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Interpol

Un peu trop sur rails…

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Pas grand monde à l’arrivée de votre serviteur devant les grilles de Forest National. Même à l’ouverture des portes la foule ne s’y bouscule pas. Interpol s’y produit, pourtant, ce soir. Il est venu défendre son dernier elpee, « Marauder », paru en septembre dernier. Un bon cru ! Pourtant, il y a de quoi être inquiet de l’affluence. 2 500 personnes sont attendues, alors que la salle peut en accueillir plus de 7 000. Mais en pénétrant au sein de FN, on se rend compte que les lieux ont été aménagés en conséquence. Les balcons du haut sont condamnés par d’immenses tentures noires. La fosse a été réduite des deux tiers. Le podium s’avance profondément dans la fosse. Et les premiers gradins se remplissent correctement. Une formule ‘club’ qui va se révéler intéressante, favorisant la proximité entre la foule et les artistes ; et puis elle va procurer un son de bonne qualité. Ce qui est plutôt rare dans cette salle.

Le supporting act est assuré par Nilüfer Yanya. D’origine turque d'origine turque, irlandaise et bajan, cette Londonienne figure dans la liste finale du ‘BBC Sound’, en 2018. En outre, elle a été invitée par Courtney Barnett pour jouer dans le cadre du denier ‘Sonic City’. 

Sur les planches, elle est soutenue par la multi-instrumentiste Jazzi Bobbi et le claviériste/bassiste, Luke Bower. Blonde, Jazzi se réserve de superbes envolées jazzyfiantes au saxophone. Graveleux, soul groovy, le timbre de voix de Nilüfer est savoureux. Tour à tour, on pense à la regrettée Amy Winehouse, Sade voire Janelle Manaë. Evidemment, les racines moyen-orientales de Mrs Yany filtrent à travers sa musique. Et tout particulièrement sur la reprise du « Hey » des Pixies. Elle nous réserve, son nouveau single, le touchant « Heavyweight Champion of the Year », en primeur. Elle se produira dans le cadre de l’édition 2019 des Nuits Botanique, le 29 avril.  

Place ensuite à la tête d’affiche, Interpol. Du line up initial, il ne reste plus que Paul Banks (voix, guitare rythmique) et Daniel Kessler (guitare, chœurs). On pourrait presque ajouter Sam Fogarino (drums), présent depuis l’an 2000. Sur les planches, Ils sont soutenus par Brandon Curtis (claviers, chœurs) et Brad Truax (basse). A son actif, six opus studio. La set list va privilégier le dernier, « Marauder », ainsi que les deux premiers, 2002 : « Turn on the Bright Lights » et « Antics », le troisième, « One love too », ne livrant que deux titres.

Surmontés d’énormes spots, dix gigantesques tubes leds verticaux entourent les artistes. Trois boules à facettes sont disposées à des hauteurs différentes, et elles vont refléter les faisceaux lasers dans la fosse.  

« Pionneer To The Falls » ouvre le set. Les artistes sont bien alignés mais adoptent une posture plutôt statique. La voix de Banks –peu interactif, par ailleurs– et l’instrumentation respectent un parfait équilibre, reflétant une belle homogénéité au sein du groupe. Et si les claviers s’immiscent insidieusement dans l’ensemble, c’est quand même les percus, tribales et énergiques de Sam Fogarino, qui s’imposent tout au long de « C’Mere », et de briller par ses interventions de caisse claire sur « Stay In Touch ». De temps à autre, les spectres de Joy Division et des Chameleons se mettent à rôder, mais également ceux de Kraftwerk, à cause des sonorités électroniques, qu’on pourrait qualifier de métronomiques. Les titres se succèdent sans la moindre surprise. Section rythmique imparable, cordes de gratte incisives, voix bien timbrée, mais sans grande passion : c’est irréprochable, mais un peu trop sur rails. Y compris lors d’un rappel, réservant à l’auditoire, trois compos…

Setlist : « Pionneer To The Falls », « C’Mere », «  If You Really Love Nothing », « Public Pervert », « Roland », « Complications », « Say Hello To The Angels », « NYC », « The Rover », « Rest My Chemistry », « NYSMAW », « Stay In Touch », « All The Rage Back Home », « The New », « Flight of Fancy », « Slow Hands ».

Rappel : « Lights », « Evil », « Obstacle 1 »

(Organisation : Live Nation)

La Jungle

Une course-poursuite entre musique et physique

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La Jungle est de sortie, ce soir, au Salon de Silly, dans le cadre des Nuits Plasma. En tournée, le duo revient de Dijon pour assurer une des dernières dates de l’année 2018. Pas trop le temps de réaliser des balances parfaites. No prob, ces pros sont capables de les régler dès les premières minutes du set. Qui va se dérouler au sein du bistrot, en formule club. Et il y a du peuple pour accueillir la paire montoise…

Screaming Use Of Bass assure le supporting act, un quatuor atypique impliquant deux bassistes, dont Joris Oster (Yel, Organic, Silver Riot) et Michaël Colart, mais également le chanteur Jairo Alvarez Garcia et le drummer Olivier Justin (Organic,Yel).

« Just Shine » ouvre les hostilités. Et, bien évidemment, c’est la combinaison entre les deux basses qui forge la singularité de l’expression sonore. L’une libère des sonorités distinctes, incisives et mécaniques ; et l’autre, caoutchouteuses. Saccadé, le tempo finit par envoûter. La voix est limpide, atmosphérique ou enflammée. Et la musique navigue quelque part entre cold wave, rock, indus, post punk, psyché, stoner, électro et prog. Parfois, le spectre d’Archive se met à planer. Mais également, et sans trop savoir pourquoi, celui de Pearl Jam. Le groupe n’en oublie pas « Agora », son single percutant. « Plastic Dream » met en exergue des percussions paradoxalement sauvages ou métronomiques. A limite de la saturation, une des basses claque littéralement, tout au long de « Perfect Profile ». La formation a prévu de graver un album en 2019. Mais si vous souhaitez en connaître davantage sur ce combo, cliquez ici.

