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Shaka Ponk - 14/03/2024
Concerts

Girls In Hawaii

Il n’y manquait plus que Sitting Bull…

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Les ‘Summer Nights’ tirent doucement à leur fin. Après Axel Red, Hooverphonic ou encore Jasper Steverlinck, c’est au tour de deux groupes phares de la scène belge de se produire : BRNS (prononcez Brains) et Girls in Hawaii. Ils laisseront ensuite la place à Suarez le lendemain qui aura la lourde tâche de clôturer cette superbe édition.

Les concerts se déroulent une nouvelle fois au cœur d’un joyeux amphithéâtre bucolique, sis en pleine nature, au centre de la ville de Lessines, bourgade connue essentiellement pour avoir vu naître le célèbre peintre surréaliste, René Magritte, à la fin du XIXème siècle.

Ici aussi, il est question de surréalisme puisqu’en guise de tables, de vieux panneaux d’entrée d’agglomération ou de sens interdits ont été installés. Présentes aussi, de vieilles chaises dispersées ci et là ayant certainement eu la lourde tâche de supporter les popotins de calotins, jadis. Sans oublier quelques bancs conçus en palettes. Un confort rudimentaire, mais très à propos.

La scène enjambe curieusement le cours d’eau qui dort paisiblement dans son lit. Un contraste saisissant avec les pluies torrentielles qui se sont abattues encore il y a quelques jours sur le pays.

Point négatif de cette soirée, la fraîcheur automnale qui a plombé ce mois d’août. Pourtant quelques extraterrestres se promènent en t-shirts et pantacourts.

BRNS assure le supporting act. La naissance du band est plutôt cocasse. C’est à la suite d’un nouvel-an arrosé qu’Antoine Meersseman (basse/chœurs) et Tim Philippe (batterie/chant) décident de créer un projet commun. Diego Leyder (guitariste) et César Laloux (multi-instrumentiste) les rejoignent peu de temps après.

Depuis, Laloux s’est lancé dans une nouvelle aventure (Mortalcombat) en compagnie de Sarah Riguelle (Italian Boyfriend).

Quant à Antoine, il s’est lui aussi échappé du groupe, en incarnant le corps et l’esprit de Paradoxant, le temps d’une parenthèse.

Caractérisé par le drumming tentaculaire de Meersseman (qui frappe de la main gauche sa Charley ; ce qui trahit très vraisemblablement son absence de formation académique), ce nouvel espoir de la nouvelle génération noir-jaune-rouge avait marqué les conduits auditifs au fer rouge, lors de la sortie de l’excellent « Mexico », en 2012.

La musique de cette jeune formation est difficile à cataloguer ; hybride à souhait, parfois pop ou rock, elle est alimentée par des rythmiques complexes et non conventionnelles, mais est également épicée d’une dose judicieuse d’électro.

Certaines sonorités effleurent le psychédélisme, pourtant pas vraiment représentatif de l’esprit du groupe. Il faudra alors attendre des compos comme « My Head Is Into You » (« Patine 2014 »), « Money ou Suffer » (dont le clip est à découvrir ici) pour retrouver les fondamentaux du combo.

« Get something », servi en guise de teaser, annonce un nouvel opus qui devrait voir le jour en octobre.

Les puristes regretteront l’absence de « Clairvoyant » (NDR : issu de « Wounded », un Ep sept titres paru en 2013) au cours duquel riffs de guitares et beats syncopés tourbillonnaient, sans jamais s’y perdre, autour de la voix particulière de Tim.

Trente minutes, c’est trop peu. Un laps de temps qui ne permet pas d’évaluer le potentiel artistique du groupe.

On a toutefois compris que la détermination de BRNS résulte d’une volonté de s’éloigner de la banalité, l’expression sonore se révélant moins pop que chez les Girls. C’est ce qui rend de toute évidence l’écoute moins abordable pour le public lambda.

Au tour des Girls in Hawaii de monter sur les planches. Ils (oui, ce sont des hommes) se sont produits ici en 2002 en première partie de Dead Man Ray.

Ce concert amorce une grande tournée. Une mise en condition en quelque sorte. Et pour s’y préparer, le combo s’est vu proposer de passer cinq jours en résidence dans l’enceinte de l’ancien hôpital. Avec pour seul objectif de balayer ces longs mois de douleurs et de sacrifices au profit d’une musique à l’énergie rayonnante.

Il est 21 heures lorsque les premières notes d’« Organeum » retentissent. Un titre issu de l’album « From Here To There » qui marque le début d’un show aux allures de ‘best of’. La setlist naviguera de tubes en tubes, l’ensemble de la carrière du quintet étant passée en revue pour le plus grand bonheur d’une foule qui s’est pressée ce soir malgré les incertitudes de la météo.

Antoine, au chant lead, la voix légèrement éraillée, possède une identité vocale très singulière, mise en exergue sur « No dead ». Sa rythmique syncopée et ses chœurs viennent lécher encore un peu plus ce tableau arc-en-ciel. Aucun doute, le groupe n’a rien perdu de sa logorrhée musicale.

Si Lionel jongle entre chant, piano et guitare, Antoine, multi-instrumentiste, alterne guitare et clavier selon les titres avec une facilité déconcertante, comme sur ce « Walk », ersatz de marche militaire lunaire, tout droit venu du petit dernier « Nocturne », né en 2017.

Davantage électronique, cet opus recèle quelques pépites dont « This Light » qui, malheureusement, ne figurera pas dans la setlist. Qu’importe, « Indifference » et ses loops synthétiques martelés en guise de refrain font rapidement oublier cette déception personnelle.

A contrario, « Time To Forgive The Winter » constitue la bonne surprise. Un titre qui n’a plus été interprété depuis longtemps. La précision du jeu des uns et des autres prouve une fois encore que ces quelques mois d’inactivité ont été mises à profit pour partager un spectacle qui restera gravé dans les mémoires des Hennuyers.

L’atmosphère s’échauffe inexorablement. C’est alors que le batteur s’enivre avec charley, ride, caisse claire et grosse caisse sur l’entraînant « This Farm Will End Up In Fire ». Une chanson où la tessiture vocale du singer ressemble par moment à cette de David Bartholomé (Sharko), un autre artiste belge.

