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Within Temptation

La tentation du supermarché?

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Il est dix huit heures quarante lorsque nous nous présentons à l'entrée du Zénith. Le temps est inhabituellement chaud pour la saison, puisque le thermomètre extérieur de la voiture affiche les 29°. Accueil bizarre des vigiles, mêlant affabilité et parano. Il est vrai que nous sommes en France, en pleine période électorale. Les consignes de sécurité doivent fuser. Nous voilà donc introduits dans ce temple éphémère du 'Metal pour grandes surfaces', comme diraient les persifleurs. L'organisation est signée 'A gauche de la Lune'. Et de ce côté-là, rien à redire. Soucieux de gagner une place adaptée à la captation de bonnes photos, nous nous engouffrons dans l'arène, où nous arrivons à nous glisser à trois ou quatre rangs du podium. Le public est assez mélangé. Même si le noir domine dans l'habillement, il y a pas mal de trentenaires, voire de cinquantenaires, parmi les ados…

Le premier groupe démarre presque à l'heure. Sup, band français expérimenté, pratique un doom-gothique qui, sur CD, peut receler des plages hypnotiques ou envoûtantes. Il y a des indices d'originalité dans son set. C'est toutefois difficile à juger, tellement le groupe a opté pour une mauvaise balance, où basse abyssale et batterie, toutes deux à fond les manettes, mangent le reste. Il y a deux chanteurs, l'un possède un timbre guttural typique et l'autre une voix claire et belle. Sous-employé et sous-mixé. Bonne idée à signaler : les projections de vieux films en noir et blanc consacrées à des expériences biomédicales. Pour le reste, une prestation trop longue, dans une pénombre permanente, et plus assourdissante (jusqu'à la douleur) qu'intéressante. Le public, d'abord confiant et enthousiaste, s'est d'ailleurs largement réfugié dans une attitude polie et patiente.

Delain, jeune groupe hollandais ami de Within Temptation et incluant son ancien clavier, apporte la note joyeuse de la soirée. Tant mieux pour eux. Alors que Sup a démarré devant une salle à moitié vide, le Zénith est maintenant bien garni, même si ce n'est pas le ‘sold out’. Le son est irréprochable, clair et parfaitement distribué. Le groupe s'engouffre dans les schémas qui ont fait la gloire de ses aînés en y mêlant application et enthousiasme. Outre le line up classique batterie/basse/claviers/guitares (deux guitares !), il bénéficie des services d'une jolie chanteuse, dont la voix est aussi bonne que… celle de tant d'autres. Son pop-metal-sympho adolescent n'apporte absolument rien au genre, mais séduit par sa bonne humeur et sa réaction très spontanée et sympathique face au succès. Un bon set qui a le privilège de la candeur. Et ponctué des rituels propres au genre : guitaristes et chanteuse agiteront régulièrement la tête en mouvements circulaires pour faire virevolter leur longue chevelure, tandis qu'une bonne partie du public brandira à l'envi le poing droit, index et auriculaire tendus. Au capital sympathie, ajoutons qu'on retrouvera plus tard deux musiciens du groupe mêlés au public.

Vingt et une heure quinze. Il fait maintenant étouffant et j'entreprends le périlleux projet d'apporter une boisson à mes accompagnateurs. Après m'être frayé un chemin entre les spectateurs, dont beaucoup se sont assis à terre malgré l'évident manque de place, j'attends désespérément mon tour devant un bar mal organisé et en très net sous-effectif. Au point de craindre rater le début du troisième set. Rassurez-vous, chers lecteurs, je ne commets finalement aucun sacrilège et les pintes au prix prohibitif (pour des Belges) parviennent bien à leurs destinataires.

Lorsque In Extremo, groupe allemand, monte sur les planches, la donne change sensiblement. D'abord, nous avons droit à un vrai décor (la batterie est sur le pont d'un bateau) et des costumes de scène carnavalesques (tenue d’iroquois, kilt, cuir et vieilles étoffes y côtoient motifs égyptiens et tatouages). Ensuite, le band s'écarte de tout standard quant à sa composition : batterie, basse, guitare (essentiellement rythmique) et chanteur sont entourés de trois musiciens, qui se partagent cornemuses (le plus souvent), vielle, harpe, instruments à vent orientaux et autres créations maison. Le chanteur endossera quant à lui une mandoline à deux reprises. La musique d’In Extremo est particulièrement martiale, à l'instar de Rammstein. Mais elle est aussi fort mélodique et festive. Les mélodies, tracées essentiellement par les cornemuses et autres instruments traditionnels, s'apparentent le plus souvent à des gigues, tarentelles, rengaines et autres ritournelles très faciles à mémoriser. On s'habitue vite au chant pourtant très rocailleux et en allemand. Il est donc un peu regrettable que ces ingrédients soient enveloppés d'une rythmique systématiquement aussi bourrin (ceci dit malgré les évidentes qualités du batteur). En 'Mick Jagger teuton', le chanteur arpentera la scène torse-nu pour une bonne partie du concert. Il s'avérera aussi un bon communicateur avec le public, malgré la barrière de la langue, et un frontman impliqué et accrocheur. Ses compères bougent bien et leur 'Rock attitude', amuse vu les instruments brandis. Le son est ici encore parfait et In Extremo s'avérera le point fort de la soirée. D'ailleurs dignement salué par le public.

