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Manu Chao - Bau-huis
Concerts

LP

Une personnalité forte et fragile à la fois

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Après avoir foulé les planches des festivals des Ardentes et de Ronquières ainsi que celles du Cirque Royal de Bruxelles, LP se produit pour la quatrième fois, en Belgique, ce samedi 4 mai. Pour la circonstance, en la salle de La Madeleine. Elle est venue présenter son cinquième album, « Heart To Mouth ». Une file de 100 m de long s’est formée à l’entrée de la salle, avant l’ouverture des portes. Le concert est bien sûr, sold out.

LP ce sont les initiales de Laura Pergolizzi, une chanteuse américaine androgyne (NDR : elle est native de l’Etat de New York) qui compte aujourd’hui quatre albums à son actif. Elle a donc choisi cet acronyme comme pseudo. Elle cartonne autant sur la toile que dans les charts. Avant d’embrasser une carrière solo, elle a prêté sa plume, notamment, à Cher, Rihanna, les Backstreet Boys et Christina Aguilera. Tout en empruntant les clichés du rock, de la pop ou de la soul, sa musique n’est pas facile à cerner, même si l’artiste puise ses influences majeures chez Jeff Buckley, Kurt Cobain, Chrissie Hynde, Joni Mitchell, Robert Plant ou encore Jim Morrison.

Powers assure le supporting act, un duo établi à Los Angeles. Fondé en 2014, il réunit le guitariste Mike del Rio et la bassiste Crista Ru. Aussi fusionnel que Rive, il pratique une musique qui mêle funk et électro. Une électro truffée de samples mais aussi de percus. Assez interactive, Crista pratique régulièrement le slap tap. Le duo s’affronte également manche contre manche, reflétant une belle complicité dans le couple. Qui ne va, bien sûr, pas oublier d’interpréter son single, « Georgie », gravé en 2017. Une bonne première partie…   

Particulièrement bien éclairée, la scène est surmontée de deux estrades de couleur blanche, des estrades sous lesquelles des faisceaux lumineux vont se focaliser sur LP. Elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste, également planté sur une estrade à droite. Deux rampes d’escaliers situés de chaque côté du podium sont éclairées de petites leds rouges et blanches. LP descend la rampe d’escalier de droite, alors que, dans la fosse, les spectateurs allument les smartphones qui brillent de mille feux.

« Dreamcatcher » ouvre le bal. Puissante la voix de Laura campe un hybride entre P. J. Harvey et Patti Smith. De teinte noire, sa chevelure est bouclée comme celle de… Bob Dylan juvénile… ou alors d’Alain Souchon. Filiforme, elle a enfilé une veste blanche –veste qu’elle laissera rapidement tomber– sur une chemise ouverte noire et blanche qui laisse entrevoir des inscriptions tatouées sur le haut de son torse.

Lorsqu’elle empoigne une guitare ou un ukulélé, comme pour « When We’re High » et « Girls Go Wild », on dirait qu’elle affronte le public comme une guerrière. Elle le pointe souvent vers le public quand elle ne le braque pas d’un geste inquisiteur. Elle siffle instinctivement lors de certaines chansons. Elle est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, et notamment dans les aigus comme seules de très rares vocalistes sont capables d’y parvenir ; mais également de l’utiliser comme un instrument ou encore d’emprunter un timbre délicat. Elle possède une personnalité forte et fragile à la fois. Interactive, elle est partout sur le podium et dégage une fameuse aura. Elle se sert d’un micro sans fil, mais tient toujours, à sa droite, son pied de microphone, qu’elle ne quittera que très rarement. Elle adresse un signe aux spectateurs qui la suivent depuis longtemps.

Panne électrique pendant qu’elle interprète sa dernière chanson, « Shaken ». Laura improvise alors a capella avec une facilité déconcertante. Toute la troupe quitte ensuite le podium. LP revient vingt minutes plus tard pour accorder un set acoustique, limité à sa voix, ses sifflotements et son ukulélé. Et c’est sous cette forme qu’elle viendra interpréter trois titres lors du rappel, et notamment « Muddy Waters » et « Strange » de nouveau a cappella, avant d’achever la prestation par son hit qui l’a fait connaître, « Lost On You ».

Setlist : « Dreamcatcher », « When We’Re High », « Dreamer », « When I’m Over You », « No Witness », « The Power », « Died For Your Love », « Tightrope », » One Night In The Sun », « Girls Go Wild », « House On Fire », « Shaken ».

Rappel : « Muddy Waters », « Strange », « Lost On You ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Alan Parsons

Hanté par le spectre d’Eric Woolfson…

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Lorsque l’Alan Parsons Project est à l’affiche près de chez vous, il ne faut pas rater l’aubaine, car il se produit rarement en concert. Le show est sold out. D’ailleurs toutes les places sont vendues depuis des lustres. L’APP est venu défendre son ‘Alan Parsons Live Project’. C’est en 1975 qu’Alan a imaginé ce concept, en compagnie d’Eric Woolfson (NDR : il est décédé en 2009). Alan Parsons a entamé son parcours pro comme ingénieur du son (NDR : depuis il est considéré comme un maître dans ce métier ; d’ailleurs, établi aujourd’hui à Santa Barbara, en Californie, il se sert aujourd’hui des dernières technologies, dont le format multipiste 5.1.). Il a participé à la mise en forme d’albums légendaires, comme « Abbey Road » et « Let it be » des Beatles ou encore le « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd. Notamment. A cours de sa carrière, l’APP a vendu plus de 45 millions d’albums et décroché toute une série de hits, dont « Eye In The Sky », « Sirius », « Don’t Answer Me », « Games People Play », « Old and Wise », « Time », « Prime Time », « I Robot » et « Standing on Higher Ground » ; et paradoxalement, tout au long de cette période faste, la formation ne montera jamais sur scène…