Ses comparses profitent de cette ambiance survoltée pour laisser libre cours à une folie passagère ou têtes et membres inférieurs communient ensemble, laissant apparaître un spectacle étrange entre mouvements saccadés et danse de sioux, prêts à déterrer la hache de guerre…

C’est à ce moment qu’une horde de fans sauvages s’abandonne sur le devant de la scène, passant du mode statique au comportement hystérique, bravant honteusement les interdits encore de mise dans le cadre de cette crise sanitaire.

Les uns entraînant les autres, c’est une bonne centaine de badauds, qui, animés par cette envie de danser, campent en front stage. Un effet de masse qu’on ne peut plus maintenant maîtriser. Bref, au sein de cette tribu, il n’y manquait plus que Sitting Bull…

« Bees and butterflies » réfrène quelque peu cette folie collective. Un morceau d’une douceur âcre et mielleuse où la chacun des membres conjugue le refrain.

Généreuse à souhait, la clique a souhaité faire profiter d’un tout nouveau morceau en forme de teaser dans la lignée parfaite de son univers musical. Et si cette exclusivité cachait la sortie prochaine d’un nouvel album ?

Le grandiloquent « Misses » rappelle, quant à lui, oh combien l’ombre de Denis Wielemans qui militait derrière les fûts et décédé tragiquement d’un accident de la route en 2010, plane encore dans l’esprit de son frère Antoine. Le deuil durera deux longues années. Une longue période au terme de laquelle naîtra le gargantuesque « Everest » et son légendaire « Switzerland » où l’électro et le piano s’allient parfaitement au service de la chanson.

Des sommets, il y sera encore ; et notamment cet hommage rendu à l’alpiniste George Herbert Leigh Mallory (« Mallory’s Heights ») aperçu pour la dernière fois le 8 juin 1924, sur la crête nord de… l'Everest…

Un set tout en beauté qui se clôture par « Rorschach » sous un flot de guitares salvatrices.

« Found in the ground », « 9.00 AM », et « Flavor » (réclamé par le peuple) et son intro répétitive à la basse marquent un retour en guise de rappel bien trop court.

Une fin de set où Antoine reste prostré, genoux au sol et la tête entre les mains, complètement absorbé par les sons incantatoires de ses comparses.

GIH a prouvé ce soir qu’il reste l’un des groupe phares et incontestable de la scène indé-pop musicale belge grâce à un show très inspiré et une véritable ode à la liberté. Un retour à la vie après une longue période de doutes et d’incertitude.


 

Tars

Juste le temps d’accrocher, et c’était terminé…

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Au Zik-Zak, c’est le denier concert de la saison soumis aux règles sanitaires qui exigent distanciation sociale, jauge réduite à 200 spectateurs et masque lors des déplacements. Le tout prochain libèrera le public de ces contraintes. En espérant que la page soit définitivement tournée.

Ce soir, Tars est à l’affiche. La formation wallonne a publié son premier elpee, « 90% of Honesty », en 2019. Il s’agit du projet satellite du multiinstrumentiste, producteur et ingénieur du son, Damien Polfliet. Le band pratique une forme de métal instrumental et ténébreux qui ne concède guère de parties vocales ou alors à partir d’une machine. Du stoner qui frôle parfois l’univers de la prog…

Peu de lumières pour éclairer les musicos. Un drummer (Geoffrey ‘Cho’ Jamar qui remplace Cyril Wilfart). Trois guitaristes (Damien, Roland Orban, Christophe Davenne) et un bassiste (Amaury Chavepeyer). Un claviériste devrait enrichir le line up, dans un futur plus ou moins proche.

Les trois gratteurs entrent constamment en duel. Ils possèdent, cependant, une excellente technique. Et en parfaite synchro, la section rythmique fédère, en quelque sorte les compos. Parfois l’expression sonore semble hantée par Metallica ou alors un combo viking. Néanmoins, elle n’est pas de nature à glacer le sang. Elle libère même une certaine fièvre, notamment lorsque l’électricité s’aventure dans le psychédélisme réminiscent des 70’s. Mais tout en conservant un fil mélodique. Le combo est bien en place, mais peut-être un peu trop…

Comme prévu, pas de chant, mais une voix ‘off’ lors de l’intro et sur « Endurance », le morceau qui ouvre réellement le set. Le volume sonore a littéralement soufflé les premiers rangs, mais près de la table de mIxage, là où votre serviteur à l’habitude de se planter, il était excellent. Enfin, on regrettera la brièveté du concert. 45 minutes ! Juste le temps d’accrocher, et c’était terminé…

Dans le cadre du Concours Circuit, Tars se produira au Botanique le samedi 4 décembre 2021.

Setlist : « Intro », « Endurance », « Murphy », « Gargantua », « Cooper », « Panger1- I’M Not Afraid », « Miller’S Planet », « Ranger 2- Hello Case », De Mann », « Tessecact », « Outro » 


 

Asaf Avidan

Si tu veux l’arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie… (Dolly Parton)

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Site éphémère, l’Arena 5 est planté sur le Plateau du Heysel, juste devant le Palais 5. Bel espace en plein air (pas sous chapiteau, malheureusement), mais un peu vide quand votre serviteur débarque à 18h30 pour s’installer près de la table de mixage, sur une chaise numérotée. Pas de panique, l’endroit va se remplir progressivement, malgré la pluie qui retarde l’arrivée des spectateurs…

Etablie à Bruxelles, Valkø est une artiste aux multiples facettes. Tour à tour actrice, chanteuse, musicienne, violoncelliste, cette auteure/compositrice à la crinière rousse s’inscrit dans la lignée des grandes dames de la pop que sont Kate Bush, Beth Gibbons ou encore Alison Goldfrapp. C’est son deuxième Ep, « This Kind of Game », mixé à Londres par Max Prior, assistant de Craig Silvey (Arcade Fire, Portishead, Goldfrapp, The PeeChees, Anna Calvi, Florence & The Machine), qui va permettre à Valkø d’imprimer sa griffe, à travers un son ‘british’ bien particulier.

Sur les planches, elle est soutenue par un trio réunissant le (contre)bassiste Nicholas Yates, le guitariste Pieter Peirsman et le drummer Patrick Dorcéan. Comme il pleut à verse, les claviers placés devant la vocaliste sont protégés par une bâche de couleur noire.

