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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 05 février 2008 19:45

Walking under water

Dave ‘The Voice’ Walker a été, rappelez-vous, le chanteur de Fleetwood Mac ; et surtout de Savoy Brown, dans les années 70. C’est à cette époque que ce groupe a connu le plus de succès. Sous un angle commercial, bien entendu ! Et les ventes des elpees "Hellbound train", "Street corner talking" ainsi que du single "Tell Mama" ont véritablement cartonné ! Savoy Brown pratiquait alors un blues rock à la sauce américaine, mais dans le style, bien ficelé. Cet Anglais avait entamé sa carrière au cours des 60’s, au sein d’un beat group, les Redcaps. Il milite ensuite chez les Beckett et Idle Race pour y remplacer un certain Jeff Lynne (ELO). En 1971, Savoy Brown implose. Les trois-quarts du line up partent alors chez Foghat. C’est le moment choisi par notre ami Dave pour débarquer et enregistrer "Street corner talking". Et le succès sera encore plus important l'année suivante, lors de la sortie de "Hellbound train". Après avoir commis "Lions share", Dave quitte le navire et rejoint le Fleetwood Mac, le temps de participer à la confection de "Pinguin". En 1973. Un peu pus tard, c'est-à-dire en 1977, Dave transite même par Black Sabbath, pour y remplacer pendant quelques mois Ozzy Osbourne. Il disparaît ensuite quelque temps de la scène musicale, avant de revenir chez Savoy Brown. De 1986 à 1991. Il participera à la réalisation des opus "Make me sweet", "Kings of boogie" et "Alive & kickin'". Dave se retire une nouvelle fois ; mais son parcours n’est pas terminé, puisqu’en 2005, il grave sous le patronyme Dave Walker & the Ambulators, "Mostly Sonny – A tribute to Sonny Boy Williamson", en compagnie de musiciens anglais ; et notamment un des fondateurs de Savoy Brown, l’harmoniciste John O'Leary.

Ce tout nouvel album nous le replonge à sa grande époque. Celle du Savoy Brown du cœur des 70’s. L’univers sonore est fort semblable. Les musiciens ont la dégaine du Brown de l'époque. Pourtant, les deux guitaristes sont différents ; mais Sheamus Conley et/ou Jim Lewis prennent le rôle de Kim Simmonds, alors que le claviériste Rob Britten emprunte celui de Paul Raymond. Et il faut avouer que l’œuvre ne maque pas d’atouts. Ce blues-rock laidback traduit manifestement le plaisir de jouer des musiciens. Dave reflète le portrait de sa musique. Son chapeau vissé sur le crâne, il ressemble étrangement à Jean Rochefort. L'homme vit aujourd'hui à Virginia City, dans le Montana. Il est descendu dans le studio Bozeman's Peak, en août 2007, et « Walking under water » constitue le résultat de ces sessions.

‘The Voice est de retour’. La guitare de Jim Lewis ouvre "Little Susie & Mr Tight". La tonalité et le style sont tellement proches de Kim Simmonds. La section rythmique est bien soudée. L'orgue Hammond occupe immédiatement une place importante dans l'ensemble. Chaleureuse, naturelle et décontractée, la voix n'a guère changé. La musique flatte facilement l’oreille. "I can make it on my own" poursuit sur le même rythme. Un blues rock serein, guère complexe, mais dont l'impact est direct. Sheamus Conley passe à la guitare pour "Crazy baby". Le tempo est toujours modéré, un rythme qui sied tellement bien à la voix fatiguée du vieil Anglais. Pour "Walking under water", le rythme ralentit. Une composition épique, très travaillée, dans le style des années 70. La voix de Walker manifeste un certain sens dramatique. Lewis a repris sa guitare. Elle transpire une sensibilité mélodique naturelle. Britten cumule le piano et la guitare rythmique ; cette dernière occupe une place importante tout au long de cette plage modérément, blues mais tellement bien construite. Dans son développement, elle me rappelle quelque part, une autre formation anglaise, qui répondait au nom de Wishbone Ash. Intense, "Weep no more" persiste sur cette trame désespérée et lente. Lewis exécute sa partie de guitare avec beaucoup de feeling. Il s’y révèle bouleversant, tout en maîtrisant l'écho communiqué à ses cordes. "Black steel blues" marque un retour au style Savoy Brown. Conley tient le manche. Il insuffle des accents plus blues sur ce titre un rien nerveux. De manière inattendue, ce blues de bonne facture se transforme en boogie mid tempo. Lewis se concentre sur la slide. Britten reprend le piano. Et le résultat est plutôt agréable à l’écoute. Sur l’excellent blues rythmé "Girl trouble", Sheamus démontre qu’il est bien le gratteur le plus imprégné du style de Kim Simmonds. "Rabbit's foot charm" est encore plus blues. ‘The Voice’ est bien dans son élément, face au piano versatile de Britten. Cet opus attachant, s’achève par un imparable "Hard headed woman", une compo qui baigne dans le style du british blues, net et sans bavure. Un aveu : mon petit faible pour le british blues refait surface…  

