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mardi, 25 septembre 2007 20:50

Just in time

Willie Salomon est né en Allemagne. A Straubing, très exactement. De mère teutonne et de père yankee, il a cependant conservé ses racines américaines. Il compte aujourd’hui 53 balais. Dès son plus jeune âge, il est séduit par le blues authentique. Celui qui était célébré avant la grande guerre. Il a bien étudié le répertoire des créateurs de la guitare (NDR : du blues, bien évidemment) et en a intégré les éléments essentiels. Il apprécie tout particulièrement Mississippi John Hurt et Robert Johnson. Mais également un artiste contemporain comme Louisiana Red, qui vit par ailleurs depuis fort longtemps en Allemagne. Ce musicien est un pur et dur. Il n'utilise que des instruments d’époque. Ceux qui reproduisent un son recherché : des vieilles Gibsons et Resonators. Ce nouvel opus est consacré à la guitare acoustique des années 20 à 40. Blues, of course ! Il mêle ici des compositions personnelles à des classiques écrits par des grands bluesmen aujourd'hui disparus. Il est aussi et surtout l'ami de longue date du bluesman blanc, John Long. Issu de Denver, dans le Colorado, il est une des influences majeures pour Salomon. Son premier enregistrement date de 1981. Un elpee intitulé "Moon goin' down". Il est devenu plus productif, au cours des dernières années. Il a ainsi commis "The Basement sessions" en 2001 et "Country blues & More" en 2004, deux disques déjà parus chez Acoustic Music.

Dès l’ouverture, Willie manifeste un feeling impressionnant. Une cover du "Country boy" de Muddy Waters. Il chante en faisant glisser son bottleneck le long des cordes de sa vieille National 1930. Sa présence est remarquable. Il interprète d’un ton autoritaire le classique "Catfish", comme Muddy à ses débuts. Celui qu’il pratiquait dans le Mississippi! Salomon est aussi un spécialiste du style fingerpickin'. Il est même brillant. Il le démontre tout au long de son adaptation du "Mountain Jack blues", une compo qui figurait au répertoire de Reverend Gary Davis et de Blind Boy Fuller. Ou lors de "Cherry blossom rag", une plage qui exhale une chaleur sonore intense. Son style est très coloré. Il insuffle une touche très hawaïenne à "Rainy day blues". Il devient quasi manouche et gypsy sur "Savannah". Ces enregistrements ont été réalisés dans son appartement de Regensburg. Le son est d’une grande pureté. C’est vraiment impressionnant. Mais la production de Peter Finger y est sans doute pour quelque chose. Lorsque Willie chante "Back on the road" (NDR : un country blues !) on l’imagine devant nous. A deux mètres. Et encore ! Le son réverbéré de sa ‘résonator’ 1936 vibre au plus profond de nous lorsqu’il exécute le "Goin' to Brownsville" de Furry Lewis, une compo que l’auteur lui avait personnellement apprise. Willie embraie immédiatement par "Jitterbug swing". Salomon peut également nous réserver des moments exquis. A l’instar de "Dreams", une ballade romantique et visionnaire. Autre surprise lorsqu'il saisit son rack et souffle dans l'harmonica, tout en grattant ses cordes, lors d’une adaptation très personnelle de "St James infirmary", rebaptisée pour la circonstance "Gambler's blues". Il passe derrière le piano pour chanter "Pressure cooker 'bout to blow". Un hommage à son ami John Long réalisé avec le même bonheur. Cet album très riche dans sa diversité s’achève par "Memphis boogie". Tout au long de ce boogie woogie, Willie se montre convainquant sur les 88 touches en ivoire. Willie possède une extraordinaire collection de guitares. Vous pouvez les admirer sur son site. Un excellent album !

mardi, 25 septembre 2007 20:38

When the blues are green

Peu d’infos sur ce Jim King. Une chose est sûre, c’est un admirateur de l'Anglais Peter Green. D’ailleurs, la traduction du titre de l’album est éloquente. Non, ce n’est pas ‘Quand les blues ou les blues sont verts’, mais bien ‘Quand les blues sont (Peter) Green’, ou quelque chose dans le genre. Un nouvel hommage (après ceux rendus par Gary Moore, Bernie Marsden et bien d'autres) au plus talentueux des chanteurs/guitaristes de blues anglais. Lors de ses remerciements, il s'adresse à Peter Green à l’aide de mots simples : ‘Thanks for the music’. Jim est californien. Probablement issu de San Diego, il est également le guitariste des Aunt Kizzy'z Boyz, responsable de deux elpees à ce jour : "Trunk full of blues" en 2004 et "It's tight like that" en 2007. Pour concocter son premier opus solo, King a reçu le concours de trois musiciens : Chuck Kavooras à la guitare et à la slide, Ralph Carter à la basse et aux claviers ainsi que Toss Panos aux drums. Il interprète pas moins de sept compositions de Green, une de Danny Kirwan (autrefois chez Fleetwood Mac) et trois autres titres issus du répertoire de Peter.