Setlist : « Just Shine », « Emergencia », « Breackdown », « Cinnamon Light », « Perfect Profile », « Sliding Doors », « Plastic Dream », « Agora », « Utopia ».

Mathieu Flasse et Rémy Venant appliquent la fameuse équation ‘1 + 1 = 3’ à leur math/kraut/noisy/funk rock transique et débridé. Une six cordes, un casio et un kit de batterie : après deux breaks et trois accords, ils font déjà péter le mercure, alors que les yeux s’irritent de sueur. Au sein de cette jungle équatoriale, peuplée de bêtes sauvages, dangereuses et venimeuses, la température devient rapidement torride et humide.

Structurées en crescendo, parfois même s’ébrouant sur un tempo lent, les compos giclent de riffs métalliques, d’éclats de noise, alors que les assauts de toms et cymbales sont guidés par les oscillations du stroboscope. Les loops sont créés en ‘live’, à partir de la guitare ou de la voix. Rien n’est préenregistré, et pourtant le résultat est rigoureux. Un peu dans l’esprit de Métroland voire de Kraftwerk. Et des morceaux comme « Hahehiho », « Ape In A Python » ou « Thylacine » en sont de parfaites illustrations. Un concert de La Jungle est considéré comme une expérience unique à découvrir. L’énergie est omniprésente. On a l’impression d’assister à une course-poursuite entre musique et physique. A l’issue du show, les t-shirts des musicos sont trempés de sueur, comme s’ils sortaient de la machine à laver, sans avoir été essorés…

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Angèle

Prête pour les grandes scènes…

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La tournée d’automne d’Angèle va pratiquement se dérouler à guichets fermés, à l’instar de ses deux concerts programmés à l’Ancienne Belgique. Si bien que de nouvelles dates ont été ajoutées pour 2019, dont le Palais 12, le 19 novembre, et le Lotto Arena, le 10 novembre.

De l’anglais au français, de la pop au r’n’b, Angèle est parvenue progressivement à imposer son style volontiers décalé. Y compris dans l’Hexagone, où elle va d’ailleurs se produire l’an prochain. Angèle n’est autre que la sœur de Romeo Elvis, la fille de Marka et de Laurence Bibot. Cependant, à 22 ans, elle n’a pas besoin de ce lien filial pour réussir et se forger un prénom. Elle s’en détache même. Joyeuse, joueuse, désinvolte (un peu), la Bruxelloise prend par exemple de haut la « Loi De Murphy » une chanson co-écrite avec Veence Hanao et Matthew Irons, qui a atteint plus de seize millions de vues sur la toile. Et ses deux singles suivants, « Je Veux Tes Yeux », puis « La Thune », marchent allègrement sur les traces du premier tube. Musicalement, elle tire aussi bien parti de la pop, de l’électro que du hip hop, parfois du jazz, une forme d’éclectisme dont s’inspirent de nombreux artistes contemporains.   

Salomé Dos Santos assure le supporting act. Alias Blu Samu, cette compositrice-interprète belgo-portugaise est originaire d’Anvers, mais relève de la scène hip-hop bruxelloise. Elle vit auprès de ses potes du 77 et se produit à travers le pays, en compagnie de Zwangere Guy. Mais depuis la sortie de son Ep « Blue », en 2015, elle a séduit de nouveaux adeptes grâce à son mélange intuitif de hip-hop et de soul. Tout de go, elle annonce qu’elle doit mettre le feu ; et flanquée d’une djette, elle va entretenir une belle ambiance dans la fosse. Elle prépare l’enregistrement d’un premier elpee…

Deux estrades sont disposées sur le podium. Celle de gauche est destinée au drummer, et de droite au préposé aux synthétiseurs et machines. Plus de bassiste. Un synthé de couleur rouge sur roulettes est réservé à Angèle (NDR : ce qui lui permettra de le déplacer sur les planches). Alors que le light show inonde la scène, les musicos débarquent. On devine également la présence de deux yeux projetés sur une toile de fond. On entend la voix samplée d’Angèle. Le regard est maintenant bien visible, alors que l’artiste déboule, armée d’une immense mitraillette en plastique de teinte bleue. Elle dépose le jouet sur l’estrade. Elle est vêtue d’un pantalon rouge, un pull en treillis militaire et est coiffée d’un béret. L’auditoire lui réserve de longs applaudissements.

Le set s’ouvre par « La Thune ». Elle bondit d’avant en arrière, sur un rythme de reggae, tout en invitant la fosse à jumper. Ses deux musicos assurent les chœurs. Tout en chantant, elle tâte du MPD, placé à sa droite et salue le public. Elle vient se planter derrière son clavier et attaque l’engagé « Balance Ton Quoi » Le public s’emballe. Elle calme le jeu et signale que c’est elle qui chante. Elle ajoute qu’une petite chatte doit traverser l’œil et si elle va trop vite, elle risque de se casser la figure. La Bruxelloise reprend tout à zéro et lorsque le public est en effervescence, elle exécute quelques pas de danse, alors que le jeu de lumières nous en met plein la vue. Lors du plus paisible « Les Matins », elle se sert de son fameux clavier rouge sur roulettes. La foule reprend en chœur le refrain de « Jalousie », un autre titre au cours duquel le light show est à nouveau éblouissant.      

Angèle est modeste, humble, à taille humaine. Elle a la tête bien sur les épaules, mais c’est indéniable, sur les planches, c’est une fille sensible qui vit ses chansons et son écriture. Tout au long de « T’es Beau », la cover de Pauline Croze, les premiers rangs lèvent les bras et les balancent de droite à gauche, alors que smartphones illuminent la salle. « La Loi de Murphy » déclenche un fol enthousiasme dans la fosse ; un morceau au cours duquel l’interactivité entre Angèle et le public est à son comble. Il connaît parfaitement le refrain et le reprend en chœur. En se produisant dans la capitale de l’Europe, elle ne pouvait négliger « Bruxelles ». Et puis, c’est chez elle. Enfin, pour clore le spectacle en beauté, son frangin, Romeo Elvis, la rejoint pour interpréter « Tout Oublier ».  

