataclysmique, esthétique ou empreint d’une grande sérénité.

Mogwai

The Hawk Is Howling

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Retenu par plusieurs publications et autres webzines comme l’une des meilleures œuvres de l’année 2008, « The Hawk Is Howling », la sixième œuvre de Mogwai, est effectivement de celles que l’on souhaiterait avoir écouté en temps et en heure pour les tops de fin d’année. Une critique dithyrambique s’impose donc. Histoire de se racheter. Précédé par le single « Batcat », mariage retentissant du Post-rock et du Heavy Métal, « The Hawk Is Howling » est une collection de dix morceaux qui marque un retour aux sources. Les Ecossais ont par ailleurs opté pour la production d’Andy Miller qu’ils avaient délaissés durant une bonne décennie. Entre morceaux éthérés et tourmentés, cette nouvelle brochette irréprochable est un cadeau inespéré pour les fans de la première heure. Il concilie en effet la splendeur de « Young Team », l’intensité de « Rock Action » et l’ambition de « Happy Songs For Happy People » tout en se débarrassant des défauts de « Come On Die Young » et des mimiques adoptées sur les plus récents « Mr. Beast » et « Zidane : A 21st Century Portrait ».

Mogwai se réinvente également à travers des morceaux plus singuliers, tels que « The Sun Smells Too Loud », « Daphne And The Brain » ou l’émouvant « Scotland’s Shame ». Une écoute prolongée de « The Hawk Is Howling » révèle une subtilité encore plus prononcée qu’auparavant dans le travail de la formation. Le quintet est parvenu à se surpasser et éradique les pyrrhonismes engendrés par un « Mr. Beast » qui avait divisé fans et critiques. Mogwai a donc recouvré son grade de premier de classe. Une position parfaitement méritée.

 

Mogwai

Government Commissions – BBC Sessions 1996-2003

‘Ladies & Gentlemen, Mogwai’ : sous des tonnerres d’applaudissements, John Peel annonce l’entrée en studio du groupe qui, fin des années 90, a donné au post-rock épique ces premières heures de gloire. Aujourd’hui Peel est mort, et c’est sans doute la raison pour laquelle les Ecossais publient cette compile : en hommage. Et il est magnifique, puisqu’on retrouve sur ce disque le meilleur de Mogwai, bref du Mogwai en live. Beaucoup d’intensité, et de l’adrénaline : c’est ce qu’on préfère chez Mogwai, surtout quand elle surgit au coin d’un riff abasourdi, d’une note en suspension. Certes, la formule aujourd’hui est connue de tout le monde (au hasard : Shipping News, Mono, Explosions in the Sky, Dreamend, Sweek, Migala,…), mais elle reste dans le chef de Mogwai d’une étonnante fraîcheur, d’une surprenante intensité. Avec des titres comme « Like Herod », « Kappa » et « Superheroes of BMX », les Anglais restent quand même les vrais champions en la matière. John Peel, sans doute, n’aurait pas dit le contraire. Ecouter cette compile, c’est comme prier pour lui.

Mogwai

Rock Action

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Revoilà nos petits amis de Mogwai. Faut dire que chaque nouvelle sortie de ce groupe provoque l'émoi au sein de toute la scène noise/indie. Après un ep sorti en 1999, "Rock Action" est le véritable album consistant depuis "Come on die young". Bon, Mogwai ne révolutionne plus grand chose à l'heure actuelle. Imperturbable, il continue de tracer sa route. Peu de différences notables tout au long de ces 8 plages : les guitares vont toujours crescendo, les voix, de plus en plus présentes et piochées entre autres chez David Pajo (Aerial M), renforcent le côté mélancolique. Soulignons cependant l'apport non négligeable de cordes et une touche discrète, mais clairement audible, d'électronique. Deux titres tirent leur épingle du jeu ("You don't know Jesus" et "2 Rights make 1"), dans la pure tradition du band. Le reste demeure du Mogwai bon crû, peut-être plus accessible dans le format et la limpidité des structures que par le passé. Faut dire qu'aujourd'hui un groupe comme Godspeed You Black Emperor ! pousse bien plus loin les limites du genre. Maintenant pour ceux qui recherchent plus de spontanéité et moins d'intellectualisme, Mogwai reste en tête. Si vous avez également l'occasion de jeter une oreille à une formation du nom de Nought, ne vous privez pas....