mardi, 05 février 2008 19:34

Outlaw blues

Larry est un jeune chanteur/guitariste anglais. Son style relève manifestement du ‘hard rockin' blues’, évoquant même, un mélange entre le Rory Gallagher des débuts, c'est-à-dire encore débridé et impétueux (NDR : le Taste circa 1968 !), un Michael Katon furieux de se débattre dans les flammes de l'enfer, un Johnny Winter hyper dynamique et Walter Trout chiadant son rockin' blues. Mais Larry c'est Larry ; et, s'il n'a rien inventé, il n'en demeure pas moins un artiste intéressant responsable de l’écriture de l’intégralité de son répertoire. Il est établi à Reading, haut-lieu du rock anglais ; et s'il n'est encore guère connu sur le Vieux Continent, il a pourtant déjà commis quatre albums avant de bénéficier d'une meilleure distribution ; c'est-à-dire celle de Boogaloo promotions. Son premier elpee s’intitulait "Man on a mission", un disque suivi par "Larryocaster", "Live 'n' loud" et enfin "Fearless", un opus sur lequel il chante un morceau baptisé "Rory". Le message est très significatif.

Pour enregistrer « Outlaw blues », Miller a reçu le concours de Scott Hunter (drums) et Neil Sadler (basse), deux anciens musiciens de Ian Anderson (leader intemporel de Jethro Tull) ainsi que de Matt Empson (claviers et harmonica). L’elpee s’ouvre par "Shame on you", une véritable claque. Nous ne sommes pas loin du dynamisme et de la puissance manifestés par Katon. L'artiste et la guitare ne font qu'un tant les cordes collent à la voix et remplissent tout l'espace sonore. L'introduction de "Writing's on the wall" est dramatique et violente. Elle nous renvoie quarante ans en arrière, à l'époque des débuts du farouche irlandais Gallagher. Il maltraite les cordes de sa Stratocaster à la manière du bon Rory. Il hurle ses vocaux comme si sa vie en dépendait. Et il en impose autant sur les planches. D’ailleurs, ne le manquez sous aucun prétexte, lorsqu’il se produira près de chez vous. "Calling all the angels" change complètement de registre. L’orgue satiné d'Empson occupe une place centrale. Larry joue avec parcimonie. Manifestement, il a adopté le style délicat de Walter Trout. Blues rock, "Rebekah" ne fait pas dans la dentelle. L’impact est instantané. Larry pousse sa voix comme aimait l’attiser l'albinos texan Johnny Winter, quelques décennies plus tôt. Miller ôte d’une poche de sa veste un bon vieux bottleneck pour attaquer en slide "Storm coolin'", tout en empruntant le riff de "Hoochie Coochie man". Il est capable de faire vibrer son doigt d'acier. Les cordes hurlent et se déchirent de douleur. "Professor Casanova" respecte un schéma davantage mainstream rock. Le morceau est bien interprété, mais diffère tellement de l'énergie brute dispensée sur la plupart des autres plages. "Only one woman I want" aurait pu relever du répertoire des Stones. Le riff est plaqué en accords à la manière de Keith Richard, le chant conduit à la Mick Jagger. Difficile de cacher le moule. Le titre maître est un boogie classique, bien ficelé, dans un registre assez proche d'un de ses compatriotes, l'excellent Mick Clarke. Blues lent, "Blues forever" constitue un autre tout bon moment. Très dépouillé, saturé de feeling, il adresse manifestement un large clin d'œil au grand Peter Green. Et la discrétion témoignée, la parcimonie des notes respectée ainsi que la tonalité produite, accentuent cette impression. "Klondike" clôt cet opus fort intéressant. Larry saisit sa guitare acoustique et son bottleneck. Et il épouse la même démarche que Rory Gallagher pour attaquer "Hometown". La rage au corps, Miller nous sort une dernière fois ce qui lui reste dans le corps. A suivre!

dimanche, 03 février 2008 18:08

Fred Lani en tournée…

Fred Lani a longtemps été un espoir du blues rock belge. Il avait entamé son aventure musicale, alors qu’il n’avait que 17 ans, au sein de Fred and the Healers. Cette formation a rencontré beaucoup de succès en Belgique. Fred devait ensuite poursuivre l’aventure en compagnie de X3 et plus récemment chez Superslinger, dont un nouvel album devrait sortir d’ici quelques semaines. Agé aujourd’hui de 30 ans, Fred a terminé ses études d’ingénieur civil et poursuit ses expériences musicales. Il est reparti en tournée, sous une formule trio, avec son fidèle batteur Gerry Fievé et le chanteur/guitariste californien Jake Labotz. C’est Alex Schultz, un des meilleurs gratteurs de west coast jump, qui avait présenté Jake à Fred. C’était en 2002. Et les trois hommes avaient joué ensemble l’espace d’une tournée sous le patronyme Six Hands and A Beat. Jake et Fred se sont régulièrement rencontrés depuis et cette association ayant mûri, une tournée a été organisée. Jake Labotz est chanteur et acteur. Il possède une voix étonnante, très expressive, à l’instar Tom Waits ou de Willy Deville. En outre le trio pratique une sorte de roots/rock teinté de blues et de folk.