Le set s’ouvre par « Silence in The Dark ». Non, ce n’est pas une cover de Curses, mais une compo originale. Le (contre)bassiste tire parfaitement son épingle du jeu. Séverine semble ravie d’être sur scène ; et pourtant, pour l’instant, il n’y a pas grand monde dans l’auditoire. 

Tout au long de « Monster », une nouvelle compo, la voix est bien mise en exergue. Une voix dont l’amplitude est impressionnante. Elle peut se faire douce ou lancinante, et même évoquer tantôt Björk voire Thom Yorke. On aurait bien aimé danser sur la cover du « Can’t Get you Out Of My Head » de Kylie Minogue, mais vu la pluie qui refroidit fatalement les ardeurs et les mesures sanitaires en vigueur, c’est mission impossible…

Enfin, dommage qu’elle n’ait pas prévu « Strange Weather » (NDR : un titre qu’elle interprète sur disque, en compagnie de Nicola Testa) dans sa setlist, mais aussi qu’elle n’ait pas sorti son violoncelle. Elle craignait peut-être qu’il prenne l’eau…

Sans quoi, Valkø a surtout privilégié son nouveau répertoire, compos qui figureront plus que probablement sur son futur elpee. Elle se produira, en outre, le 23 octobre dans le cadre des Nuits Botanique, à Bruxelles. 

 

Setlist : « Silence in The Dark », « Heaven’s Door », « Monsters », « Get Lost », « Back Through The Maze », « The Mirror », « This Kind Of Game », « Can’t Get you Out Of My Head » (cover Kylie Minogue), « All I Ever Dreamed Of »

A l’approche de la quarantaine et après 10 ans de tournées non-stop, Asaf Avidan a décidé de prendre une pause pour réfléchir à son avenir. Cette prise de recul lui a été totalement bénéfique. Il en a d’ailleurs profité pour jeter les bases et écrire les chansons de son septième LP studio, « Anagnorisis », paru en janvier 2020, un opus enregistré entre Tel Aviv et l’Italie, et tout particulièrement dans une vieille ferme transformée en studio d’enregistrement. Pour vivre et écrire autrement, il a donc choisi la solitude. S’il puise toujours son inspiration majeure chez des artistes comme Léonard Cohen, Bob Dylan, Neil Young, Tom Waits et David Bowie, pour ce nouvel essai, il s’est frotté –et d’une manière inattendue– au hip hop des années 90, la pop moderne et le gospel…

Vêtu, comme d’habitude, d’un costume couleur moutarde, il monte sur le podium, suivi de son nouveau band. Un quatuor impliquant la claviériste/choriste Shelly Levy (NDR : une jolie claviériste aux cheveux blonds platine, qui s’installe sur une estrade), le drummer Yoav Arbel et le bassiste Adam Sheflan, également préposé aux synthés.

Le set s’ouvre par le groovy « Lost Horse », au cours duquel Avidan se sert d’‘une gratte électrique. Il opte ensuite pour une semi-acoustique tout au long de « 9000 Days ». Puis ôte sa veste, salue la foule et la remercie. Il semble heureux d’être sur les planches et le fait savoir. Le concert s’enfonce ensuite tantôt dans le blues ou le r&b. Ou alors le néo folk ou encore le gospel, lors des ballades véritablement déchirantes. Même que parfois, le spectre de feu Janis Joplin se met à planer. Six titres du nouvel elpee seront interprétés, le reste est majoritairement issu de l’album « Gold Shadow ».

Simple, attachant et sensible, Asaf fascine par son charisme, mais surtout pour sa voix. Il possède un grain totalement androgyne, capable de passer du falsetto particulièrement aigu au baryton le plus profond. Mais il est également capable d’emprunter un timbre enfantin ou alors carrément écorché. Une voix qui évoque même parfois celle d’Aretha Franklin, de BJ Scott ou de Tina Turner. Et puis, Avidan peut aussi compter sur la claviériste pour l’épauler. Elle excelle aux backing vocaux, un peu dans un registre gospel.

Tout au long d’« Anagnorisis », les claviers se chargent d’intensité… pourtant, et c’est étonnant, en fin de parcours, on entend des samples d’accordéon. Pourquoi pas… 

Circonstanciellement, des roadies apportent un piano sur le podium, trimballé sur une estrade à roulettes. Il est destiné à Asaf. Il arrive également au natif de Jérusalem de passer aux percus électroniques. Et il s’y révèle brillant.

Asaf revient seul lors du rappel, armé de sa gratte semi-acoustique, pour nous réserver « God Shadow ». Avant que sa formation revienne pour les deux derniers morceaux. Saignants et bien plus rock. « Earth Odyssey » rappelle que l’artiste voue un grand respect à son maître, David Bowie, même si ce morceau est bien moins morbide que le déprimant « Lazarus » … Et le concert de s’achever sur « I see her, don’t be afraid », suivi d’un long silence…

Bref, un chouette concert, mais face à un public pas assez réactif au goût de votre serviteur ; maintenant il faut reconnaître que ce temps pluvieux et venteux n’était pas de nature à déchaîner les passions…

Asaf Avidan reviendra en concert en Belgique, le 17 mars 2022 à l’AB.

Setlist : « Lost Horse », « 900 Days », « Different Pulses », « Green & Blues », « The Study On Falling », « Over My Head », « The Jail That Sets You Free », « My Tunnels Are Long And Dark These Days », « Bang Bang », « Anagnorisis », « The Labyrinth Song », « Reckoning Song », « Love It Or Leave It ».

Rappel : « Gold Shadow », « Earth Odyssey », « I See Her, Don't Be Afraid ». 

(Organisation : Greenhouse Talent)

John Mary Go Round

Bienvenue dans le bayou des Ardennes walliforniennes…

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Le confinement est terminé ; enfin, on l’espère. On devrait pouvoir reprendre une vie normale. C’est la réouverture des salles de taille moyenne, dont le Zik Zak, à Ittre. Comme en juillet et août 2020, il reprend son cycle de spectacles intimistes (50 personnes par bulle, masque et distanciation sociale de rigueur).

John Mary Go Round est à l’affiche ce soir. Il s’agit du chanteur de Country Cooking, Michel Brasseur, qui se pour la troisième fois au Zik-Zak. Un petit jeune de 56 balais, qui nous vient du delta dinantais, en plein bayou des Ardennes walliforniennes. Ce projet est né dans son esprit, après avoir traversé le sud des States. C’est là qu’il a eu, pour la première fois, l’opportunité de jouer sur une ‘Cigar Box’, instrument primitif fabriqué à l’origine, par les esclaves noirs.

