Benny Sings est un artiste batave, dont le dernier elpee, « Music », paru en 2021, avait reçu le concours de Mac DeMarco,Tom Misch et PJ Morton, entre autres. Il nous revient avec un nouveau single, « The only one », pour lequel il a bénéficié de la…

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Le guitariste et chanteur nantais Tilmann dévoile le clip d’animation de « Desert Moon », troisième extrait de l’Ep Chrysalis. Les paroles de « Desert Moon » ayant été imaginées à vélo, le long des paysages d'Ardèche, le parti pris du clip est de représenter…

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Sebastien Leclercq

Sebastien Leclercq

La Pologne ne se distingue pas seulement par son équipe de football, dans le cadre européen; mais aussi par ses festivals. L’Open’er, au fil de ses 15 éditions, s’est taillé une solide réputation dans le paysage pourtant déjà dense des grands festivals.

Pour preuve, dès notre départ en matinée à l’aéroport de Bruxelles, on remarque la présence de nombreux jeunes. Ils ont emporté leur matériel de camping et s’apprêtent à faire le (long) déplacement. Il faut dire que les tarifs pratiqués –pass d’entrée, boissons et nourriture– sont bien moins élevés qu’en Belgique. Comptez carrément la moitié des prix. De quoi compenser le coût du billet d’avion ; finalement pas très élevé non plus, d’ailleurs…

Et la soirée débute par un retour très attendu, celui de PJ Harvey. Elle vient défendre son dernier opus, « The Hope Six Demolition Project », qui succède, au sublime « Let England shake » (NDR : un titre bien d’actualité vu le Brexit ; communauté et foot compris). Manifestement, Polly n’a rien perdu de sa superbe. Elle est soutenue par 9 musiciens, dont ses fidèles John Parish et Mick Harvey (NDR : qui rappelons-le n’a aucun lien de parenté avec elle). Et à l’instar de « Chain of keys » proposé en en ouverture, les touches de jazz et de blues sont accentuées par les deux saxophonistes. En outre, les lumières tamisées et le décor de fond (un mur lounge au relief en 3D) donnent l’impression d’être plongé au sein d’un grand club de jazz. Elégamment (NDR : malgré ses 47 balais) la toujours jolie brune vient poser sa voix. Les titres du dernier opus sont presque joués dans l’ordre (« The Ministry of Defence », « The Community of Hope », « The Orange Monkey », « A Line in the Sand », etc.) Il faudra attendre la fin de set pour qu’elle attaque son répertoire plus ancien, dont le décapant « 50th queenie » enchaîné aux « Down by the Water » et « To Bring You My Love ». Avant que ne se produise le point d’orgue de la soirée (NDR : et peut-être du festival), lorsque les 10 artistes vont se pencher, deux par deux, sur les cinq micros en front de scène. Et achever « River Anacostia » en chantant a cappella le refrain ‘What will become if God's gonna trouble waters?’ Un morceau qui reflète bien l’aspect sombre des textes du dernier opus de PJ. Des lyrics qui s’inspirent de la pauvreté qui sévit à Washington DC, mais également de la guerre en Afghanistan ou au Kosovo, pays qu’elle a visités, pour trouver l’inspiration. Sur le long playing, la rythmique du sax est omniprésente (NDR : tout comme sur les planches, il sont trois à assurer cette mission, dont Polly elle-même) et les percus sont hypnotiques. En extrapolant, on imagine facilement des sirènes inhérentes aux conflits armés ; mais également des défilés patriotiques. Et en fin de parcours, les musicos quittent sobrement et un par un, l’estrade, de manière quasi-militaire. Avant que le public, visiblement comblé, réclame haut et fort un rappel. Qui tardera à se concrétiser. Mais les plus patients ont eu raison d’attendre le long ‘encore’. Au cours duquel le band va nous réserver en finale « A perfect day Elise », qu’on aurait pu modifier pour l’occasion en ‘A perfect evening Polly’ !

Lorsqu’elles s’étaient produites à l’Orangerie (NDR : à deux reprises !) les Savages avaient fait un tabac. Sous un énorme chapiteau (NDR : vu la météo, heureusement que cet Alter stage est couverte cette année), la formation britannique est bien en place. Vêtues de tenues sombres, classes et sexy à la fois, le quatuor féminin fait rapidement le ménage (NDR : oui elle est facile, je l’admets…). Le public est dans les cordes. Faut dire que Jehnny Beth et ses copines alignent uppercuts et crochets qui font mouche, comme si elles étaient sur un ring de boxe. Girl power !

