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Les décibels de Chatte Royal…

Le premier elpee de Chatte Royal, « Mick Torres Plays Too Fucking Loud », paraîtra ce 8 mars 2024. Fondé en 2020 par Diego Di Vito, Dennis Vercauteren et François Hannecart, et rejoint par Téo Crommen en 2021, il compte deux Eps à son actif, « Septembre », en…

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Dernier concert - festival

Zara Larsson 25-02-2024
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Concerts

Franz Ferdinand

Comment dépoussiérer des hits…

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Fondé à Glasgow, en 2001, Franz Ferdinand a sorti une compile en mars dernier. Intitulée « Hits to the Head », elle fait suite au dernier album studio, « Always Ascending », son cinquième, qui remonte déjà à 2018. Si vous l’ignoriez encore son patronyme est une référence à l’archiduc autrichien, assassiné à la veille de la première guerre mondiale. Bref, ce soir, le band écossais se produit au Cirque Royal de Bruxelles…

Et il est aux trois-quarts vide pour accueillir, en supporting act, la formation néerlandaise Pip Blom. Il est 20 heures, et il faut croire que le temps estival a incité le public à s’éterniser devant l’entrée ou sur les terrasses aux alentours, qui elles, sont toutes bondées. Des conditions pas évidentes pour une première partie qui doit assurer un set de 30 minutes chrono.

Particulièrement marqué par la musique des 90’s, Pip Blom pratique une forme de rock garage porté par une voix féminine forte et mélodieuse. La prestation ne manque pas d’allure ; et pour preuve, les applaudissements sont nourris, malgré le remue-ménage provoqué par les spectateurs qui investissent progressivement les lieux…

Vers 21h15, les lumières déclinent et un responsable du Cirque Royal annonce l’entrée sur scène imminente des Franz Ferdinand. Les fans de la première heure, qui ont quelque peu décroché, semblent surpris de constater qu’hormis Alex Kapranos et le bassiste d’origine Bod Hardy, le line up a été complètement chamboulé.

Ce sont donc trois nouveaux musicos qui sont venus apporter un vent de fraîcheur au Franz ; ce qui va nous permettre de découvrir quelques titres phares sous des versions contemporaines. Gros bémol, quand même, le drumming est définitivement bien trop en retrait. La frappe particulièrement rigoureuse et énergique de Paul Thomson manque cruellement au rock très écossais du quintet

D’emblée, « No You Girls » (2009) et « The Dark of the Matinée » (2004) confirment que la tournée est bien estampillée ‘best of’, dans l’esprit de « Hits To The Head ». Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que de nombreux spectateurs commencent à reprendre ces chansons en chœur. Et cette réaction confirme que l’auditoire est constitué de fans, et pas de mélomanes lambda venus découvrir un combo actif depuis plus de 20 ans.

La plupart des titres sont imprimés sur un tempo beaucoup plus soutenu. Alex Kapranos est toujours un aussi bon showman, nonobstant ses 50 balais qu’il a fêtés le 20 mars dernier. Il saute, danse, se déplace d’un bout à l’autre de la scène sans relâche. Il libère une énergie véritablement galvanisante. Dans l’ensemble, la setlist est très bien équilibrée. Les morceaux cultes déchaînent une foule qui se trémousse dès les premières minutes du show, alors que les titres plus récents enregistrent des baisses de régime au sein de la foule.

« Take Me Out » vient littéralement retourner la salle, et l’incontestable ‘madeleine de Proust’ « Ulysses » ainsi que l’incontournable « Outsiders » clôturent un set qui procure un immense moment de joie autant chez les musicos que les spectateurs.

Les rappels font la part belle à l’elpee « Right Thoughts, Right Words, Right Action » (2013). Un choix pas tellement judicieux, puisqu’il va faire redescendre l’ambiance d’un cran, avant que l’inévitable et fédérateur « This Fire » ne la fasse remonter en flèche, pour le grand bonheur des irréductibles fans toujours gonflés à bloc, malgré ce coup de mou…

Une bien belle soirée, malgré tout, au cours de laquelle, l’auditoire a pris énormément de plaisir à réentendre les classiques du band, subtilement dépoussiérés, tout en conservant leur empreinte rock. En espérant, quand même que, à l’avenir, les Franz Ferdinand ne se contentent pas de tournées ‘best of’, mais bien de périples destinés à nous faire découvrir de nouvelles et solides compos que l’on puisse chanter à tue-tête. Ce ‘rock scottish’ que le groupe incarne si bien est bien trop précieux pour qu’il finisse dans les tiroirs aux souvenirs. Vu l’énergie manifestée par le leader (NDR : en grande forme, par ailleurs), on est en droit de l’espérer. En attendant, ne gâchons pas notre plaisir d’avoir savouré cette délicieuse madeleine !

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist :

  1. No you Girls
    2. Curious
    3. The Dark of the Matinée
    4. Right Action
    5. Walk Away
    6. Stand on the Horizon
    7. Glimpse of Love
    8. Always Ascending
    9. Do You Want To
    10. Lucid Dreams
    11. The Fallen
    12. Darts of Pleasure
    13. Michael
    14. Jacqueline
    15. Take Me Out
    16. Ulysses
    17. Outsiders

Encore :

  1. Billy Goodbye
    19. Evil Eye
    20. Love Illumination
    21. This Fire

(Organisation Live Nation)

Juliette Armanet

Juliette tout en Sanson et Berger…

Écrit par

Ce soir, le Cirque Royal est bien rempli pour accueillir la nouvelle sensation hexagonale, Juliette Armanet. Elle est issue des Hauts-de-France et plus précisément de Villeneuve D’Asq, dans la banlieue lilloise. Ses parents, pianistes, la plongent dans le bain de la musique dès son plus jeune âge. Elle se consacre ainsi aux ivoires, jusqu’à l’âge de 11 ans, moment où elle commence à délaisser la musique classique pour la chanson française. Après des études de lettres et de théâtre, elle devient journaliste et réalise des documentaires pour Arte et France Culture, job qu’elle va assumer pendant 6 ans. Elle travaille également durant 2 années pour l'émission de TF1, ‘50 minutes inside’. Inspirée par Souchon, Alain Bashung et Barbara, elle aurait pu être la fille cachée de Véronique Sanson et Michel Berger, mais également revendiquer l’héritage musical de Souchon et Sheller. Son premier elpee, « Petite Amie », a récolté un énorme succès ; ce qui lui a permis de décrocher deux disques de platine. Son second, « Brûler Le Feu », est paru en 2021.

