Le dernier combat de Malween…

Malween est le projet emmené par Julien Buys, auteur, compositeur et interprète, originaire de Nantes. Julien a quitté le monde de la finance, sans regret, en 2017 pour devenir comédien voix-off le jour et chanteur/guitariste a sein de différents projets…

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Malice K sur les ondes…

Malice K est un artiste né à Olympia, WA, et basé à Brooklyn, dont la palette sonore est composée d'alt 90s et de lyrisme effronté, créant une rare fusion de pop rock indie décalé. Ancien membre du collectif d'artistes Deathproof Inc, il s'est forgé une…

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of Montreal

Lousy with Sylvianbriar

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Un an après la sortie du pénible « Paralytic Stalks », un disque caractérisé par deux longues expérimentations pas vraiment passionnantes, expérimentations qui avait légèrement entamé notre foi que l’on croyait pourtant inébranlable en Kevin Barnes, nos doux allumés d’Of Montreal reviennent aujourd’hui chargé de biens meilleures et accessibles intentions…

« Lousy with Sylvianbriar » (ce titre !), le 12ème album de la bande d’Athens, épouse cette fois la noble ambition de divertir ses auditeurs. La pop psyché d’Of Montreal se rappelle à nos bons souvenirs dès l’introductif « Fugitive Air » qui lorgne vers l’univers des Beatles. D’autres morceaux auraient pu figurer au répertoire de Supergrass lorsque la formation d’Oxford était au sommet de son art (« She Ain’t Speakin’ Now ») ou celui des petits nouveaux Foxygen (« Belle Glade Missionaires »). Le tout est parsemé d’incursions country –cependant toujours psyché– destinées à dérider l’ensemble (NDR : « Amphibian Days », trituré à coups de pedal steel). Sans aucun doute l’album le plus simple et allègre du groupe qui, s’il n’atteint pas la quintessence d’« Hissing Fauna, Are You the Destroyer », renoue avec les hauteurs des fulgurances pop chères à Of Montreal, tout en nous réservant son lot de lyrics torturés comme en raffole Kevin Barnes.

Vu le potentiel scénique des Américains, je vous conseille vivement d’aller les applaudir au Trix à Anvers, le 15 février prochain!

 

of Montreal

Autant pour les yeux que pour les oreilles…

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Deux premières parties avant le concert d’of Montreal, c’était assurément uns soirée qui allait nous mener tard. Et en ce qui concerne le premier groupe, Recorders, on n’aurait pu vraiment faire l’impasse. Enfin, ce n’est sans doute pas l’avis de la famille et des amis venus en nombre pour les applaudir chaleureusement. Ils devaient bien être 150, et la plupart se sont barrés après leur prestation. Bref, le chanteur/bassiste porte un beau masque de plumes, comme les mayas, mais il manque de voix. Le guitariste dispose d’une belle panoplie de guitares, mais on n’entend guère de notes sortir de son manche ; et si le claviériste se débrouille plutôt bien aux backing vocaux, ses interventions sont noyées dans l’ensemble. Seul le drummer assure. Mais gros problème, la section rythmique est beaucoup trop puissante, si bien que le volume monte en décibels pour aboutir à un résultat sans grande consistance…

Yip Deceiver, c’est le projet de Davey Pierce, qu’a donc rejoint Nicholas Dobbratz, deux musiciens qui militent également chez of Montreal. Au sein du duo, le premier se réserve les  claviers et bidouille à l’aide d’une boîte à rythmes hi-tech. Quand au second, il joue également des claviers mais aussi parfois de la guitare. Les deux musicos chantent et leurs voix se conjuguent parfaitement en harmonie. Curieux, leurs deux claviers sont placés face à face, nous montrant le plus souvent le tandem de profil. Leur musique est excitante et dansante et campe une électro-pop directement inspirée par la face la plus disco de la new wave. Pensez à Depeche Mode, Human League, Soft Cell et même à Yazoo. Un set ma foi bien agréable et qui finalement nous a réservé une bonne surprise…

