L’impatience d’Emma Peters…

Tout de suite : plus qu’un mantra ou une profession de foi, trois mots qui résonnent comme l’affirmation d’un désir pur. Un appétit qui guide la vie d'Emma Peters chaque jour. Surtout depuis deux ans et la sortie de son premier album, « Dimanche », clin d’œil…

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Brazen tient la distance…

Après près de dix-huit ans de silence trompeur, Brazen (Genève), revient avec « Distance », une épopée indie-rock ambitieuse où s’entrelacent modulations mélancoliques et harmonies vocales sur un tapis instrumental planant. Les huit titres qui composent…

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Various Artists

The Bob's Burgers Music album Vol 2

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Pas facile de chroniquer la bande-son d’un dessin-animé dont on ne connaît rien et qui compte plus de 90 morceaux au générique… bien entendu, être publié par Sub Pop rassure quelque peu mais n’évacue pas tous les doutes pour autant. On parle ici du second volet des plages sonorisant le show ‘Bob’s Burger’ présenté sous forme de dessin-animé, sorte de comédie musicale de 90 (!) vignettes bien barrées au cours desquels Matt Berninger (The National) et Adam Driver apparaissent comme invités ! Et le tout passe étonnement très bien la rampe grâce à la qualité des interprétations, l’humour intelligent et surréaliste ainsi que des arrangements finement réalisés. Pas une seconde de cette B.O. ne suscite l’ennui. Une sacrée prouesse !

Various Artists

_ever Alive : A Tribute to Snowy Red

Cet album est une bombe atomique. Et ce n'est pas juste pour raconter une plaisanterie qui se réfère au hit « Euroshima »... Conçu comme un hommage à Snowy Red, le groupe belge légendaire des années 80 mené par Micky Mike (NDR : disparu trop tôt, en 2009), il est beaucoup plus qu'un simple album hommage. Il s'agit même d’une anthologie de la meilleure musique 'minimal wave'... du XXIème siècle! Pourquoi? Parce que Michael Thiel, alias Weyrd Son, le fils de Micky Mike (NDR : il publie cet album à travers son nouveau label, Weyrd Son Records), a choisi des jeunes artistes à travers le monde entier, pour interpréter les chansons de son père. Aucune trace ici de vétérans issus des 80’s qui auraient pu revendiquer le droit de proposer leurs versions. Au contraire, figurent ici une incroyable sélection de petits groupes alternatifs prometteurs, qui ont accepté avec enthousiasme de participer à ce projet unique. Le titre de l'album, "_ever Alive" l'explique clairement : il s'agit du morceau de Snowy Red, "Never Alive", qui a été adapté pour montrer que cette nouvelle génération est bien vivante aujourd'hui.

Nous avons eu l'occasion d'écouter les chansons quelques jours avant la sortie réelle de ce double album et nous avons été surpris par sa qualité globale. Les 17 titres sont en général assez fidèles aux chansons d'origine, mais à chaque fois, on reconnait parfaitement le style des interprètes. C'est surprenant mais en même temps, logique : la musique new-wave de Snowy Red, caractérisée par ses synthés minimaux, son chant répétitif et ses atmosphères industrielles hypnotiques, a inspiré la plupart des formations présentes sur cette compilation.

Pour acheter le double album :

            sur BigCartel : http://weyrdsonrecords.bigcartel.com/product/_ever-alive-a-tribute-to-snowy-red

            sur Bandcamp : http://weyrdsonrecords.bandcamp.com/

Examinons chaque piste une à une :

L'album commence par un court extrait de la mouture originale du « Never Alive » de Snowy Red ; mais soudainement, le son est déformé et cède le relais à la version de Bestial Mouths. La formation de Los Angeles, réunissant Lynette Cerezo et Christopher Myrick, a mis son empreinte synth-punk sur la chanson et le résultat est progressif, apocalyptique et très 'witchy'.

// TENSE // est un autre combo américain, originaire de Houston. Il a malheureusement splitté, il y a quelques mois. Shari Mari a décidé de tenter une nouvelle aventure, à travers BOAN. Sur cette plage, Robert Lane communique une couleur EBM, très 'Suicide', à « Deep Desire », grâce aux effets opérés sur la voix et à l'atmosphère chaude et humide baignant cette piste. Sa marque de fabrique !

Restons aux Etats-Unis auprès de Strange Powers, le projet de Josh Powers. Originaire de Denver, Powers tisse une toile macabre pour envelopper « Sinkin 'Down » et le résultat emprunte une coloration très 'dark'!

Scorpion Violente adapte le plus grand hit de Snowy Red, « Euroshima (Wardance) ». Le son est minimal, un peu crasseux et très sexuel. Un rituel pour cette formation synth-punk issu de Metz, en France. On se croirait dans une boite SM, à l’écoute de trance psychédélique : un grand moment!

La seconde face du premier disque s’ouvre dans un climat totalement différent. Cold-wave, éthéré et romantique. La chanteuse italienne Valentina Mushy y attaque « Baby Tonight » et on a vraiment l'impression que la compo est issue de son répertoire. Joli!

Violet Tremors est un autre duo qui s’est malheureusement séparé, voici peu. Leur enregistrement de « It's So Good » est incroyable. Sonorités de synthé vintage, beat puissant et voix féminines dominatrices : Jessica White et Lorene Simpson ont un feeling très sensuel et on le ressent !

Place ensuite à la version du « Nowhere » par Mirror Mirror, un duo new-yorkais composé de David Riley et Ryan Lucero. Elle est très proche de l'originale et c'est une tuerie pour le dancefloor. Regardez la vidéo là 

Adapté par Meddicine, « The Long Run » marque une rupture complète. Cette artiste anglaise est en effet spécialisée dans les musiques fracturées pop-noise et les paysages sonores industriels. Alimentée par de vieux sons de synthé et entretenue par sa voix envoûtante et mystérieuse, l'atmosphère est lancinante. Un morceau très expérimental, mais passionnant!