Le concert est partagé en deux parties. Malheureusement, votre serviteur a pris du retard et débarque juste avant que la seconde ne commence. Dès que Michel monte sur les planches, on le reconnaît bien à sa dégaine. Il est toujours tiré à quatre épingles, un stetson enfoncé sur le crâne. Très interactif, il plaisante, signale que le confinement a du bon, car il lui a permis d’écrire de nouvelles chansons.

Il reprend donc sa prestation par « Rolling And Tumbling ». Ce morceau a été enregistré pour la première fois en 1929 par Hambone Willie Newbern. Ce Delta blues classique a été très souvent interprété, parfois avec des paroles et des titres différents, aussi bien par des artistes du Delta que du Chicago blues ou du blues rock ; la version la plus célèbre demeurant celle de Muddy Waters, gravée en 1950. Issu de l’elpee « Take a ride », le rock bien sudiste « Death Walk Blues » nous entraîne au Texas, à la rencontre de Billy Gibbons. Faut dire que la musique de John Mary Go Round nous transporte tout au Sud des States. Au Texas, mais aussi et surtout en Louisiane. Qu’il traverse de long en large, en transitant par les bayous. Jusqu’à la Nouvelle-Orléans pour y goûter les gospels chers à la Tamla Motown. 

Blind Lemon Jefferson avait réalisé deux versions différentes de « See That My Grave Is Kept Clean », en 1927 et 1928. Et celle de Michel tient parfaitement la route. Sa voix est graveleuse. Outre sa cigar box à 3 ou 4 cordes, il se sert également d’un dobro, d’une gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et chante devant un micro américain. Il change de gratte à chaque morceau. Sa technique y est irréprochable. Et le son métallique produit par la cigar box ou la dobro est imparable. Toujours dans un style très roots, Brasseur nous réserve, bien sûr, quelques morceaux issus de son album…

Une petite faveur que Michel pourrait vous accorder si vous ne partez pas en vacances. Qu’il vous invite à monter à bord de sa DeLorean DMC-12 en compagnie du docteur Emmett Brown. Vous pourriez ainsi replonger dans les années 30… là-bas, aux USA… 

Setlist : « Rolling And Tumbling », « Death Walk Blues », « See That My Grave Is Kept Clean », « Walking Through The Back Door », « I Wanna Hear », « Cross Road Blues », « Sandra blues », « Roadhouse Blues »

Rappel : « Walking Blues », « Dust My Broom », « Wet »

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Jasper Steverlinck

Une fenêtre qui s’ouvre vers de grands espaces de liberté…

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Lessines, principalement notoire pour avoir vu naître le célèbre peintre surréaliste René Magritte, à la fin du XIXème siècle, accueille dans le cadre des ‘Summer Nights’, une déferlante d’artistes. Depuis Axel Red à Girls In Hawaii, en passant par Hooverphonic ou encore Typh Barrow.

Si les premiers concerts de juin ont élu domicile dans la cour de l’enceinte même du prestigieux Hôpital Notre-Dame de la Rose, la suite des festivités se déroulera à l’ombre Hôtel-Dieu du XVIème siècle, un site en phase de reconnaissance par l’Unesco.

La scène enjambe curieusement la rivière. Le terrain, un joyeux amphithéâtre bucolique en pleine nature où blancs en palettes sont dispersés ci et là. En guise de table, des panneaux d’entrée d’agglomération où toutes les régions du patelin sont représentées. Une originalité sous bien des aspects, certes, mais pas de quoi profiter confortablement du spectacle qui va se jouer ce jeudi.

Des poules et des oies se sont aussi pressées au portillon sur une parcelle voisine. A défaut d’applaudissements, des gloussements en tout genre viennent perturber les moments de silence…

Les pluies torrentielles qui sont se sont abattues ces dernières heures sur le plat pays ont fait craindre une annulation de dernière minute. Les nuages pissent de temps à autre, histoire de rappeler que Dame Nature a les pleins pouvoirs. Mais, inutile de préciser que si la météo a épargné relativement cette partie du pays, il fallait s’armer d’une sacrée dose de motivation pour assister au concert de Steverlinck.

Ponchos sur les épaules et parapluies sous le bras, la bonne centaine de courageux aficionados a encore dû se soumettre aux mesures sanitaires (encore) obligatoires.

Ce soir, francophones et néerlandophones se réunissent d’ailleurs solennellement. Comme quoi la guerre linguistique n’a véritablement de sens que sur l’échiquier politique.

Kris Dane assure la première partie de ces festivités. Anversois de souche et Bruxellois d’adoption, cet auteur-compositeur-interprète a participé à une multitude de projets artistiques, parmi lesquels on épinglera l’opéra de Philippe Boesmans, Aka Moon, Ictus, dEUS (pour lequel il a frappé les peaux), mais également Ghinzu au sein duquel il a longtemps milité.

Armé de sa seule gratte, il apporte ce degré de légèreté douce-amère, grâce à sa voix très singulière.

Digne héritier d’un Damien Rice ou d’un Ben Howard, il caresse les cordes sensuellement et nous emmène dans un univers sonore où la bienveillance et l’amour font loi.

Aucun doute, la musique est bien le reflet de ce que l’on est. En néerlandais, on dit qu’on apprend en tombant et en se relevant. Un adage qui lui va comme un gant !

Une prestation d’une trentaine de minutes intéressante, mais un peu redondante par la longueur et le manque de relief dans l’interprétation des morceaux…

Les quelques flaques d’eau enlevées de la main stage, la pièce maîtresse de cette soirée est présentée par deux animateurs, histoire que la cour saisisse correctement le message dans sa langue natale.

Comme bon nombre de ses pairs, Jasper Steverlinck n’a pu rencontrer le moindre public depuis des lustres. C’est donc un retour très attendu.

Son nom est évidemment associé à celui d’Arid, formation belge qui a connu la gloire, notamment après avoir gravé l’excellentissime « Little Things of Venom ».

Le groupe a suspendu son aventure, dès 2012, en partie à cause de ce succès. Parenthèse définitive ? Nul ne le sait probablement. Lueurs d’espoir, une reformation éphémère s’est d’ailleurs produite, il y a quelques mois, à la demande des fans.