Car la tête d'affiche, Within Temptation, pourtant bardé d'un récent album bien meilleur que son prédécesseur, se montre finalement bien fade. D'abord, le groupe a opté pour un volume sonore trop élevé. Le son est du coup moins bon que pour Delaine et In Extremo. Ensuite, les morceaux perdent en live toute finesse et toute nuance, tant la priorité est donnée à la pression constante. Tout tend vers une interprétation stéréotypée, laquelle fatigue très vite. Sharon, la belle chanteuse, gesticule avec bonne volonté, contrairement à ses acolytes, qui ont l'air de traverser un boulevard en permanence. Mais elle n'est pas une bête de scène et, ni elle, ni le décor carton-pâte, ne compensent l'insipidité de l'ensemble. Concentré sur les compositions récentes, ce show par trop uniforme connaîtra trois séquences réussies : « Mother Earth », « Ice Queen » et « Caged ». Trois extraits du deuxième album, « Mother Earth », qui incluent breaks et respirations, et dont deux constitueront le rappel (un signe ?) Pour le reste, on a vraiment eu l'impression d'être en présence d’un groupe qui gère sans passion un patrimoine commercial. Rassurons-le. Au terme de ce show devant un public conquis d'avance, il pourra proclamer: 'Encore trois mille clients satisfaits!'. Dont Valérie, notre précieuse photographe.

Il est une heure du matin lorsque nous quittons le parking et la température est encore très douce. A bientôt, Lille.

Progzélyte.

Organisation: A gauche de la Lune.

 

 

Miossec

Une vulgaire piquette...

C'est dans le cadre du festival itinérant " Les Jeux " que les deux Français (Christophe) Miossec et Dominique A(né) sont venus nous rendre visite, dans une ambiance d'abord bon enfant mais qui tomba très vite dans le mauvais trip breton, tendance Manau à la foire de Libramont. Dans le rôle du bœuf très beauf : Miossec, dont la musique ce soir-là n'eut pour unique intérêt que mieux nous faire aimer ses deux supports acts, bien plus électrifiants que n'importe laquelle de ses mélodies bancales qui sentent la bière et le mauvais déo.

Amor Belhom Duo est en fait un trio qui marie ambiance moite proche des westerns crépusculaires de Sam Peckinpah et charme vénéneux distillé au compte-gouttes par des musiciens parents des frères Burns de Calexico. Au croisement d'un post-rockabilly fiévreux et d'une pop à la française pleine d'échos du Middle West, la musique de ce trio parvint à nous enivrer mais pas à nous saouler, contrairement à celle du malheureux Breton mentionné plus haut.

Autre fièvre pleine de folie mais sans delirium, le concert de Dominique A : supporté par Sacha Toorop à la batterie (Zop Hopop) et l'ancien guitariste de… l'ivrogne suscritiqué, l'homme au crâne rasé tétanisa l'assemblée par ses chansons toute tension dehors, des ballades écorchées vives sans cesse sur le fil du rasoir, qui vous font chavirer par leur beauté à fleur de peau. A cet égard, la chanson qui clôtura ce concert magnifique, " Pour la peau ", est sans doute l'une des plus belles de Dominique A, bien loin des misanthropies faciles de son avant-dernier album " Remué ".

Ensuite, les choses se gâtèrent : bourré comme toute la Bretagne, le piètre troubadour des A. A. entra dans l'arène, prêt à décocher ses petites phrases assassines en roulant ses " r " comme le fit jadis Brassens et Gainsbourg, mais en mieux. Car les deux chanteurs, auxquels le petit monsieur de ce soir doit vouer beaucoup d'admiration, avaient, eux, de la classe, et respectaient leur public. Le petit Miossec n'en à rien à cirer des gens qui viennent l'acclamer (et le pire, c'est que tous en redemandaient) : ses chansons de troquet boitent et se plantent, et même si les musiciens qui l'accompagnent feront de leur mieux pour sauvegarder les meubles, le petit chanteur coulera à pic. La vérité est dans le vin, dit-on… La vérité, c'est que, le vin aidant, Miossec est devenu égoïste, suffisant et vulgaire, et sa musique une soupe celtique servie froide et sans sel. Désolant.

Sean Lennon

Sean d'antan et Sean d'aujourd'hui

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Le ticket punaisé depuis des semaines sur le mur tapissé de liège semblait me narguer. Il était le sésame qui offrirait, selon mes espoirs, une soirée inoubliable. Et ce sera le cas ; ce carré de papier présageant bien au-delà de mes espérances, un moment privilégié vécu à l'Orangerie du Botanique. Un moment qui se rapprochait à grand pas, lorsque le premier mars à 19h30, je réalisais qu'il ne me restait que 30 minutes pour traverser la ville et atteindre la 'grotte', lieu où l'intimité moite ravirait mes sens. Le casse-tête pour trouver une place de parking achevé, une bière consommée et un cachet énorme estampillé  sur la main, me voilà armé, prêt à savourer ce moment tant attendu.

Le supporting act nous est venu d'Italie : les Joujoux d'Antan. Et manifestement, son patronyme n'indique pas son origine. En 45 minutes, le quintet a enchaîné mélodies douces et déstructurées comme supports à la voix bucolique du chanteur. On sent que les membres du groupe prennent plaisir à jouer sur les planches. Et il est toujours très agréable de commencer une soirée sur ce genre de note. Même si le style plus rock de cette première partie n'est pas dans le registre de l'homme de la soirée, on imagine qu'eux aussi vivent au sein d'un monde à part, très riche et généreux. Parfois, ils me font penser à Blonde Redhead. Ils ont même l'audace et pour nous la joie, d'inviter Sean himself à les rejoindre, sur le podium, pour chanter une chanson en italien, la dernière de leur répertoire pour ce soir. L'artiste hirsute et barbu ne semble néanmoins pas trop à l'aise lors de cet exercice. Il salue le public en lui donnant rendez-vous quelques instants plus tard.