Mais Angèle va nous accorder un rappel de trois chansons. Elle revient donc sur le podium, après avoir enfilé un froc scintillant. Au cours de « Ta Reine », elle remercie son public, ses musicos, son manager et sa famille. Et après « Flou », elle conclut ce concert par l’inévitable « Je Veux Tes yeux »…

Manifestement, le nouveau show d’Angèle a été imaginé pour les grandes scènes. En outre, ce soir, elle a conquis un public intergénérationnel…

Setlist : « La Thune », « Balance Ton Quoi », « Les matins », « Victime Des réseaux », « Jalousie », « T’es Beau » (Pauline Croze cover), « La Loi de Murphy », « Bruxelles » (Dick Annegarn Cover), « Nombreux », « Flemme », « Tout Oublier » avec Roméo Elvis.

Rappel : « Ta reine », « Flou », « Je veux tes Yeux ».

(Organisation : Live Nation)

 

 

Kim Wilde

Une belle nuit avec Kim Wilde...

Ce soir, Kim Wilde nous a fixé deux rendez-vous. Contrairement à Laurent Voulzy, qui se lamentait pendant ses ‘nuits sans Kim Wilde’, nous allons passer ‘une belle nuit en sa compagnie’… Lors du concert, bien sûr, accordé dans la salle De Roma, à Anvers, mais grâce aussi, juste avant, lors d’une entrevue exclusive que la reine de la synth-pop des années 80 a accordée à Musiczine. Encore un peu de patience avant de découvrir cette interview qui sera publiée prochainement. Par contre, vos yeux impatients lisent, pour l’instant, le compte-rendu de sa performance 'live'…

Après avoir aligné une multitude de hits entre 1981 et 1985, puis traversé une période de repli dans le calme de sa propriété sise au cœur du Hertfordshire, Mrs Smith (NDR : c'est le vrai nom de Kim Wilde) opère pour l'instant une seconde carrière étonnante, déplaçant les foules dans l'Europe entière. Pour se rendre compte de sa popularité, il suffit de regarder les premiers rangs. Plusieurs centaines de fans sont massés devant le podium de la Roma dès l'ouverture des portes, attendant impatiemment leur idole.

C'est une véritable ovation que reçoit la chanteuse au moment où elle monte sur l’estrade. Elle porte une tenue noire de 'space warrior', chamarrée de pépites qui scintillent sous les 'sunlights'. Evidemment, les années ont passé et la jeune fille élancée est devenue une femme mûre aux formes plus rondes. Mais le caractère est toujours bien là : Kim Wilde est souriante, enjouée même. Dès les premiers morceaux, « Stereo Shot » et « Water On Glass », elle s'amuse avec le public et ses musiciens. Dans le groupe, on retrouve bien entendu son frère Ricky, co-compositeur et producteur, que la chanteuse présente comme celui sans lequel rien ne serait arrivé. A côté d'elle, figure également la fille de Ricky, Scarlett, qui s'acquitte des 'backing vocals' et virevolte sur scène comme une jeune polissonne un peu gothique.

Les hits sont interprétés dans des versions plus 'rock' que les originaux ; et pour cause ce soir le line up implique deux batteurs et deux guitaristes. Les arrangements très 'power-pop' permettent de passer un petit coup de baume sur les « View from A Bridge » et autre « You Came ». Seul le morceau « Cambodia », enrichi de superbes sons de synthétiseurs, conserve ses arrangements originaux. Au fur et à mesure que les hits se succèdent, la ferveur est de plus en plus palpable dans la fosse. Vers le milieu du show, Kim s'offre une petite session en acoustique pour interpréter des versions touchantes de « Hey Mr Heartache » et « Four Letter Word ».

Mais dès la fin de cette séquence, le rouleau compresseur se met en marche. Les volumes grimpent dans le rouge pour la version remixée de « Cyber Nation War », le puissant et efficace « Chequered Love », ainsi que la reprise du « You Keep Me Hanging On » des Supremes, dont le refrain est repris en chœur par tous les fans, du premier au dernier rang. Un grand moment ! 

Mais interpréter « 1969 », en fin de concert, constitue une petite erreur stratégique. Enfin, à notre humble avis. En outre, l'ambiance retombe d’un cran lorsque Kim raconte sa rencontre avec un OVNI, une expérience vécue en 2009. D’autant plus que le morceau, extrait du dernier album « Here Come The Aliens », ne déclenche pas l'hystérie escomptée. Au contraire, le traitement scénographique du thème ‘ufologique’ est par trop ironique pour ne pas dire dénigrant ; les effigies d'aliens imprimées à l'arrière des vestes des musiciens et les lasers ‘martiens’ accentuant cette impression. Dommage, surtout quand on considère le sérieux et la sincérité la chanteuse par rapport au thème des objets volants et phénomènes aérospatiaux non identifiés (NDR : on en reparlera dans l'interview).

Heureusement, lors du rappel, un autre nouveau morceau, « Pop Don't Stop », remet les pendules à l'heure grâce à son refrain imparable et le final est, comme on s'en doutait, consacré à « Kids In America », un bijou sorti en 1981.

Sur les planches, d'une gentillesse et d'une sincérité remarquables, Kim Wilde est tout simplement lumineuse. Sa voix est impeccable et, malgré quelques petites imperfections, la magie du concert a opéré, ravissant, finalement, tous les fans, dont votre serviteur…

Pour regarder les photos de David Alexandre, c'est ici

Organisation : De Roma

Merci à Kim et Ricky Wilde, à Sean chez Mixdown Management, à l'émission WAVES (Radio Vibration) et à De Roma.

Setlist Kim Wilde :

Stereo Shot
Water on Glass
Never Trust a Stranger
Kandy
Krush
Cambodia
Birthday
Yours 'til the End
Solstice
Words Fell Down
Bladerunner
Hey Mister Heartache
Four Letter Word
Rosetta
Cyber Nation War
View From a Bridge
Chequered Love
You Came
You Keep Me Hangin' On (The Supremes cover)
1969

Encore:

Pop Don't Stop
Kids in America

En supporting act, un jeune duo hollandais répondant au patronyme de Pyn nous a réservé un set sculpté dans un style indie-pop électronique et minimaliste…

Lydmor

Un partage des émotions…

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Dans le cadre de son projet ‘Live Europe’, l’Ancienne Belgique a décidé d’aller à la découverte d’artistes ou de groupes émergents. Lydmor figure parmi les heureux élus et elle est venue défendre son second elpee, « I Told You I'd Tell Them Our Story », paru en septembre dernier.

