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Après avoir publié son album « Watch This Liquid Pour Itself », en janvier 2020, Kaya a quitté New York pour l’Europe afin de créer et montrer ses diverses réalisations artistiques interdisciplinaires. Elle a notamment réalisé une installation qui amplifie la…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mardi, 13 mars 2007 04:00

Human animal

Après le temps de l’Apocalypse, voici le temps d’aller voir un médecin. Car depuis qu’on a vu Wolf Eyes en live, on n’entend plus pareil. Nos tympans auront atteint leur seuil limite : Wolf Eyes ou le point de non retour -après eux l’acouphène, jusqu’à la fin des temps. « Human Animal » est le deuxième album du trio d’Ann Arbor à sortir sur Sub Pop, et c’est encore et toujours du bruit qui déchire (larsens insupportables, décharges électriques à pisser dans son froc, bidouillages électroniques et concassage analogique, ululements gutturaux, crissements industriels). Celui qui ose dire ‘Même pas peur !’ en écoutant ces six morceaux de sauvagerie postmoderne est soit sourd, soit un habitué des Yellow Swans, de Kevin Drumm, de Sun O))) et de Lasse Marhaug. Plaît-il ? Ne cherchons pas MIDI à 14h : « Human Animal » vaut bien son pesant de boules Quiès. Faites du putain de bruit, après ça vous passera.



mardi, 13 mars 2007 04:00

Colleen et les Boîtes à Musique

Il ne s’agit pas du troisième album de la Française, mais d’une commande de l’Atelier de Création Radiophonique de France Culture. Une carte blanche, en fait, qui regroupe 14 titres composés sur base d’un leitmotiv simple : celui, tintinnabulant et mécanique, de la boîte à musique. Après le glockenspiel, la viole de gambe et le sampling à tire-larigot de tout ce qui sonne acoustique, Cécile Schott s’est donc lancé dans ce projet original, sans aucun doute délicat. Quatorze ritournelles au parfum lancinant de l’enfance, qui donnent envie d’aller chasser le Snark. En superposant et mixant plusieurs couches de mélodies jouées par ces appareils miniatures, Colleen bâtit sans emphase une authentique cathédrale sonore : sous ses voûtes accueillantes le touriste que nous sommes se tait, et admire le travail. Mieux que les fonts baptismaux en marbre de Villefranche, cet EP se visite avec la déférence qu’on réserve d’habitude aux plus grands bâtisseurs. Pourtant, seule et sans aucune vanité ni boulimie instrumentale, Cécile Schott parvient à chacun de ses disques à nous émerveiller. Le sampler, il est vrai, s’avère un compagnon de (bonne) fortune… Mais derrière la machine on retrouve Colleen ; et son âme est si belle qu’on la rêverait en Belle au Bois Dormant… (…) Ne nous emballons pas dans d’éternelles jérémiades sur la mélancolie et l’affreuse solitude qui tenaillent nos pitoyables existences, ce n’est point le moment. Il n’empêche que des boîtes à musique ne suffiront sans doute pas à réveiller l’enfant qui est en nous, et de là l’innocence perdue. Ca se discute, certes, jour après jour, mais là c’est une toute autre histoire, à suivre tous les midis sur TV5.

 

 



mardi, 13 février 2007 04:00

Okonokos

Qu’écrire qui ne le fût déjà en ces pages volatiles ? My Morning Jacket est l’un des groupes les plus importants de ces dernières années, qui en l’espace de trois ans a signé deux chefs-d’œuvre intemporels de country-psyché-pop-rock, les fabuleux « Z » et « It Still Moves ». Ce premier double live ne remet donc pas les pendules à l’heure, puisqu’en plus d’être un formidable groupe de studio, My Morning Jacket s’avère aussi un formidable ensemble de scène. Ceux qui les ont vus à l’AB en novembre 2003 s’en souviennent sans doute encore comme si c’était hier, tant leur performance, ce soir-là, frôlait le nirvana, en version pourtant quasi-instrumentale ! L’anecdote vaut la peine d’être rappelée : suite à un gros rhume persistant, Jim James s’était réveillé ce jour-là en bien petite forme. Aphone, il préférera préserver son organe magique et ne chanter qu’en début et fin de concert… Et pourtant le moment se sera révélé exceptionnel, tant ces types jouent comme des dieux de l’Olympe rock’n’roll, s’élançant tels des foudres de guerre sur leurs guitares/basse/batterie, jusqu’à toucher le ciel et tout le chambardement. De dieu ! On en frémit encore. Autant dire que ce live sous plastique on l’attendait comme le Messie, et on n’est pas déçu : 21 titres d’une splendeur mirifique, pour la plupart issus des deux classiques cités dix lignes plus haut. Seuls un titre de « Tennessee Fire » (« I Think I’m Going to Hell ») et trois de « At Dawn » (« Lowdown », « Xmas Curtain » et « At Dawn ») évoquent leur carrière pré-major, mais ne boudons pas notre plaisir : « Okonokos » est un grand disque live, que tout fan qui se respecte devrait posséder en plusieurs exemplaires. Buy or die !

