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En octobre 2015, soit plus de 40 ans après la formation d’Alice Cooper, le propriétaire de magasin de disques et super fan Chris Penn a convaincu le line-up original du band de se réunir pour une performance très spéciale à Good Records, son magasin de…

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Sleaford Mods

Plus c’est court, plus c’est bon…

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Sleaford Mods se produit ce mardi 5 avril, à l’Ancienne Belgique, dans le cadre de la tournée ‘Spar Ribs Tour Mainland Europe 2022’ ; et la salle est pleine à craquer. Originaire de Nottingham, en Angleterre, ce duo britannique de post punk implique le chanteur et frontman polémique Jason Williamson et le musicien / producteur Andrew Fearn (depuis 2012). Son douzième elpee, « Spare Ribs », est paru en janvier de l’an dernier, une œuvre au cours de laquelle le tandem manifeste sa colère à l’égard du gouvernement britannique qui se croit tout permis et dont l'approche je-m'en-foutiste de la crise du coronavirus en est la plus belle illustration.

Issu de Bristol, en Angleterre, Lice assure le supporting act. Un quatuor qui réunit un chanteur (Alastair Shuttleworth), un guitariste (Silas Dilkes), un drummer (Bruce Bardsley) et un bassiste (Gareth Johnson) ; mais qui ce soir est soutenu par un claviériste. Son premier opus, « Wasteland : What Ails Our People Is Clear », est sorti en 2021. Le groupe partage une même esthétique garage/rock sale que Fat White Family, mais également la rage, l'urgence et l'esprit du punk morveux d’IDLES, un band également établi à Bristol. Le vocaliste ne chante pas, il vocifère en haranguant la foule. Il l’incite à se remuer et à applaudir, tout en faisant le pitre. Et les premiers rangs réagissent à ses sollicitations. Cocktail expérimental de métal, de rock, de punk, de blues et de noisy, la musique dispensée par Lice ne l’est certainement pas… lisse… Elle est même un peu difficile à digérer, mais le combo a bien chauffé la foule…

(voir notre section photos ici)

Place ensuite au plat de résistance : Sleaford Mods. Hormis le light show, qui va se révéler agressif, le décor est sobre. Une quinzaine d’imposants spots led sont érigés verticalement. Ils vont balayer les deux artistes de face et de dos. Une rampe lumineuse de néons placée sur des socles métalliques s’étale sur toute la longueur de la scène, à deux bons mètres de hauteur.

Le duo monte sur l’estrade. Andrew Fearn, imperturbable derrière son petit ordinateur, main dans la poche et bière dans l'autre, appuie nonchalamment sur un petit bouton afin de lancer le son. Il se contente de taper du pied en rythme et se marre en observant la foule qui rapidement se déchaîne. A la manière d’un Liam Gallagher, Jason se promène de long en large, sur le podium, tout en toisant l’auditoire. Puissante, sa voix évoque celle de Johnny Rotten (Sex Pistols, PIL). Il déverse son flow hip hop ininterrompu, d’un accent des Midlands à couper au couteau, mais en le parsemant d’une multitude de ‘Fuck off’ et de ‘Fuck in’. Mais les lyrics appuient là où ça fait mal avec un mordant et un esprit inégalé. Encore qu’on l’impression que Jason manifeste une inventivité lyrique et vocale plus conséquente qu'auparavant. Il semble ainsi davantage influencé par des auteurs-compositeurs-interprètes tels qu'Alex Cameron et Aldous Harding que par les rappeurs.  

Vingt-trois titres sont dispensés sans quasi la moindre interruption et surtout sans la moindre interactivité. Et pourtant, dans la fosse, c’est le boxon. Les pogos, le crowdsurfing et les round circles se multiplient.

Et au fil du set, la scène est jonchée de gobelets de bière (souvent pleins), alors qu’excités, les fans y grimpent avant de plonger aussitôt dans la fosse. Sans doute emporté dans l’ambiance, Andrew entame une danse sauvage.

Pourtant connu pour son style minimaliste, Sleaford Mods a proposé, ce soir, des versions plus complexes des compos de son répertoire, les traduisant même en électro/pop. La plupart des titres du dernier long playing figurent dans la setlist. Mais la paire a aussi le bon goût de nous réserver une reprise plutôt réussie du « Don’t Go » de Yazoo.

Et s’il fallait appliquer un slogan à Sleaford Mods, on pourrait décréter : plus c'est court, plus c'est bon !

Pour les photos, c’est

Setlist : « The New Brick », « Shortcummings », « Middle Men », « Spare Ribs », « I Don’T Rate You », « Kebab Spider », « Face To Faces », « Jolly Funcker », « Mork N Mindy », » Thick Ear », « Tiswas », « T.C.R. », « BHS », « Don’t Go » (cover Yazoo), « Second », « Nudge It », « Elocution », « Out There », « Top Room », « Discourse », « Tied Up In Nottz », « Jobseeker », « Tweet Tweet Tweet ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Dirty Sound Magnet

Un concert qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

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Ce soir, il n’y a pas plus de 30 personnes pour accueillir Dirty Sound Magnet au Zik-Zak d’Ittre. C’est triste, vu le potentiel du groupe suisse. Et la Covid n’est plus une excuse, puisque la Belgique affiche un code jaune. Spectateur de marque, quand même, Jacques de Pierpont, alias Pompon.

Responsable d’un cocktail groovy entre blues, garage, rock, psychédélisme et prog, dynamisé une irrésistible rythmique funk, Dirty Sound Magnet est issu de Fribourg. Il a publié son quatrième long playing, « DSM III », en mars dernier, une discographie entrecoupée de deux mini-elpees et d’un opus ‘live’. Certains médias n’ont pas hésité à comparer sa musique à celle des Suédois Graveyard ou des Américains Radio Moscow. Et d’autres à Tame Impala ainsi que King Gizzard and the Lizard Wizard. Pourtant, le groupe déclare puiser son inspiration dans les sixties et les seventies. L’expérience sonique proposée est unique. Le band la qualifie, non sans une pointe d’humour, de ‘retour mystique vers le futur’. Les morceaux véhiculent, en outre, des textes sarcastiques, qui dépeignent les problèmes tumultueux que la société traverse aujourd’hui.