Issu du Nord de la Belgique, Amery est programmé en supporting act. Ses singles y cartonnent. Notamment « I need lovin », « So good » et « Blame ; et son dernier, « You Know », devrait suivre le même chemin. Soutenu par Studio Brussel, il compte Elton John parmi ses admirateurs.

Sur l’estrade, il est épaulé par un drummer et un préposé aux synthés. Bien que timide, le chanteur possède une voix puissante. Influencée par Rihanna et Michael Jacskon (NDR : ses idoles), sa musique baigne dans une forme de néo-soul au relents électro, une expression sonore dynamisée par des percus caribéennes produites par des samples. Curieux, entre les morceaux, il ne s’exprime qu’en anglais. Il se balance de gauche à droite agrippé à son pied de micro. Un artiste à suivre, c’est une certitude…

Originaire des îles Féroé (NDR : de Aarup, très exactement), Lydmor (NDLR : un patronyme plutôt morbide), aka Jenny Rossander, est chanteuse/compositrice/interprète/musicienne. Mais c’est également une djette. Elle intègre sa vision du monde à travers une électro/pop dansante et créative. En outre, ses textes traitent aussi bien de sexe que de drogue. Très jeune, elle s'est initiée à la musique de manière créative. Elle s’est établie à Shanghai, depuis déjà quelques années. C’est là qu’elle a trouvé son sound électro rythmique, en compagnie duquel elle parcourt à présent la planète, du plus petit club au plus branché des festivals. Et c’est en Asie qu’elle a été découverte par John Rohan et Hendrick d’Arsenal, lorsqu’ils ont ébauché leur projet « Furyo ».

Lydmor est seule sur les planches et se sert d’un synthé, d’un ordinateur et d’un MPD. Un espace rectangulaire lui est réservé pour ses évolutions scéniques. Cet espace est délimité par une dizaine de lampes néons placées verticalement sur trépied dont la lumière va varier suivant les beats électro dispensés par les machines. Douce et délicate, sa voix s’intègre parfaitement à la musique. Très interactive, la Scandinave se promène régulièrement dans la fosse, n’hésitant pas à caresser un crâne ou le torse des spectateurs. Pas de distinction de sexe, tout le monde a droit à ses égards. Tout dans son show est lié : l'éclairage, la musique, le chant. Chaque chanson raconte une histoire qui la touche personnellement et elle cherche à partager ces émotions avec le public. Au bout de 60’, elle tire sa révérence, à l’issue d’un set qui n’en a certainement pas manqué… 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Bring Me The Horizon

Plein la vue et les oreilles…

Écrit par

Ce soir, c’est le grand retour de Bring Me The Horizon, dont la nouvelle tournée a été baptisée ‘First Love Tour’. Cette formation insulaire, issue de Sheffield très exactement, est née en 2004. Et sa musique a constamment évolué. A l’origine deathcore, elle est passée par le metalcore avant d’embrasser un rock plus alternatif, à la limite du popcore, généreusement nourri par l’électronique. Et son dernier opus, « That's the Spirit », paru en 2015, en est certainement la plus belle illustration. Son nouvel elpee, « Amo », devrait paraître en janvier 2019.

Yonoka assure le premier supporting act. Lorsque le combo grimpe sur l’estrade, la salle est encore clairsemée, et surtout les gradins. Au fil de la soirée, elle va se remplir…

Issu de Brighton, ce quatuor implique la chanteuse Theresa Jarvis, le guitariste George Edwards, le bassiste/claviériste Alex Crosby et le drummer Robert Mason. Une tenture est tendue derrière le drummer et un immense ‘Y’ de couleur rouge est imprimé au milieu de la toile. C’est le sigle de reconnaissance du groupe. La chanteuse est vêtue d’un legging gris à paillettes et d’une large veste rouge genre ‘grosse doudoune. Lors de son concert, le band va puiser généreusement dans ses deux Eps, « Teach Me To Fight » et « Creature », gravés cette année, ainsi que « Heavy », en 2016…

Le radiophonique « Own Worst Enemy » ouvre le show. Fruit d’un cocktail entre électro et métal, l’expression sonore est censée être dynamisée par la voix puissante et mélodieuse de Jarvis. Mais elle peine à s’en extraire. « Waves » (« Teach Me To Fight ») libère des envolées davantage pop que métalliques. « She's Not There » (NDR : ce n’est pas la célèbre chanson des Zombies, mais une reprise des Cranberries) est truffée de beats électro. En milieu de parcours, la section rythmique devient sauvage alors que la voix survole enfin l’instrumentation. Eclectique, « Creature » se nourrit d’indie et d’alt rock ainsi que de punk. Malgré des critiques favorables en Grande Bretagne, Yonoda n’a pas vraiment convaincu ce soir… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Own Worst Enemy », « Ignorance », « Waves », « Drongo », « She's Not There » (The Cranberries cover), « Creature », « Fire Up », « F.W.T.B. ».

The Fever 333 est un projet qui réunit le chanteur Jason Butler (Letlive), le guitariste Stevis (The Chariot) et le drummer Aric Improta (Night Verses), un trio qui va littéralement tout écraser sur son passage… A son actif, un album. Intitulé « Made In America », il est paru en mars 2018. 

La salle est maintenant comble lorsque le combo débarque sur l’estrade. Tatoué, Butler a enfilé une salopette. Il s’est forgé une réputation de showman imprévisible. La théâtralisation de ses attitudes implique des mouvements non-stop à haute énergie, des routines de danse, la destruction d'objets sur la scène et un surf fréquent au sein de la foule.