A 20h00 pile, les lumières s’éteignent. La scène est divisée dans le fond en 3 estrades. Celle de gauche héberge le drummer, Danny Thompson, la centrale, équipée d’une rampe (NDR : âgé de 70 balais, il éprouve de petites difficultés de mobilité) et de droite, le claviériste Tom Brooks. Le line up est complété par le bassiste Guy Eros, les guitaristes Don Tracey et Jeff Kolmann ainsi que les deux chanteurs PJ Olson, épisodiquement gratteur, et Todd Coper, coiffé d’un stetson, ce dernier se consacrant également au saxophone et aux cymbalettes. Parsons alterne entre claviers et semi-acoustique.

Chaque musicien aura l’occasion de mettre son talent en exergue au cours du show.

Alan reste en retrait, il présente cependant « One Note Symphony », « Miracle » et enfin « As Lights Fall », mais aussi ses musiciens. Il nous parle aussi de sa longue carrière et demande, en français, aux spectateurs d’allumer les smartphones et de les éteindre lorsqu’il baissera le bras ; ce que l’auditoire va accomplir avec enthousiasme. Il se réserve quand même le lead vocal sur « Don't Answer Me », « As Lights Fall », « Prime Time » et lors du final, « Eye In the Sky », moment choisi pour descendre de son estrade et se planter face à la foule. Mais manifestement, sa voix manque d’assurance. Les interventions au micro des deux chanteurs principaux sont à contrario exceptionnelles ; celles de PJ Olson sont magistrales tout au long de « Damned If I Do » et « Don't Let It Show », et de Todd remarquables pendant « Breakdown » et « Limelight ». Pourtant, difficile d’oublier les voix de feu Eric Woolfson ou de Colin Blunstone. Au balcon, la sécurité rencontre quelques difficultés auprès de récalcitrants qui s’asseyent sur les escaliers alors que de bonnes places sont libres, ailleurs.

La setlist va puiser dans l’ensemble du répertoire de l’Alan Parsons Project. Le spectacle rencontre quand même quelques petits problèmes de balances, notamment lorsque le drumming étouffe les interventions des claviers. Pourtant, le préposé aux fûts s’acquitte remarquablement de rythmiques souvent assez complexes, avec précision et fluidité, se distinguant particulièrement sur la caisse claire, dont la sonorité est à couper le souffle. On en oublierait presque les accès frénétiques de guitare dispensés par Jeff Kollman, pour dynamiser une musique fondamentalement prog/rock.

Enfin, invité, Jordan Huffman vient poser sa voix lumineuse sur « I Can't Get There From Here ». Bref un concert qui a ranimé de nombreux souvenirs chez votre serviteur qui regrettait toutefois qu’Eric Woolfson ne soit plus de la partie ; mais son spectre a plané tout au long de la soirée… 

Setlist : « One Note Symphony », « Damned If I Do », « Don't Answer Me », « Time », « Breakdown, The Raven », « I Wouldn't Want to Be Like You », « Miracle », « Psychobabble. », « Luciferama », « Don't Let It Show », « Limelight », « Can't Take It With You », « As Lights Fall », « Standing On Higher Ground », « I Can't Get There From Here », « Prime Time », « Sirius », « Eye In the Sky ».

Rappel : « Old and Wise », « (The System of) Dr. Tarr and Professor Fether », « Games People Play ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi note section photos ici

 

 

Lee Fields

La soul dans toute sa splendeur…

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Lee Fields & The Expressions

Ce mardi soir, veille de la fête du travail, l’Aéronef accueille un vétéran (et précurseur) de la soul. Peu connu du grand public, Elmer ‘Lee’ Fields a quand même une carrière bien remplie. Outre sa ressemblance physique et vocale avec James Brown, le natif de Caroline du Nord a notamment bossé en compagnie de Kool and the Gang et B.B King. Il a également été samplé à de nombreuses reprises par des groupes de hip hop contemporain (NDR : dont A$AP Rocky et Travis Scott). Depuis le début de son parcours, entamé en 1969 (NDR : il n’a alors que 18 printemps), l’Américain n’a jamais cessé d’enregistrer. Il y a une dizaine d’années que les musiciens de The Expressions apportent leur collaboration à Lee Fields. Son dernier opus, « It Rains Love », constitue le cinquième de cette équipe. Dernier survivant de la scène ‘retro-soul’, depuis le décès de Charles Bradley, en 2017, il est devenu le parrain d’une nouvelle génération qui monte et au sein de laquelle Durand Jones and The Indications incarnent la relève. On ne pouvait donc rêver mieux d’assister au concert de Lee Fields and The Expressions en la salle lilloise…

