Lylac rencontre les esprits de la nature…

Telle une allégorie d’un paradis perdu, le nouveau single de Lylac, “The spirits of the wild”, évoque son fantasme ‘Eastwoodien’ des grands espaces sauvages et inexplorés. Fleuretant avec l’idée de la recherche du mythe ultime cher aux artistes californiens…

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Le 7ème art soviétique inspire Bodega…

Le nouveau long playing de Bodega "Our brand could be yr life" paraîtra ce 12 avril 2024. En fait, il s’agit d’un ‘remake’ de l'unique LP de Bodega Bay, l'ancien groupe de Ben et Nikki, un disque auto-édité de 33 titres qui remonte à 2015. Sur cette nouvelle…

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Crystal Fighters

Tropical !

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Crystal Fighters est une formation anglo-basque dont la musique résulte d’un mélange d’influences culturelles, musicales et stylistiques. Fruit d’un cocktail entre folk, électro, punk, techno, dubstep, world, hip hop et pop espagnole, elle se singularise par le recours à des instruments traditionnels, comme le txalaparta, le danbolin et le txistu, mais se veut d’abord festive. La formation est venue défendre son quatrième elpee, « Gaia And Friends », paru le 1er mars dernier. Et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Low Island, un groupe issu d’Oxford, cité universitaire qui a donné naissance à des band devenus notoires comme Radiohead, Swervedriver, Foals, Stornoway ou encore Glass Animals. Il implique deux Djs/producteurs, Carlos Posada (chant, guitare, claviers) et Jamie Jay (chant, guitare, claviers), ainsi que Jacob Lively (basse) et Felix Higginbottom (batterie, percussions). Elaborée, l’électro/pop de ce quatuor se singularise par la voix éthérée des vocalistes, ainsi que par le drumming jazzyfiant de Higginbottom. Le combo va nous réserver de larges extraits de son dernier opus, « Low Island And Friends 17-18 », gravé en octobre dernier. Un set fort intéressant pour un quatuor à suivre –suivant la formule consacrée– de très près… (voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « We Drift Apart », « Stop Start », « I Do It For You », « Holding It Town », « Search Box », « In Person ».

Le line up de Crystal Fighters implique le chanteur/guitariste Sebastian Pringle, les gratteurs/percussionnistes Gilbert Vierich et Graham Dickson ainsi que les chanteuses Eleanor Fletcher (Ellie) et Tobi Gems (NDR : apparemment, elle remplace Nila Raja), une black remuante, assez sexy, dont la voix est susceptible de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves, avec une facilité déconcertante. Le drummer est perché sur une estrade assez haute, juste devant deux énormes balafons maliens, placés en miroir, dont tous les musicos, multi-instrumentistes, vont se servir, à tour de rôle.

Un light show de couleur blanche et bleue inonde le podium et la fosse, lorsque les musiciens, tous habillés de blanc, grimpent sur les planches, sur lesquelles une belle plante verte a été posée entre deux haut-parleurs. 

Le set s’ouvre par le frénétique « I Love London ». Dès les premières sonorités du txalaparta, ce fameux instrument basque si cher à la formation, l’ambiance contamine tous les étages de la salle. Elle va d’ailleurs croître graduellement au fil du set pour rapidement devenir tropicale. Le band embraie par le nerveux et désormais classique « Follow », un morceau très électro et au titre judicieusement choisi. Les compos vont rarement au-delà des 2 minutes. Et partout, la foule danse. Rarement vu une telle atmosphère à l’AB ! Sebastian Pringle et Gilbert Vierich occupent totalement l’espace scénique. Les deux chanteuses se déhanchent sensuellement. Et la jam de percus à laquelle participe l’ensemble du combo fait encore grimper la température de quelques degrés. Caractérisé par leurs mélodies ultra-accrocheuses, « Gaia & Friends », « The Get Down » et « Wild Ones » passent comme des fusées supersoniques. Acoustique et plus paisible, « Boomin’ In Your Jeep » permet aux musicos et à l’auditoire de reprendre leur souffle. Avant le calme, place alors à la tempête tropicale qui va se prolonger lors d’un rappel de trois morceaux. Bonne humeur communicative, énergie, intensité, rythmes exotiques, instrumentation insolite et beats bien percutants, tout était réuni pour passer une soirée inoubliable. Honnêtement, pour votre serviteur, il s’agit d’un des meilleurs concerts auxquels il a assisté, depuis le début 2019… (voir aussi notre section photos )

Setlist : « Intro », « I Love London », « Follow », « La Calling », « Yellow Sun », « Love Is All I Got », « Boomin’ In Your Jeep », « Circuit Of Life », « Percussion Jam », » Wild Ones », » I Do This Everyday », «  All My Love », « Runnin’ », « All Night, Champion Sound », « Love Natural « , « The Get Down », « Bridge Of Bones », « Xtatic Truth », « You And I ».

Rappel : « Everything Is My Falily », « At Home », « Plage ».      

(Organisation :  Live Nation)

 

 

 

The Young Gods

La voie de la sagesse passe aussi par l’expérimentation…

Écrit par

Après 8 longues années d’absence, les Young Gods viennent de publier leur 12ème elpee, un disque qui signe le retour du préposé aux samplers et aux machines, Cesare Pizzi, membre fondateur du trio. Mis en forme par Alan Moulder (Depeche Mode, Nine Inch Nails, Foals, Arctic Monkeys, Placebo, U2, …), il replonge dans l’expérimentation, mais une expérimentation tour à tour sonique, ambient ou psychédélique. La salle est comble (NDR : elle recense une majorité de quinquas) lorsque le trio helvète grimpe sur les planches. Compte-rendu.