David Numwami assure le supporting act. Cet auteur-compositeur-interprète belge a d’abord milité au sein du groupe Le Colisée. Multi-instrumentiste, il a aussi accompagné Charlotte Gainsbourg et François and the Atlas Mountain. Il a aussi signé deux morceaux pour le dernier album de Moodoïd. Diplômé en musicologie et philosophie, il est devenu une figure incontournable de l’underground bruxellois et parisien. Sans oublier qu’il slamme avec Flavien Berger.

Sur les planches, David est soutenu par Clément Marion aux claviers. Vêtu de noir, la tête recouverte d’un bandana blanc sur des dreads, il se consacre à la guitare. Il se présente en chansons. Son falsetto est délicat et aérien. Et les harmonies vocales vocodées, auxquelles participe Clément, sont éthérées. Enfin, les arrangements musicaux sont soignés. Caractérisé par ses paroles déprimantes, « Beats ! » s’avère paradoxalement dansant. « Numwami World » nous entraîne tout en douceur dans l’univers de l’artiste. David ne se contente pas, en ‘live’, de reproduire fidèlement les morceaux de son premier opus, il laisse de la place à l’impro et à l’artisanat calculé. C’est ce qu’il déclare. Il souhaite, en outre, perpétuer une tradition initiée sous Le Colisée : réaliser des montages débiles. Bref, il ne se prend pas au sérieux…

Sortons du monde créé par David pour rentrer dans celui coloré de Juliette Armanet, une Lilloise à l’esprit bien trempé et à l’humour décalé.

Le décor extérieur est constitué d’une énorme voûte divisée en 3 niveaux.  Sous celle-ci une estrade installée sur toute la longueur de la scène et de moitié en largeur est destinée à supporter les deux claviéristes, dont l’un des deux est également préposé aux congas, djembés, cymbales et autres cuivres. Le line up du backing group implique également un drummer, un guitariste et un bassiste. Un piano à queue se dresse au pied de l’estrade, devant les claviéristes. Libre, le reste de la scène est destiné à Juliette afin qu’elle puisse danser, s’exprimer en toute liberté et interagir avec le public.

Vêtus de noir, Juliette et ses musicos montent sur les planches. Le set s’ouvre par « Boum Boum Baby », un morceau chargé d’intensité percussive. D’ailleurs, lorsque le show monte en puissance, le décor s’anime de mille feux. On entre à pieds joints dans le monde de « Brûler Le Feu ». Tout au long de « L’Epine », derrière le piano, Juliette fait parler son cœur et sa tendresse. Sa voix est claire et cristalline comme celle de Véronique Sanson. Encore que parfois, elle me fait penser à celle de France Gall. Les chœurs soutiennent le sax mélancolique, tout au long de ce morceau dont le spleen coule à volonté. Le public est touché et applaudit chaleureusement.

Quand elle ne se consacre pas au piano, Juliette est partout à la fois. Elle bouge ou danse !

Elle revisite « L’Indien », derrière les ivoires, un titre qui monte en puissance avant de s’achever par une fameuse valse de sons comparable à une jam. « Imaginez L’Amour » opère un retour au calme.

Plus rock, « La Carte Postale » est extraite de son premier album.

Après « L’Amour En Solitaire », Juliette se réserve un petit entracte afin de changer de tenue. Constituée de petits miroirs collés, on dirait une boule à facette humaine. Elle aborde alors « Le dernier jour du disco ». C’est le moment fort du set. Juliette est devenue la star du dancefloor. Mi-électro, mi-funk », cette compo adresse un clin d’œil à Nile Rodgers. La basse est attaquée en slapping. Le drumming devient sauvage, tribal même. Juliette revient derrière son piano pour « J’Te L’Donne », une chanson interprétée dans l’esprit d’« Aline » de Christophe.

En extrapolant, on pourrait imaginer Sanson et Berger revenir sur les planches pour « Brûler Le Feu », une compo allumée, non pas par Johnny, mais par les percus et les cuivres.... Et le set de s’achever par le puissant « Tu Me Play ».

Juliette Armanet va cependant encore accorder deux rappels.

Tout au long de ce concert d’une énergie et d’une élégance folles, Juliette Armanet nous a ouvert grand les portes de son cœur, de ses chagrins et de ses espoirs, alternant audace et timidité, joie et de tristesse, lumière et obscurité, tout en confirmant au passage, avec cette sincérité brute qui n’appartient qu’à elle, qu’elle incarnait une certaine idée d’une pop music contemporaine chic, stylée, instinctive et exquise.

Elle reviendra à l’Ancienne Belgique le 5 décembre prochain.

Setlist : « Boum Boum Baby », « L’Epine », « Vertigo », « Qu’importe », « L’Indien », « Imaginer L’Amour », « La Carte Postale », « L’Amour En Solitaire », « Le Dernier Jour Du Disco », « J’Te L’Donne », « A La Folie », « Brûler Le Feu », « Tu Me Play »

Rappel 1 : « Je Ne Pensais qu’A ça, « Sauver Ma Vie ».

Rappel 2 : « Le Rouge Aux Joues », « Tu Me Play »

(Organisation : Back In The Dayz)

Fontaines D.C.

Une fontaine de jouvence ?

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Fondé en 2017, Fontaines D.C. est une formation dublinoise qui appartient à la nouvelle vague rock, à l’instar de IDLES, The Murder Capital, Shame, Slaves et Squid, mouvement initié, faut-il le rappeler, par Girl Band. Devenu depuis Gilla Band, il s’était formé en 2011 ! A ce jour, le band a publié deux elpees, « Dogrel » en 2019 et « A hero’s death » en 2020. Et son troisième, « Skinty fia » paraîtra ce 20 avril 2022. Non seulement les musicos possèdent un sens de l’humour typiquement irlandais, même si aujourd’hui ils se sont établis à Londres, mais les textes respectent une prose toute poétique. Ils ont d’ailleurs publié collectivement deux recueils de poésie : l'un appelé ‘Vroom’, inspiré par les poètes Beat (Jack Kerouac, Allen Ginsberg), et l'autre intitulé ‘Winding’, par les poètes irlandais (Patrick Kavanagh, James Joyce, WB Yeats). Enfin, le sigle DC ajouté au patronyme signifie ‘Dublin City’, alors que l’article défini ‘The’ est passé à la trappe. Il a été ajouté parce qu’il existait déjà un groupe californien qui répondait au même nom. Ce soir, l’Aéronef est sold out et le public est essentiellement composé de quadragénaires…

Le supporting act est assuré par Just Mustard, un quintet également irlandais, mais dont le lead vocal est assuré par une fille ; en l’occurrence Katie Ball, dont la voix, éthérée, douce et presque murmurée, rappelle le plus souvent Harriett Wheeler des Sundays. A son actif 4 Eps et un album (« Wednesday »), sorti en 2018.