Avant d’aborder « Burn it », le premier titre, il est seul sur le podium, immobile, un sac de jute noir recouvrant sa tête. Des images défilent. Celles de manifestants défiant les forces de l’ordre. Du Führer saluant ses partisans. D’un drapeau américain en décomposition et en flammes. Pas de son. Cette intro se poursuit par le célèbre discours de Charlie Chaplin dans ‘The Great Dictator’, puis par celui prononcé lors d’une réunion du Ku Klux Klan. Puis il enlève et jette cette cagoule au loin. Il s’avance alors vers le bord de la scène et le band attaque « We Are Coming In ». Jason lance son micro en l’air et le rattrape. Il quitte l’avant de l’estrade, qu’il va régulièrement squatter, pour traverser la foule, monter sur le bar, escalader les barrières avant d’atteindre les gradins. Le roadie chargé de le suivre éprouve alors d’énormes difficultés à libérer le fil de son micro. Il achève sa compo, et décide de poursuivre son périple dans les gradins et la fosse, tout au long de « Made An America ». Il revient sur les planches pour « One Of Us ». Stevis tournoie avec sa guitare. Sans câble, heureusement, alors que le batteur se lève de son siège afin d’haranguer l’auditoire et l’inciter à lever les bras, applaudir et jumper. Pendant que Butler exécute une danse tribale, un carton s’élève de la foule sollicitant des sticks. Jason en pique au drummer et les lance au quémandeur. Puis lors du titre suivant, en récupère d’autres, et replonge dans la fosse. Il les frappe sur le bord du podium, remonte dessus afin de récupérer un tom bass qu’il cogne alors sauvagement. Puis le balance en direction du batteur. Il entame ensuite une série d’exercices de human beatbox. Ce qui provoque une montée de la température dans la salle. Les smartphones s’allument pour immortaliser ce moment magique. Pendant « Walking In My Shoes » (NDR : non, ce n’est pas une cover de Depeche Mode), sa voix emprunte les mêmes intonations que celles du Chester Bennington (Linkin Park). Hanté par Rage Against The Machine et POD « Hunting Season » clôture ce spectacle au cours duquel les musicos ont livré tout ce qu’ils avaient dans les tripes. Le rapcore super communicatif de The Fever 333 a vraiment mis le feu aux poudres… (pour les photos, c'est )

Setlist : « Burn It », « We're Coming In », « Made An America », « One Of Us », « Beatbox & Drum Solo », « Trigger », « Walking in My Shoes », « Hunting Season ».

Bring Me The Horizon est de retour. Son chanteur charismatique, Oli Sykes, en est la figure de proue. Il est épaulé par le fidèle bassiste Matt Kean, le claviériste/percussionniste Jodan Fish, les gratteurs Lee Malia et John Jones (lead) ainsi que le drummer Matt Nicholls. La scène a été relevée de 70 centimètres sur toute sa surface afin d’y glisser des canons à fumigènes. Pour le light show, trois rampes rectangulaires couvrent toute la superficie du podium au dessus des musicos. Ils sont actionnés par des vérins qui montent ou descendent en fonction des morceaux. Et ce jeu de lumières est vraiment grandiose, mais aussi particulièrement aveuglant. Des spots de couleur blanche se focalisent sur Oli qui débarque, triomphant, le micro levé à bout de bras. Il pivote sur lui-même et le combo se lance dans son nouveau single, « Mantra ». Les smartphones sont déjà en éveil. Enthousiaste, la foule jumpe généreusement. Et les personnes assises aux balcons se lèvent dès la première déferlante de notes. Oli invite la foule à chanter « House Of Wolves », tout en jumpant. 10 000 âmes qui s’exécutent pendant plus de 5 minutes, c’est vraiment impressionnant.

Les riffs de grattes semblent émaner de l’enfer. Les canons à fumigènes se déclenchent. La formation abandonne ses sonorités metalcore et hardcore, pour adopter un style plus mélodique, proche du metal alternatif, du nu metal, du pop metal voire de l'électro-rock, tout au long de « Go To Hell, For Heaven’s » (« Sempiternal »). Un changement radical de style ! Les cordes se révèlent à la fois frémissantes et entêtantes. Les chœurs sont limpides. Jordan Fish se charge d’ailleurs régulièrement des backing vocals. Sykes accomplit des kilomètres sur planches, même s’il occupe surtout l’avant-scène. Tout au long de « It Never Ends », il s’arrache littéralement les cordes vocales. « Sleepwalking » ouvre une parenthèse plus paisible. Et dans un même climat, Sykes et Lee Malia nous réservent une version acoustique de « Drown », pour achever le set.

Et en rappel, le band va nous accorder deux titres, « Doomed » et « Throne ». Pour celles et ceux qui ont manqué ce concert, rappelons que BMTH se produira l’an prochain, dans le cadre du festival Rock Werchter, le 18 juin… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Mantra », « House Of Wolves », « Avalanche », « Go To Hell, For Heaven’s », « Sake », « It Never Ends », « Wonderful Life », « Shadow Moses », « Happy Song », « Sleepwalking », « Can You Feel My Heart », « Follow You », « Antivis » , « Drown ».

Rappel : « Doomed », « Throne ».

(Organisation : Live Nation)

Parquet Courts

Tout avait pourtant bien commencé…

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Ce jeudi 15 novembre, le Botanique accueillait Parquet Courts. En une petite décennie d’existence, le groupe new-yorkais est devenu incontournable sur la scène rock alternative. Digne héritier des Talking Heads, Television, Sonic Youth et consorts, il a publié récemment, un remarquable troisième opus, intitulé “Wide Awake!”. Un album qui devrait intégrer, à juste titre, les tops de l’année 2019. Preuve de sa notoriété coiffant, l’Orangerie a été décrétée sold out...

Vers 21 heures, la salle est comble et la température commence à grimper. Le quatuor monte sur les planches. Le bassiste, Sean Yeaton, dont la coupe de cheveux rappelle celle de Mireille Mathieu, se plante au centre. Le chanteur/guitariste Andrew Savage opte pour sa gauche et l’autre guitariste/chanteur A.Brown (et occasionnellement claviériste), sa droite. Enfin, en retrait, l’autre frère Savage, Max, s’installe derrière ses fûts.