Il est environ 21h lorsque les lumières s’éteignent. La salle est quasiment comble. Sur le podium, bien fringués, les musicos de The Expressions prennent leurs marques. Deux cuivres s’installent à droite, un guitariste et un bassiste de l’autre côté. Le line up implique également un batteur et pianiste. Au bout de quelques notes, Lee Fields entre dans l’arène. Il est vêtu d’une chemise dorée à paillettes. Dès les premières phrases, le public frissonne. L’Américain maîtrise son sujet. Et il peut s’appuyer sur un solide backing group qui manifestement réunit des musicos talentueux, à l’instar du bassiste dont les doigts se promènent littéralement sur son manche. Lee Fieds, malgré ses 69 balais, déborde d’énergie et ne manque pas de sex-appeal. Il arpente l’estrade sur toute sa longueur. Son expérience permet d’enflammer un auditoire qui réagit en se trémoussant, dansant et même en poussant des cris. Et au fil du set, l’ambiance est de plus en plus torride. Ce concert nous replonge plusieurs décennies dans le passé en nous servant toute la panoplie de la soul : une voix sensuelle, des cuivres chauds et du swing. Le tout sur des morceaux traitant de l’amour et la spiritualité sur des rythmes alternant moments langoureux et énergiques. La quasi-totalité de ses deniers morceaux y passent, notamment les excellents « Love Prisoner » et « Blessed with the rest ».

Après une bonne heure et demie, dont un rappel de deux morceaux, Lee Fields & Expressions quittent les planches sous les applaudissements d’un public épuisé mais aux anges. Quelques minutes plus tard, le vétéran de la soul est déjà occupé de signer des autographes. Une véritable star que l’on espère revoir au plus tôt…

(Organisation : Aéronef)

 

Tedeschi Trucks Band

Dans leur trip !

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Englué dans les embouteillages, votre serviteur débarque en retard, à l’Ancienne Belgique, pour assister au concert du Tedeschi Trucks Band. Faudra donc se contenter d’un emplacement au premier balcon. Dès lors si la situation n’est pas problématique pour écouter la musique, elle l’est davantage lorsqu’on souhaite observer les mouvements des artistes…

Le groupe a été fondé à Jacksonville, en 2010, par un couple, réunissant Susan Tedeschi and Derek Trucks. Ce dernier n’est autre que le neveu du batteur et membre fondateur de l’Allman Brothers Band. Agé de 39 ans, il y a d’ailleurs sévi de 1999 à 2014, année de fin de parcours du mythique band géorgien. Au sein de ce nouveau projet, il se consacre à la guitare. Tout comme son épouse, qui se charge des vocaux.

Sur les planches, la paire est soutenue par un collectif de 10 musicos. En l’occurrence, les drummers Tyler Greenwell et JJ Johnson, plantés sur leur estrade, en arrière-scène, le bassiste Brandon Boone (NDR : qui a remplacé Tim Lefebvre) et un préposé aux claviers (Hammond, …), qui semble sortir tout droit du Quartier Français de la Nouvelle Orléans. Sans oublier les trois choristes, dont un possède une voix proche de Joe Cocker, et un trio de cuivres constitué de Kebbi Williams à la trompette, Ephraim Owens à la trompette et Elizabeth Lea au trombone, cette dernière participant également aux chœurs.   

La voix de Susan est à la fois soul et sablée ; puissante, elle évoque même celle de Beth Hart. La setlist va nous réserver de nombreux extraits du dernier elpee du Tedeschi Trucks Band, « Signs », paru en février dernier, mais également cinq reprises de classiques signés Willie Nelson, Bob Dylan, Spooner Oldham, The Box Tops et Matthew Moore.

Oscillant entre blues, rhythm and blues à coloration 70’s, funk et americana, le répertoire est bien chargé de groove, concédant cependant certains morceaux plus langoureux. Bien que techniquement irréprochable, Derek est plutôt discret sur les planches. Son toucher de cordes rappelle qu’il a fréquenté le Berklee College of Music comme John Mayer et Eric Krasno. Il se produit le plus souvent aux côtés du claviériste, parfois quand même, près de son épouse, et se laisse même voler la vedette par ses musicos, qui vont même s’autoriser de nombreux solos. A l’instar de « Sweet Inspiration » de Spooner Oldham, au cours duquel chaque cuivre va y aller de son petit numéro. Le show va aussi permettre aux deux batteurs de mettre leur talent en exergue, démonstration soutenue par les choristes qui vont se muer en percussionnistes. On aura même droit à un moment plus exotique, fruit d’un cocktail entre musique indienne, rock, jazz et gospel, nous replongeant dans l’univers de Beatles sous influence…

Une constante quand même : on a l’impression que les musiciens vivent dans leur trip et ne se soucient guère de l’auditoire, celui-ci respectueux, se montrant pourtant très attentif. 

En rappel, la troupe va attaquer « Space Captain », une composition que Joe Cocker interprétait déjà chez Mad Dogs & Englishmen. La cerise sur le gâteau !

Setlist : « Shame », « High & Mighty », « Do I Look Worried », « Somebody Pick Up My Pieces » (cover Willie Nelson), « Down In The Flood » (cover Bob Dylan), « Don't Know What It Means », « The Letter » (cover The Box Tops), « Sweet Inspiration » (cover Spooner Oldham), « Let Me Get By », « Laugh About It », « When Will I Begin », « Midnight In Harlem », « Part of Me », « I Want More ».

Rappel : « Space Captain » (cover Joe Cocker)

(Organisation : Ancienne Belgique et Gracia Live)

 

Steve Hackett

Taking Belgium by the Sound...