Le supporting act est assuré par Mezzo Pazzo, une formation louviéroise drivée par le chanteur/guitariste Angelo Ognito. Pierre (guitare), Sam (batterie) et Max (basse) ont rejoint le nouveau projet d’Angel afin de vivre des expériences live destinées à être reproduites en studio. Il pratique un rock hybride dont les influences sont multiples, tout en y ajoutant sa touche personnelle. Riffs entêtants et harmonies sont la clef de ce mélange explosif. Angel a joué en compagnie de Romano Nervoso, Incognito ainsi que Jane Doe and The Black Bourgeoises. Mezzo Pazzo a sorti son premier LP (NDR : un éponyme !) en février 2020. Un disque qui faisait suite à un Ep, paru en 2018.  

Angel, barbe en collier bien taillée, chapeau vissé sur la tête et armé de sa gratte se plante derrière son micro. Il a la niaque, car il n’a plus foulé les planches d’une salle de concert depuis deux ans, à cause de la pandémie. Et ses trois acolytes semblent aussi déterminés.

« Dead clock » ouvre le bal. Les grattes sont agressives, huileuses, graisseuses même. L’expression sonore navigue sur une forme de stoner-rock-garage souvent rencontrée au cours des seventies. Mais on y décèle également des traces de glam, probablement héritées de Slade, Bowie, Sweet et New-York Dolls. Les percus sont insidieuses. Accrocheur, « Creepy Morning » se distingue par une jolie mélodie et un vocal harmonieux, même si parfois il est capable de monter très haut dans les aigus. Hit potentiel, « Like A Dandy Without A Penny » se révèle particulièrement radiophonique. Normalement, Giacomo, le leader de Romano Nervoso, devait venir poser sa voix sur « Left Me For Dead ». Comme sur l’album. Mais malheureusement, il brillait par son absence. Et pourtant, son esprit hante « Chemical Instinct ». A moins que ce soit celui d’Elvis (NDR : pas Pompilio, hein !). Quel punch ! Quelle énergie !

Setlist : « Dead Clock », « Creepy Morning », « Like A Dandy Without A Penny », « Feat Of Clay », « Beyond Scope », « Mad Luv », « Left Me For Dead », « Chemical Instinct », « The Last Before The Last »

Place ensuite à Dirty Sound Magnet. Le set s’ouvre par les trois plages issues du dernier opus, « DSM III » (NDR : il y en aura six au cours du show). Tout d’abord « Sunday drama », morceau au cours duquel on écoute religieusement la longue intro dispensée par la guitare de Stavros Dzodzos. Puis « Meet The Shaman », une compo qui nous replonge au sein du psychédélisme des années 60 et 70. « Heavy Hours » aurait pu naître d’une rencontre entre Jimi Hendrix et Frank Zappa. Enrobé d’harmonies vocales, « Mr Robert » prône un retour au calme.

Doué d’une excellente technique, le drumming est particulièrement efficace. Malgré la faible assistance, la température grimpe rapidement dans la salle et Maxime Cosandey laisse tomber le marcel après quelques chansons. Le power trio affiche de nombreux concerts au compteur. Les musicos se connaissent parfaitement. Et cette cohésion se voit et surtout s’entend. En outre, les impros confirment ces excellentes dispositions. Il est vrai, quand même, que les musiciens sont d’habiles jammeurs. Et ils vont le démontrer au cours de la soirée. Rauque, la voix de Stavros apporte une coloration particulière aux compos. Et puis engagés, ses textes sont parfois abordés avec un second degré.

Le groove est accentué par les interventions de basse de Marco Mottolini. Et puis, le band n’hésite pas à opérer des incursions dans le funk. Ainsi, même si l’expression sonore se veut fondamentalement contemporaine, elle exhale un certain parfum de nostalgie, en puisant l’essentiel de ses références depuis les 60’s jusqu’aux 90’s. Bref, un concert à la fois intense et énergique, mais surtout de qualité, qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

Setlist : « Sunday Drama », « Meet The Shaman », « Body In Mind », « Toxic Monkeys », « Mr. Robert », « Heavy Hours », « Jam session », « Social Media Boy », « Sophisticated Dark Ages », « The Poet and His Prophet ».

(Organisation : le Zik Zak et Rock Nation)

Nilüfer Yanya

Un cocktail savoureux et singulier…

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De nationalité anglaise, Nilüfer Yanya est née de l’union entre une mère irlando-barbadienne, designer textile, et un père turc, peintre, dont les œuvres sont exposées au British Museum. Vivant dans les faubourgs londoniens, elle est considérée, du côté de l’Albion, comme la nouvelle sensation. Sa famille et ses racines sont intimement liées à sa musique. Sa sœur cadette, Elif, se produit parfois avec elle sur scène comme choriste ; et sa sœur aînée, Molly, réalise ses clips. Remarquée par le chanteur Louis Tomlinson, membre de One Direction, elle a tout simplement refusé de rejoindre le groupe de filles qu’il produisait pour se concentrer sur sa propre carrière.

A son actif, deux elpees, « Miss universe », paru en 2019, et « Painless » début mars 2022. Un œuvre ambitieuse, mélancolique, qui pioche à la fois dans le rock, le trip hop, la néo-soul ainsi que le hip hop ; une solution sonore qu’elle parfume de petites fragrances électroniques, et dont les morceaux, à contrario de ceux du premier opus auquel on reprochait de s'éparpiller à vouloir embrasser trop d'influences en même temps, sont mieux construits, bénéficient d’une mise en forme plus cohérente et s’affirment davantage dans un style plus personnel.

Enfin, elle avait accordé un concert, dans le cadre des Nuits Botanique, en 2019.

Léa Sen, assure le supporting act, une Parisienne expatriée à Londres. Elle a bossé en compagnie de producteurs pointus comme Vegyn et Kwake Bass, mais aussi posé sa voix de ‘pretty woman’ sur un morceau de Roy Orbison.

