« Protocol », c’est le titre du premier elpee de Territory, une formation hexagonale dont le style oscille du shoegaze mélancolique au post punk et qui puise, notamment, ses influences chez Red House Painters, Kim Gordon, Gang Of Four, The Stone Roses,…

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Gabriel Rios

Sur la route des Caraïbes et de l’Amérique latine…

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Gabriel Rios a publié son cinquième elpee, « Flore », en février dernier. Une œuvre qui recèle de véritables hymnes à la musique d’Amérique latine et des Caraïbes. Des morceaux qui remontent à l’enfance de son père et de son grand-père. Des chansons qu’ils auraient adoré l’entendre chanter. Une concoction enivrante à la fois nostalgique et iconoclaste qui redécouvre une culture musicale qu’il a laissé derrière lui depuis plus de vingt ans, lorsqu’il a quitté Puerto Rico pour l’Europe. Cet album n’est pourtant pas seulement un hommage aux classiques latinos, c’est également une réalisation qui reste fidèle aux arrangements et à l’instrumentation de la Salsa Nuyorican des années 60 ainsi qu’aux anciennes ballades populaires mexicaines et cubaines. Mais également un vibrant hommage à son père musicien, atteint de la maladie d’Alzheimer. C’est cet opus qu’il va défendre, ce soir, sur les planches de l’Ancienne Belgique, en mode AB Flex, c’est-à-dire, configurée en places assises. Et le concert est sold out. 

Le supporting act est assuré par la pétillante Emmy D’Arc. Issue de Hasselt, dans le Limbourg, c’est la première fois qu’elle foule les planches de l’AB.

De son véritable nom Ine Tiolants, elle est aujourd’hui âgée de 24 printemps, et avait remporté le ‘MNM Rising Star’, en 2018. Depuis, elle a décidé d’opter pour un pseudonyme. Elle adore interpréter des reprises de ses artistes préférés, et tout particulièrement des chansons signées Bruce Springsteen, Eddie Vedder et Johnny Cash ou encore Sinéad O'Connor et Dixie Chicks.

Il y a déjà pas mal de monde dans la salle, quand Emmy grimpe sur l’estrade. Elle ouvre le set par le nerveux « My Silver Lining » et embraie par son premier single « The Odds » que le public semble vraiment apprécier. « I’m Alright » est davantage propice à la sérénité. Sa voix y est haut-perchée ; une voix tour à tour perçante, sucrée ou salée qui rappelle celle de Selah Sue. Elle a trois guitares à sa disposition. Deux semi-acoustiques et une électrique dont elle ne se servira qu’à une seule reprise. Derrière son sourire ravageur, se cache manifestement une perfectionniste qui ne manque pas d'ambition. A l’instar des icônes qu'elle admire, elle s'inspire de sa propre vie, des pensées qui flottent et rebondissent dans sa tête. Sculptée dans l’americana, « One Of The Weak » est une autre compo paisible, empreinte de délicatesse et de douceur. Dans l’imaginaire, on s’imagine traverser les grandes les plaines de l’Ouest américain. On attend impatiemment son premier Ep. Un grand talent en devenir…  

Pour les photos c’est

Setlist : « My Silver Lining », « The Odds », « I’m Alright », « One Of The Weak », « Reveal », « Walk », « Mercedes Benz », « Troy ».

C’est la neuvième fois que votre serviteur assiste à un concert de Gabriel Rios. Ce soir, il va nous livrer une prestation semi-acoustique. Il est soutenu par son fidèle, Ruben Manama, à la contrebasse et aux chœurs. Ce dernier se plante à proximité d’un piano imposant de couleur noire, d’une gratte et de son instrument de prédilection. Pas de trace de la violoncelliste Amber ; et c’est bien dommage ! Armé de sa six cordes, Gabriel s’installe du côté droit, devant un micro au pied duquel il a posé une percussion électronique. Il est sobrement vêtu d’un jeans et d’un tee-shirt. Cool, il présente chaque morceau ; et le public, qui connaît parfaitement les paroles des chansons, reprend très souvent les refrains en chœur.  

D’habitude, Gabriel entame ses shows par sa version du « Voodoo Chile » de Jimi Hendrix, seul à la gratte. Une forme de rituel… qu’il n’accomplira pas ce soir. Judicieux, le light show met bien en exergue les deux musicos, même si Gabriel est davantage sous le feu des projecteurs, notamment à travers les lumières qui convergent vers la foule. Un étrange contraste d’ombres et de lumières communique une ambiance différente à chaque titre. De temps en temps, Ruben pousse un cri ; et notamment lorsqu’il siège derrière les ivoires.

Mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, la musique de Rios ne manque pas de charme, mais aujourd’hui elle baigne inévitablement dans une ambiance latino.

L’intégralité de « Flore » sera passé en revue au cours du set, mais dans le désordre. Et lorsque le duo attaque le titre maître, Ruben se lèvre et empoigne sa contrebasse, il frotte délicatement ses cordes avec un archet, alors que Gabriel dispense de délicates notes de ses cordes. Le voyage vers les Caraïbes et Porto Rico et l’Amérique Latine est impressionnant.

Le set de 75 minutes se terminera par une version épurée de « A caballo vamos pal' monte » du Buena Vista Social Club. Et c’est encore par une cover de la célèbre troupe cubaine, « El Carretero », que Rios entame le rappel, un collectif que votre serviteur avait eu l’opportunité de voir en ‘live’. Quel merveilleux souvenir, d’ailleurs ! Enfin, cerise sur le gâteau, le concert s’achève par le bouleversant « Gold ».

Musicien talentueux, chic et sexy, Gabriel séduit toujours autant sur disque que sur scène. Alliant tendresse, technique qualité et simplicité, son spectacle, ce soir, est passé trop vite…

Pour les photos, c’est ici

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)


 

The Hives

Un bon moment de rock’n’roll

Écrit par

Il y a 23 mois que votre serviteur n’avait plus assisté à un concert. Et finalement, celui de The Hives était une excellente opportunité pour reprendre le chemin des salles, vu sa réputation de groupe ‘live’. Hormis quelques singles, le band n’a rien sorti de neuf depuis 2012 ; et son dernier album remonte à 2012 (« Lex Hives »). On doit donc s’attendre à une setlist qui privilégiera les hits.