Démontage du matos pour le premier groupe, montage de celui du second : les roadies s'attèlent à transformer le terrain de jeu en plaine calme et apaisante. 21h10. Entrée en scène de l'autre quintet. A sa tête, le fils de l'autre, l'heureux créateur de « Friendly Fire », son dernier né. Sean Lenon se présente amicalement et humblement en s'exprimant dans un français parfait. Il porte une cravate et une veste bien taillée. C'est dans la liesse générale que la formation ouvre le « Spectacle »…, puis embraie par « Dead Meat », « Parachute », « Wait for Me »… Un petit mot dans la langue de Molière entre chaque chanson accentue la confidence échangée entre le combo et l'auditoire. A un tel point que des questions aussi idiotes que déplacées commencent à fuser du public : 'Sean, où as-tu appris le français ?' Questions auxquelles il répondra très sympathiquement : 'Je ne suis pas là pour une interview, je suis là pour la musique' ; mais en souriant du coin des lèvres, il finira par avouer une réponse toute en harmonie avec son album : 'C'est une femme qui m'a appris le français, ce sont toujours les femmes'. Notre joie s'intensifie encore lorsque nous devenons l'auditeur et le spectateur d'un morceau encore inconnu : « Smoke & Mirrors », mise en bouche, sans doute, d'un nouvel opus en préparation. Les musiciens prennent leur pied. Leur attitude bien sage perd en crédibilité. Les traits d'humour fleurissent. L'ambiance est plus que détendue. Le reste de l'album est interprété très posément et tout en finesse par la troupe. « Friendly Fire », « Headlights », « Would I Be The One ». Cette dernière sonne la pause et incite le public à réclamer un rappel. Il lui sera accordé… « Tomorrow » étanche cette soif d''encore' et crée un climat de plus en plus 'cosy'. Le concert s'achève cependant par le retour sur scène des Joujoux d'Antan. Histoire de leur rendre la politesse. Cette invitation débouche sur un grand bazar bien sympa, à 10 sur scène. 'Le groupe s'appelle Sean d'Antan' plaisante l'hôte, et rigole à l'avance du résultat.

Cette fin symbolise bien le climat entretenu tout au long du spectacle : qualité, humour, ouverture d'esprit et générosité. 22h35, les lumières sont rallumées, on se presse vers la sortie et le bar. On est même surpris de croiser le guitariste perdu dans les couloirs, signant des autographes. Vraiment une agréable soirée qui restera longtemps dans les mémoires. Celle où j'ai fait la rencontre d'un homme propriétaire d'un lourd héritage familial, mais qui n'influence en rien sa véritable qualité artistique. 

The Strokes

L'ouragan Strokes

C'était le concert le plus attendu de ce début d'année, et pour cause : l'ouragan Strokes déboulait enfin sur notre petit royaume, après des mois d'attente et de surenchère médiatique, alors que le disque trouve seulement maintenant sa place dans les hits parade. On a déjà tout dit et tout écrit sur les Strokes : révélation de l'année 2001, sauveurs du rock, nouvelles stars (r)allumeuses de la flamme CBGB,… Autant dire que c'était la foule des grands jours qui se pressait dans le hall de l'AB, de la bimbo m'as-tu-vu au vieux rockeur venu prendre un bain de décibels et de jouvence.

En première partie, le duo électro-cheap Stereo Total donnera sa version trash d' ‘Un gars, une fille’, mélangeant pop francophile et synthés vintage dans un joyeux bordel rétro futuriste, comme si Bécassine flirtait avec Albator en dansant sur Fisherspooner dans une boîte SM.

Quant aux Strokes, eh bien… C'était gargantuesque. En une heure, l'ouragan aura tout dévasté sur son passage, laissant un public pantois et ravi, exténué par tant d'énergie, impressionné par tant de maîtrise. Sans pause ni commentaires, les 5 membres soudés du groupe enchaînent les chansons à la vitesse V-V', de " Hard to explain " à " Is This It ", avec des pics d'éclate et de décharge électriques pendant " New York City Cops ", " Last Nite " et le final, proprement stupéfiant de hargne, " Take it or leave it ". Deux ou trois inédits auront quand même calmé le jeu, dont une première écoute laisse perplexe mais pas inquiet : les Strokes tiennent bien le rock par le bon bout, et nous avec. De là à dire qu'il s'agit d'un groupe fait pour durer et non d'un buzz éclair, il y a quand même de la marge… Mais le rock n'est-il pas par essence éphémère, ses artistes cultes traversant son histoire tels des étoiles filantes qui disparaissent au moment où on croit les apercevoir ? Take it or leave it, disent les Strokes aux indécis de la salle, l'œil goguenard devant ce grand cirque du rock'n'roll dont ils sont à la fois les auteurs et les victimes. Mais n'est-ce pas jubilatoire de se laisser aller, parfois, à tant de hardeur juvénile et salvatrice ? Les Strokes, eux, l'ont bien compris.

Candlemass

Sur les traces de Black Sabbath ?