On installe quelques panneaux à la trame semi-transparente, mais de couleur blanche, au bord de la scène. En fait, ils sont destinés à recevoir des projections d’images psychédéliques, tout au long du spectacle. Tout comme ceux placés au fond de la scène en hauteur, à gauche et à droite. Des projections nées des élucubrations de Kevin Barnes, le leader d’of Montreal ; à tel point qu’on se demande si on n’assiste pas à une version détraquée du « Yellow Submarine » des Fab Four. Et le graphisme de ses pochettes, qu’il prend soin de réaliser personnellement, en est certainement la plus belle illustration. Faut dire aussi que les thèmes développés par ses chansons traitent le plus souvent de désespoir, de paranoïa et de défiance. Enfin, tout au long de ce show coloré, on aura droit aux interventions de deux personnages déguisés en rat d’hôtel. Au début, ils sont vêtus de noir, puis de blanc, prennent finalement quelques couleurs, mais jouent aussi aux fantômes, déploient de grandes ailes, font tournoyer des parasols, se déguisent en fœtus monstrueux, portent des masques diaboliques, projettent des petites bandelettes de papier ou balancent des grappes de ballons blancs dans la foule, et j’en passe… on aura même droit à une séance de crowdsurfing accomplie par un de ces figurants.

Le décor planté, venons-en aux musiciens. Ils sont huit sur l’estrade. Une claviériste, un violoniste/guitariste, un drummer, un saxophoniste/flûtiste/guitariste, un guitariste soliste (NDR : les cheveux roux, des rouflaquettes impressionnantes, il aurait pu militer au sein d’un groupe garage des sixties !), sans oublier les deux musicos de Yip Deceiver, l’un aux percus et aux bidouillages, l’autre à la basse et parfois aux claviers. Et enfin Kevin Barnes, tour à tour derrière son piano portable en front de scène ou debout derrière son pied de micro, s’accompagnant alors régulièrement à la guitare. En début de parcours, Kevin porte une veste, qu’il va ôter après quelques morceaux, pour laisser ensuite apparaitre une chemise de couleur rouge vif, garnie de dentelles. Il s’est maquillé les yeux de fard bleu et porte de longs cheveux tirés d’un côté, obscurcissant partiellement la face droite de son visage. Une tenue finalement bien adaptée à la flamboyance de sa musique.

Le set s’ouvre par les deux premiers morceaux du dernier elpee, « Gelid ascent » et « Spiteful intervention ». La musique navigue entre pop, psychédélisme, disco, glam et prog. Les changements de rythmes sont réguliers. Parfois même au cours d’un même morceau. Le falsetto de Kevin me fait quelquefois penser à Prince ou alors à Todd Rundgren. Surtout lors du slow « Exquisite’s confessions ». Les compos les plus sauvages sont également celles au cours desquelles le groupe a recours au plus de grattes. A un certain moment, ils sont 4 sixcordistes ; et on peut dire que l’intensité est alors à son comble. Sur les morceaux les plus dansants, Barnes se met aussi à remuer le corps lascivement, déboutonnant sa chemise et… Bref, c’est un véritable showman. Le public est réceptif. Il danse, chante, balance les bras ou frappe dans les mains. Et impossible de résister lors de l’allègre « Heimdalgate like prome thean curse ». Le set s’achève par « April », sous les acclamations nourries du public.

L’attente est longue pour obtenir le rappel. Soudain, nos deux figurants déguisés en porcs montent sur le podium. Ils débranchent le piano et font mine de l’emporter sous les huées de la foule. En posant l’index sur la bouche, ils nous demandent de nous taire. J’entends un spectateur lancer : ‘Ils vont nous jouer un tour de cochon’. Puis les deux énergumènes invitent les spectateurs à lever les bras et à les balancer en cadence, tout en appuyant ces gestes de leurs clameurs. Moment choisi par le groupe pour remonter sur l’estrade. Of Montreal va alors nous accorder un long rappel, interprétant au passage « Kissing in the grass ». Nos deux intervenants décident alors de soulever Kevin et de le hisser sur leurs épaules. Le temps de redescendre sur le plancher des vaches, et le band vide les lieux, sous un tonnerre d’applaudissements. Mais la musique de fond est rapidement rétablie tout comme les lumières. Il y a des bandelettes de papier partout. Demain, le service de nettoyage va pester. Mais, ce soir on s’est bien amusé. Oh, bien sûr, certains diront peut-être que le set était décousu. Mais ce spectacle, ce véritable show était très riche, coloré, imprévisible, excitant et à la limite fascinant. Et on en a eu autant pour les yeux que pour les oreilles.

