HEADKEYZ sortira son tout premier opus, « The Cage & The Crown : Chapter I », ce 25 novembre 2022. Album pré-apocalyptique, sombre, tourmenté, engagé et enragé, il constitue le premier volet d’un concept qui dresse le bilan d’un monde fou et instable ayant…

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C’est le premier album de Planterose, mais pas les premiers pas dans la musique pour ses équipiers. Amoureux de pop culture, ce monde idéal où Flavien Berger partage un verre avec l’homme de Rio, Gainsbourg s’adonne à la Dream pop, et Laetitia Sadier…

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Sebastien Leclercq

Sebastien Leclercq

Après avoir été programmé au Rock Werchter et s’être produit dans un Wiltloof Bar comble, il y a deux ans, Sam Fender est de retour au Botanique, mais dans le cadre des Nuits. Pas étonnant que l’Orangerie ait vite affiché complet. Et qu’une grande partie du public soit anglophone. Faut dire qu’il a bénéficié d’un sérieux coup de pouce médiatique outre-Manche, grâce à sa nomination au ‘BBC's Sound of 2018’ et surtout après avoir décroché un ‘Brit Awards Critics’ Choice’.

Et la soirée débute déjà sous l’égide britannique, puisque The Pale White ouvre les hostilités. Originaire de Newcastle, ce trio semble vouloir nous en mettre plein la vue et surtout les oreilles, sur le peu de temps (30 minutes) qui lui est imparti. Sans temps mort, il enchaîne sept titres, tel un Anthony Joshua qui alignerait ses uppercuts ou encore un Queens of The Stone Age qui aurait suivi une cure de jouvence (NDR : et son public aussi). « Loveless », « Medecine » et en clôture « End of time » constituent autant de singles que l’on entendrait volontiers sur les ondes radiophoniques…

L’Orangerie se remplit davantage avant que Sam Fender et sa troupe ne débarquent. La température monte d’un cran, au propre au comme au figuré, les jeunes filles agglutinées aux premiers rangs commençant à pousser des cris stridents. Le set commence fort par le très rythmé « Millenial », un morceau rappelant Arctic Monkeys. Guère avare de commentaires entre les titres, le natif de North Shields (NDR : une petite ville proche de Newcastle d’où est originaire le supporting act) n’hésite pas à plaisanter avec l’auditoire, le comparant à celui de Glasgow. A l’instar de son dernier passage au Bota, « Dead boys » et « Hypersonic missiles », des titres qui devraient figurer sur son premier LP, un éponyme, font mouche. Le second gratteur, Dean Thompson, enrichit les compos, pourtant déjà captivantes, de touches plus rock, parfois folk. Et ses interventions sont judicieuses. « Play gold » clôt une première moitié de set, à l’issue duquel Sam est abandonné par son backing group. Seul sur les planches, il simule un rappel. Puis nous réserve trois titres en solo. Sa voix est alors haut-perchée, comme hantée par le regretté Jeff Buckley. Toujours aussi loquace, ce beau gosse continue son one-man show en blaguant entre les morceaux (NDR : son expérience d’acteur, notamment dans des séries anglaises, doit certainement le servir). Lors du final, la formation est à nouveau au complet pour attaquer le single « That sound ». Si le premier elpee de Sam Fender ne paraîtra qu’au mois d’août prochain, manifestement, la route vers le succès de ce jeune Britannique qui vient de souffler ses 25 bougies est toute tracée…

Sam Fender + The Pale White

(Organisation : Botanique)

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mardi, 05 mars 2019 10:55

Conceptuel mais déconcertant…

Suivant sa bonne habitude, Laibach va de nouveau tenter de nous surprendre, ce soir, au Botanique. Entre provocation, brouillage de pistes et jeu de scène époustouflant, le set sera partagé en deux parties distinctes, séparé par une intermission, mais prolongé par un troisième acte (NDR : le rappel), toujours aussi désarmant.

Groupe de référence dans l’univers de la musique indus voire dark wave, Laibach est originaire de Slovénie (NDR : son patronyme n’est autre que l’ancienne appellation de la capitale slovène, Ljubljana). Créative, sa carrière a commencé début des eighties ; aussi, en retracer l’historique nécessiterait l’écriture d’un bouquin, et la résumer est quasi-mission impossible.

Rien que pour comprendre son dernier engagement majeur, en l’occurrence sa tournée accomplie en Corée du Nord, il a fallu se farcir un long documentaire. Intitulé « Liberation day », il était d’ailleurs projeté, la veille de ce concert, au cinéma Nova, à Bruxelles, en présence du réalisateur Morten Traavik et d'Ivan Novak, un des membres du band, une projection à laquelle de nombreux fans ont assisté.