Écrit par

Accolé à la salle Hof Ter TO, que les fans de métal fréquentent régulièrement, le club Trix est un endroit cossu et moderne, d’une capacité de 472 personnes très exactement. Les lustres style dix-huitième contrastent avec les abats jours sixties suspendus à des grilles métalliques. Des fauteuils en cuir rouge invitent à se prélasser devant de larges baies vitrées avec vue sur la spacieuse terrasse. L’endroit a des allures de discothèque branchouillée, et les metal heads qui débarquent dans cet espace un peu insolite pour un tel événement se ruent sur le comptoir interminable du bar de la salle. L’organisation Heartbreaktunes, spécialisée dans le punk et le psychobilly, avait mis les petits plats dans les grands ce soir là, en invitant les maîtres incontestables du doom métal : Candlemass. Sulfureux combo suédois dont la dernière venue sur nos terres remonte à Mathusalem.

En ouverture, les Belges de Serpentcult débarquent sur la scène du Trix dans un fracas insupportable. Un larsen de plus de trois minutes en guise d’intro et un son d’une rare médiocrité nous invitent à nous replier vers le bar, même si la plastique de Michèle, chanteuse à la voix caverneuse, est loin de laisser indifférent Geoffrey Leonard, notre photographe pour l’occasion. Le sludge metal de Serpentcult fait souvent référence à Electric Wizard où à Blutch, mais juger de la qualité de leurs compos n’est pas chose aisée dans une telle cacophonie ! On a même aperçu un fan de Manowar prendre ses jambes à son cou, c’est dire…

Il est un peu plus de 22h, lorsque les premières notes de « Well of Souls » retentissent. Chacun pousse un ‘ouf’ de soulagement ! Le son est parfait. Robert Lowe (Solitude Aeternus) se défend plutôt bien derrière son micro. Succéder au charismatique et imposant Messiah Marcolin n’est pas une tâche à la portée de n’importe quel vocaliste. Mais le timbre de Low colle parfaitement au doom ténébreux de Candlemass. C’est un autre extrait du culte « Nightfall » qui s’enchaîne au morceau introductif. « At the Gallows end » et son riff dix tonnes provoque un headbanging général dans le club, tout comme le classique « Solitude », emprunté au non moins mythique « Epicus Doomicus Metallicus ». Après 20 minutes d’un show intense et sans bavure, le groupe se décide enfin à offrir à son public deux extraits du nouvel et excellent album « King of The Grey Islands ». Une plaque équilibrée, profondément plus enlevée que le classique « Epicus… », et moins foncièrement épique que « Nightfall ». « Emperor of the void » et l’immense « Devil Seed » font mouche ! Accrocheurs dans leurs chorus, progressifs par moment, riches en détails subtils, ces deux titres rendent grâce à Leif Edling, grand-prêtre de cette messe digne de Black Sabbath des grands jours. Le combo pousse même le mimétisme en plantant dans son décor scénique quatre croix lumineuses, à la manière de la bande à Iommi et consorts. Seul fragment issu de « Ancient Dreams », « Mirror Mirror » séduit par son atmosphère hypnotique. S’ensuivent deux morceaux de bravoure « Under the Oak » et « Sorcerers Pledge ». Des incontournables. Des titres taillés sur mesure pour la scène. « Samarithan », réclamé par la foule depuis le début du set, clôture la prestation des Suédois.

A l’issue du set, les avis sont partagés. Même si les musiciens sont toujours au sommet de leur art, certains déplorent l’absence de Messiah Marcolin. Il reste irremplaçable aux yeux des fans de la première heure. Mais ne tenait-on pas les mêmes propos lorsque RJ Dio a remplacé le Sieur Ozzy Osbourne au sein du Sab ? Ce bouleversement n’a pas empêché les géniteurs du doom métal d’accoucher d’un « Heaven and Hell » référentiel ! 

Organisation Trix 

 

An Pierlé

De l'émotion, de l'énergie, du charme et de l'humour...

Écrit par

La grande salle de la Maison de la Culture était presque pleine pour accueillir An Pierlé et son White Velvet. Pas vraiment un endroit adapté pour un concert de pop ou de rock, vu sa configuration en gradins et ses chaises (davantage destinée aux spectacles de théâtre, de cinéma ou de variétés et surtout de musique classique), mais finalement jugé très confortable par la majorité du public présent au cours de soirée, un public constitué pour la majorité de trentenaires, de quadragénaires et même de quinquas. En avril 2002, l’artiste s’était produite dans la petite salle devant un parterre réunissant essentiellement des jeunes. Depuis, elle a quand même commis un opus en compagnie d’un orchestre symphonique ("Live Jet set with Orchestra") et l’an dernier, « An Pierlé & White Velvet ». Il était donc fort intéressant de la revoir, sous un nouvel angle…

En première partie, Allan Muller s’est fendu d’un set d’une demi-heure. Muller n’est pas un néophyte, puisqu’en 1994, il militait chez Metal Molly, une formation belge responsable de trois albums. En 2003, il a également transité par Satellite City, un groupe dont les deux elpees sont passés inaperçus. Il a sorti, en mars dernier, un opus solo intitulé « Resting My Case ». Allan chante en s’accompagnant d’une gratte acoustique électrifiée. Il possède une belle voix dont les inflexions peuvent rappeler Mark Eitzel, mais en plus optimiste. Il entame son concert par la cover d’« Accident will happens » d’Elvis Costello, et embraie par plusieurs compos de son opus solo. C’est sympa, c’est frais, mais trente minutes suffisent amplement. A revoir dans un local de plus petite taille. Un club ou un bar, par exemple…