Le set débute par le titre qui ouvre le dernier LP, en l’occurrence l’énergique “Total Football”. Une excellente entrée en matière. Le light show nous plonge au cœur des 80’s. Des spots de couleurs vives projettent les ombres des musiciens sur un grand voile blanc tendu derrière eux. Génial ! Les musiciens enchaînent les morceaux les plus énergiques à grands coups de guitares tout en superposant harmonieusement leurs voix. Les Américains semblent se donner à fond. Avant d’attaquer le morceau plus atmosphérique “Before the Water Gets Too High”, A.Savage décide de troquer sa gratte contre un omnichord, un hybride entre accordéon et clavier. Si tout au long de la première partie du set, l’amplification est parfaitement réglée, au fil du temps, on a l’impression qu’elle perd de sa puissance. Et on s’en rend compte tout au long de “Wide Awake!”, une compo qui tombe à plat, malgré le concours d’un percussionniste. Une baisse d’intensité qui n’empêchera cependant pas les fans de la première heure de se déhancher tout au long du concert. Après avoir interprété l’intégralité de son dernier long playing et quelques compos plus anciennes, le combo new-yorkais commence à sentir l’écurie, et se lance dans des exercices de style qu’on pourrait qualifier de masturbation instrumentale. Ce qui n’est ni nécessaire et encore moins indispensable. Un choix qui incite une partie du public à mettre les voiles… 

Bref, en sortant de l’Orangerie, on avait le droit de se sentir frustrés. Et pour cause, on a eu le sentiment que Parquet Courts n’a jamais pu ou voulu exploiter tout son potentiel. En outre, comme les musicos ne transpirent pas vraiment la sympathie, se contentant de balancer à l’auditoire quelques formules d’usage, on doit malheureusement en conclure que le concert s’est soldé par une légère déception.

(Organisation : Botanique)

Mahalia Burkmar

Des choristes improvisées…

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Mahalia Burkmar a chopé le virus de la musique, dès son plus jeune âge. A 8 ans, elle écrit sa première chanson, à 11 commence à jouer de la guitare, à 13 signe déjà chez le major Atlantic Records UK -de quoi asseoir un avenir plus que prometteur- et à 14 assure le supporting act d’ Ed Sheeran. Elle affiche aujourd’hui 19 printemps et voue un grand respect à feu Amy Winhouse qu’elle considère comme une influence majeure. Elle est responsable de textes accrocheurs d’une grande maturité pour son âge dans un style qu’on pourrait qualifier de r&b/psyché/soul réminiscent des 90’s. Ses chansons, elle les interprète d’une voix suave, sorte d’hybride entre celles de Rihanna, Sade et Lauryn Hill. Son album, « Diary of Me », est paru au cours de l’année 2016. En mars 2018, elle avait rempli l’AB Club ; puis, dans la foulée, fait un tabac lors du festival Couleur café. Pas étonnant que l’Orangerie du Botanique soit sold out ce soir, devant un public, ma foi… juvénile…

Martha da Rossa Canga Antonio, aka Martha Da’ro, assure le supporting act. D’origine angolaise, cette actrice (NDR : elle s’était illustrée dans le film de Noel Clark, « Brotherhood », en 2015) et chanteuse est née à Mons en 1995. Avant de se lancer dans une carrière solo, elle a sévi au sein du groupe de hip hop, Soul'Art. Un style qu’elle mêle aujourd’hui à la soul et au funk, mais en imprégnant ses chansons rêveuses et intimistes de douceur. Son tout premier Ep, « Cheap Wine & Paris », devrait sortir en février prochain.

Une Djette grimpe sur l’estrade et s’installe derrière une table sur laquelle sont posées des machines destinées à produire la musique. C’est cette collaboratrice qui va déterminer la setlist. Fluette, la boule à zéro, Martha débarque ensuite. Elle a enfilé une salopette rouge/orange sur un tee-shirt noir. Elle attaque le délicat « Summer Blues », son premier single. Sur un flow continu, sa voix fragile et enfantine évoque celle de Yolandi Visser (Die Antwoord). Elle chante tantôt en français ou en anglais. Et arpente le podium de gauche à droite, et inversement. Elle nous réserve un long monologue sur le kuduro, une danse angolaise, puis nous l’exécute à travers une compo imparable, qui agrège rap, hip hop, soul et r&b. Une première partie idéale pour chauffer la salle…

Mahalia monte sur les planches, accompagnée d’un drummer et d’un claviériste/bassiste. Chaque artiste a droit à son estrade, mais bien entendu centrale, celle de la Britannique est destinée à mettre en exergue ses talents de danseuse. « No Pressure » ouvre le set. La foule reprend le refrain en chœur. R&b, « One Night Only » est teinté de hip-hop et surtout de soul. La rythmique s’emballe pour le plus funky « Proud Of Me ». Dans la foule, trois jeunes filles s’égosillent. Mahalia se dirige vers elles et les remercie. Une voix samplée de rapper s’échappe des machines. Avant d’attaquer « Honeymoon », Mahalia empoigne une gratte semi-acoustique. Les hits « Seventeen » et « Silly Girl » sont dispensés dans des versions soul. Lors de la reprise du « Work » de Rihanna, elle est forcée d’adapter la hauteur de son pied de microphone. C’est ensuite le claviériste qui est victime d’un ennui technique. Mahalia improvise alors et entame « I Wish I Missed My Ex » a cappella. L’interaction entre elle et l’auditoire est alors totale. Elle slamme « Backup Plan », moment choisi par nos choristes improvisées de se distinguer lors du refrain. Pendant « Hold On », elle nous réserve une petite danse africaine, mais se froisse sans doute un muscle ; ce qui la force à exécuter quelques exercices d’assouplissement, tout en engageant la conversation avec le public. Qui demande à Mahalia d’interpréter « I Wish I Missed You » et « I Remmenber ». Après avoir jeté un coup d’œil vers ses deux musicos, elle acquiesce, réservant à l’auditoire des moments inoubliables. Et « Sober » d’achever le show.