Si vous souhaitez assister à leur set, ils se produiront notamment à :

08-02-08 Espace Athena-St Saulve (Valenciennes, France)

09-02-08 CCRM - Lessines

10-02-08 Wirwar - Turnhout – 17h00 !!!

11-02-08 Blauwe Wolk - Zottegem

12-02-08 Spirit of 66 - Verviers

13-02-08 't Leeuwke - Sint Pieters Leeuw

15-02-08 MJ - Tamines

16-02-08 Iduna Poppodium - Drachten

mardi, 22 janvier 2008 19:43

Swagger

Ian est âgé de 36 ans. Ce jeune musicien est issu du sud de l’Angleterre. Un passionné du rock'n'roll qui s’est converti progressivement au blues. D’abord celui de son dieu : Muddy Waters. Puis de BB King, Albert Collins et Robert Cray. Après avoir séjourné en Allemagne, à Berlin, très exactement, il revient s'installer à Nottingham. Il y fonde son premier groupe qui enregistre un premier elpee : "Picture postcards". Il se forge déjà une solide réputation de chanteur/guitariste et de compositeur inspiré. Il émigre alors à Londres et monte son Ian Siegal Band. En 2002, il concocte "Standing in the morning", un opus qui ne paraîtra qu'en 2004, sur Taxim. Et en 2005, l'excellent "Meat & potatoes", déjà chez Nugene. Pour la circonstance, il bénéficie de la collaboration du gratteur notoire, Matt Schofield. La même année, il tourne en compagnie de Big Bill Morganfield, le fils de Muddy Waters. Ian possède une voix très expressive, puissante, capable de se débrouiller au sein de différents registres…

Ce nouvel opus s'ouvre par le généreux "Swagger", un véritable exercice de style qui met en exergue son potentiel vocal. Le son est excellent. La production de Matt Schofield met parfaitement en évidence les différents acteurs. Les cordes sont à l'avant plan ; mais également les percus. Quoique généreux, les accords du piano concédés par Johnny Henderson tapissent l’arrière-plan. A l’instar du précédent elpee. Ian adapte "Groundhog blues", un classique de John Lee Hooker. Il s’accompagne à la guitare acoustique. Constituée d’Andy Graham à la basse et de Nikolaj Bjerre aux drums, sa section rythmique abat un boulot remarquable. L’univers sonore demeure cependant très dépouillé. Les rôles de chaque intervenant sont parfaitement définis. Soutenue par les accents métalliques de la guitare, la voix semble libre comme l’air. "Catch 22" campe un blues du XXIème siècle. Largement amplifiée, la guitare libère un son poisseux. Le rythme soutient le chant dévastateur. La slide est gouailleuse. Le tempo imprimé rappelle le meilleur des Stones. Les cordes s'autorisent une sortie habile, âpre et menaçante à la fois. Ripoff Raskolnikov est un de ses amis. Un Hongrois. Il signe ici "Horse dream". La plage s'ouvre sur des cordes hispanisantes, avant de se muer en ballade acoustique. L'atmosphère baigne alors au sein d’une country, proche de Johnny Cash. Le timbre grave et posé de Siegal anime ce western musical. Très rythmé et fluide, l'orgue Hammond de Henderson est bien mis en exergue tout au long de "Stranger than a green dog". Cette plage constitue une réplique southern rock. Il rend hommage à son dieu du blues, Muddy Waters, sur "High horse". Lent et torride, ce blues lent semble sorti tout droit du southside de Chicago. Expressive, la voix de Ian est empreinte de passion et d’une grande sensibilité. Pour la circonstance, il a recours au bottleneck. Derrière les ivoires, Henderson incarne le rôle d'Otis Spann ou de Pinetop Perkins. Le batave Big Pete Vander Pluym se réserve l'harmonica et Schofield la guitare. Un bonheur de plus de sept minutes ! J'apprécie tout particulièrement la formule trio du Ian Siegal Band. Sa cohésion est impressionnante. A cet instant, il me rappelle Chris Duarte. Un autre trio, mais texan. Ils partagent une même philosophie de la complexité. Chaque instrument vient se greffer au sein d’une démarche authentiquement blues. A l’instar du généreux et particulièrement dense "High horse". Tout au long de l’œuvre, il règne un climat lugubre, mystérieux. Les répliques vocales accordées sur "God don't like ugly" demeurent vivaces et passionnées. "I can't believe you wanna leave" opère un changement radical de style. Une cover de Little Richard qui nous entraîne au cœur d’une atmosphère R&B allègre, réminiscente de