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos : ici

 

 

of Montreal

Paralytic Stalks

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Constamment la tête dans les étoiles, les doux-dingues d’of Montreal sont de retour sur terre, deux ans après les divagations irrésistiblement pop-funk et R’n’B d’un « False Priest » trusté de tubes. Jamais à court d’idées, la joyeuse bande menée par Kevin Barnes a, cette fois, décidé de lorgner vers un univers résolument psyché et progressif. Un nouveau changement de cap ! Et ce n’est pas une réelle surprise, car depuis 1996, le groupe d’Athens (Géorgie) n’en a jamais fait qu’à sa tête…

« Paralytic Stalk » est peut-être leur album le plus ‘ambitieux’ à ce jour et rejoint en ce sens la démesure d’« Hissing Fauna… are You the Destroyer ? », mais sans sa salvatrice instantanéité pop toutefois. Les morceaux sont denses et riches ; et le groupe continue à puiser son sens mélodique au cœur des 80’s sans pour autant négliger les influences ‘space-pop’ chères à un David Bowie sous acide. Un constat flagrant tout au long de l’épopée « Gelid Ascent ». D’ailleurs le début de l’opus a de quoi enthousiasmer : entre le single « Dour Percentage », caractérisé par ses interventions de saxos et de flûte, « Wintered Debts », chanson d’amour contrariée et presque douce, qui démarre dans le style d’Elliott Smith pour s’achever dans celui de Steve Reich, et « Ye, Renew the Plaintiff », atteint d’une folie à tiroirs de. of Montreal démontre ici que son degré d’inspiration et d’originalité flotte bien au-dessus de la moyenne. Malheureusement, le climat se gâte, en fin de parcours, lorsque la formation décide de s’aventurer dans la pop expérimentale. Celle au sein de laquelle excelle Sufjan Stevens. Or les compos de Barnes n’ont pas son évidence mélodique. Les deux derniers titres comptabilisent 20 minutes d’exploration bruitiste et avant-gardiste. Pas vraiment utile et finalement lassant, même si la démarche peut s’avérer audacieuse. Dommage ! Car limité aux 7 premiers titres, ce disque aurait révéler un Ep de toute beauté. 

Impressionnant lors de ses concerts, l’ensemble aussi fantasque que flamboyant américain se produira ce 21 avril, à l’Orangerie du Botanique.

 

of Montreal

False Priest

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Bonne nouvelle : Kevin Barnes a toujours l’esprit en ébullition. Donc pas de panne sèche, malgré le relatif succès des deux derniers albums de son groupe. Tout d’abord le génial « Hissing Fauna, Are You the Destroyer ». Ensuite le tout aussi délirant « Skeletal Lamping ». Premier bémol, si « False Priest » est très réussi, il n’épouse pas la forme psychédélique optimale de l’avant-dernier elpee, publié en 1997. Et seconde observation : il est davantage dansant, mais moins rock que son tout dernier. En fait on a souvent l’impression que l’expression sonore du nouvel opus emprunte très souvent un profil disco réminiscent du « Midnite Vulture » de Beck (« You Do Mutilate ? ») A moins qu’il ne soit hanté par l’esprit de Prince. Ce qui n’empêche pas Barnes de continuer à expérimenter. De véhiculer une idéologie toujours aussi punk et débauchée (« Girl Named Hello »), de tâter du funk (« Godly Intersex »), du rock (« Coquet Coquette ») et surtout de la pop. Bref, de se garder continuellement ses méninges en éveil, à l’instar de l’image de la pochette de ce disque, qu’il a personnellement imaginée. Le dixième long playing d’Of Montreal creuse en profondeur le sillon de la pop, mais aussi du r&b (NDR : pensez à Parliament et Funkadelic). Kevin y échange même quelques duos. En compagnie de la nouvelle diva de la soul, Janelle Monae sur les très réussis « Our Riotous Defects » et « Enemy Gene ». Ainsi que de la petite sœur de Beyonce, Solange (dont Kevin Barnes a d’ailleurs produit le dernier album), sur le très explicite et boogie « Sex Karma ».