La salle est déjà bien remplie lorsque The Dahmers grimpe sur l’estrade. Egalement un combo suédois qui accompagne la tête d’affiche pour cette tournée. Avant que le set ne démarre, les baffles crachent « It's Not Unusual », un hit de Tom Jones qui remonte à 1965 ! Les quatre musiciens sont vêtus de noir, un squelette blanc dessiné sur leur combinaison. Deux d’entre eux, dont le lead singer se servent d’une guitare ‘flying V’, comme de nombreux solistes, dans l’univers du metal. D’ailleurs la musique proposée trempe dans une forme de garage aux accents métalliques, et tout particulièrement à travers les soli de gratte. Au bout de quelques morceaux, les références se dévoilent, oscillant des Ramones à Kiss, en passant par Thin Lizzy et les Misfits. Le line up est complété par un bassiste et un drummer. Le patronyme du band est inspiré du célèbre tueur en série, Jeffrey Dahmer, et reflète le goût du groupe pour les films d’horreur. En fait, c’est après avoir fêté une fête Halloween, en 2011, que les musiciens ont eu l’idée d’opter pour ce look.

Le set est énergique, très électrique, mais pas toujours très rigoureux, perdant ainsi en efficacité ce qu’il gagne en impétuosité. Moment insolite, lorsqu’au milieu du concert, le chanteur/guitariste troque sa six cordes contre un accordéon, apportant ainsi à la compo un air de guinguette qui sent bon la France. Et finalement, le public réservera au quartet un accueil plus que favorable, reflétant ainsi encore un besoin urgent, aussi bien pour les musiciens que l’auditoire, de revivre des concerts…

L’entrée en scène de The Hives est saluée par un tonnerre d’applaudissements. Tout d’abord, la section rythmique, puis les deux guitaristes. Et enfin Howlin’ Pelle Almqvist. Qui crie à plusieurs reprises « Come on ». C’est le titre qui ouvre le set, mais aussi une invitation à participer la fête. Et la réaction est immédiate dans la foule. Les gobelets de bière voltigent dans les airs, arrosant collatéralement, les spectateurs, dans la fosse. Près du podium, les exercices de crowdsurfing se multiplient. Un remue-ménage qui va durer tout le concert. Sur les planches, Almqvist fait le show. Il jongle avec son micro à la manière de Roger Daltrey, balance son pied de microphone comme un punching-ball, bondit, harangue la foule, l’invite à agiter les mains ou à les frapper en cadence, arpente l’estrade de long en large ou descend dans l’arène pour serrer des mains, et se laisse même porter par la foule. En fin de morceau, il prend régulièrement la pose d’une rock star. Petit bémol, il un peu trop tendance à ressasser les mêmes slogans, parfois longuement entre les morceaux, en français ou en anglais, (‘les filles, criez… les garçons criez… les garçons et les filles, criez…’), ce qui finalement ne permet pas à l’intensité du show d’atteindre son paroxysme. Deux roadies (également préposés aux percus et au pré-mixing), déguisés en ninja, se multiplient aux quatre coins du podium pour accorder les guitares, remettre le matos en place, tester un micro ou donner du mou à son câble, lorsque le vocaliste s’aventure dans la fosse… Quant aux musicos, ils sont vêtus de costumes noirs traversés de motifs d’éclairs blancs. Et quand les lumières s’éteignent pendant le spectacle, ces éclairs fulgurent dans l’obscurité. Mais au fil du concert, les musicos vont finir en chemise… détrempée… Derrière le groupe, une immense toile est tendue sur laquelle est imprimée son patronyme, en lettres caractéristiques, qu’il utilise depuis plus de 20 ans.

Des accents empruntés à Franz Ferdinand et aux Black Keys (ce riff de guitare !) pimentent « Won’t be long ».  Le drumming devient tribal (NDR : il est vraiment balaise, ce Chris Dangerous) pendant « Walk idiot walk », un morceau aux accords de grattes décapants. Les Paranoiacs hantent « Hate to say I told you so », un morceau au terme duquel, le batteur monte sur ses fûts. Pelle invite un jeune spectateur à prendre la place du bassiste, pendant deux ou trois minutes, et le gars s’en sort plutôt bien.

Il récupère un enfant de 10 voire douze ans, dans la fosse, masqué et casque sur les oreilles, parce qu’il se rend compte du danger créé par les mouvements de foule et l’installe en sécurité, à droite du podium.  

Le rappel est inévitable et la formation attaque « I’m alive », son titre le plus pop. Alqmvist annonce la grande finale, « Tick, tick boom », que la foule reprend en chœur. Le groupe se perd dans un drone de 30’, puis les musiciens restent figés comme des figures du musée Tussauds, pendant deux à trois minutes. Pelle n’oublie pas de présenter longuement ses musicos, avant que la formation ne reprenne le morceau en cours. Il demande à la foule de s’asseoir, et insiste pour qu’elle s’exécute. Et lorsqu’elle se relève, c’est dans un élan de folie, qu’elle participe enfin à l’explosion ultime…

Après la distribution des sticks par le batteur (adroit, il parvient à les envoyer jusqu’au balcon !), c’est bras-dessus, bras-dessous que le quintet et les deux ninjas viennent saluer l’auditoire, Pelle promettant de revenir très bientôt se produire dans la salle lilloise. On a quand même vécu un bon moment de rock’n’roll, et ça, ça fait du bien…

Setlist

  1. Come on
  2. Main offender
  3. Go right ahead
  4. Paint a picture
  5. Won’t be long
  6. Good samaritan
  7. Walk idiot walk
  8. Two timing touch and broken bones
  9. My time is coming
  10. See through head
  11. Hate to say I told you so

Rappel

  1. I’m alive
  2. Try it again
  3. Tick tick boom

 


 

Girls In Hawaii

Un tableau arc-en-ciel juste avant l’hiver…

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Les Girls in Hawaii ont effectué une dernière escale à Soignies, le temps d’un set qui marquera la fin de la tournée de cette année. Une date qui restera ancrée, sans doute, dans la mémoire collective.

Le Centre culturel est plein à craquer, signe de la popularité du groupe brabançon. Une image qui détonne alors que la pandémie frappe une nouvelle et énième fois le plat pays.

Fort heureusement, les Sonégiens ont mis en œuvre des contrôles très stricts ; le fameux CST et la carte d’identité devaient être présentés. Avec pour effet qu’hormis quelques marginaux, la quasi-totalité des participants avaient laissé tomber le masque. A tort ou à raison, chacun jugera.

Diminutif de Loïc, Lo assure le supporting act. Tantôt assis derrière son clavier ou aidé de son pad électronique, le jeune Bruxellois, nouvel étendard de la curiosité musicale belge, se fend d’un slam mêlé de tendresse et de spleen sous un beat puissant.

Il est venu défendre un premier Ep découpé en six morceaux, « Parades », dont les clips ont été réalisés par Simon Vanrie (Girls In Hawaii, Stephan Eicher). La plupart de ces titres ont été écrits fin 2017, début 2018. Ensuite, la Covid est passé par là, mettant entre parenthèses le projet. Un temps nécessaire qui lui a permis de le retravailler et de peaufiner ses compos. Tout juste pour le meilleur.

Du haut de ses 28 berges, le slameur baigne dans la musique depuis qu’il a 16-17 ans. Le piano, dont il avait appris les bases plus jeune, lui permet aujourd’hui de mettre en musique le trop plein d’émotions et d’y développer un univers singulier, introspectif, mais parfois un brin autocentré.

