La substitution d’Edouard van Praet

Edouard van Praet a publié son nouveau single, « Remplaçable », ce 2 mai 2024, une chanson délicate et rêveuse à la basse hypnotique, aux synthés mignons et aux guitares discrètes. Entre pop et punk doux, les paroles en français à la reverb’ profonde évoquent…

logo_musiczine

Lorsque Komodor rencontre Moundrag…

Komodrag & The Mounodor est le fruit de la rencontre entre les formations bretonnes, Komodor et Moundrag. Le premier contact s’est produit lors d’un set de Komodor. Les deux membres de Moundrag décident de rejoindre le groupe sur scène, à la fin de leur live,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (11 Items)

Placebo

La substance active n’était qu’un Placebo…

Écrit par

Très vite considéré comme l’un des groupes incontournables de la scène alternative rock, au cours des années 90, Placebo est reparti en tournée mondiale (excusez du peu !) afin de fêter, comme il se doit, ses vingt années d’existence. Après un premier tour de chauffe, pas très probant, exécuté en novembre 2016, sur les planches du ‘Zénith Arena’ de Lille, il est de retour. Et au même endroit

Le support act est assuré par Last Train. Vêtus de vestes en cuir et de pantalons slims, les musicos du quatuor alsacien grimpent sur l’estrade sous un éclairage éblouissant et sur une bande sonore digne d’un western. Avant d’attaquer un répertoire qu’on pourrait qualifier de Black Rebel Motorcycle Club à la française ! Pourtant, en 30 minutes, le band va parvenir à impressionner son auditoire. De quoi laisser un goût de trop peu, vu le temps qui lui a été imparti. Un groupe à suivre de très près… (Pour les photos, c'est ici)

A 21 heures pétantes, une vidéo promo de « Every You, Every Me » est projetée sur les 3 écrans géants placés à l’arrière du podium. Il relate, à la manière d’un petit flash-back, la carrière de la formation, depuis 1996 à nos jours. Le riff de guitare caractéristique de « Pure Morning » donne le coup d'envoi de cet anniversaire fêté par le personnel, qui a pris place à l’arrière de l’estrade, mais qu’on ne peut discerner que depuis de frontstage, vu le peu d’éclairage qui lui est réservé. Brian Molko et Stefan Olsdal prennent immédiatement place à l’avant-plan.

Visuellement, le show tient la route. Ecrans et light show sont impressionnants de maîtrise. La set list fait alors la part belle aux morceaux issus des nineties pendant une trop brève demi-heure. Et ils font littéralement mouche.

Suite à quoi la bande à Molko va attaquer la partie mélancolique du concert ; et ce par « Without You I’m Nothing », chanson empreinte d’émotion puisqu’à l’origine Brian et feu David Bowie l’interprétaient en duo. Ce dernier apparaît alors sur l’écran ; ce qui déclenche de chaleureux applaudissements.  

Une heure plus tard, Brian et son compère Stefan décrètent que la partie nostalgique du spectacle est terminée et annoncent laisser le champ libre à cet ‘Happy Dancing Birthday Party’. Ouf il était temps ! Le groupe enchaîne alors les gros succès, désespérément attendus par l’auditoire, et tout particulièrement « Spécial K », « Song To Say Goodbye » ou encore  « The Bitter End ».

Une fin de parcours sans faute qui va se traduire par une véritable communion entre la formation et le public. 

Ainsi, en finale du 1er rappel, « Nancy Boy » et « Infra-Red » sont repris à tue-tête par la foule. Car on aura droit à un second encore, au cours duquel Placebo va nous réserver « Running Up That Hill ».

Placebo s’était produit le 24 août 1996, dans le cadre du Pukklepop. Il était venu défendre son premier elpee ; un disque éponyme, pour lequel votre serviteur était tombé sous le charme. Faut dire qu’il est toujours considéré comme le seul chef-d’œuvre d’une discographie qui ne compte que sept long playings. Et sublime, ce set est resté gravé dans ma mémoire (NDR : Brian Molko avait même accordé une interview à notre rédac’ chef ; voir ). Mais ce soir, malgré le succès récolté, sa prestation ne m’a pas vraiment convaincue. 