« False Priest » est un album riche, voire kaléidoscopique. Ce qui explique pourquoi il nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Un disque qui a bénéficié de la mise en forme du formidable producteur, Jon Biron. 

of Montreal

Spectacle total

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Lors d’une interview accordée dans un magazine belge, Kevin Barnes, chanteur et tête pensante d’Of Montreal confiait, à propos de la prochaine tournée de son groupe, qu’il allait mettre sur pied une performance théâtrale assez complexe. La plus grande production de l’histoire de la formation. Et mettre en scène une multitude de marionnettes humaines, nécessitant une foule de costumes. Jugeant même ce projet formidable…’ Autant dire que ces déclarations ouvrent l’appétit, surtout lorsqu’on connaît les prestations ‘live’ complètement déjantées du groupe d’Athens (Georgie). D’ailleurs les spectateurs présents à la Rotonde, voici 2 ans, se rappellent sans aucun doute de leur show complètement barré.

Le concert accordé ce vendredi 16 octobre à l’Orangerie offrait une merveilleuse occasion de vérifier ses dires et de découvrir leur nouvel album, « False Priest ».

20h00 pétantes, la première partie s’apprête à monter sur la scène du Botanique. La salle est à moitié remplie, l’ambiance décontractée. Tape Tum est un duo belge, renforcé par un groupe réunissant Bruxellois et Gantois, en ‘live’. Il tente de chauffer la salle. Et leur tout premier morceau suscite manifestement l’enthousiasme. Malheureusement, l’intensité retombe aussi rapidement qu’elle s’est déclenchée. La concentration de l’audience s’étiole et les bavardages s’intensifient. Pourtant, le rock teinté d’exotisme de ce combo ne manque pas de charme, mais le mélomane lambda éprouve de grosses difficultés à suivre le fil du concert. Néanmoins, après une demi-heure, le band se retire, sous les applaudissements du public.

Vers 21h00, une partie de la troupe d’Of Montreal, tout de blanc vêtue, monte sur les planches. La salle est maintenant remplie. Un écran géant sert de décor. Les premières sonorités de guitare déchirent l’univers sonore. Il règne alors un climat lourd et malsain. Un homme-poisson, armé de fusils, les rejoint. Il est suivi, quelques instants plus tard, par le leader, Kevin Barnes. Maquillé (NDR : comme d’hab !) et vêtu d’une robe. Le combo ouvre alors les hostilités set par un des morceaux du nouvel elpee, « Coquet Coquette ». Les lumières scintillent, les musiciens s’en donnent à cœur joie et Barnes se tortille dans tous les sens, lorsque soudainement, un démon fait son apparition. Et entame alors un combat contre le poisson !!! En un seul morceau, Kevin Barnes est parvenu à nous entraîner au sein d’un univers surréaliste. Un monde des ténèbres en mode funky. Qui  dit mieux ? Les titres du dernier opus s’enchaînent. Le public est conquis. Impossible de quitter le spectacle des yeux. Chaque compo offre son lot de surprises. Lorsque les démons ne se chamaillent plus, les fantômes aux ailes dorées les remplacent. Tout est imaginé et exécuté à la perfection, tant au niveau musical que scénique. Mais lorsque Barnes revient déguisé, une corde autour du cou, pendant que des images de visages d’enfants et de vieillards qui se déforment au rythme de la musique sont projetées, l’Orangerie est comme pétrifiée. Si la majorité des plages du dernier long playing sont interprétées, la formation n’oublie cependant pas ses morceaux les plus ensorcelants, tels que « For Our Elegant Caste », « An Education Instance » ou encore « Heimdalgate Like A Promethean Curse ». Autant dire que les fans se régalent. Après une heure et demie, la troupe se retire.

A peine 5 minutes plus tard, l’équipe revient sur l’estrade et entame une série de reprises dont le « Thriller » de Michael Jackson. Of Montreal s’amuse et c’est visible. Plaisir communicatif au vu du nombre de spectateurs se déhanchant sur les rythmes entraînants. Que du bonheur donc… Kevin Barnes et ses comparses vident les lieux pour revenir quelques instants plus tard. Ils nous réservent alors ce qui constitue, pour votre serviteur, le meilleur morceau d’Of Montreal paru à ce jour: « The Past Is A Grotesque Animal ». Dépouillé de tout apparat, démaquillé, Barnes y révèle toute sa sensibilité à fleur de peau. Dix minutes qui s’achèvent dans un véritable bordel sonore. Le groupe se retire alors, définitivement. Respect !