Aucun rappel n’est prévu, mais Mahalia revient seule pour accorder deux morceaux, uniquement armée de sa gratte. Un concert plus cool que celui consenti l’an dernier à l’AB Club, face à un public jeune mais conquis par la prestation d’une artiste qui n’a pas eu peur de mouiller sa chemise…

Setlist : « No Pressure », « One Night Only », « Proud Of Me », « Honeymoon », « Seventeen », « Silly Girl », « Work (Cover Rihanna) », « I Wish I Missed My Ex », « Backup Plan », « Surprise Me », « Good Reason », « Hold On », « No Reply », « I Wish I Missed Ex », « I Remember », « Let The World See The Light », « Sober ».

(Organisation : Botanique)

Davantage qu’une machine à tubes…

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Soirée scandinave ce soir à l’AB, puisque la Danoise Karen Marie Aagaard Ørsted Andersen, aka MØ, et l’Islandaise Alma sont à l’affiche. Agée de 30 ans, MØ vient de publier l’album « Forever Neverland », en octobre 2018. Elle s’est révélée au sein de son pays natal, à partir de 2012, grâce à des titres électro/pop imparables comme « Maiden », « Glass » ou « Pilgrim ». Elle a prêté sa voix à Avicii et d’Iggy Azalea pour des hits internationaux. Mais également à Major Lazer et Dj Snake, pour le méga tube planétaire « Lean On ». Elle s’est déjà produite aux quatre coins de la planète, que ce soit en salles ou lors de festivals majeurs comme Rock Werchter et Coachella (Californie). 

La salle n’est pas comble, ce soir. Le deuxième balcon est fermé et les places assises, hormis la première rangée, sont inaccessibles. Et c’est Alma qui sert de supporting act. Dès 20 heures, une djette blonde chaussée d’énormes lunettes fumées s’installe derrière une table et attaque « Intro », un morceau inspiré d’une B.O. de film signée Sergio Leone. A partir du second titre, deux autres filles débarquent. En l’occurrence Alma, autre blonde, mais plantureuse, et sa sœur jumelle Anna-Livia, mince pour ne pas dire filiforme, un capuchon sur la tête. Et ces deux MC’s vont littéralement mettre le feu pendant 40 minutes. Toute les compos sont samplées par des machines. La Djette est particulièrement remuante. Alma signale avoir bossé en compagnie de Martin Solveig et notamment pour « All Stars », un titre qui incite les premiers rangs à jumper, avant que le reste de l’auditoire ne leur emboîte le pas. MØ avait participé aux sessions de « Dance For Me » ; cependant, bien qu’en coulisses, elle ne rejoint pas le trio, pour la circonstance. « Cowboy », le nouveau single, s’emballe ; un peu comme si on était emporté à vive allure, par un traîneau tiré par des chiens d’attelage sur la neige et la glace, à travers le grand Nord. Et c’est « Bonfire » qui achève un set idéal pour, paradoxalement, chauffer la salle… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Intro », « Dye My Hair », « All Stars », « Dance For Me », « Cowboy », « La Money », « Chasing High », « Bonfire ».

Entre ombre et lumière, grimpe sur les planches, vers 21 heures. Grande, blonde, elle est coiffée d’un béret qu’elle gardera… le temps de deux morceaux. Elle a enfilé un shorty à froufrous sur des bas et endossé une chemise –le tout de couleur noire– sur laquelle elle a revêtu un corset à lacets d’une teinte blanche immaculée. Divisée en deux parties, une estrade occupe tout le podium. La première est destinée aux exercices physiques ou de danse exécutés par MØ. On y accède de chaque côté par quatre escaliers. L’autre est réservée à deux préposés aux synthés, machines, Mac et contrôleurs MPD, parfois reconvertis en bassiste ou guitariste. Le drummer se plante au centre. Enfin, devant la table de mixage, au fond de la salle, une mini scène de 3m2 a été dressée pour y accueillir une partie du light show mais également, en cours de show, la Danoise. Un light show conséquent, que ce soit en leds ou stroboscopes

MØ est très remuante et elle va nous réserver quelques beaux mouvements de danse. Même que parfois on a l’impression d'assister à un cours géant de Zumba combiné à du Body Attack. Mais également s’autoriser un bain de foule en interprétant quelques titres sur cette petite estrade sise devant la console de mixage. Elle s’y assied également, mais sur un flycase, pour dispenser un titre plus lent en parfaite communion avec l’auditoire. Elle y fracasse également une bouteille de vin sur le sol. Entre les titres, elle remercie très souvent la foule. Son répertoire va puiser généreusement dans son dernier elpee.

« Intro (Purple Like the Summer Rain) » ouvre le concert. Le funky « I Want You » et « Kamikaze » mettent le feu dans la fosse. Ballade, « Mercy » est dominé par des accords délicats aux ivoires. La voix de MØ est ample. Tour à tour claire, bien timbrée, puissante ou rocailleuse, elle est susceptible de se briser au fond de sa gorge. Ce qui communique davantage d’authenticité aux compos. Et le show de s’achever, au bout de 75’, par le notoire « Lean On » (NDR : sur disque, elle y est soutenue par Major Lazer et DJ Snake) ainsi que par le plus doux « West Hollywood », une chanson beaucoup plus calme.

En rappel, on aura encore droit à deux morceaux très attendus, « Don't Leave » et le judicieusement intitulé « Final Song »…

Ce soir, le public n’a pas seulement assisté au concert d’une machine à tubes, mais surtout a découvert une auteur/compositrice/interprète/danseuse talentueuse… (pour les photos, c'est )

Setlist : « Purple Like the Summer Rain », « Imaginary Friend », « I Want You », « Kamikaze », « Get It Right », « Red Wine », « Trying To Be Good », « Nostalgia », « Nights Witt You », « Sun On Your Eyes », « Turn My Heart To Stone », « Beautiful Wreck », « Blur », « Mercy », « If It’s Over », « Way Down », « Lean On » (cover Major Lazer), « West Hollywood ».

Rappel : « Don't Leave » (Snakehips & MØ), « Final Song ».

(Organisation Live Nation)

CoreLeoni

Un bel exercice de style au sein d’un climat rock’n’roll !