Signé Micky Mike, Carol et Boubou, « Breakdown » est devenu un énorme hit new-beat pour Snowy Red. Il est repris par Nové Mura, le projet solo de Lawrence Pearce. Installé à Los Angeles, ce musicien a également joué chez // TENSE //. Caractérisé par son beat puissant et son énorme riff de basse, cette version est solide. Jessy Champagne (Jewels of the Nile) se charge des backing vocals féminins. Pour info, elle vient de créer un nouveau projet en compagnie de l’ex-// TENSE //, Robert Lane.

La deuxième plaque débute par une cover d’« Euroshima (Wardance) » signée Revelator, le projet solo de Ben Chisholm, le partenaire de Chelsea Wolfe. Par rapport à celle de Scorpion Violente, le morceau est plus ambient, orienté electronica ; et les sonorités sont chatoyantes. Freddy Ruppert (Former Ghosts) se charge des vocaux. Regardez la vidéo de cette chanson ici 

La relecture de « Lies In Your Eyes » par Animal Bodies est un hit potentiel ! Le rythme ensorcèle instantanément grâce à une ligne de basse séquencée et un beat très accrocheur. L’empreinte du groupe canadien (Vancouver) procède de ses riffs de guitare stridents et des vocaux imposants. Perso, il s’agit clairement de la meilleure plage de l'opus. Écoutez-la sur Bandcamp

Newclear Waves, c’est le projet d'Alessandro Adriani (Mannequin Records). Il nous réserve une version technoïde et hypnotique de « Blood Blood Blood ». Quasi enfantine, la petite mélodie est issue de la plume de Micky Mike. Elle est ici exécutée sur un ton beaucoup plus bas, de manière à procurer une sensation complètement différente, plus menaçante, plus énigmatique.

Curieusement, Safyée, aka Alice Thiel, la fille de Micky Mike, est la seule artiste belge qui participe à ce ‘tribute’. Il s’agit, en outre, de la première sortie officielle de Safyée, également impliquée chez Simi Nah. Pour cette cover, elle est soutenue par Scuzzy, musicien et producteur au sein de Simi Nah. Une affaire de famille ! Et le résultat libère une fameuse dose d’énergie. Le son est énorme et concède des accents EBM, alors que Safyée démontre tout son talent de vocaliste… 

Combo new-yorkais, Led Er Est est un des fers de lance de la scène minimal wave. Il affronte la première plage de la face quatre. Lumineuse, leur pop colle parfaitement à « A Picture ». Tous les ingrédients inhérents au combo étasunien sont bien présents : boîtes à rythmes vintage et voix languissante de Samuel kK, proche de Robert Smith.

Bright Future nous livre une version différente de « Breakdown ». Etabli à Brooklyn, ce combo est drivé par le chanteur/guitariste/producteur Frank Midnite. Midnite a ralenti le rythme et a transformé le hit new-beat en une bande-son très lo-fi, filmique, parsemée d'échantillons et d'extraits sonores. Étrange mais intéressant...

Marburg est un des concepts imaginé par un collectif artistique résidant en Pologne, Ebola Collective. Il revendique une éthique DIY (Do It Yourself), et cette vision est flagrante tout au long de cette version, très expérimentale, de « Nowhere », sur laquelle plane des voix qui font penser à des enfants en colère. Regardez la vidéo de cette chanson ici 

L'album se referme joliment par une longue reprise (plus de 7 minutes) de « So Low ». S’y colle, la formation californienne (Los Angeles) Deathday, un ensemble dirigé par les frangins Alex et Giovanni Guillén. La piste trempe dans une atmosphère 100% psyché/shoegaze et la voix est carrément ‘floydienne’. A mi-parcours, la compo monte en crescendo, et atteint son paroxysme noisy, en bout de course. De toute beauté!

Notons que l'album est habillé d’une très belle pochette noire. La photo est signée par l'artiste new-yorkaise Betsy VanLangen. L'album est disponible en version vinyle uniquement : 2x12" (180gr) gris / édition limitée à 500 exemplaires numérotés à la main. Les 125 premiers exemplaires sont enrichis d’un poster. Mastering réalisé par Scuzzy (Simi Nah) à l'AtOMiC Studio à Ostende, en Belgique. 

En un mot: un très beau double opus, et un véritable 'must-have' pour tous les amoureux de la new-wave et de la minimal wave.

 

Various Artists

Cumbia Beat Vol 3 - 21 Peruvian tropical gems

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Que de bonnes ‘vibes’ offertes par Vampisoul à travers cet excellent 3ème volet de leurs compilations « Cumbia Beat » dédiée cette fois encore aux sonorités péruviennes –originaires de Lima mais aussi de partout ailleurs dans le pays andin– enregistrées entre 1965 et 1980 au cœur de la dictature militaire locale. Ce nouveau chapitre réunit des raretés du genre, quelques ‘one-hit wonder’ irrésistibles ou des pépites de la ‘huaycumbia’ (Los Demonios de Corocochay ou Los 5 Palomillas), une sorte d’hybride entre la Cumbia et le huayno (Musique populaire péruvienne remontant à l’époque précolombienne). Les morceaux sont influencés par la Cumbia colombienne, la Guaracha cubaine ou les sons psyché anglo-saxons de l’époque formant un tout euphorisant et diablement efficace !

Various Artists

Czech Up! Vol. 2: We'd be happy

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Nouveau cap sur les trésors musicaux cachés à l’Est de l’Europe pour l’honorable maison défricheuse Vampisoul, grâce à ce second chapitre dédié à la pop tchèque des années 60 et les trésors des tiroirs du label Supraphon (fort de plus de 60 000 références depuis ses débuts en 1950 dans l’ex-Tchécoslovaquie !). Ce second volet dévoile des pépites de cette période marquées par de grands évènements politiques qui ont suivi le Pacte de Varsovie de 1968 à 1979 à travers 22 morceaux d’artistes peu connu dans nos contrées tels que Lukás Machata, Hana Ulrychová, Mahagon, Framus Five, Apollobeat, Beatings, Valerie Cizmárová, Gustav Brom Orchestra, The Blue Effect, SHQ, Metronom, Synkopy 61, Jazz Q, Vulkán, George & Beatovens, Flamengo, Eva Pilarová, Flamingo, The Soulmen, Barnodaj, Hana Zagorová ou encore Karel Cernoch. Une pincée de soul, une autre de jazz-funk, un zeste de funk, des effluves psyché et des incursions beat… une véritable orgie de sons tchèques à découvrir absolument.