La première partie du show va se focaliser sur « Data Mirage Tangram », le dernier opus du band. Et il s’ouvre par « Entre en matière » (NDR : titre judicieux…), une compo atmosphérique, truffée de bruitages qui va monter en crescendo. Et bonne nouvelle Franz Treichler se consacre à la guitare. Qui libère des sonorités floydiennes tout au long du plus enlevé « Figure sans nom ». Pendant le plus techno, « Tear up the red sky », les lumières rouges envahissent la scène, lorsque Franz prononce ces mots. Et puis, « All my skin standing » va nous asséner la première claque de la soirée. Un morceau envoûtant, hypnotique, tribal, déchiré par les interventions de Franz à la six cordes, des interventions réminiscentes de celles dispensées par Erik Brann sur le fameux « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly. Mais c’est la densité du drumming de Bernard Trontin qui impressionne le plus. Et pourtant, il frappe ses fûts avec une facilité déconcertante. Il rappelle même un certain Christian Vander (Magma) lorsqu’il doit déstructurer ses mouvements. A l’instar du blues « Moon above ». Et lorsque Treichler souffle dans son harmonica, on ne peut s’empêcher de penser à une BO de western spaghetti (Ennio Morricone ou Sergio Leone, au choix !) C’est aussi le moment choisi par le leader, pour quitter sa gratte. Cesare entretient des infrabasses tout au long du tribal « About time », dans un registre particulièrement techno, au cours duquel Franz se met à danser. Place ensuite aux titres les plus notoires du répertoire…

Mais avant tout, Treichler remercie ses fidèles aficionados qui le suivent depuis si longtemps. « Envoyé » adopte le rythme du chemin de fer (NDR : Bernard y est une nouvelle fois étincelant), alors que Franz dirige son pied de micro, au bas duquel est accroché un projecteur, vers la foule en clamant ‘Et le gagnant est’ ou alors en anglais, ‘And the winner is’, un titre émaillé de nombreuses explosions électriques. Treichler reprend sa gratte pour « You gave me a name », un morceau psychédélique, atmosphérique, aux percus plus africaines, qu’entretient Pizzi, Bernard achevant le morceau debout, en se concentrant sur ses cymbales à l’aide de mailloches. C’est aussi le dernier morceau du set. Bras dessous, bras-dessus, le trio salue longuement la foule en la remerciant.

Mais il revient pour un premier rappel, au cours duquel « Kissing the sun » va déclencher un beau petit pogo, puis le blues « Gasoline man » et enfin l’inévitable « Skinflowers », dynamisé par ses jaillissements électriques produits par les samples, alors que Franz a de nouveau empoigné son pied de micro pour haranguer l’auditoire, en l’aveuglant du faisceau de lumière…

On aura même droit à un second rappel, mais d’un seul titre. En l’occurrence « Everythem », extrait du dernier elpee. Un morceau mid tempo, atmosphérique, subrepticement dub, au cours duquel les sonorités vaporeuses et frémissantes de la guitare, évoquent le toucher de cordes d’un certain Connan Mockasin.

Ovation dans la foule, vraiment heureuse d’avoir retrouvé les Young Gods en aussi bonne forme, assagis, sans doute, mais toujours aussi branchés sur l’expérimentation. Et le trio de resaluer longuement la foule, la main sur le cœur, avant de tirer sa révérence… (pour les photos, c’est ici)

C’est aMute, aka Jérôme Deuson, qui assurait la première partie. Habile touche-à-tout, il jongle constamment entre les différents instruments, multipliant les boucles, organiques (guitare, percussions, etc.) ou électroniques (pupitre, loops, etc.) Mais si sa musique est particulièrement expérimentale, elle souffre d’une carence en mélodie. Même sa voix se limite à des chuchotements. Dommage… (pour les photos, c’est )

Setlist The Young Gods

Entre En Matière, Figure Sans Nom, Tear Up the Red Sky, All My Skin Standing, Moon Above, About Time, Envoyé, You Gave Me a Name

Encore 1:

Kissing the Sun, Gasoline Man, Skinflowers

Encore 2:

Everythem

(Organisation : Botanique) 

 

Balthazar

La fièvre du dimanche soir…

Balthazar a donc eu la bonne idée de s’arrêter à l’Aéronef de Lille, au cœur d'une tournée impressionnante. Responsable d’une pop alternative, inventive, lumineuse et nonchalante, boostée par une énergie brute, ce groupe belge s'est forgé une sacrée renommée internationale, grâce à ses trois premiers elpees.

Des bus entiers, au sein desquels on ne cause que la langue de Clouseau, ont transporté des centaines d’aficionados impatients d’assister au concert de leur band préféré. Faut dire que ce ‘Fever Tour’ ne s'arrête qu’à trois reprises en Belgique, et qu’il n’était pas aisé de se procurer les sésames.

Balthazar est venu défendre son quatrième opus, « Fever ». Depuis ses débuts, il a bien évolué et surtout pris de la bouteille. En outre, Martin Devolder et J. Bernhardt, les deux têtes pensantes du combo, se sont affirmées en acquérant une belle expérience née de leurs projets personnels, avant de mieux se retrouver.

Le départ de la violoniste Patricia Vanneste nous prive cependant d'une grande artiste et d’une représentation féminine au sein du line up ; mais qu'à cela ne tienne, les cinq gentlemen qui le composent aujourd’hui, ont vraiment tout pour convaincre.

L'Aéronef est donc comble pour accueillir le band coutraisien. Il règne cependant, dans la salle, une ambiance un peu smooth, en cette fin d'après-midi. L’assemblée dominicale a donc besoin d’être secouée...

Ces artistes sont séduisants. Pas étonnant, d’ailleurs que le public féminin se soit déplacé en masse. Faut dire que les musicos affichent un charme fou pour faire la java dans leurs petits pas chaloupés et roulements d'épaules.

Au cours des deux heures de ‘live’, le groupe va, bien évidemment, nous réserver les meilleurs morceaux issus de ses précédents long playings, parmi lesquels il n'y a pas grand-chose à jeter ; mais bien sûr, nous proposer des titres récents, issus de « Fever ». Ces morceaux-là, plus ‘groovy sexy’ se démarquent des trois elpees précédents. Le registre est davantage aigu et suave, mais surtout se nourrit d'électricité séductrice… Si, si !