L’Orangerie est presque sold out pour accueillir Laibach. Assez mature, le public réunit de nombreux nostalgiques de la période indus. Le show va démarrer avec un bon quart d’heure de retard. Etonnant quand on connaît la ponctualité bien germanique du combo. Première surprise : l’intro ! Et pour cause, on se croirait dans la basse-cour d’une ferme… Le premier acte est consacré au dernier opus, « The sound of music», dont le tracklisting est interprété dans son intégralité et l’ordre. Inspiré du dernier périple opéré en République populaire démocratique de Corée, mais également du film ‘La mélodie du bonheur’, un long métrage très prisé au pays de Kim Jong-un, cet elpee a, de nouveau, de quoi déconcerter. Pourtant, les premières minutes du set sont carrément agaçantes. Le chant lyrique de la choriste évoque celle d’une candidate de l’Eurovision. Mais dès que Milan Fras grimpe sur le podium pour y poser sa voix immuablement rauque sur le titre maître de l’album, le concert prend une toute autre dimension. L’ensemble devient harmonieux, pondéré et maîtrisé. Même Milan affiche le sourire et adresse un regard bienveillant à l’égard de son public et des autres membres de la formation. Ce qui est inhabituel dans son chef. Les images projetées en arrière-plan et sur les enceintes sont carrément bluffantes. Excellent, « Edelweiss » est enrichi de chœurs d’enfants… mais samplés. Et tout aussi épatant, « So long. Farewell » est décliné en plusieurs langues (‘auf wiedersehen, adieu’).

Après l’entracte, au timing quand même scrupuleusement respecté, place au deuxième volet du show. Pour lequel les acteurs ont changé de costume. Et la musique va aussi changer radicalement de style, passant alors à l’indus. Tout au long de « Mi kujemo bodočnost », Milan nous matraque de slogans. Avant de s’éclipser quelques minutes afin de laisser ses musicos s’exprimer à travers une musique tour à tour bruitiste, jazzyfiante et même métallique. On pourrait imaginer qu’il s’agit d’une jam, mais en fait, tout est réglé comme du papier à musique, à l’instar de l’ensemble du spectacle qu’on pourrait qualifier de conceptuel. « Smrt za smrt » et « Nova akropola » s’enchaînent à merveille. Les lyrics sont martelés à la manière d’un leader politique dont le disours tient de la propagande. Pendant « Vier personen », les  portraits de Marx, Engels, Lénine ou Trump s’affichent tour à tour. Cherchez l’erreur ! Le temps de six morceaux, soit durant une bonne trentaine de minutes, on est plongé au sein d’un univers sombre, à la limite de la persécution…

Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le rappel va se singulariser par une autre forme d’audace. Laibach nous réserve ainsi une cover du « Sympathy for the devil » des Stones, d’abord. Puis « The coming race » nous plonge dans la science-fiction, et tout particulièrement celle du film ‘Iron sky’. Encore qu’on y décèle, à nouveau, des traces eurovisonaires, mais aussi du générique d’un hypothétique James Bond. Marina Mårtensson, la nouvelle chanteuse, revient sur l’estrade, dans une tenue beaucoup plus décontractée. Haut-perchée, sa voix peut impressionner, mais votre serviteur préférait celle de sa devancière, Mina Špiler. « Surfing through the Galax y » clôt la prestation. Un titre country/folk bien yankee, au cours duquel Milan revient coiffé d’un chapeau texan. Déroutant ! Mais de quoi aussi briser son image gothique.

D’ailleurs de nombreux fans purs et durs d’EBM ou indus de la première heure, reconnaissables à leur crâne plutôt rasé, quittent prématurément le show, criant presque à la supercherie. A contrario celles et ceux qui apprécient l’originalité et la liberté de ton du spectacle, approuvent, félicitent et l’ovationnent, car il est bien plus intéressant que celui de ces groupes ou artistes issus des eighties, qui se contentent, lors de leurs concerts, de proposer un répertoire en forme de ‘best of’… 

 (Organisation : Botanique)

jeudi, 24 janvier 2019 00:00

Sympa, mais sans surprise…

Therapy ? compte quand même 30 années d’existence. Il a même publié un quinzième elpee, l’an dernier. Intitulé « Cleave », il a bénéficié de la mise en forme de Chris Sheldon, dont la carte de visite mentionne, notamment, Foo Fighters, Garbage, et les Pixies.

Mais le supporting act est assuré par Adolina. Une formation mouscronnoise que votre serviteur avait déjà eu l’occasion de voir à plusieurs reprises lors de festivals hennuyers (Rock’n’troll, D’hiver rock, etc.), et pour laquelle il avait à cœur d’assurer le compte-rendu d’un de ses concerts, un jour ou l’autre. Après s’être cantonné au Hainaut Occidental, fin des 90’s, le groupe hurlu a donné un gros coup d’accélérateur vers 2006, en sortant ses premières démos. Puis il a multiplié les concerts. Plus de 300 ! Accordés en Belgique mais aussi en France, aux Pays-Bas et en Suisse, partageant même l’affiche avec, notamment, Chokebore, 31 Knots ou encore Girls in Hawaii. Et tout au long de cette période, il a gravé trois elpees et deux eps.

