Yuksek revisite Laurent Voulzy…

Le musicien, compositeur, réalisateur et producteur de musique électronique Yuksek revisite « Cocktail chez mademoiselle », le titre de Laurent Voulzy paru en 1979 sur son album « Le cœur grenadine ». Il en propose une relecture retro futuriste, groovy et…

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YellowStraps

Les tentacules de YellowStraps...

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Fondé à Bruxelles par les frères Yvan et Alban Murenzi, YellowStraps façonne, depuis bientôt 10 ans, une néo-soul hybride qui caresse les sens et affole les perceptions, validée par la bouillonnante scène rap belge (Roméo Elvis, Le Motel, L’Or Du Commun, ...).

Avec « Tentacle », le duo se change en solo (Alban part, Yvan reste) et déborde du cadre sans renier son ADN. YellowStraps passe en vitesse-lumière.

Yvan a construit « Tentacle » sur cette absence, entre volonté d’imprimer une continuité (dire MERCI au passé) et de défricher de nouveaux espaces. Il y pousse plus loin son exploration du chant (en anglais mais aussi en français), tant sur le plan de la technique vocale, qui donne finesse et profondeur à ses compos, que dans la manipulation d’effets électroniques (dont l’autotune, rejetée jusqu’ici (pour de mauvaises raisons). Surtout, il s’est remis intensément à la production (qui était devenue le domaine du frangin), seul ou épaulé par quelques proches, dont son manager Jad El Alam et le bassiste Victor Defoort.

Yvan aime travailler en petite équipe, car chacun peut apporter sa touche sans mettre en péril ma direction artistique. Dans sa tête, il sait ce qu’il veut.

Parmi ces lignes directrices, on trouve un désir d’hybridation toujours plus vaste (activé par la découverte de King Krule aux débuts du groupe), intégrant les influences rock de sa jeunesse (R&B, nu soul et électronica déjà en place). Une quête d’émotions indescriptibles qui passe autant par l’écriture mélodique que par l’expérimentation. C’était une manière de marquer son territoire, de redéfinir les contours de YellowStraps. Ainsi des tubes en puissance (le single « Headown », tout en élégance pop et mélancolie infectieuse, mais aussi « Notice », « Flowin », « Champagne New String » ou le très émotif « Writer’s Block » avec la rappeuse/chanteuse belge Blu Samu) côtoient des formes mutantes (« Acequia », « 156 », le presque kanyewestien « Necklace »).

Le YellowStraps nouveau est arrivé, à la fois fruit mûr d’un parcours déjà dense et premier bourgeon éclatant de jeunesse et d’invention. Moins en phase avec le rap qui l’a porté, loin de la froideur de la musique de producteur, « Tentacle » se déploie sans limite, entre paysages mentaux et trépidations du cœur.

La vidéo de « Notice » est à découvrir ici

En concert à l’Ancienne Belgique le 09/02/2023

Yel

Petit concert entre amis...

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Après la première partie assurée par Asyl venu défendre ses « petits cauchemars entre amis », Yel pourrait intituler son show 'petit concert entre amis'. En effet, ce n'est pas à l'Orangerie mais à la Rotonde qu'ont eu lieu les retrouvailles entre le groupe et son public. A 21 heures, une musique de fond pesante surgit de nulle part et les lumières virent au bleu. Les fans sont prêts : ils attendent ce moment depuis plus d'un an. Jean-Christophe et sa bande montent sur scène, le premier rang ne tient plus en place. 'Comment faire pour lui dire j'ai envie de te sentir', c'est parti pour une soirée aux allures de réunion de famille (les enfants s'agitent dans tous les sens pendant que les ados chantent et les adultes applaudissent). Yel enchaîne par « Nos raisons de passage » et son duo de basses avant de faire un petit retour dans le passé : « Et pourtant » (on s'aime encore, gueule le public) et leur fameuse « Nouvelle vague ». On revient en 2006 pour « Tous les garçons (ne pleurent pas) » que le public connaît déjà par cœur. Calme après la tempête, Jean-X s'avance sur la scène pour offrir une version dépouillée (seul Watch l'accompagne au piano) de « Faut-il » : le public retient son souffle. « Au prix de contre-jours » vient prolonger ce moment d'émotion avant de repartir dans des rythmes plus agités (« Je suis in », « Mon âme »). Les morceaux s'enchaînent en toute logique et le groupe franchit la ligne d'arrivée en interprétant « Sans idéaux ». Mais le public ne compte pas en rester là et le manifeste clairement. Le groupe revient alors pour un « J'oublie » au cours duquel Jean-X n'oublie pas de rappeler la difficulté d'exister en tant que groupe et que, pour vivre pour et par la scène, il faut en parler de bouche à oreille, de bouche… à oreille. Fin de promo et dernier rappel : Yel reprend « Tous les garçons » puis s'éclipse. Reste alors des fidèles ravis qui ne manqueront certainement pas de dire aux absents qu'ils ont raté quelque chose...

