Air Waves, c’est le projet de Nicole Schneit, dont le cinquième opus, « The Dance », paraîtra ce 9 septembre 2022. Enregistré aux studios ‘Figure 8’ à Brooklyn, NY, cet elpee a bénéficié du concours de Skyler Skjelset (Fleet Foxes, Beach House), Luke Temple…

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Dave Rowntree, c’est le batteur de Blur. Il s’est associé au producteur de Wild Beasts, Leo Abrahams, pour sa première sortie en solo. Un single baptisé « London bridge ». La vidéo du morceau a été réalisée par le trio de designers français Cauboyz. À…

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Ours

Le soir de la Bête(s)

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Un vendredi soir particulièrement sympathique s’ouvrait sous les meilleurs auspices. Les rayons du soleil n’en finissaient plus d’exhaler leur chaleur. La terrasse du Bota résonnait des rires chaleureux des clients, et surtout, la Rotonde accueillait deux artistes, qui méritent davantage que la curiosité : la reconnaissance. Après avoir avalé quelques décilitres de houblon bien frais, la foule déjà sous le charme du climat, s’est enfin décidé à prendre le chemin des portes de la salle, sur le coup de 20h00.

Il faudra attendre cependant encore 20 minutes pour voir apparaître le premier des monstres poilus de la soirée : Le Yeti. Responsable d’un set pop/folk tendre, particulièrement propice à l’ambiance générale, les quatre larrons enchaînent mélodies intimistes au sein d’une ambiance feutrée et parviennent rapidement à chauffer la salle. Le groupe a déjà fidélisé son public. D’ailleurs, aujourd’hui, s’il se produit en première partie, il aurait pu faire la tête d’affiche, sans le moindre supporting act. Sorti de sa tanière, le Yeti est venu nonchalamment effleurer de ses doigts poilus, le duvet de notre sensibilité. En dix plages et quarante-cinq minutes de set, le combo est parvenu à nous communiquer des frissons d’émotions, et visser encore plus le sourire sur nos lèvres. Bien cool les gars.

21h05, la salle se vide quelque peu. Le temps de refaire le plein de kérosène et de griller un petit quelque chose, et elle se remplit à nouveau. Un entracte qui ne durera qu’une quinzaine de minutes. La Rotonde n’est pas bondée, mais les places disponibles sont plutôt rares. Une situation qui ne peut que satisfaire l’artiste suivant. Surtout lorsqu’on sait que quelques mois plus tôt, sa prestation n’avait attirée qu’un auditoire assez clairsemé. Installation du matos. Sound check. Il est 21h35 lorsque le mal léché fait son apparition. Il est affublé de son éternel t-shirt fait main avec du scotch. Et ouvre les festivités par « Il était temps ». En clamant de suite, qu’il ‘veut hurler d’avantage’. Ca promet ! L’accueil est vraiment chaleureux, et le public ne se prive pas de saluer l’artiste frénétiquement. Remerciements avant de raconter la même histoire concernant son t-shirt, en voie de construction comme le groupe’… (NDR : à force de taper sur le clou, on finira par le savoir !) Les bons mots s’enchaînent. Le public apprécie son humour. Très représentatifs du répertoire de l’artiste, « Quand Nina est saoule » et l’excellent « Cafard des fanfares » embrasent l’assemblée. Ours, aka Charles Kienast/Souchon, manifeste une grande sensibilité sur scène. Et on ne peut qu’être impressionné par son sens du contact humain. Il ne donne pas l’impression d’être une star sur les planches. Celle que l’on vient admirer et aduler. Il sourit timidement mais ouvre son cœur. Il parle aussi avec ses mains, dévore des yeux, et ses attitudes amplifient la profondeur de ses textes et la contagion de ses mélodies. Il passe de la guitare sèche à l’électrique, bondit, fait la fête en compagnie de ses acolytes. Grand gosse, il ne se prive pas du plaisir de cultiver un esprit potache et se permet même de balancer quelques calembours bien tordus. Quand « Révèle » finit de résonner, il se lance dans une version fabuleusement rock de « Nina se réveille ». Le groupe s’éclate et se donne. Les musiciens donnent l’impression d’être une équipe très soudée (NDR : et pas seulement d’un point de vue musical) tout en manifestant un respect mutuel. « On essaye d’imaginer » et « Orange » entrent en éruption, mais Ours conserve un flegme imperturbable. Il improvise une chanson, fait rimer les mots que le public lui soumet. Le courant de sympathie grimpe encore d’un échelon. La prestation se termine à 22h45 par « Petits Moments », partagé en duo avec Chloé Monin, transfuge de Scotch & Soda, de visite en notre capitale.