Dans la liste des guitaristes les plus influents de l'histoire du rock, Steven Richard Hackett occupe une place toute particulière. Membre essentiel de Genesis pendant la période emblématique du combo (de 1971 à 1977), ce Londonien s’est forgé un style fluide, éthéré et hyper-mélodique, reconnaissable entre mille. Ce soir, il établit ses quartiers dans le Kursaal, à Ostende, pour présenter un nouveau spectacle solo, articulé autour de l'album culte de son groupe d'origine, « Selling England By The Pound »...

‘C'est le premier concert de la tournée ‘Genesis Revisited 2019’, annonce d'emblée le musicien après le premier titre. Vêtu très simplement de noir et arborant son inséparable écharpe en velours rouge, il est, suivant son habitude, d'un abord très discret, voire timide. On le sait, Steve Hackett ne porte pas de masque de renard ni de costume à motifs fleuris ; ce n'est pas Peter Gabriel ! Toute l'émotion est concentrée sur la musique et la sublime Les Paul dorée, dont il tire des sons cristallins, d'une beauté quasi-mystique.

La première partie du show est en quelque sorte un ‘panaché’, au cours duquel il interprète trois morceaux de son tout nouvel opus, « At The Edge of Light » : « Under the Eye of the Sun », « Peace » et « Fallen Walls and Pedestals » ; mais surtout six pistes de « Spectral Mornings », son chef-d'œuvre, qui fête ses 40 ans cette année. On se délecte ainsi de petites perles comme « Every Day », jouée en lever de rideau, « Tigermoth » en version instrumentale, « The Virgin and The Gypsy », taquiné à la douze cordes, suivies de « Clocks - The Angel of Mons », une évocation de l'ange qui, selon la légende, a protégé l'Armée anglaise lors de la bataille de Mons en 1914 et, enfin, la sublissime plage titulaire, fantomatique à souhait, probablement sa plus belle composition enregistrée en solo.

Fait étonnant, tant son dernier LP que « Spectral Mornings » traitent tous les deux de la vie après la mort. ‘A l'époque, en parler revenait à être traité de hippie’, ironise l'artiste ; ajoutant, ‘Aujourd'hui, la science s'est emparée du sujet et parle de phénomènes quantiques...’ Tiens, tiens, Sir Hackett serait-il également intéressé par les thèmes liés à l'élévation de conscience ?

Après une courte pause, place au plat de résistance du spectacle et ce n'est pas encore l’heure du souper (« Supper's Ready »), mais l'interprétation intégrale de « Selling England By The Pound », l'œuvre mythique de Genesis. Paru en 1973, « Selling... » constitue un des plus grands succès critiques, artistiques et commerciaux (numéro 3 en Angleterre) de la formation de rock progressif. Entre parenthèses : son titre revêt aujourd’hui une résonance particulière, à l'heure du Brexit...

En redécouvrant « Selling... » en live, on est frappé par l'incroyable richesse de cet elpee, tant au niveau des mélodies que dans les harmonies et les textures sonores. Mais, par-dessus tout, cette musique est d'une incroyable puissance. Elle vient, entre autres, de l'intensité du chant de Peter Gabriel, reproduit ce soir à la perfection par l'Américain Nad Sylvan (Agent of Mercy). Ce n'est plus Nicky Beggs, parti rejoindre Steven Wilson, qui se charge de la basse, mais bien le Suédois Ronald Reingold. Rob Townsend (flûte, saxophone et clarinette) et Roger King (claviers) sont, eux, de fidèles acolytes.... de voyage (hum...) pour Steve H. Par contre, pour Craig Blundell, qui milite également au sein du backing group de Steven Wilson, il s’agit d’une première car il vient juste de rejoindre le band afin de remplacer Gary O'Toole. Hackett se fendra d'ailleurs d'une petite remarque admirative pour l'efficacité manifestée par le musicien qui est parvenu à maîtriser le nouveau répertoire en si peu de temps.

Comme il fallait s’y attendre, « Firth of Fifth » constitue un des moments les plus magiques du concert. Un tour de force musical illuminé par un solo d'anthologie à la gratte. Pourtant, alors que déchirante, la mélodie suit son cours, soudain, le Maître oublie une note au passage ; ce qui n'a pas échappé aux oreilles de votre serviteur. Mais il se rattrape bien vite, entraînant le public dans un univers onirique, hallucinant de beauté. Au moment de la célèbre note qui reste perchée sur un long 'sustain', le spectre de Carlos Santana se met à planer. De quoi soutenir la thèse selon laquelle ce dernier a exercé une influence sur le jeune Steve, au début de sa carrière. Mais les guitaristes que Steve a, à son tour, influencés sont légion. Parmi ceux-ci figure Eddie Van Halen, qui a déclaré avoir développé sa technique de 'tapping' sur le manche après avoir vu Hackett en concert avec Genesis.

La partie finale du show nous permettra de découvrir un titre inédit de ce groupe légendaire, « Dejà Vu », une démo qui n'avait pas été retenue pour le tracklisting de « Selling... » mais que Hackett est parvenu à finaliser de nombreuses années plus tard, en 1996 très exactement, après avoir, précise-t-il, reçu ‘la bénédiction de Peter Gabriel’, qui avait composé l'ébauche originale. 

Avant que le rideau ne tombe, le public prend en pleine face « Dance On A Volcano », un brûlot extrait de « A Trick of The Tail ». Quant au rappel, il s'ouvre sur le très rythmé « Myopia », suivi du bien nommé « Los Endos », un instrumental idéal pour servir d’outro au concert... Le point d'orgue idéal pour une prestation en tous points exceptionnelle. No doubt, tonight, Steve Hackett has been 'taking Belgium by the Sound'....