 ) Que reste-t-il de cet immense espoir du rock alternatif ? Plus grand-chose. Le succès ? Sans doute. Dû à des épanchements de mélancolie au bord de la déprime, qu’il cultive maintenant depuis trop longtemps. Mais pour le reste, rideau. Le groupe n’est pas parvenu à trouver la bonne médication pour se soigner. Sans doute que la substance active n’était qu’un Placebo… (Pour les photos, c'est ici)

Organisation : A gauche de la lune

 

 

 

Placebo

We come in pieces (Dvd)

Écrit par

En août 1996, Placebo se produisait dans le cadre du festival Pukkelpop. Et j’ai pris une fameuse claque. Oui, c’est vrai c’était ses débuts, et il venait juste de sortir son premier album, un disque éponyme remarquable sur lequel figure le fameux « Nancy boy ». En 2000, le groupe embrayait par le tout aussi excellent, mais davantage inspiré par les 80’s, « Without you I’m nothing ». C’est à partir de 2003, après la publication de « Sleeping with ghosts », que les événements vont commencer à se gâter, même si en 2009, « Battle of the sun » laissait transparaître quelques rayons de soleil. Une baisse de régime qui ne va pas seulement se manifester sur disque. Votre serviteur a ainsi eu l’occasion d’assister à plusieurs de leurs concerts. Devenus au fil du temps, de plus en plus décevants et souvent sujets à des polémiques entretenues entre Molko et son public. Si bien, que j’ai tout simplement suivi le parcours du band, de loin.

Quelle n’a pas été ma surprise en visionnant ce Dvd, immortalisé le 28 septembre 2010, à la Brixton Academy de Londres, lors du concert de clôture de la tournée destinée à promouvoir l'album « Battle For The Sun ». « We Come In Pieces » y privilégie les titres les plus percutants de Placebo, dont le fameux « Nancy boy ». Une seule ballade. Peu d’électronique. Et surtout des musiciens de tournée qui apportent manifestement un plus à l’ensemble. Dont une violoniste. Et franchement ses interventions communiquent une toute autre dimension aux compos. En outre, le trio de base est particulièrement en forme pour la circonstance. Et le public lui rend bien. Si bien qu’on a parfois l’impression que Molko et son team sont sur une autre planète. Un seul reproche : le recours aux ballons et aux confettis, lors du rappel. Les Flaming Lips y ont déjà pensé avant eux. Et j’aime pas trop quand on pompe un peu trop les idées des autres… Sans quoi, ce concert est franchement une belle réussite…

 

Placebo

Battle for the sun

Écrit par

Il faut reconnaître que depuis quelques années, Placebo est en perte de vitesse. Après avoir sorti le peu convainquant « Meds » et dans la foulée opéré une tournée longue de deux ans, la formation a même failli splitter. Faut dire que Molko et le drummer, Steve Hewitt, se détestait de plus en plus. Et ce qui devait arriver arriva : ce dernier a reçu son C4. Il a donc été depuis été remplacé par un jeune Américain de 22 ans, Steve Forrest, en l’occurrence l’ex-batteur d’Evaline.

Pour enregistrer leur sixième opus, le trio a décidé de se rendre à Toronto. D’autofinancer les sessions et de changer de label. En outre, il a fait appel à David Bottrill (Tool, dEUS, Silverchair) pour le produire. Enfin, il n’a pas reçu le concours d’invités notoires, comme c’était souvent le cas, lors de la confection des opus précédents. Mais bien d’une large section de cordes et même des cuivres. Sans oublier le recours à l’électronique. Pas toujours très judicieux, il faut le reconnaître.

L’électronique, parlons-en. Elle ne colle vraiment pas à la musique de Placebo. Ou alors de manière discrète. Mais certainement pas sous une forme kitsch. A l’instar du banal « Bright lights » et de l’hymnique « The never-ending why ». Par contre lorsqu’elle s’intègre à l’instrumentation, elle passe beaucoup mieux la rampe. Et je pense tout particulièrement à « Come undone », ballade lente, parfois mid tempo, au cours de laquelle elle se fond dans les cordes de guitares vibrantes, duales.