Ce soir, en grimpant sur l’estrade, les sympathisants sont déjà bien nombreux, aux premiers rangs, même si la salle va se remplir progressivement, au cours du set. Les deux gratteurs balancent du lourd. De quoi décrocher les piliers de comptoir et les spectateurs qui en ont marre de faire des (toujours) longues files au bar. Si leurs riffs empruntent à God Machine, la section rythmique basse/batterie rappelle plutôt d’Helmet, alors que l’énergie, retenue ou maîtrisée selon, lorgne vers Fugazi voire Unwound, le chanteur arborant même fièrement le t-shirt du band d’Olympia. Si l’expression sonore est résolument noisy et réminiscente des 90’s, elle laisse également de l’espace au math et au post rock (Godspeed You! Black Emperor, 65daysofstatic). Et lorsque les deux chanteurs s’éclipsent, c’est pour permettre aux guitares de nous plonger au sein d’un climat plus mélancolique, en empruntant une grande route ténébreuse digne de l’univers de David Lynch sur « Lost Highway » ; le titre d’intro, sobrement intitulé « Night drive », corroborant cette métaphore. Bref, une première partie qui valait le déplacement. D’ailleurs la foule ne s’y est pas trompée, en nourrissant généreusement, ses applaudissements.

Set list : Night drive, Bad timing, Posology target, Headache, Boiled frog, Mauvaise graine (bande), Versus (bande), Jackie Chan, Charlie B, Nouvelle

Therapy ? tourne régulièrement chez nous. Sous différentes formules. En acoustique, au cours du mois de novembre 2016 au même Bota. En électrique, au cours du mois de septembre 2017 à l’AB où ils se produisaient en première partie de Sisters of Mercy. Ou plus récemment encore au Depot de Louvain, en novembre dernier. Pas de surprise, ce soir, puisque la set liste est quasi identique à celle proposée, lors de ce dernier concert. Difficile de blâmer le groupe, quand on connaît son parcours, car vu la présence d’un auditoire constitué de quadras et de quinquas qui semble avoir mal vieilli, on peut comprendre que le trio se repose sur ses acquis et ne cherche plus à l’étonner. Dans ces conditions, on voit mal le band avoir l’audace d’ignorer ses hits, lors d’un concert, pour se concentrer sur son catalogue expérimental ou constitué de flip sides, un peu comme l’ose Radiohead ou Morrissey. D’ailleurs, ce public reste amorphe à l’écoute des morceaux issus du dernier opus, « Cleave », ne s’enthousiasmant que sur des tubes comme « Die Laughing », « Screamager », « Potato Junkie » ou encore « Nowhere », exécuté lors du rappel. Il y a bien quelques timides pogos et même du gentil stage diving. On épinglera, quand même la version de « Teethgrinder » et l’hommage rendu à Triggerfinger. Et puis surtout le coup de gueule à l’égard du Brexit et de Donald Trump, poussé par Andy Cairns –dont la coupe de cheveux est aussi punk que rebelle– en intro de « Kakistocracy ».

Bref, un concert bien trop lisse. Sympa, comme une bonne copine dont on ne tombera jamais amoureux, mais sans surprise. Un peu comme ceux accordés par Nada surf ou Fun Lovin’ Criminals, au cours des dernières années, reflétant quelque part une image bien terne, à l’instar de cette toile tendue en arrière-scène ou des pochettes d’albums, pas toujours très recherchées. Il serait quand même temps, s’il n’est pas trop tard, que Therapy explore de nouveaux horizons ou prenne davantage de risques.

 (Organisation : Botanique)

samedi, 19 janvier 2019 08:18

L’oiseau fait son nid

La réputation de Feu ! Chatterton, en Belgique (francophone), n’est plus à faire. Depuis 2015 le groupe s’est produit plusieurs fois au Botanique (dont deux fois lors des Nuits), ainsi que dans le cadre de nombreux festivals. Pas étonnant donc que l’AB soit comble ce samedi soir.

En première partie, Kùzylarsen a la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Il avait déjà joué, un mois plus tôt, à la Rotonde, mais comme tête d’affiche. Ce duo belge réunit Mathieu Kùzylarsen (NDR : un pseudonyme qu’il a choisi après avoir fondé Kouzy Larsen) et Alice Vande Voorde. La musique du tandem oscille entre chanson française à la Dominique A et folk oriental. Mais ce qui attire d’abord l’attention c’est cet instrument intriguant que se réserve le leader : un oud électrique, qu’il déclare avoir ramené de ses nombreux voyages à travers le monde. En fin de set, Mathieu précise que « Je l’ai toujours aimée » est connu des fans de Feu ! Chatterton, parce qu’il l’a déjà repris en ‘live’. En toute modestie, il aurait pu préciser que ce titre a été composé au cours des 80’s, par le père de la bassiste, Roger-Marc Vande Voorde, pour sa formation de l’époque, Polyphonic Size. A contrario, tous les détails nous sont communiqués sur le morceau final, « Fer de lance », et notamment la contemplation d’un arbre après une soirée un peu trop arrosée à l’Archiduc. Ce titre a cependant le mérite de réveiller l’auditoire, car ce concert, bien qu’agréable dans son ensemble, aurait eu un meilleur impact dans une salle plus intimiste, plutôt qu’à l’avant d’une grande scène.

