Après avoir gravé un premier elpee en 2019 (« Décès… »), Edgar Déception nous propose un Ep baptisé « Clown clown dead ». Il sortira ce 18 novembre 2022. Le band parisien puise les influences lo-fi, pop punk et emo chez des groupes comme ROIDZ, Algernon…

logo_musiczine

Le Quintana Dead Blues eXperience, c’est le projet de Piero Quintana, un bluesman qui s’est forgé sa notoriété sur les planches, à l’aide d’une vieille GrooveBox Roland MC909. Il est considéré comme un One man Rock'n'roll Electro Heavy Blues et sa musique est…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Concerts

John Mary Go Round

Bienvenue dans le bayou des Ardennes walliforniennes…

Écrit par

Le confinement est terminé ; enfin, on l’espère. On devrait pouvoir reprendre une vie normale. C’est la réouverture des salles de taille moyenne, dont le Zik Zak, à Ittre. Comme en juillet et août 2020, il reprend son cycle de spectacles intimistes (50 personnes par bulle, masque et distanciation sociale de rigueur).

John Mary Go Round est à l’affiche ce soir. Il s’agit du chanteur de Country Cooking, Michel Brasseur, qui se pour la troisième fois au Zik-Zak. Un petit jeune de 56 balais, qui nous vient du delta dinantais, en plein bayou des Ardennes walliforniennes. Ce projet est né dans son esprit, après avoir traversé le sud des States. C’est là qu’il a eu, pour la première fois, l’opportunité de jouer sur une ‘Cigar Box’, instrument primitif fabriqué à l’origine, par les esclaves noirs.

Le concert est partagé en deux parties. Malheureusement, votre serviteur a pris du retard et débarque juste avant que la seconde ne commence. Dès que Michel monte sur les planches, on le reconnaît bien à sa dégaine. Il est toujours tiré à quatre épingles, un stetson enfoncé sur le crâne. Très interactif, il plaisante, signale que le confinement a du bon, car il lui a permis d’écrire de nouvelles chansons.

Il reprend donc sa prestation par « Rolling And Tumbling ». Ce morceau a été enregistré pour la première fois en 1929 par Hambone Willie Newbern. Ce Delta blues classique a été très souvent interprété, parfois avec des paroles et des titres différents, aussi bien par des artistes du Delta que du Chicago blues ou du blues rock ; la version la plus célèbre demeurant celle de Muddy Waters, gravée en 1950. Issu de l’elpee « Take a ride », le rock bien sudiste « Death Walk Blues » nous entraîne au Texas, à la rencontre de Billy Gibbons. Faut dire que la musique de John Mary Go Round nous transporte tout au Sud des States. Au Texas, mais aussi et surtout en Louisiane. Qu’il traverse de long en large, en transitant par les bayous. Jusqu’à la Nouvelle-Orléans pour y goûter les gospels chers à la Tamla Motown. 

Blind Lemon Jefferson avait réalisé deux versions différentes de « See That My Grave Is Kept Clean », en 1927 et 1928. Et celle de Michel tient parfaitement la route. Sa voix est graveleuse. Outre sa cigar box à 3 ou 4 cordes, il se sert également d’un dobro, d’une gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et chante devant un micro américain. Il change de gratte à chaque morceau. Sa technique y est irréprochable. Et le son métallique produit par la cigar box ou la dobro est imparable. Toujours dans un style très roots, Brasseur nous réserve, bien sûr, quelques morceaux issus de son album…

Une petite faveur que Michel pourrait vous accorder si vous ne partez pas en vacances. Qu’il vous invite à monter à bord de sa DeLorean DMC-12 en compagnie du docteur Emmett Brown. Vous pourriez ainsi replonger dans les années 30… là-bas, aux USA… 

Setlist : « Rolling And Tumbling », « Death Walk Blues », « See That My Grave Is Kept Clean », « Walking Through The Back Door », « I Wanna Hear », « Cross Road Blues », « Sandra blues », « Roadhouse Blues »

Rappel : « Walking Blues », « Dust My Broom », « Wet »

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Jasper Steverlinck

Une fenêtre qui s’ouvre vers de grands espaces de liberté…

Écrit par

Lessines, principalement notoire pour avoir vu naître le célèbre peintre surréaliste René Magritte, à la fin du XIXème siècle, accueille dans le cadre des ‘Summer Nights’, une déferlante d’artistes. Depuis Axel Red à Girls In Hawaii, en passant par Hooverphonic ou encore Typh Barrow.

Si les premiers concerts de juin ont élu domicile dans la cour de l’enceinte même du prestigieux Hôpital Notre-Dame de la Rose, la suite des festivités se déroulera à l’ombre Hôtel-Dieu du XVIème siècle, un site en phase de reconnaissance par l’Unesco.

La scène enjambe curieusement la rivière. Le terrain, un joyeux amphithéâtre bucolique en pleine nature où blancs en palettes sont dispersés ci et là. En guise de table, des panneaux d’entrée d’agglomération où toutes les régions du patelin sont représentées. Une originalité sous bien des aspects, certes, mais pas de quoi profiter confortablement du spectacle qui va se jouer ce jeudi.