Jim manifeste beaucoup de solennité pour entamer les hostilités. Le son gras et réverbéré de la Gibson Les Paul est immédiatement saisissable, et avouons-le, s’inscrit parfaitement dans l'esprit cher au Peter Green de la fin des sixties. Les notes concédées sont parcimonieuses et la sensibilité à fleur de peau. Ce "Sugar Mama" est ici attribué à Howlin' Wolf. Peter ne l'avait immortalisé sur aucun album officiel de Fleetwood Mac ; mais cette compo figurait bien dans son répertoire. Très british, la section rythmique n’opère guère dans la délicatesse. Plutôt écrasante, elle libère beaucoup d’intensité dramatique. La voix de King est excellente. Cependant, il ne s’agit pas d’une pâle copie du timbre de Peter, mais d’un organe fort proche d’un autre vocaliste issu du British Blues Boom : l'incomparable Chris Youlden de Savoy Brown. Issu de l’elpee "Mr Wonderful", "Rollin' man" constitue, à mon humble avis, une des meilleures compos de Green. Manifestement, elle mettait parfaitement en exergue son potentiel. Blues lent aux accents volontiers dramatiques, "Drifting" figurait sur l'album "The original Fleetwood Mac". King démontre ici qu'il a vraiment assimilé l'esprit énigmatique et introverti de Peter. Les silences sont importants. La voix impressionne. A cause de la sensibilité qui en émane. "Rattlesnake shake" a été écrit plus tard. Le choix de cette cover justifie la perception parfaite de l’intégralité du répertoire. Jim et Chuck Kavooras, son guitariste rythmique, conjuguent leurs talents ; mais ce dernier –également producteur– l’interprète d'une voix autoritaire. A l’instar de Peter quarante ans plus tôt, Jim chante "World keeps on turning". Un morceau lent au cours duquel il s’accompagne uniquement à la guitare. Parmi les reprises, on épinglera le "Lemon squeezer" de Jimmy Rogers, le "Coming your way" de Danny Kirwan, un autre guitariste du Mac, et "Need your love so bad". Signé Little Willie John, ce 45 tours avait décroché un énorme succès à l’époque. La voix de Jim est à nouveau très proche de celle de Youlden. L’œuvre recèle encore l’adaptation de deux des plus beaux blues lents issus de la plume de Peter Green : "Fool no more" et "Love that burns" (ce fragment figure sur le meilleur opus de Fleetwood Mac, "Mr Wonderful"). Ces deux plages exhalent un feeling incroyable. Des frissons vous traversent le corps et l'âme. Jim King n'a sans doute rien inventé mais il a bien compris le mal qui hantait le grand Peter Green. Pour être parvenu à le restituer, je le remercie et le félicite. ‘God bless you Jim, you sure have the blues inside!’


Contact : Jim King – P.O Box 890276 - Temecula - CA 92589 – USA

mardi, 25 septembre 2007 20:31

It's now or never

Elvis Presley est un véritable phénomène. Et on a pu de nouveau le constater lors de la manifestation organisée pour célébrer le trentième anniversaire de sa disparition. Pour rappel il est décédé chez lui, à Graceland, le 16 août 1977. Deux musiciens britanniques notoires ont voulu marquer d’une pierre blanche cet événement en enregistrant 15 chansons du répertoire du King : des classiques mais aussi des titres forts peu connus du grand public! Nos deux amis se sont donc réunis dans un studio de Nashville, pour la première fois depuis 13 ans.

L’opus s’ouvre par "A mess of blues", la flip side de "It's now or never". Gordon possède une superbe voix. Il est à l'aise dans tous les registres, à l’instar d’un certain Presley. Soutenu par les merveilleux chœurs des Jordanaires, il chante puissamment "I beg of you". Le son est superbe. Mais là où on prend une claque, c'est quand le grand Gordon se met à chanter le rock'n'roll ; et en particulier sur "I'm left, you're right, sh's gone" (un single de 1655), au cours duquel Spedding se révèle éclatant en soutien. Il peut aussi emprunter un timbre de baryton pour chanter le gospel au milieu des chœurs. Comme sur "Peace in the valley", une plage investie par le piano et l'orgue. Il y en a pour tous les goûts. Elvis le rocker lorsqu’il adapte "Don't be cruel" et "My baby left me", deux plages interprétées parfaitement dans l'esprit d'Elvis et des Jordanaires, au cœur des fifties. Elvis le sage, quasi crooner, lors d’un autre gospel : le tendre "Love me". Et puis enfin Elvis le bluesman, lorsqu’il chante sans ambigüité "Trying to get to you". Un très bon moment. Tout comme la version de "It feels so right". Mais la plage que je préfère est incontestablement "Lawdy Miss Clawdy". Evoluant sur un tempo très décontracté, très blues, Gordon se démène face à son quartet animé par le sombre Chris. Manifestement, il n’y a pas de déchet sur cet opus. On peut même affirmer qu’il s’agit d’un hommage de très bon goût au King. Spedding met de temps en temps le nez à la fenêtre, tout en demeurant mesuré et respectueux. A l’instar de "Too much". N'oublions pas le titre maître de cet opus. Beaucoup d'encre avait coulé lorsqu’Elvis avait chanté "O Sole mio". Mais sa voix était susceptible de s'adapter facilement à tous les genres. Ces musiciens n'ont rien inventé mais ils ont osé. Sans pour autant occulter le mythe Elvis Presley, ils ont opéré un exercice de style fidèle dans la reproduction. Et ils n'ont pas à rougir de ce témoignage de reconnaissance adressé au plus fabuleux des rockers du siècle dernier.