Le concert de ce soir risque d’être riche en émotion, vu le nombre de musicos qui entoure le Gantois : un contrebassiste, un drummer, un claviériste (qui a failli déclarer forfait suite à une blessure de la main), un violoncelliste et deux violonistes. De quoi rassurer quant à la nature de la prestation !

L’utilisation des projecteurs est réduite à sa plus simple expression ; une lumière alternant le blanc et le bleu met en exergue ses principaux acteurs.

Depuis la sortie de son dernier album « Night Prayer », enregistré ‘live’ (mais sans public), c'est-à-dire en ‘one take’, sauf en ce qui concerne les cordes, pour une question de budget, son actualité musicale a pratiquement été rencardée au Panthéon.

Les premières notes plongent immédiatement l’auditoire dans une atmosphère empreinte de douceur, feutrée même… Elles sautillent joyeusement comme les gouttes d’eau qui rebondissent sur l’herbe…

Haut-perchée, la voix de Jasper Steverlinck semble parfois ressusciter Jeff Buckley ou encore Freddie Mercury. Ses doigts glissent agilement sur le manche, un peu comme s’il manipulait de la porcelaine, plus qu’ils ne s’agitent. C’est un sacré musicien.

C’est à la gratte électrique et accompagné de son pianiste qu’il chantonne un « So far away from me » du feu de Dieu en dévoilant encore une facette inattendue de son répertoire. C’est joliment interprété. Avant d’emboîter le pas sur une reprise de K’s choice (NDR : groupe qu’il affectionne particulièrement) et qu’il avait arrangée pour les besoins d’une émissions télé.

Les cordes qui enrichissent « Our love got lost » rendent la texture sonore, moelleuse.

Des reprises, il en sera encore question, dont celle d’Arid, « You are », issu de « All Is Quiet New ». Il signale même avoir acheté tous leurs disques. Un bobard à deux balles qui a quand même déclenché l’hilarité dans la foule.

Autre cover, celle carrément décalée d’« Ice queen » du groupe néerlandais de métal symphonique, Within Temptation. Faut dire que le charme de Sharon den Adel rencontrée lors d’une émission de télé ‘Liefde voor muziek’, n’a pas laissé indifférent notre hôte d’un soir.

« Colour me blind », relate l’histoire d’un gamin en passe de perdre la vue et l’ouïe par la faute d’un virus. Mélancolique et voluptueux, ce titre est presque exclusivement centré sur la précision et l'écriture ; un exercice de style dans sa forme la plus pure et la plus directe.

Le set s’achève naturellement par un « Night prayer », qui aborde le thème de la guérison. La nuit montre le bout de son nez, les parapluies sont repliés depuis une trentaine de minutes.

Après avoir retenu son souffle durant une bonne heure trente, Jasper et son équipe décident de quitter les lieux durant quelques secondes, le temps d’un vrai/faux rappel de trois chansons.

Après avoir exploité les aigus de son organe sous un air d’opéra italien, il réinterprète le « Life on Mars » de Bowie (NDR : cette chanson figure sur l’album « Songs Of Innocence » de Jasper) pour rendre hommage aux sinistrés des inondations. Une adaptation particulièrement émouvante…  

En guise d’adieu, c’est à l’aide d’un vieil orgue en bois fraîchement installé sur l’estrade que le set prend fin.

Plus qu’un concert, une fenêtre qui s’ouvre vers de grands espaces de liberté, réanimant de vieux feux sacrés. De jolis moments qu’une bonne frange de la population semblait avoir oublié.

Pourvu que ça dure …

CélénaSophia

Ce n’est pas en arrière qu’il faut regarder…

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Ça y est ! Nous sommes déconfinés après 7 mois d’attente ! Enfin, le cycle des concerts reprend ! Un bon début : second spectacle ce soir, organisé par Silly concerts. Il ne se déroule pas au Salon. Des travaux ont été entrepris pour rénover la salle. Dès lors il se déroulera dans les jardins du Centre Culturel, sous chapiteau. Pas plus de 50 spectateurs. Ils devront être masqués et restés assis pur respecter les gestes barrière. Ce soir, en tête d’affiche, la fratrie Tornabene aka CélénaSophia. A force de travail, elles ont acquis ‘des planches’ ; et elles vont encore le démontrer lors de leur prestation.

La première partie est assurée par Clara Gotto. Agée de 20 ans, cette jeune chanteuse/claviériste est épaulée par son paternel qui se consacre à la guitare semi-acoustique et aux backing vocaux. Plutôt sympa, il a le chic pour détendre l’atmosphère. Son humour décapant révèle un amoureux de la langue française. Et apparemment c’est lui qui écrit les textes des chansons. Il nous signale que le répertoire va nous inviter au voyage. Et comme le père et la fille sont originaire d’Italie, le périple est immédiat. Ainsi « Sur la riviera », on imagine deux amoureux qui se promènent, main dans la main, ou circulent sur de petites routes à bord d’une vespa. On épinglera encore « Des ABL sur le pavé », une compo qui se réfère à sa contestation éclairée de Gainsbarre. A suivre de très près…

Setlist : « Rumba », « Sur la riviera », « Le dernier virage », « Des ABL sur le pavé », « La Sille ».

Depuis le début de leur parcours, les frangines épousent une courbe ascendante. Jérôme Magnée (Dan San, Yew, Ebbène...) leur a apporté un fameux coup de main en se chargeant de la direction artistique lors de la réalisation de leur premier album. C’est grâce à lui que les filles ont décroché la médaille de bronze aux Jeux de la Francophonie d'Abidjan, en 2017.

Né de la fusion des deux prénoms (Céléna et Sophia), elles sont responsables d’une chanson française réaliste et urbaine. En 2015, elles avaient publié un premier Ep (« A l’aventure ») qui leur a permis de fouler les premières grosses scènes en Belgique (Botanique, Francofolies de Spa, BSF, ...) et à l'étranger (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire). Elles participent à deux reprises aux rencontres d'Astaffort au cours desquelles Francis Cabrel et son équipe les aident à peaufiner leur répertoire.

Ce soir, elles sont venues présenter leur bébé, un premier long playing paru en janvier dernier et intitulé « Les Géantes Bleues ». Les deux sœurs y affirment leur féminité, leurs doutes, leurs besoins d’évasion et de passions ainsi que leurs acharnements. Et par-dessus tout, leurs valeurs et leurs idéaux. Si le folk pratiqué à l’origine n’a pas disparu, il s’est enrichi de beats, de codes empruntés au hip-hop, de gimmicks pop, de beaux effets aériens sur les guitares et d’un zeste d’électro.