« L’oiseleur », deuxième elpee de Feu ! Chatterton est paru l’an dernier. Dans la foulée, le combo s’est lancé dans une tournée de 4 mois, dont le point culminant a été fixé au Zénith de Paris, quelques jours après cette étape belge. Il est 20h30 pile lorsque les quatre musiciens déboulent sur l’estrade et se lancent dans le déjà rythmé « Ginger ». Toujours vêtu d’un costard élégant, Arthur Teboul éblouit les premiers rangs, peuplés de nombreuses génuflectrices sous le charme. Il ne laisse pas vraiment de temps mort entre les morceaux, entretenant la flamme de ses commentaires métaphoriques entre ceux-ci. « Fou à lier » et le très swinguant « Ophélie » enchantent la foule. Et les compos plus tempérées, comme « Côté concorde » ou « A l’aube » sont plutôt bien arrangées sous leur version ‘live’. On leur pardonnerait même « L’ivresse » un titre, finalement assez saoulant. Car s’il y a bien une constance, c’est la puissance poétique des textes, concédant des références à Baudelaire, Rimbaud et même Henri Salvador (en fin de set), à peine masquées. Souvent tranchants, les guitares et les synthés transcendent littéralement les compos. Et c’est le puissant « Boeing » qui clôt le show. Avant que la formation ne revienne, à deux reprises, accorder un généreux rappel de quatre titres. Et au bout de deux heures de concert, l’auditoire semblait plus que ravi. 

Feu! Chatterton reviendra le samedi 9 mars 2019 à l’Eden de Charleroi et les tickets sont toujours disponibles ici

(Organisation : Nada Booking)

vendredi, 07 décembre 2018 09:43

Deux vents de folie…

La météo est à la tempête ce vendredi. Les averses se multiplient avant de débarquer à Forest. Tout comme ce qui nous attend à l’intérieur ce soir, par ailleurs…

Prodigy était déjà parvenu à faire trembler les murs de Forest National en 2009. L'un de ses meilleurs concerts, selon les fans. Et aussi celui qui avait le plus fait vibrer le sol bruxellois (NDR : sans doute à égalité avec celui de Faithless en 2001). Ce soir, la foule est moins dense. Le prix des tickets chute sur Ticketswap au fil des heures. Les deuxièmes étages sont d’ailleurs condamnés, conférant la formule club à la salle. Sans doute la conséquence de l'omniprésence de Prodigy lors des festivals d'été ? Ou d'un agenda de concerts chargé à cette même période ? (NDR : Editors remplit une deuxième fois le Cirque et Magnus cumule plusieurs soirées de suite à l'AB).

Les premières parties manquent parfois d'intérêt. Mais pas ce soir. Slaves avait déjà fait forte impression à Dour en 2016. Et va encore confirmer, malgré un tout petit espace sur la toute grande scène (NDR : une batterie minimaliste, une guitare, son logo sur tubes néons et quelques amplis). Un matos de David face à celui de Goliath, en tête d’affiche. Le DJ bruxellois a la bonne idée de diffuser les Stooges en intro (NDR : et un peu plus tard les Buzzcocks en hommage à Pete Shelley, décédé la veille). Car le ‘Punk’s not dead’ va résonner dans l’arène. Bodybuildés et tatoués, le duo déboule sans coup férir sur l’estrade. Et balance une détonation de compos de deux minutes, qui renverrait les jets de pavés de gilets jaunes au rang de bac à sable. On pense à l'énergie et la virilité dispensées par Idles. Sans doute aussi à cause de son incursion dans le public après trois morceaux seulement. Le batteur/chanteur parvient à inciter la foule à reprendre le refrain ‘Fuck the high-hat’, alors que les premiers pogos éclatent. Pas de temps mort. Si ce n’est une séance de ‘hugs’ sollicitée par le leader (et exécutée dans la foule). Comme le titre de son elpee, « Take the control », le signale, Slaves a pris en esclave l’audience bruxelloise pendant 45 minutes. 

Les aficionados de Prodigy se massent de plus en plus dans le parterre, s’agitent et trépignent d’impatience. Un rideau sur lequel est imprimé une araignée géante (NDR : un logo déjà utilisé sur la pochette de son  album live « The world’s on fire », paru en 2011) masque la scène. Sur le coup de 21h25, impressionnant, le décor révèle deux demi bus londoniens à l’effigie du dernier opus, « No tourists ». Le maestro Liam Howlett s’installe derrière sa console. Et le concert démarre en force par « Breathe ». Qui provoque déjà des mouvements de foule et déclenche une véritable hystérie au sein des premiers rangs. On ne compte plus les spectateurs cherchant leurs lunettes ou gsm, égarés dans les bousculades. Sur « Omen », les deux MCs Keith et Maxim poussent leurs cris plus qu’ils ne chantent. Pendant « Champions of London », la détonation de basses est telle qu’on regrette d’avoir oublié nos boules Quies. « No Good » est enchaîné à « Smack My Bitch Up », deux morceaux qui ponctuent une première moitié de set.

En rappel, coloré de touches hip-hop et dub, « We Live Forever », issu du dernier opus, sonne comme un retour aux sources. Il est même difficile de croire que le groupe a plus de 25 ans d’existence, tant ses protagonistes ne semblent pas avoir pris une ride. Prodigy nous permet d’ailleurs de voyager entre ses albums, depuis son dernier (« No Tourists ») à son premier (« Experience »)

Quelques bémols quand même. D’abord la durée du show. A peine une heure dix, soit un set aussi court que lors d’un festival. Mais également le son hasardeux ainsi qu’un light show aveuglant. Cependant, on retiendra surtout cette ambiance de transe dans la fosse, du début à la fin…

Setlists :

Slaves

Sockets, Bugs, Magnolia, Fuck The High-Hat, Cheer Up London, The Lives They Wish They Had, Chokehold, Sugar Coated Bitter Truth, Beauty Quest, The Hunter

Prodigy

Breathe, Resonate, Nasty, Omen, Champions of London, Voodoo People, Run With the Wolves, Need Some 1, Poison, Everybody In The Place, Firestarter, Roadblox, Light Up The Sky, No Good, Smack My Bitch Up.

