La pop sauvage de Metro Verlaine

Un coup de foudre, et puis le romantisme comme mode de vie, Metro Verlaine est avant tout une histoire de passion. Fondé en 2013, après un voyage à Londres qui a laissé des cicatrices et un sale goût de ‘lose’ au fond de la gorge, l'histoire de Metro Verlaine…

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Concerts

Franz Ferdinand

Rien que du bonheur...

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Après avoir assisté à leur set accordé au Botanique début mars, un arrière-goût de trop  peu me restait sur l'estomac. Bien sûr, en une heure, il m'avait totalement convaincu. Mais rien à faire, j'étais resté sur ma faim. Aussi je décidais d'aller les revoir à Paris…

Programmé en première partie, Fiery Furnaces constitue l'autre gros buzz de ce début d'année. Leur marque de fabrique? Des chansons sans refrain, chantées par une Eleanor Friedberger androgyne en diable, à mi chemin entre une Karen O sans garde robe hype et une Jane Birkin sensuelle. L'utilisation intensive d'un piano sautillant en contrepoint d'une instrumentation particulièrement brute et sauvage est leur deuxième réelle marque d'originalité. Malgré ces atouts manifestes, le soufflet est rapidement retombé à plat. En effet, aucun titre ne parvient à se démarquer des autres ; les gémissements de la chanteuse finissant par se confondre avec des gloussements d'ennui.

Venons-en à Franz Ferdinand. Avant même la sortie de leur premier EP, paru en novembre dernier, la presse britannique les avait portés aux nues. Elle les considérait même comme le renouveau de la pop anglaise, comme le groupe qui allait renvoyer à leur dortoir tous les pseudos amateurs qui ont fait de la musique depuis Oasis. Sorti en février, leur elpee a comblé toutes les attentes, et les échos de concerts enflammés ont franchi la Manche. Leur unique prestation belge dans une Rotonde pleine comme un oeuf d'un public avide de nouvelles sensations était énergique à souhait. Que pouvait-on dès lors attendre de plus d'un concert parisien ? Surtout dans une salle où le public est réputé froid et distant… Dès la première note, le ton est donné : impétueux, fougueux et déchaîné. Le groupe semble s'être libéré de son empreinte Gene Vincent un peu kitsch pour s'affirmer réellement en tant que groupe de rock. Enchaînés, « Jacqueline » et « Take me out » rendent la salle totalement hystérique. Le sol vibre au rythme des sautillements de la foule, le chanteur s'époumone et sourit en même temps devant les pogos improvisés, « Auf achse » apportant le coup de grâce. Et Michaël d'achever le public en le mettant à genoux (NDR ; le public !). Après avoir passé en revue tous les titres de l'album et de l'Ep, de « Matinée » à « Cheating on you », le spectacle s'est achevé par « This fire », laissant une réelle sensation de bonheur pour tout le monde présent ce soir-la…

 

Tiken Jah Fakoly

L’Afrique a du freak

Depuis son passage remarqué lors de l’édition 2006 du festival de Dour, le retour Tiken Jah Fakoly était attendu en Belgique. Faut dire aussi que notre Ivoirien surfe sur l’actualité. Et la sortie toute récente de son dernier opus, « L’Africain », produit entre Bamako, Paris et Londres, en est la plus belle illustration. Ainsi que l’enthousiasme manifesté par le public belge, pour ce concert programmé à l’Ancienne Belgique, qui affichait ‘sold-out’.

La première partie était assurée par Magyd Cherfi (ex- chanteur de Zebda), qui a d’ailleurs collaboré étroitement à l’écriture des textes de l’Africain. Malheureusement quelques soucis sur la route, et les difficultés habituelles pour trouver un emplacement de parking aux abords de l’AB, ont considérablement retardé notre arrivée. Nous avons donc loupé ce supporting act. Et en n’arrivant que vers 21h30, le ‘main’ concert était déjà entamé.