Dès le début du set la batterie cogne sec et percute. Toute la salle vibre sous le martèlement hypnotique, tribal du drummer. Oscillant entre post punk et shoegaze, la musique nous plonge au sein d’un univers tour à tour paisible ou corrosif, sis à la croisée des chemins de Beach House et de My Bloody Valentine. En général, la musique est construite sur une forme de crescendo atmosphérique, tendu et troublant, sur lequel la ligne de basse ondule. Mais lorsque Dave Noona, l’un des deux gratteurs, se fend d’un hurlement féroce, les deux sixcordistes explosent le mur de son. Une puissance viscérale qui contraste avec l’attitude imperturbable, presque glaciale de Katie. Et pas davantage d’interaction entre le public et le combo, qui semble cultiver cette distance. Un concert fort intéressant, rappelant la bande à Kevin Shields et tout particulièrement un concert qu’elle avait accordé dans l’ancien Aéronef, rue Solferino, en 1992. Même que le son de Just Mustard était presque (enfin, pas tout à fait, quand même) aussi puissant… (voir aussi notre section photos )

Après une intro ‘soul’, les cinq membres de Fontaines D.C. grimpent sur les planches. Grian Chatten, le chanteur, salue la foule, mais on ne peut pas dire que ses fringues rivalisent d’élégance. Il a enfilé un tee-shirt de couleur noire XXL et un pantalon de jogging tout aussi extralarge. A contrario du gratteur Conor Curley, tiré à 4 épingles, et qui ne quittera jamais sa veste de tout le show. Pendant que les musiciens entament le set par « A lucid dream », morceau caractérisé par des sonorités de guitare surf, Grian déambule sur les planches en secouant une de ses mains. De loin on dirait qu’il cherche à se débarrasser d’un adhésif resté obstinément collé sur les doigts ; mais en fait, il s’agit d’une clope électronique qu’il manipule compulsivement (de couleur grise, merci Ludo). Un tic qu’il reproduira régulièrement tout au long de la soirée. Et puis, sa morgue évoque plutôt Liam Gallagher ; d’ailleurs quand il est face au micro, on dirait qu’il toise l’auditoire, une main dans le dos, alors que ses inflexions vocales hésitent entre celles de feu Mark E. Smith et de Damon Albarn. Imprimé sur un rythme modulaire et percutant, « Sha Sha Sha » rappelle curieusement The Clash. Une sèche et une fuzz alimentent « Jackie show the line », moment choisi par le light show, suspendu, au plafond, de reproduire des flammes oranges qui (re)montent et (re)descendent. Le public reprend en chœur les paroles du single « I don’t belong », démarche qu’il va régulièrement entreprendre sur les titres les plus connus. Chatoyantes, brimbalantes, les six cordes chamarrent littéralement « You said ». Une intensité électrique en crescendo digne des premiers albums de Radiohead inonde « Television screens », alors que la basse de Conor Deegan III trace une ligne gothique. Tom Coll (NDR : si Chatten paume sa cigarette électronique, il pourra toujours lui refiler du papier collant) imprime un tempo tribal à « Chequeless Reckless ». Les gobelets de bière voltigent dans les airs (NDR : et pourtant, ce n’est pas la St Patrick ; d’ailleurs, comme les Anglais, les Irlandais ne gaspillent jamais la bière : ils la boivent, même chaude !) L’ambiance monte d’un cran pendant « Television screens », alors que l’un ou l’autre téméraire se lance dans le crowdsurfing et qu’un fan apparemment surexcité, juché sur les épaules d’un comparse, brandit un drapeau irlandais. A mi-parcours de la ballade nostalgique « I love you », Chatten se met à déblatérer à une cadence soutenue, une compo qui, à son issue, déclenche une grosse clameur dans la fosse. Régulièrement, Grian tente d’enfoncer son pied de micro dans le plancher (NDR : aurait-il trouvé du pétrole ?) Et tout particulièrement pendant l’incendiaire « Too real », moment choisi par O’Connell pour faire une incursion rapide au sein des premiers rangs. Ode à la jeunesse, « Roy’s tune » permet au band de souffler quelques minutes. Les grattes alternent moments atmosphériques, réminiscents du Cure, et jaillissements acides, tout au long de « Stinky Fia », le titre maître du nouvel opus, alors que la voix de Chatten est trafiquée par un filtre vocodeur. Bref, mais tribal et fulgurant, « Big » est sculpté dans le punk rock. Et le set de s’achever par « Boys in a better land », un peu comme si Chatten prononçait un sermon face à une congrégation acquise à sa cause mais particulièrement réactive face à face à son discours ; et le tout sur un rythme insidieusement calqué sur le « Gloria » de Them, une formation irlandaise légendaire, mais du Nord, dont le leader, Van Morrison, né en 1945, se produit toujours sur scène, mais sous son propre nom ! (NDR : et pour l’anecdote, sachez que Grian a récupéré le drapeau…)

Fontaines D.C. se fait désirer pendant de nombreuses minutes, et finalement décide de revenir sur l’estrade. Il attaque d’abord le rythmé « Here’s death », embraie par le punk rock tribal et débridé « Hurricane laughter », un titre traversé de larsens, au cours duquel Chatten susurre des ‘ssss’, tel un serpent à sonnettes, puis ose un bref bain de foule, avant que Carlos O’Connell, le guitariste le plus déchaîné, ne se lance dans un crowdsurfing, sur dos, tout en jouant de la gratte. Le concert s’achève par « Nabokov » une nouvelle compo (NDR : elle figurera sur l’album « Stinky Fia ») qui se réfère probablement à Vladimir Nabokov, écrivain russo-américain auteur, notamment, du roman polémique « Lolita ».

Un excellent concert, au cours duquel les musicos ont fait preuve d’une grande maîtrise, même si on a eu l’impression que hormis O’Connell, ils n’ont jamais puisé dans leurs réserves. Début de tournée ? Peut-être ! N’empêche on est probablement occupé d’assister à l’éclosion d’un futur monstre sacré de la rock music (70 ans d’existence, quand même !) Et puis, pourquoi pas, vu le patronyme, il pourrait servir de fontaine(s) de jouvence à cette scène en pleine expansion, mais soigneusement reléguée dans la zone crépusculaire de l’underground. A tel point que sa future tournée pourrait passer par des salles du calibre du Zénith ou de Forest National. Mais seul l’avenir nous l’apprendra…

(Voir notre section photos ici)

(Organisation : l’Aéronef, Lille)

Setlist

A Lucid Dream
Sha Sha Sha
Jackie Down the Line
I Don't Belong
You Said
Television Screens
Chequeless Reckless
Televised Mind
I Love You
Too Real
Roy's Tune
Skinty Fia
Big
Boys in the Better Land

Encore:

Hero's Death
Hurricane Laughter
Nabokov

(Merci à Guy et Ludo)

Sleaford Mods

Plus c’est court, plus c’est bon…

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Sleaford Mods se produit ce mardi 5 avril, à l’Ancienne Belgique, dans le cadre de la tournée ‘Spar Ribs Tour Mainland Europe 2022’ ; et la salle est pleine à craquer. Originaire de Nottingham, en Angleterre, ce duo britannique de post punk implique le chanteur et frontman polémique Jason Williamson et le musicien / producteur Andrew Fearn (depuis 2012). Son douzième elpee, « Spare Ribs », est paru en janvier de l’an dernier, une œuvre au cours de laquelle le tandem manifeste sa colère à l’égard du gouvernement britannique qui se croit tout permis et dont l'approche je-m'en-foutiste de la crise du coronavirus en est la plus belle illustration.