Pas de Jérôme Magnée derrière les fûts pour épauler CélénaSophia. Il est remplacé par les sonorités électro et les percus d’un iPad. Par contre, elles se partagent bien guitares électrique et acoustique ; Céléna surtout l’électrique, Sophia, la sèche. Et leurs interventions lancinantes collent bien aux morceaux les plus introspectifs…

Elles sont accueillies en triomphe, malgré le maigre public. Céléna se décrit comme une ‘vraie impulsive’. Sophia comme une ‘fausse calme’, mais elles sont fusionnelles. D’ailleurs, pour monter sur les planches elles portent la même tenue : leggin noir, tee-shirt noir, chaussures et vestes dorées et brillantes.

La set list est essentiellement puisée au sein du premier opus y compris la reprise de « Comment est ta peine », une composition signée Benjamin Biolay. Seuls deux tubes plus anciens (« Les pieds sur terre » et « Dis-le-moi plus fort ») seront également interprétés. Elles accordent une attention particulière aux chansons que les frangines ont dédiées à leur maman, perdue trop tôt. Ce qui suscite beaucoup d’émotion. Le concert s’achève par « Folie reviens », leur dernier single. Le message est clair : ‘Ce n’est pas en arrière qu’il faut regarder…’ C’est une ligne de conduite, un slogan pour CélénaSophia. Elles ne reviendront pas sur les planches…

Assez participatif, le public a même pu se dandiner et applaudir devant son siège. Fait dire que Madame Ingrid Corona veillait au grain…

Setlist : « On s'en souviendra pas », « Les vents contraires », « Pile ou face », Seul hôtel », « Les pieds sur terre », « Passage secret », « Me plonger dans tes yeux », « Je te vengerai » « Comment est ta peine ? » (Benjamin Biolay), « Les géantes bleues », « Je cours après le temps », « Dis-le-moi plus fort », « Ne rentrons pas », « Folie reviens ».

Organisation : Silly concerts et Centre Culturel de Silly

Marble Sounds

Plongé au sein d’un climat de mélancolie douce…

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Pour le retour des concerts à l’AB, la salle est en configuration assise. Un siège d’espace est prévu entre chaque bulle. Le gel hydroalcoolique est disponible partout. La distanciation sociale est bien respectée et la sécurité veuille. Enfin, ce soir le public est constitué des plus fidèles spectateurs de l’institution. A l’affiche, Marble Sounds, dont le dernier elpee « Traces, Outtakes volume 1 », est sorti en mai dernier, et Gianni Marzo, responsable d’un tout dernier album épatant (« The Vessel »), paru ce 16 octobre 2020.

Gianni Marzo est également le guitariste de Marble Sounds, mais aussi d’Isbells et d’Ansatz der Machine, outre ses multiples collaborations et ses musiques de films. Il bosse également comme chercheur à la VRT, où il réalise, entre autres, l’émission ‘Off The Record’. Aujourd’hui, il est considéré comme un des meilleurs guitaristes en Belgique.

Sa musique pose une réflexion sur le ‘temps’ et ce qu'il exerce sur l’être humain. Il tente alors de capturer son passage à travers une série de chansons intimes et mélancoliques. Gianni affiche un look à la Moby. Il est même chaussé de semblables lunettes rondes ; mais sa voix est beaucoup plus douce et mélancolique. Il tire parti d’une loop machine et d’une gratte semi-acoustique pour obtenir une palette de sonorités particulièrement riches, qui lorsqu’elle sont placées en couches révèlent des moments de magie. Sa musique est paradoxalement simple et recherchée. Dommage cette uniformité de ton, heureusement gommée sur disque par la présence d’autres musiciens… (voir la section photos ici)

Setlist : « The Vessel », « Sun », « Cass », « High Rise », « Debutant », « Elements », « One Day Some Day ».

Marble Sounds est une formation belge de post rock drivée Pieter Van Dessel. Elle jouit d’une énorme popularité à traves le monde, grâce notamment aux réseaux sociaux ; mais au pays des moules-frites, elle est considérée comme un éternel d’espoir, malgré cinq albums à son actif.

Le line up compte 8 musicos, mais ce soir il est amputé de son claviériste, Brecht Plasschaert, testé positif au Covid19. Dommage, car son toucher aux ivoires est vraiment particulier. Outre Pieter (voix, guitares, piano), et Gianni (guitare, voix), le line up implique Gerd Van Mulders (basse), Mattijs Vanderleen (batterie, glockenspiel), Renée Sys (backing vocals), Beatrijs De Klerck (violon) et Stefan Wellens (violon alto)

Une bande enregistrée crache de la musique dans les baffles, puis on entend la voix Brecht, le claviériste, qui s’excuse pour avoir été contaminé par le coronavirus. Les musicos montent alors sur l’estrade. Des faisceaux de lumière bleue sont projetés sur Pieter, à l’avant du podium, devant son micro. Puis des sonorités de violons envahissent l’espace sonore laissant alors la place au premier morceau du set, « In time », un titre qui met bien en exergue la conjugaison des grattes, alors que la section rythmique en impose déjà. Des grattes bien nerveuses tout au long de « Traces », une compo qui s’emballe alors que les voix montent dans les tours. Il s’agit d’une des seules plages du dernier opus, « Traces, Outtakes volume 1 ». « The Numbers Games » en est l’autre. La setlist fait la part belle à « The Advice To Travel Light », l’elpee que votre serviteur préfère. Une constante : on est plongé au sein d’un climat de mélancolie douce…

La version de « Learning All My Roles » est unplugged. Si la voix de Pieter n’est pas inoubliable, elle peut compter sur celle, particulièrement harmonieuse, de Renée. En fin de set et lors du rappel, Beatrijs se consacre alors aux ivoires, Stefan à la basse et Gerd à la trompette, un encore au cours duquel Pieter et Rénée vont interpréter en duo « All Gone ». Et le band d’achever définitivement sa prestation par « Tout Et Partout », dans la langue de Molière… (voir la section photos )

Superbe, ce concert est à voir ou à revoir ici.