mardi, 15 janvier 2008 18:13

Headed out of Memphis

Issue de Dallas, cette formation est constituée de solides pointures. Le chanteur James Buck est ainsi épaulé par le guitariste Mark Pollock, le claviériste Tim Alexander (Asleep At The Wheel), le drummer Chris Hunter et le bassiste Roy Dukes. Fondé en 1986, Cold Blue Steel pratique ce qu’on appelle de la roadhouse music ; c’est-à-dire un mélange de blues, de boogie et de shuffles. Encore que le combo n’hésite pas à inclure dans son répertoire du rock'n'roll inspiré des 50s et de la country & western. Leur premier opus, "Drivin' to Mexico", ne date que de 1997.

“Headed out of Memphis” a été enregistré entre Dallas et Memphis. Il s’ouvre par "Monkey's uncle". Du pur rock'n'roll alimenté par les riffs de Pollock. Boogie bien nerveux, le titre maître est dédié à la gloire du King de Memphis, Elvis Presley. James chante d’une voix rocailleuse. Son timbre oscille entre celui de Wolfman Jack et de Billy Gibbons (ZZ Top). "Hollywood blonde" adresse manifestement un clin d'œil à Marylin Monroe. Dynamisé par le piano sautillant d'Alexander, c’est un autre rock'n'roll franc et direct. Superbe blues lent, "Just got it from Dallas" libère beaucoup d'intensité. Pollock se réserve un solo grandiose. Découpées au rasoir, les notes sont vives, largement amplifiées. Dès qu’il en a l’occasion, Buck réplique au chant. Et ses inflexions sont menaçantes. Le CBS n’a guère le temps de souffler, puisqu’il s'engage à nouveau sur les routes, lors d’un instrumental sauvage intitulé "Wideglide" ; une plage sans doute inspirée du grand Freddie King, même si l’attaque est plus franche. Une chose est sûre, c’est une nouvelle invitation à se remuer les fesses sur la piste de danse. Les musiciens ont manifestement plus d'une corde à leur arc. Ils reprennent le classique "No more doggin", en jump style. Pollock joue en rythmique. Invités, les Cold Blue Steel horns entretiennent cette trame swing, alors que Mark s’autorise un nouvel envol, tout en finesse. Très dansant, "I think I'm going crazy" fait la fête aux cuivres. Ce pur R&B évolue dans un registre assez proche des T-Birds de la bonne époque! Très sixties, "Big time operator" est sculpté dans du rock instantané. Nous ne sommes pas tellement loin ici des Flamin' Groovies. "You and my money" creuse dans la même veine. L'orgue de Tim Alexander écume légèrement pour le transformer en pop délicate. Simple dans sa conception, "Shufflin' little lady" est un rock blues shuffle captivant. La rythmique est binaire. Le piano tapisse l'arrière-plan. Les cordes parviennent à se libérer. Timidement, d’abord. Avant de nous envoûter. "Month of Sundays" opère un nouveau changement de tempo. Une ballade aux accents exotiques. Les percussions donnent le ton. L'orgue Hammond imprègne l'ensemble. Pollock peut enfin signer un remarquable solo. Un exercice de style sans doute inspiré par Carlos Santana, tout en préservant sa spécificité. De très bonne facture, cet elpee s’achève par "We're outta here". James Buck chante furieusement ce boogie jump particulièrement dynamique et très participatif. Les cuivres et le piano virevoltent. Tous les musiciens participent vocalement au refrain…

mardi, 15 janvier 2008 17:59

Raising hell

Cette formation anglaise est responsable d’une musique mélangeant subtilement rockabilly, swing et blues. Elle compte deux leaders. Tout d’abord le guitariste Martin Vowles, qui a milité chez les Nightporters. Ensuite le chanteur/guitariste Vince Lee, ex-guide de son Big Combo. Les deux personnages sont parvenus à débaucher ; chacun de leur côté, un de leurs anciens comparses. En l’occurrence Al Wallis, le bassiste du Big Combo, et Kevin Crowe le drummer des Nightporters. Depuis 2003, les Wildcards sillonnent les routes. En novembre 2004, ils avaient concocté un excellent album : "On fire!". Et en octobre 2006, ils avaient accompagné le regretté harmoniciste texan, Gary Primich, lors de sa dernière tournée européenne. Le présent elpee est d'ailleurs légitimement dédié à la mémoire de Gary.

