Fondée en 1993, Spain est une formation californienne drivée par le chanteur/bassiste Josh Haden. Sa musique a été décrite comme de l’indie pop slowcore americana free jazz. Son dernier opus, « Mandala brush », remonte à 2018. On se souvient surtout de son…

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C’est le premier album de Planterose, mais pas les premiers pas dans la musique pour ses équipiers. Amoureux de pop culture, ce monde idéal où Flavien Berger partage un verre avec l’homme de Rio, Gainsbourg s’adonne à la Dream pop, et Laetitia Sadier…

Ki ! en question !

Ki ! est l’alias de l'auteur-compositeur et multi-instrumentiste Christian Ki Dall.…

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Wilco

Il ne manquait plus que Ken Stringfellow rejoigne Wilco sur les planches… et on aurait pu marquer le concert d’une pierre blanche…

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Après être passé deux jours de suite, à l'Ancienne Belgique de Bruxelles, ces 12 et 13 juin, Wilco se produisait à l'Aéronef de Lille, ce mardi 19 du même mois. Au cours des deux dernières années, le différents musicos se sont consacrés à leurs projets parallèles, et tout particulièrement Tweedy qui non seulement a gravé trois elpees solo, mais également accompli une tournée en solitaire. On attend, impatiemment, la sortie d'un nouvel opus de la formation pour cet automne ; cependant, ce soir, la setlist ne proposera pas de morceaux inédits, mais une sélection de compos puisée au sein de sa large discographie...

Il revenait à Ken Stringfellow d’ouvrir le bal. Pas un néophyte, car non seulement c’est un membre des Posies, mais il a apporté sa collaboration à REM, aussi bien sur disque qu’en tournée, participé à la reformation de Big Star, et bossé en compagnie de tas de bands ou d’artistes, dont Neil Young, Mercury Rev, Thom Yorke, John Paul Jones, Patti Smith, Damien Jurado, Nada Surf ou encore Mudhoney. Responsable de plus de 200 albums à ce jour, si on tient compte des différents projets auxquels il a participé, il compte également une carrière solo. C’est donc en solitaire, qu’il grimpe sur le podium de l’Aéronef. Armé de sa gratte ou assis derrière son piano, qu’il joue un peu à la manière d’Elton John, il chante d’une voix bien timbrée et en général haut-perchée. Minimalistes, ses compos sont bien construites. Mais il y manque un groupe ou au moins un musicien (NDR : un compagnon de cordes ?) pour le soutenir afin de donner la pleine mesure de son talent. La chanteuse Holly vient bien le rejoindre à mi-parcours. Elle a une voix veloutée, mais les harmonies vocales souffrent d’un certain déséquilibre, probablement dû à des balances imparfaites. N’empêche ce Stringfellow a démontré qu’il n’était pas né de la dernière pluie… et les applaudissements recueillis auprès de l’auditoire le confirme…

Pas de décor sur l'estrade, comme lors des concerts exécutés à l'AB, en octobre 2016, mais simplement les musicos, leur matos et le light show. Devant une foule estimée à plus ou moins 800 âmes, dont de nombreux néerlandophones.

Jeff Tweedy n'a physiquement pas changé ; barbu, il porte toujours des lunettes et est coiffé de son inséparable stetson. En outre, Zen, il fédère littéralement son équipe. Seul le claviériste affiche un nouveau look. Il est également chaussé de grosses lunettes et s’est enfoncé une casquette sur le crâne, un couvre-chef probablement récupéré dans la garde-robe de son arrière-grand-père.

Le concert s'ouvre par la ballade "You are my face", une chanson, qui met déjà en exergue les superbes harmonies vocales échangées entre Tweedy, le bassiste Pat Sansone et le multi-instrumentiste John Stiratt...  Subtilement tapissée de claviers vintage, elle s'électrifie alors progressivement. Mélancoliques, les premiers morceaux sont d'ailleurs amorcés sous cette forme, Jeff alternant entre gratte acoustique et électrique –geste qu'il va répéter toute la soirée, sauf pour la valse ivre "Humingbird" (ce piano !), une chanson cabaret au cours de laquelle il se concentre exclusivement sur son micro– alors que Nels en change carrément et pratiquement pour chaque titre. Après le tango "How to flight loneliness", le remesque "Box full of letters" agrège superbement mélodie et électricité. La setlist nous réserve deux titres country & western issus de l’album « Mermaid avenue », fruit de la collaboration entre Wilco et Billy Bragg, et dont les textes sont signés feu Woodie Guthrie. Tout d’abord "California stars", une plage infiltrée de claviers rognés, comme chez le Band de Dylan, au cours de laquelle Nels est passé à la pedal steel et Pat au banjo. Et ce dernier ne le lâche pas pour le suivant, "Hesitating beauty". Groovy, complexe et fiévreux, "Bull Black Nova" libère une intensité déchirée entre la prog et l’alt rock de dEUS. Une intensité que prolonge le morceau atmosphérico-psychédélique "Laminated cat", une compo de Loose Fur, projet annexe de Tweedy. Climat qu'on retrouve encore sur "Born alive", un morceau au cours duquel Nels traite sa gratte à la slide, alors que Glenn Kotche se déchaîne sur ses fûts. Mais également tout au long du crazyhorsien "At least that’s what you said". D'une voix écorchée, proche de Mark Oliver Everett (Eels), Jeff interprète le tendre et romantique "Reservations". La synergie bringuebalante entre les trois grattes rappelle les Eagles tout au long d'"Impossible Germany", Nels en profitant pour nous servir un solo digne de Carlos Santana. Et le public de ponctuer son envol d'une énorme acclamation. D’ailleurs à partir de cet instant, ses exercices de style vont déclencher un même enthousiasme au sein de la fosse et inciter Jeff à soulever son chapeau en le désignant de la main. Toujours aussi humble, Cline s’incline devant la foule, en joignant les mains, pour la remercier. Le combo n'en oublie pas le groovy (cette basse !) et beatlenesque "Someone to lose", qu'on a envie de fredonner avec Tweedy. Avant de clore le set par l'americana "The late greats", il remercie l’auditoire, en français…

Le premier rappel s'ouvre par "Misunderstood". La voix de Jeff est légèrement vocodée (NDR : pas vraiment indispensable), mais les drums y sont particulièrement percutants, la compo virant au rock'n’roll en changeant carrément de tempo au milieu de parcours, tout comme lors d’"I got you (at the end of the century)". C'est par une formidable ovation que s'achève "Random Name generator", un titre entraînant, contagieux et groovy", suivi de "Red eyed and blue", moment choisi par Jeff pour siffloter.