La soirée est décidemment bien féminine. Florence and The Machine est programmé au même moment sur la grande scène. Que de chemin parcouru depuis sa prestation accordée dans le cadre du mini festival des Inrocks à Lille en 2009 (NDLR : voir le compte-rendu ici)

C’est la grande foule à l’entrée du site. Et le show sera à la hauteur. La jolie rousse aligne ses tubes, tels un bon vieux juke-box qui tourne sans jamais vouloir s’arrêter. On aura ainsi droit aux incontournables « Shake it out », « Sweet nothing », « Cosmic love » et «You’ve got the love». Florence Welsh est de bonne humeur et elle varie ses chorégraphies. Elle descend même régulièrement dans la fosse (NDR : a contrario de la plupart des artistes qui figurent à l’affiche de ce premier jour). Mais la musique reste de la pop bien gentillette ; et si elle communique avec le public, son discours entre les morceaux est un peu trop fleur bleue, parlant essentiellement de l’amour idyllique…

Pour assister à un spectacle un peu plus original, il est nécessaire de retourner sous l’Alter stage, où Mac DeMarco est programmé. Caractérisées par ses riffs déjantés, ses compos naviguent quelque part entre celles de Pavement et la nouvelle coqueluche, DIIV. Des morceaux noisy/punk aux refrains parfois carrément humoristiques. Et il draine, lui, heureusement, un auditoire bien plus rock’n’roll que sur le podium principal. Car oui, le ‘rock’ a de moins en moins de place dans les festivals ; et il faudrait que les organisateurs pensent tout doucement à retirer ce terme de leur appellation. Suffit de prendre connaissance de la programmation affichée par la plupart des festivals estivaux, pour s’en rendre compte…

(Organisation Open’er)

 

 

dimanche, 05 juin 2016 19:31

Better day

La scène électro/pop française ne se limite pas à Air et M83. Hello Bye Bye en est un bel exemple. Outre le style susmentionné, le combo intègre également dans son expression sonore influences indé et tout particulièrement psychédéliques voire shoegaze. Mais cette structure hybride sert de base de travail à leur Dj (Moule). Qui parvient à trouver un subtil équilibre entre électronique, à la fois dansante (NDR : ces beats hypnotiques !) et planante, instrumentation organique, envolées vocales et mélodies contagieuses.  

Imaginez un peu un mix entre The Kills, Ting Tings (surtout pour l’enthousiasme de la chanteuse, qui rappelle Katie White), Metronomy, LCD Soundsystem ainsi que les Chemicals Brothers, et vous aurez une idée plus ou moins exacte de la musique proposée par Hello Bye Bye.

 

dimanche, 05 juin 2016 19:30

Dissemble

Autobahn est un patronyme qui trahit une connotation ‘ossi’, c’est-à-dire relative à l’ex-Allemagne de l’Est du début des eighties. Et pourtant, ce combo n’est pas germanique, mais britannique. Issu de Leeds, très exactement. Un groupe post/punk qui s’est forgé une solide notoriété sur la scène alternative.

« Dissemble » s’ouvre par le subtil « Missing in action ». La rythmique accélère progressivement, tel un train qui prend de la vitesse avant d’atteindre celle dite de croisière. « Immaterial man » embraie. Paru en single, cette piste baigne au sein d’un climat particulièrement ténébreux. A cause de cette ligne de basse très années 80, mais surtout de la voix du leader, Craig Johnson, qui n’est pas sans rappeler feu Ian Curtis. Une voix nasillarde, chargée de spleen, qui vient systématiquement contrebalancer cette rythmique. Faut dire que tout aussi sombres, les lyrics ne sont pas propices à la bonne humeur. Et un titre comme « Beautiful place to die » en est certainement le plus bel exemple.

A l’instar de The Horrors et d’Eagulls, Autobahn entretient une forme de revivalisme qui séduit les nostalgiques de la fin des 70’s et début des 80’s. Et tout particulièrement ceux qui vouaient un culte à Cabaret Voltaire et Chameleons, dont il incarne probablement le chaînon manquant. Quand au mélomane lambda, tout dépendra de savoir s’il estime le tempo hypnotique ou répétitif. 