Les titres s’enchaînent à une bonne cadence : des slows langoureux à danser en duo, empreints d’un chouia de mélancolie, aux refrains chantés en chœur par les cinq musicos, comme une bande d'amis qui passe la soirée ensemble, on frôle l'universel. Des interventions de cuivres (trombone et trompette) communiquent de la chaleur et de la rondeur à certains morceaux... Le tromboniste se prenant même pour la meute à lui tout seul.

Devant un décor ‘couleurs du moment’ (corail/jaune moutarde/bleu diva) les cinq dandys nous ont présenté un show bien chorégraphié et cadencé, mais également plein de classe et de sincérité.

Le public resté fidèle depuis ses débuts, le lui a bien rendu en ponctuant les refrains de ‘hou, hou’, en toute autonomie !

Parmi les moments les plus fusionnels, on épinglera « Blood like wine » (tous la chopine en l'air) et, sans grande surprise le nouveau tube "Fever", une composition d'une efficacité remarquable ; sans oublier le morceau tout joyeux issu du dernier opus, "Entertainement", parcouru d’autres ‘hou, hou’, mais ‘rollingstoniens’…

Grâce à ce concert pêchu, sexy et contagieux, Balthazar nous a transmis sa fièvre… du dimanche soir… (voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : A Gauche de La Lune)

No One Is Innocent

Même pas eu le temps de souffler…

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En arrivant à destination, on constate que le ‘tour bus’ de No One Is Innocent occupe une bonne partie du parking réservé au Zik Zak. Doit y avoir un sacré matos ! Le band se produisait la veille au Reflektor de Liège, et apparemment y a mis le souk… 

Fondé en 1994, N.O.I.I. a publié son neuvième elpee, « Frankenstein », en février 2018. Fruit d'un cocktail entre punk, garage, metal et rock, sa musique est explosive. Ses coups de gueule virulents et ses revendications politiques humanistes véhiculés dans les lyrics déclinés dans la langue de Voltaire, reflètent un engagement jamais pris en défaut. Son patronyme ? C’est le titre d’un single des Sex Pistols ! Pas étonnant que le groupe cherche constamment à casser les codes traditionnels. Lors de leurs derniers concerts, ils ont même invité des survivants de Charlie Hebdo. Enfin, le band tourne régulièrement en compagnie de Tagada Jones, le Bal des Enragés ou Ultra Vomit, des formations qui partagent les mêmes convictions...

Le supporting act est assuré par une formation habituée des lieux : Z Band. Un quatuor réunissant Matt (Matthieu Van Dyck) au chant, Jay (Jerry Delmotte) à la batterie, Dweez (Morgan Twizir) à la guitare et Mich Michel Vrijdag à la basse. Le quatuor puise au sein de ses deux elpees, « No Loose Behavior », paru en mars 2018 et « Apocaliquids » en novembre 2018, pour forger sa setlist, des opus favorablement reçus par la critique. 

Tel le justicier qui pointe de la pointe de son épée le ‘Z’ de Zorro, le band assure souvent les premières parties au Zik Zak, un peu comme s’il servait de rampe de lancement idéale pour les têtes d’affiche. Et ce sera encore le cas ce soir. Les musicos mouillent leur chemise, à l’instar de Matt qui déambule parfois dans la fosse, alors qu’elle commence seulement à se remplir. Musicalement, le band semble surtout s’inspirer de Soundgarden, Rage Against The Machine et System Of A Down, mais probablement aussi de Red Hot Chili Peppers. Bref, back to the 90’s…

Setlist : « Into The Wild », « Always Running », « I Got A Mission », « Stretching My Mind », « YYYY’I D », « Diamonds In The Rough », « El Fush », « Right Here Richt Now », « Sweet Fruit », « Jezebel », « Mozzarella ».

Il est presque 22h00 lorsque No One Is Innocent débarque. Le line up réunit Kemar au chant, Thunder B à la basse, Popy aux drums ainsi que Shanka et Gaël aux guitares. De nombreux fans se sont agglutinés aux premiers rangs. Il est donc impossible de s’approcher du podium, Dès le premier morceau, « A La Gloire Du Marché », on est rassuré, le groupe est en forme. Et puis, les musicos ont de la bouteille et maitrisent parfaitement leurs instruments. Sa musique libère une fameuse dose de violence, une violence qui est portant dénoncée dans les textes des compos, fustigeant tout aussi bien le colonialisme que la guerre. Tout en n’oubliant pas d’incendier l’extrême-droite hexagonale, surtout quand Kemar balance que ‘La jeunesse emmerde le Front National. Le gratteur rythmique possède une excellente technique. Kemar crie son amour pour la foule et le démontre en se jetant dans la fosse pour se laisser porter à bout de bras. Mais les deux sixcordistes ne laissent pas Kemar monopoliser tout l’espace scénique. Ils s’autorisent d’ailleurs chacun leurs solos. Le public est survolté et la température dans l’auditoire grimpe par pallier. Kemar clame ‘Venez- vous prosterner’, alors que les quatre autres membres sont rassemblés autour de lui et du drummer. La formation avale les kilomètres sur les planches tentant de battre le record du monde du saut de kangourou.

Les morceaux défilent à plus de 100 à l’heure dont « Nomenklatura », qui s’achève par une série de ‘ya basta’, déclamés par un Kemar, d’une voix toujours à la limite de rupture. Et pas la moindre pause, puisque « Les revenants » n’est pas même prévu dans la setlist. A l’issue d’un étonnant mais bref solo, Shanka s’amuse à chanter dans le microphone de sa gratte. Pendant « Charlie », interprété en hommage aux disparus de Charlie Hebdo, la foule reprend les paroles en chœur. Une foule qui en demande et en redemande. Mais la prestation s’achève par un « What The Fuck » de circonstance…

Setlist : « À La Gloire du Marché », « Silencio », « Kids Are On The Run », « Ali », « Nomenklatura », « Djihad Propaganda », « La peau », « Solo Shanka », « Bullet », « Liar », « 20 ans », « Chile », « Frankenstein », « Charlie », « What The Fuck ».

