Ce n’est pas la fin pour Caesaria…

Thomas, Louis et Théo ont tissé leurs liens dès l'enfance, autant sur la pelouse du club de foot qu’autour du son. C’est la scène qui devient leur terrain de jeu favori, et ça se voit : leurs ‘live’ électrisent les corps et marquent les cerveaux au fer rouge.…

logo_musiczine

Le 7ème art soviétique inspire Bodega…

Le nouveau long playing de Bodega "Our brand could be yr life" paraîtra ce 12 avril 2024. En fait, il s’agit d’un ‘remake’ de l'unique LP de Bodega Bay, l'ancien groupe de Ben et Nikki, un disque auto-édité de 33 titres qui remonte à 2015. Sur cette nouvelle…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (4 Items)

The Libertines

C'était vraiment bien, mais on n'a pas vu grand-chose?

‘La’ café-théâtre : une mauvaise idée comme salle de concert. L'Orangerie et la Rotonde ayant été réservées pour le festival du cinéma méditerranéen, il aura fallu se contenter de ce sous-sol certes joli, mais à l'acoustique minable, sans parler de ces énormes colonnes qui obstruent toute vision. En un mot : on an entendu (mal), et on a rien vu. The Libertines, donc : le groupe de rock'n'roll anglais qu'on attendait depuis que Liam et Noël d'Oasis ont arrêté de faire de la bonne musique. Bref, un bail. Leur album, « Up The Brackets », est, de fait, une petite bombe de rock juvénile, qui sent le stupre, l'alcool et la sueur. Le genre de disque qui vous met une pêche d'enfer, quelle que soit l'heure de la journée, grâce à quelques mélodies bien troussées, des riffs un peu crétins et de l'attitude, cette étincelle dans les yeux qui manquent cruellement à la plupart des groupes de rock actuels. En à peine trois-quarts d'heure, les quatre Anglais (Liverpool, le come-back) auront mis le feu à l'assemblée, du moins aux trois premiers rangs (les seuls qui voyaient quelque chose), et ce malgré le son moyen. Un petit rappel après 10 minutes de pause et les lumières allumées, et puis une virée dans les loges pour quelques happy few bien contents de pouvoir fumer un pétard avec leurs nouvelles idoles. Manque plus que le sexe, et on l'a, cette bonne vieille sacro-sainte trilogie qui fait tant défaut à Moby, Garou et Georges-Alain de la Star'Ac !



The Libertines

The Libertines

Il est là, on ne l’attendait plus : après deux ans de bourlingue destroy pendant lesquelles Carl Barât et surtout Pete Doherty auront davantage alimenté les colonnes ‘faits divers’ que celles des chroniques musicales, le voilà, ce deuxième album tant attendu. Et c’est un chef-d’œuvre, sans doute le ‘meilleur deuxième album’ de tout ce revival garage qui commence à sentir la vieille chaussette. « The Libertines », tout simplement, parce que rien ne sert d’en rajouter : Pete Doherty s’en est suffisamment pris sur la gueule, et puis c’est un titre qui résume bien le propos de ce disque de feu et de larmes, de colère et d’amour. Un disque autobiographique pour ces deux faux frères que même la drogue, les coups, les cambriolages, la prison, ne sépareront jamais : « How we’d love to keep it together », chante Barât sur la chanson d’ouverture, « Can’t Stand Me Now », un classique instantané, de ceux qu’on n’oublie pas de si tôt. Doherty table sur la chance, parce que parfois elle peut sauver (« … hope our luck is never ending »). Du naufrage. Du mauvais disque. Et Dieu sait si ce disque est bon, du début à la fin : en même pas 40 minutes, il déclasse même son prédécesseur au rang des tueries rock’n’roll de ces cinq dernières années. Il y a tout sur cet album : de la joie, de la tristesse, de la déconnade, de la mélancolie, du bruit, de l’allégresse, bref de la vie, brûlée par les deux bouts mais tellement belle qu’on en veut toujours plus. Quatorze titres, autant de tubes : des brûlots punk « Arbeit Macht Frei » et « The Saga » aux ballades magnifiques « The Man Who Would Be King » (la suite de « Tell The King » ?) et « Road To Ruin ». Et puis il y a ces sing-along façon sixties (le « shoop shoop, shoop doo lang a lang » du frétillant « What Katie Did »), qui donnent envie d’embrasser les filles dans la rue et de sourire de toutes ses dents, même en pleine tourmente. A la fin, les Libertines se demandent ce que leurs rêves sont devenus (« What Became Of The Likely Lads ») : on espère qu’il leur en reste, parce que ce serait dommage que cet album soit leur dernier. Pour l’instant, Pete Doherty ne donne plus signe de vie… Jusqu’à nouvel ordre. Et qui sait ce qui va se passer ! C’est l’histoire d’un groupe qui ‘voulait être roi’. Leur trône les attend, parce qu’une chose est certaine : ce disque est digne des plus grands (The Clash, The Smiths ?). Que tous ceux qui aiment le rock’n’roll se lèvent, car nous parlons bien ici… d’un authentique classique.