 

dimanche, 05 juin 2016 19:28

Reset (b)

C’est en 1999 que votre serviteur a découvert Atari Teenage Riot, dans le cadre du festival de Dour, et sous une chaleur étouffante. Et il reconnaît avoir pris une claque monstrueuse… 

Peu après, la seconde choriste, Hanin Elias, avait tiré sa révérence. Mais c’est surtout le décès de Carl Crack, dans des conditions obscures, qui avait remis l’aventure du band en question. Cependant, malgré un long hiatus traversé jusqu’en 2010, il a continué sa route, de manière intermittente. Et tout particulièrement sur les planches, ne publiant qu’un seul elpee studio, en 2001, « Is this hyperreal ? ». 

Le duo charismatique Alec Empire et Nic Endo a donc gravé un nouvel opus, en 2015, « Reset », tout en continuant à enflammer les scènes. Une œuvre découpée en 10 pistes qui entretient la flamme du digital hardcore.

D’entrée « J1M1 » démontre que non, non rien n’a changé, mais tout a évolué. Les beats numériques cognent toujours aussi dur. Dans l’esprit de leurs cousins germains Scooter ou encore des Insulaires The Prodigy. Surtout en ce qui concerne le rythme breakbeat. Les guitares sont perpétuellement tranchantes et c’est le backing vocal de Nic qui vient booster l’ensemble.

Le titre maître du long playing rappelle que l’engagement sociopolitique du combo est intact (‘Nous vivons dans une décennie au cours de laquelle la violence engendre davantage de violence. Les forces destructives sont au travail ! Il est temps de se poser les bonnes questions. Prenez votre destin en main’).

Certains morceaux semblent avoir été enregistrés en public ou carrément au milieu d’un centre urbain (« Modern liars »). 

L’énergie est palpable tout au long de cet album, et il a fort à parier que ces compos devraient prendre davantage d’ampleur en ‘live’. Atari Teenage Riot se produira d’ailleurs dans le cadre de l’Ieper Fest, ce 13 août 2016.

 

samedi, 30 avril 2016 03:00

Une voix très british, Sir !

Rien de mieux, pour oublier une semaine pourrie par une météo quasi hivernale, que de se réfugier dans une salle de concert, ce samedi soir. Pénétrer dans l’antre du Botanique et traverser son long couloir vitré constitue d’ailleurs toujours une forme de réconfort.
Rover n’est pas seulement le nom d’une ancienne marque de voiture automobile britannique ; c’est aussi celui du projet drivé par le chanteur français, Timothée Régnier.

Paru en 2012, son premier elpee, avait été unanimement salué par la critique. Ce qui lui avait valu une nomination aux Victoires de la musique l’année suivante, comme groupe ou artiste révélation du public de l'année. Il a fallu attendre trois années pour voir paraître le deuxième opus, « Let it glow ». Confirmation ô combien délicate ! S’il a de nouveau été nominé aux Victoires de la musique, en 2016, dans la catégorie ‘Meilleur album rock’, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée début de cette année, aucun prix ne lui a toujours pas été décerné, le public français votant cette fois massivement pour la variété des Innocents, plutôt qu’un groupe en devenir.

Qu’importe, ce soir, même si le public est clairsemé, et l’Orangerie réduite à une configuration minimale, Rover ne va pas décevoir. Dès le titre d’ouverture, « Along », le décor psychédélique est planté. Un peu dans l’esprit de Blaudzun voire de Lumerians. Et la charge émotionnelle est bien palpable. Ce que confirme le leader à l’issue de la deuxième chanson : ‘C’était très important pour nous d’être ce soir à Bruxelles, on a dû reporter ce concert à plusieurs reprises à cause des événements tragiques, en Belgique et un peu partout en Europe’. Avant d’entamer son tube « Call my name ». Suivi de peu par un autre single, « Aqualast ».

Guère avare de commentaires entre les morceaux, Timothée nous raconte une anecdote relative à Bruxelles (NDR : un achat de ticket à la gare du Midi) ou improvise encore un cours de Breton pour introduire « Trugar ».

Mais Rover c’est avant une voix. Très british, Sir ! Sorte d’hybride entre celle d’un Roger Waters juvénile et de Neil Hannon (The Divine Comedy). Encore que parfois on y recèle des inflexions empruntées à Antony Hegarty, auquel il ressemble étrangement, mais également à Mark Kozelek (Red House Painters, Sun Kil Moon) ; mais ce dernier est américain. Une voix qui colle parfaitement aux ballades, réminiscentes des seventies.

Après 1h30 de show sans le moindre temps mort, le spectacle s’achève. Mais visiblement comblé, le public réclame un rappel. Rover va lui en accorder deux, aux cours desquels, il va interpréter « Let it glow », « Innerhum » et « Glowing shades ».