Yel

En attendant leur nouvel album...

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C'est face à un large contingent de fans que Yel s'est produit sur les planches du Bota, en première partie d'Aston Villa. Faut croire qu'ils avaient organisé un car… Curieusement en interprétant ses premières chansons, Jean-Christophe Van Achter épouse les inflexions de Fred Franchitti. Le groupe avait-t-il assisté au soundcheck d'Aston Villa ? Le mystère reste entier. Mais c'est plus que vraissemblable… Ce qui n'a pas empêché le quatuor de dispenser un set de bonne facture et d'aligner les « Nos cœurs à genoux », « Nouvelle vague » et consorts, sans oublier de réserver l'une ou l'autre composition au format acoustique. Le moment le plus fort de leur prestation restera cependant « Comme un seul homme », lorsque Jean-Christophe fit allusion à Bush, en regrettant que parfois les décisions soient parfois prises seulement par un seul homme. Lors du rappel, Yel a délivré une nouvelle chanson, au cours de laquelle le chanteur y a démontré un certain talent à l'harmonica. En quittant la scène, le groupe a également annoncé qu'il entrait bientôt en studio pour enregistrer un nouvel album…

La dernière fois que j'avais assisté à un concert d'Aston Villa, c'était (NDR : si mes souvenirs sont exacts), en 1999. A Lille. Au Splendid. Pour un spectacle de bonne facture, sans plus. Depuis, le groupe a sorti un 'live' acoustique et surtout l'an dernier « Strange », qui figure parmi mes albums de l'année. Je voulais donc un peu voir, dans quelle mesure, ils avaient également progressé sur les planches. Première constatation, il y a eu du changement au sein du line up. Les frères Nico et Doc Muller (guitariste et drummer) ont été remplacés respectivement par Franck Pilant (NDR : il avait déjà participé à l'enregistrement des deux premiers elpees du groupe) et l'ex Ben's Symphonic Orchestra, Gregory Baudier. Ne reste donc plus du line up original que Fred, le chanteur, et Djib le bassiste. Tout ce remue ménage aurait pu laisser croire au pire. Et bien non ! Aston Villa nous a délivré un set absolument épatant. Ils avaient une pêche d'enfer. Faut dire que la présence de deux drummers y est aussi pour quelque chose, même si le second (NDR : Eduardo Tomassi qui accompagne régulièrement la formation en tournée) se concentre davantage sur les percus, avec une dextérité pas possible. Fred est en plein forme. Son regard vous transperce. Il bondit d'un côté à l'autre de la scène. Ne s'arrêtant que pour jouer de son clavier adapté. Oui, ceux qui n'ont jamais vu Aston Villa l'ignorent : il manque l'avant bras gauche à Fred. Il ne s'en formalise pas. Et avant de gratter un peu de guitare lors de sa cover d'« All apologies » de Nirvana, il promet que la prochaine fois, il le laissera repousser. Et finalement, lorsqu'il tournoie sur scène, sa manche de chemise virevolte un peu dans tous les sens, avec une certaine élégance. Et puis si ses chansons sont truffées de jeux de mots, ce n'est jamais gratuitement. « L'âge d'or », « Les codes » et « Le chien », sont autant de messages et d'attitudes qui raillent les mécanismes de notre société de consommation. Une attitude fort proche de celle de Noir Désir. Une comparaison renforcée par la puissance du set. A ce sujet, vous pouvez me croire : les riffs de guitare étaient cinglants ; et lorsqu'ils bavardaient avec la ligne de basse, on retrouvait presque une structure en crescendo digne de dEus. Ce qui n'a pas empêché le public de partager de formidables moments hymniques. Et en particulier à l'issue de « Peu importe » ; parce que le groupe dût se résoudre à improviser pour embrayer sur le refrain entonné par une partie du public. Génial ! Pour souffler un peu, Aston Villa nous quand même réservé l'une ou l'autre chanson un peu plus acoustique et même permis au bassiste (NDR : de son baryton profond, il prétend même faire craquer toutes les filles…) d'en interpréter une plus badine. J'avais même failli l'oublier. Et lors du rappel, on a eu droit à un « J'en rêve » de rêve. Le groupe semblait même surpris de l'ovation que lui a accordée le public. Vibrant ! Et le mot est faible. Manquait plus qu'ils reprennent le « J'aime regarder les filles » de Coutin et c'était la folie… Une grande claque !