Various Artists

The Rick and Morty Soundtrack

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Si l’univers totalement barré de ‘Rick et Morty’ ne vous est pas familier, on ne peut que vous conseiller de plonger avec délectation dans une série animée follement drôle et irrévérencieuse ne supportant pas la moindre limite quant à un éventuel bon goût… le petit (idiot !) et timide Rick suit Morty, son scientifique grand-père vulgaire et alcoolique dans des virées ‘sci-fi’ au mauvais goût joyeusement assumé. Ces aventures traduisent une réelle critique de la société comme le propagent depuis des années les Simpsons et autres South Park. Petit ovni musical, la bande-son de cet univers unique mixe des extraits sonores déjantés, des morceaux hip-hop humoristiques (« Alien Jazz Rap », « The Flu Hatin’ Rap » :  tout un programme !) et des compositions signées par quelques maîtres de l’indie-rock tels que Mazzy Star, Chaos Chaos, Chad VanGaalen ou Blonde Redhead. Les fans adoreront, les autres ne s’ennuieront pas une seconde. 

Various Artists

Ces gens là

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Rendre un hommage à un mythe de la chanson française disparu, à travers le prisme de ses contemporains, n’est pas un projet bien neuf.

Une pléiade d’artistes multigénérationnels s’est en effet prêtée à l’exercice des reprises (parfois insolites) du répertoire de Jacques Brel qui aurait fêté ses 90 ans le 8 avril dernier. Et le résultat figure sur une compilation baptisée « Ces gens-là », une chanson datant de 1966, au cours de laquelle le grand Jacques nous racontait l’histoire d’un désespoir face à un amour impossible…

Le travail de réalisation de Larry Klein et la finesse des arrangements permettent de considérer les compositions sous un nouvel angle, certes ; mais le disque souffre malheureusement d’un manque de qualité des adaptations, une lacune sans doute due à ces artistes qui ont privilégié l’air du temps sur l’émotion originelle…

Hormis donc quelques exceptions comme « Port of Amsterdam », une cover au cours de laquelle Marianne Faithfull scande un refrain mille fois entendu, mais parvient à lui communiquer une dimension particulière grâce à sa voix caverneuse, presque venue d’outre-tombe ou encore celle, émouvante, de Michel Jonasz (« Les vieux »), le reste fait pâle figure par rapport aux morceaux originaux.

On épinglera cependant encore le joli clin d’œil de Dutronc junior adressé au paternel dans « Vesoul », lorsqu’il prononce la phrase ‘T'as voulu voir Dutronc et on a vu Dutronc’…

Bref, que Slimane, Zaz ou encore Carla Bruni sachent que se réapproprier une chanson de Brel n’est pas une mince affaire…

Pour célébrer cet anniversaire, il aurait peut-être fallu inviter des artistes plus motivés… 

Et pour que votre info soit complète, sachez que Carla Bruni, Thomas Dutronc, Marianne Faithfull, Claudio Capéo, Bernard Lavilliers, Oxmo Puccino, Slimane, Melody Gardot, Zaz, Gauvain Sers, Michel Jonasz, Madeleine Peyroux et Liv Del Estal figurent au casting de ce "Brel, Ces gens-là"…

Various Artists

The Biggest Ragga Dancehall Anthems 2007

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Fidèle au rendez-vous annuel, le label Greensleeves compile des singles qui ont marqué l’année 2007 sur les dancefloors jamaïcains. Dix-huit titres et huit clips très, hum, ‘couleur locale’. Pour mieux comprendre de quoi on parle, jetez donc un coup d’œil sur l’hilarant « Hoola Hoop » de Macka Diamond et le postérieur de dimensions surréalistes de la chanteuse Barbee dans le clip « Give It Up ».

Musicalement, la compilation commence calmement par Busy Signal et Bugle. Ils partagent une même propension pour le rythme lent et des influences musicales lorgnant du côté des USA. Le jeune QQ balance son « Tek It To Them » dansant et sans prétention. Mr. Vegas se fend d’un très efficace « Tek Weh Yuhself », tandis que les toujours innovants Ward 21 proposent l’excellent et minimaliste « Bubble Like Soup ». Sans aucun doute le meilleur titre de la sélection. On est moins convaincu par le beat banal accompagnant le texte incisif de Beenie Man sur « Product Of The Ghetto ». On passera notre tour sur l’imagerie gangster de Cham et les habituelles paroles classées X de Vybz Kartel, scandées à force de vocodeur. Buju Banton se fait menaçant sur le sinistre « Crazy Talk », un morceau rappelant ses débuts. La toujours efficace Macka Diamond joue du « Hoola Hoop » et on vous renvoie au clip pour comprendre de quoi il en retourne. Le « Back It Up » de Bennie Man se penche (si l’on peut dire) sur un sujet qui passionne les emcees jamaïcains : les postérieurs féminins bien fournis. Pas vraiment un grand cru donc ! D’ailleurs, à l’une ou l’autre exception près, la qualité musicale de l’ensemble est un peu faible. Et c’est regrettable.

Various Artists

Discovered : A collection of Daft Punk samples

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A l’instar de nombreux producteurs hip hop, Daft Punk a réussi à transformer d’obscures pépites des années septante et quatre-vingt en succès planétaires. La preuve par neuf est opérée par cette compilation qui dévoile l’inspiration ayant présidé à la confection de tubes tels que « One More Time », « Digital Love » ou « Harder, Better, Stronger, Faster ». Ce voyage intéressant entre électro, house, funk, jazz et disco d’antan démontre la grande érudition musicale du duo parisien, mais permet aussi de découvrir quelques titres qui n’ont pas pris une ride. Du funk futuriste de Breakwater (totalement repompé sur « Robot Rock »), Sister Sledge et Edwin Birdsong (superbe « Cola Bottle Baby » qui a inspiré « Harder, Better, etc. »), en passant par le disco hédoniste de Karen Young et Cerrone, quelques titres dépassent largement le statut de curiosité. Là où certains emprunts sont évidents, on aura plus de mal à découvrir, sur quelques autres morceaux (celui de Chaka Khan en tête), ce que les robots de Paris ont samplé. Les curieux s’en donneront donc à cœur joie, tandis que les ‘beatmakers’ en herbe prendront des leçons.