(Organisation : Botanique)

 

lundi, 14 mars 2016 11:25

Rats in the Burlap

Il y a bien 20 ans que Real McKenzies nous propose une musique, fruit d’un savant mélange entre folk celtique et punk enlevé. Troubadours des temps modernes, les musicos tournent énormément. En Belgique, ils avaient ainsi marqué de leur présence le festival de Dour, en 2006, et le Power de La Louvière, en 2011. Pourtant, à l’instar des Mahones, le combo ne nous vient pas d’Irlande ou d’Ecosse, mais du Canada.

« Rats in the Burlap » constitue son 10ème opus. Pas de surprise. La recette est identique. Titre d’ouverture, « Wha saw the 42nd » démarre sur un ballet de cornemuses, pour forger un hymne entraînant. « Who’d a tought » et « Catch me » balancent des accords simplistes et répétitifs qui auraient pu naître d’une rencontre hypothétique entre les Ramones et Motörhead. Plus country, « Spinning wheels » est enrichi par des accords de banjo. Quant à la voix éraillée de Paul, elle continue d’apporter cette touche punk à l’ensemble.

A l’instar des opus de Dropkick Murphys ou des Belges de Black Tartan Clan, cet LP a le don de mettre de bonne humeur. On a une irrémédiable envie de taper du pied et dégustant une bonne Guinness, au pub, en compagnie de ses voisins de comptoir…  

samedi, 04 juillet 2015 01:00

Open’er Festival 2015 : samedi 4 juillet

Accusant quelques jours de retard sur la Belgique, la canicule s’abat sur le Nord de la Pologne. On y dépasse allégrement les 30 degrés et le soleil cogne sec. Du coup, la plupart des spectateurs, y compris votre serviteur, débarquent plus tard en soirée. D’autant plus que cette année, les têtes d’affiches sont programmées en nocturne (2 heures du matin pour le ‘main act’ sur la scène principale).

Cette soirée commence tout en douceur par Hozier. Le jeune Irlandais est soutenu par deux jolies choristes et une contrebassiste, qui donnent une touche soul à son set. Et tout particulièrement sur la cover d’Ariana Grande, « Problems », « Work song » et son méga tube « Take me to church ».

De loin on entend les hurlements de Polonaises adolescentes. Sous une Tent stage bondée et plongée dans un véritable four, elles semblent aduler Years & Years. Et elles sont nombreuses à s’époumoner. Epaulé par un batteur et deux claviéristes, le chanteur possède une voix remarquable voix et affiche un physique juvénile. Bref, le public est conquis d’avance. De la set list, on épinglera les singles « Shines » (joué en milieu de set) et « King » (en clôture). Curieux, on avait quand même l’impression que ce concert était interdit aux plus de 18 ans.

D’autres chiffres : 48:13 s’illuminent en fond d’écran sur le podium principal. Et l’auditoire semble plus large. Pas de doute c’est bien Kasabian qui s’apprête à entrer en piste. Mais à force de les voir très (trop ?) fréquemment à l’affiche des grands festivals, ne risque-t-on pas de se lasser de leur présence ? L’entame porte à le croire, car le band apparaît fatigué, les traits tirés, sans doute par l’accumulation des dates de tournée. Et pourtant après un départ laborieux, les musicos retrouvent progressivement leurs marques. « Eez-eh » puis « Club foot » font bondir la foule sur un bon millier de mètres carrés. ‘You’re fuckin’ amazing’ lâche Tom Meighan. Boosté par ce public, Sergio Pizzorno commence à prendre réellement du plaisir sur scène et le concert finit vraiment par décoller. La machine à tubes est mise en marche. « Fire », puis en rappel « Vlad the impaler », « Lost souls forever » ou une surprenante cover du « Praise you » de Fatboy slim, sont autant de coups qui font mouche. Kasabian reste définitivement une valeur sûre pour ce type d’événement.