Après deux heures de représentation, il faut reconnaître que Kevin Barnes a tenu parole. Car finalement, ce n’est pas à un concert que nous avons assisté, ce soir, mais à un spectacle total. Au cours duquel il apporte des tas de couleurs aux ténèbres. Lors de cette dernière date européenne, Of Montreal est allé au bout de lui-même et ce don de soi, le public l’a parfaitement perçu… 

Organisation Botanique

of Montreal

Un spectacle total…

Écrit par

Groupe à la fois original, inclassable et déjanté sur disque, Of Montreal jouit également d’une très flatteuse réputation scénique. Ces natifs d’Athens (Géorgie, USA) jouaient à Lille le 30 janvier dernier. Un crochet via le Nord de la France quelques jours après leur show enthousiasmant, accordé à la Rotonde à Bruxelles. Le concert n’est pas sold out même si ses deux magnifiques derniers albums (« Hissing fauna, are you the destroyer ? » et « Skeletal Lamping ») ont reçu d’excellentes critiques, de la part de la presse musicale.

J’avais assisté à leur set, quelques jours plus tôt au Botanique. Et je les avais quittés totalement conquis ! A tel point que j’ai décidé d’emmener ma copine pour aller les applaudir à l’Aéronef. La question n’était donc plus de savoir comment le groupe allait retranscrire son nouvel opus sur scène ; car une réponse magistrale m’avait déjà été fournie à Bruxelles.

Le soir même, la salle est une nouvelle fois bien remplie. Certes l’Aéronef ne possède pas le cachet de la Rotonde, mais la foule est plus nombreuse (et bien plus jeune qu’à Bruxelles). Le concert débute. Attentif, le public s’attend aux surprises. Car la légende raconte qu’Of Montréal ne déçoit jamais ! Dès les premières minutes, les coups de théâtre se succèdent à nouveau. Un homme au masque de tigre introduit le groupe de manière originale. Les musiciens montent ensuite sur les planches, déguisés. Mention spéciale au guitariste arborant de fières ailes noires d’ange déchu. Leur charismatique chanteur, Kevin Barnes, interprète dans un premier temps les chansons du nouvel opus, telles les excellents « Gallery Pierce » ou « Id Engager ». Le spectacle est total. Les compositions assurent et l’aspect visuel n’est pas négligé. Sur scène aux côtés des musiciens, les roadies, habillés de déguisements impossibles, interprètent de brèves scénettes… de petites odes à la liberté (sexuelle bien souvent) représentant à merveille l’état d’esprit du groupe. Les déhanchements du chanteur ne sont pas une légende non plus… L’ambiance monte, le public danse, chante, se projette dans la musique sans retenue... Le concert est unique. La musique superbe. L’ambiance exceptionnelle. Bref, lorsqu’ils se produisent à nouveau, près de chez vous, ne les ratez surtout pas...

Le concert touche à sa fin lorsque Kevin Barnes quitte les planches pour revenir quasi nu, recouvert de mousse… Il interprète alors les dansants « A sentence of sorts in Kongsviger » et «  Suffer for fashion ». Le rappel est rock, quasi punk… donnant une idée de ce à quoi la musique d’Of Montréal pouvait ressembler, il y a quelques années.

Hormis l’envoi d’un nuage de plumes sur le public en guise d’apothéose et l’incursion des acteurs dans la fosse pour exécuter quelques pas de danse en compagnie des spectateurs, le spectacle est identique à celui de Bruxelles. La différence se situe principalement dans l’attitude du chanteur. Bien plus impliqué, énergique et souriant, il semble prendre beaucoup plus de plaisir cette fois. L’absence de réaction du public bruxellois a-t-elle freiné ses élans ?

Pour ajouter à cette euphorie quasi totale, notons également l’excellente prestation du supporting act. Tant à Bruxelles qu’à Lille, le quintet norvégien Casiokids a impressionné en dispensant une électro entrainante et rêveuse, dans un style sis quelque part entre Hot Chip et LCD Soundsystem. A revoir en première partie de Soldout le 19 Février.