Armée de sa gratte électrique, elle est seule sur les planches. Très interactive, elle prend son temps, entre chaque chanson d’en exposer le thème, mais aussi d’expliquer qu’il s’agit de démos qu’elle a réalisées lorsqu’elle voyageait par train ou lorsqu’elle sillonnait les routes dans le bus de tournée. Particulièrement entraînants, « I Like Dis » et « NO » sont deux morceaux très susceptibles de caresser vos tympans. Elle a recours à quelques samples de percus et à des beats électroniques. Des supports qui collent parfaitement à sa musique qui agrège blues, jazz, rock, psychédélisme soft (pensez à Tame Impala) et lounge (dans l’esprit de Clairo). Tour à tour délavée et éthérée ou grandiloquente et haut-perchée, sa voix se pose sur des accords de guitare chargés de reverb’. Elle impose ainsi une forme de post-soul, évoquant à la fois les expérimentations arty de Dean Blunt et la grâce de Tirzah…

Setlist : « With Or Without », « Mutch To Lose », « I Feel Like I’m Blue », « I Like Dis », « Again », « NO ».

On attendait Nilüfer Yanya affublée de grandes ailes d'ange roses comme chez Jimmy Fallon, mais elle a préféré enfiler un short de cycliste et un body plus qu’échancré de couleur noire, recouvert d’une chemise blanche à col officier, puis d’une veste –toujours de teinte noire– qu’elle enlèvera assez rapidement, vu la température qui règne dans la salle. Elle se consacre à la guitare et est soutenue par une claviériste/saxophoniste, un bassiste et un drummer. En l’occurrence Ellis Dupuis, qui assurait déjà ce rôle pour Pumas Blue, un mois plus tôt, à l’Ancienne Belgique.

Elle entame sobrement son set par « Midnight sun », point d'orgue de « Painless ».

La setlist est partagée entre morceaux issus de ses deux long playings, même si elle va privilégier ceux de son dernier. Quatre quand même du premier (« Miss universe ») dont les incontournables « Heavyweight Champion of the World » et « In Your Head », dont les guitares flamboyantes alimentent une composition curieusement rock.

Elle nous réserve une superbe version, tout en rondeur, du « Rid Of Me » de PJ Harvey.

Enivrantes, entraînantes et mélodieuses les chansons s'enchainent rapidement et nous entraînent au sein d’un univers à la fois et paradoxalement nostalgique et contemporain.

Plutôt timide, elle interagit très peu avec son public. « Stabilise », son tube imparable, incite le public à se dandiner, tout comme le volcanique « In Your Head ». Des morceaux dominés par les claviers et le saxophone, alors que la section rythmique canalise l’ensemble.  

Lors du rappel, Léa rejoint le band sur les planches pour attaquer « The Dealer ». Conjuguées, les voix de Nilüfer Yanya et Léa Sen se révèlent fusionnelles. Avant qu’« In Your Head » n’achève le concert.

En à peine soixante-dix minutes, le show de l'Anglaise aura fait son petit effet et confirmé sa belle mue. On sent qu'elle a en a sous la pédale (de distorsion) et pourrait déployer encore plus grand ses ailes… à mon que ce ne soit le grand braquet…

Nilüfer Yanya est parvenue à digérer ses multiples influences afin d’en réaliser un cocktail savoureux et singulier…

Setlist : « Midnight Sun », « Belong With You », « Chase Me », « The Unordained », « L/R », « Rid Of Me » (Cover P.J. Harvey), « Stabilise », « Baby Luv », « Same Damn Luke », « Anotherlife », « Angels », « Trouble »

Rappel : « The Dealer » (avec Léa Sen), « In Your Head ».

(Organisation : Le Botanique)

Juicy

En progression constante…

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Julie Rens et Sasha Vonk viennent enfin de publier leur premier elpee. Intitulé « Mobile », il a pris deux ans de retard à cause de la pandémie. Finalement, il aurait pu s’appeler « Désiré ». Lors de leurs deux release parties, consacrées à la sortie des Eps « CRUMS » (2019) et « Cast A Spell (2018), les filles avaient surpris l’auditoire, en attirant quelques guests, dont un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle), un contrebassiste et deux flûtistes, au VK. Que vont donc nous réserver les geishas du r&b, ce soir ? Une nouvelle ‘release party’ ? C’est ce qui a été annoncé !

Le supporting act est assuré par Isolde Van Den Bulcke aka Tristan. Etablie à Bruxelles, cette Gantoise a suivi des études au Conservatoire Royal de la capitale européenne, dans le domaine du chant et du jazz (NDR : tout comme   Sasha et Julie de Juicy, par ailleurs). Son patronyme, c’est un clin d'œil adressé à l'opéra Tristan & Isolde. A son actif deux Eps « Illusje » (2018 ») et « Delidomia » (2019).

Les hostilités débutent à 19h45. Isolde est soutenue par Gert Malfliet, aux drums. Elle se charge des machines, des synthétiseurs et d’un MPD. Elle a enfilé un pull en laine de teinte rouge vif, un short noir et porte des jambières de couleur blanche –également en laine– jusqu’aux genoux sur des bas noirs. Elle semble plutôt timide. Pendant 30 minutes, elle va nous présenter de larges extraits de ses deux Eps.

Tout à tour atmosphérique, sensuelle ou audacieuse, suivant ses humeurs, sa musique, riche en basses et percus, qu’on pourrait qualifier d’art-pop extravertie, incorpore également des éléments jazz et lounge, mais surtout se nourrit d’électronique. Les mots utilisés par Isolde sont totalement inventés. A cet égard, les titres des compos sont suffisamment éloquents. Elle n’en oublie pas son single « Lesthic », dont la vidéo (à voir et écouter ici) a été réalisée par la cinéaste Maya Mees. Une belle découverte !

Setlist : « Nonono », « Weslanda », « Femme à Fin », « Human Allergy », « Wildmouth », « Maljaande »

Une estrade est placée en bout de salle devant la table de mixage, dirigée par Ben De Vissch.