Setlist

Set 1:

Every Day
Under the Eye of the Sun
Fallen Walls and Pedestals
Beasts in Our Time
The Virgin and the Gypsy
Tigermoth
Spectral Mornings
The Red Flower of Tachai Blooms Everywhere
Clocks - The Angel of Mons

Set 2 (Selling England by the Pound):

Dancing With the Moonlit Knight*
I Know What I Like (In Your Wardrobe)*
Firth of Fifth*
More Fool Me*
The Battle of Epping Forest*
After the Ordeal*
The Cinema Show*
Aisle of Plenty*
Déjà vu
Dance on a Volcano*

Encore:

Myopia / Los Endos / Slogans

Organisation: Live Nation

Roméo Elvis

Quand un rêve se réalise…

Écrit par

Ce samedi 20 avril, Roméo Elvis se produit à Forest National. 8 500 personnes sont attendues. Le concert est donc soldout. Hier, il entamait sa tournée au Zénith de Paris. Roméo reconnaît d’ailleurs y avoir été impressionné, mais que, ce soir, il est chez lui à Bruxelles. Il vient de publier son véritable premier album, « Chocolat », il y a 8 jours à peine et il est déjà numéro 1 des ventes en Belgique et 3 dans l’Hexagone. Chouette initiative, le public bénéficie d’une distribution gratuite de chocolat, à l’entrée. 

L’Or du Commun et Lord Gasmique assurent les supporting acts.

Agé de 20 printemps, Stéphane-Antoine Eklou a choisi pour patronyme Lord Gasmique. Il est soutenu par un second Mc’s et un préposé aux manettes, planté derrière une table placée à droite. Pendant 20 minutes, il va parler d’or, inviter l’auditoire à lever les mains en l’air, devant une fosse encore dispersée, mais déjà bien en forme…

L’Or du Commun embraie. Un set plus court, mais dispensé dans le même esprit que celui accordé à l’AB, ce 12 avril (voir compte-rendu ici). Quelques moments forts : « Truman show » et surtout « Homosapiens » qui va encore mettre le feu à l’auditoire ; mais pas de smartphones ouverts pendant « Telephone », pour recréer le fameux tapis d’étoiles…  

Roméo Elvis s’est établi près de Forest et avait un jour imaginé qu’il allait remplir FN. Son rêve s’est donc réalisé.

Un grand rideau jaune masque l’arrière de la scène. Sous les cris, les applaudissements et les infrabasses qui résonnent derrière la tenture qui finit par tomber, Roméo crie ‘Bruxelles ‘. Il est attaché à un harnais, balance les pieds, et atterrit à l’avant du podium. Un immense écran de lumière inonde les planches. Ses musicos sont perchés sur deux estrades lumineuses. Celle de droite héberge le drummer Sammy Wallens et Victor Defoort à aux claviers. Celle de gauche, Lennard Vink (NDR : un Néerlandais) aux claviers et Benoît -Asian Rocky - Do Quang aux machines. Ces trois derniers se consacrent également, suivant les circonstances, aux grattes (basse ou guitare). Deux d’entre eux et Roméo vont même conjuguer leurs six cordes sur « Drôle de question ». 

Le titre maître de son elpee ouvre le show. Elvis nous réserve ensuite un « Dessert » gouteux et savoureux. Chaud-boulette, le public réagit au ¼ de tour. On est loin des petits concerts accordés en compagnie de ses potes de Motel, devant une centaine de personnes, et pour lesquels la setlist était calée dans un ordinateur. De gros moyens ont été mis en œuvre pour rendre ce concert exceptionnel (light show, vidéos, scène mobile rectangulaire manœuvrée par les fils métalliques depuis le plafond, susceptible de se transformer en écran ou rampes de spots). Pendant « Respirer », « Normal » et « Parano », calligraphiés, les titres s’inscrivent un peu partout sur les écrans en arrière-plan. Sur ce dernier morceau, le fils de Marca et de Laurence Bibot vient au bord du podium pour libérer son flow aux paroles poétiques. Le refrain de « Bébé Aime La Drogue » est repris en chœur par la foule. Premier invité, casquette blanche vissée sur le crâne, Zwangere Guy participe à l’interprétation de « Kuniditdoen (« We Zijn Overal »). L’union fait la force, vive la Belgique ! Le setlist recèle de larges extrais de « Chocolat », mais également des classiques issus des Eps « Morale », « Morale 2 » et « Morale Deluxe ». « Pogo » (NDR : une plage chantée en duo avec M, sur disque) provoque inévitablement cette danse virile dans la fosse. Génial ! Roméo se roule au sol, comme s’il se débattait pour échapper à des démons intérieurs. Sa sœur, Angèle, est bien sûr de la fête. Ils apparaissent, tous deux, en haut de la scène mobile. Elle et son frangin se partagent les vocaux sur deux compositions plus paisibles, « J’ai Vu » et « Tout Oublier ». La foule est alors aux anges.

Autre guest, Lomepal vient booster «1000 Degrés ». Et en rappel, « Malade » va littéralement retourner la salle. Pour votre serviteur, c’est le concert de l’année.