L’année dernière, St Vincent nous avait déjà bluffés lors du Primavera festival. Son dernier opus, sobrement intitulé « St Vincent », avait également recueilli les faveurs de la presse spécialisée. C’est donc enthousiaste que je rejoins la Tent stage, même si la fatigue commence à gagner en cette fin de séjour. Première surprise, la chanteuse, Annie Clark, a changé de look. Ses cheveux surtout. Elle n’est plus la blonde à la tignasse digne des Jackson Five, mais a opté pour une coupe plus proche de celle de Sinead O’connor. En outre, ses sourcils sont mal épilés ou (volontairement ?) grossièrement soulignés. Sa voix est en revanche toujours intacte, d’une limpidité qui lui a valu et qui lui vaut encore d’être comparée à Kate Bush. Et ce n’est pas usurpé. Quant au jeu de scène, il évoque davantage celui de PJ Harvey. Elle est perchée une structure cubique, dans l’obscurité et en retrait de l’estrade (NDR : une calamité pour les photographes !) Après avoir interprété un excellent « Digital Witnness » en milieu de parcours, le ton va radicalement changer. Annie s’avance sur le devant du podium et se lance dans de nouvelles chorégraphies en compagnie de sa claviériste Toko. Le concert devient beaucoup plus électrique, et la belle s’autorise plusieurs bains de foule. Elle va même rejoindre un des cameramen. Un show unique en son genre qui vient clôturer un festival tout en couleur et diversité.

L’heure du bilan a sonné. On cite le chiffre de 90 000 festivaliers pour les 4 jours. Une centaine d’artistes ou groupes se sont produits sur trois scènes différentes. Reste à analyser les points forts et les points faible de cette édition 2015 de l’Open’er :

Points forts :

-          Un temps toujours sec et pas trop chaud (sauf le dernier jour)

-          Une distribution de bouteilles d’eau aux premiers rangs

-          Une sécurité (un peu) moins drastique que dans le passé

-          Un public relativement bien discipliné (NDR : les quelques rares à uriner partout sont les Anglais)

-          Le prix des bières qui n’a pas augmenté (NDR : 2 € le demi-litre !)

Points faibles :

-          Une (toujours) trop grande distance entre les différents podiums

-          La suppression de la 4ème scène (alternative)

-          Son remplacement par une ‘beat stage’ bruyante et sans intérêt (sauf pour les clubbers)

-          La programmation des têtes d’affiche à des heures de + en + tardives (2 heures du mat’ pour le ‘main act’ sur la scène principale)

(Organisation : Open’er)

 

vendredi, 03 juillet 2015 01:00

Open’er Festival 2015 : vendredi 3 juillet

Autant l’affiche du mercredi était plutôt légère, autant celle d’aujourd’hui propose pas mal de poids lourds. Et comme d’habitude dans une telle situation, les choix cornéliens vont devoir être opérés dans la programmation par votre serviteur. D’autant que la distance entre les scènes (NDR : comptez un bon quart d’heure de marche minimum) ne permet pas toujours de passer d’un spectacle à un autre, rapidement...

Le premier choix se pose entre Of Monsters and Men et Thurston Moore. Finalement j’opte d’abord pour l’ex-leader de Sonic Youth. Ce qui semble logique, vu l’excellent elpee du band yankee commis en 2014, et puis son show très convaincant accordé dans le cadre du Primavera, il y a quelques semaines. Il n’y a qu’une centaine de spectateurs sous l’Alter stage tent pour accueillir la formation américaine. Ce qui confère une ambiance intimiste au concert, comme lors d’un showcase. Le public réunit essentiellement des quadras. Mais pas seulement. Certains ados ont enfilé des t-shirts à l’effigie de l’album « Goo », pourtant paru à une époque où ils n’étaient mêmes pas encore nés. Le quatuor déboule de manière plutôt désinvolte sur l’estrade, et entame un longue intro de riffs. Quelques minutes plus tard le drummer entame son drumming, laissant alors deviner le titre du morceau, « Forever more ». Joué en version maxi 45trs, puisqu’il sera tiré en longueur sur une bonne vingtaine de minutes. La set list embraie par « Speak to the wild ». Thurston semble devoir s’appuyer sur un pense-bête placé su un pupitre, pour lire les paroles des ses chansons. Sa mémoire deviendrait-elle défaillante, au fil de l’âge ? En tout cas, il est soutenu par trois excellents musiciens, aussi discrets qu’efficaces. La bassiste tourne ainsi constamment le dos au public. Et le batteur reste bien en retrait.

Il reste un peu de temps pour assister quand même au set de Of Monsters and Men. Un collectif de 9 musiciens qui se produit sur la scène principale. Et ils sont très jeunes. ‘It was our first time in Poland’ déclare l’un d’entre eux. Pas étonnant, puisque le combo islandais n’a enregistré à ce jour qu’un seul LP. En 2012 : « My head is an animal ». En fin de set, il attaque son single planétaire « Little talks » suivi de « Six weeks », pour conclure. Souriante, Nanna, la chanteuse, semble ravie de l’accueil de l’auditoire.