Des poules et des oies se sont aussi pressées au portillon sur une parcelle voisine. A défaut d’applaudissements, des gloussements en tout genre viennent perturber les moments de silence…

Les pluies torrentielles qui sont se sont abattues ces dernières heures sur le plat pays ont fait craindre une annulation de dernière minute. Les nuages pissent de temps à autre, histoire de rappeler que Dame Nature a les pleins pouvoirs. Mais, inutile de préciser que si la météo a épargné relativement cette partie du pays, il fallait s’armer d’une sacrée dose de motivation pour assister au concert de Steverlinck.

Ponchos sur les épaules et parapluies sous le bras, la bonne centaine de courageux aficionados a encore dû se soumettre aux mesures sanitaires (encore) obligatoires.

Ce soir, francophones et néerlandophones se réunissent d’ailleurs solennellement. Comme quoi la guerre linguistique n’a véritablement de sens que sur l’échiquier politique.

Kris Dane assure la première partie de ces festivités. Anversois de souche et Bruxellois d’adoption, cet auteur-compositeur-interprète a participé à une multitude de projets artistiques, parmi lesquels on épinglera l’opéra de Philippe Boesmans, Aka Moon, Ictus, dEUS (pour lequel il a frappé les peaux), mais également Ghinzu au sein duquel il a longtemps milité.

Armé de sa seule gratte, il apporte ce degré de légèreté douce-amère, grâce à sa voix très singulière.

Digne héritier d’un Damien Rice ou d’un Ben Howard, il caresse les cordes sensuellement et nous emmène dans un univers sonore où la bienveillance et l’amour font loi.

Aucun doute, la musique est bien le reflet de ce que l’on est. En néerlandais, on dit qu’on apprend en tombant et en se relevant. Un adage qui lui va comme un gant !

Une prestation d’une trentaine de minutes intéressante, mais un peu redondante par la longueur et le manque de relief dans l’interprétation des morceaux…

Les quelques flaques d’eau enlevées de la main stage, la pièce maîtresse de cette soirée est présentée par deux animateurs, histoire que la cour saisisse correctement le message dans sa langue natale.

Comme bon nombre de ses pairs, Jasper Steverlinck n’a pu rencontrer le moindre public depuis des lustres. C’est donc un retour très attendu.

Son nom est évidemment associé à celui d’Arid, formation belge qui a connu la gloire, notamment après avoir gravé l’excellentissime « Little Things of Venom ».

Le groupe a suspendu son aventure, dès 2012, en partie à cause de ce succès. Parenthèse définitive ? Nul ne le sait probablement. Lueurs d’espoir, une reformation éphémère s’est d’ailleurs produite, il y a quelques mois, à la demande des fans.

Le concert de ce soir risque d’être riche en émotion, vu le nombre de musicos qui entoure le Gantois : un contrebassiste, un drummer, un claviériste (qui a failli déclarer forfait suite à une blessure de la main), un violoncelliste et deux violonistes. De quoi rassurer quant à la nature de la prestation !

L’utilisation des projecteurs est réduite à sa plus simple expression ; une lumière alternant le blanc et le bleu met en exergue ses principaux acteurs.

Depuis la sortie de son dernier album « Night Prayer », enregistré ‘live’ (mais sans public), c'est-à-dire en ‘one take’, sauf en ce qui concerne les cordes, pour une question de budget, son actualité musicale a pratiquement été rencardée au Panthéon.

Les premières notes plongent immédiatement l’auditoire dans une atmosphère empreinte de douceur, feutrée même… Elles sautillent joyeusement comme les gouttes d’eau qui rebondissent sur l’herbe…

Haut-perchée, la voix de Jasper Steverlinck semble parfois ressusciter Jeff Buckley ou encore Freddie Mercury. Ses doigts glissent agilement sur le manche, un peu comme s’il manipulait de la porcelaine, plus qu’ils ne s’agitent. C’est un sacré musicien.

C’est à la gratte électrique et accompagné de son pianiste qu’il chantonne un « So far away from me » du feu de Dieu en dévoilant encore une facette inattendue de son répertoire. C’est joliment interprété. Avant d’emboîter le pas sur une reprise de K’s choice (NDR : groupe qu’il affectionne particulièrement) et qu’il avait arrangée pour les besoins d’une émissions télé.

Les cordes qui enrichissent « Our love got lost » rendent la texture sonore, moelleuse.

Des reprises, il en sera encore question, dont celle d’Arid, « You are », issu de « All Is Quiet New ». Il signale même avoir acheté tous leurs disques. Un bobard à deux balles qui a quand même déclenché l’hilarité dans la foule.

Autre cover, celle carrément décalée d’« Ice queen » du groupe néerlandais de métal symphonique, Within Temptation. Faut dire que le charme de Sharon den Adel rencontrée lors d’une émission de télé ‘Liefde voor muziek’, n’a pas laissé indifférent notre hôte d’un soir.