The Yellow Traffic Light

Dreamless (Ep)

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Originaire de Turin, cette toute jeune formation est née en 2012.

Un trio dont le premier elpee, intitulé « Home at least », date de mars 2013.

L’année suivante, un quatrième larron vient compléter le line up.

Lanotte Jacopo (guitare et voix), Lorenzo Avataneo (basse et voix), Luca Chiorra (batterie) et  Federico Mariani (guitare et clavier) livrent ici un support trois titres aux accents ‘shoegaze’ baptisé « Dreamless ». C’est peu, me direz-vous ! Et pourtant, il démontre le travail créatif du combo !

Sans être des précurseurs en la matière, les gaillards se démerdent plutôt bien et proposent des mélodies d’une certaine qualité. A la fois aériennes, mélancoliques et légères, elles évitent les poncifs bruitistes du genre.

Les riffs de guitares occupent la majeure partie de l'espace sonore. Les nappes de synthé se font volontairement discrètes. Aucune surprise du côté des sessions rythmiques, celles-ci se révélant on ne peut plus conventionnelles.

Par contre, ce qui fait véritablement l’originalité de cet opus, c’est l’association entre le côté vaporeux drapé de soie et le chant sous mixé. Un mécanisme qui n’est pas sans rappeler la dream-pop d’un certain Cocteau Twins. Il suffit d’écouter « April » et « Do it right » pour s’en convaincre !

La filiation est sans équivoque ! Le groupe se défend d’ailleurs de puiser son inspiration auprès de My Bloody Valentine et Ride. Dans cette catégorie, on ne fait pas mieux !

Plus pop, « Care » s’écarte de cette ligne de conduite. C’est dommage ! Peut-être est-ce dû à une volonté de se rapprocher davantage des postulats radiophoniques ?

À découvrir sur Bandcamp ici

 

 

The Letter Yellow

Walking Down the Streets

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Bien qu’autoproduit, le premier opus de cette formation new-yorkaise est tout à fait rafraîchissant. Un quatuor drivé par un certain Randy Berdiga qui nous invite, tout au long de « Walking Down the Streets », à déambuler à travers les artères de la mégalopole américaine, entre pop smithienne euphorisante (« Changed », « It’s Monday and I’m Dreaming »), rock’n’roll vintage (« 14 Bar Blues ») et amusantes vignettes pop (« I Got You »). Sans oublier de faire une halte funky au « Hope Street » avant le terminus laidback, « Southern Bound ». Cet éclectisme de ton constitue à la fois la force et la faiblesse de cet opus, qui recèle même une ballade agréable mais guère renversante lors de ce parcours un peu trop balisé à mon goût. Plus Michelin que Routard donc. Si cet elpee devrait faire un tabac au sein des pubs locaux, il risque fort de s’évaporer dans notre esprit, à l’instar d’un écran de fumée… 

 

Yel Fox

QCCP

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Interaction créative, voire récréative entre Yel Fox et divers artistes invités à tour de rôle sur chaque morceau et venus d'horizons divers, cet album découvre un univers intime, assez éloigné des dix années vécues au sein du punk hardcore par l'artiste au sein de Gravity Slaves.

Bien que l'esprit ne soit pas totalement annihilé, en témoignent les titres « Farewell list » ou « A signal », l'urgence du moment fait à présent place à une sorte de réflexion approfondie pas toujours de bon ton.