Issu de Bristol, en Angleterre, Lice assure le supporting act. Un quatuor qui réunit un chanteur (Alastair Shuttleworth), un guitariste (Silas Dilkes), un drummer (Bruce Bardsley) et un bassiste (Gareth Johnson) ; mais qui ce soir est soutenu par un claviériste. Son premier opus, « Wasteland : What Ails Our People Is Clear », est sorti en 2021. Le groupe partage une même esthétique garage/rock sale que Fat White Family, mais également la rage, l'urgence et l'esprit du punk morveux d’IDLES, un band également établi à Bristol. Le vocaliste ne chante pas, il vocifère en haranguant la foule. Il l’incite à se remuer et à applaudir, tout en faisant le pitre. Et les premiers rangs réagissent à ses sollicitations. Cocktail expérimental de métal, de rock, de punk, de blues et de noisy, la musique dispensée par Lice ne l’est certainement pas… lisse… Elle est même un peu difficile à digérer, mais le combo a bien chauffé la foule…

(voir notre section photos ici)

Place ensuite au plat de résistance : Sleaford Mods. Hormis le light show, qui va se révéler agressif, le décor est sobre. Une quinzaine d’imposants spots led sont érigés verticalement. Ils vont balayer les deux artistes de face et de dos. Une rampe lumineuse de néons placée sur des socles métalliques s’étale sur toute la longueur de la scène, à deux bons mètres de hauteur.

Le duo monte sur l’estrade. Andrew Fearn, imperturbable derrière son petit ordinateur, main dans la poche et bière dans l'autre, appuie nonchalamment sur un petit bouton afin de lancer le son. Il se contente de taper du pied en rythme et se marre en observant la foule qui rapidement se déchaîne. A la manière d’un Liam Gallagher, Jason se promène de long en large, sur le podium, tout en toisant l’auditoire. Puissante, sa voix évoque celle de Johnny Rotten (Sex Pistols, PIL). Il déverse son flow hip hop ininterrompu, d’un accent des Midlands à couper au couteau, mais en le parsemant d’une multitude de ‘Fuck off’ et de ‘Fuck in’. Mais les lyrics appuient là où ça fait mal avec un mordant et un esprit inégalé. Encore qu’on l’impression que Jason manifeste une inventivité lyrique et vocale plus conséquente qu'auparavant. Il semble ainsi davantage influencé par des auteurs-compositeurs-interprètes tels qu'Alex Cameron et Aldous Harding que par les rappeurs.  

Vingt-trois titres sont dispensés sans quasi la moindre interruption et surtout sans la moindre interactivité. Et pourtant, dans la fosse, c’est le boxon. Les pogos, le crowdsurfing et les round circles se multiplient.

Et au fil du set, la scène est jonchée de gobelets de bière (souvent pleins), alors qu’excités, les fans y grimpent avant de plonger aussitôt dans la fosse. Sans doute emporté dans l’ambiance, Andrew entame une danse sauvage.

Pourtant connu pour son style minimaliste, Sleaford Mods a proposé, ce soir, des versions plus complexes des compos de son répertoire, les traduisant même en électro/pop. La plupart des titres du dernier long playing figurent dans la setlist. Mais la paire a aussi le bon goût de nous réserver une reprise plutôt réussie du « Don’t Go » de Yazoo.

Et s’il fallait appliquer un slogan à Sleaford Mods, on pourrait décréter : plus c'est court, plus c'est bon !

Pour les photos, c’est

Setlist : « The New Brick », « Shortcummings », « Middle Men », « Spare Ribs », « I Don’T Rate You », « Kebab Spider », « Face To Faces », « Jolly Funcker », « Mork N Mindy », » Thick Ear », « Tiswas », « T.C.R. », « BHS », « Don’t Go » (cover Yazoo), « Second », « Nudge It », « Elocution », « Out There », « Top Room », « Discourse », « Tied Up In Nottz », « Jobseeker », « Tweet Tweet Tweet ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Dirty Sound Magnet

Un concert qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

Écrit par

Ce soir, il n’y a pas plus de 30 personnes pour accueillir Dirty Sound Magnet au Zik-Zak d’Ittre. C’est triste, vu le potentiel du groupe suisse. Et la Covid n’est plus une excuse, puisque la Belgique affiche un code jaune. Spectateur de marque, quand même, Jacques de Pierpont, alias Pompon.

Responsable d’un cocktail groovy entre blues, garage, rock, psychédélisme et prog, dynamisé une irrésistible rythmique funk, Dirty Sound Magnet est issu de Fribourg. Il a publié son quatrième long playing, « DSM III », en mars dernier, une discographie entrecoupée de deux mini-elpees et d’un opus ‘live’. Certains médias n’ont pas hésité à comparer sa musique à celle des Suédois Graveyard ou des Américains Radio Moscow. Et d’autres à Tame Impala ainsi que King Gizzard and the Lizard Wizard. Pourtant, le groupe déclare puiser son inspiration dans les sixties et les seventies. L’expérience sonique proposée est unique. Le band la qualifie, non sans une pointe d’humour, de ‘retour mystique vers le futur’. Les morceaux véhiculent, en outre, des textes sarcastiques, qui dépeignent les problèmes tumultueux que la société traverse aujourd’hui.

Le supporting act est assuré par Mezzo Pazzo, une formation louviéroise drivée par le chanteur/guitariste Angelo Ognito. Pierre (guitare), Sam (batterie) et Max (basse) ont rejoint le nouveau projet d’Angel afin de vivre des expériences live destinées à être reproduites en studio. Il pratique un rock hybride dont les influences sont multiples, tout en y ajoutant sa touche personnelle. Riffs entêtants et harmonies sont la clef de ce mélange explosif. Angel a joué en compagnie de Romano Nervoso, Incognito ainsi que Jane Doe and The Black Bourgeoises. Mezzo Pazzo a sorti son premier LP (NDR : un éponyme !) en février 2020. Un disque qui faisait suite à un Ep, paru en 2018.  