Le concert est divisé en deux actes. La première partie sera acoustique et la seconde, davantage électronique.

Lors du premier volet, Julie et Sasha sont soutenues par trois violonistes, un violoncelliste, une contrebassiste et deux flûtistes (des traversières !) Les filles sont plantées derrière leurs claviers. Elles ont revêtu un ensemble en latex de couleur noire. Soit un pantalon et une veste aux larges épaules, bardée probablement de crin de cheval (NDR : ces costumes ont été confectionnés par Catherine Somers). Finalement, hormis les compos, on assiste au même scénario que celui vécu au VK. Le set s’ouvre par « You Don’t Have To Know », un morceau envahi par un délire de cordes poursuivi par les interventions des flûtes, avant que la ligne de contrebasse ne calme l’atmosphère. Excellente entrée en matière ! « Remain » embraie tout en douceur. Synchros, les voix sont appuyées par les ivoires. Sasha et Julie se concentrent sur leurs pianos tout au long du paisible, « For Hands On Ass » (NDR : c’est la dernière plage de l’Ep « Cast a Spel »), une compo à la fois belle et grisante. Cet Ep reflète l’engagement politique et féministe du duo. Elles déclarent même que Théo Franken est un ‘con’.

La seconde partie se déroulera sur la grande scène. Des images de la planète terre sont projetées sur les demoiselles, pendant qu’elles débarquent sur les planches. « Love When It’s Getting Bad » reprend le fil du spectacle. Les voix sont sensuelles ; et un dialogue musical est perceptible entre chacune des filles. Lorsque les morceaux montent en puissance, notamment par la voie de l’électronique, une irrépressible envie de danser vous envahit, même si parfois l’expression sonore peut paraître torturée. Les interventions de violons et de contrebasse se mêlent parfaitement aux parties de rap.

Les voix se condensent tout au long de « Late Night », jusqu'à l’explosion ultime, moment choisi par le light show pour épouser les beats puissants.  Pendant « Treffles » on craint l’invasion des bonobos dans la salle, mais il n’y aura pas de remake de la ‘Planète Des Singes’, comme dans la vidéo. « Bug In » émarge au rapcore et chaque beat fait mouche. Souligné par les ivoires, « Truth » opère un retour au calme. Dansant, « See Me Now » replonge dans le r&b spécifique à Juicy. « Call Me » … mais pas nécessairement sur leur « Mobile » … et si vous n’avez pas compris le message, c’est que vous ne suivez pas le duo, depuis ses débuts, comme votre serviteur. 

« Count Our Fingers Twice » achève le show avant un rappel au cours duquel on aura encore droit à « La Gigue De La Ket » et au jazzy/lounge « Youth ».

Juicy souhaitait se produire devant un public sans masques ni distanciation sociale afin qu’il puisse exprimer sa joie et sa passion. Son vœu a été exaucé. Et à l’ABBox. Une preuve de leur progression constante…

Setlist :

Set acoustique : « You Don’t Have To Know », « Remain », « For Hands On Ass », « Fall Asleep »

Set électronique : « Love When It’s Getting Bad », « Late Night », « Treffles », « Seed And Ride », « Bug In », « Truth », « Haunter », « See Me Now », « Call Me », « Count Our Fingers Twice »

Rappel : « La Gigue De La Ket », « Youth ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Liar Thief Bandit

Descente de Vikings au Zik-Zak !

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Deux groupes intéressants, ce soir, au Zik-Zak, en suppporting act, Giac Taylor, le nouveau projet de Giacomo Panarisi (Romano Nervoso), et en tête d’affiche Liar Thief Bandit, un power trio suédois. A son actif, trois elpees : « Gun Shovel Alibi » (2016), « Straight Ahead » (2018) et « Deadlights » (2021). Le combo a publié un nouveau single, « The Art of Losing Battles », ce 4 mars 2022, un titre qui figurera sur son mini album, « Diamonds », dont la sortie est prévue pour cette année. Et pourtant, on ne dénombre qu’une cinquantaine de personnes (des habitués, en général) pour assister aux deux concerts. Mais p*****, il est incompréhensible qu’un si maigre public se déplace pour une telle affiche. La pandémie aurait-elle anesthésié les rockeurs ?

Place donc d’abord à Giac Taylor, le nouveau projet du leader de Romano Nervoso, Giacomo Panarisi. Et c’est Moorad, ex-ingé son du Botanique, qui est derrière les manettes. Giac est un amoureux d’un glam rock, issu d’une relation illégitime entre Mick Jagger et Marc Bolan, consommée lors d’une soirée bien arrosée, dans la Région du Centre.

Avant de grimper sur l’estrade, les haut-parleurs crachent la B.O. du film ‘Le bon, la brute et le truand’, signée, on vous le rappelle, Ennio Morricone. Une manière de confirmer que le western spaghetti est une référence de choix dans la musique de Panarisi.

Giac s’est planté derrière ses drums, dont la grosse caisse porte l’inscription ‘First Of All Fuck You’ (Trad. : ‘Tout d'abord, va te faire foutre’), qui serait le titre du premier futur LP. Le Louviérois se charge également des parties vocales. Ce qui n’est pas surprenant, puisque chez Romano Nervoso, il est le chanteur…

Il est accompagné du bassiste Diego Di Vito (NDR : un gaucher !), du guitariste Mick Torres et d’Angelo Guttadauria aux six cordes et aux synthés.

La set list va privilégier les nouvelles compos sculptées dans un rock bien carré, fruit d’un cocktail entre punk, metal et garage. Pas de temps mort ni de bavardages inutiles entre les morceaux. Pas de reprise ni de plages extraites du répertoire de Romano Nervoso.  

Outre les claviers, dont il tapisse généreusement la solution sonore, et la gratte, Mick se consacre également au chant et notamment aux backing vocals.

Brûlot incandescent, « Belgium Is Burning » libère une énergie folle à la manière de John Spencer voire de l’Experimental Tropic Blues Band. Une rythmique hypnotique trame le huileux « This World We Live In », un peu comme chez les Ramones. « I Want YouTo Die » s’ébroue lentement, mais finit par déraper dans l’esprit des New York Dolls, le sixcordiste s’autorisant une intervention à la Slash. Heureusement pas de trace de ‘38 specials’ comme dans la vidéo.