 

mardi, 18 septembre 2007 21:33

Lifeline

Ben Harper jouit d’une des plus jolies voix de la musique populaire contemporaine. D’ailleurs ce toujours jeune Californien court de succès en succès! Il aime la France et souhaitait enregistrer au sein de la capitale hexagonale. C’est désormais chose faite. A l’issue d’une tournée européenne de huit semaines, il est entré, début d'année, dans les Studios Gang à Paris, entouré de ses fidèles Innocent Criminals. Pour la circonstance, il a concocté onze nouvelles compositions qui font suite au remarquable opus "Both sides of a gun".

Des cordes acoustiques balaient "Fight outta you", une chanson douce et intimiste mêlant légèreté et intensité. Un soupçon de funk parfume "In the colors". La voix divine prend en effet ici toutes ses couleurs. Elle est douce, naturelle, expressive et profonde. Et se lance à la poursuite du train solitaire sur "Fool for a lonesome train". Et lorsqu'il élève le ton sur "Needed you tonight", elle conserve toute sa majesté passant de la souffrance intérieure au désir le plus intense, de la douleur à la quiétude apaisante. En interprétant "Having wings", Ben s'envole en jetant un regard introspectif sur son passé. Une formule qu’il réitère sur le mélancolique "Younger than today", une plage au cours de laquelle le désespoir émane des accords du piano de Jason Yates. Il chante pourtant de manière guillerette "Say you will". Un soupçon de joie envahit sa voix alors que les lyrics soulèvent les graves interrogations de Louis XVI et de Marie-Antoinette, face à leur avenir déjà proche de l’échafaud. Deux voix féminines soutiennent Mr Harper. Celle de Rovleta Fraser et Michelle Haynes. Elles demeurent auprès de lui pour attaquer "Put it on me", un R&B solidement rythmé. S’appuyant sur ce tempo implacable, Michael Ward profite de l'occasion pour libérer sa slide. "Heart of matters" est un dernier cri d'amour. Ben chante comme un ange, au centre des chœurs. Assis, seul dans le studio, il laisse épancher son inspiration de l’instant. L'émotion le hante en permanence. Ses cordes acoustiques aux sonorités métalliques soupirent tout au long de "Paris sunrise". On entend distinctement ses doigts qui les caressent. Sa voix envoûtante se retire et nous quitte sur un cri d'amour, celui du titre maître : "Lifeline"…

mardi, 18 septembre 2007 20:27

Left Coast Blues

Les Insomniacs nous viennent de Portland, dans l’Oregon. Une nouvelle formation qui trempe dans le jump et le swing blues. Elle est dirigée par le jeune chanteur/guitariste/compositeur Vyasa Dodson (25 ans à peine). Son style s'inscrit bien dans le West Coast contemporain, célébré par le regretté  Hollywood Fats, Junior Watson, Kid Ramos ainsi que Little Charlie and the Nightcats. Vyasa est épaulé par le bassiste Dean Muller, le batteur Dave Melyan et le claviériste Alex Shakeri. Tous les titres sont signés Mr Dodson.