Le rappel s’ouvre par le très touchant « Comment c’est », suivi de « La maison de mes parents » qui conclut la soirée. Conclure c’est vite dit. En effet, le public complètement comblé et gourmand en réclame encore, et Ours semble avoir du mal à s’en séparer. Pas qu’il souhaite encore que les projecteurs se focalisent sur sa personne, mais sa joie de rencontrer son auditoire le marque. Ca se voit. C’est flagrant. Seul à la guitare, il lui accorde un dernier cadeau : « Chérie c’est quand ? ». Un dernier salut venu du cœur. La main levée vers le ciel comme pour le remercier, il prend définitivement congé à 23h05, laissant derrière lui le parfum d’un homme qu’on aimerait compter parmi ses amis. C’est qu’il nous a touché l’animal. Une pensée qui se transforme en envie me traverse l’esprit : ‘vivement un album live, et la suite de ses aventures…’

Organisation Botanique

 

Etienne Daho

Les Cygnes de Daho…

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Il y a déjà quelques mois que le concert d’Etienne Daho, prévu à la Maison de la Culture de Tournai, était sold out. Et la majorité du public présent ce samedi soir, était constitué de fans. Juste avant d’entrer dans la salle on me signifie que les photos sont interdites, même à l’aide d’un GSM. Sachant que l’intéressé n’accorde pas d’interviews aux websites et que son dernier album (« L’invitation ») est plutôt mou du coude, mon esprit critique est soudainement entré en effervescence. Dehors, la température est estivale. A l’intérieur de la salle, plutôt tropicale. Une frange du public commence à battre des mains…

20h45, toute la troupe entre en scène, et entame son intro basée sur le single « L’invitation ». Au bout d’une trentaine de secondes, la musique s’arrête et Daho, combinaison en cuir noir, largement échancrée au niveau du cou (NDR : pour exhiber le haut de son torse), prend la parole. Il remercie les nombreux aficionados venus l’applaudir ce soir, et caresse quelque peu le public tournaisien, dans le sens du poil, en le qualifiant de chaud comme la braise. Rien de tel pour faire monter la température de quelques degrés supplémentaires.

Sept musiciens accompagnent l’artiste. Ceux situés à l’arrière-plan, sont divisés en trois sections. Et disposés sur des socles. Le drummer à gauche. Trois demoiselles à droite en tenue de soirée : deux violonistes et une contrebassiste. Et le bassiste au centre, qui redescend circonstanciellement sur les planches, tout en fixant bien son espace dévolu. D’ailleurs, bien que se dandinant constamment, ses pieds semblent enracinés au sol. A gauche de Daho, Jean-Paul Rouve se charge des parties de guitare, alors qu’à sa droite, le claviériste passe régulièrement à la six cordes. Entre la plupart des morceaux, l’artiste présente ses chansons. En toute simplicité et humilité. Il nous parle de ses débuts accomplis sur la scène musicale rennaise, de Marianne Faithfull en compagnie de laquelle il avait bossé, de sa jeunesse dissipée, de difficultés à trouver parfois ses textes. Et n’oublie pas de présenter ses musiciens. En fait, Daho est un véritable autobiographe ; et c’est souvent son vécu qui transparaît à travers ses poésies.