Projet prétendant offrir de multiples facettes (graphiques notamment), Yel Fox développe ici un rock certes habité mais décliné à des sauces différentes, qui, force est de le constater, ne parvient pas toujours à faire prendre la mayonnaise.

Parfois irritant (l'insupportable « Tao Sao »), parfois intéressant dans son traitement (« Love me Over » avec Laudanum), cet album s’avère, en général, relativement anecdotique. Ou quand le folk devient monotone et ennuyeux...

 

Someone Still Loves You Boris Yeltsin

Let It Sway

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Les tourbières russes brûlent depuis quelques semaines ; mais ne comptez pas sur Someone Still Loves You Boris Yeltsin pour éteindre l’incendie à l’aide de leur combustible sonore. Car leurs morceaux sont ‘tout feu tout flamme’. Ce groupe au patronyme interminable a donc décidé de rappeler à notre (bon ?) souvenir, cet ex-président russe, grand amateur de vodka, décédé le 31 décembre 1999. A moins qu’il ne cherche à redorer son blason…

Ce quatuor nous vient de Springfield, dans le Missouri. « Let It Sway » constitue son 3ème album. Il fait suite à « Broom » et « Pershing », publiés respectivement en 2005 et 2008. Le combo jouit du soutien de la presse spécialisée, depuis ses débuts ; et en particulier de Spin Magazine et Pitchfork. Pour enregistrer ce nouvel elpee, SSLYBY a reçu le concours de Chris Walla, à la mise en forme. Un producteur responsable des plus belles pages écrites par Death Cab for Cutie et The Decemberists. Un coach de rêve. Le José Mourinho de la division indie-pop en quelque sorte ! Et le résultat est à la hauteur. « Let It Sway » regorge de mini-tubes tels qu’« In Pairs », « All Hail Dracula » ou « Sink/Let it Sway ». Bien sûr, l’influence de Weezer est palpable ; et en particulier sur « Phantomwise ». Mais au moins, le band pallie partiellement le relatif manque d’inspiration des Californiens, constaté au cours de ces dernières années. Et puis leur son est rafraîchissant. Sans oublier un art à ficeler des mélodies power pop aux paroles mélancoliques (‘I can’t believe you haven’t killed me yet’, clame joyeusement le chanteur, Philipp Dickey). Un très chouette album ! A découvrir le 12 octobre au Democrazy de Gand ou au Stuk de Louvain, le 14 octobre.

The Rebel Yell

Love & War

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Derrière The Rebel Yell se cache James Poyser, un travailleur de l’ombre dont la carrière a déjà été récompensée d’un Grammy Award. Fatigué de traîner dans les coulisses pour le compte de Queen Latifah, The Roots, Common, Erykah Badù ou encore D’Angelo, Poyser agrippe le projecteur et le tourne en direction de son nouveau projet. « Love & War » nous est présenté comme un condensé de ‘misfit R’n’B’ (R’n’B décalé), se dressant contre les clichés du style.

Certains morceaux (« Children Of The Stars », « Army Of Misfits », « Spend The Night », « Everybody’s Doing It ») font honneur à un genre qui, malgré ce que la bio tente de nous faire croire, ne date pas d’hier. Mais l’ensemble est loin d’être à la hauteur de ses promesses. On pointera essentiellement du doigt l’uniformité et la prévisibilité de plusieurs extraits qui deviennent très vite lassants (« Save The World », « Get Off », « Love & War », le très Black Eyed Peas « Heartbreak 101 », « Denial »). Dès lors, il en faudra beaucoup plus à The Rebel Yell pour arriver ne serait-ce qu’aux chevilles de Outkast, les véritables représentants du ‘misfit R’n’B’.

 

Someone Still Loves You Boris Yeltsin

Pershing

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Second ouvrage des ‘springfieldiens’ au nom improbable, « Pershing » aurait certainement fait de la peine à Boris Yeltsin. Loin de toute hype, Someone Still Loves You Boris Yeltsin tente de se tailler une petite réputation dans l’univers indie à travers un essai bien forgé mais trop gentillet. « Think I Wanna Die », « You Could Write A Book » et « Modern Mystery » sont autant de titres qui justifieraient les comparaisons entre SSLYBY et The Shins, opérées par la presse Outre-Atlantique. Du moins si celle-ci évoquait des Shins amplement moins inspirés et dirigés par Josh Rouse. « Heers » et « Some Constellation » auraient par ailleurs carrément pu être extraits de l’un des ouvrages de ce dernier.