Nels entame la ballade "Jesus, etc." à la pedal steel. Et après le très pop "Heavy metal drummer", le concert s'achève par "I'm the man who loves you", une compo teintée de blues au cours de laquelle les harmonies vocales et les 3 grattes électriques vont s'en donner à cœur joie…  

On n’en n’oubliera pas pour autant les traits d’humour de Jeff et puis la capacité de Wilco à donner un coup de fraîcheur à chaque compo interprétée, que ce soit un standard ou une plage moins connue. Bref, un des meilleurs concerts de l’année pour votre serviteur… même si on aurait aimé voir Ken Stringfellow rejoindre le sextuor sur les planches, pour une cover, par exemple, histoire de marquer d’une pierre blanche, cette superbe soirée…

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist

You Are My Face, I Am Trying to Break Your Heart, War on War, I'll Fight, You and I, Handshake Drugs, Hummingbird, How to Fight Loneliness, Box Full of Letters, California Stars (Billy Bragg & Wilco cover), Hesitating Beauty (Billy Bragg & Wilco cover), Bull Black Nova, Laminated Cat (Loose Fur cover), Reservations, Impossible Germany, Someone to Lose, Born Alone, At Least That's What You Said, The Late Greats.

Encore 1 : Misunderstood, Random Name Generator, Red-Eyed and Blue, I Got You (At the End of the Century)

Encore 2 : Jesus, Etc., Heavy Metal Drummer, I'm the Man Who Loves You

(Organisation : Aéronef)

Wilco

Définitivement, un des meilleurs groupes contemporains d’americana…

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Deux ans après être passé deux jours de suite à l’Ancienne Belgique, la mythique formation chicagoan était de retour dans la capitale, et de nouveau pour deux dates d’affilée (les 12 et 13 juin), des concerts décrétés sold out depuis déjà plusieurs mois. Faut dire que vu la qualité de ses prestations, le groupe continue d’attirer la foule. En 2017, les musicos se sont consacrés à leurs projets parallèles ; Jeff Tweedy a d’ailleurs publié un album solo. Wilco sortira son nouvel opus cet automne, un disque qui fera suite aux excellents « Star Wars » (2015) et « Schmilco » (2016).

Ce jeudi, l’Ancienne Belgique est pleine à craquer, une salle réunissant une majorité de quadragénaires. Un public composé, cependant, aussi bien de fidèles qui suivent le band depuis ses débuts entamés milieu des 90’s, d’aficionados de Tweedy, dont la carrière a débuté début des 80’s, de nostalgiques d’Uncle Tupelo, d’admirateurs du guitariste soliste Nels Cline que de récents convertis…  

Il est 20h30 lorsque les lumières s’éteignent. Le décor est d’une grande sobriété puisque seuls les musiciens et leur matos trônent sur scène. Jeff Tweedy recouvre ses cheveux grisonnants de son légendaire chapeau de cowboy. Il est entouré de cinq musiciens dont le guitariste Nels Cline et le batteur Glenn Kotche.

Et c’est parti pour deux heures de musique chargée d’intensité. Jeff est en grande forme. Il est visiblement heureux d’être sur les planches et partage son plaisir. Wilco pioche dans son imposante discographie. On a droit en tout à une bonne vingtaine de morceaux dont “Hell is Chrome”, “Impossible Germany”, “Heavy Metal Drummer” ou encore “Random Name Generator”. Les six musiciens alternent morceaux plus rock et acoustiques. Nels nous réserve, bien sûr, quelques solos d’anthologie, dont il a le secret. Très pro, le band maîtrise d’autant mieux son sujet que le son à l’AB est parfait. Le public semble conquis et de nombreux spectateurs le manifestent bruyamment.

Après une telle prestation, on ne peut que s’incliner face à un groupe qui constitue un des meilleurs représentants contemporains du country/folk/rock yankee, également baptisé americana. Et la foule qui a assisté à ce remarquable set ne pourra que confirmer ce point de vue…

(Organisation : Live Nation)

Voir également les photos du cocnert accordé à l'Aéronef de Lille, ce 18 juin, ici

Sarah Carlier

De moins en moins timide…

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C’est le septième et dernier concert de la saison, organisé par l’association ‘Faut Que Ça Bouge’ en la belle salle ‘Maison Des Loisirs’ de Mont-Saint-Guibert. Le public est impatient d’écouter en ‘live’ la transposition du quatrième opus de Sarah Carlier, un disque qu’elle a enregistré sans le concours ni la pression exercée par les labels majors, mais bien sous la houlette de Dan Lacksman (Telex) et tout simplement grâce à la plate-forme de crowdfunding KissKissBangBang. Un album plein de maturité tout au long duquel on retrouve sa voix chaude et envoûtante, sa spontanéité et ce groove vocal à la fois solaire et nonchalant.

Il y a bien 3 ans que votre serviteur n’avait plus assisté à un concert de Sarah Carlier. Ce soir le show se déroulera en deux parties de 45’, entrecoupées d’un entracte d’un quart-d ’heure. Il s’agit de son premier concert, en Belgique, depuis la sortie de ce nouvel LP intitulé « Shy girl ». Les compos, elle les a quand même rôdées, en Italie, lors d’une tournée opérée dans les clubs.

Pas de supporting act. Le spectacle démarre à 20h30 devant un auditoire assis et attentif, mais aussi, au fil de la prestation, enthousiaste, participatif et chaleureux

Les lumières s’éteignent. Son fidèle percussionniste, Boris Tchango, grimpe le premier sur l’estrade. Il part directement s’installer derrière son matos. Soit une calebasse retournée sur une couverture placée au-dessus d’une table ainsi que quelques cymbales à pied et à main.