Il attise la curiosité grâce à des chansons vraies, une écriture ciselée et pas mal de candeur. On y sent en tout cas l’influence de Nekfeu dont il est un fan de la première heure. Ou encore de rappeurs français et belges, comme la Fonky Family, IAM ou MC Solaar, dont il s’est également imprégné du style, jadis.

Entre rires et larmes, ce jeune garçon « Mort-Né » rayonne en affichant une palette de compositions contemporaines riches, intelligentes, humaines et proches du peuple.

LO est devenu une valeur sûre. Un de ces artistes derrière lequel se cache une entité à la fois complète et sans fausse pudeur.

Si le public scande de le voir à poil sur scène, lui, sans se laisser démonter, promet de s’exécuter… peut-être plus tard.

Un set parfaitement maîtrisé et surtout une sacrément belle surprise !

Après une pause d’une dizaine de minutes, Antoine Wielemans, Lionel Vancauwenberghe et leurs acolytes montent sur le podium et attaquent  « Organeum ». Une plage issue de « From Here To There », elpee paru en 2004 qui leur a permis de devenir, à l’instar de dEUS, l’un des porte-étendards du rock belge.

Quelques minutes plus tard, « Indifference » et ses loops synthétiques venus tout droit de « Nocturne » sont martelés en guise de refrain aux aficionados venus en nombre. Histoire de chauffer la salle.

L’ombre de feu Denis Wielemans qui militait derrière les fûts et décédé tragiquement d’un accident de la route en 2010, plane toujours. Un vibrant hommage lui est rendu à travers le magnifique « Misses », tiré du gargantuesque « Everest ». Un joli clin d’œil tirant un trait sur le deuil et à cette résilience nécessaire auxquels le combo a dû faire face, il y a quelques années.

L’atmosphère s’électrise inexorablement. C’est alors que le batteur s’enivre avec charley, ride, caisse claire et grosse caisse sur l’entraînant « This Farm Will End Up In Fire ». Une chanson où la tessiture vocale du singer, légèrement éraillée, prend tout son relief pour laisser rapidement place à « Time To Forgive The Winter », un morceau qui prend à nouveau une place de choix depuis le lancement de cette nouvelle tournée.

La précision du jeu des uns et des autres est impressionnante. Et « No dead » en est une autre démonstration, notamment quand la rythmique syncopée et les chœurs viennent lécher encore un peu plus ce tableau arc-en-ciel. Aucun doute, le groupe n’a rien perdu de son potentiel en près de deux décennies.

Il faut attendre « Bees and butterflies », morceau doucement mélancolique et à la douceur âcre et mielleuse, pour retrouver un brin de sérénité, chaque membre du band conjuguant en chœur le refrain entêtant.

Le forcément légendaire « Switzerland » où électro et piano s’allient parfaitement au service de la chanson, vient encore quelque peu raviver le feu sacré du combo, juste avant que les flammes ne s’extirpent naturellement par un « Rorschach » et son flot de guitares salvatrices et saturées. Un pur régal !

« 9.00 AM », « Mallory’s Heights » (hommage à l’alpiniste George Herbert Leigh Mallory) et « Guinea Pig » marqueront un vrai/faux retour, bien nommé rappel.

Avant de tirer sa révérence et quitter ses hôtes d’un soir, Antoine salue Yves Merlabach, qui a assuré leur promo durant trois albums et est devenu aujourd’hui Président de l’association ‘L’Envol’, dont vocation est de récupérer divers objets et de les redistribuer aux plus nécessiteux. Un beau geste pour celui qui désormais œuvre pour les plus démunis.

Le monstrueux « Flavor » et son intro répétitive à la basse résonne alors et permet au leader et sa clique de littéralement s’époumoner artistiquement. Si le premier s’amuse à grimer sur les frontaux distribués de part et d’autre de la scène (au risque de se prendre une gamelle), ses comparses laissent libre cours à une folie passagère ou têtes et membres inférieurs communient ensemble, laissant apparaître un spectacle étrange entre mouvements saccadés et danse de Sioux.

En guise de cadeau, les musicos font profiter du parterre d’un tout nouveau morceau dans la lignée parfaite de l’univers des Girls. Un titre qui semble-t-il annoncerait un nouvel album prévu pour 2022. Affaire à suivre !

Girls in Hawaii a une nouvelle fois prouvé, ce soir, qu’il reste l’un des groupe phares et incontestable de la scène indé-pop musicale belge.

(Organisation : Centres culturels de Soignies et Braine-le-Comte)


 

Red Beans & Pepper Sauce

Un concert bien vintage…

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Red Beans & Pepper Sauce a été fondé à Béziers, en 2010. Ses références oscillent du ‘new blues (Gary Clark Jr., Tedeschi Trucks Band) au ‘néo vintage’ (Blue Pills, Wolfmother, Saverio Maccne & Double As, The Excitements) en passant par le ‘classic rock’ des seventies (Led Zeppelin, Deep Purple), contemporain (Rival Sons, The Black Keys) et le funk. En dix ans d’existence, ce quintet hexagonal a gravé cinq albums, dont le dernier, « Mechanic Marmalade », est paru en 2019. Il vient, en outre, de publier un Ep 4 titres. Et il s’intitule « Song For The Past ». Enfin, le combo est considéré, comme un des groupes de rock les plus intéressants, sur la scène française.

Le supporting act est assuré par Bob Doug, une formation bruxelloise qui a choisi le nom de son leader comme patronyme. Bob se charge de la guitare et du chant. Il est soutenu par Arnaud Picqué aux synthés, Alessandro Damico à la basse et Louis Jassogne aux drums. Son style oscille entre blues, funk et (heavy) rock. Fondé en 2013, il s’apprête à sortir son troisième elpee, « Mirages ». Mais la spécialité du band, ce sont les jam sessions…

Le set s’ouvre par « Road 98 », un extrait du futur opus. Lorgnant vers le hard rock, ce morceau raconte l’histoire d’une voiture qui traverse le désert, afin de s’évader quelque peu du brouhaha qui règne dans le trafic, à Bruxelles. Le quartet embraie par le nerveux rock/blues « Here We Go (Now ?) », un morceau au cours duquel Bob se démène derrière sa six cordes. C’est une bête de scène et il monopolise l’attention d’une maigre assistance, pourtant attentive et interactive. Hormis « Sitting Of The Desert », extrait du premier elpee, la majorité des morceaux est issue du prochain long playing. Après un blues instrumental abordé à la manière de Stevie Ray Vaughan, « Sippin’ In Vain » ressuscite le mythe de Jimi Hendrix. Doug imite même les gestes du légendaire gratteur, en plaçant sa guitare dans son cou. Et, ma foi, il ne se débrouille pas trop mal. C’est aussi à ce moment-là qu’on se rend compte que les musiciens sont habitués aux ‘jam sessions’.