Setlist : « Chocolat », « Dessert », « Bébé Aime La Drogue », « Respirer », « Drôle de Question », « Les hommes Ne Pleurent Pas », « Kuniditdoen (« We Zijn Overal ») », « Normal », « Pogo », « J’ai Vu », « Tout Oublier », Lenita », « Dis-Moi », « Parano », « 300 », « 1000 Degrés », « Tu Vas Glisser », « Trois Etoiles », « Ma Tête »

Rappel : « Bruxelles Arrive », « Nappeux », « Malade ».

(Organisation : Back In The Dayz)

L’Or Du Commun

L’Or Du Commun… des mortels…

Écrit par

L’Or du Commun est un trio de hip hop bruxellois dont le deuxième album, « Sapiens », est paru en novembre dernier. Un disque qui fait suite à un Ep 9 titres intitulé « Zeppelin », publié en 2017, sur lequel figure le single « Appolo », une compo boostée par le concours de Roméo Elvis. Actuellement en tournée à travers la France, le groupe se produisait ce vendredi 12 avril, à l’AB de Bruxelles. Sa seule date en Belgique. Composée d’un jeune public multiculturel, la salle est comble ce soir…

Si cette scène noir-jaune-rouge s’est emballée au cours des trois dernières années, il faut reconnaître qu’elle est occupée de se stabiliser. Pas de s’essouffler ! Certains représentants décollent, d’autres restent à quai. Après 6 ans d’existence, le crew a mûri, grandi et pris de l’assurance tout en restant très proche de son public. De la bande rigolarde, bourrée d’énergie boom bap décalée à la Saïan Supa Crew, la formation a conservé la spontanéité, la simplicité, mais en rendant le propos plus personnel.

Le supporting act est assuré par Peet, un pote à Roméo Elvis, Caballero & Jeanjass et Hamza. Il a pour devise : ‘Viens voir le doc-teur et n’ai pas peur !’, en référence aux paroles d’une chanson de Doc Gyneco. Ce jeune artiste bruxellois est un amoureux du rap. Il est à la fois autodidacte, beatmaker, rappeur et ingé son.

Sur l’estrade, il est accompagné de deux Mc’s, dont un se charge des platines.  Il va nous proposer de larges extraits de son Ep (NDR : un 8 titres baptisé « Peat »). Extrêmement interactif, il invite un jeune vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Ronaldo, à monter sur le podium. Il parle avec décontraction et sans prise de tête sans autre but précis que de parler de la vie quotidienne, de la réflexion sur le monde et des soirées entre amis. Il est aussi bien influencé par le rap anglo-saxon qu’hexagonal, mais aussi par le jazz et la house.  

Bref, Peet a assuré son rôle de chauffeur de salle en parvenant à faire sauter en cadence, l’ensemble de l’auditoire.

L’Or du Commun implique trois Mc’s : Swing, Primero et Loxley, ainsi que le Dj Junior Goodfellaz. Ce soir, le band est épaulé par un second préposé aux manettes.

C’est sous une vague d’applaudissements que ODC déboule sur les planches au sein d’une atmosphère qui baigne dans les teintes bleutées. Et dès le premier morceau, « Antilope », c’est le coup de massue. Une compo qui se réfère à Jean D’Ormesson, à travers sa citation, ‘Ne meurent que ceux qui ont vécu’. Lent mais constant au début, le flow est alors stimulé par le public qui reprend les paroles en chœur. Un public particulièrement réactif. Faut dire que les artistes on la niaque et mouillent littéralement leur chemise. A la manière de Big Flo et Oli, ils déménagent sur les planches. Les vibes sont excellentes. « Léon » et « Prison vide » abordent la dure réalité de l’existence. On sent qu’il y a du vécu dans les lyrics. A la demande des musicos, la foule se lance dans un « Pogo ». Le set va nous réserver quelques surprises, sous la forme d’invités. Tout d’abord Lous, mais sans ses Yakuza. Plutôt jolie, de grande taille et mince, elle est vêtue tout de blanc. Mais lorsqu’elle chante sur « Rose », sa voix puissante prend vraiment aux tripes. Un impact renforcé par la présence d’une guitare. Résultat des courses, c’est la folie tant sur le podium que dans la fosse et aux balcons. Tout le monde est debout ! Les ‘Yé’ et les ‘Yo’ fusent de partout. Isha, ensuite. Pour « Nos Gênes », qui va également mettre le souk dans la salle. Et enfin Felle, qui va également soulever l’enthousiasme de l’auditoire tout au long de « Poignée de punchline ». 

Pendant « Téléphone », un des Mc’s demande également aux spectateurs, d’une voix vocodée, d’allumer leurs portables. La réaction est immédiate et on assiste à l’éclosion d’un tapis d’étoiles. Magique ! ODC est ravi d’être là et va le signaler à plusieurs reprises. « Sous les Pavés » a été écrit en hommage à leur ville d’origine. C’est dans une euphorie générale que les paroles du refrain sont reprises en chœur par le public. « Homosapiens » est sans doute la plus belle chanson écrite à ce jour par ODC. A cause de sa prose, mais aussi de sa charge émotionnelle.

Bref un concert au cours duquel peuple et artistes sont véritablement entrés en communion. Et si vous souhaitez vivre ou revivre ce concert, on vous invite à cliquer ici.

https://youtu.be/YDEJqgCzHoQ

Setlist : « Antilope », « Léon », « Prison Vide », « 1000 », « Slalom », « Rose », « Pogo », « Cercle », « Nos Gênes », « Téléphone », » Sous les Pavés », « Homosapiens », « Truman Show », « Poignée de Punchline », « Sunglasses De Style », « Vrai », « Apollo ».