L’intention de Someone Still Loves You Boris Yeltsin y est très certainement. Mais le quatuor tapisse sa pop estivale d’une enveloppe power pop mid-90’s un peu trop désuète et policée pour être prise au sérieux. Pourtant, les onze plages de ce recueil sont tout à fait digestes. Il est donc dommage que « Pershing » ne laisse qu’un vague souvenir après son écoute. Un troisième recueil moins prudent serait plus que bienvenu… 

 

Yel

Yel, c'est Yel...

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Le départ de Pascal (guitariste) et son remplacement par Watch (multi-instrumentiste) ont poussé Yel à évoluer vers de nouveaux horizons sonores. Le nouvel opus, « Electrophone », conserve l'univers rock des albums précédents mais s'en voit agrémenté de quelques touches électro efficaces et de claviers émouvants. Les mélodies, toujours empreintes d'influences anglo-saxonnes (Muse, Placebo), viennent servir les textes d'un Jean-X qui prône avant tout l'émotion. 

Jean-X : Il faut être sincère. Je pense que c'est la seule chose qui peut payer sur le long terme. Etre vrai dans ce qu'on propose comme musique et dans ce qu'on propose comme textes. Sinon, on se perd dans des chemins obscurs. Et le fait d'être sincère et d'être touché par ce que le public peut apporter, ça se voit. C'est cet échange entre le public et le groupe qui peut faire que le groupe marche ou pas.

Vous sortez aujourd'hui votre troisième disque. En édition limitée, il est accompagné d'un cd bonus. Pourquoi ne pas avoir réuni tous les morceaux sur un seul disque ?

Jean-X : Initialement, on voulait faire un album qui soit plus vintage, dans le sens de l'écoute. Un peu le style qu'on pouvait avoir dans les années septante. Il n'y avait que ça d'ailleurs : des vinyles avec trente minutes de musique d'un côté, trente minutes de l'autre (NDLR : c'était pas deux fois vingt minutes ?) On voulait revenir à ce format-là. C'est un format sympa d'écoute : avoir vingt-cinq, trente minutes à écouter et après changer. Puis on est parti sur le concept de réaliser un double album au niveau du packaging, de l'objet. On voulait un bel objet et le projet a évolué : on a gardé le double album, ce côté tactile, mais on a un peu changé le concept dans le sens où on a fait un cd onze titres et un cd bonus. Finalement, on n'est pas si loin du projet initial puisqu'on a d'un côté 40 minutes et de l'autre 20-25 minutes.

Le groupe a changé de composition : Pascal (le deuxième guitariste) est parti et a été remplacé par Watch que l'on retrouve aux claviers, à la basse et aux programmations. Cela témoigne-t-il d'une volonté du groupe d'évoluer vers de nouvelles sonorités ?

Jean-X : Oui. Quand il y a eu un changement de line-up, on cherchait une personne avec qui le courant passait et qui pourrait faire évoluer le son. On avait déjà fait un concert avec Watch et le courant passait très bien humainement et musicalement. On s'est dit qu'on allait essayer et ça a bien marché dès le début. On a vu que le son évoluait naturellement. Il n'y avait pas vraiment une prise de position par rapport à ça. Le fait que Watch arrive, le son a évolué. C'est très positif. C'est un peu les circonstances de la vie qui ont fait que le son a évolué.

Sur cet album, on retrouve l'influence de Noir Désir, mais également de Muse ou Placebo. Toutefois, on retrouve aussi quelques touches électro. Qu'écoutiez-vous durant l'enregistrement de ce disque ?

Watch : C'est assez étonnant parce que, de mon côté, j'écoute vraiment peu d'électro. Par contre, j'écoute pas mal de groupes rock qui ont une touche électro, style Placebo. Mais au niveau électro pure, peu. Au niveau des influences, j'écoute beaucoup plus de rock qu'autre chose. Ca reste classique, pas mal de groupes anglophones : Muse, Placebo, … des choses comme ça.