En rappel, le quatuor nous réserve « Driven By Sex », une compo sculptée dans une forme de garage-glam-rock qui collerait bien au répertoire de Romano Nervoso.

Setlist : « Road 98 », « Here We Go (Now ?) », «4 Am Room Service », « Black Coat », « Flip The Switch », « Sitting Of The Desert », « Going Back Home », « Friends », « Sippin’ In Vain », « Hard Jam ».

Rappel : « Driven By Sex »

Les musicos de Red Beans And Pepper Sauce grimpent sur l’estrade. Laurent Galichon, le leader (c’est également le compositeur), se charge de la guitare. Jessyka Aké se plante au centre, devant son micro. La chanteuse est coiffée d’un chapeau de couleur noire. Chevelu, Serge Auzier s’installe derrière ses claviers et Niko Sarran, ses fûts. Enfin, Denis Bourdié se consacre à la basse. 

Après une intro à la gratte, le set s’ouvre par « My and ». Laurent fait littéralement corps avec son instrument. Au fil du set, les claviers s’infiltrent généreusement dans les compos, les sonorités d’orgue réveillant en notre for intérieur le souvenir de feu Jon Lord. Ténébreux, sauvage et sudiste, le rock/blues de RB&PS transpire le bourbon et la sueur. Ça cogne, c'est sexy, sans oublier ce ‘quelque chose’ de lourd qui vibre sous le capot et sonne comme un appel à prendre la route. Charismatique, Jessyka fait onduler ses doigts sensuellement, le long de son micro. Véritable panthère noire, elle ne tient pas en place sur les planches. Sa voix peut devenir très speed. Balaise derrière ses drums, Niko va nous réserver un solo de batterie de plus de 10 minutes. Comme nombre de bands, dans les 70’s. Un exercice de style qu’on pourrait qualifier à la fois de de technique et de tribal. Et Laurent n’est pas en reste, puisqu’il va également s’autoriser le sien, dans l’esprit de Van Halen.

Un concert bien vintage qui a ravi les quelques quinquas (70 ?) présents ce soir. Dommage qu’il n’y ait pas eu davantage de monde !

Setlist : « Intro, My Land », « Glitter City », « No Saint Today », « Give It To Me », « Time To Get Away », « Bright Lights (Gary Clark Jr) », « Thank You Drums Solo, Moby Dick », « I Am The Night », « The Battle », « My Holy Guest », « No Crossroads », « Black Panther », « You Can’t Turn Around », « Half World Changeling ».

Rappel : « Lock You Down, Meddley », « Ace Of Spades (Motörhead) »

(Organisation : Zik-Zak)


 

Valkø

Un concert intimiste et vecteur d’émotion…

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Etablie à Bruxelles, Valkø est une artiste belge. Elle est actrice, songwritrice, mais surtout chanteuse et violoncelliste. Votre serviteur l’avait découverte en supporting act d’Asaf Avidan, au mois d’août dernier. Ce soir elle se produit à la Rotonde du Botanique réputée pour l’excellence du son. En outre, le spectacle se déroulera devant un auditoire assis.

Slow Pilot, le projet de Pieter Peirsman, assure le supporting act. C’est également le guitariste de Valkø et après le départ de Noémie Wolfs, en 2015, il est devenu la première voix masculine de Hooverphonic. Sans oublier ses collaborations auprès de K's Choice et du pianiste de jazz, Jef Neve. Il a publié son premier elpee, « Gentle intruder », en 2018 et devrait sortir son second opus, l’an prochain. Il est d’ailleurs en préparation.

Sur les planches, il se consacre au chant (of course !) et à la guitare. Il est soutenu par un second gratteur, Sébastien Leye, également préposé aux backing vocals. Dès que Pieter se met à chanter, on reconnaît son timbre de voix puissant, frémissant et mélancolique… mais finalement familier.

Le set s’ouvre par « Black Widow » (NDLR : ne pas confondre avec un groupe sataniste et occulte, né fin des sixties). Les arrangements sont recherchés et les voix bien en place. « Fences » est une nouvelle compo (NDR : Pieter va d’ailleurs nous en proposer une majorité, qui figureront probablement sur son nouvel opus). L’amplitude vocale de Pieter est bien plus remarquable qu’on ne l’imaginait. Pas étonnant que ce soit un fan de Jeff Buckley. « Little Boy » baigne au sein d’une atmosphère réminiscence du « Nothing Really Ends » de dEUS. Et au fil du concert, on assiste à quelques jolies envolées de cordes, mais surtout, progressivement, on se rend compte que la musique de Slow Pilot puise ses références majeures chez les Beatles. Après 30’ de spectacle, Pieter signale que le laps de temps imparti pour son set était trop court pour pouvoir démontrer son potentiel. Une belle découverte quand même !

Setlist : « Black Widow », « Fences », « Little Boy », « Parasites », « Gentles, « Intruder », « Headstone », « Dance The Night Away »

Valkø se produit, ce soir, au Bota, dans le cadre de la release party de son second Ep « Monsters ». Un peu plus de 150 personnes ont répondu présent pour assister à cet événement. 

Sur les planches, elle est épaulée par un trio réunissant le (contre)bassiste Nicholas Yates, le guitariste Pieter Peirsman et le drummer Jordi Geuens. Valkø a enfilé une salopette et est chaussée de baskets customisées par une amie. Elle fait face à son clavier et son micro. Valkø au violoncelle et Nicolas à la contrebasse ouvrent le « Silence In The Dark ». Tout au long de « Monsters », la voix est bien mise en exergue. Une voix dont l’amplitude est impressionnante. Elle peut se faire douce ou lancinante, et même évoquer Björk. Lorsque ce n’est pas le drummer qui donne la mesure, Valkø l’assure à l’aide de son synthé. Elle plaisante d’ailleurs en avouant qu’elle doit regarder son ‘copion’ (L5, E6, c’est presque comme un jeu de ‘Combat Naval’) pour introduire les sons additionnels sur l’instrument. Elle enchaîne par « Daydream (Get Lost) » ; apparemment une nouvelle compo. Après une intro aux ivoires, elle l’interprète d’une voix douce. Elle attaque ensuite « Between You And Me », un morceau qui figurait au répertorie d’Auryn, son ancien projet, en le dédicaçant à un couple (certainement présent dans la salle) dont la rencontre s’est déroulée lorsqu’elle interprétait cette chanson. Hormis lorsque la musique s’emballe, le light show est plutôt sobre. Valkø excelle au violoncelle et le démontre tout au long de « The Mirror ». Elle n’en oublie pas pour autant la cover de « Can’t Get You Out My Head », traduite en hit par Kylie Minogue. Ce n’est qu’en fin de parcours que quelques dames se lèveront de leur siège pour esquisser quelques pas de danse…