Qu’importe, on ne peut que se plonger directement dans l’ambiance. « Quitte le pouvoir » est une bonne entrée en matière. Le public est plus que chaud. Les artistes aussi. La dizaine de musiciens (y compris les 2 choristes) occupent bien l’arrière du plateau, tandis que notre Tiken a bien besoin de l’espace à l’avant-scène pour pousser ses petits sprints et autres pas de danse. Une large place est aussi laissée aux titres du dernier album, comme « Promesses blabla » ou « Ouvrez les frontières ». Cette chanson sera d’ailleurs un des moments forts de la soirée. Tiken invite en effet un petit garçon de 10 ans à peine sur le podium, pour reprendre le refrain ; et ce petit chanteur en herbe se débrouille à merveille, guère impressionné par les applaudissements unanimes du public. La communication passe bien avec celui-ci, et l’artiste n’hésite d’ailleurs pas à adapter ses textes. « Le pays va mal » devient l’espace d’une soirée « La Belgique va mal ». « Wallons » et « Flamands » sont ajoutés aux couplets traditionnels. Tout au long de la soirée, Tiken Jah Fakoly ne cessera d’ailleurs de multiplier les revendications politiques. Elles n’offrent cependant pas vraiment d’alternatives aux politiques en place. Et à la longue, elles deviennent répétitives et finissent par lasser.

Autre petit bémol, là où l’ambiance de ce concert reste proche d’un set de Manu Chao, ici le leader refuse catégoriquement la montée du moindre spectateur sur la scène. Et quand un fan parvient tout de même à s’y hisser, Tiken le remballe aussitôt. Heureusement, l’audience reste toute acquise à sa cause. Une audience hétéroclite, où les jolies métisses côtoient des aficionados plus traditionnels ou encore des rastas qui semblent avoir un peu trop abusé de la fumette. C’est d’ailleurs sans doute à cause des hallucinations qu’elle provoque que cette partie du public ne voyait plus les nombreuses affiches d’interdiction de fumer, placardées un peu partout sur les murs de l’AB…

Notons enfin pour ceux et celles qui ont manqué l’événement ou qui souhaiteraient le revoir, que Tiken Jah Fakoly reviendra à l’AB le 21 avril 2008 ; et à nouveau ‘ça va faire mal’.

 

Organisation UBU

 

 

The Stranglers

Un set parfaitement équilibré...

Écrit par

Fondés en 1974, les Stranglers appartiennent à cette catégorie de groupes qui ont pris une part importante dans la naissance du Punk. En 1977. Devenus par la suite pionniers de la scène avant-gardiste, ils ont influencé l'ensemble de la mouvance « New Wave/ Pop Rock » dont les effets se ressentent aujourd'hui encore. Malgré le départ du chanteur-guitariste Hugh Cornwell en 1990, le groupe ne s'est jamais arrêté. Il peut même se targuer aujourd'hui de compter trois décennies d'existence ! Les Stranglers viennent de commettre un nouvel album : « Norfolk Coast ». Le seizième. Un opus assorti d'une tournée mondiale. Un périple qui passait par la France ; et en particulier par Strasbourg, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Nice, Mulhouse, Istres et Lille...

Le nouvel elpee synthétise la plupart des styles explorés par la formation depuis ses débuts. Le groupe revient à ses premiers amours, mais le son est plus lourd, plus puissant. Si à l'origine, les textes étaient signés Cornwell/Burnel, ils sont aujourd'hui issus de la plume de  Paul Roberts, chanteur du groupe depuis le départ de Hugh. Les Stranglers ont été et sont encore une source d'inspiration pour une multitude de groupes. Et si en 2004 leur succès n'est plus que marginal, c'est sans doute parce qu'ils se sont accordés la liberté d'explorer et d'expérimenter, parfois au détriment du succès commercial.

Concert :

Ancienne salle de cinéma, le Splendid possède la particularité de disposer d'une scène à hauteur du public. Un public un poil passif au-delà des premiers rangs. Vu l'âge des spectateurs, probablement. Ce qui n'a pas empêché le combo de dispenser un set de 2 bonnes heures, sans aucun temps mort, les titres tournant comme une machine bien huilée. « Norfolk Coast » déchire d'emblée. Le band alterne nouveaux titres et standards. Un mélange finalement parfaitement équilibré. Faut dire que Paul Roberts (40ans), le chanteur, hante littéralement chaque morceau. Réservé jusqu'alors, le public se libère enfin pour « All day and all of the night » et commence à remuer. Baz Warne (40ans), le guitariste, donne une patate phénoménale au son. Il revivifie ainsi la plupart des morceaux. La complicité entre le groupe et le public se manifeste. Le son énorme de la basse de J-J Burnel (52ans), fait vibrer l'assemblée. Les claviers de Dave Greenfield  (54ans) apportent de la couleur à la solution sonore. Son solo sur « Walk on by », soutenu par Baz Warme, est un vrai bonheur. Jet Black (65ans) rythme du bout des doigts la cadence du groupe, tantôt cool, tantôt active. Après « Duchess », les morceaux libèrent une énergie folle, qui ne retombera plus avant la fin du spectacle...