« Colour me blind », relate l’histoire d’un gamin en passe de perdre la vue et l’ouïe par la faute d’un virus. Mélancolique et voluptueux, ce titre est presque exclusivement centré sur la précision et l'écriture ; un exercice de style dans sa forme la plus pure et la plus directe.

Le set s’achève naturellement par un « Night prayer », qui aborde le thème de la guérison. La nuit montre le bout de son nez, les parapluies sont repliés depuis une trentaine de minutes.

Après avoir retenu son souffle durant une bonne heure trente, Jasper et son équipe décident de quitter les lieux durant quelques secondes, le temps d’un vrai/faux rappel de trois chansons.

Après avoir exploité les aigus de son organe sous un air d’opéra italien, il réinterprète le « Life on Mars » de Bowie (NDR : cette chanson figure sur l’album « Songs Of Innocence » de Jasper) pour rendre hommage aux sinistrés des inondations. Une adaptation particulièrement émouvante…  

En guise d’adieu, c’est à l’aide d’un vieil orgue en bois fraîchement installé sur l’estrade que le set prend fin.

Plus qu’un concert, une fenêtre qui s’ouvre vers de grands espaces de liberté, réanimant de vieux feux sacrés. De jolis moments qu’une bonne frange de la population semblait avoir oublié.

Pourvu que ça dure …

CélénaSophia

Ce n’est pas en arrière qu’il faut regarder…

Écrit par

Ça y est ! Nous sommes déconfinés après 7 mois d’attente ! Enfin, le cycle des concerts reprend ! Un bon début : second spectacle ce soir, organisé par Silly concerts. Il ne se déroule pas au Salon. Des travaux ont été entrepris pour rénover la salle. Dès lors il se déroulera dans les jardins du Centre Culturel, sous chapiteau. Pas plus de 50 spectateurs. Ils devront être masqués et restés assis pur respecter les gestes barrière. Ce soir, en tête d’affiche, la fratrie Tornabene aka CélénaSophia. A force de travail, elles ont acquis ‘des planches’ ; et elles vont encore le démontrer lors de leur prestation.

La première partie est assurée par Clara Gotto. Agée de 20 ans, cette jeune chanteuse/claviériste est épaulée par son paternel qui se consacre à la guitare semi-acoustique et aux backing vocaux. Plutôt sympa, il a le chic pour détendre l’atmosphère. Son humour décapant révèle un amoureux de la langue française. Et apparemment c’est lui qui écrit les textes des chansons. Il nous signale que le répertoire va nous inviter au voyage. Et comme le père et la fille sont originaire d’Italie, le périple est immédiat. Ainsi « Sur la riviera », on imagine deux amoureux qui se promènent, main dans la main, ou circulent sur de petites routes à bord d’une vespa. On épinglera encore « Des ABL sur le pavé », une compo qui se réfère à sa contestation éclairée de Gainsbarre. A suivre de très près…

Setlist : « Rumba », « Sur la riviera », « Le dernier virage », « Des ABL sur le pavé », « La Sille ».

Depuis le début de leur parcours, les frangines épousent une courbe ascendante. Jérôme Magnée (Dan San, Yew, Ebbène...) leur a apporté un fameux coup de main en se chargeant de la direction artistique lors de la réalisation de leur premier album. C’est grâce à lui que les filles ont décroché la médaille de bronze aux Jeux de la Francophonie d'Abidjan, en 2017.

Né de la fusion des deux prénoms (Céléna et Sophia), elles sont responsables d’une chanson française réaliste et urbaine. En 2015, elles avaient publié un premier Ep (« A l’aventure ») qui leur a permis de fouler les premières grosses scènes en Belgique (Botanique, Francofolies de Spa, BSF, ...) et à l'étranger (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire). Elles participent à deux reprises aux rencontres d'Astaffort au cours desquelles Francis Cabrel et son équipe les aident à peaufiner leur répertoire.

Ce soir, elles sont venues présenter leur bébé, un premier long playing paru en janvier dernier et intitulé « Les Géantes Bleues ». Les deux sœurs y affirment leur féminité, leurs doutes, leurs besoins d’évasion et de passions ainsi que leurs acharnements. Et par-dessus tout, leurs valeurs et leurs idéaux. Si le folk pratiqué à l’origine n’a pas disparu, il s’est enrichi de beats, de codes empruntés au hip-hop, de gimmicks pop, de beaux effets aériens sur les guitares et d’un zeste d’électro.

Pas de Jérôme Magnée derrière les fûts pour épauler CélénaSophia. Il est remplacé par les sonorités électro et les percus d’un iPad. Par contre, elles se partagent bien guitares électrique et acoustique ; Céléna surtout l’électrique, Sophia, la sèche. Et leurs interventions lancinantes collent bien aux morceaux les plus introspectifs…

Elles sont accueillies en triomphe, malgré le maigre public. Céléna se décrit comme une ‘vraie impulsive’. Sophia comme une ‘fausse calme’, mais elles sont fusionnelles. D’ailleurs, pour monter sur les planches elles portent la même tenue : leggin noir, tee-shirt noir, chaussures et vestes dorées et brillantes.