Cinq minutes plus tard, An Pielé et son White Velvet montent sur les planches sous les applaudissements. An est vêtue d’une robe noire signée Sonia Rykiel. Ample mais mi-courte. De couleur noire. Elle est d’ailleurs tout de noir vêtue, y compris les collants. Elle se dirige immédiatement vers son piano sis à gauche de la scène et s’assied sur son traditionnel ballon ergonomique transparent. Les musiciens sont disposés de manière assez curieuse. En escalier. De droite à gauche, Koen Gisen le guitariste et pilier du groupe (c’est également le compagnon d’An). Au même niveau, le drummer. Il a une très longue chevelure qui lui couvre la quasi-intégralité du dos. Face à lui : un minimum de toms et une cymbale. Dans ses mains deux baguettes. Il joue debout. Un peu plus haut, le bassiste ; épisodiquement, il redescend s’asseoir pour jouer du violoncelle. On monte encore d’un cran où se cache presque Tom Wolf, préposé au laptop, à la sèche et aux backing vocaux. Un des deux musiciens de tournée. Le second, Dominique Vantomme trônant à sa droite derrière ses claviers, lorsqu’il ne vient pas remplacer Pierlé aux ivoires –après avoir pris soin de remplacer le ballon par un tabouret– lorsqu’An se consacre exclusivement au micro. Et manifestement si elle arrache une dose phénoménale de sensibilité de son piano, Dominique est un surdoué.

La première chanson nous plonge dans une atmosphère jazzyfiante, languissante, proche même d’un Robert Wyatt, s’il n’y avait les chœurs très mâles en fin de parcours. Pour « Good year », les claviers se font vintage alors qu’An chante avec un peu de reverb dans la voix. Une voix superbe, ample, sensuelle, dont le timbre peut osciller de Kate Bush à Tori Amos en passant par Hope Sandoval et Tanya Donnelly (NDR : à moins que ce ne soit Kristin Hersh). Les compos oscillent entre morceaux empreints de quiétude, d’intimisme (lorsqu’elle s’assied sur le bord du podium), parfois même dramatiques (« It’s got to be me » surtout !) et titres plus pêchus. Tout en y manifestant tantôt de l’émotion, de l’énergie, du charme ou de l’humour. Beaucoup d’humour même, notamment lorsqu’elle propose comme remède à nos problèmes de sexualité ou de kilos superflus d’acheter son cd à l’issue du spectacle. Ou lors du rappel, lorsqu’à l’instar d’une Liza Minnelli, elle passe la main ou le pied derrière le rideau, avant de réapparaître hilare. Mais revenons-en au contenu du show. On épinglera ainsi un « How does it feel », au cours duquel claviers atmosphériques et riffs de guitares ‘reverb’ tissent une trame presque floydienne circa « Echoes ». Sans oublier ce morceau assez insolite partagé entre An et Peter. Ce dernier joue sur le dossier d’une chaise pendant qu’An chante en s’accompagnant aux ivoires. Elle taxera même ce passage de numéro de cirque. « Jupiter », moment choisi par An pour siffloter. Le légèrement reggae « Tower » qui se mue lors du final en chaos organisé, presque psychédélique. L’accordéon, elle ne l’empoignera que pour interpréter « Not the end ». On ne l’entend presque pas, mais à cet instant sa longue silhouette et son piano à bretelles se déploient comme un éventail. Le charleston « Any time you live ». Elle en profite alors pour se livrer à quelques petits pas de claquettes. Et puis deux nouvelles chansons. En final, elle demande au public de se lever pour faire un peu la fête. Et, enfin, survolté il acclame et participe en frappant généreusement dans les mains à sa reprise du « C’est comme ça » des Rita Mitsuko. Elle arpente alors toute la largeur du podium, en tournoyant sur elle-même.

Les applaudissements sont nourris et après avoir passé le pied, puis la main derrière le rideau, An revient s’installer derrière son piano. Au grand complet son team la suit comme son ombre. Et ils se lancent dans une remarquable version du « It’s a shame » de Talk Talk. La formation s’éclipse, mais le public en demande encore. Ce sera une adaptation en français du « Anytime you leave ». Nouvelle ovation et remerciements de l’équipe qui bras-dessus, bras-dessous vient saluer une dernière fois le public. Pas de « Sing song Sally » dans le tracklisting de ce set, mais une chouette soirée au cours de laquelle tout le monde s’en est retourné ravi. Une chose est sûre, en ‘live’, bien soutenue par son Velours Blanc, An Pierlé prend une toute autre dimension, sans pour autant attraper la grosse tête. Et cela méritait d’être souligné.

Death In Vegas

Le scorpion se serait-il mordu la queue ?

Pour beaucoup, Death In Vegas, c'est un peu le futur du rock : en imposant ses rythmiques électroniques sur des ambiances garage, avec Liam Gallagher, Iggy Pop et Hope Sandoval se prêtant au jeu des chaises musicales (ou plutôt vocales), Death In Vegas tente, comme Primal Scream, The Rapture ou Add N To (X), le pari fou d'être à la fois respecté par les fans de rock et les fans d'électro. C'était l'occasion, en ce réveillon d'Halloween, de juger sur place : au Bota, en live, dans une salle « sold out ». Pas de chance, car cette fois-ci, les Anglais n'ont pas vraiment conquis : mous du genou, Tim Holmes et Richard Fearless, accompagnés de quatre musiciens, auront certes balancé la sauce (de « Leather/Girls » au tubesque « Hands Around My Throat »), mais sans chaleur ni sueur. Manque d'âme, de sexe, d'ambiance : en aucun moment, ce concert n'aura décollé vers les hautes cimes que le groupe atteint facilement sur disques. D'autant plus que sans les voix de tous ces chanteurs qui font la classe de titres comme « Scorpio Rising » ou « So You Say You Lost Your Baby » (respectivement Liam Gallagher et Paul Weller), on est en droit d'être déçu. Le scorpion se serait-il mordu la queue ? On laisse à Death In Vegas le bénéfice du doute. En espérant que la prochaine fois sera la bonne.