Angel, barbe en collier bien taillée, chapeau vissé sur la tête et armé de sa gratte se plante derrière son micro. Il a la niaque, car il n’a plus foulé les planches d’une salle de concert depuis deux ans, à cause de la pandémie. Et ses trois acolytes semblent aussi déterminés.

« Dead clock » ouvre le bal. Les grattes sont agressives, huileuses, graisseuses même. L’expression sonore navigue sur une forme de stoner-rock-garage souvent rencontrée au cours des seventies. Mais on y décèle également des traces de glam, probablement héritées de Slade, Bowie, Sweet et New-York Dolls. Les percus sont insidieuses. Accrocheur, « Creepy Morning » se distingue par une jolie mélodie et un vocal harmonieux, même si parfois il est capable de monter très haut dans les aigus. Hit potentiel, « Like A Dandy Without A Penny » se révèle particulièrement radiophonique. Normalement, Giacomo, le leader de Romano Nervoso, devait venir poser sa voix sur « Left Me For Dead ». Comme sur l’album. Mais malheureusement, il brillait par son absence. Et pourtant, son esprit hante « Chemical Instinct ». A moins que ce soit celui d’Elvis (NDR : pas Pompilio, hein !). Quel punch ! Quelle énergie !

Setlist : « Dead Clock », « Creepy Morning », « Like A Dandy Without A Penny », « Feat Of Clay », « Beyond Scope », « Mad Luv », « Left Me For Dead », « Chemical Instinct », « The Last Before The Last »

Place ensuite à Dirty Sound Magnet. Le set s’ouvre par les trois plages issues du dernier opus, « DSM III » (NDR : il y en aura six au cours du show). Tout d’abord « Sunday drama », morceau au cours duquel on écoute religieusement la longue intro dispensée par la guitare de Stavros Dzodzos. Puis « Meet The Shaman », une compo qui nous replonge au sein du psychédélisme des années 60 et 70. « Heavy Hours » aurait pu naître d’une rencontre entre Jimi Hendrix et Frank Zappa. Enrobé d’harmonies vocales, « Mr Robert » prône un retour au calme.

Doué d’une excellente technique, le drumming est particulièrement efficace. Malgré la faible assistance, la température grimpe rapidement dans la salle et Maxime Cosandey laisse tomber le marcel après quelques chansons. Le power trio affiche de nombreux concerts au compteur. Les musicos se connaissent parfaitement. Et cette cohésion se voit et surtout s’entend. En outre, les impros confirment ces excellentes dispositions. Il est vrai, quand même, que les musiciens sont d’habiles jammeurs. Et ils vont le démontrer au cours de la soirée. Rauque, la voix de Stavros apporte une coloration particulière aux compos. Et puis engagés, ses textes sont parfois abordés avec un second degré.

Le groove est accentué par les interventions de basse de Marco Mottolini. Et puis, le band n’hésite pas à opérer des incursions dans le funk. Ainsi, même si l’expression sonore se veut fondamentalement contemporaine, elle exhale un certain parfum de nostalgie, en puisant l’essentiel de ses références depuis les 60’s jusqu’aux 90’s. Bref, un concert à la fois intense et énergique, mais surtout de qualité, qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

Setlist : « Sunday Drama », « Meet The Shaman », « Body In Mind », « Toxic Monkeys », « Mr. Robert », « Heavy Hours », « Jam session », « Social Media Boy », « Sophisticated Dark Ages », « The Poet and His Prophet ».

(Organisation : le Zik Zak et Rock Nation)

Nilüfer Yanya

Un cocktail savoureux et singulier…

Écrit par

De nationalité anglaise, Nilüfer Yanya est née de l’union entre une mère irlando-barbadienne, designer textile, et un père turc, peintre, dont les œuvres sont exposées au British Museum. Vivant dans les faubourgs londoniens, elle est considérée, du côté de l’Albion, comme la nouvelle sensation. Sa famille et ses racines sont intimement liées à sa musique. Sa sœur cadette, Elif, se produit parfois avec elle sur scène comme choriste ; et sa sœur aînée, Molly, réalise ses clips. Remarquée par le chanteur Louis Tomlinson, membre de One Direction, elle a tout simplement refusé de rejoindre le groupe de filles qu’il produisait pour se concentrer sur sa propre carrière.

A son actif, deux elpees, « Miss universe », paru en 2019, et « Painless » début mars 2022. Un œuvre ambitieuse, mélancolique, qui pioche à la fois dans le rock, le trip hop, la néo-soul ainsi que le hip hop ; une solution sonore qu’elle parfume de petites fragrances électroniques, et dont les morceaux, à contrario de ceux du premier opus auquel on reprochait de s'éparpiller à vouloir embrasser trop d'influences en même temps, sont mieux construits, bénéficient d’une mise en forme plus cohérente et s’affirment davantage dans un style plus personnel.

Enfin, elle avait accordé un concert, dans le cadre des Nuits Botanique, en 2019.

Léa Sen, assure le supporting act, une Parisienne expatriée à Londres. Elle a bossé en compagnie de producteurs pointus comme Vegyn et Kwake Bass, mais aussi posé sa voix de ‘pretty woman’ sur un morceau de Roy Orbison.

Armée de sa gratte électrique, elle est seule sur les planches. Très interactive, elle prend son temps, entre chaque chanson d’en exposer le thème, mais aussi d’expliquer qu’il s’agit de démos qu’elle a réalisées lorsqu’elle voyageait par train ou lorsqu’elle sillonnait les routes dans le bus de tournée. Particulièrement entraînants, « I Like Dis » et « NO » sont deux morceaux très susceptibles de caresser vos tympans. Elle a recours à quelques samples de percus et à des beats électroniques. Des supports qui collent parfaitement à sa musique qui agrège blues, jazz, rock, psychédélisme soft (pensez à Tame Impala) et lounge (dans l’esprit de Clairo). Tour à tour délavée et éthérée ou grandiloquente et haut-perchée, sa voix se pose sur des accords de guitare chargés de reverb’. Elle impose ainsi une forme de post-soul, évoquant à la fois les expérimentations arty de Dean Blunt et la grâce de Tirzah…

Setlist : « With Or Without », « Mutch To Lose », « I Feel Like I’m Blue », « I Like Dis », « Again », « NO ».

On attendait Nilüfer Yanya affublée de grandes ailes d'ange roses comme chez Jimmy Fallon, mais elle a préféré enfiler un short de cycliste et un body plus qu’échancré de couleur noire, recouvert d’une chemise blanche à col officier, puis d’une veste –toujours de teinte noire– qu’elle enlèvera assez rapidement, vu la température qui règne dans la salle. Elle se consacre à la guitare et est soutenue par une claviériste/saxophoniste, un bassiste et un drummer. En l’occurrence Ellis Dupuis, qui assurait déjà ce rôle pour Pumas Blue, un mois plus tôt, à l’Ancienne Belgique.