La musique de Giac Taylor se révèle bien plus sauvage que celle de Romano Nervoso. Le loup est peut-être dans la bergerie et semble annoncer une nouvelle orientation pour Giacomo…

Setlist : « Armachair Warrior », « Mister Hollywood », « Belgium Is Burning », « I Want You To Die », « The Witch », « The Circus », « Jesus Loves You », Catatonic States », « Soldier And Outlaw », « Kyuss », This World We Live In », « Little Man »

Place ensuite à Liar Thief Bandit. Des Vikings (dont le guitariste porte une casquette de basketteur et pas un couvre-chef à cornes) qui sont parvenus à fusionner le metal mélodique des 70’s et le garage/punk/rock brut de la fin des 90’s. Et ce soir, ils prennent d’assaut, le Zik-Zak à Ittre…

Le set s’ouvre par le titre éponyme du dernier album (« Deathlights »). Une compo qui oscille ente hard rock mélodique et punk redoutable. Les riffs de guitare flairent la graisse de moteur et la sueur. Les morceaux sont courts, mais véhiculent des thèmes moralisateurs. Jacobson est partout, debout à genoux ou encore brandissant sa guitare au-dessus de la tête. Irrésistible, « Catch And Release » pourrait incarner le chaînon manquant entre les Rolling Stones et AC/DC. Bien rythmé, « Limitations » est dynamisé par la ligne de basse agressive et caoutchouteuse. Pas de trace de « Cept the Truth », cependant !

Punk mélodique, « Good Enough » nous replonge dans les eighties, frôlant même l’univers d’un Offsping qui aurait pris l’air du côté de la Mer Baltique…

« Right From Wrong » vous prend littéralement à la gorge et ne vous lâche qu’à la fin du morceau. Hormis « On my way », plage issue du second LP, « Straight Ahead », et 3 pistes extraites du futur mini album (« Diamonds »), dont le single (« The Art Of Losing Battles »), tous les autres morceaux sont issus de « Deadlight », le dernier long playing.   

Le set s’achève par le rock’n’roll musclé et débridé « Feather », un titre sublimé par le refrain et caractérisé par un chant a cappella, chargé de reverb’.  

Lors du rappel, Liar Thief Bandit va nous réserver 3 morceaux, clôturant ainsi un concert particulièrement énergique, dans l’esprit de The Hellacopters, Imperial State Electric, Grande Royale voire des Norvégiens de Turbonegro…

Setlist : « Deathlights », « Brand New Day », « Good Enough », « I’Ve Got A Lot Of Morning Comin’In », « Right From Wrong », « Catch And Release », « Limitations », « Peace With Disaster », « On My Way », « Silver Tongue », « Better Days », « The Art Of Losing Battles », « Feather » 

(Organisation : Zik-Zak, Rock Nation)

Ykons

Muse, Imagine Dragons, U2 et Editors, parmi les icônes d’Ykons…

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Il y a bien 30 ans que votre serviteur fréquente le Stock, une salle mythique de la Cité des Loups. Un endroit qui est également devenu l’antre du cover band, Rock en Stock. Ce soir, le Stock accueille Ykons, un concert organisé par Sandra Lerate, une fan du band. Le spectacle avait été reporté à 3 reprises, suite à la pandémie.

Issu du Pays de Herve, le quintet est drivé par le chanteur charismatique Renaud Godart. Le premier elpee d’Ykons, « Reflected », est paru en 2019, et un Ep 6 titres intitulé « Colors And Lines », en 2021. Et c’est dans le cadre de cette sortie que la tournée a été organisée.  

Début des hostilités à 21h00. Le sigle lumineux du groupe est représenté par 3 losanges qui s’entrecroisent et diffusent leurs lumières via un laser placé au centre, lequel propage ses faisceaux de différentes couleurs en triangles vers le public. Le visuel est placé en arrière-plan sur une toile tendue.

Renaud Godart, le chanteur charismatique, est soutenu par le claviériste Patrick Loffet, le guitariste David Modave, le drummer Bernard Delvenne et le bassiste Yann Vanchaze.

Devant Renaud et Yan, deux imposants toms basse ont été installés. Le set s’ouvre par l’explosif « Colors And Lines », au cours duquel les percus tribales et métronomiques s’imposent, un peu comme chez Imagine Dragons. Mais ce n’est pas Dan Reynolds qui frappe les peaux des toms bass, mais bien Renaud, casquette de basketteur vissée sur le crâne, et Yann. La ligne mélodique est parfaite. « Sequoia Trees Pt 1 » allie puissance et musicalité. Renaud est très interactif. Chaud, son falsetto est aussi bien capable de descendre dans les graves que de monter dans les aigus. La section rythmique s’impose tout au long du puissant « Have A Great Crash », un extrait du premier album « Reflected ». David en profite pour dispenser des sonorités de gratte carillonnantes, comme The Edge, au sein de U2. Brûlant, « At Sunrise » lorgne manifestement vers Muse. Tout au long du paisible « Light Up », les ivoires sont talonnés par les cymbales. Interprété sous une forme acoustique, « Time » incite au recueillement. C’est le nouveau single. Le message est clair, il faut rester jeune, garder la santé et mourir le plus tard possible. Pas de contestation possible à ce sujet. Chaque morceau est un hit en puissance. Renaud se met dans la peau de Tom Smith pour attaquer une reprise épatante du « Papillon ». La foule balance les bras de gauche à droite ou de droite à gauche, les lèvent en l’air, applaudissent, et reprennent même les refrains de plusieurs chansons en chœur.

En rappel, le band va nous envoyer au « Paradise » avant de clore le set par une adaptation acoustique de « Red light ». Vraiment un chouette concert !

Ykons se produira le 6 mai à L’Entrepôt d’Arlon ainsi que dans le cadre de différents festivals, dont les Francofolies de Spa (22 juillet) et le Ronquières Festival (7 août).