Various Artists

Music from and inspired by Spider-Man 3

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Quand l’homme-araignée revient sur les écrans, il ne réapparaît jamais seul. Accompagné de moult produits dérivés, notre super héros réussit toujours à nous faire croire que, pour être encore plus fort et sauver le monde, il faut acheter tout ce qui gravite autour de sa toile. Cette BO fait partie du lot et, à peu de choses près, elle ne colle en rien avec l’âme du film. Planquée derrière la formule ‘musique de et inspirée par’, elle se contente de proposer une compilation de noms en vogue dans l’univers du rock and roll, à l’instar des Snow Patrol, The Killers, Yeah Yeah Yeahs ou The Walkmen. Alléchant tout de même, dites-vous ? Pas vraiment. Nos oreilles ont certes retenu le tonitruant « Pleased to meet you » des Wolfmother et ont applaudi le geste des Flaming Lips proposant un thème séduisant de « Spider-Man ». Mais elles se sont également demandé comment Chubby Checker et son twist avaient réussi à se perdre au milieu de cette foule, avant de conclure que tout cela n’était que bavardage et racolage. Un soundtrack énervé, mais qui ne ferait pas de mal à une… mouche.

Various Artists

¡Chicas! Vol 2 Spanish Female Singers 1963-1978

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En publiant le second volume de « ¡Chicas! », Vampisoul rend un bel hommage aux chanteuses pop qui ont sévi en Espagne entre 1963 et 1978. Entre sonorités yé-yé (Las Chic, Los Cenits), rock’n’roll (The Zara’s), twist (Karina con Los Jaguars) ou soul (Los Quandos, Barbara), ces filles ont communiqué toute leur joie et leur pétillante énergie au peuple de l’époque afin de lui permettre, d’une certaine manière, d’oublier les difficultés vécues sous le régime franquiste. Plusieurs pépites bourrées de charme parsèment cet opus qui compte quand même 28 titres, dont l’imparable « Tu Eres Mi Idolo », chanté dans un adorable français par Donna Hightower, « Ponte Bajo El Sol », balayé par les claviers vintage des sœurs Elia Y Elizabeth –auxquelles le label barcelonais avait déjà consacré un best-of–, la sucrerie « Pochoclo » de Las Trillizas de Oro ou le plus mélancolique « Aho… Aho » des Chicas. Occultées à l’époque de la dictature, ces artistes talentueuses reçoivent enfin l’attention tant méritée qu’elles n’avaient pas reçue à l’époque! Et les notes signées Vicente Fabuel ainsi que les photos qui figurent dans le booklet valent, en outre, le détour…

 

Various Artists

International Blues Challenge #33

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La Blues Foundation est établie à Memphis, dans le Tennessee. Cette organisation défend plusieurs missions dont la première est la préservation de l'histoire du Blues. Elle est responsable de l'attribution des Blues Awards. Enfin, elle met sur pied annuellement l'International Blues Challenge qui réunit les meilleurs représentants des sociétés de blues américaines et internationales. La 34ème édition de ce Challenge s’est déroulée en janvier 2018. Ce disque se consacre cependant, à celle de l’an dernier. Il a été produit par Barbara Newman, responsable de la Fondation et le promoteur Frank Roszak, certainement l'un des plus actifs sur le sol américain. Il réunit quatorze plages consacrées aux lauréats de l'IBC 2017.

Il démarre par le vainqueur de la catégorie ‘Bands’ ; en l’occurrence Dawn Tyler Watson, à travers un excellent r&b aux accents gospel, enrichi par le piano, l’orgue et les cuivres, et dominé par la voix puissante de la Montréalaise. Parmi les nominés figurent Johnny Fink & the Intrusion, dont le roadhouse blues est dynamisé par la slide et l’harmonica ; le Sobo Blues Band, un combo originaire de Jérusalem, responsable ici d’un bon blues nerveux qui vire au boogie. Sam Joyner, ensuite. C’est lui qui trace la voie à son groupe, à l’aide de sa voix (?!?!) colorée et de son orgue. Et enfin, King Bee, une formation issue de l'Alabama, dont le blues/rock énergique est entretenu par des riffs puissants, des interventions à la slide et un harmonica.

Dans la catégorie ‘solo/duo’, All Hill a été déclaré vainqueur. Etabli à Nashville, ce chanteur/pianiste du blues primaire rappelle le vétéran Henry Gray. Armé d’une basse acoustique qu’il traite au bottleneck, tout en se servant d’une caisse claire, Randy McQuay chante d’une voix grave et profonde un blues, ma foi, basique. Il a été nominé, tout comme Brody Buster, qui débarque de Kansas City. Il chante, joue de la guitare et souffle à travers son harmo, dans un style sémillant. Ainsi que Ruth Wyand, flanquée de son Tribe of One. Issue de la Caroline du Nord, elle se réserve la slide et des percussions. Et la plage ici sélectionnée se distingue par des sonorités pénétrantes, très proches du delta.   

 

Various Artists

International Blues Challenge #32

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La Blues Fondation est une organisation chargée de différentes missions. Soit préserver l’héritage, assurer l’enregistrement et les concerts, étendre au monde la prise de conscience et assurer le développement artistique de cette musique. Cette organisation est établie à Memphis, dans le Tennessee. Plus de 200 sociétés locales de blues y ont adhéré. La fondation gère, depuis 2015, le Blues Hall of Fame Museum, situé au 421 S. Main Street, au cœur de Memphis. En outre, elle est responsable des Blues Music Awards ; et enfin, elle organise chaque année, l’International Blues Challenge au cours duquel se produiront les artistes sélectionnés par leur société affiliée. En février dernier, la trente-troisième édition de ce concours a été remportée par la Montréalaise, Dawn Tyler Watson.