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Charlie Winston

Après un Weekend Hobo fixe…

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Préalablement programmé ce 4 décembre 2018, le concert de Charlie Winston a donc été reporté ce jeudi 21 mars. Pas de chance, c’est le soir de la rencontre de football Belgique-Russie ; et le Cirque Royal est loin d’être comble. Charlie est venu défendre son dernier elpee, « Square 1 », paru le 29 septembre de l’an dernier. Un opus où figure le single « The Weekend », une chanson ludique et estivale qui raconte comment, le week-end, nous devenons d’autres versions de nous-mêmes, mais également une œuvre au cours de laquelle il revient sur ses thèmes engagés de prédilection, comme celui des réfugiés politiques…

Le supporting act est assuré par un de ses potes, David Zincke. Un Britannique (NDR : il est issu de Doncaster, une petite ville sise au Nord de l’Angleterre) établi à Nice. Et c’est Charlie qui vient le présenter à 19h20, devant un auditoire quasi-vide. Un mec sympa, cool, qui chante en s’accompagnant à la semi-acoustique et aux percus électroniques. Il a gravé son premier elpee, « Soul and bones », en juin de l’an dernier. Un disque mis en forme par Medhi, un musicien qui bosse également en compagnie de Winston.

ll entame son set par « Bright New Day ». Il y étale déjà sa dextérité sur ses cordes, un titre enlevé et nerveux qui baigne au sein d’un univers proche de Mumford And Sons. Lorsqu’il frappe ses percussions du pied gauche, l’ambiance monte d’un cran. D’autant plus qu’il est plutôt interactif ; et comme le public est aussi attentif que réactif…

Pas de ukulélé pour « Settle Down », mais la version demeure de toute bonne facture. Zincke chante d’une voix atmosphérique et chargée de feeling des textes à la poésie élégante. Délicat et précis, son toucher de gratte en picking est épatant tout au long de « Unfinished Mountain Song ». Il adapte parfaitement « The Boxer » de Simon Garfunkel, une chanson pour laquelle il sollicite le concours de la foule afin de reprendre le refrain. En cours d’interprétation, il lève le doigt et lance un ‘Yes’, pour marquer sa satisfaction, vu la participation de l’auditoire. Et après « Last Dance », une compo qu’il a d’ailleurs traduite en clip vidéo, tourné dans les rues du Vieux Nice (à voir et écouter ici), il clôt son récital par « On My ». Une chouette découverte !

Setlist : « Bright New Day », « Settle Down », « Unfinished Mountain Song », « The Boxer (Simon Garfunkel) », « Last Dance », « Oh My »

Tout au long de « Another Trigger », morceau d’ouverture, la silhouette de Charlie Winston se dessine derrière un paravent blanc inondé de lumière. Il fait le pitre quand il n’exécute pas une chorégraphie assez pointue et termine même ce morceau en pratiquant du ‘human box’. Et lorsqu’il quitte cette protection, il apparaît tiré à 4 épingles, le chapeau mou vissé sur le crâne, comme d’habitude. Il est soutenu par un drummer, perché sur une estrade, et un préposé aux synthés, dont il s’agit de la deuxième participation. Malheureusement, Mehdi n’est pas de la partie. Dommage ! Winston empoigne sa gratte semi-acoustique, qu’il ne lâchera que rarement (NDR : parfois pour une basse ou pour s’installer derrières les ivoires), alors que des roadies débarrassent le paravent pendant que les musicos nous réservent une musique assez rythmée, trempée dans le dub step et l’électro. Charlie est déjà chaleureusement applaudi. Il balance alors ‘Bruxelles, vous êtes là ?’.

« Kick The Bucket » opère un retour dans le passé. Le public est déjà debout ! Le dandy hobo lui demande de l’aide pour le refrain.

Charlie présente les compos de son dernier elpee. En français et en anglais. Des chansons qui s’inspirent d’anecdotes personnelles sur sa vie de famille (il est désormais papa de deux enfants), de son départ raté en Afrique pour 4 mois au Malawi, à cause d’un mal de dos récurrent…

Il descend dans la fosse pour « A Light (Night) », en transportant un tube néon, et traverse toute la salle, sous les acclamations de la foule. Avant d’aborder « Here I Am », il avoue avoir rencontré des problèmes avec ses profs car il était un peu dyslexique. « Airport » met en exergue son talent au piano. Bien sûr, les tubes « In You Hand » et « Like A Hobo » n’ont pas été oubliés et constituent d’inévitables moment forts du concert.

Mais le point d’orgue du spectacle se produira lors de l’arrivée de Baptiste Lalieu, l’homme bio aussi grand et fort qu’un Saule. Le quatuor se lance alors dans une superbe version de « Dusty Man », pour laquelle le bassiste a troqué sa quatre contre une six cordes. Et ce show généreux, au cours duquel Charlie a tout donné sur scène, de s’achever au bout de 120 minutes, par « Losing Touch ».

Charlie se produira à Enghien, dans le cadre du festival LaSemo d’Enghien, au mois de juillet prochain.

Setlist :

« Another Trigger », « Kick The Bucket », « Speak To Me », « Hello Alone », « Here I Am », « Photograph », « Until Tomorrow », « Get Up Stranger », « Airport » (Solo), « Rendez Vous », « Feeling Stop », « Spiral », « Generation Spent, Smile », « Like A Bobo », « A Light (Night) », « In Your Hand ».

Rappel : « Dusty Man » avec Saule, « Losing Touch ».

(Organisation : Live Nation en accord avec United Talent Agency)

Martin Solveig

Un show surprenant et unique en son genre…

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Après avoir conquis Tomorrowland et le Pukkelpop, respectivement en 2017 et 2018, Martin Solveig est de retour aux affaires cette année. Au programme : du matos inédit et un nouveau spectacle. Suite au succès de son dernier titre, « All Stars », pour lequel il avait reçu le concours de le chanteuse Alma, il a publié « My Love », qu’il interprète personnellement. Cette compo prélude un nouveau virage musical tout en reflétant une envie de défendre une musique au travers d’un format plus live et en laissant libre cours à sa créativité visuelle et scénographique.