Set list :

Intro (Waltz in Black)                                                        

Norfolk Coast                                                    

Skin Deep                                                                           

Big thing coming                                                                

Peaches                                                                               

I don't agree  

All day and all of the night                                                                                                                  

Always the sun

Long black veil

Golden brown

Tucker's grove

Duchess

Lost control

Who wants the world

I've been wild

Grip

Something better change

Tank

Rappel 1: Walk on by/Five minutes

Rappel 2: Mine all mine/No more heroes

IAM

A la croisée des chemins....

Sept ans séparent « L'Ecole du Micro d'Argent » et « Revoir un Printemps » : une plombe dans l'industrie du disque, qui fonctionne de plus en plus selon la politique du kleenex. Si le single ne marche pas, c'est direct à la poubelle. Mais les Marseillais d'IAM n'ont plus à prouver leur talent : chez ces sept mercenaires de la cause hip hop à la française, tout est question maintenant d'intégrité… Peu importe si leur dernier album cartonne ou fait un bide. Mais il est clair qu'à force d'avoir dilué leur énergie dans divers projets solos, les rappeurs d'IAM se sont vus damer le pion, ces dernières années, par toute une nouvelle génération de b-boys émérites. Heureusement, chez IAM, on n'est pas mesquin : au contraire on donne de la place et de la tribune aux jeunes qui en veulent. Cette « relève » s'appelle Psy4 de la Rime, L'Algerino, Les Chiens de Paille, et c'est elle qui avait la forte tâche de chauffer ce soir le public de Forest…

Un public a priori clairsemé (5000 billets vendus sur 8000), mais qui très vite s'agglutinera dès l'extinction des lumières, pour faire la fête à tous ces types encore nouveaux dans le « bizness ». Constatation : ça chauffe déjà pas mal dans le parterre et les tribunes (le public est majoritairement composé de jeunes fans de hip hop, fringués street wear et plutôt réceptifs à la consommation de substances illicites). Mais c'est à l'annonce de l'arrivée des Marseillais que l'ambiance explose réellement. Sur un écran géant défilent des images de Shurik'n et Freeman écoutant leur démo dans une voiture, sur la route de la salle de concert (Forest ?). On les voit rentrer backstage et se diriger vers la scène, tandis qu'au loin retentissent les appels au délire d'Akhenaton : « C'est chaud ! », crie-t-il. Et ça l'est dès qu'ils surgissent tous sur scène, pour de vrai, sur les beats martelés de « Stratégie d'un Pion », le titre d'ouverture de « Revoir un Printemps ». Le décor est à l'image de la pochette : des ruines d'une cité antique, au-dessus desquelles se trouve, planqué derrière ses platines, DJ Kheops. A l'avant, vitupérant leurs textes de « journalistes urbains », Shurik'n, Akhenaton et Freeman en combinaison de combat, et Kephren, qui gesticule mais ne pète pas un mot (fallait pas l'inviter). Pendant deux heures, IAM offrira au public quasi l'entièreté de son dernier album, en plus de quelques medleys douteux de « L'Ecole du Micro d'Argent ». Et c'est là que le bât blesse : résumer ces classiques que sont « Nés Sous La Même Etoile », « Petit Frère », « L'Empire Du Côté Obscur », « Un Bon Son Brut Pour Les Truands » et « Demain, C'est Loin » en cinq minutes et sur les mêmes beats, c'est un peu frustrant. Des medleys ? C'est quoi, Les Enfoirés du hip hop ? ! ? Idem pour « Je Danse Le Mia », dont on aura juste eu droit à la version instrumentale pendant que toute la clique (sauf DJ Kheops) changeait de training (blanc)… Sans doute qu'IAM en a marre de jouer ces morceaux, et on peut les comprendre… Une manière pour eux de montrer que leur carrière ne se limite pas à ces quelques tubes (mais quels tubes !), et qu'il est temps de tourner la page. Il y a ce risque de décevoir une partie du public. Pour le reste, c'était un concert explosif, vigoureux et sans temps mort, d'un groupe qui continue son chemin sans bifurquer, à la conquête d'un (noble) art du verbe scandé dont ils sont les plus sincères ambassadeurs.