 

Mogwai

La musique, ça se passe dans l’oreille plutôt que le cerveau…

John Cummings et Stuart Leslie Braithwaite, membres de Mogwai, sont plus à l'aise derrière une guitare que devant un journaliste. Ils balbutient deux mots, se regardent et replongent dans leur mutisme... Durs à décoincer, les deux Ecossais, âgés respectivement de 21 et 23 ans! Mais on croit y être arrivé. Après avoir sué...

Evacuons d'abord la question obligée sur l'étiquette ‘post-rock’, puisque Leslie ne manifeste aucun enthousiasme à fournir une réponse: "Pff... Si les gens veulent utiliser ‘pop-music’, c'est bon aussi. Et ‘music’, tout court, me paraît encore mieux". "Avant, nous étions égoïstes, auto-satisfaits", finit par avouer John. "mais demain, nous serons des requins durs et déterminés". "Ouais," rigole Leslie "notre ambition est de devenir fameux et d'avaler la concurrence". Pour arriver à bâtir leur mur de guitares, tous deux mettent en avant les vertus du travail, presque exclusivement. "On a énormément bûché", avouent-ils, la bouche en cœur. "Et si c'était si facile, tout le monde aurait créé cette musique avant nous. Pour ‘Young Team’, notre premier véritable album, on n'avait pas assez écrit de chansons en entrant en studio. Aussi, en prenant du recul, on s’est rendu compte que le résultat n'était pas satisfaisant. Ici, on a le sentiment de s'être vraiment pris en mains, d'avoir consacré beaucoup de soin à ce projet. Ce qui, paradoxalement, nous a semblé plus facile". Ah oui? "Il doit y avoir plusieurs raisons. La principale est sans doute que nous avions enregistré ‘Young Team’ à Glasgow, une ville où on avait évidemment nos habitudes. Résultat: on n'était pas totalement concentrés. Pour la circonstance, nous sommes allés à Buffalo, près de la frontière canadienne, un endroit très tranquille qu'on ne connaissait pas. On y a bossé douze heures par jour".

Le titre de ce deuxième album, dont la sortie est imminente, s’intitule ‘Come On Die Young’. En référence au vieux mythe du rock? "Non", corrige John, "ce n'est pas vraiment sérieux. Ce titre s’inspire de l’histoire d'une bande qui a sévi plusieurs décennies dans les rues de Glasgow. Mon père en faisait d'ailleurs peut-être partie... On est vite tombés d'accord entre nous pour utiliser cette expression de gang. C'est un peu sarcastique". Après ‘Young Team’, on a encore droit à un titre incluant le mot ‘Young’. Pour insister sur leur jeunesse? "C'est une coïncidence. Oui, nous sommes jeunes. Mais le fait d'être jeune induit forcément une comparaison avec d'autres personnes, ce que nous ne souhaitons pas spécialement".

L'intervention d’Iggy

On reproche souvent à la musique de Mogwai, presque totalement instrumentale, de verser dans une sorte d'intellectualisme. Ils sont d'accord? "On n'est pas des intellectuels", intervient John, "ce qui n'empêche pas de penser. A mon sens, la musique doit d'abord être brute, émotionnelle et naturelle. Si on doit réfléchir à la musique, c'est peut-être qu'elle n'est pas aussi bonne qu'on pourrait le croire. La musique, ça se passe dans l'oreille plutôt que dans le cerveau. Malgré tout, lors des interviews, forcément, on est amenés à la théoriser. Mais ce n'est pas nécessairement sans intérêt, c'est plus intellectuel qu'athlétique en tout cas". "Au collège", continue Leslie, "j’ai dû analyser la musique classique et c'est cette étude qui m'en a éloigné. On peut réfléchir bien sûr, mais il ne faut pas aller trop loin, l'important c'est d'écouter"

Le nouvel album de Mogwai s'ouvre sur ‘Punk Rock’, un titre où on entend une sorte de discours prononcé par... Iggy Pop! "Il est très intelligent et très sage", estime John. "On a piqué ses propos lors d'une interview accordée à la  télé. Elle collait parfaitement au feeling de notre album. C'est aussi un bon résumé de notre opinion sur notre musique". "En fait", renchérit Leslie, "on avait enregistré ce morceau comme un instrumental. On a collé le bout d'interview et le résultat sonnait impeccablement bien. C’est tout ! Non, on n'a pas demandé d'autorisation, mais on fait appel à la sagesse d'Iggy. De toute façon, ce n'est sûrement pas de notre part une recherche de profit. Alors...".