Ce soir, l’auteur-compositeur-interprète-producteur se produit à l’AB, pour un concert, bien évidemment sold out…  

Le supporting act est assuré par (Michael) Creange, l’un des meilleurs Djs parisiens. Depuis plus de dix ans, il sévit au sein des meilleurs clubs et tout particulièrement le très à la mode ‘Chez Raspoutine’, à Paris, où il est devenu résident. Jouissant d’une large culture musicale, ce producteur est le responsable du tube « Le Soleil », diffusé sur toutes les plages branchées d'Ibiza.

Il entame son set par un remix de Jain (« On My Way »), mêlé à du Claire Laffut (« Mojo »). Spontané, interactif et énergique, il ne tient pas en place derrière ses platines, communiquant à la foule un incroyable sentiment de joie et de plaisir, grâce à une musique chargée de nuances et bien équilibrée. Il remixe, à sa manière, de grands standards funk et soul des nineties. La mayonnaise prend bien et le public commence à se déhancher sur le dancefloor. Bref, Creange a parfaitement joué son rôle de chauffeur de salle avant la prestation de Solveig...

20h45, les lumières s’éteignent, le rideau s’ouvre et dévoile le décor où on remarque de suite la présence d’un écran géant aménagé en fond de scène.

Martin Solveig ne reste pas planté derrières ses platines pour mixer. Il mouille sa chemise en monopolisant le podium, muni de son micro. Sa voix n’est pas parfaite, mais cette carence ne nuit jamais à l’ensemble. D’ailleurs, il est bien plus important de constater que l’artiste sort de sa zone de confort pour se consacrer au chant et interagir constamment avec une salle complètement acquise à la cause.

Lors de l’« Intro », il n’y a pas âme qui vive sur les planches. On entend juste la musique qui défile et les stroboscopes bleus et blancs qui scintillent. On reconnaît ensuite « Where It All », que chante Solveig ; mais il n’y a toujours personne sur l’estrade. En fait, il est occupé de traverser la fosse et débarque devant nous, vêtu d’une veste à lignes blanches et noires. Il balance alors ‘Ca y est, on y va Bruxelles ?’ Aussi modestement, il ajoute : ‘Bruxelles, cela va bien ?’. Tout continuant à parler, il invite le public à applaudir et à jumper. La réaction est instantanée. Pendant ce temps, un préposé aux synthés et un guitariste s’installent. Ils s’attarderont sur les planches, le temps de 3 morceaux.

Tout au long de « Buckjump », « Aint No Use » et « One Your Way Down », la section rythmique se révèle particulièrement percutante, sauvage et efficace. Le préposé aux synthés et celui à la gratte rythmique accomplissent parfaitement leur job. Ils apportent aux morceaux une touche à la fois funky et électro, tout en leur administrant des sonorités africaines. Solveig réalise un enchaînement magistral entre « The Night out » et « Aint No Use » qu’il opère en milieu de parcours. Bien vu ! Ce qui met, en outre, une sacrée ambiance dans la fosse.

Interlude : des roadies apportent un escalier à 3 marches de couleur noire, divisé une deux parties, sur lesquels vont grimper deux danseuses coiffées d’un grand chapeau noir. Et lorsque les deux éléments sont réunis, on devine, au-dessus, les platines de Solveig. Il part s’installer derrière et fait son show, tout au long de « One Your Way Down » et « Craziest Things », pendant que les danseuses exécutent, en avant-plan, des danses africaines. La température grimpe encore d’un cran, et la salle se transforme en immense dancefloor. Précision : les deux musicos ont alors disparu de la circulation et ne reviendront plus sur l’estrade.

Solveig récupère son micro et affronte à nouveau le public, tout en confessant qu’il s’agit de son second show, ce soir. Le premier, il l’a accordé à Paris. Il signale que Bruxelles est sa seconde ville, salue le public ainsi que Stephen Fasano, aka The Magician, présent dans l’auditoire. Solveig descend dans la fosse pour attaquer « My Love ». De quoi y mettre le souk. Il va d’ailleurs y rester un bon moment, de manière à s’immerger dans l’atmosphère qui règne au sein de la foule, accordant même quelques selfies…

Martin revient derrière les manettes pour « Lose My Mind ». Les danseuses sont également de la partie, mais ont changé de tenue, optant pour des joggings de couleur blanche. Elles exécutent des mouvements de break dance plutôt acrobatiques. Placés en bord de scène, les machines à fumigène sont réactivées. On en a alors plein la vue et les oreilles, Solveig en profitant pour libérer totalement ses samples et ses machines. Et le show de s’achever par « Do to me ». Malheureusement, malgré les demandes incessantes du public, Martin ne reviendra plus…

Plus pop et personnel, ce spectacle aura permis à Solveig de revisiter ses grands classiques, mais aussi d’interpréter ses nouveaux titres au sein d’un format exceptionnel. Aussi bon DJ que performer, malgré une petite faiblesse au chant, l’artiste français parvient à réinventer les codes du live à travers un show surprenant et unique en son genre…

Setlist : « Intro », « Where It All », « Buckjump », « Aint No Use », « One Your Way Down », « Craziest  Things », « Here come The Girls », « Suburbia »», « My Love » , « Sunny Side », « Tripped Out Slim » , « Lose My Mind », « Something Beautiful, Hurricane », « Do To Me ».

(Organisation : Live Nation)

The Black Box Revelation

Un tsunami sonore…

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Réunissant Jan Paternoster et Dries Van Dijk, Black Box Revelation est un duo originaire de Dilbeek. Il est à l’affiche 3 jours de suite à l'Ancienne Belgique, dont ce vendredi 15 mars 2019, lors d’un concert auquel assiste votre serviteur. La paire est venue défendre son dernier elpee, « Tattooed Smiles » (Trad : sourire tatoué), paru en octobre dernier.