Le tracklisting alterne compos issues de son dernier opus et ses inévitables tubes. Et surprise, ce sont ses compos les plus mélancoliques qui passent le mieux la rampe. « Cet air étrange », « Les fleurs de l’interdit », « Un merveilleux été », « Sur mon cou » (en n’oubliant pas de rappeler qu’il s’agit d’une mise en musique opérée par Hélène Martin, d’un poème de Genet sur la condamnation à mort) ou encore « Boulevard des Capucines ». On est d’autant plus étonné, que ce type de compo manque singulièrement de relief sur son dernier opus. En fait, c’est le trio de cordes qui leur donne une nouvelle dimension. Il les booste même aussi majestueusement qu’efficacement. Tout en plaçant régulièrement la cerise sur le gâteau en fin de parcours. Et pour en remettre une couche, lorsque Daho colore ses compos de r&b de type ‘stax’ ou ‘tamla motown’ (NDR : notamment « L’enfer enfin » et « Obsession » caractérisés par ses jeux de lumières incandescents), c’est encore le trio qui parachève les morceaux. A cause de leurs interventions redoutables, effilées, incisives et vertigineuses, qu’elles dispensent tout en manifestant, par leurs déhanchements, une sensualité d’un grand esthétisme (NDR : comparable à des cygnes !) On relèvera encore deux superbes versions de « Des heures indoues » et « Le premier jour (du reste de ta vie) », au cours desquelles les deux guitaristes sont passés à l’acoustique, ainsi que l’inévitable single « L’invitation » – achevant le corps du concert– et ses handclaps hispaniques, auxquels la foule participe allègrement. Un tracklisting, entrecoupé des inévitables tubes : « Des attractions désastres », « Saudade », « Rendez-vous à Vedra » et autre « Epaule Tatto », etc. invitant le public à se lever pour frapper des mains ou pour reprendre en chœur les refrains. A mon humble avis, les moments du set les moins intéressants (NDR : quoique ceux qui recueilleront le plus de succès), d’autant qu’imprimés sur un tempo binaire, tout bêtement disco. Mais on retiendra également le superbe light show dominé par les lumières blanches. En particulier des lasers pivotants. Ainsi que de hautes colonnes de spots pilotées par un chenillard. Sans oublier un écran placé derrière la formation, sur lequel seront projetées des images d’une grande sobriété, parfois simplement celles des musiciens, le plus souvent en noir et blanc.

Deux rappels seront accordés. Daho y interprétera notamment « Promesses », la reprise du « Mon manège à moi » d’Edith Piaf, « Week end à Rome », au cours duquel le public va se substituer à l’artiste au chant et un remarquable « Cap Falcon », achevant la prestation dans le charme du romantisme et de la mélancolie. Remerciements chaleureux de l’équipe ; nouvelle salve d’applaudissements pour solliciter un nouvel encore, qui ne viendra plus. Mais après plus de deux heures de spectacle, il n’y avait manifestement pas de motif de se plaindre…

Organisation : Maison de la Culture de Tournai

 

 

Wire

Punk mais arty…

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Chouette ambiance au 4AD de Diksmuide ce 1er mai, qui accueillait le groupe mythique Wire. La date est sold out, mais on circule facilement au sein du club qui doit accueillir plus ou moins 300 personnes. Et comme le bar est à moins de 10 mètres du podium…

La première partie était donc dévolue à De Brassers. Un groupe culte en Flandre ! Pensez donc, ses premiers faits d’armes remontent à 1980. Puisant déjà ses influences majeures dans le punk, la new et la cold wave, cette formation limbourgeoise avait alors atteint la finale du Rock Rally. Et puis s’est mise à tourner, en compagnie, notamment, de Siglo XX et de Red Zebra. C’est ainsi qu’elle s’est forgée une solide réputation au Nord du pays et aux Pays-Bas. Depuis un peu plus d’un quart de siècle, le parcours du combo est cependant entrecoupé de longues périodes d’hibernation. Mais le revivalisme eighties semble avoir requinqué leur moral. Le line up peut toujours compter sur un trio de base constitué de Willy Dirckx (guitare), Marc Haesendonckx (basse) et Marc Poukens (chant). L’ex Struggler, Erwin Jans a remplacé Eric Poukens aux drums et Ben Dekkers a cédé ses claviers à Joachim Cohen (Infernal Beauty). Beaucoup plus jeune, ce dernier rend au moins 20 ans au reste de l’équipe. Les autres musiciens ont du vécu. Ca se soit et ça s’entend sur scène. Marc Poukens est un véritable showman et joue du micro comme un pro (il ne le fait quand même pas tournoyer comme Roger Daltrey !) Cependant, si l’alternance entre le recours à la langue de Shakespeare et celle de Vondel est louable (il chante même à une ou deux reprises dans celle de Goethe), je suis moins convaincu de l’impact opéré sur un public plus large. Ce qui explique sans doute, pourquoi le groupe n’a jamais rencontré de succès, que chez les néerlandophones. En outre, malgré les interventions très atmosphériques du claviériste, réminiscentes de The Danse Society, toute leur musique a pris un sérieux coup de vieux. On retiendra donc, surtout leurs excellentes et hypnotiques envolées instrumentales ; notamment de leur morceau accordé avant le rappel. Mais il est regrettable qu’un supporting act commence en retard et joue les prolongations, alors que 30 à 45 minutes de prestation auraient largement suffi.