Organisation Aéronef de Lille

of Montreal

Back To Glam

Écrit par

Ils avaient fait une apparition très remarquée lors de la soirée ‘All Access’ des Nuits Botanique en mai dernier aux côtés de I’m From Barcelona ou encore We Are Scientists. Cette fois, c’est au tour de la Rotonde d’être investie par les délires sonores et visuels de of Montreal. La promo de « Hissing Fauna, Are You The Destroyer ? » à peine achevée, le quintet d’Athens remet le couvert, à guichets fermés. Entre paillettes et provocation.

La première partie était assurée par Casiokids, formation norvégienne d’electro-pop. Le risque de se planter en attestant qu’il s’agit d’une formation dont on entendra beaucoup parler dans les mois qui suivent est moindre. En effet, Casiokids jouit d’un bon petit buzz naissant sur la toile et honore celui-ci en assénant au public des beats irrésistibles extraits de « Fuck Midi!! », publié en 2006, ainsi que de leur second opus, à paraître d’ici peu. Séance de rattrapage en compagnie de Soldout le 19 février à l’AB.

Quelques instants après la fin du set de Casiokids, un drôle de personnage apparaît sur scène. Un chef d’orchestre à la tête de tigre, tiré à quatre épingles, donne le signal de départ. Pas de doute, nous assistons bien à un concert d’of Montreal. Kevin Barnes et ses acolytes suivent de près et entament un set tonitruant devant un écran projetant des bizarreries animées. Barnes joue aux Bowie, remet le Glam au goût du jour et se montre presque à la hauteur du mythe. of Montreal retrace les dernières années de sa carrière et présente son petit dernier, « Skeletal Lamping », de manière très théâtrale. Sur scène se succèdent des ninjas, de gros bouddhas dorés et approximatifs, le diable en personne ou encore Barnes dans un cercueil.

Mais le clou du spectacle nous est venu du rappel. Le chef d’orchestre à la tête de tigre se mesure alors à un Superman celle de Branchiosaure lors d’un combat courtois, aussi improbable que l’ensemble des costumes ayant défilés tout le long de la soirée. Quelques minutes plus tard, le quintet réinvestit les planches de la Rotonde et achève un spectacle des plus psychés et éclectiques par « Ever Fall In Love », honorable reprise des Buzzcocks. Le Glam est loin d’être enterré.

Organisation : Botanique

of Montreal

Skeletal Lamping

Écrit par

L’extravagant Kevin Barnes et ses cinq joyeux drilles n’ont pas chômé. Un peu plus d’un an après avoir concocté un « Hissing Fauna, Are You the Destroyer ? » unanimement acclamé par la presse et les fans, of Montreal présente un neuvième recueil encore plus surprenant, décalé et hétéroclite. Moins accessible que son précédent opus, « Skeletal Lamping » s’apprivoise lentement mais sûrement, les quinze morceaux de la plaque formant un cocktail très disparate de rock, noise et de pop, souvent mâtiné de funk et de R’n’B. of Montreal se joue une nouvelle fois des conventions. Kevin Barnes dirige ses admirateurs vers la piste de danse (« For Our Elegant Caste », « ID Engager », « An Eluardian Instance », l’excellent « Gallery Piece ») pour ensuite les mitrailler de riffs assourdissants (« Nonpareil Of Favor ») avant de les ensorceler au son de ballades analgésiques (« Touched Something’s Hollow », « Death Isn’t A Parallel Move »).

A l’image de la personnalité de leur interprète, les mélodies complexes ainsi que les textes hédonistes et subversifs de « Skeletal Lamping » s’enchaînent d’une traite, ne laissant aucun espace à une quelconque réflexion. Le nouveau kaléidoscope des Ricains de of Montreal s’écoute donc d’un bloc. Et si l’impression d'entendre une quinzaine de recueils différents en l’espace d’une heure peut parfois s’avérer imbuvable, le savoir-faire de la formation permet à la formule de fonctionner si naturellement que l’ensemble paraît presque cohérent. « Skeletal Lamping » s’adresse donc avant tout aux fans et aux amateurs de défis auditifs.