Le supporting act est assuré par Michiel Libberecht, aka Mooneye. Agé de 25 ans, il est surtout notoire en Flandre pour son projet Mickey Doyle, qui a remporté le concours ‘Het Jonge Wolven’, en 2017. Ce qui lui a permis d'être programmé au sein de nombreuses salles et de festivals au Nord de la Belgique (Leffingeleuren, Dranouter, Het Depot, Cactus Club, De Zwerver, Democrazy, etc.). Il va nous proposer de larges extraits de son premier Ep 5 titres, gravé en mars de l'an dernier.

Lorsque Mooneye se produit en format électrique, c’est en quintet. Mais en acoustique, il est seul, comme ce soir, pour se consacrer au chant tout en s’accompagnant à la guitare (NDR : ce soir, il va se servir de deux exemplaires). Le rideau de couleur noire est tiré derrière l'artiste, quand il grimpe sur le podium.

Il entame son récital par « Thinking About Leaving ». Douce, envoûtante, sa voix colle parfaitement aux compos empreintes de mélancolie. Les mélodies sont chaleureuses et les refrains entêtants. Et comme il a une belle gueule d’ange, il ne lui est pas difficile de séduire un public féminin, massé aux premiers rangs. Il nous réserve une cover surprenante du « Clap Your Hands » de Tom Waits. Certains médias néerlandophones n'hésitent pas à le comparer à Kevin Morby, Fleet Foxes ou encore Roy Orbison. De fameux compliments ! Malheureusement une bonne partie du public est venu exclusivement pour le concert de BBR ; aussi, il se désintéresse totalement de cet artiste, entretenant un brouhaha peu évident pour atteindre un niveau de concertation optimale... La prestation du groupe au complet aurait d'ailleurs été bien plus judicieuse, vu le style bien électrique de la tête d'affiche...

Le Black Box Revelation est donc en tournée, un périple qu'il a baptisé ‘Tattooed Smiles Tour’, en référence à son 5ème opus studio. Sa musique n'est pas facile à appréhender, puisant au sein d'une multitude de sources, qui oscillent du r&b au garage, en passant par le hard rock et le blues. Les Kinks, Le Led Zeppelin, The Black Keys et Black Rebel Motorcycle Club constituant probablement ses références majeures...

A 20h50, le duo grimpe sur le podium. Enfin pas vraiment un duo, mais un trio, vu la présence d’un troisième musicien ; en l'occurrence Jasper Morel, qui va passer régulièrement du Hammond à la guitare électrique. L'autre gratte étant réservée, bien évidemment, à Jan Paternoster. Dries est installé sur une estrade, du côté gauche de la scène. Quelques smiley’s lumineux, en forme de ‘Mickey Mouse’, sont suspendus un peu partout au-dessus du podium.

Place alors au tsunami sonore provoqué par la pluie de décibels. « Kick the Habit » ouvre les hostilités. « Blown Away » permet de lâcher quelque peu la pression. Tout comme « Built To Last », un Delta blues purulent signé Seasike Steve, au cours duquel plane d’ailleurs son spectre. Les guitares s’emballent de nouveau tout au long de « Gloria », une compo dont le refrain est repris en chœur par la foule, jusqu’à en perdre la voix... Et « War Horse » rencontre un même enthousiasme de la part de la foule. D'une durée de plus de 10', ce titre nous plonge au sein d'un univers velvetien. D'abord, il y a ces ivoires qui s'ébrouent, puis les grattes qui s'enflamment et enfin le drumming sauvage de Van Dijk, propice à l'envoûtement, qui semble inépuisable… Un grand moment ! Tout au long de « Lazy St » et « Never Alone », les gratteurs nous réservent des solos exceptionnels. Particulièrement dansant, « My Perception » provoque un véritable climat de folie, dans la fosse. « I Think I Like You » termine le set. Manifestement, le groupe est content d'être sur les planches et on ressent une véritable complicité entre les musicos et les spectateurs.

En rappel, BBR nous réserve un redoutable « Gravity Blues » ; mais pas de trace de Roméo Elvis pour interpréter « Laisser Partir », invité surprise qui ne pointera le bout du nez que le lendemain. Le Black Box Revelation a acquis une belle maturité au cours de ses concerts, et l'a de nouveau démontrée ce soir, en proposant un set de 110 minutes, qui a conjugué sueur, rage et émotion à travers un rock’n’roll qui permet d'oublier les tracas de la vie quotidienne...

Setlist : « Kick the Habit », « Mama Call Me, Please », « High On A Wire », « Lazy St », « Built To Last », « Gloria », « War Horse », « Tattooed Smiles », « Blown Away », « Bur-Bearing Heart », « Never Alone, Always Together », « Damned Body », « Love Licks », « My Perception », « I Think I Like You ».

Rappel : « Gravity Blues », « Laisser Partir », « Tattooed Smiles ».

(Organisation : AB et Live Nation)

 

The Cinematic Orchestra

Un retour en demi-teinte…

Ce soir, The Cinematic Orchestra est de retour en Belgique ; et plus précisément à l’Ancienne Belgique. Les fans se sont déplacés en masse pour assister au concert du projet de l'Anglais Jason Swinscoe. Le show est donc sold out. Etrange, quand on sait qu’à ce jour, le groupe n’a publié que trois albums studio depuis sa formation en 1999 : « Motion » (’99), « Every Day » (’02) et « Ma Fleure » (’07). Ce qui n’a pas empêché sa discographie de largement s’étoffer au fil du temps, et notamment grâce à la réalisation de musiques de films, en l’occurrence celles de « Man With A Movie Camera » ainsi que la BO d’un Disney ; sans oublier l’immortalisation d’une prestation en public traduite par « Live At The Royal Albert Hall ». Le nouvel album, « Believe », sort dans quelques jours et c'est peu dire qu'il est très attendu.

Dès 21 heures, on est doublement heureux lorsque les musiciens grimpent sur le podium, car la musique proposée entre les premières parties et TCO, se résume à une sorte de trip-dub-step stridente, bruyante et, avouons-le carrément horripilante.