Rappel : « Sur Ma Vie »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Giorgio Moroder

Bientôt 80 berges et toujours plongé dans les 80’s…

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Agé de 79 balais, Giorgio Moroder est souvent considéré comme un des pionniers du disco, de la dance music et de l’électro. Il a entamé sa carrière en 1960, comme bassiste, au sein du backing group de Johnny Hallyday. Son premier hit, « Looky looky », remonte à 1970. Il a collaboré avec de nombreux artistes, parmi lesquels Donna Summer, Cher, Blondie, David Bowie, Debbie Harry, Freddie Mercury, Bonnie Tyler ou encore Pat Benatar sont les plus notoires. Outre ces coopérations et sa discographie personnelle, il a également composé plusieurs B.O. de longs métrages, dont celles de ‘Midnight Express’ et ‘Scarface’ qui d’ailleurs ont été oscarisées.

Moroder est l’une des personnalités les plus influentes de l’industrie musicale. Il est le premier à avoir introduit un rythme répétitif dans la musique de danse, se jouant des lois de l’harmonie et plaçant le synthétiseur au cœur de sa démarche. C’était déjà en 1963.

Ce soir, il se produit à l’Ancienne Belgique devant un public réunissant essentiellement des quadras, quinquas et sexas. Il est venu défendre une sorte de ‘Best Of’ de sa carrière, longue de 55 ans. Intitulé « A Celebration Of The 80’s », ce spectacle théâtral, visuel et musical se consacre aux moments les plus marquants de son parcours.

Sur les planches, il est soutenu par 13 musicos ; et c’est lui qui va jouer le chef d’orchestre et le chauffeur de salle. Une toile est tendue en arrière-plan sur laquelle est mentionné, en lettres bleues, ‘Giorgio Moroder’ (NDR : une inscription sans doute destinée à celles et ceux qui ne le savaient pas encore !). Il s’installe derrière une immense table posée en avant-scène sur laquelle reposent, au centre, des claviers. Face à son pupitre, des images vidéo seront projetées sur l’écran géant. Parfois aveuglant, le light show, composé de spots à leds et de stroboscopes, est parfaitement synchronisé à l’expression sonore.

Les musiciens sont perchés sur des estrades disposées à des hauteurs différentes : un drummer et un percussionniste à gauche, un préposé aux synthés au centre, un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle) à droite, et en bas à gauche, un guitariste et un bassiste qui doublent également aux synthés. Sans oublier trois vocalistes féminines et un masculin qui vont se relayer ; ce dernier pour deux morceaux, le reste du temps, se fondant dans les chœurs. 

Le set s’ouvre par le « (Theme From) Midnight Express » d’Alan Parker. Souriant, rayonnant même, Moroder demande à la foule –en anglais, français, allemand et italien– si tout va bien et si elle est contente d’être là ce soir. Ponctuant sa déclaration d’un grand rire. L’effigie de l’artiste –chevelure, moustache et grosses lunettes qu’il a, bien évidemment, chaussées sur son nez– est maintenant projetée sur la toile. Il accompagne le public en frappant dans les mains. Place ensuite à une version plus funky du hit de Donna Summer, « Love To Love You Baby ». Sept titres de The Queen of Disco seront adaptés au cours du show. Il n’en n’oubliera pas pour autant son vieux tube « Looky Looky », l’un ou l’autre soundtrack de film (‘Flashdance’, ‘Berlin’, ‘Top Gun’), ainsi que sa cover de Daft Punk, « Giorgio by Moroder », morceau qui lui avait permis de renouer avec le succès en 2013. Mais l’essentiel de son répertoire se focalisera sur les 80’s. En fin de set, il chante « Cat people », en compagnie de David Bowie ressuscité en hologramme. Et « Last Dance », suivant la même technique, de Donna Summer.

Georgio Moroder va nous accorder deux rappels, non prévus dans la setlist, ponctuant ainsi un set de 120 minutes. La boule à facettes au plafond a ranimé le souvenir de la jeunesse de votre serviteur, et il en avait des étoiles plein les yeux…    

Setlist : « (Theme From) Midnight Express »,  « Love To Love You Baby » (cover Donna Summer), « The Never Ending Story » (cover Limahl), « Bad Girls » (cover Donna Summer), « On the Radio » (cover Donna Summer), « Chase », « Together in Electric Dreams » (cover Philip Oakey & Giorgio Moroder), « From Here To Eternity », « Flashdance... What a Feeling » (cover Irene Cara), « Giorgio by Moroder » (cover Daft Punk), « Take My Breath Away » (cover Berlin), « Danger Zone », « Right Here, Right Now », « I Feel Love » (cover Donna Summer), « Cat People », « MacArthur Park » (cover Jimmy Webb), « Last Dance » (cover Donna Summer).

Rappel 1 : « Hot Stuff » (cover Donna Summer).

Rappel 2 : « Call Me » (cover Blondie)

(Organisation : Greenhouse Talent)

Julia Jacklin

Sans voix, il n’y a pas d’écho (Bélaïd Saïdji)

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Julia Jacklin est chanteuse et compositrice. Une Australienne responsable de deux albums à ce jour. Le premier, « Don’t Let The Kids Win », remonte à octobre 2016. Deux années de tournées intenses et une déception sentimentale plus loin, elle enregistre son second, « Crushing », un elpee paru en février dernier. Elle s’était déjà produite à deux reprises, au Club, en première partie de Whitney. Elle pratique une forme d’alt country teintée de dream pop et reconnaît, pour influences majeures, Billy Bragg, Björk, Doris Day, The Andrews Sisters et Leonard Cohen.