J-X : Moi je n'écoute absolument rien. Je suis dans le trip studio.

La première chanson du cd, « Est-ce que tu l'entends », donne le ton d'entrée de jeu : Yel est un groupe de rock qui chante en français. Est-ce important, pour vous, de rester fidèle à votre langue ?

Jean-X : Le français reste pour nous une évidence. C'est un challenge aussi de faire du français avec du rock'n'roll. Mais ça marche.

Le texte compte autant que la mélodie?

Jean-X : C'est complémentaire. Il y a une émotion qui est dégagée par la musique et le texte prend le relais pour poursuivre l'émotion. Ca va de pair. On pourrait mettre un texte en anglais dessus, ça pourrait fonctionner.

Vous n'avez jamais souhaité sortir un disque en anglais ?

Jean-X : On ne dit jamais ‘jamais’. Mais pour l'instant non. Les textes qu'on propose ne sont pas des prétextes. Je me rappelle d'un chanteur qui disait : 'ben voilà, moi je m'amuse à recopier les sous-titres de certains films pour les mettre dans mes chansons'. Je trouve ce choix pauvre d'un point de vue artistique. Il existe des lyricistes en Belgique qui manient la langue de Shakespeare, bien mieux que moi et qui ont des choses à exprimer. Je parle l'anglais, mais je suis incapable d'écrire de la poésie ou d'exprimer clairement une idée dans cette langue. 

Dans « La nuit, le jour », vous parlez de dépendance. Est-ce de la cigarette dont vous parlez ? 

Jean-X : Tout à fait ! Comment tu as trouvé ?

Londrès, Manille, Danita… Mais à première vue on pourrait croire à une dépendance amoureuse…

Jean-X : Une dépendance, c'est une dépendance. Ce qui est intéressant, c'est de voir qu'en disposant d'une trame assez large, au niveau du thème, au niveau des mots, on arrive avec son vécu à pouvoir penser et à pouvoir voir des choses que d'autres verraient différemment. Mais effectivement, le morceau a été écrit par rapport à une dépendance à la cigarette. 

« Nos raisons de passages » est le morceau le plus agressif de l'album. C'est également le seul texte qui raconte une histoire qui ne semble pas personnelle…

Jean-X : C'est le seul morceau qui est au premier degré. C'est plus facile parce qu'on prend un endroit et on le décrit. J'ai l'impression que c'est plus facile mais c'était un peu un exercice de style. C'était s'essayer à autre chose et comme le morceau était très carré, je voulais un texte très brut. Quand je parle de mes billes et mon chien, c'est très brut aussi, c'est terre-à-terre et ça colle bien à la musique. 

Sur ce disque, vous posez beaucoup de questions (« Faut-il », « Pour le meilleur »). Vous vous interrogez sur la vie, la mort, les relations humaines, la société… Quelle est la question que vous vous posez le plus souvent ?

Watch : Quand est-ce que je bois une bière ? (rires)

Jean-X : Personnellement, je me pose plein de questions sur la vie, la mort. Où sera-t-on dans vingt ans au rythme où on vit maintenant ? Il n'y a pas une question en particulier mais des questions qu'on se pose tous à mon avis. J'ai la chance de pouvoir les mettre en chanson.

Vous écrivez la plupart des textes. Le reste du groupe les accepte toujours ? 

Watch : Il est très rare qu'un texte ne soit pas accepté, car on est toujours en admiration devant ses textes. Une seule fois, un texte a été remis en question ; et encore pas par tout le monde. Personnellement, j'ai toujours été en admiration devant cette faculté d'écriture et je n'ai jamais ni pensé ni osé émettre la moindre critique. 

« Rien d'autre que toi » parle de la recherche d'identité et de bonheur et « J'oublie » décrit un monde dominé par l'argent, où l'on se pervertit pour pas grand chose. Vous pensez que le bonheur ne peut être qu'individuel ?

Jean-X : On se retrouve aujourd'hui à vivre des bonheurs individuels. Pour l'instant, notre société vit une crise d'adolescence. On veut de la liberté mais en même temps on a besoin de sécurité. On ne sait pas trop comment se positionner. Je pense qu'il va y avoir un retour aux valeurs, où le bonheur ne sera plus individuel comme ce qu'on peut vivre maintenant parce qu'on est occupé à se chercher. Je pense qu'on va revenir à des choses beaucoup moins futiles que celles vécues aujourd'hui, beaucoup moins matérielles aussi. Demain, l'environnement ne va pas aller mieux mais je pense que les relations vont s'améliorer.