 

 

 

Bob Log III

Un Nippon obsédé par les nichons...

Pour ceux qui aiment le rock'n'roll, celui qui sent les aisselles et le sexe, mêlé à l'odeur âcre du whisky, le Botanique avait encore une fois tout prévu. D'abord avec Elvis Ghettoblaster, un groupe de jeunes Bruxellois à la carrière déjà chaotique : un album éponyme sorti sur Magnet, des concerts furibards dans les pires bouges de Wallonie (du cercle sciences-éco de l'ULB au Cabaret Voltaire de Huy), et surtout ce gros son, crade et rampant, prêt à vous bondir dessus tel un lion en cage affamé après des années de vaches maigres. Parce que ça fait plus de cinq ans que ça dure, Elvis Ghettoblaster a donc décidé de mettre, en 2003, les bouchées doubles : avec quelques nouveaux morceaux déjà rodés sur scène et cet album sympathique enfin dans les bacs, ils seraient prêts à en découdre. Et montrer de quel bois ils se chauffent. Ca commence fort avec quelques morceaux rock bien trempés dans le blues le plus coriace, tendance Screamin' Jay Hawkins. Le chanteur, un peu timide devant cette assemblée " à qui on ne la fait pas ", hésite entre le cirque façon JSBX et les poses concentrées, tête baissée sur ce micro qu'il tient avec dédain, pendant que derrière, des images stroboscopiques défilent à un rythme effréné. Romero, Herzog, Bill Viola, Berkeley, Antonioni, Twin Peaks : apparemment, le gars qui a fait ce montage vidéo s'y connaît en cinéma bis. On y voit aussi le zizi du chanteur, et même des gros nichons (Russ Meyer), comme un hommage badin à l'univers grossièrement hormonal du type qui leur succède, le Rémi Bricka du rock'n'roll branque, Bob Log III. Dommage qu'à la moitié de leur concert habité, la sauce soit un peu retombée : plus du tout sur la même longueur d'onde, les quatre zozos (secondés par Fabrice Detry, leader d'Austin Lace) ont alors perdu de leur puissance de feu, emmêlant leurs guitares et leurs voix dans un capharnaüm dilaté. Du tricotage très vite oublié dès le retour, sur la fin, d'un rock burné et cocasse (entre les Butthole Surfers! et Pavement), avec même de l'harmonica et des samples en renfort. Un groupe à suivre ! En concert aux Fêtes de la Musique de Woluwé le 22 juin, au parc George Henri.

On ne présente plus Bob Log III, ce bluesman de bazar au costume ridicule, qui chante des inepties cachées sous un casque d'aviateur, en tapant sur une grosse caisse d'un pied lourd et mécanique. On ne vous parlera pas de ses chansons, puisqu'elles se ressemblent toutes. De toute manière, on n'a pas les albums… Bob Log, c'est un peu comme une attraction foraine : on achète un ticket pour rire, mais pas l'abonnement annuel. C'est drôle une fois, et encore… Alors, pensez donc, l'écouter à la maison… Il paraît que Tom Waits adore. Et que l'hurluberlu est " big in Japan ". Pas étonnant quand on sait le goût nippon pour les crétineries binaires, genre Guitar Wolf et Zeni Geva. Comme annoncé au premier paragraphe, le " one man band " le plus lourdingue de la planète ne pense qu'aux nichons : il estime par exemple qu'une chanson sonne mieux si elle est accompagnée d'un " battement mammaire ", le fameux " tits clapping " (" It is much nicer and softer sound than a hand clap ". Et d'ajouter, goguenard : " But Please, do not imagine the sound of a man's balls clapping together ! This is not a good sound ! "). Evidemment, tradition oblige, il n'oubliera pas de faire monter deux filles sur scène pour son fameux " I want your shit on my leg ", pelotage en règle d'une double paire de fesses consentantes et hilares. Bob Log III nous aura bien fait rire ! Au moins cinq minutes. Quand il insiste encore pour qu'une demoiselle vienne tremper ses seins dans son whisky (le " Boob Scotch "), on trouve ça juste con. D'ailleurs, ce sera peine perdue : on n'est pas au Japon. Et d'abord comment fait-il avec les Japonaises, pas vraiment réputées pour avoir de grosses poitrines ? Blaireau, va…