Manifestement nos insomniaques ont bien saisi le west coast style. Et ils le démontrent dès l'ouverture. Un "Stick around" qui évolue au sein d’une atmosphère assez jazzyfiante. Le timbre vocal de Dodson est encore quelque peu juvénile, mais qu'est-ce qu'il est éclatant sur les cordes. Il ne dispense que les notes nécessaires et plaque ses accords comme un Hollywood Fats des grands jours. Une ouverture chargée de promesses. Cette manière parcimonieuse de jouer des six cordes prouve la maturité déjà atteinte par le soliste. Séduisant, "Serves me right" est tapissé par l'orgue Hammond tandis que les cordes sont un régal pour nos oreilles. Nos musiciens reprennent en chœur le refrain contagieux du rock’n roll "Watch your mouth" pendant qu’Alex se démène derrière son piano. "Struttering" nous ouvre les portes d'un cabaret de nuit. L'atmosphère est enfumée. Les couples s’enlacent sur la piste de danse. La musique se fait tendre et très alanguie. Dave effleure les peaux de ses balais. La douceur du piano nous enivre. Vyasa a revêtu son costume de T-Bone. Ce blues nous pénètre insidieusement. Instrumental enjoué, "Crime scene" est conduit par une guitare débridée. Cette plage pourrait servir de bande sonore pour un film d'action. Empreinte d’une grande simplicité, "Wrong kind of love" met surtout en évidence l’orgue de Shakeri. Son jeu est ici inspiré par Jimmy Smith et Jimmy McGriff. L'uniformité n’est pas au dico musical des Insomniacs. "I'll treat you right" émarge franchement au jazz. Les quatre membres participent à l’entretien de ce rythme nerveux. "Shake the chandelier" observe un même schéma. Cette compo est à nouveau caractérisée par des échanges de classe entre les deux solistes, des échanges soutenus par une base rythmique qui swingue naturellement. Blues classique, I'm not sorry" est imprimé sur un tempo indolent. Une plage très dépouillée au cours de laquelle les cordes de Dodson emportent à nouveau la partie. "I got money" emprunte quelque peu les rythmes percussifs, joyeux et festifs de la Nouvelle Orléans. Le piano prend toute son importance pendant que notre leader se met à attaquer ses cordes vigoureusement comme le ferait Jimmy Vaughan. Ce superbe album s’achève par un "Be quiet" dont les éclats instrumentaux évoluent dans le style jump le plus pur. Mais l’elpee n’est pas terminé, puisqu’il recèle deux bonus tracks. "Serves me right", déjà servi en début d'album et un tonique "No wine, no women", irradié par une guitare enchanteresse. Deux morceaux enregistrés ‘live’ à l'Avalon d'Hollywood, en mars dernier. Les Insomniacs prouvent ainsi de la plus belle des manières, qu'ils sont tout à fait au point face au public. A travers Une formation à suivre de très près!

 

mardi, 11 septembre 2007 22:25

My blues sessions : Kim's Mix Vol I

Kim Wilson est incontestablement un des plus grands harmonicistes blues de la planète. Et il l’a démontré aussi bien chez les Fabulous Thunderbirds que tout au long de sa carrière personnelle, radicalement et authentiquement blues ! Natif de Detroit, Kim est aujourd'hui âgé de 56 ans. Il a passé sa jeunesse en Californie, mais son aventure musicale n’a réellement commencé qu'en 1974 ; c'est-à-dire lorsqu'il s’est fixé dans le Texas. A Austin, très exactement. Il y fonde les Fabulous Thunderbirds en compagnie du guitariste Jimmy Vaughan.

En 1997, Kim avait commis son deuxième elpee solo. Intitulé  "My blues", il était paru sur le label Blue Collar. Le présent album a été réalisé par Kim en personne. Il réunit des sessions datant de l'enregistrement de "My blues" et épingle des versions alternatives de titres issus de l’opus ainsi que des plages inédites. Un petit trésor pour les nombreux admirateurs de l'artiste. Sur ce Cd, figurent sept plages qui figuraient sur l'album originel, mais aussi autant de titres non retenus pour la plaque.

Elle aligne d’emblée deux prises différentes et alternatives de "Oh baby". Un shuffle bien nerveux marqué par l'harmonica. Impérial, cet instrument dirige toute la manœuvre. Je préfère cependant la version qui ouvre le disque. Plus courte, son impact est plus direct. On imagine même facilement l'artiste se produisant juste devant nous. Faut dire que son blues sans la moindre fioriture est interprété avec tellement de présence et d'autorité. Bénéficiant du concours de deux cuivres, en l’occurrence Tom Fabre au saxophone et Scott Steen à la trompette, "Everything I do is wrong" amorçait l’elpee "My blues". Sans guitare, cette plage mettait en exergue le talent d’un Fred Kaplan étincelant et virevoltant devant son piano et une section rythmique chargée de groove, constituée de Larry Taylor et Richard Innes. Les mêmes musiciens sont reconduits pour attaquer l'instrumental "Hop, skip and jump". Entre les deux versions de "Tryin' to make a livin'", la seconde semble la plus saignante. Faut dire qu’elle implique le concours très perceptible du grand Junior Watson aux cordes, dont l’intervention ici est tout à fait exceptionnelle. Rusty Zinn coopère aux cinq derniers morceaux dont "Gumbo blues" et "Break it up". Adepte du style de Junior Watson, il se révèle particulièrement brillant. Cheval de bataille des concerts de Kim Wilson, "Tell me why" est le théâtre de la plus époustouflante partie de musique à bouche! La claque! Et puis, le tracklisting réunit également des compos qui n'ont pas passé le cap de la sortie officielle de l'album. Tout d’abord "Bea's boogie". Bien entendu un boogie. Un boogie marqué par la versatilité du pianiste et la sortie sur le fil du rasoir de Jr Watson. "Irene" ensuite. Un swamp blues proche de Guitar Slim. Imprimé sur un tempo particulièrement paresseux, il semble sortir des faubourgs de Baton Rouge. Un style qui colle à la peau de Kim. "Mambo crazy" est une plage instrumentale percutante. Dynamisée par le rythme exotique du mambo, elle frôle la perfection. Kid Ramos est impressionnant à la guitare. Les changements de rythme sont bien huilés. Les roulements de caisse d’Innes irréprochables et l'harmonica chromatique de Wilson au sommet de son art. Le riff d'Elmore James, imposé par le Kid sur sa slide, sculpte le chicago blues classique "Blues eyed baby". "Born blind" est un exercice de style proche de l'un des maîtres de Kim : Sonny Boy Williamson II. En particulier son "Eyesight to the blind". Et pour être complet, sachez que l’œuvre recèle encore deux instrumentaux, "Come and git it" et le titre final, modestement intitulé "Instrumental Take 3". Cet album ne bénéficiera pas d’une distribution officielle. Vous pourrez cependant vous le procurer lors des concerts accordés par Kim ou en vous branchant sur le site de Bluebeat Music. Il devrait être suivi par deux autres volumes. Fans de Kim, soyez attentifs!