Setlist : « Colors And Lines », « Have A Great Crash », « Sequoia Trees Pt 1 », « At Sunrise », « Light Up » (nouveau single), « Time » (acoustique), « Belong To You », « Like A Feather », « Reflected », « Papillon » (cover Editors), « Darwing Fool », « Silent Word », « Red Light » (électro), « Sequoia (part 2) » (acoustique), « Time ».

Rappel : « Paradise », « Red Light » (acoustique)

(Co-organisation : Le Stock et Sandra Lerate)

Elsa Esnoult

Deux heures de spectacle pour les petits, les ados et les grands…

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Le concert d’Elsa Esnoult, au Cirque Royal, avait été reporté deux fois en autant d’années, à cause de la pandémie. Et à l’entrée de la salle, la file est impressionnante. Le concert est sold out. Il y a même un gosse de 3 ans qui accompagne ses parents. Faut dire que la native de Neuilly-sur-Seine est particulièrement active sur les réseaux sociaux. Certains fans sont présents depuis le matin sur le trottoir de la rue de l’Enseignement. Après son parcours inattendu dans ‘Danse avec les stars’ (elle y a terminé à la troisième place), la chanteuse et actrice, héroïne de la série ‘Les mystères de l’amour’ (plus de 2 millions de téléspectateurs), se produit pour la première fois en Belgique. Elle est venue défendre son dernier album, intitulé « 5 ». Les quatre précédents ont été consacrés disques d’or et ponctués de trois Victoire de La Musique.

Pas de supporting act. Elsa Esnoult grimpe sur l’estrade vêtue d’une robe noire à paillettes ceinturée d’une bande de tissu couleur d’ébène, ornée du sigle ‘E’ entouré d’une paire d’ailes. Elle est soutenue par un guitariste, un batteur, une jolie claviériste et deux choristes/danseurs, installés chacun sur une estrade, et dont le haut du corps est souvent limité à un marcel on ne peut plus classique.

Le set s’ouvre par « Moi j'écrirai ton nom », un extrait du nouvel opus. Les filles sont déjà surexcitées. Faut dire que le fan club avait distribué des affiches, invitant le public à se lever, dès qu’elle entrait sur scène.   

Elsa retourne dans les coulisses lors d’un bref interlude, mais revient en compagnie de son fidèle ami Anthony Colette afin de partager le micro pour « Les plus belles histoires d’amour ». Tout le monde se met à danser.

Les hits défilent « J’suis là-haut », « Amoureuse », « Fidélité ». Et l’inoubliable « Le crime de s’aimer ». Les spectateurs sont déjà debout, avant l’entracte. La première partie a duré 75 minutes.

Elsa nous parle bien-sûr d’amour, mais également de désespoir, des personnes transgenres, des déceptions de l’existence. Son discours est positif ; pour elle, l’amour résout tous les problèmes de la vie.

Retour sur le podium pour Elsa qui est maintenant vêtue d’une robe bleue, mais toujours à paillettes. Sébastien Roch (son pote dans la série ‘Les Mystères de L’Amour’, et ‘Cri-Cri d’amour’ dans ‘Hélène et les garçons’) la rejoint pour un duo consacré à deux chansons, dont « Ma Star à moi ». La chorégraphie est parfaite tout au long de « La belle histoire », une compo reprise en chœur autant par les ados que les papys et mammys. Moment plus sérieux, « Dans Le Bleu De Tes Yeux » aborde le sujet du divorce.

Deux heures de spectacle pour un prix d’entrée plus que raisonnable, au cours duquel Elsa, en toute simplicité et le plus naturellement du monde, a libéré une énergie incroyable et communicative, avec la complicité de son équipe. Votre serviteur a des goûts éclectiques et finalement, à l’instar du public multigénérationnel, a passé une excellente soirée…

(Organisation : Next Step)

Whispering sons

L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB…

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Enfin un concert sans masque ni distanciation sociale. Le CST est encore de rigueur, mais il ne devrait bientôt plus être réclamé à l’entrée. Ce soir, l’AB accueille Whispering Sons, et la salle est bourrée comme un œuf.

Whispering Sons (trad : les fils chuchotants) sont issus de la Province du Limbourg. Les lauréats enfumés de l’édition 2016 du Humo’s Rock Rally ont publié, l’an dernier, un second album. Excellent par ailleurs. Un opus qui nous replonge dans les cryptes musicales sombres des eighties. Son cocktail de cold wave, post punk et shoegaze est pimenté par le baryton ténébreux de Fenne Kuppens. Au fil du temps, la formation s’est forgé une belle notoriété sur la scène indie ; ce qui lui a permis de se produire à Paris, et notamment au défilé de Raf Simons. Naomi Campbell est même venue féliciter les musiciens. Nominé en 2018, pour trois MIA, le combo s’est produit dans le cadre de l’édition 2019 du Rock Werchter, et il est de nouveau à l’affiche, cette année…

Le supporting act est assuré par Teen Creeps, un power trio gantois responsable de deux Eps et de deux albums, à ce jour, dont le dernier « Forever », est paru l’an dernier.

Le set est particulièrement énergique. Manifestement, sa musique est influencée par la scène alternative américaine ; depuis, Dinosaur Jr à Sonic Youth, en passant par Nirvana (donc Foo Fighters) et Metz, même si ce dernier band est canadien. Mais il le bon goût de traiter l’ensemble, sous une forme contemporaine. L’efficacité du drumming, le bourdonnement enivrant de la basse et les envolées de la guitare se fondent en une expression sonore à la fois intense et percutante. Dommage que le public soir resté aussi statique…

A revoir dans le cadre d’un festival, et pourquoi pas aux Lokerse Feesten… (voir notre section photos ici)

Les cinq musicos de Whispering Sons grimpent sur l’estrade. Outre Fenne Kuppens, la chanteuse, il implique un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste. Fenne est vêtue d’une chemise bleu ciel, à longs pans, ainsi que d’un pantalon et d’une veste de couleur bleu pétrole, adornés de motifs ésotériques.