A l’instar de son concert accordé deux mois plus tôt, à l’Arena 5, en supporting act d’Asaf Avidan, elle rappelle qu’il faut applaudir pour mériter un rappel. Elle revient donc exécuter « In The Sil », en solitaire. Avant que Pieter ne la rejoigne pour le dernier morceau, « Neverending » …

Un concert intimiste et vecteur d’émotion…

Setlist : « Silence In The Dark » (intro), « Heaven’s Door », « Monsters », « Daydream (Get Lost) », « Between You And Me », « Back Through The Maze », « The Mirror », « The Grace Of Peace », « Going Mad », « Can’t Get You Out My Head » (Cover Kylie Minogue), « The Kind Of Game », « All I Ever Dreamed Of »

Rappel : « In The Sil », « Neverending »

(Organisation Botanique)


 

Lemon Straw

Le puzzle reconstitué…

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Au fil du temps, le Zik Zak, à Ittre, devient une référence, en matière de salles de concerts. Et l’acoustique capable de rivaliser avec celle de l’Ancienne Belgique, constitue un argument de choix. Qui aurait imaginé qu’un jour, le drummer de Deep Purple, Mr Ian Paice, foule les planches du Zik Zak ? Et il n’est pas le seul. En 5 ans, des artistes tels que Les Négresses Vertes, Uli John Roth, Jasper Steverlinck, Eiffel, Graham Bonnet, Geoff Tate, The Nits, Channel Zero ou encore Nashville Pussy ont enflammé le public de la salle brabançonne.

Ce soir, Lemon Straw et Jane Døe en supporting act, sont à l’affiche. Une belle soirée en perspective.

Jane Døe est une expression anglaise qui désigne une personne non identifiée ou un homme de la rue. Un citoyen lambda, si vous préférez. C’est également le patronyme d’une formation issue d’Andenne, drivée par la chanteuse Garcia Geijo Léticia. Mais elle peut s’appuyer sur le drummer Gérard Nicolas, le guitariste Alain Mans et le bassiste/claviériste Patrice Brugneaux.

Le set s’ouvre par « Soon ». L’interactivité entre la vocaliste et l’auditoire est immédiate. Elle parle avec les mains, un peu comme feu le légendaire Joe Cocker. Mais se consacre également au ukulélé ou aux claviers. Sa voix évoque tantôt Björk ou encore l’Américaine Meryl Garbus (Tune Yard).

Nourrie aux références rock alternatives, la dream pop de Jane Døe cherche à nous plonger au sein d’un univers où se mêlent étrange et merveilleux. Mais cet univers peut aussi se révéler sombre, parfois même glacial, un peu comme s’il nous transportait au cœur des fjords du Grand Nord.

Ainsi, « If You Say » nous entraîne dans un périple qui éclot en Irlande, transite par l’Islande avant de s’aventurer sur un territoire tourmenté par les percussions tribales. Et puis, Léticia annonce que le prochain morceau, « My Suzy », est un poème dédié au pays des volcans et du feu. Vous devinez, ce pays, c’est l’Islande. Un pays qu’elle adule. Aux ivoires, elle tire parfaitement son épingle du jeu. Tout comme Patrice, d’ailleurs.

Les accords de gratte dispensés par Alain réverbèrent régulièrement des accents empruntés à The Edge (U2) ; et ils sont puissants. La section rythmique est solide, outre ce drumming qu’on pourrait qualifier de métronomique. 

Un petit message à l’ingé-son qui a parfaitement assumé son rôle, alors qu’il assurait un remplacement.

Jane Døe se produira le 18 décembre 2021, en première partie de Noémie Wolfs, au Belvédère de Namur.

Setlist : « Soon », « Big Bam Boum », « If You Say », « July Died », « My Suzy », « Walking Dead », « In A Lie », « Glow », « Jack Of Hearts », « Who You Are ».

En 2017, Lemon Straw a connu une mauvaise passe. Suite au départ du claviériste Xavier Bouillon (qui avait lui-même déjà remplacé Renaud Lhoest, emporté par la maladie), Giani Sabia et Boris Lori ont traversé une période de doutes et de remises en question. L’idée d’un projet solo a même germé dans l’esprit de Giani ; mais après quelques semaines de réflexion, le band a finalement décidé de reprendre le collier.

Si Martin Moreaux (Minga Wash, Feel) se charge aujourd’hui des fûts, Grégory Chainis est toujours préposé à la basse (NDR : les frère Chainis sont notoires dans la région du Centre ; ils sont d’ailleurs impliqués dans plusieurs groupes.  

Lemon Straw compte déjà 10 années de carrière. Son troisième elpee, « Puzzle », est paru début mars 2020 ; soit juste avant le premier confinement. Et le second n’a pas clarifié la situation, puisque le groupe n’a pu partir en tournée, pour défendre cet LP, que depuis peu.

Le drummer est placé à droite et de biais, de manière à faire face aux trois autres musicos plantés en ligne. Assis, Boris se consacre à la lap steel, à la dobro ou à la gratte électrique. Giani alterne la position assise ou debout, selon qu’il joue des claviers ou de la semi-acoustique. De couleur noire, c’est une Gibson. Au cours du set, il raconte qu’il a quitté son Frameries natal, en 2004, pour partir à New-York, pendant une année. Ajoutant, qu’il a fait des petits boulots pour manger, se vêtir, se loger et vivre. Ce qui lui a permis d’acheter cette guitare, qu’il appelle, sa compagne. Elles sont, selon ses dires, moins onéreuses, aux States.

Martin est en forme ; et hormis lors des morceaux interprétés en solitaire par Giani à la six cordes ou aux ivoires, il va booster de son drumming un set partagé entre folk, rock, blues et pop, hanté régulièrement par Bruce Sprinsteen, mais aussi Charlie Musselwhite et Ben Harper, lorsque Boris souffle dans son harmo ou se consacre à la slide.  

Lors du concert, Giani demande de ne plus lui balancer de la fumée à la figure, car il commence à suffoquer. Il justifie simplement cette doléance en signalant qu’il serait dommage d’endommager une belle voix…

La set list va reconstituer l’intégralité de « Puzzle », entrecoupé de morceaux plus anciens. Un chouette concert accordé face à public nombreux, au sein duquel il y avait même des… Parisiens

Setlist : « Change », « I Can’t Blame You », « I Don’t What’s going On », « Out Of Time », « Angels Never Die », « Gotta Be You », « Magic World », « I Never Do », « Like A Soldier », « Head In The Clouds », « Rider », « Kick Me Out », « Which Side Are You On », « Run »

(Organisation : Zik Zak + Rock Nation)


 

SüB

La Planète Sauvage revisitée…

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Changement de concept ce soir au Zik-Zak. Place à la projection d’un film d’animation. Complices chez SüB et Organic, Joris Oster (YEL, Silver Riot) et Olivier Justin ont profité du confinement pour créer de la musique autrement ; soit en réarrangent et se réappropriant la B.O. du long métrage culte, ‘La Planète Sauvage’, signée Alain Goraguer (NDR : au départ pianiste de jazz, mais surtout notoire comme compositeur et arrangeur, ce natif de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a notamment bossé pour Serge Reggiani, Boris Vian, Boby Lapointe, Jean Ferrat et Serge Gainsbourg).