Asian Z

Un univers manga sur fond de karaoké…

Écrit par

La soirée du 25 octobre 2007 s’annonçait festive. En effet, Le Peuple de l’Herbe et Asian Z se produisaient ce soir-là dans le cadre de l’Audi Jazz festival, à l’Orangerie du Botanique. Les premiers étaient venus présenter et défendre leur dernier album « Radio Blood Money », les seconds m’étaient complètement inconnus et éveillaient en moi une curiosité amusée.

En surfant sur leur site, l’univers d’Asian Z m’a semblé farfelu, volontairement immature et particulièrement cocasse. Deux heures avant le concert, Spagg du Peuple de l’Herbe me confiait lors de l’interview : ‘Tu connais Asian Z, ils passent avant nous ? Tu vas voir c’est assez particulier, moi j’adore !’ Cette phrase est venue tout naturellement aiguiser ma curiosité à leur égard.

Sur le coup des 20h, la foule venue en nombre s’agglutine à l’entrée. Juste le temps de déposer mon sac et mes affaires au vestiaire. ‘Bad done’, le vestiaire est fermé. Et je suis forcé d’entrer dans la salle avec tout mon barda. J’essaye de dénicher une place près de moi pour les déposer, je sors l’appareil photo, mon carnet de notes, et je regarde se dérouler devant mes yeux ébahis un spectacle complètement délirant monté par cinq Japonais.

Asian Z plaque ses chansons sur fond de karaoké. Les titres sont projetés sur un écran placé dans leur dos. Les paroles reproduites en japonais, en phonétique et leur traduction en français clignotent entre des images et des phylactères dignes d’une bd. Nous sommes pongés en plein univers manga. Tels des samouraïs, la posture fière et le verbe fort, la pop/rock un rien eighties d’Asian Z enrobe le spectacle, et propulse une énergie sympathique et communicative. Il faut lire ces traductions pour essayer de suivre. On y parle de poils, de ‘rasage de chatte’, de trous du cul poilus, d’alcool à outrance, etc. Deux minuscules danseuses japonaises se dandinent derrière le chanteur, levant les bras et sautant sur une chorégraphie apprise par cœur. Le public derrière moi prête plus attention aux textes qui défilent, et se marrent en lançant des ‘rhooo’ à tout va. Je crois que, comme moi, il se demande si tout ça est bien sérieux. Manifestement, ils en ont tout l’air. De nombreux ados postés aux abords de la scène se fendent la poire et se délectent de la prestation. Hurlant pour un rien, tels des groupies de la première heure. Une ambiance ‘bon enfant’ se trame ; et après 9 chansons les Japonais (quoique Lyonnais d’adoption) prennent congé de la salle.

21h00. Les roadies s’affairent, les instruments et l’univers des prochains acolytes s’échafaudent. ‘Le Peuple de l’Herbe’ me gueule dans l’oreille un jeune chevelu, ‘mais ouais vieux !!’ lui rétorque son camarade. Ces deux énergumènes seront collés dans dos et à mes oreilles tout le long du concert, répétant sans cesse ces deux phrases énervantes au possible. C’est recta, à chaque coup je me tape un voisin de concert débile. Mais ces deux-là, c’est le pompon.

21h10. Le bruit des hélices d’un hélico vient ouvrir le jardin où Le Peuple de l’Herbe (‘mais ouais vieux !’) semble impatient de jouer. La batterie de Psychostick trône au centre. A l’arrière. A gauche, Dj Pee a les yeux rivés sur le laptop et ses platines. A droite Spagg se consacre aux claviers et à la basse. Une basse, qui fait pour la première fois son apparition sur scène, lors de cette tournée. Plus à droite encore, N’Zeng s’occupe aussi bien des claviers, de la programmation, du chant que des cuivres. Le décor est fidèle à l’univers graphique de la pochette du dernier opus ? Nous sommes embarqués dans une machine de guerre aux reflets métalliques. Nous nous dirigeons vers une ville perdue où un groupuscule d’irréductibles hisse le pavillon de la révolte. « Viva La Revolucion » ouvre les festivités Conséquence : le public s’enflamme autant que les artistes. Très vite JC001 débarque sur les planches, le pas chaloupé et la casquette vissée jusqu’aux oreilles. Sa voix caverneuse débite un flow mortel, et se lance aussi dans des ‘beat box’ vraiment excellents. Le tout sans postillons. Ce qui est une prouesse et nos objectifs lui sont reconnaissants. En vraie bête de scène, JC001 est souvent accompagné par N’Zeng ou/et par Sir Jean. Ce dernier est d’ailleurs accueilli en guest star par un public déjà conquis. La participation de Sir Jean sur le dernier elpee a des effets positifs sur le groupe qui l’a du coup embarqué dans ses valises. Tel un chef de tribu, il balance ses tresses et son dynamisme est propulsé par l’élément fédérateur du groupe : la trompette. Car si star il y a ce soir-là, c’est bien elle. Scintillante de mille feux, elle souffre contre les joues tendues de N’Zeng. Cet instrument nous rappelle un peu le sens du festival et le pourquoi de sa présence en ces lieux: le jazz. Ce dernier se dissipe assez vite entre les morceaux trip hop/dub/jungle du groupe, mais n’est jamais complètement enterré. Les nouveaux titres de « Radio Blood Money » ont un peu de mal à tenir l’énergie que diffusent les morceaux plus anciens des précédents albums comme « PH Theme », « Dawg Beat » ou « Cow Boy ». Le public semble ne pas avoir encore imprimé, complètement dans sa mémoire, les derniers titres. Il faut dire que l’album n’a que deux mois d’existence ; et ce sont ses premières transpositions scéniques. A l’instar du morceau « Plastic People » plus agressif dans sa conception, « Radio Blood Money » est plus tranché. Le temps sera nécessaire pour sa digestion. Malgré tout, des compos telles tels que « Judge Not », « History Ghost » ou « Traces » passent bien la rampe. On pourrait regretter le manque de freestyle ou d’impros lors du set, juste pour sentir mieux encore, l’unité et le sens d’équipe que les Lyonnais développent tout le long de leur prestation. Tout est bien huilé, bien calé, bien calculé. Il n’empêche qu’une ambiance surchauffée reste bien présente et les 75 minutes de concert s’écoulent à toute vitesse.