mardi, 11 septembre 2007 22:22

Texas Northside Kings

Eddie Stout est musicien, mais avant tout un grand amateur de blues. A Austin, il assurait la distribution internationale du label Antones. Depuis, il a fondé son propre label Dialtone. Il y a déjà dix ans. Une initiative destinée à préserver le patrimoine blues, gospel et jazz du Texas. Il aime, à travers les différents courants musicaux, présenter les facettes géographiques de cet Etat. Il nous avait permis de découvrir les Texas Eastside Kings, les Westside Horns et les Texas Soul Sisters. Etape suivante, il nous présente les Texas Northside Kings! Six guitaristes établis à Austin. Jeunes mais très prometteurs, dont certains vous sont déjà familiers. A l’instar de Johnny Moeller, Shawn Pittman ou Nick Curran. D’autres le sont moins, comme Seth Walker. Ou pas du tout. En l’occurrence Mike Keller et Miss Eve Monsees. Ils sont soutenus par des vétérans locaux : le bassiste Jeffery Jean, le drummer Willie Sampson, le claviériste Earl Gillam et le saxophoniste Spot Barnett, tous musiciens noirs.

C'est à Eve que revient l'honneur d'ouvrir le bal. Cette jeune femme chante en s’accompagnant d’une Epiphone Riviera de couleur verte. Epaulée de ses Exiles, elle reprend d'abord le "You belong to me" de Magic Sam. Elle ne possède sans doute pas une voix puissante et inoubliable mais elle est brillante aux cordes. En règle générale, elle est secondée par Mike Buck. Son batteur habituel, un ancien membre des Fabulous Thunderbirds. Le bassiste, Pat Collins, a longtemps joué en compagnie de Mike chez les Leroi Brothers. Eve revient pour une reprise très nerveuse et irrésistible d’"I was looking back to see" et puis de son instrumental "Hawaian hound", dont les accents réverbérés et métalliques sont empruntés à la musique surf.

Johnny Moeller est un guitariste qui jouit d’une solide réputation depuis quelques années. Il a sévi au sein du band de Darrell Nulisch. En 2001, il avait gravé un excellent opus : "Blues aggregation". Et en 96, "Return of the funky worm" ; mais flanqué de Paul Size, l’ex-guitariste de Red Devils. Moeller a tourné en compagnie de Gary Primich, Lee McBee, Lou Ann Barton et même des Fabulous Thunderbirds. Son frère en est d’ailleurs le batteur actuel. Il s'attaque ici à "Radio groove", une plage instrumentale bien rythmée et saturée de groove. La performance de Mike Keller à la basse et de Barnett au saxophone de Barnett n’y est pas étrangère. Il revient chanter "I'm a samplin' man". Son attaque sur les cordes est complexe mais impressionnante.

Shawn Pittman est un jeune guitariste issu de la scène de Dallas. De Fort Worth, très exactement. Il a sévi dans le Susan Tedeschi Band et compte déjà quatre albums à son actif. Shawn possède une toute bonne voix. Il interprète deux de ses compositions. Tout d’abord le tonique "I don't need no sugar mama", une plage caractérisée par une remarquable prestation d'Earl Gilliam au piano. "Call 'em how I see them", ensuite. Une compo imprimée sur un même tempo galopant. Il termine également son intervention par la cover du "Reap what you sow" de Guitar Slim, un excellent slow swamp blues qu'il chante en manifestant beaucoup de conviction tout en insufflant la sensibilité de circonstance.