Frank Roszak nous propose donc de jeter une oreille sur les lauréats de 2016. Sur 257 candidats, il n’est resté que 9 finalistes. Delgado Brothers, une formation de blues/rock latino issue de Los Angeles, a été déclaré vainqueur. Pas de trace cependant du champion, sur cette compile. Plus que probablement pour des raisons contractuelles. Second sur le podium, le Paul Deslauriers Band. Il est issu de Montréal et ouvre donc le feu par "I’m your man". Son leader excelle au chant et à la gratte ; en outre, il bénéficie du soutien d’une incroyable section rythmique. Sur la dernière marche du podium figurait le Norman Jackson Band, un combo qui pratique un soul/blues de toute bonne facture. Norman se consacre au micro et à la six cordes. Et Rick Shortt, un extraordinaire saxophoniste, vient étaler toute sa classe sur "Norman’s Blues". L’International Blues Challenge est également ouvert aux artistes qui se produisent ‘unplugged’. A l’instar du duo réunissant Ben Hunter et Joe Seamons. Violoniste, le premier est originaire d’Afrique du Sud. Banjoïste, le second vient de l’Oregon. Le tandem s’est cependant établi à Seattle et nous propose "Black sheep moan". Encore une paire : Innervision. Issue de l’Ohio, elle implique la pianiste Genene Blackwell et l’harmoniciste Sam Shepherd. Elle a décroché l’accessit. Leur version de "Hound Dog" est rock’n’roll. Bien amplifiée. Et surtout épatante ! Talentueux guitariste, Sonny Moorman est très souvent comparé à Duane Allman. Il nous vient également de l’Ohio ; mais de Cincinnati. Déjà considéré comme un vétéran, il privilégie les sets acoustiques, en solitaire. Il se sert du bottleneck et chante d’un timbre ébréché le splendide "You make all my blues come true". Encore un duo acoustique. En l’occurrence le chanteur/gratteur Trey Johnson et l’harmoniciste Jason Willmon. Natifs de l’Arkansas, ils nous réservent un nerveux mais convainquant "When the money runs out". L’'Hector Anchondo Band déboule d’Omaha, dans le Nebraska. Un trio dont le "Tall glass of whiskey" remue plutôt bien. Vivant à Indianapolis, Dave Muskett drive son propre band. Un guitariste qui se révèle particulièrement affûté tout au long de "Can’t move on". Le titre de meilleur guitariste est revenu au Californien Bing Fitch. Mais il brille également au dulcimer et sur l’ukulélé. Et il chante aussi. Notamment ici, son "Drinkin’ and drivin’"…

 

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Mild in the Streets Fat Music Unplugged

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Même les punks apprécient les moments de douceur… Et cette difficile fin d’année constitue le moment parfait pour eux de publier une collection de morceaux acoustiques pour réchauffer nos cœurs après un tel et inexplicable déversement de haine.

Les 17 morceaux compilés par le label Fat Wreck son donc ‘unplugged’. Les incontournables Against Me, Joey Cape (Lagwagon) et Anti-Flag y ont donc participé. Mais pas seulement. Tony Sly, le leader de No Use For a Name, décédé en 2012, ouvre l’elpee par une version d’« Under The Garden », au piano, tandis que les Swinging Utters revisitent « Fruitless Fortunes » en mode country. Sam Sadowski et Closet Friends délivrent des pépites bluesy. Matt Skiba s’autorise une cover sombre du « Continental » d’Alkaline Trio. On épinglera encore la drôle reprise du « Xanadu » d’Olivia Newton-John par Uke-Hunt et la très longue adaptation épique et symphonique (et oui…) du « The Decline » de NOFX, exécutée par Baz and his Orchestra. Enfin, la plupart des autres intervenants se contentent de transpositions acoustiques de morceaux issus de leur répertoire. Un beau cadeau de Noël pour les fans de l’écurie Fat Wreck.

 

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My Precious! / A Waves Radio Show Compilation

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Paru sur le label bruxellois Red Maze, « My precious! A waves radio show compilation » est une initiative de l’émission WAVES, diffusée en Belgique, le dimanche dès 20 heures sur radio Vibration (107.2FM sur la capitale, 90.0 sur Mons et ici sur la toile)

Les curateurs, Fernando Wax et Phil Blackmarquis, ont sélectionné 13 titres nouveaux et exclusifs signés par des formations ou artistes inspirés par les eighties et tout particulièrement les courants, dark, new et cold wave, ainsi que post punk, ambient et même électro dont l’inévitable EBM ; des styles qui séduisent toujours de nombreux aficionados, malgré ses 30 années d’existence. Et en publiant un tel recueil, ils ont voulu démontrer que cette scène était toujours bien active. Même sur la scène internationale. Certains noms, qui figurent sur la compile, s’étaient produits dans le cadre des fameuses Fantastic nights bruxelloises…

Combo argentin, Diktatur propose une minimal wave enrichie de chœurs. Duo français, Position Parallèle dégaine sa synth-pop pour traquer « Mort ou vif ». Quintet suédois, Agent Side Grinder déverse sa cold wave tout au long du renversant « Giant falls ». Et le reste est tout aussi surprenant…

L’album est en vente ici en digital ou en vinyle (édition limitée à 600 copies dont la pochette a été réalisée en sérigraphie).