Armée de sa gratte semi-acoustique Sarah Carlier débarque à son tour. Elle esquisse un joli sourire, salue le public d’un petit mouvement de la tête et attaque « Mr James », un extrait du troisième long playing, « Sms », paru en 2014. Elle aime faire voyager le mélomane à travers différents genres musicaux, que ce soit la world, la soul, le trip hop ou le reggae.  

Elle nous propose ensuite une version dépouillée et délicate de « My Consellor », une plage toujours extraite de son précédent opus, avant d’attaquer les titres du dernier essai. Et tout d’abord « Colors Are Beauties », morceau au cours duquel Boris –toujours la banane aux lèvres– s’emballe derrière ses percus, impétuosité qu’il va manifester à plusieurs reprises, au cours de la soirée. Ensoleillée, dansante, « I’ve Done My Share » nous entraîne sur les plages de Kingston, une chanson qui mériterait de figurer parmi les hits de cet été.  Et après le trip hop « Curve The Angels », un autre morceau empreint de délicatesse, elle achève le premier volet de son concert par « SMS »…

Elle entame le deuxième acte par le titre maître du nouvel elpee, « Shy Girl », qui signifie ‘fille timide’. Pas si timide que cela, la petite Sarah ! Les cordes de la gratte sont pincées subtilement. Sucrée/salée, parfois chargée de groove bluesy, la voix de Sarah est suave. Les cordes de guitare s’enflamment sur « Big Planet », alors que les beats électro ont remplacé les percussions. La version ‘unplugged’ du célèbre « Billie Jean » de Michael Jackson est épatante. Et le set de s’achever par « Nation Of Love », le single qui a précédé la sortie du dernier long playing…

Le rappel est entamé par « Deep Down », un autre extrait de « Shy girl » et s’achève par une autre cover, celle du célèbre « Hit The Road Jack » de Ray Charles. Une prestation convaincante qui augure une future tournée chargée de promesses, périple qui passera par ce samedi 24 août dans le cadre du Festival Solidarités de Namur et le 1er décembre, lors de la ‘Release party’, à la Rotonde du Botanique.

Setlist

« Mr James », « My Consellor », « Colors Are Beauties », « I’ve Done My Share », «  Curve The Angels », « SMS »

Entracte de 30 minutes

« Shy Girl », « Big Planet », « Billie Jean » (cover Michael Jackson), « Going Back », « Reborn », « Nation Of Love »

Rappel

« Deep Down », « Chorus Man », « Hit The Road Jack »

Alice In Chains

Un concert d’anthologie pour les nombreux fans…

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L’Ancienne Belgique accueille ce soir deux poids lourds de la scène rock : Alice In Chains et Black Rebel Motorcycle Club. Si les souvenirs de votre serviteur sont exacts, c’est la première fois que le groupe issu de Seattle se produit dans la salle de la Rue des Pierres. Pour la formation originaire de San Francisco, mais établie à Los Angeles, il s’agit de la troisième (2008 et 2013). Par contre, elle a déjà foulé à quatre reprises les planches du Botanique, un endroit qui correspond mieux à l’esprit indie de sa musique. La salle est soldout depuis bien longtemps, c’est normal vu la présence de ces deux combos…

Black Rebel Motorcycle Club (BRMC) est un groupe californien, dont le patronyme est inspiré du film ‘L'Équipée sauvage’, un long métrage datant de 1953, mettant en scène Marlon Brando, chef d’une bande de motards. Le line up réunit les chanteurs/guitaristes/bassistes Peter Hayes et Robert Turner (NDR : aka Robert Levon Been, il a choisi un pseudo afin s'affranchir de l'influence de son père, feu Michael Been, qui n’était autre que le chanteur de The Call), ainsi que la drummeuse Leah Shapiro (NDR : cette ex-Raveonettes a intégré le groupe en 2008). Son dernier et neuvième elpee, « Wrong Créatures », est paru en 2018. 

En fond de scène, une toile a été tendue sur laquelle figure le logo du band ; en l’occurrence une tête de mort soulignée par deux pistons croisés. Un light show de couleur bleue inonde le podium pendant que le trio s’installe derrière son matos. Le band va nous proposer exclusivement des anciens titres. Ainsi le concert s’ouvre par « Red Eyes And Tears », issu du premier opus (NDR : un éponyme !), publié en 2001 et puis va se contenter de nous balancer une setlist constituée de standards du groupe. Bref, pas de surprise au cours de ce show un peu trop monocorde, mais qui néanmoins s’est certainement révélé agréable pour celles et ceux qui apprécient le rock alternatif teinté de psychédélisme, de blues et de garage de ce trio yankee…

Setlist : « Red Eyes And Tears », « Awake », « Beat The Devil's Tattoo », « Berlin », « Spook », « Spread Your Love ».

A l’instar de Pearl Jam, Nirvana et Soundgarden, Alice in Chains est un des pionniers de la scène grunge. Né en 1987, il s’est accordé une brève pause début du millénaire. Faut dire que son leader et chanteur, le charismatique Layne Staley, est décédé en 2002, après des années de combat contre une addiction aux drogues dures. Il a été alors remplacé par William DuVall. L’éventualité d’un changement de patronyme a même circulé au sein du band. Mais il n’en sera rien. Outre cette parenthèse, le combo n’a quasiment jamais arrêté de tourner. D’ailleurs, l’an dernier, il se produisait encore sur la scène principale de Rock Werchter.

De chaque côté de l’estrade du drummer, deux immenses murs de baffles dans lesquels sont intégrés 48 spots sont érigés. De temps à autre, ces lumières se transforment en écrans vidéo à LED afin de créer différents effets vidéo.

Le set va nous réserver 21 titres bien structurés, partagés intelligemment entre ancien et nouveau répertoire dont, bien sûr, des extraits du dernier opus paru l’an dernier, « Rainier Fog » (NDR : il s’agit de son sixième, et son titre doit son nom au mont Rainier, le volcan toujours en activité qui domine la ville de Seattle).