 

of Montreal

Kissing fauna, are you the destroyer

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Of Montreal appartient au collectif Elephant 6, une écurie particulièrement branchée sur tout ce qui touche au néo-psychédélisme et au sein de laquelle on retrouve notamment Beulah, Olivia Tremor Control, Apples In Stereo, Elf Power, et sévissait l’énigmatique autant que remarquable Neutral Milk Hotel. Kevin Barnes est la figure de proue de cette formation géorgienne (d’Athens, très exactement).

« Hissing fauna, are you the destroyer ? » constitue le onzième album d’Of Montreal, un disque semi-autobiographique enregistré en deux phases. En fait, Kevin et parti vivre, en 2004, quelque temps en Norvège. Il y accompagnait son épouse et sa fille. Apparemment, ce nouvel environnement ne lui convenait pas, puisqu’il a rompu avec sa femme et est entré dans une profonde dépression, proche de l’aliénation mentale. C’est pourtant à cette époque, qu’il a écrit la première moitié des titres de cet opus. Des compos naturellement empreintes de désespoir et de cynisme (les lyrics !) Puis, le couple s’est réconcilié et, c’est dans cet état d’esprit qu’il a concocté la seconde partie de l’œuvre. Si Of Montreal émarge au psychédélisme, alors on peut le qualifier de psychédélisme baroque. Parce que cet elpee laisse transparaître une multitude d’autres influences. Glamoureuses, tout d’abord. Et on pense ici en particulier aux Sparks, à Bowie et même à Todd Rundgren. Funkysantes. Mais dans l’esprit de Prince. Des caractéristiques accentuées par le falsetto de Barnes. Parodiques. Pensez à Gruppo Sportivo. Et puis électro dark wave. Atteignant presque les 12 minutes, un titre comme « The past is a grotesque animal », pièce centrale et maîtresse de l’elpee, est digne du « Blue Monday » de New Order. Remarquable !

Enfin, on ne peut passer sous silence le digipack qui s’ouvre comme une fleur de lotus et laisse alors apparaître de superbes mandalas kaléidoscopiques. 



of Montreal

If he is protecting our nation … who is protecting big oil, our children

Écrit par

Il paraît que le psychédélisme est mort. Enfin, c'est ce que déclarent certains musiciens. Donc, of Montreal n'existe pas et n'a pas commis une dizaine d'albums. Ni participé à la confection d'une volée de projets compilateurs. Et bien non, le psychédélisme est toujours bien vivant. Parfois sous une forme hybride, parfois revivaliste, parfois encore électronique ; mais en général, il végète au sein de l'univers underground. of Montreal, c'est avant tout le chanteur/guitariste/compositeur Kevin Barnes. Et son groupe, un projet à géométrie variable dont les multiples changements de line up ont été accélérés, lorsque Kevin a décidé de déménager à Athens, en Georgie. " If he is protecting our nation … .who is protecting big oil, our children " n'est pas un nouvel elpee, mais un recueil de covers (dont le " Friends of mine " des Zombies), de flip sides, de raretés, d'inédits et de fragments qui, jusqu'à présent, n'avaient été gravés que sur des compilations consacrées à différents groupes ou artistes. Fruit de multiples influences (sixties, prog, folk, électriques et électroniques), le psychédélisme d'of Montreal se révèle particulièrement surprenant. Parfois on pense à Syd Barrett, aux Beatles circa " Magical Mystery Tour ", à Gorky's Zygotic Mynci, à Super Furry Animals ou encore aux Beach Boys millésimés " Pet Sounds ". D'autant plus que les mélodies sinusoïdales, vertigineuses, reposent sur des harmonies vocales aussi limpides que sucrées. Mais le tout est éclaboussé de vaudeville, de prog (Gentle Giant ? Le Genesis sous l'emprise de l'Archange Gabriel ?), de rock indie, d'humour sombre et de lyrics politiques. Sur cette compile, of Montreal nous réserve également quelques moments d'égarements contrôlés. A l'instar du cabaret " Head pops up like a periscope ", d'un pastiche d'"Always Look on the Bright Side of Life " des Monty Python épinglé à travers " There is nothing wrong with hating rock critics ", d'une chanson consacrée à Chan Marshall, la chanteuse de Cat Power (" Inside a room full of treasures a black pygmy horse's "), et d'un ragtime intitulé " Mapple licorice ". Etonnant !