On remarque la présence du logo du dernier elpee, projeté sur un écran, à l’arrière-plan, alors que constitué de leds, le light show va passer régulièrement du rouge au bleu, et inversement.

Ce qui frappe d’abord, c’est ce baryton sombre, caverneux et envoûtant de Fenne, qui semble parfois sortir des rives du Styx.

A deux reprises, le guitariste s’installe derrière les ivoires pour soutenir sa voix, lors de chansons plus paisibles, mais déchirantes. Des claviers qui semblent d’ailleurs bien plus présents dans la musique de Whispering Sons.

Dès le début du set, la musique baigne au sein d’un climat gothique.

« (I Leave You) Wounded » fascine et intrigue à la fois. Sauvages, les riffs de gratte électrisent « Heat » et « Visions ». Fenne hurle sa « Vision » tourmentée de l’existence. « (I Leave You) Wounded » adopte un profil davantage électro, alors que « Screens » s’enfonce dans l’indus.

L’ambiance devient carrément sépulcrale tout au long de « Satantango », alors que plutôt brefs, « Surface » et « Aftermath » sont relativement dépouillés.

Dernier titre de la prestation, « Surgery » monte progressivement en intensité et entre alors dans une sorte de frénésie

En rappel, le band attaque « Tift », le dernier single sorti il y a quelques jours. Une compo dont le climat oscille de Joy Division à Portishead en passant par Placebo, Idles, Fontaines D.C. et Shame, démontrant que sa musique a évolué depuis 2013, année de sa formation.

Un excellent concert auquel le public s’est montré un peu trop mou, au goût de votre serviteur. Bon, maintenant, il est vrai si Fenne a de la présence sur scène, elle manque encore de pétulance. Et puis, le style musical, ne s’y prête probablement pas. C’est un choix ! Mais quand même, certains morceaux auraient mérité de voir se déclencher des pogos ou même du crowdsurfing. L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB… (voir notre section photos )

Setlist : « Dead End », « Heat », « Got A Light », « White Noise », « (I Leave You) Wounted », « Performance », « Vision », « Seasons », « Flood », « Surface », Hallow », « Aftermath », « Santantango », « Surgery ».

Rappel : « Tift », « Alone », « Waste »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Puma Blue

Un moment de sérénité… au milieu de la tempête…

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Ce n’est pas trop une bonne idée de se rendre à Bruxelles, ce vendredi 18 février. Et pour cause, la tempête Eunice fait rage. Le vent souffle jusque 130 km/h. Et sur le parcours, la route est jonchée de branches d’arbres et même de troncs brisés ou déracinés. Dantesque ! Bref, arrivé sans encombre dans la capitale européenne, cap vers l’Ancienne Belgique où se produit, ce soir, Puma Blue. L’accès à la salle, qui sera remplie aux ¾, est conditionné à la présentation du CST. Assis, masqué, le public ne peut ni se lever ni quitter sa place.

Londonien, Jacob Allen, aka Puma Blue, est âgé de 27 ans. Il a suivi des cours de batterie dès l’âge de huit ans. Il cite D'Angelo, Radiohead et John Frusciante parmi ses références majeures. Il est également à la tête de deux autre projets, Ruby Bliels et Boss Nass, bien qu'il n’ait encore rien gravé sous ces patronymes.

Il a passé ces dernières années entre crises d’insomnie et idées noires, une période douloureuse qui a donné naissance à un premier opus baptisé « In Praise Of Shadows », paru l’an dernier. Les thèmes de ses chansons s’inspirent de la romance, de l’angoisse, de la contemplation et de la nostalgie…

Le supporting act est assuré par le producteur londonien Lucy Lu, aka Luke Bower. Egalement londonien, il lui arrive de se produire tantôt épaulé par un collectif d’une dizaine de musicos ou en solo. À la veille de la fermeture des frontières décrétées suite à la pandémie, Luke s’était installé en Espagne, dans la campagne, proche de Barcelone, afin de cultiver ses légumes, mais surtout composer, écrire et enregistrer son premier album qui devrait paraître bientôt ; sa discographie se limitant, pour l’instant, à deux Eps.

Mais ce soir, il est accompagné du batteur de Puma Blue et surtout d’Uma. Née en Catalogne en 1995 d'une mère britannique et d'un père thaïlandais, Uma a été formée au violon classique dès l'âge de quatre ans, avant de s’ouvrir vers d’autres alternatives instrumentales et notamment contemporaines.

Lucy Lu se consacre à la gratte électrique et Uma aux machines. Si ces deux artistes semblent vraiment fusionnels, les interventions du drummer sont plutôt discrètes. Cependant, il règne un climat plutôt étrange tout au long de ce set, climat entretenu par des vocaux profonds et cette guitare jouée en picking. Une forme de psycho-folk underground susceptible de rappeler Animal Collective…

Setlist : « Seadog », « Send Me Off », « Lost Your Mind », « Ultraviolet », « Going », « Bring Me The Mountain », « Talking Walls », « Super Quiet », « We Are The Heroes », « Only Trust A Liar ».

Place ensuite à Puma Blue. Le set s’ouvre par « Velvet Leaves », un concentré de bedroom-pop, soul, jazz et post-dubstep. Jacob est accompagné de son groupe. Soit Cameron Dawson à la basse à cinq cordes, Harvey Grant derrière ses synthés, ses ivoires et son saxophone et enfin le drummer Ellis Dupuis, bien plus dynamique que lors de sa participation au supporting act.