Rappel : We Live Forever, Fire, Take Me To The Hospital, Timebomb Zone, Out Of Space (outro)

(Organisation : Live Nation)

 

dimanche, 16 septembre 2018 19:12

A new kind of freedom

Bienvenue en Bretagne ! Là où la musique celtique est reine. Digne représentant du genre, The Celtic Social Club réunit bien évidemment des musicos du cru, mais également issu du reste de l’Hexagone, mais également d’Ecosse. Sans oublier les invités qui ne jurent que par la foi celte. Chevilles ouvrières du projet, Manu Masko et Jean-Pierre Riou ne sont pas des néophytes. Il ont même déjà bien roulé leur bosse ou plus littéralement brassé un breuvage similaire, notamment au sein de leur ancienne formation, Red Cardell. Ce collectif et celui de Buena Vista Social Club (NDR : cubain, faut-il le rappeler) ont un patronyme analogue. Et une démarche parallèle. Dans l’esprit, bien sûr ! Parce qu’ils cherchent à populariser un style musical, en y apportant des touches personnelles et contemporaines. En outre, pour mettre en forme cet LP, le band a bénéficié du concours d’un producteur notoire, en l’occurrence L’Irlandais John Reynolds (Sinéad O'Connor, U2, Brian Eno, Chieftains…)

Le titre maître ouvre la plaque, un titre punk/ska enrichi par le banjo et l’accordéon, qui lorgne manifestement vers Rancid. Entre ballades brumeuses (« Dream to believe in », « Aliens ») et plages davantage allègres (« Lucy Wan », « A dub for black donald »), on est plongé dans une ambiance d’un bon pub chauffé à blanc. Mais ce sont les pistes les plus tribales, comme « Hoolieman » ou en final, « After the fall », qui se révèlent les plus intéressantes. Et pour cause, elles affichent un feeling artistique breton et exploratoire qu’on retrouve, par exemple, chez Familha Artus, au sommet de sa forme…

Un chouette album à écouter, les longues soirées d’hiver, au coin d’un feu de bois, tout en sirotant une bonne bouteille de whisky (ou d’hydromel, selon) entre amis…

dimanche, 16 septembre 2018 19:07

Free your mind… and your grass will follow

Hayseed Dixie est issu du fin fond du pays de l’Oncle Sam. Et son patronyme –né d’une prononciation yankee d’AC/DC–ne trompe pas : il pratique du bluegrass. Il s’est d’ailleurs fait connaître, début du millénaire, en publiant un album constitué de reprises du band australien…

Quinzième elpee de la formation, « Free your mind… and your grass will follow » recèle à nouveau des covers, preparées dans le même esprit, mais de combos ou artistes différents. Ainsi, l’opus s’ouvre par une adaptation très rythmée du « Buffalo soldier » de Bob Marley. A contrario, « Oliver’s Amy » est beaucoup plus proche de la version originale d’Elvis Costello. Faut dire que le leader affiche un timbre vocal très proche du Londonien. Et tout au long du « Black or white » de Michael Jackson, l’afro pop et le folk américain font paradoxalement bon ménage… 

Cependant, ce sont les compos signées par le band qui se révèlent les plus intéressantes. Parce qu’originales. A l’instar de « So quickly we forget » ou du final « Ain’t no country big enough », deux véritables hymnes à l’ouverture. Sans oublier les ballades qui sentent bon le Tennessee natal, des pistes au cours desquelles le rockgrass se distingue par ses chœurs, alors qu’un banjo catalyse l’ensemble, en arrière-plan…

Hayseed Dixie se rapproche du cap des 1 500 dates de concerts à travers le monde. Il s’était déjà illustré lors d’un passage remarqué, dans le cadre du festival Roots & Roses, à Lessines, en 2011, et celui de Dranouter, en 2016…

samedi, 07 juillet 2018 03:00

Open’er 2018 : samedi 7 juillet

Votre serviteur aurait-il un peu trop fêté la victoire des Diables Rouges la veille ? En forçant sur la vodka, notamment ? Ou tout simplement est-ce dû à l’absence de tête d’affiche véritablement rock à l’affiche de ce samedi ? Toujours est-il qu’il rejoint péniblement le site du festival, ce dernier jour… Une sorte de Mission to Mars, en référence à l’épilogue de ce samedi…

L’inconvénient, lors d’un grand festival, étalé sur 4 jours, c’est l’éclectisme de la programmation proposée. Autant il fallait parfois opérer des choix au cours des trois premières journées, autant ce samedi il faut se gratter pour déceler des artistes intéressants (et rock de surcroît). Dans ce cas de figure une réaction pro est donc nécessaire. Par exemple, en tirant parti des infos recueillies auprès de spectateurs plus jeunes ou locaux.