Au premier rappel, le groupe nous gratifie d’un quart d’heure supplémentaire, mais ne semble pas encore fatigué. C’est à l’issue du second, d’une durée de 10 minutes, qu’il décide de prendre congé de l’audience. 100 minutes : c’et le timing de cette soirée. On en a eu pour notre argent. D’ailleurs, l’énergie transportée par le public le long des couloirs, en se dirigeant vers la sortie, est la preuve qu’elle s’est collée à nous, et que nous continuerons à la diffuser un bon moment encore. Je rentre chez moi content mais encore surexcité. C’est que c’est tenace Le Peuple de l’Herbe, mais ouaiiiiis vieux …

(Organisation Botanique)

 

And Also The Trees

De vieux arbres toujours bien verts…

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And Also The Trees est une formation mythique. Britannique. Née en 1978, en pleine explosion punk. Les deux leaders sont frères : Simon et Justin Huw Jones. Le premier est chanteur et le second guitariste. Ce sont les seuls rescapés du line up originel. En 28 ans, la formation a enregistré dix albums, dont le dernier « (Listen for) the rag and bone man », vient de paraître. AATT est réputé pour sa musique gothique, tantôt introspective, tantôt violente, parfois jazzyfiante, mais au sein de laquelle l’imaginaire occupe une place importante. Un climat entretenu par la nature des lyrics. Vous n’en saurez pas plus pour l’instant, puisqu’à l’issue de leur set, les frangins Simon se sont prêtés à l’exercice de l’interview. Un entretien qui sera publié d’ici quelques jours. Vous pourrez ainsi mieux comprendre l’univers romantique, ténébreux, rural et typiquement insulaire de ce combo issu du Worcestershire…

En première partie, Kim Novak a tenté de nous faire croire qu’il était hanté par Joy Division, The Cure, et toute la scène cold wave des eighties. Mais ne sont pas Editors ou Interpol qui veulent. Responsable d’un premier album en avril dernier, le quatuor normand (NDR : de Caen très exactement) manque assurément de planches. Et son set de piètre facture fait peine à écouter. Ils sont pourtant six sur scène : un drummer, un bassiste et deux guitaristes dont le chanteur (à la voix plus que limite) ainsi que deux mannequins de couturière postés de chaque côté de la scène. Dommage que les modèles n’étaient pas en chair et en os, à l’image d’une jeune Kim Novak, par exemple ; on se serait au moins rincé l’œil à défaut de se boucher les oreilles.

Lorsqu’And Also The Trees monte sur les planches, la Rotonde du Botanique est pleine à craquer. Le public y est même debout. Le line up campe aujourd’hui un quintet. La claviériste (Emer Brizzolara) joue circonstanciellement de la guitare et du melodica. Elle s’est installée à droite de la scène. Le batteur (Paul Hill) participe à l’aventure depuis 1997. Son drumming est à la fois ample, impulsif et syncopé ; il complète parfaitement la ligne de basse jazzyfiante de Ian Jenkins. En fait de basse, il s’agit le plus souvent d’une double basse, que ce virtuose joue tantôt en pinçant les cordes de ses doigts, tantôt avec un archet. A gauche, Justin (NDR : toutes les filles étaient en pâmoison, en regardant ce beau mec au physique à la Léonardo Di Caprio), costard BCBG, joue sur ‘sa’ guitare (NDR : de couleur rouge !) en s’aidant de pédales de distorsion. Lorsqu’elle lui prend aux tripes, il se cambre en arrière. Elle a un son propre. Il a un style très personnel, privilégiant l’émotion, qui a d’ailleurs influencé toute une génération de groupes noisy pop du début des eighties. Et ses interventions aussi parcimonieuses que judicieuses sont un véritable régal pour les oreilles. Simon porte une chemise blanche à col relevé. Il a enfilé une redingote qu’il ôtera au beau milieu du concert, au même moment où Justin laissera tomber la veste. Simon n’a pas une voix extraordinaire, mais elle colle parfaitement à son style déclamatoire, un style qu’il accompagne de postures très théâtrales. Il lève les yeux au ciel, puis les clôt comme s’il cherchait des images d’un autre monde, s’agenouille, étend les bras en croix, susurre dans son micro toute en l’étreignant de ses mains. Parfois, il entame quelques pas de danse semi-classiques, semi épileptiques. La setlist puise dans toute la discographie du groupe, même si elle épingle cinq morceaux du dernier opus, un répertoire parfaitement équilibré pour cette prestation, dont l’intensité croît au fil du temps, atteignant un premier sommet lors du classique « A room for Lucy ». L’envoûtement commence à produire son effet…