The Libertines

C'est la came qui a foutu le bordel...

Ils sont magnifiques. Ils sont les coqueluches d'une presse rock à scandales qui voient en eux les nouveaux Sex Pistols. Mais au-delà des frasques pathétiques de Pete Doherty, les Libertines viennent surtout de pondre un des disques les plus flamboyants de l'année. Oubliez toutes ces histoires de came et de prison : les Libertines, c'est d'abord un groupe de rock comme on n'en fait plus, qui brille avant tout par son panache et son sens mélodique hors pair. En exclusivité pour Musiczine, le bassiste John Hassall se confesse. Et nous dévoile tout ce qu'on voulait savoir sur les Libertines… ou presque.

Après tous les problèmes que Pete et Carl ont rencontrés, pensais-tu qu'il y aurait un deuxième album des Libertines ?

C'est clair que nous avons eu de grosses difficultés pour surmonter tous les problèmes rencontrés lors de l'enregistrement de ce deuxième album… Mais après la sortie de prison de Pete, après toutes les merdes qu'on s'est tapées, la meilleure chose à faire était de retourner en studio pour donner une suite à " Up The Bracket "… C'était la meilleure solution, et pas attendre que Pete soit sevré, parce que sinon on serait toujours nulle part. (Il arrête de parler et réfléchit) Hier soir j'ai vu le clip de " Can't Stand Me Now " à la télé, c'est un live, et putain il est incroyable… On s'est vraiment bien marrés ce soir-là, c'était si cool… C'est pourquoi il fallait qu'on enregistre ce deuxième album, et même si à chaque fois qu'on terminait une chanson on avait l'impression que ce serait la dernière, eh bien… (Il s'arrête) Nous avons vécu une période difficile, pleine de doutes et de remises en question… Jusqu'à se demander si on arriverait au bout de ce disque. Mais grâce à des gens comme Alan McGee et Mick Jones, on y est parvenus. Sans eux, on n'aurait jamais eu la force ni le courage de continuer.

Ca va mieux en ce moment, maintenant que Pete a bel et bien claqué la porte ?

Non, pas du tout. Jouer au sein des Libertines s'avère toujours un plaisir, mais de là à dire qu'on est heureux de jouer sans lui… On ne peut pas faire des concerts comme celui de ce soir (l'interview a eu lieu au Botanique, l'après-midi de leur concert) et faire semblant d'être contents. Sans Pete on ne peut pas rendre justice aux chansons des Libertines.

Est-il toujours considéré comme membre du groupe ou bien n'est-ce déjà que de l'histoire ancienne ?

On a expliqué à Pete qu'on ne voulait plus jouer avec lui tant qu'il n'avait pas résolu son problème de drogue. (Un ange passe) Il est le bienvenu, évidemment… S'il se ramène maintenant en nous promettant d'avoir arrêté la drogue, on l'accueillerait à bras ouverts. On adorerait jouer à nouveau avec lui. C'est ce qu'on souhaite le plus au monde.

Est-ce si difficile pour lui de comprendre ?

Arrêter la came n'a rien de facile. Moi j'ai arrêté d'en rire, parce que je sais ce qu'il endure… Il n'y a rien de plus terrible qu'être obnubilé par la drogue. Mais il est possible de décrocher. Je l'ai fait : Pete peut le faire.

Estimez-vous dérangeant que la presse se focalise sur cette histoire, alors que finalement tout ce qui compte c'est la musique ?

Ouais… Comme maintenant, en fait ! (Il se détend) Il est clair que ce tapage masque tout le propos et l'essence des Libertines, qui est la musique, pas les drogues et les scandales. La musique devrait être la seule raison valable à évoquer lorsqu'un groupe écrit et sort un disque, non ? Il ne devrait pas y avoir d'autres raisons que la musique.

Qui est le type qui remplace Pete à la guitare ?