Setlist : « In Time », « Traces », « Anyhow (Even Now) », « They Can’t Take This Away », « The Little Lows », « The Numbers Games », « Never Lost, Never Won », « 39 », « One Last Regret », « Learning All My Roles (unplugged) », « Ten Seconds To Count Down », « Photographs », « Keep Repeating »

Rappel : « (All Gone) (duo) », « Leave A Light On », « Tout Et Partout ».

Gangsters d'Amour

En pensant à Jeff…

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Masque obligatoire et espace entre chaque siège afin de respecter la bulle familiale, lors du concert des Gangsters d’Amour, ce samedi, à la ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve.

Un bref historique, d’abord. En 1978, le regretté Bodart avait fondé Aphrodisiax, un groupe au sein duquel militait Jean Castin, un copain d’école de votre serviteur, à la basse. A l’actif de ce combo, un single pop/punk autoproduit. Chanté en français, il s’intitule « Sexe Symbole ».

C’est en 1982 que Jean-François Bodart, surnommé Jeff, forme Gangsters d’Amour. Le patronyme de la formation est tiré d’une chanson de Starshooter, groupe mythique de la scène punk lyonnaise des années 80, auquel Jean-François voue à l’époque un véritable culte. L’aventure va durer de 1982 à 1992. Soit dix ans, au cours desquels Gangsters d’Amour va publier deux albums et une dizaine de singles. Puis Jeff entame une carrières solo ponctuée de cinq elpees, en l'espace de 13 ans. Victime d’un accident cérébral, il décède en mai 2008.

Les Gangsters d’Amour étaient réputés pour leur énergie communicative. Les musicos se produisaient sur scène en costume croisé, borsalino et chaussures deux-tons. Sous la formule d’un big band, ils pouvaient compter sur le soutien d’une section de cuivres et de danseurs-choristes (Los Drogenbos).

En 2019, Louis Petyt, le fils de l’ancien claviériste, décédé il y a vingt ans, propose aux anciens camarades de son paternel de remonter le groupe et de repartir en tournée. 10 membres répondent présent, dont le bassiste originel Pep Romeo. Trompettiste, Louis s’est intégré à la section de cuivres à laquelle participe également le tromboniste Henri-Olivier Pector et l’autre trompettiste Vince Roméo. Vincent Warin se charge des percus, Jean-Marc Pitance des drums, Pierre Gillet des claviers, de l’accordéon et de la gratte semi-acoustique et Daniel Lenoir de la guitare électrique. Parmi Los Drogenbos, on retrouve Cédric aux chœurs, alors que le lead vocal est dévolu à l’acteur Philippe Résimont.

Le set s’ouvre par « Panne De Secteur ». D’emblée, les ‘ouah !’ fusent dans l’auditoire. Philippe et Cédric semblent montés sur ressorts et sautent constamment en incitant le public (masqué) à applaudir et à danser (on ne peut pas !) La folie furieuse s’est installée dès les premières secondes de la prestation. Faut dire que les jeunes du combo assurent… Plus soul/jazz, « Tireur Fou » déclenche un duel entre la section de cuivres et la section rythmique forte de 3 musiciens. Résimont est manifestement à l’aise sur les planches, et si sa voix a davantage de groove que le regretté Jeff, on parfois l’impression qu’il éprouve plus de difficultés à reprendre son souffle. La machine à hits est lancée. Pendant « Adieu les corps », les ivoires ont cédé le relais aux sonorités Hammond. Les cuivres s’en donnent à cœur joie tout au long de « Mort sur le Nil », avant que les cordes ne prennent le relais. « Baron Rouge », « Guerilla » et « Coûte Que Coûte » embraient tout naturellement. Cette succession de tubes fait monter la température au sein du public. Pour « Charlie », le claviériste s’assied sur le bord de son estrade et se concentre sur la gratte semi-acoustique. Philippe s’efface et on entend la voix de Jeff, alors que l’intervention à la trompette plonge l’auditoire au sein d’un climat empreint de sérénité… Le claviériste empoigne un accordéon pour « Désirs Noirs », un morceau pour lequel Louis Petyt se consacre aux vocaux. Il chante impeccablement dans un registre qui rappelle… Jeff…

Résimont récupère son micro pour « SOS Barracuda », une chanson reprise en chœur par la foule. Il plaisante en signalant qu’il ne connait pas les paroles et tourne la page, en y joignant le geste à la parole. « Chère Déborah » est entamé sous un tonnerre d’applaudissements…

Véritable bête de scène, Résimont se révèle très réactif et provoque souvent les rires aux premiers rangs. Tout au long de « Meurtre A Hawaï » et « Tora Tora » le light show brille de mille feux. Et le set de s’achever par « Willy ne Pense qu’à Ça ». Dommage que le groupe n’ait pas prévu de nouvelle compo.  

Mais il revient pour un rappel au cours duquel il va nous réserver la cover de Jacques Dutronc, « Et moi et moi », puis en apothéose, et pour la seconde fois, l’incontournable « Coûte Que Coûte ». Les vieux fans sont aux anges et les jeunes découvrent ce qui se faisait de mieux, dans les années 80, sur la scène noir-jaune-rouge. Jeff Bodart peut être fier de ce que ses Gangsters d’Amour sont encore capables de faire aujourd’hui. Et depuis le paradis des musicos, il a dû apprécier…

Setlist : « Panne De Secteur », « Tireur Fou », « Adieu Les Corps », « Mort Sur Le Nil », « Baron Rouge », « Guerilla », « Coûte Que Coûte », Charlie », Désirs Noirs », « SOS Barracuda », « Chère Deborah », « Meurtre A Hawaï », « Tora Tora », « Willy ne Pense qu’à Ça »

Rappel : « Et moi et moi » (Cover Jacques Dutronc »), « Coûte Que Coûte »

(Organisation : La Ferme du Biéreau)

Plain Jane

Julie et ses compagnons…

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Ex-prof d’histoire et de géographie, Julie Compagnon est mieux connue comme animatrice et chroniqueuse sur Viva Cité (NDR : le ‘8/9’ et ‘Pigeons’), mais elle est également chanteuse. Avant de fonder Plane Jane, elle a milité au sein d’un groupe et d’un duo de reprises. Le premier était consacré à des covers de France Gall et le deuxième, partagé en compagnie de Christophe Pons, répondait au patronyme de Closer.