La set list est essentiellement puisée au sein du premier opus y compris la reprise de « Comment est ta peine », une composition signée Benjamin Biolay. Seuls deux tubes plus anciens (« Les pieds sur terre » et « Dis-le-moi plus fort ») seront également interprétés. Elles accordent une attention particulière aux chansons que les frangines ont dédiées à leur maman, perdue trop tôt. Ce qui suscite beaucoup d’émotion. Le concert s’achève par « Folie reviens », leur dernier single. Le message est clair : ‘Ce n’est pas en arrière qu’il faut regarder…’ C’est une ligne de conduite, un slogan pour CélénaSophia. Elles ne reviendront pas sur les planches…

Assez participatif, le public a même pu se dandiner et applaudir devant son siège. Fait dire que Madame Ingrid Corona veillait au grain…

Setlist : « On s'en souviendra pas », « Les vents contraires », « Pile ou face », Seul hôtel », « Les pieds sur terre », « Passage secret », « Me plonger dans tes yeux », « Je te vengerai » « Comment est ta peine ? » (Benjamin Biolay), « Les géantes bleues », « Je cours après le temps », « Dis-le-moi plus fort », « Ne rentrons pas », « Folie reviens ».

Organisation : Silly concerts et Centre Culturel de Silly

Marble Sounds

Plongé au sein d’un climat de mélancolie douce…

Écrit par

Pour le retour des concerts à l’AB, la salle est en configuration assise. Un siège d’espace est prévu entre chaque bulle. Le gel hydroalcoolique est disponible partout. La distanciation sociale est bien respectée et la sécurité veuille. Enfin, ce soir le public est constitué des plus fidèles spectateurs de l’institution. A l’affiche, Marble Sounds, dont le dernier elpee « Traces, Outtakes volume 1 », est sorti en mai dernier, et Gianni Marzo, responsable d’un tout dernier album épatant (« The Vessel »), paru ce 16 octobre 2020.

Gianni Marzo est également le guitariste de Marble Sounds, mais aussi d’Isbells et d’Ansatz der Machine, outre ses multiples collaborations et ses musiques de films. Il bosse également comme chercheur à la VRT, où il réalise, entre autres, l’émission ‘Off The Record’. Aujourd’hui, il est considéré comme un des meilleurs guitaristes en Belgique.

Sa musique pose une réflexion sur le ‘temps’ et ce qu'il exerce sur l’être humain. Il tente alors de capturer son passage à travers une série de chansons intimes et mélancoliques. Gianni affiche un look à la Moby. Il est même chaussé de semblables lunettes rondes ; mais sa voix est beaucoup plus douce et mélancolique. Il tire parti d’une loop machine et d’une gratte semi-acoustique pour obtenir une palette de sonorités particulièrement riches, qui lorsqu’elle sont placées en couches révèlent des moments de magie. Sa musique est paradoxalement simple et recherchée. Dommage cette uniformité de ton, heureusement gommée sur disque par la présence d’autres musiciens… (voir la section photos ici)

Setlist : « The Vessel », « Sun », « Cass », « High Rise », « Debutant », « Elements », « One Day Some Day ».

Marble Sounds est une formation belge de post rock drivée Pieter Van Dessel. Elle jouit d’une énorme popularité à traves le monde, grâce notamment aux réseaux sociaux ; mais au pays des moules-frites, elle est considérée comme un éternel d’espoir, malgré cinq albums à son actif.

Le line up compte 8 musicos, mais ce soir il est amputé de son claviériste, Brecht Plasschaert, testé positif au Covid19. Dommage, car son toucher aux ivoires est vraiment particulier. Outre Pieter (voix, guitares, piano), et Gianni (guitare, voix), le line up implique Gerd Van Mulders (basse), Mattijs Vanderleen (batterie, glockenspiel), Renée Sys (backing vocals), Beatrijs De Klerck (violon) et Stefan Wellens (violon alto)

Une bande enregistrée crache de la musique dans les baffles, puis on entend la voix Brecht, le claviériste, qui s’excuse pour avoir été contaminé par le coronavirus. Les musicos montent alors sur l’estrade. Des faisceaux de lumière bleue sont projetés sur Pieter, à l’avant du podium, devant son micro. Puis des sonorités de violons envahissent l’espace sonore laissant alors la place au premier morceau du set, « In time », un titre qui met bien en exergue la conjugaison des grattes, alors que la section rythmique en impose déjà. Des grattes bien nerveuses tout au long de « Traces », une compo qui s’emballe alors que les voix montent dans les tours. Il s’agit d’une des seules plages du dernier opus, « Traces, Outtakes volume 1 ». « The Numbers Games » en est l’autre. La setlist fait la part belle à « The Advice To Travel Light », l’elpee que votre serviteur préfère. Une constante : on est plongé au sein d’un climat de mélancolie douce…

La version de « Learning All My Roles » est unplugged. Si la voix de Pieter n’est pas inoubliable, elle peut compter sur celle, particulièrement harmonieuse, de Renée. En fin de set et lors du rappel, Beatrijs se consacre alors aux ivoires, Stefan à la basse et Gerd à la trompette, un encore au cours duquel Pieter et Rénée vont interpréter en duo « All Gone ». Et le band d’achever définitivement sa prestation par « Tout Et Partout », dans la langue de Molière… (voir la section photos )

Superbe, ce concert est à voir ou à revoir ici.