Jacob pratique un jazz hybride, où se mêlent cordes et groove lancinant et au sein duquel sa voix soul peut s’épanouir. Il est vraiment émouvant lorsqu’il interprète des chansons feutrées et fragiles comme « Already Falling » ou « Cherish (furs) », au cours de laquelle les chœurs préenregistrés sont samplés. C’est lors de morceaux downtempo et chill tels que « Snowflower » ou bien encore « Oil Slick », le single qui hésite entre britpop et jazz lancinant, que l’on se familiarise un peu plus avec la voix si sensible du musicien, une voix voilée par les synthétiseurs, mais aussi noyée sous les accès de percus et de basse profonde, une voix chargée d’émotion et de mélancolie qui peut aussi parfois rappeler celle de Jeff Buckley voire de Chet Baker. « Already Falling » est une chanson d’amour douce et enivrante. Il semble s'inspirer des travaux antérieurs de King Krule en ce qui concerne l'arrangement des accords et des paroles, qu’il combine, pour produire un élixir mielleux. L’amour est un concept sujet à de multiples interprétations. « Bath House » est un bel exemple de cette proclamation si complexe à avouer, mais tellement touchante. Le jeu de guitare dans ce titre, a été inspiré par John Frusciante. Et lorsque l’expression sonore devient intimiste, lo-fi, c’est à James Blake qu’on se met à penser.

Le concert est souvent planant, relaxant même, mais sans pour autant sombrer dans la léthargie. Jacob y mêle des textures aqueuses avec des grooves soul. Il y développe ainsi une certaine conception de la beauté…

Setlist : « Velvet Leaves », « Cherrish (Furs) », « (She’s) Just A Phase », « Lust », « Snowflower », « Already Falling », « Bruise Cruise », « Sheets », « Want Me », « Oil Slick », « Bath House », « Hounds », « Moon Undah Water ».

Rappel : « Silk Print » (solo), « Midnight Blue », « Only Trying 2 Tell U ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Ghalia Volt

Sans setlist !

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L’Espace Toots du Centre Culturel d’Evere est une très belle salle qui peut accueillir 150 personnes, assises. Elle bénéficie, en outre, d’une excellente acoustique. Ce soir, elle accueille Ghalia Volt. Cette Bruxelloise qui s’est établie à la Nouvelle Orléans pratique, bien évidemment, du blues. Le public est masqué. Espérons que cette situation va bientôt se terminer…

Votre serviteur avait découvert cette artiste en écoutant l’émission radio du dimanche, présentée par Beverly Joe Scott, sur Classic 21, ‘B.J.’s Sunday Brunch’. Ghalia a publié son quatrième LP, « On woman band », en janvier 2021. Elle a écrit ses compos en voyageant à travers les States ; depuis la Louisiane à l’Oregon en passant par le Texas et la Californie. Ou à travers le Mississippi. Pendant un mois et en empruntant le transport ferroviaire. L’elpee a été enregistré à Memphis (Tennessee) au Royal Studio (siège de Hi Records) là où des des pointures du blues et de la country comme Willy Mitchell et Al Green se sont illustrées. Elle y a reçu le concours du bassiste Dean Zucchero (NDR : membre de son backing group) et du sixcordiste Monster Mike Welch.

La scène est plutôt dépouillée. On y discerne la présence de 4 guitares dont deux électriques rutilantes et deux cigar-boxes (une superbe de couleur rouge et une autre ornée d’une plaque d’immatriculation du Mississipi). Quatre spots led sont plantés sur les planches, derrière l’artiste. Dès qu’elle grimpe sur l’estrade, Ghalia annonce qu’elle n’a pas de setlist. Mais tout en privilégiant les morceaux de son deuxième long playing, elle va également nous réserver des titres des opus précédents, de nouvelles compositions, quelques medleys ainsi qu’une cover très couillue du « Lithium » de Nirvana.

Elle est vêtue d’une robe noire et a enfilé des bas-résille de la même couleur. Elle ôte ses chaussures et s’assied sur un siège dont elle ne décollera pas avant la fin du concert. En fait, sa position lui permet de manipuler plus aisément les pédales, la deux caisses (grosse et claire) ainsi que le charleston et les cymbalettes

Ghalia converse énormément avec le public. Et elle est tellement interactive qu’elle lui permet de choisir quelle gratte elle va utiliser pour une chanson. Elle avoue apprécier l’Orval, la fête, le monde de la nuit et signale être insomniaque. Elle doit prendre un avion pour le Mexique le lendemain (via Ryanair ; donc le poids des bagages est limité). Par conséquent, elle ne pourra pas emporter son matos, et tout particulièrement ses deux amplis. Ajoutant que les contacts établis au sein des différents pays qu’elle visite lui permettent de dénicher le matériel pour se produire en ‘live’.

Elle raconte également que 4 jours après avoir passé son permis de conduire à la Nouvelle Orléans (c’était en 2021 !), elle entamait une tournée américaine en emportant l’ensemble de son matos. Elle qui n’avait jamais roulé sur l’autoroute, et ne s’était jamais fait klaxonner !!!!

Traitées à la slide, les sonorités de cordes dispensées tout au long d’« Esperitu Papago » vous flanquent des frissons partout, alors que les percus reproduisent le roulement du train qui traverse le désert californien. Pendant « Evil Thoughts », elle implore ses mauvaises pensées de la laisser tranquille. A l’aide de paroles soignées, elle aborde des sujets au travers desquels chacun se reconnaît, se raccroche. Elle suscite la réflexion chez chaque spectateur.

« Last Minute Packer » laisse une belle place à l’impro. Un titre qui nous plonge dans la vie d’une baroudeuse, bourlinguant d’hôtels en hôtels, de concerts en concerts.

« Meet Me In My Dreams » nous révèle la chance et le plaisir de revoir en rêves une personne décédée qui était appréciée.

Elle rend hommage à Tampa Red, en interprétant, lentement, son « It Hurts Me Too ». Sa voix est granuleuse, rocailleuse même, un peu comme celle de Beth Hart. Une voix qu’elle éclaircit en sirotant un petit whisky.  

« It Ain’t Bad » évoque les débuts de la pandémie aux Etats-Unis.

Energique, « Just One More Time » se nourrit de rock et de rockabilly. En fin de parcours, c’est l’auditoire qui choisit son répertoire.

Au cours de son show Ghalia Volt s’est frotté tour à tour au rhythm’n’blues, rock’n’roll, boogie rock, blues roots et delta blues, tout en ne négligeant ni le groove, ni le rythme. On espère la revoir bientôt en formule full band…

(Organisation : Rock Oasis)


 
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