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Il y déjà deux ans que le Zik Zak à Ittre propose un large éventail de concerts. Mais depuis que l’organisation, qui ne bénéficie d’aucun subside, a décidé de collaborer avec Rock Nation, les affiches sont plus alléchantes. Ce soir, par exemple, métallique, elle propose trois groupes, dont CoreLeoni, une formation impliquant le fondateur de Gotthard, Léo Leoni ainsi que le chanteur actuel de Rainbow, Ronnie Romero. Deux musicos qui se produisent, régulièrement, devant des auditoires de 10 000 personnes.

Quartet helvète, Redeem réunit le bassiste Alessio Piozza, le chanteur/guitariste Stefano Paolucci et le drummer Simon Steiner. Fondé en 2003, il a publié son dernier et troisième elpee, « Eleven », en 2016, dont il va nous proposer de larges extraits. Vu la place prise par le matos de Coreleoni, les musicos se placent en ligne. Alessio se sert d’une basse à 5 cordes.  

Amorcé par des notes de synthés samplées, « Insanity » ouvre le set, une compo issue du dernier opus. Mais au fil du morceau, l’expression sonore prend une coloration métallique, à travers des interventions de gratte bien acérées. « 999 » est un titre percutant. Lors de « Black Monkey », la voix –proche de celle d’Eddie Vedder (Pearl Jam)– rattrape les cordes de guitare. Classique, bien électrique, le rock de Redeem est manifestement taillé pour les stades… 

Setlist : « Insanity », « Spendid », « Dreams You’Ve Lost Along The Way », « 999 », « Everlong », « Somebody Out There », « Murder », « Beauty Of A Lie », « Black Monkey », « Tie Your Mother Do ».

Deuxième supporting act, Mad Max, est un quatuor allemand. Fondé en 1982, il s’était séparé en 1989, avant de se réunir 10 ans plus tard. Issu de Münster, il réunit Michael Voss, Juergen Breforth, Axel Kruse et Hutch Bauer. Après avoir tâté du hard rock mélodique, sans récolter le succès escompté, il a décidé de se convertir davantage au heavy metal ! Son dernier elpee, « 35 », est paru en 2018. Et c’est cet LP qu’il est venu défendre ce soir.

« Running To Paradise » –également la plage d’ouverture de ce long playing– entame les hostilités. La gratte est nerveuse et la section rythmique particulièrement efficace. Les solos de guitares se révèlent plutôt classiques, mais finement ciselés. Les mélodies sont énergiques et les refrains accrocheurs. « D.A.M.N. » baigne au sein d’un hard mélodique réminiscent des 80’s. Pensez à Scorpions, Dokken, Stryper, TNT, Bonfire ou Pretty Maids. D’ailleurs, régulièrement, le band adresse des clins d’œil appuyés à ces combos. Et « 35 », titre maître du dernier album, en est un bel exemple. A cause de ce groove et de ce mid tempo spécifiques. Et la prestation de s’achever par le « Fox On The Run » de Sweet. Un final qui nous replonge dans le glam rock des 70’s. Même que le spectre de Slade s’est mis à rôder. Dommage quand même que la set list ait négligé la superbe reprise du « Paris Is Burning » de Dokken…

Setlist : « Running To Paradise », « D.A.M.N.», « Beat Of The Heart »/ « 35 »/ « Guitar Solo », « Fallen From Grace », « Night Of Passion », « Lonely Is The Hunter », « Fox On The Run » (Cover Sweet).

Outre Léo Leoni et Ronnie Romero, CoreLeoni implique également le batteur Hena Habegger (Gotthard), le bassiste Mila Merker ainsi que le second gratteur Jgor Gianola (U.D.O., JORN). En février 2018, il a publié « The Greatest Hits Part 1 ». La setlist prévoit la quasi-intégralité de cet album, dont les titres se consacrent à des covers de Gotthard.

L’intro préenregistrée, « Speak Softly Love (Love Theme From The Godfather) », est en fait une version de la B.O. du film le ‘Le Parrain’, un long métrage au cours duquel une des familles mafieuses répondait au nom de ‘Corleone’. Ce qui explique, finalement, le patronyme. Une voix de petite fille chante ‘Firedance’ et prélude ce fantastique titre à la rythmique groovy si reconnaissable. Dans « Higher », Romero monte très haut dans les tours. Malgré son jeune âge, Romero possède une voix mélodique dont la tessiture s’envole dans les aigus ou s’enfonce dans les graves avec une facilité déconcertante. Pas étonnant qu’il milite dans le band de Coverdaele despuis 2015. Boogie nerveux, « Downtown » est hanté par Status Quo. Et la voix de Romero s’adapte comme un véritable caméléon(i).

Les deux adaptations des classiques de Gotthard sont épatantes. Tout d’abord la délicieuse power ballade « Let It Be ». Puis l'emblématique « In The Name », dont le refrain est légèrement différent de l’original. Mid tempo, « Firedance » opère un retour au cœur des 70’s. Solide ballade, « All I Care For » aurait pu figurer au répertoire des Scorpions. Dans la fosse, il y a une sacrée ambiance. Et sur le podium, les musicos ne sont pas en reste. Ils semblent d’ailleurs prendre du plaisir à se produire ce soir. Les duels entre manches sont fréquents. Hormis le drummer, chaque musico s’autorise une petite jam au milieu de la foule. Un bel exercice de style au sein d’un climat rock’n’roll ! En fin de set, Leoni va se servir d’une guitare à double manche (12 et 6 cordes).

Et en guise de rappel, le band va réserver aux 150 âmes présentes ce soir, « Immigrant Song ». Après cette reprise du Led Zep, on retombe sur terre. Vraiment une superbe soirée !

Setlist : « Speak Softly Love (Love Theme From The Godfather) », « Higher », « Standing In The Light », « Downtown », « Get It While You Can », « Fist In Your Face », «Walk On Water », « Firedance », « All I Care For », «Let It Be », « In The Name », « Tell No Lies », « Make My Day », « Mountain Mama », « She Goes Down », « Ride On », « Here Comes the Heat ».

Rappel : « Immigrant Song » (cover Led Zeppelin)

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

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