Focus sur Dawid Podsialo qui foule les planches de la scène principale. Visiblement c’est un des artistes les plus célèbres en Pologne, puisqu’il cumule les albums de platine et diamant. Il s’est déjà d’ailleurs produit à plusieurs reprises dans son plus grand festival national. Parfois sa musique rappelle un certain Clouseau (NDR : des Belges, quand même). Ou alors Arctic Monkeys, mais plus pour le look élégant de son leader (NDR : proche de Matt Damon avec une moustache soignée) que par ses accents rock…

Vedette internationale, Bruno Mars a certainement dû rafler le plus gros cachet de la soirée (voire de tout le festival). Il va donc nous livrer un show d’1h30. Tout comme ses musicos, il est vêtu d’un pantalon à liseré blanc. Il déboule sur les planches sur le coup de 22 heures, sous l’ovation de la foule. L’Hawaïen ouvre les hostilités par « Finesse », un titre peu judicieux, puisqu’à l’instar de son t-shirt à l’effigie de l’équipe de Baseball de Pittsburgh, ‘Pirates’, le show va se révéler ‘à l’américaine’. Dans l’esprit du « Living in America » de James Brown, B.O. du célèbre film ‘Rocky IV’ (NDR : une références qui parle d’elle-même), même. Les tubes s’enchaînent, depuis « 24K Magic » à « Marry you », en passant par « Just the way you are ». Bruno Mars et ses acolytes n’en oublient pas pour autant leurs rituels pas de danse. D’ailleurs, le spectre de Michaël Jackson plane régulièrement, même si les compos sont… bien différentes. Et sans grande surprise, le seul titre interprété lors de rappel, « Uptown funk » nous réserve une longue intro funky, au cours de laquelle le bassiste et le batteur se donnent à cœur joie avant que les cuivres ne mettent le nez à la fenêtre. La foule frappe alors des mains, puis reprend les paroles en chœur. S’il faut quand même attribuer un mérite à Buno Mars et son équipe, c’est de parvenir à arranger la plupart de ses titres, pour leur communiquer une touche plus ‘live’ que sur disque…

Tout comme le rock ce dimanche, le soleil a bel et bien disparu. Il fait nettement plus frais et la grande foule se réfugie sous la Tent stage. La sensation synthpop Years&Years communique la fièvre du samedi soir à un public jeune, et en grande partie féminin. Le band londonien vient de publier son second elpee. Sur les planches, il aligne les hits tout en s’autorisant des chorégraphies sensuelles voire un brin fétichiste et provocantes. A la fin du set, Olly Alexander (NDR : le leader au physique et à la voix proche d’un jeune Justin Timberlake), ouvertement homosexuel, s’empare d’un drapeau arc-en-ciel, le brandit et l’attache autour de la taille. Sous les applaudissements d’un public conquis d’avance. Et même si, rappelons-le, la Pologne n’est pas vraiment le pays le plus ‘gay-friendly’ d’Europe. Ce qui n’empêchera pas  le tube « King » de sonner déjà, en final, comme un hymne, dans la bouche des teenagers…

(Organisation : Open’er)

 

vendredi, 06 juillet 2018 03:00

Open’er 2018 : vendredi 6 juillet

Ce vendredi la Belgique a rendez-vous avec l’histoire. Et pour cause, dans le cadre de la coupe du monde de football, ses Diables Rouges affrontent le Brésil, en quart de finale. Et il faut à la fois féliciter et remercier les organisateurs, qui malgré l’élimination prématurée de ses Aigles Blancs, ont quand même déployé un écran géant sur le site. Ce qui va nous permettre de commencer la journée par la rencontre Uruguay-France tant sur le plan football que musical (NDR : la rime est approximative).

Les Français et Belges qui se sont déplacés à l’Open’er, lors de cette édition, sont plus visibles, aujourd’hui. Et pour cause, ils portent les couleurs ou la vareuse de leur équipe nationale. Ce nombre semble en augmentation constante, même si on est encore loin de la fréquentation francophone au Sziget ou Balaton Sound, par exemple. Il existe encore une grande marge de progression, mais pour amplifier le phénomène, il faudrait cependant que davantage de médias étrangers s’y intéressent… 

Votre serviteur débarque à la fin du set de Kali Uchis. Dans un style r’n’b, la belle Américo-colombienne se dandine à la manière d’une Béyoncé ou de sa petite sœur Solange. Agée de 24 printemps, elle est plutôt jolie. Et sa voix est aussi lascive que son physique. Sans être un aficionado du genre, sa musique reste agréable à écouter (NDR : qui a dit à regarder ?) Son spectacle me fait penser à celui de  M.I.A., accordé un an plus tôt, mais s’y on y ajoute des touches ethniques ou world, si vous préférez, et un zeste de rock…