Le ciné-concert va se dérouler devant une cinquantaine de spectateurs. Beaucoup trop peu pour la performance. Joris et Olivier ont eu une énorme envie de travailler sur une nouvelle façon de vivre la musique, un besoin d’unir le cinéma et les concerts ; puis il a fallu passer au choix du film. On a souvent vu ce type d’exercice de style se focaliser sur des films d’avant-guerre ou proposer des adaptations mégalos du ‘Grand Bleu’ ou de ‘Star Wars. SüB cherchait quelque chose d’autre, plus proche de son univers. C’est en visionnant ‘La Planète Sauvage’ sur Arte que les deux artistes ont eu l’idée de réécrire la bande son.

Pour celle-ci, Joris Oster explique la conception du projet : ‘La musique du film est en réalité assez discrète dans la version originale, mais elle reste néanmoins très intéressante. Lors de notre prestation, il y a 32 séquences musicales que nous avons dû mettre en place chirurgicalement de la façon suivante : 10 d’entre-elles reprennent les thèmes originaux mais réadaptées pour qu’elles puissent être rejoués à deux à l’aide de samples qui tournent en background. Huit sont issues de morceaux du premier album de SüB et d’Organic, deux projets au sein desquels nous sommes impliqués. Les 14 autres séquences sont des compositions spécialement créées pour le film’. A ce sujet, il ajoute : ‘Il a fallu quatre années de travail pour réaliser, dans des studios tchèques, ‘La Planète Sauvage’ avec des dessins de Roland Topor. C'est un film de science-fiction qui relate les mésaventures du peuple des Oms, réduits en esclavage par des créatures géantes. Le dessin animé n'est pas spécialement destiné aux enfants, mais atteint un public adulte beaucoup plus large que celui du ‘Théâtre de Monsieur et Mme Kabal’ de Borowczyk. Le trait tient une place aussi importante que le volume et la couleur dans le style graphique de Topor (qui avait déjà dessiné ses ‘Escargots’ pour Laloux). Malgré la collaboration prestigieuse d'animateurs tchèques des studios de Prague (le film était une coproduction franco-tchécoslovaque), il semble que la technique du ‘papier découpé en phases’ adopté par Laloux n'ait pas été perfectionnée au point de donner toute la souplesse nécessaire aux personnages de Topor. ‘La planète sauvage’, film ambitieux et rare, restera une date dans l'histoire de l'animation française avec la musique obsédante d'Alain Goraguer’.

Olivier se plante à l’extrême gauche du podium, sur une estrade derrière son kit de batterie, son synthétiseur et ses cymbales. L’écran est suspendu en arrière-plan, au beau milieu. Joris s’installe à l’opposé, côté droit et tient à sa disposition sa basse, sa gratte semi-acoustique droite et son thérémine (NDR : Il s’agit d’un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé en 1920 par le Russe Lev Sergueïevitch Termen ; composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, l'instrument a la particularité de produire de la musique sans être touché par l’instrumentiste). Il ne sera cependant utilisé qu’à trois reprises.

Le film est difficile à assimiler ; surtout à la première vision. Plusieurs seraient nécessaires pour en cerner toutes les subtilités. Il est cependant émouvant.

En général, la musique de SüB est échafaudée sur deux lignes de basse. C’est ce qui forge la singularité de l’expression sonore. L’une libère des sonorités distinctes, incisives et mécaniques ; et l’autre, caoutchouteuses. Ces dernières sont absentes lors de ce ciné-concert. Saccadé, le tempo finit par envoûter au sein d’un univers grunge bien seattlenesque, abordé dans l’esprit des Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden et autre Alice In Chains.

Celle d’Organic combine post-rock, électro, prog, psyché, stoner, new wave et post punk. Puissants, les accords de basse sont parfois au bord de la rupture (Peter Hook ?). Les drums sont percutants et les sonorités de synthé, spasmodiques.  

Huit morceaux sont manifestement hantés par les SüB et Organic. Pour le reste, les musicos retranscrivent le climat futuriste du film à travers des sonorités électroniques, quand il ne se frottent pas au funk, au jazz (NDR : c’est l’ADN du concepteur de la B.O.) ou au psychédélisme, tout en tenant compte de l’alternance entre climats doux et sombres. Bref, en mêlant création pure ainsi que réinterprétation propre et en ajoutant des compos originales, le tandem a tout simplement remodelé une bande-son digne de son compositeur, Goraguer.

(Organisation : Zik-Zak)


 

Lay This Drum

Frappant !

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Lay This Drum est un collectif réunissant cinq jeunes percussionnistes. Mais des dames ! Elles attendent de se produire en concert depuis plus de 200 jours. La Covid est passé par là, entretemps… Chacun de leurs concerts est désormais décrété sold out. Et c’est encore le cas, ce soir.

Pas de Covid Save Ticket, mais le masque buccal est obligatoire. Une nouvelle directive de la province du Brabant Wallon vient de tomber. Les organisateurs ainsi que le public présent n’y comprennent plus rien. Pas d’espace entre chaque bulle ni de distanciation sociale. Chaque place assise est occupée. Pas question donc de se lever.

Le quintet réunit Olympia Boule, Annebelle Dewitte, Laurence Loufrani, Aurélie Simenel et enfin Gaëlle Swann (c’est elle qui pilote le band). Et ce spectacle mis en scène par Pierre Lafleur est produit par la Compagnie du Scopitone. Une agréable interrogation sur la question du ‘genre’ féminin/masculin dans notre société moderne qui déboulonne les clichés avec puissance, un brin d’impertinence et beaucoup d’humour, ainsi que le sexisme qui est une réalité dans le monde de la musique (c’est un combat pour Gaëlle). Lay This Drum offre un regard rythmé et poétique sur l’identité dans le monde d’aujourd’hui en posant pour réflexion de départ : ‘Dis, c’est vrai que les femmes savent aussi faire de la batterie ?’