Mais lors du premier rappel, la version de « Slow pulse boy » fait monter l’ambiance encore d’un cran. Justin y est sublime sur ses six cordes. Un premier rappel. Puis un second, clôturé par un bouleversant « Virus meadow ». Enflammé, le public en redemande obtient satisfaction. Il en réclamera même un quatrième, qui ne viendra jamais, malgré les acclamations nourries de l’audience, qui se prolongeront encore cinq bonnes minutes. Une situation qui peut parfois engendrer des réactions incontrôlées. Surtout quand on laisse les lumières éteintes et que la musique de fond ne vient pas calmer les ardeurs résiduelles. Heureusement, les frères Jones avaient bien saisi la frustration ; et assez rapidement, après le concert, ils sont venus près du merchandising, signer des autographes, se laisser prendre en photo avec de fans et serrer des pinces. Mais quelle soirée !

Setlist : The beautiful silence – Gone… like the swallows – The suffering of the stream – Under the stars – Maps in her wrists and arms – Brother fear – Paradiso –  Stay away for the accordion girl – Feeling fine – Shaletown – Rive droite

1er rappel : Slow pulse boy – Dialogue

2ème rappel : The legend of Mucklow – There was a man of double deed – Virus meadow

3ème rappel : Vu l’ambiance, j’ai oublié de noter les titres… c’est dire !

Organisation Botanique 

 

 

Supergrass

La route pour Rouen passait par Lille...

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Pour accomplir sa tournée dans l'Hexagone, Supergrass a choisi Asyl comme supporting act. Un quatuor issu de La Rochelle qui pratique un punk/rock particulièrement énergique inspiré par Noir Désir et Téléphone. Et ce nonobstant des lyrics interprétés tantôt dans la langue de Voltaire, tantôt dans celle de Shakespeare. Un syndrome qui semble hanter encore aujourd'hui une foule de groupes outre-Quiévrain. Même la voix de Mathieu Lèscop emprunte régulièrement les inflexions de Jean-Louis Aubert, mais sans jamais parvenir à en moduler le timbre. Ce qui confère aux mélodies un aspect particulièrement monocorde. Torse nu, le batteur a beau se démener comme un beau diable (son drumkit implique une énorme cloche) et Nicolas Freidline lézarder l'univers sonore d'excellentes interventions électriques en triturant sa guitare, l'ensemble manque cruellement d'originalité. Résultat des courses les 30 minutes de ce set ne laisseront pas un souvenir impérissable auprès de l'assistance alors présente.

On était prévenu : Danny Goffey ne participe pas au nouveau périple opéré par Supergrass sur le Vieux continent, dans le cadre de la sortie du nouvel album, « Road to Rouen ». Son épouse attend un heureux événement, et il a préféré rester à ses côtés. Pour la circonstance, il a été remplacé par l'ex drummer de Ride, Loz Colbert. Autre absence : celle du claviériste Rob Coombes, remplacé par un autre : Charly Coombes (NDR : oui, oui, c'est le petit frère. Et il milite habituellement chez les 22-20's). En outre, un percussionniste d'origine hispanique a rejoint le line up pour cette tournée.

Gaz Coombes monte sur les planches, armé de sa guitare sèche. Elégant, un superbe chapeau vissé sur la tête, il ressemble à… Neil Young. Il prend place sur un des sièges de bar placés à l'avant du podium et attaque en solo « St Petersburg », puis « Wait for the sun ». Le son est frais, cristallin. Sous cette forme minimaliste, les compos prennent une toute autre dimension. C'est le moment choisi par Mickey Quinn pour entrer en scène. Il s'assied également sur un des tabourets. Soutenu par Gaz, il interprète une version à la guitare acoustique de « Caught in the fuzz ». Et dans la foulée le duo enchaîne par « Caught by the fuzz » et « Sitting up straight ». Superbe ! Vingt bonnes minutes après cette intro, au cours de laquelle les deux comparses ont changé d'instrument pratiquement après chaque titre, le reste du combo fait son apparition. On entre alors dans la phase semi-acoustique du set, le groupe épinglant alors « Late in the day », « Kiss of life », « Sad girl », « Mary » et le single « Low C ». Une phase au cours de laquelle, on se rend compte du rôle joué par le drummer remplaçant. En fait l'ex Ride possède un jeu plus souple que celui de Danny ; un style qui finalement colle idéalement à ces chansons mid tempo. Et lorsque Loz et le percussionniste décident de se lâcher lors d'une version libre de « Sun hits the sky », on n'est plus très loin de l'univers de Santana période « Soul sacrifice », un fragment ponctué par un exercice de style en solitaire particulièrement brillant du second nommé aux bongos. Place ensuite à un duo entre Gaz et Charly, soutenu par une boîte à rythmes. Les deux Coombes s'installent derrière un clavier sis à chaque extrémité de la scène. Ils plongent « Roxy » ainsi que « Funniest thing » dans un bain de mélancolie douce. Et lorsque le groupe au complet reprend la route (pour Rouen ?), la formation entre alors dans sa phase électrique, alignant ses hits (« Richard III », « Pumping on you stereo », « Grace », « Moving », etc.), face à un public qui, ravi, commence à pogoter ferme. Et Supergrass de prendre congé du public à l'issue de cette apothéose, qui en redemande. Souhait exaucé par un autre morceau acoustique : « Fin » ; et puis par  l'inévitable « Lenny ». Et si la formation n'avait pas inscrit « Alright » à son répertoire, c'était pourtant le sentiment qui avait envahi l'âme de chaque spectateur, à l'issue de cette bien agréable soirée…