Plusieurs compos sont enrichies d’arrangements symphoniques. Souvent somptueux. Tout d’abord sur le titre maître. Caractérisé par ses variations rythmiques et harmoniques et sa ligne de piano élégante, il lorgne manifestement vers Muse. Tout comme chez « Julien », encore une fois, amorcé par une intro synthétique du plus mauvais goût. Et enfin sur le délicat « Happy you’re gone ». Plus cold wave, traversé par des accords de xylophone (NDR : à moins que ce ne soit un piano trafiqué pour sonner comme tel) dans l’esprit de Cure. Une cold wave qui filtre souvent à travers les chansons. De manière remarquable sur le très pop « Speak in tongues ». Lorsque les plages ne sont pas carrément gothiques. Ainsi, le ténébreux « Devil in the details » nous replonge dans l’univers de « Black market music » voire de « Sleeping with ghosts ». Plus intéressant est ce retour dans le glam punk originel opéré sur « Breathe underwater ». Tout y est : les guitares vivifiantes, percutantes, sauvages et ce groove permanent. Mais le meilleur titre est celui qui achève la plaque : « King of medecine ». La très jolie mélodie imprimée sur un mid tempo, vient se poser des accords de guitare sèche et de piano sonore discrets mais indispensables, avant que l’instrumentation ne monte en crescendo, soutenue par les arrangements de cordes. On vous épargnera l’analyse du reste de ce « Battle for the sun », la luxuriance et la banalité n’y font pas bon ménage. N’empêche, si l’œuvre est loin d’être parfaite, elle laisse transparaître d’opportuns rayons de soleil. C’est sans doute la bataille que mène Molko.

 

Placebo

Meds

Écrit par

Découvrir Placebo en 2006 relève de la puissance surnaturelle, d’un absentéisme terrestre, voire d’un rôle majeur à l’affiche d’« Hibernatus 2, le retour de Paul Fournier ». Le nouvel album du trio londonien est un touche-à-tout sonore. Moins éparpillé que « Black Market Music » (2000), plus cohérent que « Sleeping With Ghosts » (2003), « Meds » ne parvient pourtant pas à étaler le fard du succès de « Without You I’m Nothing » (1998). La rage de « Placebo » (1996) est désormais contenue. Le côté pernicieux de la figure androgyne de Brian Molko a laissé apparaître un trentenaire assagi, figure médiatique d’un establishment rassuré. Ce cinquième album de Placebo demeure néanmoins une belle machine de guerre, une locomotive glam-rock marquant régulièrement des escales dans des paysages esquissés de pop et de new-wave. Au rang des invités, deux grosses pointures sont au rendez-vous. En ouverture, Alison Mosshart (alias VV), la moitié féminine des Kills, offre toute sa sensualité à « Meds », inauguration éponyme de ce nouveau disque. En fin de parcours, Michael Stipe (REM) exalte le gentil « Broken Promise ». Le single « Song To Say Goodbye » s’est déjà chargé de rouvrir la vanne tubesque. En toute logique, le très recommandable « Because I Want You » devrait suivre le chemin des charts. En définitive, « Meds » ne souffre d’aucune pose embarrassante. Placebo a retrouvé ses guitares pour s’adonner à de belles escapades (« Infra-Red », « Post Blue »), nuancées de quelques efforts complaisants (« Drag », « One Of A Kind »). Les âmes sensibles, enfin, laisseront s’écouler les sanglots à l’écoute de « Pierrot The Clown » et « Follow The Cops Back Home ». Deux retours gagnants sur les planches théâtrales de l’affliction dramatique de « Without You I’m Nothing ». En 2006, Placebo n’a pas mouillé sa vareuse, évitant de s’aventurer sur terrain glissant. Le groupe a préféré pérenniser ses préceptes, sans prendre de véritables risques. Sans doute s’agit-il du choix le moins préjudiciable.

 

 

Placebo

Once more with feeling – Singles 1996 – 2004

Écrit par
En 19 titres, le premier morceau de plastique de ce double CD nous propose un aperçu rigoureux et chronologique de l’évolution de Placebo. Depuis « 36 degrees » à « Twenty years » en passant par « Nancy boy », « Pure morning », « Taste in men », « English summer rain”, “Every you every me” et le duo échangé avec David Bowie pour “Without you I’m nothing”. On y recèle également une nouvelle compo, le romantique “I do”, « Protège moi » (NDR : chanté dans la langue de Molière ce titre était jusqu’alors uniquement disponible sur le marché français), et puis le single “Twenty years”, paru le 18 octobre dernier. Une mise au point qui s’imposait après la confection de deux elpees quelconques (NDR : « Sleeping with ghosts » purement et simplement gâché par la technologie moderne et le gothique « Sleeping with ghosts »). Et qu’on espère salutaire dans le chef de Brian Molko. Si son talent n’est plus à démonter, il aurait tout intérêt à en revenir à une forme plus basique, plus proche d’un esprit glam/punk qu’il incarnait si bien à ses débuts et que ce disque nous démontre si bien. Suffit pas d’être décrit comme le Marquis de Sade du XXIème siècle ; il faut aussi le mériter. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Ah oui, je ne vais pas m’étendre sur la seconde plaque, puisqu’elle ne recèle que des remixes ; et franchement à moins qu’ils ne soient exceptionnels, j’éprouve une allergie certaine à l’égard de ces bidouillages technologiques…