Setlist : « In Time », « Traces », « Anyhow (Even Now) », « They Can’t Take This Away », « The Little Lows », « The Numbers Games », « Never Lost, Never Won », « 39 », « One Last Regret », « Learning All My Roles (unplugged) », « Ten Seconds To Count Down », « Photographs », « Keep Repeating »

Rappel : « (All Gone) (duo) », « Leave A Light On », « Tout Et Partout ».

Gangsters d'Amour

En pensant à Jeff…

Écrit par

Masque obligatoire et espace entre chaque siège afin de respecter la bulle familiale, lors du concert des Gangsters d’Amour, ce samedi, à la ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve.

Un bref historique, d’abord. En 1978, le regretté Bodart avait fondé Aphrodisiax, un groupe au sein duquel militait Jean Castin, un copain d’école de votre serviteur, à la basse. A l’actif de ce combo, un single pop/punk autoproduit. Chanté en français, il s’intitule « Sexe Symbole ».

C’est en 1982 que Jean-François Bodart, surnommé Jeff, forme Gangsters d’Amour. Le patronyme de la formation est tiré d’une chanson de Starshooter, groupe mythique de la scène punk lyonnaise des années 80, auquel Jean-François voue à l’époque un véritable culte. L’aventure va durer de 1982 à 1992. Soit dix ans, au cours desquels Gangsters d’Amour va publier deux albums et une dizaine de singles. Puis Jeff entame une carrières solo ponctuée de cinq elpees, en l'espace de 13 ans. Victime d’un accident cérébral, il décède en mai 2008.

Les Gangsters d’Amour étaient réputés pour leur énergie communicative. Les musicos se produisaient sur scène en costume croisé, borsalino et chaussures deux-tons. Sous la formule d’un big band, ils pouvaient compter sur le soutien d’une section de cuivres et de danseurs-choristes (Los Drogenbos).

En 2019, Louis Petyt, le fils de l’ancien claviériste, décédé il y a vingt ans, propose aux anciens camarades de son paternel de remonter le groupe et de repartir en tournée. 10 membres répondent présent, dont le bassiste originel Pep Romeo. Trompettiste, Louis s’est intégré à la section de cuivres à laquelle participe également le tromboniste Henri-Olivier Pector et l’autre trompettiste Vince Roméo. Vincent Warin se charge des percus, Jean-Marc Pitance des drums, Pierre Gillet des claviers, de l’accordéon et de la gratte semi-acoustique et Daniel Lenoir de la guitare électrique. Parmi Los Drogenbos, on retrouve Cédric aux chœurs, alors que le lead vocal est dévolu à l’acteur Philippe Résimont.

Le set s’ouvre par « Panne De Secteur ». D’emblée, les ‘ouah !’ fusent dans l’auditoire. Philippe et Cédric semblent montés sur ressorts et sautent constamment en incitant le public (masqué) à applaudir et à danser (on ne peut pas !) La folie furieuse s’est installée dès les premières secondes de la prestation. Faut dire que les jeunes du combo assurent… Plus soul/jazz, « Tireur Fou » déclenche un duel entre la section de cuivres et la section rythmique forte de 3 musiciens. Résimont est manifestement à l’aise sur les planches, et si sa voix a davantage de groove que le regretté Jeff, on parfois l’impression qu’il éprouve plus de difficultés à reprendre son souffle. La machine à hits est lancée. Pendant « Adieu les corps », les ivoires ont cédé le relais aux sonorités Hammond. Les cuivres s’en donnent à cœur joie tout au long de « Mort sur le Nil », avant que les cordes ne prennent le relais. « Baron Rouge », « Guerilla » et « Coûte Que Coûte » embraient tout naturellement. Cette succession de tubes fait monter la température au sein du public. Pour « Charlie », le claviériste s’assied sur le bord de son estrade et se concentre sur la gratte semi-acoustique. Philippe s’efface et on entend la voix de Jeff, alors que l’intervention à la trompette plonge l’auditoire au sein d’un climat empreint de sérénité… Le claviériste empoigne un accordéon pour « Désirs Noirs », un morceau pour lequel Louis Petyt se consacre aux vocaux. Il chante impeccablement dans un registre qui rappelle… Jeff…

Résimont récupère son micro pour « SOS Barracuda », une chanson reprise en chœur par la foule. Il plaisante en signalant qu’il ne connait pas les paroles et tourne la page, en y joignant le geste à la parole. « Chère Déborah » est entamé sous un tonnerre d’applaudissements…

Véritable bête de scène, Résimont se révèle très réactif et provoque souvent les rires aux premiers rangs. Tout au long de « Meurtre A Hawaï » et « Tora Tora » le light show brille de mille feux. Et le set de s’achever par « Willy ne Pense qu’à Ça ». Dommage que le groupe n’ait pas prévu de nouvelle compo.  