Il y a déjà pas mal de peuple dans le club, lorsqu’Olivia Bartley, alias Olympia, débarque. Elle assure le supporting act. Blonde, plutôt jolie, cette Australienne (NDR : elle est originaire de Melbourne) chante d’une voix fragile et atmosphérique en s’accompagnant à la gratte électrique. Interactive, elle possède un humour décapant. Elle entame son set par « Biscuits » (NDR : pas aux ivoires, comme sur disque, mais à la guitare). Son toucher de cordes est empreint de délicatesse et évoque celui d’Annie Clark, aka St Vincent. « Somewhere To Disappear » monte graduellement en puissance. Tant la voix que ses cordes, à la fois métalliques et nerveuses. Sa setlist est puisée au sein de ses long playings « Resurrection » et « Self Talk », dont « Smoke Signals », un morceau à la mélodie contagieuse. Pas de trace de « Honey » cependant, mais en 30’, l’artiste est quand même parvenue à afficher de nombreuses facettes de son talent. Franchement, c’est une excellente surprise !  

Setlist : « Biscuits », « Somewhere To Disappear », « Smoke Signals », « Atlantis », « Nervous Riders », « Shoot To Forget », « Star City ».

Place ensuite à Julia Jacklin, la tête d’affiche. Soutenue par un backing group, impliquant un drummer, un bassiste ainsi que deux guitaristes, l’un masculin et l’autre féminine, cette dernière doublant aux claviers et aux chœurs, elle se réserve le micro et la gratte. Dès qu’elle a grimpé sur les planches, elle signale être enrhumée et rencontrer un petit problème de voix. Pour tenter de la sauver, son gratteur lui file son verre de whisky. Lorsque les trois sixcordistes conjuguent leurs instruments, l’intensité est alors à son apogée. Malheureusement, la voix de Julia manque cruellement de relief, et empêche le concert de véritablement décoller. Dommage ! A revoir en pleine possession de ses moyens…

Une petite déception largement compensée par le récital d’Olympia…

Setlist : « Body », « Eastwick », « Leadlight », « Motherland », « Don't Know How To Keep Loving You », « Good Guy », « When The Family Flies In », « Don't Let The Kids Win », « You Were Right », « Turn Me Down », « Pool Party », « Head Alone », « Pressure to Party ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Idles

Une claque dont il faudra bien des concerts pour se remettre…

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Véritable révélation outre-Manche, Idles est également parvenu à percer sur le Vieux Continent. La preuve ? Plus aucune place n’était disponible pour assister à son concert programmé en Belgique ; en l’occurrence à Anvers. Souhaitant résolument découvrir la puissance du band de Bristol en ‘live’, il ne restait plus qu’à chercher des tickets disponibles, pour une autre date de la tournée. La Cartonnerie à Reims n’est pas encore sold out pour ce show. Votre serviteur décide donc de rejoindre la ‘Cité des sacres’ pour y assister. Le parcours est long avant d’arriver à destination. Aussi, quand on débarque dans la salle, le set de Life est déjà terminé. Dommage mais l’essentiel est préservé. On est bien à l’heure pour assister à la prestation de la tête d’affiche.

Grâce à Idles, le punk est de retour. Les cinq musicos sont issus d’une ville ouvrière, sise dans le Sud de l’Angleterre. Leurs textes sont engagés. Outre leur combat contre le racisme et le machisme, les Britanniques mettent l’amour au centre de leurs préoccupations. Et leur message, véhiculé par la voix presque fausse mais tellement énergique de Joe Talbot, se fraie un chemin au milieu de guitares et de percussions déchaînées.

La formation s’est forgée une solide réputation en ‘live’ et on comprend vite pourquoi. Sur les planches, aucun répit n’est accordé. Les morceaux issus de ses deux elpees défilent alors que la foule devient rapidement incontrôlable. L’auditoire est composé de connaisseurs, c’est sûr. Les refrains les plus accrocheurs sont repris en chœur par les spectateurs, comme tout au long de « Dany Nedelko », premier sommet du concert. Pendant 1h30, le band va plonger la foule dans une ambiance propice à la danse nerveuse et virile. Le set va cependant nous réserver son lot de surprise, à l’instar de « Queens », un extrait d’un ancien Ep ou encore une version complètement improbable du « All I Want For Christmas i You » de Mariah Carey… A la sauce punk évidemment !

La prestation s’achève par « Rottweiler », le dernier morceau du second opus du combo, gravé en 2018. Une sortie qui, vous vous en doutez, ne se fait pas sans dégâts. La compo parfaite chanson pour clore un show.

Fort d’une communauté passionnée, Idles remet le punk au goût du jour. Jusqu’à être nominé au prestigieux British Awards ! De nombreux groupes (Shame, Fontaine DC, Heavy Lungs) profitent d’ailleurs de l’impulsion provoquée par les gars de Bristol. La prestation confirme en tout cas que ce genre musical est un des plus adaptés au live. Et qu’Idles est sans doute le meilleur dans le genre actuellement. Une claque dont il faudra bien des concerts pour se remettre.

(Organisation : La Cartonnerie)

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