Elle entame sobrement son set par « Midnight sun », point d'orgue de « Painless ».

La setlist est partagée entre morceaux issus de ses deux long playings, même si elle va privilégier ceux de son dernier. Quatre quand même du premier (« Miss universe ») dont les incontournables « Heavyweight Champion of the World » et « In Your Head », dont les guitares flamboyantes alimentent une composition curieusement rock.

Elle nous réserve une superbe version, tout en rondeur, du « Rid Of Me » de PJ Harvey.

Enivrantes, entraînantes et mélodieuses les chansons s'enchainent rapidement et nous entraînent au sein d’un univers à la fois et paradoxalement nostalgique et contemporain.

Plutôt timide, elle interagit très peu avec son public. « Stabilise », son tube imparable, incite le public à se dandiner, tout comme le volcanique « In Your Head ». Des morceaux dominés par les claviers et le saxophone, alors que la section rythmique canalise l’ensemble.  

Lors du rappel, Léa rejoint le band sur les planches pour attaquer « The Dealer ». Conjuguées, les voix de Nilüfer Yanya et Léa Sen se révèlent fusionnelles. Avant qu’« In Your Head » n’achève le concert.

En à peine soixante-dix minutes, le show de l'Anglaise aura fait son petit effet et confirmé sa belle mue. On sent qu'elle a en a sous la pédale (de distorsion) et pourrait déployer encore plus grand ses ailes… à mon que ce ne soit le grand braquet…

Nilüfer Yanya est parvenue à digérer ses multiples influences afin d’en réaliser un cocktail savoureux et singulier…

Setlist : « Midnight Sun », « Belong With You », « Chase Me », « The Unordained », « L/R », « Rid Of Me » (Cover P.J. Harvey), « Stabilise », « Baby Luv », « Same Damn Luke », « Anotherlife », « Angels », « Trouble »

Rappel : « The Dealer » (avec Léa Sen), « In Your Head ».

(Organisation : Le Botanique)

Juicy

En progression constante…

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Julie Rens et Sasha Vonk viennent enfin de publier leur premier elpee. Intitulé « Mobile », il a pris deux ans de retard à cause de la pandémie. Finalement, il aurait pu s’appeler « Désiré ». Lors de leurs deux release parties, consacrées à la sortie des Eps « CRUMS » (2019) et « Cast A Spell (2018), les filles avaient surpris l’auditoire, en attirant quelques guests, dont un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle), un contrebassiste et deux flûtistes, au VK. Que vont donc nous réserver les geishas du r&b, ce soir ? Une nouvelle ‘release party’ ? C’est ce qui a été annoncé !

Le supporting act est assuré par Isolde Van Den Bulcke aka Tristan. Etablie à Bruxelles, cette Gantoise a suivi des études au Conservatoire Royal de la capitale européenne, dans le domaine du chant et du jazz (NDR : tout comme   Sasha et Julie de Juicy, par ailleurs). Son patronyme, c’est un clin d'œil adressé à l'opéra Tristan & Isolde. A son actif deux Eps « Illusje » (2018 ») et « Delidomia » (2019).

Les hostilités débutent à 19h45. Isolde est soutenue par Gert Malfliet, aux drums. Elle se charge des machines, des synthétiseurs et d’un MPD. Elle a enfilé un pull en laine de teinte rouge vif, un short noir et porte des jambières de couleur blanche –également en laine– jusqu’aux genoux sur des bas noirs. Elle semble plutôt timide. Pendant 30 minutes, elle va nous présenter de larges extraits de ses deux Eps.

Tout à tour atmosphérique, sensuelle ou audacieuse, suivant ses humeurs, sa musique, riche en basses et percus, qu’on pourrait qualifier d’art-pop extravertie, incorpore également des éléments jazz et lounge, mais surtout se nourrit d’électronique. Les mots utilisés par Isolde sont totalement inventés. A cet égard, les titres des compos sont suffisamment éloquents. Elle n’en oublie pas son single « Lesthic », dont la vidéo (à voir et écouter ici) a été réalisée par la cinéaste Maya Mees. Une belle découverte !

Setlist : « Nonono », « Weslanda », « Femme à Fin », « Human Allergy », « Wildmouth », « Maljaande »

Une estrade est placée en bout de salle devant la table de mixage, dirigée par Ben De Vissch.

Le concert est divisé en deux actes. La première partie sera acoustique et la seconde, davantage électronique.

Lors du premier volet, Julie et Sasha sont soutenues par trois violonistes, un violoncelliste, une contrebassiste et deux flûtistes (des traversières !) Les filles sont plantées derrière leurs claviers. Elles ont revêtu un ensemble en latex de couleur noire. Soit un pantalon et une veste aux larges épaules, bardée probablement de crin de cheval (NDR : ces costumes ont été confectionnés par Catherine Somers). Finalement, hormis les compos, on assiste au même scénario que celui vécu au VK. Le set s’ouvre par « You Don’t Have To Know », un morceau envahi par un délire de cordes poursuivi par les interventions des flûtes, avant que la ligne de contrebasse ne calme l’atmosphère. Excellente entrée en matière ! « Remain » embraie tout en douceur. Synchros, les voix sont appuyées par les ivoires. Sasha et Julie se concentrent sur leurs pianos tout au long du paisible, « For Hands On Ass » (NDR : c’est la dernière plage de l’Ep « Cast a Spel »), une compo à la fois belle et grisante. Cet Ep reflète l’engagement politique et féministe du duo. Elles déclarent même que Théo Franken est un ‘con’.

La seconde partie se déroulera sur la grande scène. Des images de la planète terre sont projetées sur les demoiselles, pendant qu’elles débarquent sur les planches. « Love When It’s Getting Bad » reprend le fil du spectacle. Les voix sont sensuelles ; et un dialogue musical est perceptible entre chacune des filles. Lorsque les morceaux montent en puissance, notamment par la voie de l’électronique, une irrépressible envie de danser vous envahit, même si parfois l’expression sonore peut paraître torturée. Les interventions de violons et de contrebasse se mêlent parfaitement aux parties de rap.

Les voix se condensent tout au long de « Late Night », jusqu'à l’explosion ultime, moment choisi par le light show pour épouser les beats puissants.  Pendant « Treffles » on craint l’invasion des bonobos dans la salle, mais il n’y aura pas de remake de la ‘Planète Des Singes’, comme dans la vidéo. « Bug In » émarge au rapcore et chaque beat fait mouche. Souligné par les ivoires, « Truth » opère un retour au calme. Dansant, « See Me Now » replonge dans le r&b spécifique à Juicy. « Call Me » … mais pas nécessairement sur leur « Mobile » … et si vous n’avez pas compris le message, c’est que vous ne suivez pas le duo, depuis ses débuts, comme votre serviteur. 