Nick Curran est actuellement le guitariste des Fabulous Thunderbirds auprès de Kirk Fletcher. Ce jeune garçon a entamé sa carrière dans le rockabilly. Depuis l’an 2000, il compte quatre albums personnels à son actif. Légèrement éraillé, son timbre vocal colle parfaitement au style. Une voix qui fait mouche lors de sa reprise du "I'll be around" de Howlin' Wolf. Et excelle à nouveau sur "Slipin' and slidin'". A l’instar de Johnny Copeland, il chante comme s'il était possédé. Flemmardant au rythme nonchalant des swamps, sa cover du "Oh baby" de Willie Dixon nous prend aux tripes. Il joue ici de l'harmonica dans un style fort proche de Jimmy Reed. La grande classe ce Curran!

Seth Walker est issu de la Caroline du Nord, mais est il s’est établi à Austin depuis de nombreuses années. A ce jour, il a commis quatre elpees. Il reprend ici le célèbre "I hear you knockin" qu'il aborde à la manière des TBirds de la première époque. Très à l'aise sur les cordes il évoque inévitablement Jimmy Vaughan. La voix de Seth est également chargée de soul et de tendresse. Et il en fait une belle démonstration sur le très lent "Since I fell for you", une plage signée Buddy Johnson. L’approche jazz rappelle, en outre, à la fois T-Bone Walker et Ray Charles.

Mike Keller est préposé à la guitare dans la formation de la pianiste/chanteuse Marcia Ball. Il partage également un duo en compagnie de son frère Corey, sous le patronyme de Keller Brothers. Il se réserve le chant et la six cordes sur un seul titre : une reprise sans concession du "Red hot mama" d'Elmore James. S’il n’a pas oublié d’y insérer le célèbre riff de slide, sa voix est moins déterminante.

 

mardi, 04 septembre 2007 20:42

My life, my friends, my music

Trente ans plus tôt Ray Norcia se produisait déjà à Rhode Island. Il y drivait les Blues Stompers en compagnie du percussionniste Neil Gouvin. Quelque temps et une page d'histoire plus tard, on le retrouve chez les Bluetones auprès du guitariste Ronnie Earl Horvath, du bassiste Mudcat Ward et du pianiste Anthony Geraci. Cette formation aura le privilège d’épauler régulièrement le légendaire harmoniciste Big Walter Horton. Mais également bien d'autres célébrités du style. Ronnie Earl quitte la Bluetones et rejoint le Roomful of Blues. Quelques années plus tard, Sugar Ray en personne rejoint le big band. Il y assurera le rôle de chanteur/harmoniciste entre 1991 à 97. Mais entre-temps, il retrouve Ronnie Earl et ses Broadcasters qui décident finalement de revenir à leur patronyme des Bluetones. D'ailleurs, au début de ce nouveau siècle, il ressuscite les Bluetones. La formation est signée par le label Severn et aligne quelques excellents elpees : "Rockin' Sugar daddy" en 2001, un opus éponyme en 2002 et "Hands across the table" en 2005.

Le big band au grand complet ouvre les hostilités. Sugar Ray chante "Oh, babe". Sa voix libère un maximum de swing. L'artiste est soutenu par des cuivres qui ont fait et font toujours la notoriété de Roomful of Blues : Doug James au sax baryton, Greg Piccolo au sax ténor, Bob Enos à la trompette et Carl Querfuth au trombone. De la pure dynamite ! Mudcat Ward secoue sa basse acoustique devant la machine à rythme métronomique de Neil Gouvin tandis qu'Anthony Geraci se déchaîne sur ses 88 touches d'ivoire. Norcia chante alors son "Little green talking frog". Puissamment et nonchalamment. Les cordes inévitables d’un seigneur se détachent face au mur de cuivres : celles de Duke Robillard en personne. Les lumières sont tamisées. Sugar est inspiré pour chanter, tel un crooner, "I want to be with her". Ce titre lent semble s’échapper d’un bar nocturne. Signée Dany Bartholomew, cette compo est parfaitement rendue, tout en finesse et délicatesse. Le sax de Piccolo et les cordes de Duke nous nous transportent jusqu’à l’extase! La première partie de ce set, accordée lors de ce festival sous la forme du big band, s’achève par "You better change your ways". Mr Robillard se retire sur la pointe des pieds pour laisser entrer son jeune collègue ‘Monster’ Mike Welch. Les cuivres s’accordent également une petite pause. Sugar Ray sort de sa poche son harmonica. Et quel bonheur! Il attaque "Money taking mama" sur un bon rythme. Geraci est très à l’aise au piano. Ray retrouve les grands jours des Bluetones et démontre son immense talent de souffleur. C'est le pied! Ray chante aussi remarquablement. Sa puissance est naturelle. Pas très éloignée de Kim Wilson. Et il le démontre tout au long de "Shut your face". Les cuivres opèrent leur retour. Carl, Doug et Bob ne tiennent plus en place. Ce qui a le don d'inspirer Mike Welsh dont l’envol dans le jump, style tellement prisé de nos jours, est remarquable. Très respectueux de son auteur, en l’occurrence un certain Sonny Boy Williamson II, Ray prend plaisir à interpréter "I don't know". Mr Norcia a écrit "No sorrow no more" dans un registre proche de Sonny Boy. Ray en remet une solide couche en soufflant rageusement dans sa musique à bouche. Et pourtant, l’accompagnement est acoustique et le rythme décontracté. Bon blues classique, "The last words of a fool" permet à la guitare de Welsh de se libérer. Norcia laisse repartir le jeune guitariste talentueux après lui avoir confié les rennes sur "Do you remember?", un dernier blues très roots au cours duquel il nous démontre que manifestement, son principal inspirateur est bien Rice Miller, Sonny Boy II. Duke Robillard et les cuivres rappliquent une dernière fois pour participer aux quatre plages finales. L’ambiance cabaret envahit doucement "Think it over again". Ray se met à nouveau dans la peau d’un crooner pour interpréter "I like my baby's pudding". L’atmosphère baigne intensément dans le swing. Indubitablement, c’est un chanteur d'envergure. "Until the real thing comes along" clôt cet opus de classe, mais dont le climat semble emprunté à une autre époque…