La section rythmique ouvre la première plage, "Hang me out to dry". Le tandem est rapidement rejoint par les deux guitares, qui font cracher les deux haut-parleurs. La voix de Vince est convaincante tout au long de cette tranche de rockabilly, marquée par les deux guitares déjantées qui croisent le fer. Une excellente entrée en matière ! "Fool's advice" pénètre au sein de l’atmosphère suffocante des swamps louisianais. La guitare réverbérée de Lee nous plante au cœur de ce décor lugubre. Le tempo reste vif. Vince chante avant que les cordes ne se libèrent pour notre plus grande joie. Ces gars ont manifestement déjà une solide et longue expérience derrière eux. Du vécu, si vous préférez. Et cela se sent. Tout en ne desserrant pas l'étreinte, nos Wildcards s'engagent sur le rythme du calypso. "Hell" porte bien les stigmates de l'enfer. Les cordes de Vince sont loquaces mais ne dérapent jamais. Il ne se réserve, d’ailleurs pas la moindre seconde de répit. Cette plage avait été enregistrée par les Squirrel not Zippers. La reprise de l'intemporel "St James infirmary" accorde une première pause dans le rythme. Bien rendue par la sonorité des cordes, cette marche funéraire est empreinte d'une infinie tristesse. Mais soudain, on assiste à un changement radical d’ambiance. La joie éclate dans les rues de la Nouvelle Orleans. La section rythmique imprime un rythme soutenu. Elle est rapidement rejointe par le duo de guitares. La voix de Lee est exaltée et profonde. Paul Harris a été invité à siéger derrière l'orgue Hammond pour tapisser le décor sonore de la ballade délicate "Lucky, rich and happy". Des flots de swing inondent la déferlante du rythme pour aborder le "Run Joe" de Louis Jordan. A nouveau, l'exotisme du calypso refait surface pour faire revivre ce R&B participatif, dont la naissance remonte à un demi-siècle. Tous les musiciens participent aux vocaux. Les chœurs de ce collectif continuent sur leur lancée en contribuant à l’adaptation de l'irrésistible "Drunk". Caractérisée par son rythme hypnotique, cette compo est signée Joe Liggins. La cover du "Hoodoo preacher" de Gary Primich constitue un des sommets de l'elpee. Tant d’un point de vue musical qu’émotionnel. Il n'y manque que l'harmonica du Texan. Le timbre de Lee est profond et graveleux. Les guitaristes sont au sommet de leur art. Tout particulièrement Vince sur sa Silvertone Espanada. Balisé par les percus, le rythme frénétique évoque les envolées de Howlin' Wolf. Percutant et déjanté, "Raising hell" est un titre assez court. Un rockabilly au cours duquel les cordes métalliques sont indéfectibles alors que la trame des percus est assurée par un Crowe démoniaque. Instrumental, "The future of the blues" s'enfonce encore plus dans la démesure et la folie… D’excellente facture, ce disque s’achève par un blues de l'impossible. Vince chante cette plage contaminée par un rythme cubain. Les percus sont donc complexes. La sonorité dispensée par l'orgue Hammond est étrange. Ce type de compo colle finalement très bien au style des Wildcarts. A cause de leur souci constant de privilégier l’audace et l’expérimentation. Pour la circonstance, les deux gratteurs se lancent dans une dernière épopée magique. On accordera donc le prix de l'originalité à ces Wildcards.

mardi, 08 janvier 2008 20:41

Made in Mississippi

Sons of the Delta est un duo fondé en 2003 par Mark Cole (chant, harmonica, slide) et Rick Edwards (guitares). « Made in Mississippi » constitue déjà leur deuxième album. Il fait suite à "One for the road" dont la remarquable pochette reproduisait le cadre rural authentique des berges du long fleuve tranquille. Mark Cole milite également au sein d'un autre blues band : Maxwell Street. Quoiqu’issue du sud-ouest insulaire, cette formation a opté pour un patronyme très américain. Et pour son plus grand bonheur, elle est parvenue à enregistrer au pays des sources du blues, ce "Made in Mississippi". Au sein de studios Delta Recording. A Clarksdale, près du Delta Blues Museum. Plusieurs plages ont même été immortalisées ‘live’ au Crossroads Shack, un juke joint poussiéreux établi quelque part dans la Hopson Plantation, à Clarksdale. Et la pochette nous plonge dans ce rêve devenu réalité. Au recto, le Ground Zero Blues Club, sis dans la célèbre Blues Alley. Un club qui appartient à l'acteur Morgan Freeman. Il nous invite à assister au concert des Sons. Au verso, le mythique carrefour (Crossroads) situé au croisement des routes 49 et 61. Et ces guitares qui nous rappellent qu'un jour, un musicien noir (Robert Johnson) a signé un pacte avec le diable...