Placebo

Sleeping with ghosts

Écrit par

Après avoir pris connaissance de quelques critiques émises par la presse insulaire, je m'attendais à devoir me farcir un album de piètre qualité. C'est vrai que depuis la sortie de " Black Market Music ", cette même presse semble avoir pris Molko en grippe. Faut pas exagérer. Ce " Sleeping with ghosts " n'est certes pas génial, mais il ne mérite pas une telle diatribe. En fait, c'est surtout l'emballage qui est de mauvaise facture. Etonnant, lorsqu'on sait que la mise ne forme a été opérée par Jim Abiss (The Music, Unkle et Dj Shadow). Un emballage qui a l'énorme défaut de recourir un peu trop systématiquement aux arrangements technologiques. Résultat des courses, de nombreuses compositions ressemblent à des remixes avant l'heure. A la limite, faudrait presque demander à un (ou plusieurs) Dj(s) de retravailler le tout. Pas pour en remettre une couche, mais plutôt pour en enlever une ou deux. Les meilleurs fragments sont d'ailleurs les moins surchargés ; ceux qui se rapprochent le plus des deux premiers elpees. A l'instar de l'instrumental vivifiant et âpre " Bulletproof cupid ", du très tempétueux, enlevé mais contagieux " This picture ". Ou encore du punkysant et amer " Second sight ", agité par des cordes de guitare bringuebalantes en fond sonore. J'ai également beaucoup apprécié le dramatique " Protect me from what I want ", une valse mid tempo écorchée par un harmonica distordu ; et puis le final " Centrerfolds ", dont l'univers sonore hanté par un piano spectral, passe progressivement du minimalisme aux orchestrations somptueuses. Mais c'est trop peu ! Plusieurs morceaux en reviennent à la forme gothique. Tantôt proche du précédent opus, " Black market music ", tantôt réminiscente du Cure sous sa forme la plus atmosphérique (NDR : lorsqu'ils ne s'abandonnent pas dans un spleen post Depeche Mode), tantôt sculptés dans la ballade austère, ombrageuse. Des exercices de style trop prévisibles qui cherchent le plus souvent le salut dans l'instrumentation synthétique ou la mélancolie extrême. Côté lyrics, Molko s'exprime à travers un langage autobiographique ambigu, ésotérique. Il est toujours traumatisé par les relations amoureuses qu'il a éprouvées dans le passé. Elles peuplent ses rêves. C'est d'ailleurs le titre maître du quatrième opus de Placebo. Mais plutôt que de dormir avec les fantômes, Molko aurait tout intérêt à revenir à des sentiments plus basiques. Ceux qui lui avaient permis de devenir le meilleur espoir du rock britannique. C'est vrai, c'était en 1997…

Placebo

Special K (single)

Écrit par

"Special K" constitue le troisième single extrait du dernier album de Placebo, "Black market music". Mais le plus curieux, c'est que l'industrie musicale britannique vient de se rendre compte que cette chanson traitait avec une certaine condescendance des homosexuels, de la misogynie, de la haine et de la violence. Faut croire qu'elle n'écoute que les singles ! Sept titres quand même sur ce disque, dont des tas de remixes exclusifs, exercices de style opérés par quelques bidouilleurs aussi réputés que Timo Maas, mieux connu pour avoir remis en forme " Don't tell me " de Madonna, ou encore Phill Vinall. Pour être complet, sachez que " Slave to the wage " se paie quand même un sample du " Texas never whispers " de Pavement et que le disque recèle, sous la forme du CD rom, une vidéo du titre maître.

 