Anthony, un musicien que Carl a rencontré à New York. C'est un très bon guitariste, et un mec formidable… C'est le seul qui pouvait remplacer Pete. Dans notre malheur on a donc de la chance, parce qu'il assure vraiment sur scène.

Mais qui chante à la place de Pete ?

Carl se charge de toutes les voix, sauf des chœurs, que je chante moi-même. Gary et toi n'avez jamais été sous les feux de la rampe chez les Libertines : il y en a toujours eu que pour Pete et Carl… Comme si vous étiez les musiciens de l'ombre.

Alors les Libertines, aujourd'hui, c'est Carl tout seul et vous en " backing band " ?

Gary et moi nous considérons comme des membres à part entière des Libertines. On mérite d'être considérés comme tels, parce que les Libertines sont un groupe de quatre personnes. Sans nous deux, ce ne serait pas les Libertines ! Je pense que tu peux t'en rendre compte en écoutant la musique, et pas en t'arrêtant au parfum de scandale qui entoure Carl et Pete. Je pense que c'est clair !

Mais vous ne participez pas au processus de composition…

Pete et Carl sont les seuls songwriters : Gary et moi n'écrivons rien pour les Libertines… (A la fin de cette interview John nous confiera avoir fondé son propre groupe, Yeti. Infos : www.yetintelligence.com)

Il paraît que l'enregistrement de cet album s'est déroulé dans des conditions un peu… bordéliques. Est-il exact que des vigiles vous tenaient à l'œil en cas de baston générale ?

Ouais… Même si en réalité ce n'était pas si chaotique. Ces types de la sécurité nous suivent partout, même en tournée… Ils ne sont pas là aujourd'hui : sans doute qu'en Belgique on ne court pas trop de risques ! En fait ce sont des amis : faut pas tout prendre au premier degré ! Mais il est vrai qu'en studio l'ambiance était plutôt… bizarre.

Parce qu'on ne ressent pas vraiment cette tension à l'écoute de l'album.

Elle existe, c'est clair, mais elle est souvent exagérée par les médias… Dès qu'on joue ensemble, en studio ou sur scène, tout se passe plutôt bien ! On n'est pas sans cesse en train de se taper sur la gueule, même s'il y a des bagarres, comme dans tout groupe de rock. On dit tellement de conneries sur nous ! Les médias donnent de nous une image de groupe violent, et il est très difficile de s'en débarrasser. Si seulement le public pouvait ignorer ces rumeurs, on s'en porterait beaucoup mieux…

En même temps votre label, Rough Trade, profite de cette image " sex, drugs and rock'n'roll " pour promouvoir The Libertines…

C'est vrai… Rien que la photo sordide de la pochette… (Il s'interrompt). Il y a des problèmes au sein du groupe. De gros problèmes. Personne ne le nie. Quand Pete et Carl composent une chanson comme " Can't Stand Me Now ", elle parle d'elle même. Quand t'écris une chanson, tu parles de ce que tu connais, de ce que tu trouves important, authentique et honnête. C'est la raison pour laquelle ça vaut la peine d'écouter The Libertines. Quand Pete et Carl chantent " Can't Stand Me Now " ou " What Became Of The Likely Lads ", ça signifie quelque chose. Ce n'est pas de la pose.

Tu viens d'évoquer la pochette de l'album (NDR : un gros plan de Pete et Carl, l'air à moitié défoncés). Elle est différente de celle qu'ont reçue les journalistes, où l'on vous voit tous les quatre. Pourquoi n'avoir pas conservé celle-là ?

Je ne sais pas… Je suppose que celle de Pete et Carl est plus représentative de l'album… Mais je préfère l'autre, parce qu'on est tous dessus. Enfin bref (il souffle), je pense que… Je n'aime pas la nouvelle pochette.

Changeons de sujet. Il paraît que tu t'es converti au bouddhisme.

(Les yeux pétillants) Oui, c'est vrai.

Est-ce une manière pour toi de rester zen quand tout autour de toi baigne un peu dans le chaos ?

Ce n'est pas seulement la raison, même si c'est clair que ça aide… C'est avant tout personnel. Si je pratique le bouddhisme, c'est parce que c'est le bordel dans ma vie en général ! (Il se détend) Je suppose qu'il y a plein de raisons. Mais plus tu pratiques, plus tu te rends compte que tu le fais non pas par rapport à ton boulot ou à une situation précise, mais par rapport à ta vie entière… Et c'est alors que tu découvres que ta vie est sans dessus dessous. Mais grâce au bouddhisme, tu parviens à la changer, à améliorer tes relations avec les autres. C'est vraiment formidable.