 

mardi, 04 septembre 2007 20:33

Shadows and cracks

Ce chanteur/compositeur/guitariste/claviériste partage son existence entre Nashville et le New Jersey. En 2000, il a enregistré un elpee en public : "Live at the American Roadhouse". Un opus suivi par "Roadshow" en 2002 et "The turning point" en 2004, ce dernier bénéficiant du concours de l'ex-Bluesbreaker et Rolling Stone, Mick Taylor. C’est d’ailleurs à cette époque qu’ils tourneront régulièrement ensemble. Ce n’est pas à vrai dire un pur bluesman. Il qualifie d’ailleurs sa musique de ‘rootsy americana blues’, un subtil mélange de folk, de blues et de funk dispensé avec l'énergie du rock. Peter a écrit les douze plages de cette œuvre.

Le disque démarre en force par "Goodbye baby", dans un style roots qui le caractérise. Cette plage accroche instantanément l’esprit. A cause de son refrain contagieux. La voix et le style évoquent le Dylan d'une certaine époque. L'accompagnement est sobre. Joué par Mr Karp en personne, l'orgue Hammond B3 se pose à l’avant-plan. Peter a le don d'ubiquité, puisqu’au même moment, il se réserve un excellent solo de guitare. Il s'assied derrière le piano pour attaquer "Air, fuel and fire", un boogie blues imprimé sur un rythme très soutenu. Le talentueux harmoniciste Dennis Gruenling et le guitariste Dave Malachowski (il a joué naguère en compagnie de Commander Cody et Savoy Brown) mettent le nez à la fenêtre avec beaucoup de panache. Autre compo séduisante, "All I really want" baigne au sein d’une atmosphère country assez allègre. L'orgue, la mandoline et la pedal steel dominent parfaitement leur sujet. Le climat vire franchement au ‘country honky tonk’ tout au long de "Rubber bands and wire". Tim Carbone fait vibrer adroitement et audacieusement son violon. Personnellement, je le préfère lorsqu'il aborde des thèmes bluesy. A l’instar de "Dirty weather". Sa voix légèrement cassée évolue au sein de cette atmosphère décontractée entretenue par les cordes de l'impressionnant Popa Chubby. Ce dernier produit cette plage ainsi que deux autres, dont le titre maître. Un fragment imprimé sur un tempo très enlevé et observant un savant dosage entre la slide acoustique de Karp et le sitar électrique du Popa! Peter insuffle un rythme entraînant à "I ain't deep". La bonne humeur règne tout au long de ce morceau parcouru par les cordes du gros Chubby. L’opus recèle d’autres excellents moments. Et en particulier "I understand", un blues étincelant caractérisé par ses changements de rythme et stimulé par l'harmonica chromatique de Gruenling ainsi que la slide de Peter. Dernière surprise, il emprunte quelques inflexions au vieux Dylan sur les rythmes syncopés de "The lament". Il tapote sur son piano à la manière d'un Professor Longhair face à l'orgue de Garth Hudson. Le vétéran du Band doit alors se remémorer de bien bons moments. C’est dans ce même style, inspiré par la Nouvelle-Orléans, qu’il aborde "Strange groove". Il bénéficie, pour la circonstance, du concours des percussions solides de Mike Catapano. Enfin, "Runnin'" constitue, incontestablement, une des meilleures plages de l’opus. Les guitares débridées et tellement mélodiques de Peter se conjuguent alors parfaitement avec la lap steel de Buck Dilly. Et ce musicien particulièrement intéressant peut encore nous surprendre. Il est seul et s’accompagne uniquement à la guitare pour interpréter l’émouvant "The grave". Un excellent album !