 

 

Various Artists

Algo Salvaje Vol 2

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Le rock hispanique des années 60 semble être un terreau tellement inépuisable que Vampisoul a décidé de nous réserver un second volet à ces sauvages mélomanes (‘Algo Salvajes’ se traduit par ‘Quelque chose de sauvage’), des groupes ‘garage’ espagnols qui ont sévi sous la dictature franquiste. En parallèle à d’inoffensives ritournelles pop diffusées sur les ondes à l’époque, une culture underground s’était développée sous les yeux et aux oreilles des censeurs. Une culture rock’n’roll aux accents psyché (Grupo 15, Los Relampagos), garage (Los Gatos Negros, Smash) ou quasi-soul (Los Crich), fortement influencée par le Merseybeat (NDR : soit la scène liverpulienne qui a marqué les sixties) et dont les chansons étaient le plus souvent interprétées en anglais, mais aussi en espagnol. Les 28 titres résument à merveille la rage adolescente de ces jeunes Espagnols dans un contexte si particulier… tout en n’oubliant pas d’épingler quelques pépites rock aux mélodies parfois tout bonnement irrésistibles, dont le « Lamento De Gallas » de Los Archiduques et le « Liar, Liar » de Los Sonadores... 

 

Various Artists

Blues for Big Walter

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Feu Walter Shakey Horton est surtout connu sous son sobriquet ‘Big Walter’. Il est considéré comme un des plus grands harmonicistes de blues. Originaire du Mississippi, il a vécu de nombreuses années à Memphis, dans le Tennessee. Il avait enregistré pour le label Sun de Sam Phillips. Dans les années 50, il s’est établi à Chicago, la capitale du blues urbain. Les responsables du label de Washington, Ellersoul Records, ont pris l'excellente initiative de publier un recueil pour rendre hommage à ce musicien talentueux. Et il s’intitule "Blues for Big Walter". De nombreux musiciens ont participé aux sessions d’enregistrement de cette compile. Certains sont notoires, quelques uns le sont un peu moins, et d’autres encore sont franchement méconnus. Né en 1921, Walter Horton est décédé en 1981. Il était à peine âgé de 60 ans.

"Someday" est une ouverture royale, un shuffle torride alimenté Kim Wilson à l'harmonica, Bill Stuve à la basse, Bob Welsh au piano ainsi que le jeune Jon Atkinson (NDR : c’est le leader des Silver Kings), au chant et à la guitare. Excellent ! Deux plages témoignent du passé glorieux de Walter ; et elles sont exécutées par Bob Corritore, harmoniciste issu de Phoenix. "She loves another man" remonte à 1992. C’est Jimmy Rogers, le mythique guitariste du Muddy Waters Band qui y chante et joue de la guitare. Dans le même rôle, Robert Lockwood, le contemporain de Robert Johnson, se réserve "Rambling on my mind". Le vétéran  Henry Gray siège derrière le piano, pour cette plage qui date de 2001. Mark Wenner, le leader intemporel des Nighthawks de Washington se consacre au micro sur les classiques "Worried life" et "Walking by myself". Il souffle comme lorsqu’il était au sommet de son art. Un bel hommage ! Steve Guyger (NDR : originaire de Philadelphie, cet harmoniciste a régulièrement côtoyé Jimmy Rogers ; et même jusque sa mort, en 1987) adapte deux plages. Tout d’abord "If it ain't me", puisé au sein de sessions réalisées en Finlande. Puis "Little Boy Blue", au cours de laquelle sa voix manifeste énormément de vécu. Natif de San Francisco, Mark Hummel est un des harmonicistes contemporains les plus talentueux. Il se révèle bouleversant tout au long de "Hard hearted woman", pour lequel il reçoit le concours de Bob Welsh au piano, et l'instrumental "Easy", de Sue Foley et Shorty Lenoir, aux guitares. Le « Sugar Ray medley » constitue certainement le plat de résistance de cette compilation. 18 minutes quand même ! Sugar Ray Norcia est préposé au chant et à l’harmonica, Anthony Geraci au piano et Mike Welsh à la guitare. Et le résultat est tout bonnement brillant ! Inconnu au bataillon, Andrew Alli est un jeune musicien qui nous vient de Richmond, en Virginie. Agé de 27 ans, il drive son groupe Mainline. Il excelle tout au long de "Evening shuffle" et "Easy II". Li'l Ronnie Owens est l’harmoniciste maison du label Ellersoul. Il participe à trois pistes, dont l’incontournable "Need my baby". Et soutenu par le gratteur Terry Garland, il se montre intenable sur "Think Big"…

 

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Blues Harp Women

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L'harmonica a toujours été un instrument privilégié dans l’univers du blues. Il est peu encombrant, facile à transporter et peu coûteux. Le blues originel, d'avant-guerre, a enfanté des harmonicistes qui sont parvenus à se forger une belle notoriété (De Ford Bailey, Will Shade et Lewis Noah, notamment) ; mais c’est lors du Chicago blues d'après-guerre, que la musique à bouche a vécu son âge d'or, révélant des légendes telles que Little Walter, Sonny Boy Williamson, Junior Wells et la liste est loin d’être exhaustive. Quand le blues s’est coloré de blanc, d’autre artistes se sont distingués, et en particulier Charlie Musselwhite, Paul Butterfield et Kim Wilson. Et les dames alors ? Et bien elles se sont illustrées et s’illustrent encore. La plus prestigieuse a certainement été Willie Mae Thornton, mieux connue sous le sobriquet de Big Mama Thornton. Originaire de l'Alabama, elle est décédée en 1984, à l’âge de 57 ans seulement. Elle a décroché un succès en 1952, grâce à "Hound Dog", quelques années avant qu'Elvis Presley ne le chante! Et c'est en écoutant Big Mama que le producteur Norman Davis a eu l'idée de monter cette collection réservée aux souffleuses. Elles ne sont pas moins de trente pour perpétuer la légende. Certaines sont connues, mais la plupart ne le sont guère. Thomas Ruf a donc publié une double compile pour mettre en exergue ces instrumentistes…

Sur la première plaque, Paula Rangell ouvre cet imposant cortège. Depuis 1979, elle drive ses Pontiacs, un blues band issu de la Nouvelle Orléans. Son "Harmonica girl" est particulièrement nerveux. La charmante New-yorkaise Roxy Perry se réserve le rythmé "Roadmaster". Etablie basée à Seattle, Stacy Jones est une excellente chanteuse de blues contemporain ; elle a aussi du souffle et le démontre à travers un solo bien senti sur ce funky "Heavy water". Instrumental, "Down home shakedown" nous replonge dans les années 60. Big Mama Thornton y partage un duo avec un autre harmoniciste (Big Walter Horton?) Authentique, classieux, ce morceau vous flanque une véritable claque. Artiste de country/blues, Lynn Ann Hyde est issu de Portland, dans l’Oregon. Elle a gravé quelques elpees en compagnie de Stu Kinzel. Elle adapte le "32-20 Blues" de Robert Johnson. Fastidieux de citer toutes les souffleuses, chacune s’exprimant suivant son propre talent. Je ne pourrai les citer toutes, car elles possèdent toutes une bonne dose de talent. Aussi, concentrons-nous sur les meilleures. Dont la Californienne (NDR : elle est issue de San Francisco) Beth Kohnen qui s’illustre sur l'instrumental "Ain't easy", et Trina Hamlin (NDR : elle vient de Minneapolis) pour "Down to the hollow".