Défi et séduction

Ont-ils quand même l'impression que leur musique est accessible? "Certains éléments le sont", estime John, "Mais tout le monde possède un avis différent sur la question, non? Personnellement, je ne pense pas que le ‘country & western’ soit particulièrement accessible ; et pourtant, il y a plein de gens qui en écoute". "Parfois", précise Leslie, "on essaie d'être élémentaires, de garder les chansons en un état fort simple, mais celles-là, on ne les aime pas particulièrement. Pour moi, chaque chanson doit être un défi, et si elle n'est pas accessible au grand public, ce n'est pas rédhibitoire. Le tout est de combiner le défi et la séduction. C’est ce qui est difficile à réaliser, aussi bien d'un côté que de l'autre d'ailleurs".

On conclura l'entretien sur le côté surréaliste d'une tournée promotionnelle à laquelle le groupe est confronté pour la première fois. "On doit parfois faire face à des questions inattendues. Un journaliste américain nous a demandé un truc bizarre où il était question d'un Tampax qu'on trempait dans un verre de vodka. Je n'ai pas tout compris. Mais de toutes manières, cette question n'était pas aussi étrange que la réponse que nous luis avons réservée."

"Très souvent, lors des interviews, une question revient régulièrement sur le tapis : quand allons-nous nous décider à composer une musique de film. Mais ça, c'est quand on veut! Moi, je me verrais bien composer pour un film d'horreur ou pour un James Bond. Ou mieux encore pour un Batman réalisé par Tim Burton". Quand on lui dit que la place est prise par Danny Elfman, le visage de Leslie s'illumine: "C'est vrai que c'est un des rares bons compositeurs de musique de film".

Interview parue dans le n° 72 (avril 99) du magazine Mofo

 

Mogwai

La nature abstraite du bruit pur.

Compositeur/guitariste, mais surtout leader de Mogwai, Stuart Braithwaite parle peu. Mais lorsqu'il s'exprime, il le fait à bon escient, et avec beaucoup de bon sens. On comprend alors beaucoup mieux, pourquoi, les chansons de ce groupe écossais, de Glasgow très exactement, soient exsangues de vocaux. Pourtant, elles ne manquent ni d'attrait ni d'intérêt ; mais on a l'impression qu'elles ne savent pas toujours sur quel pied danser. Celui de la simplicité ou de la complexité…

En termes de " noisy ", des formations telles que Slint, Sonic Youth, My Bloody Valentine et Spacemen 3 ont-elles eu une influence majeure sur la musique de Mogwai ?

Nous apprécions ces groupes à leur juste valeur, mais notre principale inspiration " noise ", nous la puisons chez une formation de Philadelphie, Bardo Pond.

En peignant, à l'instar de Labradford, des paysages musicaux atmosphériques, peut-on dire que Mogwai émarge à l'école impressionniste? Avez-vous le sentiment d'avoir récupéré une partie de l'héritage abandonné par Joy Division ?

Impressionniste, oui. Mais surtout pointilliste. Un peu comme Schoenberg (NDR : compositeur américain d'origine autrichienne ; 1874-1951). De la même manière qu'un peintre cherche à traduire ses idées sur sa toile… Joy Division, constitue, à mes yeux, le meilleur groupe qui soit né au cours de ce siècle. C'est une source d'inspiration, je le concède. Et puis, être comparé à cette légende, est un véritable honneur. Cependant, je pense qu'on a encore du pain sur la planche avant de pouvoir espérer atteindre leur niveau…

Tu aimes la nature abstraite du bruit pur. Pour toi, l'explosion du bruit blanc t'apporte un état mental paisible. Pourquoi ?

C'est difficile à expliquer. Sonic Boom y parvenait. En reproduisant le bruit ultime, celui qui apporte la paix de l'âme. Pourtant, si la noise embrasse toutes les fréquences possibles et imaginables, elle a intérêt à atteindre un niveau transsonique, sans quoi, c'est de la merde…

En adoptant un tel style musical, n'as-tu pas peur d'être un jour taxé de revivaliste shoegazer ?

Pas vraiment, parce que les " shoegazers " appartiennent au mouvement pop. Nos sonorités sont beaucoup mieux définies, même si à premier abord, elles s'en rapprochent. Ce que nous interprétons, n'est pas vraiment de la pop, mais plutôt de la musique à l'état pur. En outre, à contrario des ensembles " shoegazzers, nous n'avons pas recours aux pédales de distorsion, telles que wah wah ou autres…

Penses-tu que dans la musique, la violence peur être esthétique et énergétique en même temps ?