Il est 18h, la France s’est imposée face à l’Uruguay. L’euphorie des Bleus est palpable sur la plaine, face à l’écran vidéo. Mais aussi sous la Tent stage où se produit La Femme. La formation était sans doute informée du score, car elle s’est livrée à fond, sur les planches. Le décor est sombre. Les six musicos sont vêtus de perruques et fringues kitsch. Les singles déferlent tels des tirs au but convertis à chaque reprise. A l’instar de « Sur la planche », « Où va le monde » ou du final explosif « Anti-taxi ». Sacha n’hésite pas à opérer des incursions dans le public et à y jumper même. Les pogos se déclenchent (NDR : assez rares dans ce festival vu que la foule se masse toujours aux premiers rangs). Bref le temps d’un concert on se remet à fredonner dans sa langue maternelle (NDR : le refrain ‘prends le bus, prends le bus’) et à se sentir un peu chez soi. Et après avoir accordé un concert en demi-teinte, lors du Brussels Summer Festival, en août 2017, les Basques (la plupart sont originaire de Biarritz) ont cette fois-ci brûlé les planches et (re-)fait honneur à sa réputation de groupe tendance (NDR : bien que très décalé par moment).

Retour sur la Main stage pour une (soi-disant) valeur montante du rock : Kaleo. Soutenue par une certaine presse suite à sa nomination comme ‘Best Rock Performance’, lors de l’édition 2017 des Grammy Awards, cette formation islandaise rencontre un certain succès, au sein de son pays natal, depuis quelques années. Elle a d’ailleurs participé à l’‘Iceland Airwaves’ de Reykjavik. Mais depuis, elle a décidé d’émigrer à Austin, au Texas. Et c’est là que sa carrière a véritablement commencé à décoller. Si les riffs sont bien rock, la musique est surtout influencée par le folk et le blues yankee. Malheureusement cette expression sonore n’atteint jamais l’intensité de celle dispensée par Jack White, pour finalement s’enfoncer dans un style stéréotypé à la Kings of Leon. A l’instar du set proposé ce soir. On verra maintenant si le band choisit le succès mainstream comme le prétendent les bookmakers musicaux ou décide d’en revenir à ses racines…

Et puis… et puis, il est déjà 20h, place aux… Diables Rouges et à leur exploit face au Brésil. Une bonne vingtaine de Belges (dont votre serviteur) ont la liberté de bondir de joie. On est certes loin de la vidéo impressionnante de la foule en liesse, immortalisée à Werchter, au même moment, mais on est ravi d’avoir pu vivre ce match depuis le site du festival.

De quoi enfiler quelques bières avant de se diriger, tout feu tout flamme, vers la Main stage où est programmé Gorillaz. Autant Kaleo ne nous a pas vraiment convaincu, autant la bande à Damon Albarn va confirmer toutes les attentes placées en elle. Malgré son statut d’irrésistible showman, Damon semble cerné et sa voix un peu fatiguée. (NDR : peut-être que ce grand fan de football arrose-t-il un peu trop chaque victoire de l’Angleterre ?) Quoi qu’il en soit, il bénéficie du concours de six choristes, installées sur une estrade, à l’arrière gauche (NDR : rien à voir avec le football !) Et elles sont infatigables. Visuel, le spectacle nous réserve, bien évidemment, des projections vidéo semblables aux clips qui mettent en exergue des montages entre personnages d’animation et réels, comme dans le cartoon, ‘Roger Rabbit.’ Un show qui ne rencontre pas vraiment de temps mort. Un peu comme si un juke-box alimentait en continu ses singles, dont « Humility », « On melancholy Hill », « Feel Good Inc. », « Kids with guns » ainsi qu’en final, « Clint Eastwood ». Au cours du show, de multiples guests font leur apparition. A l’instar de la rappeuse anglaise Little Simz, du chanteur de jazz et gospel Peven Everett ou encore de Romye Robinson (aka The Phacyde). Tous viennent délivrer des assists à un Damon Albarn qui peine un peu à conclure. Mais quoiqu’il en soit, Gorillaz remplit son rôle de tête d’affiche ce soir, même si son centre-avant cherchait son second souffle…

(Organisation : Open’er)

 

jeudi, 05 juillet 2018 03:00

Open’er 2018 : jeudi 5 juillet

Journée historique pour le festival polonais ! Il est sold out pour la première fois depuis sa création. La présence de Depeche Mode à l’affiche (NDR : le groupe qui a rameuté le plus grand nombre de spectateurs en un an durant sa tournée) n’y est pas étrangère. C’est également la première fois que l’on croise des fans recherchant désespérément un ticket d’entrée. Et vu le contexte, également des spéculateurs patibulaires et sans scrupules qui achètent pour revendre aussitôt les sésames tant convoités…

En début de soirée, assure le spectacle seule, sur la grande scène. Elle n’est accompagnée que de trois musiciens : un batteur, un guitariste ainsi qu’un préposé aux claviers, bidouillages et samplings. Dès lors, vu le grand espace dont elle dispose sur l’estrade, elle doit bondir d’un côté à l’autre du podium pour le combler. Et à l’instar de Nick Cave la veille, Karen Marie Aagaard Ørsted Andersen (NDR : c’est son vrai nom) n’hésite pas à opérer de nombreuses incursions au sein de l’auditoire. Heureusement que sa tenue est sportive, car elle accumule les kilomètres tout au long de son set. Cependant, autant votre serviteur l’avait louangée, lorsqu’il l’avait découverte, sur une petite scène, autant il est devenu perplexe en assistant à ce show mainstream qui dérape parfois dans la lounge. Il faudra d’ailleurs attendre « Drums » et « Lean on » pour retrouver des beats davantage rythmés voire tribaux…