« Count Our Fingers Twice » achève le show avant un rappel au cours duquel on aura encore droit à « La Gigue De La Ket » et au jazzy/lounge « Youth ».

Juicy souhaitait se produire devant un public sans masques ni distanciation sociale afin qu’il puisse exprimer sa joie et sa passion. Son vœu a été exaucé. Et à l’ABBox. Une preuve de leur progression constante…

Setlist :

Set acoustique : « You Don’t Have To Know », « Remain », « For Hands On Ass », « Fall Asleep »

Set électronique : « Love When It’s Getting Bad », « Late Night », « Treffles », « Seed And Ride », « Bug In », « Truth », « Haunter », « See Me Now », « Call Me », « Count Our Fingers Twice »

Rappel : « La Gigue De La Ket », « Youth ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Liar Thief Bandit

Descente de Vikings au Zik-Zak !

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Deux groupes intéressants, ce soir, au Zik-Zak, en suppporting act, Giac Taylor, le nouveau projet de Giacomo Panarisi (Romano Nervoso), et en tête d’affiche Liar Thief Bandit, un power trio suédois. A son actif, trois elpees : « Gun Shovel Alibi » (2016), « Straight Ahead » (2018) et « Deadlights » (2021). Le combo a publié un nouveau single, « The Art of Losing Battles », ce 4 mars 2022, un titre qui figurera sur son mini album, « Diamonds », dont la sortie est prévue pour cette année. Et pourtant, on ne dénombre qu’une cinquantaine de personnes (des habitués, en général) pour assister aux deux concerts. Mais p*****, il est incompréhensible qu’un si maigre public se déplace pour une telle affiche. La pandémie aurait-elle anesthésié les rockeurs ?

Place donc d’abord à Giac Taylor, le nouveau projet du leader de Romano Nervoso, Giacomo Panarisi. Et c’est Moorad, ex-ingé son du Botanique, qui est derrière les manettes. Giac est un amoureux d’un glam rock, issu d’une relation illégitime entre Mick Jagger et Marc Bolan, consommée lors d’une soirée bien arrosée, dans la Région du Centre.

Avant de grimper sur l’estrade, les haut-parleurs crachent la B.O. du film ‘Le bon, la brute et le truand’, signée, on vous le rappelle, Ennio Morricone. Une manière de confirmer que le western spaghetti est une référence de choix dans la musique de Panarisi.

Giac s’est planté derrière ses drums, dont la grosse caisse porte l’inscription ‘First Of All Fuck You’ (Trad. : ‘Tout d'abord, va te faire foutre’), qui serait le titre du premier futur LP. Le Louviérois se charge également des parties vocales. Ce qui n’est pas surprenant, puisque chez Romano Nervoso, il est le chanteur…

Il est accompagné du bassiste Diego Di Vito (NDR : un gaucher !), du guitariste Mick Torres et d’Angelo Guttadauria aux six cordes et aux synthés.

La set list va privilégier les nouvelles compos sculptées dans un rock bien carré, fruit d’un cocktail entre punk, metal et garage. Pas de temps mort ni de bavardages inutiles entre les morceaux. Pas de reprise ni de plages extraites du répertoire de Romano Nervoso.  

Outre les claviers, dont il tapisse généreusement la solution sonore, et la gratte, Mick se consacre également au chant et notamment aux backing vocals.

Brûlot incandescent, « Belgium Is Burning » libère une énergie folle à la manière de John Spencer voire de l’Experimental Tropic Blues Band. Une rythmique hypnotique trame le huileux « This World We Live In », un peu comme chez les Ramones. « I Want YouTo Die » s’ébroue lentement, mais finit par déraper dans l’esprit des New York Dolls, le sixcordiste s’autorisant une intervention à la Slash. Heureusement pas de trace de ‘38 specials’ comme dans la vidéo.

La musique de Giac Taylor se révèle bien plus sauvage que celle de Romano Nervoso. Le loup est peut-être dans la bergerie et semble annoncer une nouvelle orientation pour Giacomo…

Setlist : « Armachair Warrior », « Mister Hollywood », « Belgium Is Burning », « I Want You To Die », « The Witch », « The Circus », « Jesus Loves You », Catatonic States », « Soldier And Outlaw », « Kyuss », This World We Live In », « Little Man »

Place ensuite à Liar Thief Bandit. Des Vikings (dont le guitariste porte une casquette de basketteur et pas un couvre-chef à cornes) qui sont parvenus à fusionner le metal mélodique des 70’s et le garage/punk/rock brut de la fin des 90’s. Et ce soir, ils prennent d’assaut, le Zik-Zak à Ittre…

Le set s’ouvre par le titre éponyme du dernier album (« Deathlights »). Une compo qui oscille ente hard rock mélodique et punk redoutable. Les riffs de guitare flairent la graisse de moteur et la sueur. Les morceaux sont courts, mais véhiculent des thèmes moralisateurs. Jacobson est partout, debout à genoux ou encore brandissant sa guitare au-dessus de la tête. Irrésistible, « Catch And Release » pourrait incarner le chaînon manquant entre les Rolling Stones et AC/DC. Bien rythmé, « Limitations » est dynamisé par la ligne de basse agressive et caoutchouteuse. Pas de trace de « Cept the Truth », cependant !

Punk mélodique, « Good Enough » nous replonge dans les eighties, frôlant même l’univers d’un Offsping qui aurait pris l’air du côté de la Mer Baltique…

« Right From Wrong » vous prend littéralement à la gorge et ne vous lâche qu’à la fin du morceau. Hormis « On my way », plage issue du second LP, « Straight Ahead », et 3 pistes extraites du futur mini album (« Diamonds »), dont le single (« The Art Of Losing Battles »), tous les autres morceaux sont issus de « Deadlight », le dernier long playing.   

Le set s’achève par le rock’n’roll musclé et débridé « Feather », un titre sublimé par le refrain et caractérisé par un chant a cappella, chargé de reverb’.  

Lors du rappel, Liar Thief Bandit va nous réserver 3 morceaux, clôturant ainsi un concert particulièrement énergique, dans l’esprit de The Hellacopters, Imperial State Electric, Grande Royale voire des Norvégiens de Turbonegro…

Setlist : « Deathlights », « Brand New Day », « Good Enough », « I’Ve Got A Lot Of Morning Comin’In », « Right From Wrong », « Catch And Release », « Limitations », « Peace With Disaster », « On My Way », « Silver Tongue », « Better Days », « The Art Of Losing Battles », « Feather » 

(Organisation : Zik-Zak, Rock Nation)

Ykons

Muse, Imagine Dragons, U2 et Editors, parmi les icônes d’Ykons…

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Il y a bien 30 ans que votre serviteur fréquente le Stock, une salle mythique de la Cité des Loups. Un endroit qui est également devenu l’antre du cover band, Rock en Stock. Ce soir, le Stock accueille Ykons, un concert organisé par Sandra Lerate, une fan du band. Le spectacle avait été reporté à 3 reprises, suite à la pandémie.