lundi, 20 août 2007 03:00

Life of ease

Ce chanteur/guitariste réside dans l’Ohio. A Colombus, très exactement. Il est le président de la société locale de blues, la Colombus Ohio Blues Alliance. Concocté en compagnie des Night Owlz, son premier album remonte à 1998. Intitulé "Provisions", il avait reçu le concours de Christine Kittrell et de Willie Pooch. Sean a également collaboré aux sessions d’enregistrement de deux albums de la chanteuse noire Teeny Tucker (la fille de Tommy) : "Tommy's girl" en 1999 et "First class woman" en 2003. A l’instar de Ronnie Earl et Duke Robillard, Sean est considéré comme un des plus grands guitaristes contemporains.

Le titre maître ouvre l’album. Une compo qui baigne dans le jazz nightclubbien. Une plage typique des fins de soirées, lorsque les pistes de danse commencent à se vider, que les couples s’enlacent, et qu’un mélange de sueur, d’ivresse et de mauvais tabac commence à emplir l’atmosphère. Sean y rencontre le fantôme de T-Bone Walker devant la basse acoustique de Steve Perakis, les balais timides d’Eric Bloom et le piano circonstanciel de John Popovich. "All these worries" prend la direction de Chicago, dans le Westside. Le tempo est accrocheur. Les cordes suivent à la trace les incantations du chanteur. L’homme ne concède que les notes nécessaires face à l’orgue Hammond B3. L’exercice s’opère dans le naturel et la douceur. Les instruments se complètent pour sculpter ce style bien uniforme. Sean pince ses cordes comme un Albert Collins des meilleurs jours devant l’orgue naturellement chaleureux de Miss Linda Dachtyl, tandis que le sax ténor de Chuck Moore se pose à l’avant-plan. Mr Carney chante passionnément "Bad side baby". Une compo bien mise en relief et empreinte d’une extrême sensibilité. Plage intimiste, "I've got a gypsy woman" est illuminée d'un solo aussi incisif que dépouillé. Chicago shuffle, "Pennies & teardrops" libère une sonorité de guitare primaire, proche de celle d’un Jimmy Rogers qui en serait resté au stade des fifties. Sean impressionne, tant son style, tout en décontraction, semble facile. Cet opus, Sean a voulu le partager avec ses amis. Des amis, mais également des musiciens talentueux. Aussi il les invite à monter sur les planches. Tout d’abord, Joe Weaver. Pote à Johnny Bassett, ce vocaliste noir est issu de Detroit. Il reprend "Outskirts of town", une compo signée Louis Jordan. Une fois encore, un blues destiné aux enfumés. Lorsqu’il chante, un frisson vous parcourt d’abord l'échine ; puis vous ne pouvez que succomber au charme de son timbre. Carney en profite pour nous communiquer, note après note, l'émotion qui le hante. Joe revient tapoter sur son piano pour interpréter "Farmboy". Il chante d’une voix assez éraillée. Son ami King Saxe Gene Walker le soutient au saxophone. Sean joue comme un Duke Robillard très inspiré. Willie Pooch est un autre chanteur noir. Originaire de Tupelo, dans le Mississippi, il vit aujourd’hui à Chicago. Il interprète passionnément le célèbre "Tramp" de Lowell Fulsom. Teeny Tucker est une chanteuse talentueuse. Sean et Teeny se rencontrent régulièrement. Pour bosser. Et actuellement, ils tournent d’ailleurs ensemble. Elle vient interpréter son "I live alone", un blues rocker bien enlevé. La diablesse possède une sacrée voix. Sean ne se sent plus. L'ami Phil Berkowitz vient souffler comme un démon dans son harmonica. "I know your wig is gone" marque un retour au jazz. Signée T-Bone Walker, cette plage permet à Jack Popovich Sr de s'illustrer sur les 88 touches en ivoire. Sean chante "That man". Son timbre vocal s’adapte décidément à tous les styles. Un style plutôt proche ici de Jimmy McCracklin. Chuck Moore s’illustre au honky sax. Versatile, Mr Carney emprunte alors la douceur toute californienne de Pee Wee Crayton pour délivrer son "When I trains it pours". Dans ce registre, il épanche des moments très intenses d’émotion, de bien-être et de quiétude. Les trois dernières plages ont été immortalisées ‘live’. Deux au Skylark Lounge de Denver. En mars 2006. Son ami guitariste Steve Gerard y participe. Et une au Smokin' Oyster Brewery. A Ft Meyers. La finale. Willie Pooch y fête son retour pour chanter "Take off your shoes". Sean vient de signer un album véritablement exceptionnel !