Bénéficiant de la coproduction de Jimbo Mathus, le duo a reçu le concours de musiciens locaux. Et tout d’abord, Pinetop Perkins et Sam Carr, deux légendes vivantes du blues. Terry ‘Big T’ Willams, ensuite. Egalement un musico du coin. Il est le propriétaire du ‘Big T’ blues bar & grill’, un lieu au sein duquel le blues authentique vit au quotidien. Il est influencé par Big Jack Raynolds des Jelly Roll Kings et compte deux albums à son actif : "Hellhounds in my shadows", paru en 2002, chez Stand on the Ocean, et son tout dernier "Meet me on the Cotton field", sur Broke & Hungry. Et enfin Stan Street. Originaire de Floride, il s’est forgé une notoriété dans l’univers de la peinture. Il a d’ailleurs brossé de bouleversants portraits de bluesmen. C’est également un chanteur, harmoniciste et saxophoniste. En 2002, il s’était illustré sur un elpee intitulé "Stan Street and the Streetwalkers" ; et l’année suivante sur "Acoustic blues thing", en compagnie des Ravens.

Mark chante son "It's me" sur un tempo enlevé. Le rythme primaire est imprimé par les percussions de Jeff Hayes. Mais il ne faut pas très longtemps pour plonger dans ce blues du Delta. Un blues très lent, caractérisé par cette marque d'authenticité, apportée par le vieux Pinetop Perkins, figé derrière son piano. Le chant de Cole est parfait. Sa slide est accrochée à l'épaule. Après le parcours opéré en solitaire par Pinetop, Rick Edwards signe un petit solo bien ficelé. Perkins revient chanter son "One more time" sur un tempo aussi indolent. Mythe indigène, Sam Carr prend place derrière ses fûts. Son martèlement très primaire suit le chant et l'harmo de Cole sur "You can't have the Hoo without the Do". Sam est toujours au poste pour "I wish somebody". Le riff est répétitif et à nouveau très Delta. La guitare d'Edwards est très amplifiée tout au long du Mississippi shuffle "eBay blues". Cette sonorité accentue la coloration locale de cette compo. Cependant, à mon humble avis, le lent "I'm moving on" constitue la meilleurs plage de l’elpee. Un morceau cosigné par Cole et le guitariste du terroir, Big T Williams. Cole chante d’un timbre nasillard devant les cordes parcimonieuses et tellement inspirées de Williams. Ses lignes mélodiques sont d'une beauté éclatante.

Les fragments immortalisés ‘live’ au Crossroads Shack, empruntent tous un profil acoustique. Phil Wooten échange un duo à la guitare sur l’instrumental "Pickin' with Phil", une plage caractérisée par la présence d’un harmonica. Rick chante un "Clarksdale strut" très rudimentaire. Autre instru, "Train roll" libère de superbes sonorités. A cause des cordes métalliques du dobro et de l'harmo clair et expressif de Stan Street. D’honnête facture, cet opus ne manque cependant pas de passion. Il s’achève par "Standing on the edge", un dernier shuffle plein de charme…

mardi, 08 janvier 2008 20:26

Meet me in the cotton field

Terry Williams est né en 1960. A Clarksdale. Il a ensuite passé sa jeunesse dans la plantation de Farrell. A 12 ans, il est déjà placé sous la protection des Jelly Roll Kings (Frank Frost, Sam Carr et Big Jack Johnson). Son existence a été très mouvementée. Son addiction à la drogue lui a valu un séjour de six longues années au sein du pénitencier de Parchman Farm. Heureusement, à sa sortie, Morgan Freeman le catapulte comme directeur musical de son club Ground Zero, à Clarksdale. Il ouvre ensuite son propre club. Un juke joint situé à quelques dizaines de mètres du fameux carrefour ‘Crossroads’. Il a également enseigné au sein du Delta Blues Museum. Pour y dispenser des programmes éducatifs. Il a milité au sein d’une multitude de formations. Et sa toute dernière répond au patronyme de Big T Review Band.

Il a enregistré cet album en compagnie du bassiste/chanteur Wesley Jefferson. Il est également issu de Clarksdale. Un disque paru sur le label Broke & Hungry de St Louis. Son précédent opus, "Hellhounds in my shadow", remonte à 2002. Edité chez Stand on the Ocean, il avait reçu le concours de son Big T's Band. Quant à Wesley, il est âgé de 62 ans. Il est originaire de Coahoma County et pratique le blues depuis les 60’s.