Issu du Pays de Herve, le quintet est drivé par le chanteur charismatique Renaud Godart. Le premier elpee d’Ykons, « Reflected », est paru en 2019, et un Ep 6 titres intitulé « Colors And Lines », en 2021. Et c’est dans le cadre de cette sortie que la tournée a été organisée.  

Début des hostilités à 21h00. Le sigle lumineux du groupe est représenté par 3 losanges qui s’entrecroisent et diffusent leurs lumières via un laser placé au centre, lequel propage ses faisceaux de différentes couleurs en triangles vers le public. Le visuel est placé en arrière-plan sur une toile tendue.

Renaud Godart, le chanteur charismatique, est soutenu par le claviériste Patrick Loffet, le guitariste David Modave, le drummer Bernard Delvenne et le bassiste Yann Vanchaze.

Devant Renaud et Yan, deux imposants toms basse ont été installés. Le set s’ouvre par l’explosif « Colors And Lines », au cours duquel les percus tribales et métronomiques s’imposent, un peu comme chez Imagine Dragons. Mais ce n’est pas Dan Reynolds qui frappe les peaux des toms bass, mais bien Renaud, casquette de basketteur vissée sur le crâne, et Yann. La ligne mélodique est parfaite. « Sequoia Trees Pt 1 » allie puissance et musicalité. Renaud est très interactif. Chaud, son falsetto est aussi bien capable de descendre dans les graves que de monter dans les aigus. La section rythmique s’impose tout au long du puissant « Have A Great Crash », un extrait du premier album « Reflected ». David en profite pour dispenser des sonorités de gratte carillonnantes, comme The Edge, au sein de U2. Brûlant, « At Sunrise » lorgne manifestement vers Muse. Tout au long du paisible « Light Up », les ivoires sont talonnés par les cymbales. Interprété sous une forme acoustique, « Time » incite au recueillement. C’est le nouveau single. Le message est clair, il faut rester jeune, garder la santé et mourir le plus tard possible. Pas de contestation possible à ce sujet. Chaque morceau est un hit en puissance. Renaud se met dans la peau de Tom Smith pour attaquer une reprise épatante du « Papillon ». La foule balance les bras de gauche à droite ou de droite à gauche, les lèvent en l’air, applaudissent, et reprennent même les refrains de plusieurs chansons en chœur.

En rappel, le band va nous envoyer au « Paradise » avant de clore le set par une adaptation acoustique de « Red light ». Vraiment un chouette concert !

Ykons se produira le 6 mai à L’Entrepôt d’Arlon ainsi que dans le cadre de différents festivals, dont les Francofolies de Spa (22 juillet) et le Ronquières Festival (7 août).

Setlist : « Colors And Lines », « Have A Great Crash », « Sequoia Trees Pt 1 », « At Sunrise », « Light Up » (nouveau single), « Time » (acoustique), « Belong To You », « Like A Feather », « Reflected », « Papillon » (cover Editors), « Darwing Fool », « Silent Word », « Red Light » (électro), « Sequoia (part 2) » (acoustique), « Time ».

Rappel : « Paradise », « Red Light » (acoustique)

(Co-organisation : Le Stock et Sandra Lerate)

Elsa Esnoult

Deux heures de spectacle pour les petits, les ados et les grands…

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Le concert d’Elsa Esnoult, au Cirque Royal, avait été reporté deux fois en autant d’années, à cause de la pandémie. Et à l’entrée de la salle, la file est impressionnante. Le concert est sold out. Il y a même un gosse de 3 ans qui accompagne ses parents. Faut dire que la native de Neuilly-sur-Seine est particulièrement active sur les réseaux sociaux. Certains fans sont présents depuis le matin sur le trottoir de la rue de l’Enseignement. Après son parcours inattendu dans ‘Danse avec les stars’ (elle y a terminé à la troisième place), la chanteuse et actrice, héroïne de la série ‘Les mystères de l’amour’ (plus de 2 millions de téléspectateurs), se produit pour la première fois en Belgique. Elle est venue défendre son dernier album, intitulé « 5 ». Les quatre précédents ont été consacrés disques d’or et ponctués de trois Victoire de La Musique.

Pas de supporting act. Elsa Esnoult grimpe sur l’estrade vêtue d’une robe noire à paillettes ceinturée d’une bande de tissu couleur d’ébène, ornée du sigle ‘E’ entouré d’une paire d’ailes. Elle est soutenue par un guitariste, un batteur, une jolie claviériste et deux choristes/danseurs, installés chacun sur une estrade, et dont le haut du corps est souvent limité à un marcel on ne peut plus classique.

Le set s’ouvre par « Moi j'écrirai ton nom », un extrait du nouvel opus. Les filles sont déjà surexcitées. Faut dire que le fan club avait distribué des affiches, invitant le public à se lever, dès qu’elle entrait sur scène.   

Elsa retourne dans les coulisses lors d’un bref interlude, mais revient en compagnie de son fidèle ami Anthony Colette afin de partager le micro pour « Les plus belles histoires d’amour ». Tout le monde se met à danser.

Les hits défilent « J’suis là-haut », « Amoureuse », « Fidélité ». Et l’inoubliable « Le crime de s’aimer ». Les spectateurs sont déjà debout, avant l’entracte. La première partie a duré 75 minutes.

Elsa nous parle bien-sûr d’amour, mais également de désespoir, des personnes transgenres, des déceptions de l’existence. Son discours est positif ; pour elle, l’amour résout tous les problèmes de la vie.

Retour sur le podium pour Elsa qui est maintenant vêtue d’une robe bleue, mais toujours à paillettes. Sébastien Roch (son pote dans la série ‘Les Mystères de L’Amour’, et ‘Cri-Cri d’amour’ dans ‘Hélène et les garçons’) la rejoint pour un duo consacré à deux chansons, dont « Ma Star à moi ». La chorégraphie est parfaite tout au long de « La belle histoire », une compo reprise en chœur autant par les ados que les papys et mammys. Moment plus sérieux, « Dans Le Bleu De Tes Yeux » aborde le sujet du divorce.

Deux heures de spectacle pour un prix d’entrée plus que raisonnable, au cours duquel Elsa, en toute simplicité et le plus naturellement du monde, a libéré une énergie incroyable et communicative, avec la complicité de son équipe. Votre serviteur a des goûts éclectiques et finalement, à l’instar du public multigénérationnel, a passé une excellente soirée…

(Organisation : Next Step)

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