On oublie bien vite ce casse-oreilles, car la formation que tout le monde attend entame idéalement son set par "Man With A Camera Camera". Jason Swinscoe est, comme d’habitude, planté sur la droite de l’estrade, derrière ses machines, dans la position du chef d'orchestre. Il est soutenu par un groupe complet réunissant un bassiste, saxophoniste, guitariste et claviériste. Pas de cordes mais c'est compréhensible vu que les extraits du nouvel opus indiquent une direction moins orchestrale et plus rock/nu-jazz/trip-hop.

Frida Touray débarque pour chanter "Wait For Now / Leave The World", une nouvelle compo qu’elle parvient à illuminer d’une voix chaleureuse aux accents soul. D’ailleurs, dans la salle, l'émotion est palpable. Mais quand elle revient un peu plus tard pour "Zero One / The Fantasy", elle se révèle bien moins convaincante. Le morceau est trop long et manque cruellement de passion et de tension.

Place, ensuite, aux plages instrumentales de l'Orchestra. "Saxloop" est, comme son nom l'indique, constitué de loops élaborés par le saxophoniste, Tom Chant, mais le titre vire trop vite à l'improvisation 'free' bruitiste. "Familiar Ground" est le seul track issu de l’elpee "Ma Fleur". En fait, la set list néglige un peu trop le répertoire mieux connu du band, à l’instar de "To Build A Home". Ce qui provoque une déception légitime au sein de l’auditoire. Heureusement, la formation a le bon goût de nous réserver "A Promise" et, pour clore le set, "All That You Give". Que du bonheur !

Bref, si on est heureux d'avoir pu revoir The Cinematic Orchestra, un peu comme quand on retrouve un vieil ami, honnêtement il faut reconnaître que la prestation a laissé un goût de trop peu. A la décharge du combo, il s'agissait là du premier concert de la tournée. Nul doute que le show s'améliorera au fil des représentations.

En lever de rideau, on a pu apprécier les prestations de PBDY et Salami Rose Joe Louis, tous deux originaires de Californie. PBDY (Paul Preston), le DJ, producteur et fondateur du label TAR (Michelle Blades, Jimi Nxir, Cakedog), a proposé une trip-hip-hop de qualité et Salami Rose Joe Louis (Lindsey Olsen) nous a plongé dans une ambiance lo-fi touchante mais un peu trop monocorde…

Setlist TCO: Man With A Movie Camera, Wait For Now, Leave The World, Channel 1 Suite, Zero One, The Fantasy, Flite, Sax Loop, Familiar Ground, A Promise, All That You Give

(Organisation : Ancienne Belgique, Bruxelles)

 

Nao

Y a-t-il un précédent à ce qui est postérieur ?

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De son vrai nom Neo Jessica Joshua, Nao est une jolie chanteuse originaire de Nottingham. Née en décembre 1987, elle a publié deux elpees à ce jour, « For All We Know » en 2016 et « Saturn », fin 2018. Elle qualifie sa musique de ‘wonky funk’, un savant cocktail de musique électronique, de soul, pop, disco, r&b et funk (of course), un style qu’on pourrait situer dans la lignée d’Aluna George, FKA Twigs ou encore SZA. Elle avait accordé un set particulièrement enflammé, lors de son passage à Werchter, l’an dernier. Elle se produisait ce samedi 9 mars dans le Ballroom de l’AB, et la salle est presque comble.

Jamie Isaac assure le supporting act. Considéré comme un jeune prodige de l’électro/pop, outre-Manche, il a gravé son second opus, « (4:30) Idler », en juin dernier, un LP qui fait suite à « Couch Baby », paru en 2016. Entre r&b, jazz, soul et électronique, Isaac cite, comme références majeures, aussi bien l’âge d’or du jazz des années 50 et 60, que Marvin Gaye, Chet Baker, les Beach Boys, Dave Brubeck ou même Frédéric Chopin. 

Sur les planches, il est soutenu par un drummer, un bassiste et un guitariste. Jamie est installé au centre du podium, face à ses ivoires. Plutôt timide, il échange cependant parfois quelques mots avec les spectateurs, sis aux premiers rangs. Sa voix est empreinte de délicatesse. Tendre, « Wungs » oscille entre jazz et lounge. Jouant aussi bien sur des toms classiques que des pads électroniques, le batteur impressionne par l’amplitude de son drumming. La cover du « Unthinkable » d'Alicia Keys constitue un moment fort du concert. Jamie avait d’ailleurs signalé qu’il avait toujours aimé la chanson, mais qu'il souhaitait qu'elle soit un peu plus lente ; raison pour laquelle il l’adaptée. Le show s’achève par « 4:30 Idler (Sleep) », autre point culminant du spectacle, un morceau mélancolique, délicieusement languissant, au cours duquel les solos de guitare et de batterie vont laisser l’auditoire bouche bée. A revoir en tête d’affiche !

Les lumières s’éteignent à 21h00 précises. Une bande préenregistrée diffuse « When Saturn Returns », pendant que les musicos s’installent ; en l’occurrence un guitariste, un drummer (NDR : sur son estrade) et deux claviéristes dont un double à la basse. La disposition du backing group laisse un max d’espace scénique à Nao. Surprenant, les projecteurs se focalisent sur le centre de la fosse, juste devant la table de mixage. Toute de bleu vêtue, Nao a grimpé sur un tabouret, pour chanter le single « Another Lifetime ». Très soul, puissante, sa voix ressemble étrangement à celle d’Aluna Francis (AlunaGeorge) et prend immédiatement aux tripes.

Le public est déjà conquis. Dès qu’elle a achevé le morceau, elle remonte sur le podium tout en n’oubliant de saluer son public, mais aussi en distribuant quelques ballons blancs aux premiers rangs. Tout au long de « If you ever », elle ondule sensuellement et remue le popotin, au rythme des percus. 