Par définition, je suis une personne non violente. Mais il est vrai que la musique de My Bloody Valentine peut libérer une violence extrême. Un état d'esprit qui s'inspire de films comme " Rollerball " ou " Orange mécanique ". Bien qu'appréciant également ce type de long métrage, nous sommes conscients qu'ils ne sont pas réalistes…

Il existe très peu de place pour les parties vocales chez Mogwai. Est-ce parce que tu n'en vois pas la nécessité, ou tout simplement parce que tu n'as jamais déniché un chanteur à ton goût. A moins encore, qu'à l'instar de Tortoise, tu n'aies décidé de remplacer cette fonction par un xylophone ?…

En général, la musique n'a pas besoin de paroles. Elle se suffit à elle-même. Il n'est pas nécessaire d'ajouter des mots sur notre création. En fait, je pense que les parties vocales ont une fonction de remplissage mélodique. Parce que les mélodies sont plaquées sur les accords. Chez Mogwai, nous jouons la mélodie. C'est beaucoup mieux ainsi. Quant au xylophone, il a un meilleur son chez Tortoise, parce que c'est un " glockenspiel "…

Que représente la krautrock de Can et de Faust pour Mogwai ?

Un mouvement intéressant, mais qui ne nous obnubile pas particulièrement. Les rythmes répétitifs, hypnotiques de Can et de Neu ont inspiré Spacemen 3, et puis tous les autres. Nous aussi. Mais, nous ne sommes pas du tout obsédés par le krautrock…

Et les Chemical Brothers, auxquels une certaine presse vous prête une même perspective de la dynamique, une même capacité de libérer la tension optimale ?

Je n'aime pas trop les Chemical Brothers. Tout ce qu'ils arrivent à faire, c'est de la musique disco pour étudiants. Elle est trop fonctionnelle à mon goût pour vraiment m'intéresser. Ils sont certainement dynamiques, mais je déteste cette tendance " backbeat " ou " techno ". Je préfère la démarche entreprise par des formations comme Autechre, Aphex Twin ou Plastic Man…

Et la prog rock de King Crimson ? Circa " Lark's tongue in aspic ", pour être plus précis ?

Non, pas vraiment, Robert Fripp est un excellent guitariste ; mais hormis ses collaborations avec David Bowie et Brian Eno, je ne connais pas très bien l'œuvre de King Crimson…

Qui a eu l'idée de sortir l'album de remixes, " Kicking a dead pig " ?

Au départ, c'était une idée de la firme de disques. Mais comme nous avons eu la liberté de choisir ceux qui étaient intéressés par cet exercice de style, on peut dire que c'est également la nôtre… Je ne pense pas que ce soit un album incontournable, mais il donne une idée différente de notre création. Nous ne voulions pas de version house ou techno, mais plutôt une approche plus personnelle de la matière première. Et le résultat est parfois fort bon, comme celui opéré par Kevin Shields…

Que représentent les Gremlins pour Mogwai ?

Nous avons, en quelque sorte, volé l'idée du film pour choisir le nom du groupe, mais ce n'est pas notre film préféré. En fait, le nom sonnait bien, c'est tout. Nous sommes davantage attirés par des films de science fiction, de la trempe de " 2001 odyssée de l'espace " ; ils correspondent davantage à notre état d'esprit…

Merci à Vincent Devos

Version originale de l'interview parue dans le n° 68 (novembre 98) du magazine MOFO

 

Mogwai

Young team

Si à l'origine, cet ensemble glaswegien avait un net penchant pour la musique underground US. Celle de Sonic Youth et de Slint, en particulier, il faut reconnaître que leur nouvel album a pris une toute nouvelle orientation. Plus extatique, à l'instar de Labradford, plus psychédélique dans l'esprit de Spacemen 3 et surtout plus noisy. Dans la lignée de My Bloody Valentine. Encore, que parfois, lorsque l'électricité devient franchement luxuriante, c'est plutôt du côté du prog rock de King Crimson circa " Lark's tongues in aspic ", que nous lorgnons. Peu de vocaux sur leurs compositions, à la limite quelques chuchotements, Mogwai privilégiant les longues périodes atmosphériques, paysages sonores au sein desquels les envolées de guitare immaculées de Stuart Braithwite déversent tantôt tout leur spleen, tantôt toute leur fureur; en résumé, toutes leurs émotions...