Le set s’ouvre par « Bleed the Freak », un extrait du premier elpee d’Alice In Chains, « Facelift ». La température dans la fosse est déjà élevée ; et elle ne fera que grimper au fil du show. La foule manifeste déjà son enthousiasme. William la salue et on sent déjà une belle osmose entre la formation et l’auditoire. Manifestement, il s’est très bien réapproprié les anciens morceaux ; ce qui permet au combo de s’en donner à cœur joie lorsqu’il s’attaque à les réinterpréter. Et puis la section rythmique apporte une base solide à DuVall pour prendre son envol vocal et compléter le travail discret mais efficace du gratteur et autre membre fondateur, Jerry Cantrell. A contrario, la voix de ce semble avoir perdu de sa superbe. Mais aux cordes, s’il ne déchire pas souvent, il accorde des solos remarquables. A l’instar de « Stone », « Man In The Box » de « Got Me Wrong » et même de « Rooster », une ballade éblouissante. Des solos mélodiques et sophistiqués dont il le seul à avoir le secret, tout en tissant ses lignes principales sur celles, rythmiques, de DuVall.

Le set principal s’achève cependant par deux des plus grands succès du groupe, « Angry Chair » et « Man in the Box ». Et après avoir littéralement retourné la foule, Alice In Chains est revenu nous accorder quatre morceaux. Un concert d’anthologie pour les nombreux fans présents ce soir…

(Pour les photos, c’est ici)

Setlist : « Bleed The Freak », « Check My Brain », « Again », « Never », « Themes Bones », « DamThat River », « Hollow », « Your Decision », « Rainier Fog », « Down In A Hole », « No Excuses », « Stone », « Red Giant », « We Die Young », « Nutshell », « Angry Chair », « Man in the Box ».

Rappel : « The One You Know », « Got Me Wrong », « Would ? », « Rooster ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Priests

Une messe pas très catholique…

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Responsable d’un superbe second album, « The seduction of Kansas », paru en avril dernier, Priests se produisait ce lundi 20 mai au Witloof Bar du Botanique. Un site presque désert, puisque seul ce concert y était programmé. Issue de Washington D.C, la formation a été réduite à un trio suite au départ de la bassiste Taylor Mulitz, qui a rejoint Flasher. Et si Janel Leppin a collaboré aux sessions d’enregistrement du dernier elpee, elle ne participe apparemment pas aux tournées. Pratiquant une musique qui oscille entre punk et post punk, le band se signale également par des lyrics engagés, socio-politiques, mais également féministes…

Lorsque le combo grimpe sur l’estrade vers 20h15, il doit y avoir une petite centaine de fidèles dans la chapelle. Pour ce périple, le line up bénéficie du concours de la bassiste Alexandra Tyson. Vêtue de noir, y compris le pantalon en cuir, longue chevelure de jais, elle affiche une attitude particulièrement placide, presque mystique. Daniele Daniele, la drummeuse, s’installe en arrière-plan. Devant son tapis de pédales, lunettes épaisses et classiques sur le nez, GL Jaguar ressemble à Ahmed Laaouej, mais en taille XXL. Quant à la chanteuse Katie Alice Greer, on la verrait bien jouer le rôle de Marilyn Monroe, au cinéma. Très jolie et sexy, elle a enfilé une robe décolletée de teinte jaune canari, courte et moulante, en latex vintage. Ses bas-résilles sont retenus par des porte-jarretelles et elle est chaussée de demi-bottes de cow-boy. Et tout au long du set, aguichante, glamour, elle va se déhancher sensuellement. Lors de la communion, on lui donnerait bien le petit Jésus sans confession et sans se faire prier…

La célébration s’ouvre par « Pink white house » et déjà on est impressionné par la voix de Katie, qui pourtant, et elle le signalera, n’est pas au top car, confesse-t-elle, elle a une grenouille (NDR : de bénitier ?) dans la gorge, suite à des problèmes de santé. Alors imaginez le potentiel si cette voix était immaculée ! D’ailleurs, parfois on pense à Adèle, Patti Smith ou même Siouxsie Sioux. Son amplitude lui permet de chuchoter un instant et libérer toute sa puissance, le suivant. Tout au long de « Good time Charlie », la ligne de basse devient carrément cold, dans l’esprit du Cure. Et pour accentuer ce climat, les interventions de gratte adoptent alors un profil atmosphérique, célébré en son temps par Robert Smith, Dik Evans (Virgin Prunes) et surtout Tristan Garel-Funk (Sad Lovers & Giants) ; une impression qui va se confirmer à plusieurs reprises, lors de cet office. Le groupe reprend le « Mother » de Dantzig ; se réappropriant la chanson pour la transformer en ‘protest song’ en faveur des droits des femmes en matière de procréation. Katie et Daniele troquent leurs places pour le funkysant « I’m clean » et « 68 screen ». De petite taille, le pantalon bouffant, cette dernière possède également une superbe voix, qu’elle n’assurait jusqu’alors que pour les backing vocaux. Et entre les morceaux, elle tente de prêcher quelques mots en français. Sympa ! Mais si Katie est partie s’asseoir sur le siège derrière la batterie, elle n’en joue pas, se contentant de contempler pieusement la boîte à rythmes tout en assurant également la contre-voix. Elle revient alors à l’avant-plan pour « The seduction of Kansas », le titre maître du nouvel opus. Le drumming de Daniele devient carrément frénétique tout au long de l’enlevé « Carol ». Sommet du set, « Nothing feels natural » se révèle plus complexe, même dans les vocaux. Faux départ pour « Texas ». La gratte de GL est désaccordée. Quelques secondes plus tard, tout rentre dans l’ordre, et lors de ce titre, Daniele imprime un tempo new wave à la compo, en frappant sur ses fûts à l’aide de ses maracas. Elle revient prendre le lead vocal sur « No big bang, un titre post punk caractérisé par des vocaux déclamatoires, presque hip hop, alors que les accords de basse tournent en boucle, comme s’ils cherchaient à s’enfoncer religieusement dans votre conscience… Après le sauvage « Control freak », le show s’achève par le superbe single baptisé « Jesus son » ; et c’est sous la bénédiction de l’auditoire que Priests quitte l’autel… Adorable !