Placebo

Black market music

Écrit par

Après avoir fait l'objet d'un véritable culte auprès de la presse spécialisée britannique, Placebo n'y est plus en odeur de sainteté. Et l'attitude de son leader Brian Molko y est beaucoup. En fait, " Black market music ", le nouvel opus du trio, s'est littéralement fait descendre en flammes. Et Brian l'a très mal pris. Réglant ainsi ses compte avec ses censeurs, qui du coup l'ont pris en grippe. Vous voyez l'escalade ! Et le problème n'est pas prêt de s'arranger. Pourtant, si le troisième elpee du trio n'est pas excellent, il est loin d'être mauvais. Le problème procède plus que probablement du climat qui règne tout au long du disque. Gothique ! Ce qui explique sans doute pourquoi le fil mélodique manque singulièrement de relief. Et ne laisse pratiquement aucune place à l'imprévisible. Spécificité qui avait fait l'originalité des deux premiers elpees. Il y a bien le concours du rapper Justin Warfield, sur " Spite & Malice ", et puis quelques accès de clavier sur l'une ou l'autre chanson. Mais en général, la forme reste minimaliste. En outre, comme le timbre vocal de Brian a nettement perdu de son amplitude, la vision ténébreuse de ses compositions est encore accentuée. Maintenant, dans un contexte gothique, je le répète, cette œuvre pourrait devenir une référence. Encore que je vois mal les corbeaux accueillir Molko à bras ouverts. A moins que ce ne soit le contraire. Décidément, il n'y a pas moyen de s'en sortir…

 

Placebo

Without you I’m nothing

Flashback. En 1996, Placebo sort son premier album. Un opus éponyme impressionnant d’agressivité, de sensualité, de puissance, de feeling et de générosité. Un seul hic, il est assez difficile à digérer. La presse insulaire est dithyrambique. Nous presque autant. Parce qu’il y a chez ce trio un petit quelque chose de différent, d’original, susceptible de lui conférer, avec l’expérience, un statut de star. Suffisait donc de confirmer les excellentes dispositions affichées sur leur premier elpee. Or, le single " Pure morning ", prélude à la sortie de ce deuxième opus, s’est littéralement fait descendre en flammes outre-Manche. Placebo était il devenu un autre hype ? Heureusement, il n’en est rien, puisque cet elpee a remis les pendules à l’heure. Et surtout rétabli le capital ‘confiance’ dans le cœur des aficionados. Et ce n’est que justice, car ce CD est tout à fait remarquable. Certains lui reprocheront, sans doute, de s’être un peu trop raccroché aux eighties. De sa new wave notamment. Celle de Cure (" You don’t care about us "), de Durutti Column (" Burger Queen ") voire de Siouxsie & the Banshees (" Every you every me "). Et puis aussi de la no wave. Comme sur le sonicyouthesque " Brick shithouse ", copie carbone de " 36 degrees " ou le pixiesque " Allergic ". Mais ce regard sur la dernière décennie, n’est pas fait pour nous déplaire. D’ailleurs, la performance de Placebo, sur cet album, procède de son aptitude à ralentir la force de sa férocité punkoïde, de la rendre plus intense, plus dérangeante, à l’instar du titre maître. Mais également chez " Ask for answers " ou " Summer’s gone ". Le morceau de plastique recèle, en outre, un morceau caché. Un titre dont la violence électrique luxuriante, s’inscrit dans la lignée du prog rock de King Crimson circa "" Lark’s tongue in aspic ". Cependant, la cerise sur le gâteau appartient à " Scared of girls ". Une chanson aux lyrics ambigus, mais au groove tellement contagieux, quoique particulièrement aride, qu’il pourrait faire un nouveau malheur dans les charts, comme l’époque, de " Smell like teen spirit ". Mais là, on imagine que le groupe aurait atteint le nirvana…

 

Placebo

Ne pas brûler les étapes

Écrit par

Si Brian Molko, le leader de Placebo s’exprime dans un français quasi parfait, c’est qu’il a vécu une partie de sa jeunesse au Luxembourg, comme les deux autres membres d’un groupe qui compte un bassiste suédois. Tout cela n’empêche pas Placebo d’être une formation très anglaise, même si –et ce n’est pas un canular !– elle vient de refuser de faire la couverture du Melody Maker ! Une première question à laquelle Brian Molko, notre interlocuteur, ne pouvait échapper…

Accepter de faire la couverture d’un tel magazine à un moment inopportun, c’est risquer de raccourcir, de compromettre, l’existence d’un groupe. Il ne faut pas brûler les étapes. Cette occasion se représentera à un moment plus propice, nous en sommes persuadés. Avant de signer notre contrat avec le label, nous nous sommes accordé 6 mois de réflexion. Un laps de temps que nous estimons indispensable avant de nous engager. Nous avons rejeté des tas d’offres, parfois alléchantes. Entre-temps, nous avons même opté pour la distribution indépendante. Nous ne prenons une décision que lorsque nous estimons qu’elle nous convient parfaitement, après mûre réflexion. Disons que nous préférons prendre des risques à long terme, plutôt que d’abattre nos meilleures cartes dans la précipitation…

En entretenant une image ambiguë et androgyne, un peu comme Marc Bolan de T. Rex le faisait début des 70’s, ne cherches-tu pas à réinventer l’esprit du glam ?