Première surprise lorsque Wire monte sur le podium, pas de trace de Bruce Gilbert. En fait, il y a un bout de temps que le natif de Watford a jeté l’éponge. Ce serait même depuis 2004. Les tournées, il n’en a plus rien à cirer. Et s’il n’exclut pas une éventuelle collaboration en studio, il n’en fait plus une priorité. Enfin, la dernière fois qu’il a accompagné le groupe en Belgique, c’était lors de l’édition 2003 du Pukkelpop. Et tant pis si vous n’y étiez pas. Ex-Laika, Margaret Fiedler McGinnis le remplace à la guitare rythmique. Tiens c’est amusant, c’était Laika qui à ce jour, avait réalisé la meilleur cover d’une compo de Wire ; en l’occurrence « German Sheppherds ». Mais venons-en au set.

Comme d’hab, pas d’artifices lumineux. Et dès les premières mesures, le set fonce à du 100 à l’heure. Margaret semble avoir bien intégré son nouveau rôle ; et ses échanges opérés avec Colin Newman sont de toute beauté. Surtout lors des morceaux les plus élaborés. Un Colin légèrement enveloppé, qui ne se sert plus de petits papiers pour se souvenir de ses lyrics, mais d’un Mac. C’est le progrès ! Newman et Margaret disposent d’une panoplie de pédales plutôt impressionnante. On comprend ainsi beaucoup mieux, l’amplitude de leurs tonalités électriques et le recours fréquent aux effets spéciaux. Crâne rasé, basse vrombissante, Graham Lewis affiche une tête menaçante. A contrario d’un Colin dont le sourire cynique oscille entre ironie et sarcasme. Quant à Robert Gotobed, il est devenu manifestement le pilier du combo. Jouant le plus souvent les yeux fermés sur un kit minimalise, son tempo métronomique et implacable fait absolument merveille. Titres hymniques, furieux, vindicatifs (auxquels participe Graham pour les vocaux), élaborés, mélodiques, la setlist parfaitement équilibrée mélange allègrement compos récentes et anciennes. Les breaks et les chutes de morceaux sont toujours aussi surprenants. Confirmant bien que Wire constitue bien une des inspirations majeures des Pixies. Mais si l’esprit punk est toujours bien vivace, la prestation reste très soignée. Elle épouse presque une forme arty. Et manifestement, si le public apprécie le concert, remuant même la tête, le tronc ou les jambes, il se montre particulièrement réservé et n’ose pas se lancer dans le moindre pogo. Etonnant !

Deux rappels seront accordés, dont un premier incluant le fantastique « 15th » (NDR : il trotte encore dans ma tête). Le public essaiera bien d’en obtenir un troisième, mais sans succès. Et puis, il était déjà plus de 0h30. Prochaine étape pour Wire : leur nouvel album. Il a été repoussé à juillet. On en salive déjà…

Organisation 4AD.

Setlist

Circumspect
Our time
Mr. Marx’s table
Comet
Being sucked in
Mekon headman
One of us
Advantage in height
Agfers
I don’t understand
All fours

Boiling boy
15th
12XU

Lowdown
106 beats that

 


 

 

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