Tracklisting

Pink White House
Good Time Charlie
JJ
Mother
Youtube Sartre
I'm Clean
68 Screen
The Seduction of Kansas
Carol
Nothing Feels Natural
Texas
No Big Bang
Control Freak
Jesus Son

Pour lire ou relire la chronique de « The seduction of Kansas », c’est ici

Anne-Marie

A l’aube d’une grande carrière…

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Nouvelle princesse de la pop anglaise, Anne-Marie Rose Nicholson (NDR : elle est originaire de l’Essex, en Angleterre) a le vent en poupe. Non seulement ses singles cartonnent (NDR : notamment « 2002 » écrit en compagnie d’Ed Sheeran, « Friends », pour lequel elle a reçu le concours de Marshmello, « Don’t Leave Me Alone », celui de David Guetta, « Let Me Live », de Rudimental et « Rockabye », Clean Bandit), mais elle se produit depuis deux ans dans des salles combles et même dans le cadre de grands festivals. En outre, elle a publié son premier album, l’an dernier, « Speak you mind ».

Le supporting act est assuré par Lennon Stella. Frangines, Lennon & Maisy sont chanteuses, musiciennes et actrices. Ces Canadiennes sont connues pour leurs rôles de Maddie et Daphné Conrad dans la série Nashville, diffusée sur ABC depuis 2012. Ce soir, Lennon se produit donc en solo, uniquement soutenue par un claviériste/guitariste (NDR : il a un bonnet enfoncé sur le crâne). Elle va nous proposer, de larges extraits de son Ep 5 titres « Love Me », paru en novembre de l’an dernier. Mais également son nouveau single « Bitch ». Alors qu’on aurait pu s’attendre à un concert de country, la belle Lennon nous livre une forme d’indie pop teintée d’électro, bien dans l’air du temps. Elle va cependant se consacrer à la gratte semi-acoustique pour une jolie ballade…  

Deux estrades ont été installées sur le podium. L’une est réservée aux deux claviéristes/guitaristes/bassistes, instruments qu’ils jouent, suivant les circonstances, et la seconde au drummer. En l’occurrence, l’ex-Rudimental, Beanie Bhebhe. Les baffles crachent « Bad Girlfriend », un morceau aux chœurs samplés, pendant 5 bonnes minutes. Puis les musicos s’installent. Anne-Marie débarque à son tour. Resplendissante, elle est toute de blanc vêtue, les cheveux blonds tressés vers l’arrière. Son sourire contagieux et ses mimiques pétillantes reflètent une personnalité chaleureuse et empreinte de sensibilité. Elle salue le public avant d’ouvrir le bal. Qui s’ouvre par « Cry ». La foule est participative, surtout le public féminin, particulièrement réceptif au discours de l’artiste. Le début de set baigne dans l’électro, le dubstep et le drum&bass. Beanie parvient à marier technique et sauvagerie dans ses interventions. Anne-Marie installe rapidement un climat intimiste, n’hésitant pas à se mettre son âme à nu à travers les lyrics, en évoquant ses ruptures amoureuses sur « Bad Girlfriend » qu’elle dédie à un ex-petit ami ou quand elle étale ses complexes su son physique, sur le catchy « Perfect » où elle clame assumer enfin ses formes. Elle a le discours facile et son charme naturel ne peut que faire mouche.

Les hits défilent, mais la set list nous réserve, bien sûr, des morceaux issus de son elpee, dont « Trigger », mais également l’explosif « Breathing Fire, un titre datant de décembre 2017. On aura droit aux inévitables illuminations des smartphones. Et après 70 minutes de prestation, la troupe va se retirer. Un show bref, mais solide qui démontre que la petite protégée d’Ed Sheeran est à l’aube d’une grande carrière….

Anne-Marie se produira dans le cadre de l'édition 2019 du Pukklepop ce samedi 17 août (infos ici et tickets )

Setlist : « Bad Girlfriend », « Cry », « Do It Right », « Heavy, « Perfect », « Trigger », « Cia Adios »,«  Can I Get Your Number »,« Don't Leave Me Alone » (cover David Guetta), « Alarm », « Then », « Rockabye » ( cover Clean bandit), « 2002  », «Friends » (cover Marshmello)

(Organisation : Live Nation)

 

Refugees For Refugees

Du Moyen-Orient à l’Himalaya…

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Refugees For Refugees est un collectif qui a l'origine était à géométrie variable. Au fil du temps le line up s'est stabilisé et réunit aujourd'hui les 10 mêmes musiciens. Issus d’horizons différents, ils sont réunis par la musique, mais aussi et le plus souvent, par leur statut de réfugié. Tout d’abord, et ce sont les plus nombreux, de Syrie :  Tareq Alsayed Yahuo (oud), Souhad Nayme Tammam (kanun, une lyre orientale), Al Ramadan (flûte) et Fakher Madallal (chant). D’Afghanistan : Mohammad Aman Yusufi (dambura, une sorte de luth à long manche équipé de deux cordes). Du Pakistan : Asad Qizibash (sarod, un luth hybride). Du Tibet : Dolma Renqingi (chant) et Kelsang Hula (luth dramyen, mandoline, chant). Et enfin de Belgique Tristan Driessens (oud) et Simon Leleux (percus).

A ce jour, la troupe a publié deux albums, « Amerli » en 2016 et « Amina » en février dernier, un disque qu’elle est venue défendre ce vendredi, à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve.

Organisé par l’ASBL Muziekpublique, une association dynamique qui promeut la world, tant à travers la danse que la musique, le concert est sold out et a attiré une majorité de quadras et de quinquas.

Les 10 musicos de Refugees for Regugees sont tous assis en demi-cercle, sur des sièges, face à l’auditoire. L’hétérogénéité des formations, des cultures, des langues et des histoires, souvent difficiles, exige de chacun un surcroît d’effort et d’attention pour tenter de composer avec les autres. Mohammad Aman Yusufi, grand interprète de dambura, un instrument à long manche équipé de deux cordes, a reçu une formation musicale issue de la culture rom afghane, tandis que le parcours de Tammam Al Ramadan, un flûtiste d’Alep, est plus classique. Ils sont plusieurs à avoir fréquenté les célèbres conservatoires le long de la route de la soie (Damas, Bagdad, Alep) ; d’autres sont des musiciens populaires. Chacun a sa culture différente à défendre et y va de sa petite compo, alors enrichie par les interventions instrumentales ou vocales des autres.   