Sur les côtés, on remarque la présence de cinq estrades sur roulettes surmontée d’un tom bass et de deux petits fûts de batterie. Immense, une autre est surmontée d’un énorme tambour sur pieds et d’un tom bass. En général, c’est lui qui va imprimer la cadence. Il y a également dans le fond de la scène cinq cages métalliques tapissées sur le fond d’une toile et également montées sur roulettes

Les filles débarquent l’une derrière l’autre en exhibant un fût d’huile plastifié de couleur bleue, sur lesquels figurent de grandes lettres fluo. Elles se présentent en faisant tourner les fûts pour faire apparaître le logo ‘Lay This Drum’ en 3 phases. Les fûts sont couchés sur le sol. A gauche on amène un établi métallique au plancher en bois. Deux artistes y déposent violement deux caisses outils métalliques (sans faire de pub, de type Facom) qu’elles percutent sur le parquet tout en frappant des pieds sur le sol. Et la manipulation des différents clapets métalliques produit également du bruit.

Les cinq artistes ont enfilé des salopettes de teinte noire –qui arborent un petit logo ‘Lay This drum’ sur le haut, à droite– et sont chaussées de baskets hautes de couleur rouge.

Que faire d’une vieille machine à écrire ‘Remington’ ? Deux des membres du band en posent autant d’exemplaires sur un fût plastifié ; et en frappant sur les touches, créent une jolie mélodie.

Une grosse caisse et quatre caisses claires sont placées en croix et en carré dans l’obscurité. Il ne reste plus alors de visible, chez les percussionnistes, que les bandes réfléchissantes de couleur et les baguettes fluorescentes. Qui battent la mesure en synchro. Une séquence qui rappelle quelque part le groupe allemand Meute.

Une manifestation débute. Gaëlle apporte 10 manches de brosse et les distribue à ses partenaires. Dans le brouhaha, on discerne l’objet de la manif : les agressions à caractère sexuel dont sont victimes les femmes (mouvement incarné par #MeToo ou #BalanceTonPorc). Le band demande à l’auditoire de se répartir en trois sections pour crier des slogans. Et ça marche !

Les cages métalliques sont éclairées par l’arrière et sont retournées vers la foule, après avoir calé les roulettes. Chacun va exécuter un scénario prédéfini en frottant des baguettes contre les parois métalliques des cages.

L’expression des visages est suggestive. La mise en scène est soignée.

Des planches à clous aux seaux de peinture, des talons aiguilles aux boots de chantier, tout ce qui peut être percuté ou frotté est utilisé. Bref, tout est bon pour faire du bruit : des tambours et caisses claires, les pieds frappés au sol, claquements de mains entre elles, sur le corps, sur le torse, sur les épaules ou encore des pneus qu’elles font rebondir sur l’estrade. Et parfois, le tout est ponctué de cris.

En mêlant danse synchronisée et percussions diverses, Lay This Drum a séduit un public essentiellement constitué de quadras et quinquas. Il se produira encore à Bruxelles* et à travers la Wallonie*. Un spectacle qui mériterait de sortir des frontières de la Belgique…

(Organisation : La Ferme du Biéreau)

Photo : Alain Vanstraelen

En concert

VEN., 29 OCT. À 20:00
La Vénerie / esp. Delvaux
Bruxelles

SAM., 30 OCT. À 20:00
La vénerie/Esp. Delvaux
Bruxelles

VEN., 3 DÉC. À 20:00
Crac's/ Sambreville
Auvelais salle Emile Lacroix

VEN., 4 FÉVR. 2022 À 20:15
Braine le Comte
Centre culturel de Braine-le-Comte


 

Scylla

Une histoire de famille…

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Le rappeur Scylla a participé au collectif OPAK avant de se lancer dans une carrière solo. Il est actif sur le circuit depuis plus de 20 ans et remplit même les salles dans l’Hexagone, comme l’Olympia de Paris. Ce Bruxellois a opté pour le pseudo Scylla, en référence à la mythologie grecque et plus précisément à l’épisode de la nymphe qui avait été transformée en monstre marin par Circé.

Il y a plus d’un an et demi que ce concert aurait dû se dérouler à l’AB. La Covid en a décidé autrement. Et 5 jours avant la nouvelle date prévue, il a encore été reporté. Enfin, c’est le grand jour. Cette fois, ça y est et la salle est comble.   

Le supporting act est assuré par un pote de Scylla ; en l’occurrence, Dayaz. Il va accorder un set de 20’ au cours duquel, flanqué de 2 Mc’s, il va chauffer l’ambiance. Mais on va le revoir en action lors du set de Scylla…

Setlist : 1. « Intro » 2. « VIDA Loca » 3. « Frayeur » 4. « I.R.M » 5. « Vous noyés » 6. « Mes faiblesses » 7. « Câbler » 8. « Couteau sous la Gorge »

Scylla est considéré comme l'un des porte-drapeaux du rap conscient belge. D’après le journal ‘Le Monde’, son rap serait influencé par le blues. C’est encore à prouver. Cependant, il se sert d’instruments organiques comme le piano et les cordes, pour mettre en exergue sa poésie. Son dernier opus, « BX Vice », est paru en 2019. Et il va nous en proposer de larges extraits.

Son pianiste favori n’est autre que Sofiane Pamart, un musicien incontournable dans le milieu du rap et du hip hop old school. Sylla y émarge ; c’est même un pionnier du genre.

Il aime s’entourer de MC’s ; et ce soir, Isha, Furax, Barbarossa, B-Lel et Dayaz vont se relayer, même si c’est ce dernier qui aura la préséance. Et lorsque l’un d’entre eux commence à agiter l’éclairage de son smartphone, incitant la foule à l’imiter, on a alors l’impression que l’AB ressemble à la voie lactée. 

Hormis Furax habillé d’un training multicolore, Scylla et ses MC’s sont tout de noir vêtus. Noir comme le parapluie que tient Scylla en main, quand il débarque sur les planches. Noir comme les trois autres pépins ouverts dont on remarque la présence, dans la pénombre (NDR : ils semblent masquer les MC’s qui accompagnent le maitre des Abysses belge), mais également suspendus sur un haut porte-manteau. Sombre comme le décor, somme toute. Et c’est le light show qui va mettre en exergue les différents personnages sur l’estrade. 

La foule est littéralement envoûtée par ses textes qu’il déclame d’une voix très rauque, ses visuels et son jeu de scène. Son flow est constant, sa poésie déborde de rimes sombres, mais criantes de vérité. Il me fait parfois penser à Thomas Akro du collectif Starflam, même si le set baigne au sein d’un climat introspectif réminiscent d’IAM voire d’Akhénaton période « Le micro d’argent ». Il parle justement de la première fois qu’il aurait dû assister à un concert du crew marseillais. C’était aux Halles de Schaerbeek, alors qu’à l’extérieur éclatait des émeutes. De sa jeunesse aussi. Charismatique, il est très volubile. Il s’assied sur un siège et commence à lâcher des vannes. Scylla tient son public dans la main. Il l’incite à mettre le Zbeul, mais également à prendre la pause, moment au cours duquel il remercie sa compagne à genoux, présente sa fille et son fils, sur scène. La famille est présente tant sur le podium que dans la fosse. La famille, ce sont aussi les fans. Mais musicalement, à l’exception du Dj derrière les platines, Scylla et ses MC’s il n’y a personne d’autre sur les planches et c’est bien dommage. Pas de violon et de d’ivoires comme au Cirque Royal il y a 2 ans, mais des samples préenregistrés. Seule la voix de Scylla est en live. On regrettera également le volume sonore un peu trop puissant. N’empêche Scylla a accordé, ce soir, un concert généreux et riche en sensations. C’est la première fois que votre serviteur assistait à un de ses spectacles. Une idée du fiston qui l’a entraîné dans cette aventure. Et une bonne idée, parce que pour une fois, c’est lui qui a entraîné son Daron, et pas le contraire….