La setlist va nous proposer de nombreux extraits de son dernier long playing. Pendant « Make It Out Live », elle vient s’asseoir juste à la gauche de votre serviteur et chante en le fixant dans les yeux pendant une grosse minute. Perturbant ! Puis elle se relève, se déplace et entame une danse africaine festive. Funky, « Fool To love » libère un fameux groove, une compo sont la rythmique rappelle celle de Nile Rodgers. D’ailleurs, les musiciens affichent tous une fameuse technique. Nao est très interactive. Ce qui déclenche parfois des fous rires aussi bien chez elle que dans la foule, sans pour autant altérer la qualité du show. Ses échanges permettent au répertoire de transiter facilement de titres plus émouvants, comme « Brown Sugar », à des morceaux dansants, tel que « Complicated ». Elle exécute encore quelques danses accroupies, en balançant son pétard face aux premiers rangs.

Le set se termine par une cover du « Firefly » de Mura Mas, longuement commentée par Nao.

Lors du rappel, elle revient seule sur le podium et nous réserve « Drive and disconnect », avant que le band ne la rejoigne, lors de la finale, pour « Bad Blood ».

Setlist : « When Saturn Returns » (intro pré-enregistrée), « Another Lifetime », « If You Ever », « Make It Out Alive », « Fool To Love », « Adore You », « Gabriel », « Orbit », « Brown Sugar, Inhale Exhale », « Complicated », « Saturn », « Girlfriend », « Yellow Of The Sun », « Firefly (Mura Masa cover)

Rappel : « Drive And Disconnect », « Bad Blood »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Meute

Comment mettre une folle ambiance sans pour autant sacrifier la rigueur technique…

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Meute avait littéralement bouté le feu au Festival Esperanzah, en 2018. Cette véritable machine à danser retourne tout sur son passage, à grands coups de cuivres et des percussions. Le line up réunit onze joyeux drilles, quasiment tous originaires de Hambourg. Ce soir, ils seront douze à fouler les planches. Ils vont nous proposer des versions organiques et audacieuses de titres électro signés Flume, Laurent Garnier, Frankey & Sandrino, Âme, N’to ou encore Trentemøller...

En fait, il s’agit d’une fanfare pratiquant de la guggenmusik, un style rencontré surtout en Suisse, mais également au sein des pays limitrophes, lors du carnaval. Les musicos sont costumés, comme la Meute qui se produit ce soir, mais parfois aussi déguisés. De nombreux cuivres (trompettes, trombones à coulisse, euphoniums, sousaphones, clarinette ainsi que saxophones basse et baryton) ou plus traditionnellement des fifres, des percussions (batteries mobiles, grosses caisses, woodblock), sans oublier le ou les glockenspiels en forme de lyre, constituent la base de l’instrumentation.

L’Orangerie du Botanique est soldout depuis quelques mois, comme toutes les dates de la tournée. Pas de supporting act. Le collectif va faire danser la foule pendant 145 minutes, rappel compris.   

Une immense scène érigée sur différents niveaux permet aux artistes de se regrouper au gré des morceaux, tantôt par deux ou trois têtes de pipe. Bien que chaussés de baskets, ils ont tous revêtu une veste décorée d’une fourragère dorée et brodée d’écussons.  

Le set s’ouvre par le dernier single, « Gula ». Des lumières bleues inondent les deux préposés au glockenspiel (un traditionnel et un en forme de lyre). Le responsable du sousaphone s’installe en retrait et laisse les sept autres cuivres s’installer en front d’estrade, en ligne. Outre les huit cuivres, le groupe implique quatre percussionnistes, dont deux qui se servent de caisses claires avec cymbales, une grosse caisse et un préposé au glockenspiel droit. Celui qui se sert du modèle en forme de lyre a alors abandonné son instrument pour une caisse claire avec cymbales. La machine infernale des cuivres se met en branle à partir de « Rej » d’Âme. Le public réagit déjà, manifeste son enthousiasme et remue inconsciemment le bas des reins.

La combinaison est improbable, mais fonctionne. Le glockenspiel droit emprunte les pistes du synthé, le tuba se mue en basse pulsante et une grosse caisse simule un Roland TR-808. En général, les cuivres ont recours à des sourdines pour reproduire le son d'un filtre passe-haut. Ce n’est pas le cas ici. Le groupe tout entier s'immisce dans une pause, comme si un dj avait ajouté un effet d'écho. L’ingé-son est un véritable artiste. Il faut savoir jouer des manettes, lorsqu’il y a autant de musiciens. Pendant « The Man With The Red Face (Laurent Garnier), tous les musicos s’agenouillent alors que les spectateurs s’accroupissent puis au signal se relèvent, comme des diables qui sortent de leur boîte, avant de commencer à jumper. Et « Tumult », titre maître du seul elpee gravé à ce jour par la formation, porte bien son titre, une bande-son idéale pour mettre le souk et convaincre les plus réticents à danser.  

Du « The Man With The Red Face » de Laurent Garnier, à « Rej » d’Âme, en passant par « Acamar » de Frankey & Sandrino ou encore « Every Wall Is A Door » de N’to, la joyeuse bande reprend allègrement et impeccablement, les classiques de l’électro et la techno.

Deux des trompettistes constituent l’ossature du projet. Thomas en est l’instigateur, mais c’est Hans qui se charge des arrangements et semble remplir le rôle de chef d’orchestre.

Les rappels vont être accordés dans la fosse, au milieu de la foule… un peu trop euphorique, il faut le reconnaître. C’est la semaine du carnaval, mais quand même ! N’empêche, on a vécu, ce soir, une chouette soirée festive, mais soignée par une haute qualité musicale consécutive à une remarquable rigueur technique…

Si vous avez raté ces petits génies du tambour, des cuivres et du marimba, malgré leur tournée estivale accomplie en Europe, ne les manquez surtout plus la prochaine fois ! En ‘live’, Meute est irrésistible...

Setlist : « Gula », « Rej », « Customer Is King », « Think Twice », « Versatyle », « Araxa », « Hey Hey », « Winx », « You And Me », « Every Wall », « The Man With The Red Face », « Drum Solo », « Kerberos ».

Rappel 1 : « Acamar », « Mental Help ».

Rappel 2 : Miss You ».

(Organisation : Botanique)

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