Pas consciemment, en tout cas. Jouer dans un groupe permet de dissimuler certains aspects de sa personnalité et de les exagérer pour manifester une certaine ‘distorsion dramatique’. Sur scène, on a l’opportunité de faire des choses qu’on n’oserait pas ou qu’on ne pourrait pas réaliser dans la vie réelle.

Tes chanteuses préférées sont Janis Joplin et Kristin Hersh. Pourquoi ? As-tu une perspective, disons, féminine de la composition ?

D’un point de vue vocal, ces deux femmes figurent, j’imagine, sur la liste des artistes qui m’ont marqué. Il y en a d’autres comme Polly Harvey, Kim Gordon de Sonic Youth, David Surkamp de Pavlov’s Dog ou Fergal Sharkey des Undertones. Leur timbre est assez haut, et tous ceux-là ont certainement inspiré les chanteurs dont le registre évolue dans les aigus.

A l’instar du punk, la musique de Placebo semble particulièrement énergique et agressive. Pourtant, votre style est davantage américain que britannique. Explication ?

Dans le recours à la guitare, je reconnais une influence majeure américaine, mais notre mentalité reste fondamentalement britannique. En fait, le mouvement punk qui nous a frappés, n’est pas celui qui a explosé en Angleterre en 76/77, mais plutôt la vague post-punk qui a sévi à New York fin des 70’s, début des 80’s ; celle de Sonic Youth, Swans et consorts… Maintenant, tout est fonction de l’attitude adoptée par l’auditeur. En Angleterre, nous sommes assimilés à la vague retro. Le succès récolté par la britpop s’inscrit dans ce contexte. Mais nous ne calquons pas notre répertoire sur celui d’un passé, aussi illustre soit-il. Nous avons digéré nos influences pour en extraire quelque chose de personnel, de nouveau.

Tu sembles intéressé par la vulnérabilité et la fragilité de la condition humaine. Dans une chanson, tu dis que depuis ta naissance, tu as commencé à te déprécier… As-tu peur de vieillir ? De contracter le ‘sida de l’âge’ ; comme tu l’écris si bien ?

Ce sont plutôt des métaphores nostalgiques qui traduisent la perte de l’innocence de notre enfance. C’est aussi la raison pour laquelle, nous aimons recourir aux instruments d’enfants, car ils dégagent des sonorités spécifiques… et une naïveté émotionnelle prodigieuse. C’est un peu comme lorsque j’ai entendu pour la première fois PJ Harvey. J’ai senti qu’une émotion nue, pure, une sensibilité très vulnérable s’en dégageaient. Nous essayons d’éliminer l’ironie et le sarcasme par la musique

Merci à Vincent Devos

(Article paru dans le magazine Mofo n° 46 de septembre 1996).

 

Placebo

Placebo

Placebo vient de refuser de faire la couverture du Melody Maker. Une proposition, selon eux, jugée beaucoup trop hâtive et qui risque à long terme de leur être néfaste. En fait ce trio ne veut pas devenir un autre hype, et souhaite maîtriser le plus longtemps possible le cours des évènements, en privilégiant le fond sur la forme. Ce qui ne veut pas dire que la formation ne soigne pas son image. Au contraire. A cause de Brian Molko. Leader, chanteur, guitariste, compositeur, dont les traits sont incontestablement efféminés. Et dont la voix dénote une certaine ambiguïté sexuelle. Mais une formidable voix comparable à celle de David Surkamp. Frêle, androgyne, naturelle, elle évite cependant les envolées emphatiques du vocaliste de Pavlov's Dog (NDR: A vos encyclopédies!). Musicalement, le contenu de cet album éponyme est cependant à des années lumière de ce mythe révélé au tout début des seventies. Produit par Brad Wood, drummer de Tortoise, il apporte une bouffée de fraîcheur à la britpop britannique. Mais concède trop peu de références distinctes pour pouvoir en dessiner un profil analytique. En fait, hormis le premier titre "Come home", dont le tempo new wave semble avoir été emprunté au Sound, les seules qui apparaissent vaguement appartiennent indistinctement à des formations yankees. Telles que Sonic Youth, Magnapop, Jane's Addiction et bien sûr Tortoise. Maintenant, après plus de dix écoutes, plus rien d'autre qu'une certaine fascination ne semble vouloir filtrer. Un phénomène qui, bien souvent, laisse présager certaines promesses...