 

 

 

dimanche, 31 décembre 2006 04:00

Remixes

Après Fridge (bientôt le comeback), ses albums solo, ses compilations d’influences et de goût(s) (LateNightTales, DJ Kicks, tous deux fameux) et son ‘featuring’ Steve Reid, Kieran Hebden rappelle à notre bon souvenir qu’il est aussi, forcément dirait-on, un sacré bon remixeur. Normal pour un type de cette éclectisme trempé, à l’ouverture d’esprit simplement exemplaire : monsieur aime la musique ? Nous aussi, et c’est pour ça qu’on l’aime et qu’on guette chacune de ses sorties. Scindée en deux (« remixes » et « remixed »), cette double compile donne un bel aperçu de ce que le garçon est capable, à savoir s’approprier la musique des autres sans la rendre vulgaire. Sous son scalpel digital s’ébaudissent stars planétaires (Radiohead, Aphex Twin, Bloc Party), les visionnaires Madvillain (bref Madlib et MF Doom) et même la gentille Sia – avis aux amateurs de Six Feet Under, la fin. C’est là qu’on repense au slogan de la série (« Tout a une fin ») et que d’un coup notre pression sanguine s’affole et nous oblige à éteindre cet ordi, pour une bonne nuit de sommeil. Ah oui, sinon Four Tet est remixé par Jay Dee, Manitoba, Battles ou encore Boom Bip. « Tout a une fin ». Sniff. Ca ne pouvait pas mieux tomber. 

 



On pourrait chicaner à l’infini sur qui est le ‘roi’ de tel ou tel genre : Carl Craig et Laurent Garnier pour la techno ? Il s’agit sans doute d’une décision savamment marketée (et Richie Hawtin, Derrick May, Jeff Mills, etc. ?), mais peu importe : le but n’est pas ici de jouer au jeu des sept familles, mais plutôt d’écouter la muse de ces ‘kings’, bref ce qui les influence ou/et les émeut. Surprise (ou non) : Laurent Garnier n’aime pas que la techno, mais aussi le wock’n’woll (The Stooges), la soul (Aretha Franklin, The Temptations), le hip hop (Dabrye et son excellent « Game Over ») et le funk (Funkadelic). Evidemment il rend hommage à son collègue de compile (« No More Words »), mais dans l’ensemble on espérait du Français bien plus de prise de risque. Carl Craig n’hésite pas, quant à lui, à faire péter Nitzer Ebb et Visage, Art of Noise (le mythique « Beat Box ») et Yello. Deux sélections sans prise de tête, mais sans grand intérêt non plus.

mardi, 13 février 2007 04:00

Ruby s Torch

Pour les aficionados de la chose country-folk, Nanci Griffith n’est pas une inconnue. Sur ce dix-neuvième album en vingt ans de carrière, la chanteuse ‘réalise un vieux rêve’ : compiler ses torch songs préférées ; bref appuyer d’un geste tendre sur nos glandes lacrymales. Une aubaine pour nos oreilles, puisque son grain de voix subtil, tout en douceur et propice à la mélancolie, se prête forcément bien à ce genre d’exercice. Et même si les arrangements qui l’enrobent pêchent par préciosité (ces cordes, envahissantes) et gâchent un peu notre plaisir, on l’écoute. Jusqu’au bout. Parce que c’est évident : Nanci Griffith chante bien, très bien. « Ruby’s Torch », du nom de la cover de Tom Waits (« Ruby’s Arms », magnifique), est avant tout le disque d’une voix. De ce grain donc. De beauté. De Jimmy Webb à Sinatra (« In The Wee Small Hours Of The Morning », signé par le tandem Mann/Hilliard), il caresse ces covers (+ 2 inédits) dans le sens le plus agréable du poil. On ronronne sous son poids chaleureux et ça fait du bien par où ça passe.

 

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