Pourtant vos textes sont en général pessimistes…

Jean-X : Oui, mais c'est aussi pour ouvrir les yeux du public et faire ressentir certaines choses aux gens en disant : 'regardez, n'y a-t-il pas moyen de faire quelque chose ?'

Certains vous comparent à Kyo. Et en particulier sur des morceaux tels que « Mon âme » ou « Rien d'autre que toi ». Qu'en pensez-vous ?

Jean-X : On nous compare à Kyo, à Pleymo et à Noir Désir. Les deux précédents albums c'était Noir Désir parce qu'ils commençaient à récolter du succès et on les entendait partout. Ici, Kyo a percé depuis 2-3 ans. Or, notre album était déjà sorti ; donc on ne pouvait pas nous le faire. Kyo c'est un groupe français qui fait du rock, comme Pleymo. On apprécie d'être comparé à des groupes de cette trempe. Ce sont quand même des groupes de grande envergure ; ce qui veut dire que la qualité musicale existe aussi. Je pense qu'on a tous en commun, eux comme nous, les mêmes influences anglaises. On les a digérées chacun de son côté et, aujourd'hui, on restitue ce qu'on a entendu, ce qu'on a vécu, ce qu'on a ressenti. A part ça, je pense que si à l'époque, on était un ersatz de Noir Désir, on n'existerait plus. Le public a vu qu'il y avait autre chose. Le troisième album va encore montrer que Yel, c'est Yel.  

Dans « Pour le meilleur », vous dites : 'pour le meilleur, je ferai le pire, pour notre meilleur avenir'. Quel serait votre meilleur avenir ? Quel serait le pire que vous puissiez faire pour y parvenir ?

Jean-X : Le meilleur avenir ? Pour l'instant c'est que l'album fonctionne en Belgique au moins aussi bien que les deux premiers voire mieux et puis d'avoir une diffusion plus internationale dans les pays francophones : en France, en Suisse, au Québec… On sera distribué en France et en Suisse. Maintenant faut voir à quelle échelle. Et puis nous espérons accomplir une tournée. Mais une vraie tournée, digne de ce nom. Le pire qu'on pourrait faire pour y arriver ? Je pense que, dans ce métier, il n'y a pas de trucs pires à faire…

Mais il y a des sacrifices…

Jean-X : Oui, en même temps les sacrifices sont le passage obligé pour exercer ce métier qu'on veut faire. Ici, les sacrifices sont difficiles à vivre parce que ce sont surtout des sacrifices familiaux, d'argent, etc.… mais ça vaut toujours la peine d'aller rencontrer le public ailleurs. Il y a toujours un retour équivalent aux sacrifices consentis.

Dans « Se manquer », vous chantez : 'Juste se manquer sans se perdre, je nous défends de nous défaire'.  Ce titre n'aurait-il pas pu s'appeler aussi « Intimes illusions » ?

Jean-X : En fait, ce morceau a été écrit en pensant au public, car il y avait très longtemps qu'on n'avait plus tourné en Belgique (un an et demi). C'est un morceau pour dire qu'on est là et qu'on voit que vous êtes toujours là. On peut se manquer mais pas se perdre. Parfois, c'est bien parce que les retrouvailles sont d'autant plus intéressantes. Ce n'est pas grave de quitter quelqu'un, de dire au revoir quand on sait qu'il y aura un retour. Pendant toute la période d'absence, on nourrit quelque chose et quand on se retrouve, c'est d'autant plus fort. C'est un peu le message qu'on voulait faire passer : le public est toujours là et ça nous fait chaud au cœur.

Yel

Electrophone

Écrit par

Prenons quatre jeunes garçons. Invitons-les à écouter les classiques de la scène pop-rock anglo-saxonne des dix dernières années. Attendons qu’ils digèrent et demandons-leur de faire un album. Ca, c’était il y a quelques années. Depuis, le groupe a connu des changements personnels (le départ du guitariste Pascal Van der Wielen et l’arrivée du multi-instrumentiste Watch de Schutter) et aujourd’hui, Yel sort son troisième opus. ‘Electrophone’, c’est avant tout le disque d’un groupe qui s’interroge sur la vie, sur l’individu et sa place dans la société. Un groupe sincère qui croit encore aux idéaux.