« Punarjanm (Trad. de l’hindi : ’Renouveau’, une valeur hautement défendue par le collectif) ouvre le set. Yusufi chante et joue du dambura et Asad Qizibash, du sarod. Les interventions de Leleux aux percus sont élaborées. Essentiellement instrumental, ce morceau permet au mélomane de plonger dans l’ambiance. Chaque musicien ou chanteur a l’opportunité de prendre son billet de sortie. Le voyage s’opère en douceur et en profondeur. Chacun y participe, sans perdre la magie de son âme tout en faisant abstraction de certaines frontières que le déracinement partagé rend d’autant plus fragiles. Mohamed Aman Yusufi a dû laisser derrière lui sa compagne « Amina » qui donne le titre de l’album. Il a quitté son pays l’Afghanistan, pour errer au Pakistan, en Inde, avant d’aboutir au plat-pays. Dolma Renqingi (NDR : elle est originaire des montagnes de l’Amdo) chante debout. Sa voix est à la fois incantatoire et mystérieuse. Le mantra tibétain est déclamé a capella de manière chamanique et se réchauffe au son des oud, qui introduisent ensuite un chant soufi typiquement syrien. Le percussionniste semble servir de fil rouge. L’expédition nous conduit de la Palestine vers l’Orient. Le périple se poursuit naturellement à travers une intonation hazari afghane. Mais au fil du concert, on se rend compte que c’est Tristan qui sert de fil rouge. C’est d’ailleurs lui qui présente les différents titres. On se balade ensuite dans les campagnes afghanes, grâce au chant troubadour du poète Yusufi qui raconte les récits de vie qui s’y déroulent, à travers « Perahan ». Tristan y intègre ensuite les sonorités de son oud. Magique ! Et direction le soleil. Le chant de Usufi est chargé de mélancolie. Bien que dominée par les tambourins et la flûte, l’instrumentation implique tous les musiciens. La cerise sur le gâteau ! Chacun partage son bagage, ses affinités musicales, et son savoir-faire avec les autres membres du groupe. Cap vers la Syrie, en compagnie de la lyre magique de Souhad Nayme, une lyre colorée par les interventions des oud, des tambourins et de la flûte. La caravane travers le désert sous le soleil brûlant, mais l’oasis n’est plus très loin. Le Moyen-Orient dans toute sa splendeur ! Fakher Madallal se lève de son siège pour exécuter un chant soufi tout en délicatesse. Il invite les spectateurs à frapper des mains en cadence saccadée. Lorsque Dolma Renqingi se place en tailleur au milieu du podium, c’est pour dispenser ses incantations shamaniques en direction des plateaux de l’Himalaya, alors que de nouveau la lyre s’immisce furtivement dans l’ensemble. Et quand Souhad vient épauler la chamane au chant, le résultat est presque divinatoire.

Ce plaisir des oreilles, issu de ce brassage de différentes cultures, finit même par vous flanquer des frissons partout !

(Organisation : La Ferme du Biéreau, UCLouvain Culture et Muziekpublique)

Glen Hansard

A la gloire de la Saite-Trinité…

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Né à Dublin le 21 avril 1970, Glen Hansard a fondé The Frame en 1990, un groupe responsable de 7 elpees à jour (NDR : dont « Longitude » en 2015, après un hiatus de plus de 10 ans). En 2006, il avait délaissé son band pour lancer un nouveau projet, The Swell Season, pour lequel il va publier trois long playings. Sa carrière en solitaire, il ne va réellement l’embrasser qu’en 2011. Depuis, ce chanteur, compositeur, guitariste et acteur irlandais, a sorti quatre albums solo, dont le dernier, « The wild willing », est paru en avril dernier…

Le supporting act est assuré par Joe Quartz, un duo réunissant Jeanne Suzin et Olivier Schlegelmilch. La première se consacre au chant, au piano et parfois au melodica, Le second, multi-instrumentiste, se réserve le violoncelle, les drums, et se transforme en human beat box, lorsqu’il reproduit le son de la trompette à l’aide de sa bouche. Etabli à Paris, le couple est responsable d’une expression sonore qui mêle jazz, musique classique et contemporaine. La chanteuse raconte que le tandem avait rencontré Glen, lors d’une jam, il y a un peu plus de 2 mois. Dans la foulée, Glen les a invités à assurer la première partie de sa tournée européenne. A ce jour, la paire a publié deux Eps, et un premier album, « Self Afraid », en 2018, un disque qui avait quand même bien marché. Elle va puiser au sein de ses deux derniers essais pour alimenter sa setlist. 

Le timing est bousculé ; et pour cause, Joe Quartz entame les hostilités dès l’ouverture des portes, devant une salle presque vide. Douce et claire la voix de Jeanne est susceptible d’envolées atmosphériques. Etonnant, Olivier est capable de cumuler en même temps interventions au violoncelle et à la batterie. Et il faut reconnaître qu’il est particulièrement doué dans ces exercices de style. Baignant au sein d’une pop frenchy, « The New World » est dynamisé par des rythmes endiablés qui sentent bon les plages de Kingston… 

Lorsque Glen Hansard et sa troupe grimpent sur l’estrade, le Cirque Royal est à la moitié de sa capacité. L’artiste est soutenu par 9 musiciens, dont un trio à cordes (deux violons et un violoncelle), un claviériste, également préposé aux backing vocaux, un drummer, un saxophoniste qui jongle entre baryton, basse et alto, quand il ne joue pas de la clarinette, un bassiste, deux guitaristes, dont celui à la sèche (NDR : il joue dans un style flamenco) double à l’oud et l’autre qui passe naturellement de la sèche à la semi-acoustique. Le décor est assez sommaire et le light show plutôt dépouillé.