Passons au deuxième volume. Qui s’ouvre par "Cash is king". A l’harmo, Jenny Kerr, une autre Californienne (également issue de San Francisco). Multi-instrumentiste, elle est également capable de briller à guitare, au banjo et au piano. Bostonienne, Cheryl Arena souffle depuis près de trente ans ; et elle brille tout au long de "Blues got me". Talentueuse, Annie Raines est également issue de la capitale du Massachussetts. Agée de 23 ans, elle compte déjà quelques albums à son actif. Et forme un duo en compagnie du chanteur/guitariste Paul Rishell. Ses interventions sont aussi redoutables qu’efficaces lors du superbe boogie instrumental "Lookin' good". Australienne, Marion Turner forme aussi un duo au sein de Salty Dog, auprès du guitariste Steve Plater. Et sa prestation est plus que solide tout au long de "He's gone". Pour le reste, on épinglera encore Dana Dixon pour le boogie blues  "Crazy Maisie", qu’elle chante également. La Française Christelle Berthon pour sa version pure du classique "Summertime". L’Italienne –établie en Oregon– Cécilia Loforti, très à l’aise pour exécuter "Doctor C". Et dans un registre country/blues, Rhonda Rucker, authentique dans son interprétation de "Rhonda Alla Blue". Si tout n’est pas parfait, cette collection a le mérite d’exister…

 

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Fat Music Vol. 8 ‘Going Nowhere Fat’

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Une soudaine envie d’un menu encore plus copieux que celui de Noël ? Ruez-vous sur le 8ème volume des compilations estampillées ‘Fat Wreck’ ! Il vous offrira un aperçu exhaustif de 25 morceaux –dont 6 inédits– du meilleur de la scène punk américaine contemporaine pour fêter les 25 ans de l’écurie chère à Fat Mike (NOFX).

Entre vieux briscards toujours verts, brillamment revenus aux affaires récemment (Lawagon, Good Riddance, Leftover Crack, Strung Out), et formations ska-punk (les autres vétérans Mad Caddies et Less Than Jake), punk très rock (Banner Pilot), punk/pop (le mystérieux Mask Intruder ainsi que CJ Ramone, le plus jeune membre du glorieux combo new-yorkais) et country/folk/punk (Old Man Markey, Darius Koski) ; mais aussi les nouvelles promesses escomptées par les ‘anthémiques’ PEARS ou les Night Birds, adeptes du surf/punk, la satiété est promise et sera d’ailleurs décrétée, après avoir avalé l’inédit de NOFX !

On épinglera encore Get Dead pour son infernal « Welcome to Hell », Western Addiction, un combo californien coupable d’un hardcore particulièrement nerveux (« Ex-humans ») et le Bad Cop/Bad Cop –en plein « Nightmare » chargé de testostérone– de Stacey Dee (NDR : par ailleurs préposée au micro pour un extrait de la comédie musicale montée par Fat Mike, ‘Home Street Home’). De quoi encore varier l’étonnant éclectisme de cet instantané de la scène punk US, loin d’être en perte de vitesse…

 

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5th European Blues Challenge

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L'European Challenge est une compétition qui réunit les meilleures formations blues européennes. Sa première édition date de 2011. La 5ème s’est déroulée dernièrement à Bruxelles, au sein de l'Ancienne Belgique. Belge, Howlin' Bill avait remporté le premier concours, organisé à Berlin. Pour ce nouveau challenge, la Belgique figurait une nouvelle fois parmi les favorites, puisqu’elle avait délégué les redoutables Doghouse Sam & His Magnatones. Le label Blues Boulevard a publié, un très beau double CD pour présenter dix-neuf des concurrents.

Au sein de la capitale européenne, c’est la formation basque, The Travellin' Brothers, qui a décroché les lauriers devant Doghouse Sam. Serais-je chauvin ? Perso, à l’écoute de l’extrait, proposé, le combo noir-jaune-rouge me semblait bien meilleur. Bien sûr, particulièrement exubérante, la formation espagnole a sans doute fait la différence grâce à sa présence scénique. Fondé dix ans plus tôt, sa cohésion est également un atout. En outre, elle a déjà publié six albums! Chargé de swing, son "Magnolia Route" tient bien la route ; mais ce n'est pas vraiment ma tasse de thé!

Wouter Celis alias Doghouse Sam est épaulé par ses Magnatones, une véritable machine rythmique. Issu de leur dernier opus, "Something's wrong" est un rockabilly à la fois classieux et chargé de dynamite…  

Sur la troisième marche du podium on retrouve le Norvégien J.T Lauritsen flanqué de ses Buckshot Hunters, un ensemble de soul/blues qui véhicule des accents tex mex et zydeco. J.T chante en s'accompagnant à l'accordéon, "Play by the rules", une piste illuminée par une splendide intervention à la slide.  

Plusieurs formations nous réservent un blues plus acoustique et dépouillé. Dont le duo autrichien, réunissant le chanteur/guitariste Herman Posch et l'harmoniciste Christian Sandera. Son "Devil's woman" est impeccable. Autre tandem, mais suisse, The Two, qui nous balance un très roots "On and on".