« Est-ce que tu l’entends » ouvre le bal et confirme que Yel est bien un groupe qui réussit le difficile alliage du rock et du français. L’intro du morceau rappelle « Smell like teen spirit ». Joli clin d’œil. Toutes guitares dehors, le groupe prouve qu’il connaît bien ses classiques : on retrouve les envolées chères à Muse (« De l’autre côté ») et les riffs entêtants de Placebo (« Sans idéaux », « Nos raisons de passage »). Mais Yel, c’est aussi la recherche de l’instant d’émotion comme dans « Faut-il » ou « Au prix de contre-jours », une jolie ballade qui semble tout droit sortie d’un album de Jean-Louis Aubert. Quant aux morceaux « Mon âme » et « Rien d’autres que toi », ils sonnent plus FM (on n’est pas loin de Kyo). Dommage ! Mais arrêtons les comparaisons car, s’il est facile de rapprocher Yel à certains groupes français (Noir Désir, Pleymo, …) ou anglais (Placebo, Muse), à qui peut-on les comparer en Belgique ? C’est peut-être là leur originalité et leur force…

Yellowman

New York

Écrit par
Véritable légende du dancehall des années 80, le dj Yellowman refait parler de lui après les rumeurs persistantes sur son mauvais état de santé. Il faut dire que l’homme a déjà dû subir par le passé l’ablation d’une mâchoire suite à un cancer qui a bien failli lui être fatal… Mais à l’écoute de cette galette dédiée au New York post-11 septembre, les doutes sur sa santé se dissipent bien vite. L’ami Yellow semble en grande forme et se fend d’excellentes interprétations sur les très bons beats futuristes d’Xterminator. Les thèmes qui ont fait la gloire de notre homme, c’est-à-dire les femmes, sont largement déclinés ici par « That Girl », « Spanish Girl » et « Do me ». Mais c’est surtout la guerre en Irak qui lui a inspiré la majeure partie des chansons de « New York ». Cette thématique produit à l’arrivée des chansons de très bonne facture comme « World War » ou encore « Cnn News » qui épingle malicieusement la chaîne télé américaine et son traitement des événements belliqueux. On obtient à l’arrivée un bon disque qui n’a d’autres prétentions que de faire passer un bon moment ; objectif qu’il atteint les doigts dans le nez. A découvrir !

Yel

Intimes illusions

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Pour enregistrer son deuxième album, Yel a reçu le concours de Mark François (Ozark Henry, Zornik, Novastar, Vaya Con Dios) au mixing et à la masterisation. Un disque dont le thème commun gravite autour de la manipulation. En posant une réflexion, le groupe tente ici d'établir un constat sur les intrigues relationnelles qui peuvent exister entre le monde et nous. Musicalement, les influences majeures puisées dans le passé, chez Noir Désir et Aston Villa, transparaissent toujours en filigrane. Mais elles ne sont plus aussi évidentes. En entrant dans le domaine de la symphonie métallique, plusieurs fragments épousent même le profil tourmenté, torturé, d'un Muse. A l'instar d'" Un autre jour ", d'une " Sombre histoire " et du final " Amertume ", un instrumental au cours duquel les guitares profitent amplement de leur liberté. D'autres nous plongent dans un univers davantage ténébreux, presque gothique. Et je pense tout particulièrement à " Reality record ", une diatribe à peine voilée de la 'Starac' ; et nonobstant le vocal haut perché de Jean-Christophe, cette plage me fait curieusement penser à Mission. Ou encore à " Sex my brain ", dont la mélodie est littéralement écorchée par des riffs tellement féroces et punkysants, qu'il est difficile de ne pas penser au premier opus de Placebo. Mais mes coups de cœur vont à l'hymnique et 'U2esque' " Nil novi sub sole ", à la valse électrique, déchirée entre amour et haine, " Et pourtant ", ainsi qu'à la remarquable ballade " Laisse-toi ", une chanson dont la mélancolie infectieuse porte les accents du Cure…