Et puisque nous sommes dans le revival folk, autant camper devant ce même podium en attendant Mumford and Sons. Après avoir gravé deux albums « Sigh no more » et « Babel », qui ont récolté un succès certain, leur troisième, « Wilder man », est paru cette année ; et il a pris un virage plus électrique. Pour aborder « Just smoke », le band est d’ailleurs soutenu par les Vaccines qui ont foulé les mêmes planches, quelques heures plus tôt. Cependant, il faut reconnaître qu’il ne prend guère de risques, proposant un show sans grande surprise ni éclat. En débutant par « Snake eyes », puis proposant leur single « I will wait » ainsi que le titre maître de « Babel », on a même parfois l’impression de fréquenter un saloon au beau milieu de Far West. Nombreuse, la foule semble apprécier. Perso, je vais voir si l’herbe est plus verte ailleurs… 

Encore que pour Swans, le climat est plutôt ténébreux et même tribal. Chevelure longue, grisonnante et hirsute, Michael Gira paraît en pleine forme. A ses côtés, on retrouve son fidèle guitariste Norman Westberg. Toujours aussi posé, mais terriblement efficace. Et également le dévoué claviériste Christoph Hahn. Trois vétérans ! Car le line up est complété par Thor Harris, aux allures de Viking, qui se déchaîne derrière ses percus. Pendant plus de deux heures, le groupe culte (NDR : il a notamment influencé The Young Gods) va nous balancer un son industriel, brut et sans concession. En accordant une large place à son dernier opus (« To be kind », paru en 2014), dont il va notamment extraire « A little god in my hands », « Just a little man » et « Bring the sun ». Malgré la durée du set (NDR : le plus long du festival) et des adieux au public, l’auditoire sollicite un rappel. Et on y croit vraiment, lorsque Gira revient sur le côté du podium. Les techniciens attendent également un signe du boss. Mais celui-ci leur signifie que le concert est définitivement terminé. Fait marquant, le groupe démonte ensuite encore son matos et échange quelques mots avec les fans restés derrière les barrières. Et pour que votre info soit complète, sachez que Swans publiera son quatorzième long playing cet automne… 

Autre scène et autre style pour D’Angelo (NDR : prononcez Di Angelo) and the Vanguard. Il vient à peine d’entrer dans la quarantaine, mais sa soul est digne d’un James Brown au sommet de son art. Ce chanteur/compositeur (et producteur) est particulièrement à l’aise sur le podium principal. Le public, venu en masse, est très réactif, même si j’imagine que bon nombre de spectateurs s’agglutinent contre les barrières afin de se réserver une place de choix pour le groupe suivant.

En l’occurrence The Prodigy, une des têtes d’affiche. Leur show fait toujours recette lors des grands festivals. Le band insulaire a, en outre, publié un nouvel LP, « The day is my enemy », en mars dernier. Et il tient la route. Le concert a pris un bon quart d’heure de retard. Un fait rarissime dans ce type d’organisation très (trop ?) réglée comme du papier à musique. Dès les premiers accords de « Breathe », les plus excités se mettent à bondir. L’agitation gagne tout au long de « Nasty » (NDR : un extrait du dernier opus), et se poursuit sur « Omen » ainsi que « Firestarter » qui embraient. Malheureusement on ne voit plus grand-chose. A cause du light show et des fumigènes. Même les écrans vidéo sont enfumés. Les cameramen ont beau switcher vers le noir et blanc, rien n’y fait. En outre, le set ne va durer qu’1h15. De quoi frustrer les aficionados. Il est vrai qu’alors, il est quand même déjà 3 h 30 du matin, lorsque le spectacle s’achève…

(Organisation Open’er)

 

jeudi, 02 juillet 2015 01:00

Open’er Festival 2015 : jeudi 2 juillet

Quand on séjourne en Pologne, on risque souvent de goûter les produits locaux. Et en particulier les boissons alcoolisées, dont la Zubrowska ou le Soplica (NDR : la CSA recommande de citer une troisième marque, donc la Zoladkowa, ce n’est pas mal non plus). Mais quand on en abuse, les lendemains sont difficiles. Ce qui explique pourquoi le compte-rendu de la deuxième journée de l’Open’er sera plus succinct…