(Organisation : Ancienne Belgique et Back In The Dayz)


 

Flavia Coelho

Aux rythmes endiablés des cariocas…

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C’est la rentrée post-covid à l’AB et ce lundi 6 septembre, l’affiche est double, puisqu’elle accueille Flavia Coelho et Chicos Y Mendez. Une affiche ensoleillée, festive, dansante et colorée pour un spectacle auquel pourra assister un public de plus de 250 personnes, sans masque ni distanciation sociale, mais sur présentation du Covid Save Ticket. La salle est en mode Box (600 personnes) et elle est sold out.

Le périple proposé ce soir va traverser la cordillère des Andes, depuis le Venezuela au Chili, en passant par la Colombie, l'Équateur, le Pérou, la Bolivie et l'Argentine, mais également nous entraîner jusqu’aux Caraïbes, et tout particulièrement en Jamaïque.

Chicos Y Mendez a été choisi pour entamer les hostilités, mais il aurait pu, tout aussi bien, clôturer la soirée. De son véritable nom David Méndez Yépez, le Bruxello-péruvien partage sa joie de vivre sur scène et ce n’est pas pour nous déplaire. Sur les planches, il est soutenu par un backing group de quatre musicos : un préposé à la guitare électrique, un autre aux cuivres (chauve et barbu il souffle tantôt dans une trompette piccolo ou en ‘Ut’ à valves rotatives), un bassiste et un drummer. Ce dernier a été installé en retrait sur une estrade. Juste à côté d’une autre sur laquelle campe des bongos destinés au batteur et des synthés au sixcordiste.

Chicos Y Mendez pratique de l’alterlatino. En quelques sorte, une musique latino-américaine alternative qui cherche à se réinventer sans la dénaturer, se connecter à ses racines tout en créant son propre chemin, mais également en véhiculant des textes engagés, traitant des problèmes rencontrés par la société contemporaine lorsqu’ils n’évoquent pas son pays natal ; des chansons interprétées tantôt en français ou en espagnol.

Les hauts parleurs crachent une musique préenregistrée, avant que le combo ne grimpe sur le podium, sous un light show de couleur rouge. Le set s’ouvre par « Llévate ». L’intervention du trompettiste est immédiatement suivie par celle du drummer. Place ensuite à « Respira » (NDR : dont le clip –à découvrir ici– a été tourné en République Dominicaine, à Los Cacaos), une compo qui invite les gens à prendre du recul, saisir l’importance, la sincérité et la profondeur des moments simples et anecdotiques de notre existence. « Porque » incite la foule à esquisser quelques pas de danse. L’ambiance monte d’un cran. « Proliferanos » adopte un profil plus rock. « Parte De Mi » draine de plus en plus de monde sur le dancefloor, mais en groupe. L’enthousiasme de David commence à contaminer l’auditoire. Une choriste débarque sur le podium et participe à la seule chanson interprétée dans la langue de Voltaire, « Ils dansent ». Elle est même slammée. « Mi Ciudad » nous entraîne sous le soleil de Kingston. Lorsque Flavia Coelho rejoint le quintet, la foule s’enflamme. Elle et David échangent un duo pour « Reggaeton Feminista », sous un climat toujours aussi jamaïcain. Mais dans l’esprit de Mano Negra voire de Manu Chao. Et « Nostalgia Mia » clôt le concert. Avant un rappel sous la forme de « Sendito ». L’exploration intégrale de l’album est terminée. Un bon moment à revivre sur ABTV ici

La fête ne fait que commencer !

Setlist : « Llévate », « Respira », « Porque », « Proliferamos », « Dilo Mas », « Parte De Mi », « Ils dansent », « Mi Ciudad », « Reggaeton Feminista », « De Pie », « Nostalgia Mia »

Rappel : « Sendito »

Brésilienne, Flavia Coelho est née le 26 juillet 1980, à Rio de Janeiro. En 2002, elle se produit en Europe au sein d'une troupe de carnaval. Installée depuis 2006 à Paris, elle chante dans le métro et dans un bar de Saint-Ouen, où elle fait la connaissance du musicien camerounais Pierre Bika Bika. La véritable aventure musicale débute.

Son dernier opus, « DNA » est paru en 2019, une œuvre dont les compos abordent les thèmes de la corruption, de l’homophobie et du racisme, mais qui fait également écho à la situation politique du Brésil.

Trois estrades sont installées sur le podium. A gauche, celle du drummer/percussionniste. Il a le rythme dans le sang et une sorte de pot de fleurs retourné sur la tête, mais sans les fleurs. A droite, celle du claviériste, coiffé d’un chapeau de cow-boy. Plus petite, celle plantée au centre est destinée à Flavia pour exécuter ses pas de danse.

Elle est vêtue d’une tenue moulante au couleurs des cariocas.  

La setlist réunit principalement des extraits des deux derniers albums ainsi que l’inévitable hit « Paraiso ».

Sa voix sensuelle et son flow énergique se baladent au rythme des influences brésiliennes et afro-latines mêlant joyeusement samba, baile funk, reggae, afrobeat, boléro, hip-hop, et forró.

Sur le podium, l’ambiance est digne du carnaval de Rio, une ambiance qui se propage dans la fosse. Faut dire qu’elle a le don pour chauffer le public.

Elle chante tour à tour dans la langue de Luís de Camões ou de Voltaire.

Flavia interagit entre chaque chanson avec le public. Elle incite la foule à lever les bras ou à danser. Une silhouette lumineuse se dandine dans le fond juste derrière l’estrade qui lui est destinée. Flavia fait tourner son chignon haut, comme une hélice, chevelure qu’elle dénoue à mi-parcours. Moment choisi pour jouer des percus devant le kit du batteur.

Flavia nous parle du Brésil qui célèbre le sourire, la dance et surtout l’amour. Pour elle, l’amour est essentiel et elle invite son public à rencontrer sa voisine ou son voisin sauf si l’on est accompagné…

Une toute belle fête à la musique et aux rythmes endiablés des cariocas… également à revivre

(Organisation : Ubu concerts + Ancienne Belgique)


 
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