dEUS

La magie du spectacle sapée par une alarme incendie...

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Responsable d'un nouvel album (« Pocket revolution »), six longues années après avoir commis « The ideal crash », dEUS est donc reparti en tournée. Et pratiquement partout où il passe, les concerts sont sold out. Pour ce 6 octobre, à l'Aéronef de Lille, c'était même archi complet. A l'instar des trois dates prévues à l'AB de Bruxelles. Et même pour le 1er mars 2006 à Forest National. Mais le groupe y reviendra le lendemain. Et ça c'est une bonne nouvelle !

Pour son périple outre-Quiévrain, Jeronimo a été invité à assumer le supporting act. Ayant assisté à son set, le 17 septembre dernier, dans le cadre du Big Pop Festival, il m'est assez difficile de décrire sous un autre angle une prestation sensiblement proche de celle qu'il avait accordée voici 3 semaines. Condensée sur 45 minutes, elle m'a laissé une même impression. Légèrement moins métallique, elle a cependant éludée de la plupart de ses interludes humoristiques (seul le conte moderne adressé à Jimi Hendrix a été maintenu) afin que le trio liégeois puisse jouer un maximum de compos. Et le band de recevoir une belle ovation…

Du line up initial de dEUS, il ne reste que Tom Barman et le violoniste/claviériste Klaas Janzoons. Et il faut reconnaître que depuis sa fondation, il en a vu défiler ; les plus notoires demeurant Stef Kamil Carlens, Rudy Trouvé, Craig Ward et Danny 'Cool Rocket'. La nouvelle section rythmique implique aujourd'hui Stéphane Misseghers à la batterie et Alan Gevaert à la basse. Mais l'énorme changement procède de l'arrivée de l'ex Evil Superstars, Mauro Pawlowski. Le combo compte donc aujourd'hui deux guitaristes et deux chanteurs. Et franchement ils sont extrêmement complémentaires. La créativité de Barman et la sensualité de Pawlowski font véritablement merveille. Une conjugaison régulièrement balayée par les accents, tantôt classiques, tantôt baroques, du violon de Klaas. Si l'essentiel du show (NDR : mention spéciale au light show particulièrement performant, même s'il donne rarement l'occasion de discerner l'un ou l'autre visage des musiciens) est essentiellement composé des nouvelles compos issues de « Pocket revolution », le groupe n'oublie pas pour autant de puiser dans « The ideal crash » (« Instant street », « Magdalena ») ou  encore d'« In a bar, under the sea » (« Theme from turnpike », « Serpentine »). Mais après une heure quart de concert, l'alarme incendie se déclenche. Au beau milieu de « Sun Ra ». En un clin d'œil le groupe se retire. Entrecoupée d'invitations incessantes à quitter les lieux dans le calme, elle va perdurer une bonne vingtaine de minutes. A un tel point qu'on se demandait si on n'était pas victime d'un lavage de cerveau. Curieusement, aucun spectateur n'a réagi. Et c'était sans doute la bonne réaction, car vu la foule, un mouvement de panique aurait pu déboucher sur un drame. Bref, à l'avenir, il serait sans doute souhaitable qu'un membre de l'organisation vienne expliquer le problème et en même temps rassurer l'audience. Car finalement, cette alerte avait été déclenchée par la fumée. Tout simplement. Bref, passé cet incident, dEUS est revenu sur les planches. Avec la même ardeur et la même intensité. Remettant son métier sur son ouvrage et n'hésitant pas à rejouer « Sun Ra ». Terminant même par « Suds and sodaps », dans une apothéose indescriptible… Mais la magie du spectacle avait été sapée par une alarme incendie…

 

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