Mais il revient pour un rappel au cours duquel il va nous réserver la cover de Jacques Dutronc, « Et moi et moi », puis en apothéose, et pour la seconde fois, l’incontournable « Coûte Que Coûte ». Les vieux fans sont aux anges et les jeunes découvrent ce qui se faisait de mieux, dans les années 80, sur la scène noir-jaune-rouge. Jeff Bodart peut être fier de ce que ses Gangsters d’Amour sont encore capables de faire aujourd’hui. Et depuis le paradis des musicos, il a dû apprécier…

Setlist : « Panne De Secteur », « Tireur Fou », « Adieu Les Corps », « Mort Sur Le Nil », « Baron Rouge », « Guerilla », « Coûte Que Coûte », Charlie », Désirs Noirs », « SOS Barracuda », « Chère Deborah », « Meurtre A Hawaï », « Tora Tora », « Willy ne Pense qu’à Ça »

Rappel : « Et moi et moi » (Cover Jacques Dutronc »), « Coûte Que Coûte »

(Organisation : La Ferme du Biéreau)

Plain Jane

Julie et ses compagnons…

Écrit par

Ex-prof d’histoire et de géographie, Julie Compagnon est mieux connue comme animatrice et chroniqueuse sur Viva Cité (NDR : le ‘8/9’ et ‘Pigeons’), mais elle est également chanteuse. Avant de fonder Plane Jane, elle a milité au sein d’un groupe et d’un duo de reprises. Le premier était consacré à des covers de France Gall et le deuxième, partagé en compagnie de Christophe Pons, répondait au patronyme de Closer.

Julie était programmée ce 11 septembre au Zik-Zak à Ittre, dans le cadre du ‘Pango tour’ 2020, mais le concert a rapidement été décrété sold out. Aussi, un second a été rajouté le lendemain. Il s’agit de sets intimistes prévus tout le mois de septembre au cours desquels les distanciations sociales sont respectées et le port du masque est obligatoire lors des déplacements. Et le passage du chapeau lors de l’entracte est maintenu. Ce sera le salaire des artistes. En cette période difficile, la méthode est amplement justifiée ; une formule déjà utilisée par Frédéric Bultaye, lors de ses soirées ‘Cerises’, à Bruxelles…

Sur les planches, Julie est soutenue par cinq musicos et deux choristes. En l’occurrence Christophe Pons (Machiavel, Tina Arena, Lara Fabian) à la guitare électrique, Olivier Fanuel à la basse, Xavier Bouillon aux claviers (Mister Cover, Hollywood Bowl, Benjamin Grandgeorge), Raphael Pire aux drums, Michel Seba aux percus ainsi que Thom Dewatt et Natacha Wuyts aux chœurs. 

Ballade douce et langoureuse, « Fire in the shade » ouvre le concert. On a envie de danser un slow, mais c’est interdit. Corona oblige ! Les arrangements sont complexes. Les harmonies vocales des deux choristes soulignent parfaitement la voix envoûtante et atmosphérique de Julie. Rayonnante, elle a constamment le sourire aux lèvres. On ressent d’ailleurs toute la passion qu’elle injecte dans son interprétation. Les autres artistes semblent s’amuser comme des petits fous. Ils sont manifestement heureux d’être sur les planches. Et la bonne humeur est communicative. Pas étonnant, puisqu’ils sont interactifs et invitent régulièrement l’auditoire à réagir.

Feutrée, la musique de Plain Jane baigne dans le country/folk ou le bluegrass. On a parfois l’impression de traverser les grandes plaines du Middle West. Encore que la reprise du « Songbird » de Fleetwood Mac nous ramène au thème du divorce au sein des couples (NDR : une compo qui figurait sur « Rumours » ; paru en 1977, cet elpee est un des plus vendus par cette formation britannique). Uniquement interprétée en piano/voix, la version est absolument superbe ! Sans quoi Julie empoigne de temps à autre une gratte semi-acoustique. Au fil du set, les influences émergent, oscillant de John Mayer à Sheryl Crow, en passant par Portishead. A l’instar de « Human Scale », au cours duquel Xavier se distingue aux claviers. Des claviers généreux qui inondent l’intro de « Bumpy Road », un peu dans l’esprit du « Division bell » de Pink Floyd ». Un très chouette concert !

Setlist : « Fire In The Shade », « Five », « Now Sing », « Bumpy Road », « Human Scale », « Shadow », «  Line Of Sight », «  Songbird » (Fleetwood Mac cover), « The Calling », « Up to you », « Don't swear », « Soldier ».