Glen voue une grande admiration à Van Morrison, Dylan, et Cohen, légendes qu’il a d’ailleurs baptisées ‘La Sainte Trinité’. Il raconte avoir assuré une première partie de Dylan et qu’en back stage après avoir pris un verre ensemble, ils sont devenus amis. Dès « Fool’s Game », on se rend compte qu’une grande importance est laissée à l’improvisation. On y décèle également des influences orientales et notamment iraniennes qui transparaissent sur son dernier long playing en solitaire, disque sur lequel les frères Khoshravesh ont participé. Armé de sa gratte semi-acoustique, Glen susurre ses mots, d’une voix légèrement vocodée, sur ce morceau d’une durée de plus de 6 minutes. Les cordes des violons communiquent un climat mélancolique aux compos. Mais ce sont surtout les interventions délicates de l’oud et des ivoires qui apportent une coloration originale à l’ensemble. En fin de parcours, la voix de la préposée aux ivoires semble sortir des profondeurs de l’enfer. Deux autres plages du nouvel LP embraient, en l’occurrence « I’ll Be You, Be Me » et « Don't Settle », des compos particulièrement abouties. Boosté par les cordes et le cuivre, « Don't Settle » monte en puissance et en crescendo, alors que la voix de Glen semble hantée et émaner du fond de ses tripes…

Extrait de l’éponyme « The Swell Season », « My Little Ruin » et dominé par les ivoires. Excellent, le morceau impressionne par la maîtrise des musicos, les interventions au piano débordant sur le titre suivant, « When Your Mind's Made Up  ». Aux ivoires, Glen murmure paisiblement ses mots. Ces instants de quiétude permettent à Glen d’asseoir son interactivité auprès de ses fans. Une discussion s’engage ainsi avec une dame… Les arrangements sont parfaits, la combinaison entre cordes de violons et du violoncelle, de la guitare flamenco ainsi que du cuivre subliment la compo qui s’achève par une communion parfaite entre l’artiste et l’auditoire, ce dernier reprenant en chœur le refrain.

Plus folk, « Bird Of Sorrow » est empreint de délicatesse et d’émotion. Extraite du dernier opus, « Mary » est une ballade aux accents celtiques et orientaux à la fois. Une perle ! La setlist est bien équilibrée. Alimentés par des guitares percutantes et des cuivres somptueux, « Way Back In The Way Back When », « Lowly Deserter » et « Fitzcarraldo » libèrent toute leur puissance, alors que « Winning Streak » trempe dans un americana pur et dur. Avant d’attaquer « The Closing Door », Glen nous parle de Bob Dylan et de la conception de la chanson, inspirée de cette rencontre unique. Tout au long de l’unplugged « Grace Beneath The Pines », on n’entend même pas une mouche voler. Dans un même registre, Glen, seul à la semi-acoustique, nous réserve « Leave a light ».

Après « Her Mercy », Joe Quartz débarque pour participer à l’interprétation de « Fitzcarraldo », une adaptation limitée au piano, à la voix et à la contrebasse. Tous les musicos sont de retour et se placent en ligne pour aborder le « Passing through » de Pete Seeger, un final acoustique au cours duquel, Hansard va jongler entre sèche, mandoline et contrebasse, une cover a cours de laquelle chaque musicien va se réserver un couplet de cette composition.

En 21 chansons sur plus de 145 minutes, Glen s’est livré littéralement corps et âme à son public…

Setlist : « Fool’s Game », « I’ll Be You, Be Me », « Don't Settle », « My Little Ruin », « When Your Mind's Made Up  » (cover The Swell Season), « Bird Of Sorrow », « Mary », « One Of Us Must Lose », « Winning Streak », « The Closing Door », « Race To The Bottom », « Didn't He Ramble », « Leave A Light », « Way Back in the Way Back When », « Grace Beneath The Pines » ( en acoustique), « Falling Slowly » (cover The Swell Season), « Her Mercy », « Fitzcarraldo » (cover The Frames), « Good Life Of Song », « Song Of Good Hope »

Rappel : « Passing Through » (cover Pete Seeger)

(Organisation : Live Nation)

LP

Une personnalité forte et fragile à la fois

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Après avoir foulé les planches des festivals des Ardentes et de Ronquières ainsi que celles du Cirque Royal de Bruxelles, LP se produit pour la quatrième fois, en Belgique, ce samedi 4 mai. Pour la circonstance, en la salle de La Madeleine. Elle est venue présenter son cinquième album, « Heart To Mouth ». Une file de 100 m de long s’est formée à l’entrée de la salle, avant l’ouverture des portes. Le concert est bien sûr, sold out.

LP ce sont les initiales de Laura Pergolizzi, une chanteuse américaine androgyne (NDR : elle est native de l’Etat de New York) qui compte aujourd’hui quatre albums à son actif. Elle a donc choisi cet acronyme comme pseudo. Elle cartonne autant sur la toile que dans les charts. Avant d’embrasser une carrière solo, elle a prêté sa plume, notamment, à Cher, Rihanna, les Backstreet Boys et Christina Aguilera. Tout en empruntant les clichés du rock, de la pop ou de la soul, sa musique n’est pas facile à cerner, même si l’artiste puise ses influences majeures chez Jeff Buckley, Kurt Cobain, Chrissie Hynde, Joni Mitchell, Robert Plant ou encore Jim Morrison.

Powers assure le supporting act, un duo établi à Los Angeles. Fondé en 2014, il réunit le guitariste Mike del Rio et la bassiste Crista Ru. Aussi fusionnel que Rive, il pratique une musique qui mêle funk et électro. Une électro truffée de samples mais aussi de percus. Assez interactive, Crista pratique régulièrement le slap tap. Le duo s’affronte également manche contre manche, reflétant une belle complicité dans le couple. Qui ne va, bien sûr, pas oublier d’interpréter son single, « Georgie », gravé en 2017. Une bonne première partie…   

Particulièrement bien éclairée, la scène est surmontée de deux estrades de couleur blanche, des estrades sous lesquelles des faisceaux lumineux vont se focaliser sur LP. Elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste, également planté sur une estrade à droite. Deux rampes d’escaliers situés de chaque côté du podium sont éclairées de petites leds rouges et blanches. LP descend la rampe d’escalier de droite, alors que, dans la fosse, les spectateurs allument les smartphones qui brillent de mille feux.

« Dreamcatcher » ouvre le bal. Puissante la voix de Laura campe un hybride entre P. J. Harvey et Patti Smith. De teinte noire, sa chevelure est bouclée comme celle de… Bob Dylan juvénile… ou alors d’Alain Souchon. Filiforme, elle a enfilé une veste blanche –veste qu’elle laissera rapidement tomber– sur une chemise ouverte noire et blanche qui laisse entrevoir des inscriptions tatouées sur le haut de son torse.