Le blues croate n’est guère notoire. Pourtant, le Delta Blues Gang pratique un delta blues solide et amplifié. La chanteuse a une très bonne voix et le gratteur se révèle plutôt habile sur sa Resonator.

Hongrois, Eles Gabor Trio ne sort pas vraiment du lot, et les voix sont discutables. Luxembourgeois, Remo Cavallini Band exécute le blues rythmé "Self control". D’honnête facture, il est caractérisé par l’intervention d’un orgue et la participation d’une voix féminine. Roumain, le Marius Dobra Band manque quand même de classe. Polonais, Drunk Lamb semble hanté par Jimi Hendrix. Surtout le sixcordiste. Slovaque, Jergus Oravec Trio est un power trio qui puise ses références à la même source ; mais son "Real" possède un potentiel certain. Danois, Bound by Law pratique une forme de country alternative, réminiscente de Johnny Cash! Le blues scandinave jouit d’ailleurs d’une excellente réputation. A l’instar de Micke Bjorklof & Blue Strip des vétérans finlandais, qui démontrent tout leur brio à travers "Ramblified". La voix est consistante et les interventions à la slide, incisives…  

La Suède aurait pu mieux choisir. Le Lisa Listam Family Band est annoncé comme la nouvelle sensation locale. Copie à revoir, même s’il faut attribuer une mention spéciale à l’harmoniciste Mikael Fall. Lui, franchement, il a la classe. Et d’autres pays auraient également pu élire de meilleurs représentants. Le funk/soul/blues de Pillac (France) tient la route, mais la voix de Xavier Pillac me semble un peu limite. Le hard rockin' blues de Jessy Martens Band (Allemagne) tire un peu trop sur la corde métallique, même si la chanteuse se débrouille plutôt bien au sein des climats dramatiques. Le "That's swing!" du Dave Moretti Blues Revue (Italie) fait vraiment tache d’huile. Le "Once and for all" du Leif De Leeuw Band reflète mal l’effervescence vécue par la scène batave contemporaine. Dépouillé, son blues est surtout caractérisé par la présence d’une bonne voix féminine et un excellent guitariste au style minimaliste.

L'Angleterre enfin, avait délégué le jeune Laurence Jones. Déjà repéré et signé par le label allemand Ruf, c’est un grand espoir du blues insulaire. Il excelle tout au long de son "Soul swamp river" ; mais il bénéficie du concours de fameuses pointures : Johnny Sansone à l'harmonica et trois musiciens du Royal Southern Brotherhood : Mike Zito, Yonrico Scott et Charlie Wooton. Laurence Jones a manifestement un avenir dans le blues. Signalons enfin l'absence de titre du band letton Elastic, sur cette compile.

 

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What ? ! - William Onyeabor Remixed

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Il fallait un sacré culot pour pondre un tel disque ! Et ceux qui ont osé, il faut les remercier vivement.

Qui ? Quoi ? Il serait judicieux de rédiger une telle chronique dans le même esprit que celui qui a eu l’idée première de réaliser ce tribute.

La carrière de William Onyeabor est entourée d’un voile de mystère entretenu par des affirmations fantaisistes, des supputations en tous genres ou des questions laissées sans réponse. De quoi gonfler le mythe. Et cet immense point d’interrogation demeure suspendu au-dessus des beats qu’il a concoctés pendant 8 ans sur 7 albums différents. Pas une de plus, pas un de moins.

Le plus important, c’est la qualité des œuvres de cet oiseau rare… issu du Nigéria. Ainsi que des remixes qui lui sont consacrés, dont ceux qui figurent sur ce « What ! »

L’objectif est de faire danser, tout en conservant une ligne de conduite tracée par notre énigmatique Willie…

Hot Chip ouvre les festivités par un somptueux « Atomic Bomb », au cours duquel les Anglais injectent judicieusement leurs effets dans l’expression sonore chaleureuse du Nigérian.

Parmi les perles, j’épinglerai encore celles de The Vaccines, JD Twitch, Javelin, David Terranova et surtout Daphni, dont le traitement fulgurant de « Ye Ye » se révèle à la fois explosif et hypnotique.

Tout le monde ne parvient pas à magnifier la matière première, mais tous parviennent, quand même à s’en tirer plus qu’honorablement (Justin Strauss & Bryan Mette, Joakim, Policy, Scientist).

Un reproche ? Pourquoi trois remixes d’une même compo (« Body an Soul »), quand on connaît la richesse de l’œuvre de William Onyeabor. Ce qui n’empêche pas l’elpee de se révéler indispensable…

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Algo Salvaje

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Le label Munster vient de publier le premier volume de nouvelles ‘Nuggets’. Il se consacre à la crème de la scène beat et garage qui a sévi en Espagne dans les années 60 ! Réunissant 25 plages, « Algo Salvajes » est un beau témoignage de cette vague intrigante venue des Etats-Unis et d’Angleterre, à cette époque… Outre les classiques Stones et Beatles, ces pays anglo-saxons ont vu naître des groupes comme The Sonics, 13th Floor Elevator ou encore The Seeds… Et de toute évidence, ce mouvement a donné naissance à une multitude de formations hispaniques ! Comme s’ils espéraient lutter contre la dictature imposée par le Général Franco, des ‘jeunes gens dans le vent’ ont composé des hymnes dédicacés à la liberté, inspirés par les Beatles (Los Brincos) ou les groupes susvisés. L’influence du flamenco est parfois palpable ; mais on a aussi droit à des relectures des Yardbirds (« Corazon Lleno De Mal » » de Mike & The Runaways), des Beach Boys (« Yo Te Vi » de Los Impala) ou encore des fragments de reprises des Stones et des Beatles, au sein d’un même morceau, comme sur l’« Antimusical » de Miguel Rios. Guitares surf, ligne de basse caoutchouteuse et orgue détraqué alimentent même le « Te Fuiste » de Los Juniors… « Algo Salvajes ! » se traduit par ‘Quelque chose de Sauvage !’. Le label a choisi un titre judicieux.

Et en consultant le magnifique booklet enrichi par les commentaires de Vicente Fabuel, on a l’impression de voyager dans le temps…

 

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