Cependant, rien de tel qu’un set d’Eagles of Death Metal pour retrouver ses esprits. A peine les lumières sont-elles éteintes que le logo vintage ‘EODM’ s’affiche sur les écrans vidéo. Et déjà, la foule s’enthousiaste. « Bad dream mama » ouvre les hostilités. Le spectacle est autant dans les yeux que les oreilles. Dave Catching, le guitariste, affiche un look à la ZZ Top, alors que Jesse Jughes, le chanteur, me fait penser aux frères Cohen (NDR : voire à Gary Oldman). A cause de son faciès, mais également de son déhanchement adopté sur les planches. « Don’t speak », « Cherry Cola », « I only want you » rythment un set qui s’achève par « Got a woman (slight return) ». Des compos dont le style oscille entre rockabilly, surf/rock californien et même trash. En rappel, Jesse, qui dialogue souvent avec son public, scande fièrement ‘We have only time for one more song, but we will play two more songs for you’. Et les techniciens de commencer à regarder constamment leur montre, car ces deux derniers titres (« I want you so hard » et « Speaking in tongues ») vont s’éterniser. En fin de parcours, chaque musicien s’autorise ainsi son solo pour se présenter, avant de recueillir les applaudissements nourris du public. Le tout poncturé par une longue outro tout en riffs et ovations, comme si personne ne souhaitait que le show prenne fin. Les fans belges auront l’opportunité de revoir Eagles of Death Metal, ce 15 novembre, au Cirque Royal de Bruxelles.

The Libertines avait accordé un concert de piètre facture, à Forest National, en octobre dernier. Le team est-il décidé à renverser la vapeur aujourd’hui ? Oui et non ! Carl Barât est plutôt posé et s’applique au centre de l’estrade. A contrario, son compagnon d’infortune, Pete Doherty, prend plus facilement la pose plutôt que de se consacrer aux chœurs. Les liners viennent même lui servir des cocktails qu’on suppose fortement alcoolisés, entre différents morceaux. Mais ne boudons pas trop notre plaisir. Car on a aussi la chance de revoir ces deux artistes ensemble, qui se partagent les vocaux, notamment pour « Music When The Lights Go Out ». Même s’il faut attendre la fin de set pour retrouver un peu d’éclat à leur prestation. Pete s’avance quelque peu vers le bord de l’estrade lors de « You're My Waterloo », moment choisi par les fans pour lui balancer quelques projectiles. « Don't Look Back Into the Sun », « Up the Bracket », « What a Waster » et « I Get Along » vont alors clôturer un long rappel.

En assistant à la prestation de Refused, j’espère secrètement qu’elle sera bien plus percutante de celle des Londoniens. Ce groupe punk suédois avait signé sur le célèbre label Epitath, au cours des années 90. Les compos passe bien la rampe. Le jeu de scène est excellent et évoque même leurs compatriotes The Hives, au sommet de leur art. Malheureusement la voix de Dennis Lyxzén, le leader, gâche toutes ces bonnes dispositions. Ses cris et ses hurlements m’exaspèrent rapidement. Proche du screamo, cultivé à une certaine époque par des formations de métal peu inspirées, ces vocalises m’incitent à changer d’air…

Le compte à rebours est lancé sur la grande scène. Le public est alors constitué de clubbers. Normal, vu l’heure tardive. Et l’ambiance commence à chauffer. Aussi dès que Major Lazer déboule sur le podium, le show peut s’enflammer. Un spectacle bien plus visuel que sonore. DJ Diplo est installé sur un podium cubique. Surélevé, bien sûr. Sur lequel viennent, tour à tour, se produire deux chanteurs. Quatre danseuses plutôt sexy multiplient les déhanchements au bord de l’estrade. Des fumigènes et serpentins planent au-dessus de l’auditoire. Bref, on a alors l’impression de vivre au sein d’un dancehall version géante. Et le public réagit en bondissant, motivé par les ‘Are you ready ?’ et ‘Everybody moves your hands up’ scandés à tout-va. Perso, c’est surtout l’aspect visuel qui me botte. Il est à la fois original et bien rôdé. Mais la musique me laisse sur ma faim, même s’il faut reconnaître que par rapport à sa prestation accordée au Bota, Major Lazer est en net progrès. En espérant que celle qu’il accordera au Palais 12, le 12 octobre prochain soit encore de meilleure facture…  

(Organisation : Open’er)        

 

mercredi, 01 juillet 2015 01:00

Open’er Festival 2015 : mercredi 1er juillet

Malgré une longue journée de voyage passée dans le bus, le train, l’avion puis encore le train et le bus, mon enthousiasme n’a jamais faibli à l’idée de pousser les portes de ce festival. Et même si l’affiche de ce jour est (trop) largement chargée de hip-hop (Asap Rocky, Drake), à mon goût. Car au bout de ce chemin de croix se dessine un large site vert, en bordure de mer baltique et d’un aérodrome. Idéal pour apprécier les concerts en toute quiétude.