Pourquoi ne tentes-tu pas de convertir Carl et Pete ? Ca leur ferait du bien !

Ouais, c'est ce que j'essaie de faire ! Il y a pas mal de groupes en Angleterre qui se sont mis au bouddhisme, comme les Eighties Matchbox B-Line Disaster… (Surprise dans l'assistance). Même s'ils ne sonnent pas très bouddhistes ! Quand je médite dans le bus, les autres se foutent toujours de ma gueule, mais maintenant je m'en fous ! (rires)

Pour beaucoup de gens les Libertines symbolisent le groupe de rock ultime : de grandes chansons, des drogues, de l'alcool et, on s'en doute, du sexe… Te plairait-il de jouer dans un groupe moins déjanté, sans tout ce décorum ?

Hmmm, ouais ! Parce que ce qui nous a rendu célèbres - les drogues, les conflits d'ego - ce n'est pas l'essentiel : ces conneries ne nous sont d'aucune aide. Tu peux toujours dire qu'elles nous font de la pub, mais toujours est-il que Pete, aujourd'hui, n'est pas parmi nous… Et ça devrait être le cas. Nous devrions connaître les plus belles années de nos vies, et tout est en train de partir en couilles à cause des drogues et de tout le reste… Nous avons toujours voulu avoir du succès, et au moment où il arrive… tout foire. Il est clair que j'aimerais changer pas mal de trucs dans les Libertines, mais ça ne dépend pas de moi.

 Que penses-tu de la présence de Pete dans d'autres groupes (NDR : Babyshambles, Wolfman) ?

Je suis content qu'il fasse toujours de la musique, et je suis sûr que c'est bien, mais… (Il se tait) Je suppose qu'il est en colère de ne plus faire partie des Libertines… Mais comme je suis persuadé qu'il est un musicien talentueux, je ne m'inquiète pas trop pour son avenir. Pourtant, ce serait mieux pour lui s'il arrêtait de se droguer.

C'est quoi, finalement, le positif dans toutes ces histoires ? Qu'est-ce qui te donne envie de continuer à jouer au sein des Libertines ?

La chose la plus incroyable à propos des Libertines, c'est que ce n'est pas du business. It's real. Ca n'a rien à voir avec le fait de gagner plein de pognon, de baiser à droite à gauche ou de sniffer de la coke. C'est une aventure humaine, avant tout. Et les chansons qu'écrivent Pete et Carl sont magnifiques.

Comment entrevois-tu le futur des Libertines, maintenant que Pete est parti ?

Je ne sais vraiment pas… Personne ne croyait qu'on ferait un deuxième album, et le voilà… Qui sait ? Tout est possible.

The Libertines

Up The Bracket

The Libertines. Un nom plein de sous-entendus. Qui rime avec cyprine, mais pas avec déprime. C'est que la musique de ces quatre lascars de Liverpool suinte le sexe, la drogue et le rock'n'roll. Pour du vrai, cette fois. " La réponse anglaise aux Strokes ", titrait le NME il y a quelques semaines, comme si ces quatre furibards avaient des points communs avec l'attitude BCBG (lisez CBGB) des collégiens new-yorkais, gosses de riches et belles gueules. Car Barât et Pete Doherty, les deux guitaristes-chanteurs, pourraient aussi bien reléguer les deux frères Gallagher au rang d'enfants de chœur, les excès en tous genres étant - déjà - devenus leur marque de fabrique. " Cool as fuck ", diront certains. De fait, les Libertines ont non seulement la classe, mais aussi les chansons. " Up The Bracket " énervé, malgré son aspect parfois brouillon, est une sacrée claque, dans la gueule de tous les prétendants rock'n'roll 2002. Premiers de leur promotion, les Libertines bousculent leurs copains de classe de podium, sans manières ni politesse. Tout au long de ce " Up the Bracket " énervé, ils arpentent les sommets, laissant quelques miettes aux concurrents (The Music en tête), le regard fier et la moue revancharde. Pas cons, en plus, puisqu'on sait les jeunots fans de bonne musique british, de Jam aux Clash (Mick Jones à la prod !) en passant par les Smiths. On aurait pu craindre le pire : un énième groupe de rock micheton, au chanteur à rouflaquettes balançant des hymnes gras du bide pour ados attardés. Eh ben non : The Libertines en jette, comme leurs chansons, décharges furieuses de larsens et de stupre. " Up The Bracket ", peut-être l'album rock de l'année. " Cool as fuck ", c'est clair.