(Organisation : Le Zik Zak et Rock Nation)

Thomas Frank Hopper

Un bon bol d’électricité sudiste…

Écrit par

Au départ, le concert de Thomas Frank Hopper devait être la dernière date du Pango Tour, un chouette festival organisé par le Zik-Zak. Finalement, le concept va être prolongé en septembre et octobre. Vu la pandémie, c’était sans doute la meilleure idée. La formule ? Un groupe, le chapeau à l’entracte, la distanciation sociale et le masque. Ce soir, c’est un habitué des lieux qui se produit ; et à l’instar de Ben Harper, il excelle à la lap steel guitare…

Né à Bruges, Thomas Verbruggen, aka Thomas Frank Hopper, a longtemps vécu et bourlingué sur le continent africain. A cause de la profession de son paternel, dont la famille devait changer régulièrement de port d’attache.

Il est également le chanteur le Cheeky Jack, une formation responsable d’un seul elpee à ce jour, « Black Sheep », paru en 2014. En solo il a gravé deux Eps, « No Man’s Land » en mars 2015 et « Till The Day I Die » en 2019.

Ce soir, Thomas Frank Hopper est soutenu par le guitariste Diego Higueras, le bassiste Jacob Miller, le drummer Nicolas Scalliet et le trompettiste de jazz Aristide d’Agostino.

Le plus souvent, Frank joue de la lap steel guitar qu’il a branchée sur un ampli à lampes, afin de libérer des sonorités chaleureuses. Il en joue, assis, l’instrument sur les genoux, à la manière de Ben Harper. Parfois, il se relève et la troque contre une gratte électrique plus conventionnelle, dispensant alors des riffs réminiscents de Jack White voire de John Butler. Guitariste également, Diego HIgueras (NDR : il est également impliqué chez The Landscape Magazine, un projet qu’il partage en compagnie de Nicolas Draps) possède un toucher de cordes proche de Carlos Santana. Et franchement, il est doué. En outre, lorsque les guitares se conjuguent et s’emballent, la musique atteint un superbe moment d’intensité électrique. Soutenue par des chœurs bien en harmonie, la voix de Thomas est claire et précise. Evidemment, lorsqu’épisodiquement, Aristide, invité pour la circonstance, souffle dans sa trompette, l’expression sonore prend une coloration un peu jazzyfiante.   

Tout au long du set, on est transporté de l’autre côté de l’Atlantique, pour un voyage à travers le Sud Profond des States. Depuis La Louisiane (Baton Rouge, la Nouvelle- Orléans) et ses bayous jusque l’Alabama (NDR : peut-être du côté de Bay Minette, afin d’y adresser un bonjour à la famille de BJ Scott) en passant par le Mississippi. S’autorisant même un saut dans le Dakota, à travers « Tatanka », qui se traduit par ‘bison’ en langage lakota, le dialecte des Sioux. Puis mystérieusement, certains rythmes évoquent plutôt l’Afrique. Ce qui peut aussi se comprendre vu son background.

Un bon bol d’électricité sudiste…

Setlist : « Bloodstone », « Into The Water », « Tales From Yhe Rails », « Crazy Modjo », « Cold Meat », « Change», « Dirtylicious », « Tatanka », « Bad Talk », « The Sinner », « Fast Lane », « Savages », « Sweet Black », « Magic Sugar Babe », « Till The Day I Die », « Who’s To Blame », « Bad Wolf», « Mad Vagabond », « Mississippi », « Into the Water » (Rappel)

Organisation : (Zik-Zak et Rock Nation)

Marka

Un concert saucissonné en deux parties et vingt tranches…

Écrit par

Ce soir se déroule le onzième concert du Pango Tour organisé par l’équipe du Zik Zak. A l’affiche : Marka. De son vrai nom Serge Van Laeken, ce taulier de la scène belge compte plus de 40 ans de carrière. Avant d’entamer celle en solo, il a milité chez Allez Allez, groupe qui a rencontré un franc succès au cours de la première moitié des eighties, se produisant même au festival de Torhout/Werchter. Reformé en 2017, le combo a même rempli Forest National, à l’instar de ses enfants, Romeo Elvis et Angèle. Pourquoi a-t-il choisi comme pseudo Marka ? Tout simplement parce que dans sa jeunesse, vécue en pleine période punk, il portait régulièrement un tee-shirt publicitaire à l’effigie d’une tête de sanglier ; en l’occurrence celle d'un saucisson d'Ardenne…

Bien équilibrée, la set list va nous réserver tubes et nouvelles compos. Le concert est divisé en deux parties. Les 15 minutes d’interruption servant à passer le chapeau au sein de l’auditoire, pour rétribuer l’artiste.

Décontracté, Marka débarque en bras de chemises, armé de sa gratte semi-acoustique et s’installe sur un siège haut. Il est soutenu par un backing group impliquant son fidèle claviériste/guitariste Olivier Delescaille (NDR : il jouit également d’une solide réputation comme ingé-son), un bassiste et un drummer planté sur une estrade. 

Marka interagit régulièrement avec son public. Ses vannes imparables témoignent de son humour décalé. Et le mot est faible !