"Meet me in the bottom" ouvre l’opus. Jefferson chante ce ‘field holler’, a capella. Pas de doute, nous sommes bien plantés dans le berceau du blues. Il Interprète d’une voix fatiguée  "Pocketful of money". Lee Williams siège derrière la batterie. Big T joue de ses six cordes en toute discrétion. Terry prend le relais aux vocaux pour attaquer son "Incarcerated blues". Sur cette plage autobiographique, ses accords sont acoustiques, mais également métalliques ; à cause du recours à une national steel. Pour le traditionnel "CC Rider", Lee est revenu aux drums. Big T a rebranché l'amplification pour sa gratte. Il chante d’un timbre grave, qui semble tout aussi las que celui de Wesley. Il est vrai que le long fleuve tranquille, qui s’écoule aussi paresseusement, juste à côté, ne prête guère à l’accélération des tempos. Jefferson chante son "The wreck". Il manifeste plus de puissance pour déclamer ses mots ; et le résultat est probant. Howlin’ Wolf transita autrefois par Clarksdale. Terry lui rend hommage, en chantant "The wolves are howling". Caractérisée par ce riff hypnotique répété à l’infini, cette compo est manifestement inspirée par ce musicien célèbre. Big T reprend le micro pour se farcir "Let's go down to Red's". Une référence au club. Il en profite pour citer tous les musiciens qui s’y sont produits. La cover du "Catfish blues" constitue la meilleure plage de l’elpee. L'intensité et le sens dramatique inondent la voix de Williams. Ses cordes sont largement amplifiées et accentuent encore le mal-être qui plombe cette plage. La voix et la démarche me rappellent même quelque part Jimi Hendrix. Et surtout sa manière d'aborder la pureté du blues. En y injectant bien moins d'artifices sonores, bien entendu! Le titre maître mérite également une mention particulière. Wesley y parle de sa jeunesse, de son père qui travaillait dans les champs de coton… Big T interprète en solitaire une version très primaire du "Can’t be satisfied" de Muddy Waters. Sa voix et sa sèche. De bonne facture, cet opus de downhome blues s’achève comme il avait commencé ; c'est-à-dire dans une interprétation a capella. De "Blues is like the river". Une nouvelle fois, Jefferson se charge de cet exercice de style. Une complainte qui aurait pu être reprise en chœur. Par les travailleurs des champs au début du siècle dernier, quelque part du côté de Clarksdale…

 

Notre Dr Boogie national voue un culte au boogie band par excellence : le Canned Heat! Ce n’est plus un secret pour personne. Bob Hite, fondateur, chanteur et harmoniciste de cette formation mythique était un énorme chasseur de disques. Tout particulièrement de 78 tours obscurs, enregistrés par les bluesmen d'avant et d'après-guerre. Une collection qu’il avait entamée dès son plus jeune âge et qui lui avait permis de réunir un véritable trésor de guerre. Malheureusement, à sa mort, ce pactole a été dispersé. Les reliques ont ainsi été vendues, volées ou même données. Par bonheur, une bonne partie a été récupérée par Adolpho ‘Fito’ de la Parra, lui-même discophile incorrigible. En tombant sur cette nouvelle source de plaisir, le bon Walter Boogie a eu bien de la peine à s'en relever ; mais généreux devant l'éternel, il a décidé de nous faire découvrir ces impérissables vestiges de la boogie music.

Dix-neuf plages remontent aux années 50. La première a été immortalisé en 1941 : "Death Ray Boogie". Du piano boogie woogie. Un homme : Pete Johnson. Deux mains et 88 touches. Un des génies du style. Le reste est partagé entre artistes notoires et méconnus. Pianiste tombé dans l’oubli, Googie Rene est le responsable de "Wiggle tail", un instrumental très boogie, balayé par un saxophone bien huilé. Saxophoniste californien, Chuck Higgins est un honker de la trempe des Joe Houston ou Big Jay McNeely. Mad Mel Sebastian est tout aussi irrévélé. Mais son "Pachuca Hop" est percutant. Empruntant le tempo répétitif de "Honky Tonk", mais caractérisé par l’intervention d’une très belle guitare, "The itch" se révèle plutôt détonant. Le personnage le plus célèbre ici est manifestement le producteur/musicien Johnny Otis. Il chante "You got me cryin", un blues fin de soirée au cours duquel, on imagine les couples enlacés. Bill Haley chante le remuant "Birth of the boogie". Nous sommes à l'époque de la naissance du rock'n'roll. Les musiciens brûlent littéralement les planches et le gratteur jumpe à mort. Texan, Clarence ‘Gatemouth’ Brown concède "Taking my chances". Encore un blues pour couples en sueur, alimenté par cette guitare à la T-Bone. Les enregistrements opérés par Otis Rush sur Cobra, constituent une révélation pour de nombreux musiciens. "Jump Sister Bessie" consacre sans doute un des meilleurs témoignages pour une des guitares les plus remarquables du blues! Eddie Hope dispense "Fool no more" et "Lost child", deux superbes shuffles à l’énergie bien texane, mais chantés nonchalamment dans l’esprit des swamps louisianais du blues. "Eating and sleeping" date de 1954. La guitare d’Earl King brille de mille feux. On en arrive au coup de cœur de ce recueil : les deux faces de trois singles d'Elmore James. Millésimés 1953, sur les labels Flair, Checker et Meteor. Né en 1918, le Roi de la slide guitare était alors à l'aube de sa carrière (NDR : il est décédé en 1963, alors qu'il n'avait que 45 ans). Il est épaulé par ses Broomdusters ; en l’occurrence le pianiste Little Johnny Jones, le drummer Odie Payne et le saxophoniste J.T Brown. Elmore avait tout compris. Son jeu sur "Some kinda feeling" est une leçon claire de boogie jump. "Please find my baby" est caractérisé par le riff célèbre qu'Elmore a usé et abusé, après avoir édité "Dust my broom", son premier succès récolté en 1952. Les échanges opérés entre JT Brown et Johnny Taylor sur "Country boogie" et "Baby what's wrong", sont d'une richesse inouïe. L'influence de James deviendra énorme pour les artistes des générations futures (Jérémy Spencer, Jimi Hendrix, Duane Allman, Stevie Ray Vaughan, George Thorogood, etc.). Il est suivi par d'autres spécialistes de la slide : J.B Hutto, Hound Dog Taylor, Homesick James, John Littlejohn, etc. Cette anthologie exceptionnelle porte le sceau de la Communauté Française Wallonie – Bruxelles. Dont acte! Ce testament constitue le premier volume d'une collection d'enregistrements datant des années 20 aux années 60, et dont on avait perdu la trace…