Grand merci à un ami journaliste qui avait souligné la bonne prestation de David Byrne, accordée dans le cadre du Primavera de Barcelone, en mai dernier. Sans son avis, j’aurais zappé la prestation de l’Ecossais, le considérant comme un ‘has been’. Direction donc la Tent stage... pour effectivement se prendre LA claque de la soirée. Le leader du défunt Talking Heads va livrer un show de toute beauté. L’entrée en matière est plutôt théâtrale. Il est assis derrière une table et tel un scientifique, tient la réplique d’un cerveau entre les mains. Il a enfilé un costume chic de couleur grise, qui colle parfaitement à sa chevelure cendrée. Débarquent ensuite ses neuf (!) musiciens et choristes, habillés dans le même style. Ils se répartissent aux quatre coins du podium. Le décor est sobre mais judicieux. Les différentes lumières projetées sur les murs latéraux permettent de subtils changements d’atmosphère.  Aucun musicien ne reste statique ; même le percussionniste trimballe son matos. Les artistes osent des chorégraphies amusantes, dignes d’une comédie musicale. Et malgré ses 66 balais, le leader est tout aussi mobile, empoignant, suivant les morceaux, sa guitare. Sa voix n’a pas pris une ride… comme les mythiques Peter Gabriel ou Robert Plant (NDR : n’ayons pas peur des superlatifs à la Marc Ysaye). En outre, sa communication est aussi classieuse qu’habile. Ce qui nous change des ‘you are amazing’ ou ‘we are very happy to be here’ formatés, dont les artistes américains sont friands. Et l’ovation récoltée auprès de l’auditoire en fin de spectacle est largement méritée.

Cap ensuite vers l’Alter stage pour la prestation de Yonaka. Faut dire que l’article élogieux consacré à ce band avait de quoi convaincre les plus sceptiques. Ce billet s’était même autorisé un ‘one of the UK’s most unique bands, during their ferocious live shows’ (sic !) Le combo est déjà programmé lors de la plupart des grands festivals. Pourtant, il n’a encore sorti que deux 7inches et un Ep. Sous sa longue crinière blonde, la vocaliste affiche un look de female metal singer. Et puis elle est capable de monter dans les aigus comme Sharon den Adel (Within Temptation). Mais à l’image du crowdsurfing entrepris par le gratteur, le style musical du band est encore trop vague. Il est fondamentalement rock, mais, comme en fin de parcours, s’autorise des incursions dans le hip hop. Manifestement, il y de la fougue et de la jeunesse chez ce combo, mais il faudra suivre son évolution avant de se prononcer définitivement sur son potentiel…

S’il existe un groupe qu’il ne faut plus encenser, c’est bien Depeche Mode. C’est le band qui a enregistré le plus grand nombre d’entrées sur sa tournée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : fin mai 2018, on avait enregistré pas moins de 2,3 millions de spectateurs pour assister à son ‘Global Spirit Tour’. Il est aussi frappant d’observer l’attitude des hordes de fans sur le site du festival. Et même en dehors : ils n’hésitent pas à faire la file devant l’hôtel où le groupe réside à Sopot. Ce soir le show revêt une version plus light que celle en salle (comme lors des deux dates accordées au Sportpaleis d’Anvers). Exit la passerelle vers la fosse, le grand décor cubique et lumineux sur lequel Dave entre en scène ou encore les canons à confettis. Qu’importe, leur unique présence ce soir, bien que limitée à 1 heure 30 minutes montre en main, semble raviver la ferveur sur la plaine. Dès l’intro vintage du « Revolution » des Beatles (NDR : tiens encore une reprise des Fab Four, après celle de Noël Gallagher, la veille), les cris s’élèvent au cœur de la fosse. A l’instar des autres grands festivals pour lesquels le band de Basildon est programmé, la set list est, sans surprise, quasi-respectée chaque soir, dans le même ordre. De « Going Backwards » en ouverture à « Personal Jesus », en passant par un interlude « Somebody » que Martin se réserve au micro, au sein d’un décor intimiste (NDR : enfin si on ne tient pas compte des GSM allumés ou des cameramen amateurs, dont les lumières scintillent aux premiers rangs). Juste avant le rappel, « Never let me down again » permet aux aficionados de balancer les bras de gauche à droite et inversement, sur un rythme signifié par Dave, tel un GO du Club Med. Et aucune touche inédite lors de l’encore, puisque les trois morceaux « Walking in My Shoes », « Enjoy the Silence » et « Just Can't Get Enough », seront interprétés sans la moindre surprise tout en respectant le timing...

En toute fin de soirée, votre serviteur fait un petit détour via l’after party organisée dans un club de Gdynia, juste à côté du site du festival. Véritable institution en Pologne, ce type de soirée y est organisée régulièrement tout au long de l’année par et pour les fans de Depeche Mode. On peut même y croiser des sosies de Dave Gahan, singeant sa manière de chanter sur un podium. Mais passé ce rapide coup d’œil, votre serviteur décide de rejoindre sagement ses pénates pour conserver suffisamment de ressources les deux jours suivants…

(Organisation : Open’er)

 

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