Lorsqu’elle empoigne une guitare ou un ukulélé, comme pour « When We’re High » et « Girls Go Wild », on dirait qu’elle affronte le public comme une guerrière. Elle le pointe souvent vers le public quand elle ne le braque pas d’un geste inquisiteur. Elle siffle instinctivement lors de certaines chansons. Elle est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, et notamment dans les aigus comme seules de très rares vocalistes sont capables d’y parvenir ; mais également de l’utiliser comme un instrument ou encore d’emprunter un timbre délicat. Elle possède une personnalité forte et fragile à la fois. Interactive, elle est partout sur le podium et dégage une fameuse aura. Elle se sert d’un micro sans fil, mais tient toujours, à sa droite, son pied de microphone, qu’elle ne quittera que très rarement. Elle adresse un signe aux spectateurs qui la suivent depuis longtemps.

Panne électrique pendant qu’elle interprète sa dernière chanson, « Shaken ». Laura improvise alors a capella avec une facilité déconcertante. Toute la troupe quitte ensuite le podium. LP revient vingt minutes plus tard pour accorder un set acoustique, limité à sa voix, ses sifflotements et son ukulélé. Et c’est sous cette forme qu’elle viendra interpréter trois titres lors du rappel, et notamment « Muddy Waters » et « Strange » de nouveau a cappella, avant d’achever la prestation par son hit qui l’a fait connaître, « Lost On You ».

Setlist : « Dreamcatcher », « When We’Re High », « Dreamer », « When I’m Over You », « No Witness », « The Power », « Died For Your Love », « Tightrope », » One Night In The Sun », « Girls Go Wild », « House On Fire », « Shaken ».

Rappel : « Muddy Waters », « Strange », « Lost On You ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Alan Parsons

Hanté par le spectre d’Eric Woolfson…

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Lorsque l’Alan Parsons Project est à l’affiche près de chez vous, il ne faut pas rater l’aubaine, car il se produit rarement en concert. Le show est sold out. D’ailleurs toutes les places sont vendues depuis des lustres. L’APP est venu défendre son ‘Alan Parsons Live Project’. C’est en 1975 qu’Alan a imaginé ce concept, en compagnie d’Eric Woolfson (NDR : il est décédé en 2009). Alan Parsons a entamé son parcours pro comme ingénieur du son (NDR : depuis il est considéré comme un maître dans ce métier ; d’ailleurs, établi aujourd’hui à Santa Barbara, en Californie, il se sert aujourd’hui des dernières technologies, dont le format multipiste 5.1.). Il a participé à la mise en forme d’albums légendaires, comme « Abbey Road » et « Let it be » des Beatles ou encore le « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd. Notamment. A cours de sa carrière, l’APP a vendu plus de 45 millions d’albums et décroché toute une série de hits, dont « Eye In The Sky », « Sirius », « Don’t Answer Me », « Games People Play », « Old and Wise », « Time », « Prime Time », « I Robot » et « Standing on Higher Ground » ; et paradoxalement, tout au long de cette période faste, la formation ne montera jamais sur scène…

A 20h00 pile, les lumières s’éteignent. La scène est divisée dans le fond en 3 estrades. Celle de gauche héberge le drummer, Danny Thompson, la centrale, équipée d’une rampe (NDR : âgé de 70 balais, il éprouve de petites difficultés de mobilité) et de droite, le claviériste Tom Brooks. Le line up est complété par le bassiste Guy Eros, les guitaristes Don Tracey et Jeff Kolmann ainsi que les deux chanteurs PJ Olson, épisodiquement gratteur, et Todd Coper, coiffé d’un stetson, ce dernier se consacrant également au saxophone et aux cymbalettes. Parsons alterne entre claviers et semi-acoustique.

Chaque musicien aura l’occasion de mettre son talent en exergue au cours du show.

Alan reste en retrait, il présente cependant « One Note Symphony », « Miracle » et enfin « As Lights Fall », mais aussi ses musiciens. Il nous parle aussi de sa longue carrière et demande, en français, aux spectateurs d’allumer les smartphones et de les éteindre lorsqu’il baissera le bras ; ce que l’auditoire va accomplir avec enthousiasme. Il se réserve quand même le lead vocal sur « Don't Answer Me », « As Lights Fall », « Prime Time » et lors du final, « Eye In the Sky », moment choisi pour descendre de son estrade et se planter face à la foule. Mais manifestement, sa voix manque d’assurance. Les interventions au micro des deux chanteurs principaux sont à contrario exceptionnelles ; celles de PJ Olson sont magistrales tout au long de « Damned If I Do » et « Don't Let It Show », et de Todd remarquables pendant « Breakdown » et « Limelight ». Pourtant, difficile d’oublier les voix de feu Eric Woolfson ou de Colin Blunstone. Au balcon, la sécurité rencontre quelques difficultés auprès de récalcitrants qui s’asseyent sur les escaliers alors que de bonnes places sont libres, ailleurs.

La setlist va puiser dans l’ensemble du répertoire de l’Alan Parsons Project. Le spectacle rencontre quand même quelques petits problèmes de balances, notamment lorsque le drumming étouffe les interventions des claviers. Pourtant, le préposé aux fûts s’acquitte remarquablement de rythmiques souvent assez complexes, avec précision et fluidité, se distinguant particulièrement sur la caisse claire, dont la sonorité est à couper le souffle. On en oublierait presque les accès frénétiques de guitare dispensés par Jeff Kollman, pour dynamiser une musique fondamentalement prog/rock.

Enfin, invité, Jordan Huffman vient poser sa voix lumineuse sur « I Can't Get There From Here ». Bref un concert qui a ranimé de nombreux souvenirs chez votre serviteur qui regrettait toutefois qu’Eric Woolfson ne soit plus de la partie ; mais son spectre a plané tout au long de la soirée… 

Setlist : « One Note Symphony », « Damned If I Do », « Don't Answer Me », « Time », « Breakdown, The Raven », « I Wouldn't Want to Be Like You », « Miracle », « Psychobabble. », « Luciferama », « Don't Let It Show », « Limelight », « Can't Take It With You », « As Lights Fall », « Standing On Higher Ground », « I Can't Get There From Here », « Prime Time », « Sirius », « Eye In the Sky ».

Rappel : « Old and Wise », « (The System of) Dr. Tarr and Professor Fether », « Games People Play ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi note section photos ici

 

 

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