La soirée de votre serviteur commence par Modest Mouse. Après des débuts prolifiques, le rythme de croisière du combo s’est fortement ralenti. L’avant-dernier elpee « We Were Dead Before the Ship Even Sank », avait ainsi été repoussé à 2007. Il avait cependant permis la collaboration de Johnny Marr, mais également de Heath Ledger, peu de temps avant sa mort, pour réaliser un clip vidéo. Après l’annulation d’une tournée européenne (NDR : la formation se produit rarement sur le Vieux Continent, privilégiant les States), il a fallu attendre sept longues années avant que le combo ne grave un nouvel LP. Il s’intitule « Strangers to Ourselves », et est paru il y a quelques mois. De quoi être curieux de voir ce qu’Isaac Brock et sa bande sont encore capables de produire sur les planches. Un backing group réunissant huit musicos. Lorsque les 3 grattes s’impliquent, le ton est alors naturellement et résolument électrique. Mais l’expression sonore est également susceptible de se ressourcer aux cuivres, au banjo ou au violon. La voix très caractéristique d’Isaac me rappelle tour à tour David Byrne, Alec Ounsworth (Clap Your Hands Say Yeah) ou encore Tim Beeler Darcy (Ought). Malheureusement, elle est quelque peu étouffée par le son médiocre dont souffre la grande scène. Et c’est bien dommage. En fin de parcours, « Float on » s’étend sur la plaine. Un tube parfois volontairement ignoré dans la set list par Modest Mouse. Car Isaac Brock a un sacré tempérament. Pas toujours très facile. Mais ce soir il est de bon poil et communique avec les premiers rangs (NDR : même s’il avoue ne pas bien les entendre). Et en rappel, le très dansant « The view » et le remuant « A different city » clôturent une prestation qui a tenu la route. En espérant un retour au premier plan pour ce combo yankee…
Set List : Bury Me With It / Tiny Cities Made of Ashes / Lampshades On Fire / Dashboard / Doin' the Cockroach / The Tortoise and the Tourist / This Devil's Workday / King Rat / The Ground Walks, With Time in a Box / Dramamine / Float On / Sugar Boats / The World at Large / Rappel : Coyotes / The View / A Different City

Un coucher de soleil d’un côté et la pleine lune de l’autre attendent le spectacle de Chet Faker. Sous la Tent stage, le son est excellent. Véritable showman, l’Australien va facilement parvenir à conquérir les yeux, les oreilles et surtout les cœurs des jolies Polonaises. Elles se sont agglutinées sous ce chapiteau. Par conséquent, il affiche complet, et c’est à l’extérieur et à une bonne centaine de mètres de l’estrade, qu’il faut suivre le set. Souvent seul au clavier, Chet Faker cumule les ballades et multiplie les pauses de dandy. Le drummer et le gratteur ne l’accompagnent qu’épisodiquement. Un peu trop fade à mon goût. Il est donc préférable d’aller voir ailleurs…

Il y a nettement moins de monde devant l’Alter stage pour accueillir Two Gallants. Un public plus mature qui agite la tête tout au long de « Reflections of the Marionette », dont le crescendo est toujours aussi décapant. Adam Stephensen à la guitare et Tyson Vogel (NDR : toujours aussi chevelu) sortent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Manifestement, le duo a encore la pêche. Et va notamment le démontrer sur « Steady rollin’ » et « Halcyon days ».

Au loin, on entend quelques notes ‘soul’. Il est temps d’aller à la rencontre d’Alabama Shakes. Comme son patronyme le trahit, le band est originaire d’Athens, dans l'Etat du sud-est des Etats-Unis. Il s’était illustré par la confection de B.O. pour plusieurs longs-métrages dont ‘Dallas Buyers Club’ et ‘12 Years a Slave’. « Boys and Girls » était paru en 2012. Et son nouvel opus, « Sound and Color », en avril dernier. Britanny Howard a du coffre. Au propre comme au figuré. Sa voix impressionne et balise une musique qui oscille du jazz au folk, en passant par le rock et le blues, une expression sonore qui me fait parfois penser aux Black Keys. On a envie de taper du pied. Mais la fatigue accumulée commence à gagner votre serviteur qui n’a plus qu’une seule envie, regagner ses pénates…

(Organisation Open’er)

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