mardi, 01 janvier 2008 01:00

Chicago Sessions

Cet album n'est pas sorti sur le label Blue Bella, mais il aurait pu. Il a été concocté au sein des studios ‘Rancho de Rhythm’, en mars 2007. Les Shuffletones sont un duo partagé entre le chanteur/guitariste Jeremy Vasquez et l’harmoniciste Ronnie Shellist. Lors des sessions d’enregistrement, ils ont reçu le concours du bassiste/guitariste/claviériste Nick Moss, du guitariste rythmique/bassiste/claviériste Gerry Hundt, du drummer Bob Carter et du pianiste Willie Oshawny. Jeremy signe les 11 plages de l'elpee. La production a été assurée par Moss et Hundt. Jeremy et Ronnie sont établis à Denver, dans le Colorado et ils ont voulu ici satisfaire leur rêve d'enregistrer un album de Chicago blues. Ce qui explique leur périple vers la cité des vents pour réaliser ces Chicago Sessions.

L’opus démarre en force par "That's alright". L'esprit de Chicago est bien présent. Shellist est un musicien talentueux. Il vit son instrument. Le timbre vocal de Jeremy est correct. Appliqué à la six cordes, il joue sur base d'accords rythmiques. Vasquez chante, en forçant un peu la voix, "Go back home", un boogie bien inspiré. Hundt siège derrière l'orgue. Ronnie démontre à nouveau son solide tempérament. Nick Moss empoigne la guitare pour introduire "Can't stop think'n about my baby", un slow blues intense, marqué par l'intervention inspirée et percutante aux cordes de maître Moss. Nous ne sommes ici pas tellement loin de Guitar Slim. "Ghetto song" porte bien les accents des Caraïbes. Ses rythmes exotiques sont chargés de percussions et lorgnent manifestement vers Santana. "Blues keeps me strong" est une plage rythmée, au tempo funky, illuminée une fois encore par le jeu très en verve de l'harmoniciste. Et lorsque ce dernier cède le témoin, c’est au gratteur qu’il le confie pour une intervention tout aussi créative. Une excellente plage! Jeremy chante passionnément "11 mile blues", une ballade douce, en s’accompagnant à la guitare acoustique. "Here I am Part 2" (on ignore où se trouve la partie, d'ailleurs) est un Chicago blues assez classique. Shellist introduit cette compo éclatante en soufflant rageusement dans sa musique à bouche. Manifestement, il la fait souffrir. Pendant ce temps tous les musiciens se mettent à son service pour assurer le rythme alors que Jeremy concède de petites phrases très incisives, dans un style rappelant un Buddy Guy rigoureux! "I like my coffee" trempe dans un climat plutôt R&B. Reminiscent de Memphis. Très vivifiants, les motifs de guitares lorgnent vers Albert King. On y décèle également un changement de tempo judicieux, opéré dans l’esprit du "All your love" d'Otis Rush. "Walk around the block" produit une accélération manifeste du tempo. La section rythmique est empreinte de légèreté et libère pas mal de swing. Moss est passé à l'orgue. Les deux solistes ont tout le loisir pour se mettre en évidence. "Married to the blues" est un bon Chicago shuffle. Ronnie souffle toujours aussi vigoureusement et avec une puissance constante. Jeremy ne manque ni de doigté ni de créativité face aux accords de piano déchaînés d'Oshawny. La finale est encore instrumentale. Vasquez nous y soumet une énigme. Mais on devine rapidement la solution, car ce "Freddy's grits" s’adresse de toute évidence au géant texan, Freddie King. Un bon album pour ce duo issu du Colorado.