Julie était programmée ce 11 septembre au Zik-Zak à Ittre, dans le cadre du ‘Pango tour’ 2020, mais le concert a rapidement été décrété sold out. Aussi, un second a été rajouté le lendemain. Il s’agit de sets intimistes prévus tout le mois de septembre au cours desquels les distanciations sociales sont respectées et le port du masque est obligatoire lors des déplacements. Et le passage du chapeau lors de l’entracte est maintenu. Ce sera le salaire des artistes. En cette période difficile, la méthode est amplement justifiée ; une formule déjà utilisée par Frédéric Bultaye, lors de ses soirées ‘Cerises’, à Bruxelles…

Sur les planches, Julie est soutenue par cinq musicos et deux choristes. En l’occurrence Christophe Pons (Machiavel, Tina Arena, Lara Fabian) à la guitare électrique, Olivier Fanuel à la basse, Xavier Bouillon aux claviers (Mister Cover, Hollywood Bowl, Benjamin Grandgeorge), Raphael Pire aux drums, Michel Seba aux percus ainsi que Thom Dewatt et Natacha Wuyts aux chœurs. 

Ballade douce et langoureuse, « Fire in the shade » ouvre le concert. On a envie de danser un slow, mais c’est interdit. Corona oblige ! Les arrangements sont complexes. Les harmonies vocales des deux choristes soulignent parfaitement la voix envoûtante et atmosphérique de Julie. Rayonnante, elle a constamment le sourire aux lèvres. On ressent d’ailleurs toute la passion qu’elle injecte dans son interprétation. Les autres artistes semblent s’amuser comme des petits fous. Ils sont manifestement heureux d’être sur les planches. Et la bonne humeur est communicative. Pas étonnant, puisqu’ils sont interactifs et invitent régulièrement l’auditoire à réagir.

Feutrée, la musique de Plain Jane baigne dans le country/folk ou le bluegrass. On a parfois l’impression de traverser les grandes plaines du Middle West. Encore que la reprise du « Songbird » de Fleetwood Mac nous ramène au thème du divorce au sein des couples (NDR : une compo qui figurait sur « Rumours » ; paru en 1977, cet elpee est un des plus vendus par cette formation britannique). Uniquement interprétée en piano/voix, la version est absolument superbe ! Sans quoi Julie empoigne de temps à autre une gratte semi-acoustique. Au fil du set, les influences émergent, oscillant de John Mayer à Sheryl Crow, en passant par Portishead. A l’instar de « Human Scale », au cours duquel Xavier se distingue aux claviers. Des claviers généreux qui inondent l’intro de « Bumpy Road », un peu dans l’esprit du « Division bell » de Pink Floyd ». Un très chouette concert !

Setlist : « Fire In The Shade », « Five », « Now Sing », « Bumpy Road », « Human Scale », « Shadow », «  Line Of Sight », «  Songbird » (Fleetwood Mac cover), « The Calling », « Up to you », « Don't swear », « Soldier ».

(Organisation : Le Zik Zak et Rock Nation)

Thomas Frank Hopper

Un bon bol d’électricité sudiste…

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Au départ, le concert de Thomas Frank Hopper devait être la dernière date du Pango Tour, un chouette festival organisé par le Zik-Zak. Finalement, le concept va être prolongé en septembre et octobre. Vu la pandémie, c’était sans doute la meilleure idée. La formule ? Un groupe, le chapeau à l’entracte, la distanciation sociale et le masque. Ce soir, c’est un habitué des lieux qui se produit ; et à l’instar de Ben Harper, il excelle à la lap steel guitare…

Né à Bruges, Thomas Verbruggen, aka Thomas Frank Hopper, a longtemps vécu et bourlingué sur le continent africain. A cause de la profession de son paternel, dont la famille devait changer régulièrement de port d’attache.

Il est également le chanteur le Cheeky Jack, une formation responsable d’un seul elpee à ce jour, « Black Sheep », paru en 2014. En solo il a gravé deux Eps, « No Man’s Land » en mars 2015 et « Till The Day I Die » en 2019.

Ce soir, Thomas Frank Hopper est soutenu par le guitariste Diego Higueras, le bassiste Jacob Miller, le drummer Nicolas Scalliet et le trompettiste de jazz Aristide d’Agostino.

Le plus souvent, Frank joue de la lap steel guitar qu’il a branchée sur un ampli à lampes, afin de libérer des sonorités chaleureuses. Il en joue, assis, l’instrument sur les genoux, à la manière de Ben Harper. Parfois, il se relève et la troque contre une gratte électrique plus conventionnelle, dispensant alors des riffs réminiscents de Jack White voire de John Butler. Guitariste également, Diego HIgueras (NDR : il est également impliqué chez The Landscape Magazine, un projet qu’il partage en compagnie de Nicolas Draps) possède un toucher de cordes proche de Carlos Santana. Et franchement, il est doué. En outre, lorsque les guitares se conjuguent et s’emballent, la musique atteint un superbe moment d’intensité électrique. Soutenue par des chœurs bien en harmonie, la voix de Thomas est claire et précise. Evidemment, lorsqu’épisodiquement, Aristide, invité pour la circonstance, souffle dans sa trompette, l’expression sonore prend une coloration un peu jazzyfiante.   

Tout au long du set, on est transporté de l’autre côté de l’Atlantique, pour un voyage à travers le Sud Profond des States. Depuis La Louisiane (Baton Rouge, la Nouvelle- Orléans) et ses bayous jusque l’Alabama (NDR : peut-être du côté de Bay Minette, afin d’y adresser un bonjour à la famille de BJ Scott) en passant par le Mississippi. S’autorisant même un saut dans le Dakota, à travers « Tatanka », qui se traduit par ‘bison’ en langage lakota, le dialecte des Sioux. Puis mystérieusement, certains rythmes évoquent plutôt l’Afrique. Ce qui peut aussi se comprendre vu son background.

Un bon bol d’électricité sudiste…

Setlist : « Bloodstone », « Into The Water », « Tales From Yhe Rails », « Crazy Modjo », « Cold Meat », « Change», « Dirtylicious », « Tatanka », « Bad Talk », « The Sinner », « Fast Lane », « Savages », « Sweet Black », « Magic Sugar Babe », « Till The Day I Die », « Who’s To Blame », « Bad Wolf», « Mad Vagabond », « Mississippi », « Into the Water » (Rappel)

Organisation : (Zik-Zak et Rock Nation)

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