Il introduit sa première chanson, « Avant d’être moi », par un petit discours signalant qu’il était présent aux obsèques de Marc Morgan, lors de la réception où l’on mange un sandwiche mou. Puis une dame dans la foule l’interpelle. Mais la conversation devient surréaliste voire incompréhensible. Serge avoue qu’il est beaucoup de choses avant d’être lui ; ce qui déclenche un fou rire général. Il ajoute que cette situation pourrait être le titre d’une chanson. Allo la terre ! Et s’il y avait du sauciflard aux herbes sur le sandwiche mou ?

Les trois morceaux suivants sont également nouveaux. Marka réserve ses hits surtout lors du second acte.

Le 27 mai 2021, Marka fêtera son soixantième anniversaire dans la grande salle de l'AB par un concert en mode 'Family style'. Il sera entouré de ses proches et d’invités. Rendez-vous est pris !

Setlist 

Partie 1 : « Avant d’être moi », « Sois beau et tais-toi », « Amour Boxe », « Pour un flirt avec moi », « Le Daron », « Avant Après », « Eden Hazard », « Des Hauts, des bas », « Ne me le dites pas ».

Partie 2 : « Je parle », « Je prête à confusion », « Comment Te le dire », « La poupée barbu », « Caroline » (cover Claude Mc Solar), « Les mondains », « Accouplés », « L’hospice », « Si demain », « Tu es formidable », « Poulette »

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

John Mary Go Round

Le bayou dinantais, fallait quand même oser !

Écrit par

John Mary Go Round, c'est le patronyme choisi par Michel Brasseur, le chanteur de Country Cooking, pour son projet solo, un projet qu’il a monté en 2016. L'idée lui est venue en traversant le sud de l'Amérique. ‘C'est là que j'ai eu la première fois l'occasion de jouer sur des ‘cigar box guitars’ (NDR : instruments primitifs fabriqués par les esclaves noirs, et dont la caisse de résonance est une boite à cigare’), explique-t-il. L'effet sera immédiat : ‘Je devais jouer de ces instruments sur scène’, ajoute-t-il.

Chapeau stetson rivé sur la tête, chaussé de lunettes fumées, vêtu d’un costume 3 pièces, dont un pantalon retenu par des bretelles larges du Kentucky et d’une chemise blanche, le Dinantais s’installe sur son siège. Il fait une chaleur caniculaire dans la salle ; faut croire que Michel a enfilé un costard climatisé. On distingue la présence de 5 grattes à sa droite et devant lui, la cymbalette à pieds et les cajons.

Le set sera divisé en 2 parties de plus de 50 minutes, entrecoupé par un entracte d’un quart d’heure, moment au cours duquel Michel va discuter avec le public. Un public apparemment de connaisseurs, aussi attentifs qu’attentionnés. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme du Zik-Zak. Le son est excellent. Aux manettes : Olivier Delescaille, le sixcordiste de Beautiful Badness.

Michel ouvre son récital par le titre éponyme de son premier album solo, « Take a Ride », une compo qu’il interprète à la gratte et à l’harmo. C’est le premier saut dans les marais du bayou. A cet instant, on imagine les esclaves noirs victime de la ségrégation raciale qui fuyaient vers le Nord des States.

Lors des morceaux les plus sauvages, donc garage/punk/blues, on ne peut s’empêcher de penser au groupe liégeois, The Experimental Blues Band, mais également au Jon Spencer Blues Band.

Il embraie par « Old Friend ». Vu qu’il ne se débarrasse toujours pas de son costume, certains spectateurs commencent à avoir chaud pour lui. Votre serviteur, aussi. Puis, il aligne « Six Billions Flowers » et « You’re Right », en respectant l’ordre chronologique de son dernier elpee. Il nous réserve une superbe cover du « Sweet dreams » d’Eurythmics. Si Marilyn Manson en avait réalisé une interprétation burnée, on se souvient surtout de celle qu’Annie Lennox avait accordée sur la plaine de Werchter, en soutien-gorge de couleur rouge. Pour Michel c’est en costume-cravate-chapeau. Il attaque ensuite « I heard the wind ». On aurait préféré sentir son souffle !

Michel change de gratte entre chaque morceau, mais sa technique est irréprochable, sur les cordes. Les sonorités qu’il en extrait sont particulièrement métalliques, et tout particulièrement sur les cigar box et la dobro. Ses interventions à l’harmo sont à couper le souffle (!?!?). Son blues/roots lorgne parfois vers Seasick Steve. Chevrotante, graveleuse et filtrée par le micro américain, sa voix colle très bien à la tessiture des cordes de la cigar box.

En se servant de deux de ces cordophones, à 3 ou 4 cordes, d’un dobro, d’une Gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et d’un micro américain, John Mary Go Round est parvenu à nous faire traverser le bayou (dinantais ?) de la Louisiane de long en large.   

Ce soir votre serviteur a passé la meilleure soirée de son année, depuis l’apparition du Covid 19. Le bayou dinantais, fallait quand même oser !  Vivement le prochain épisode ! Ce sera encore du blues, mais à la Madeleine. En occurrence Larkin Poe !

Setlist : « Take a ride », « Old friend », « Six billions flowers », « You ´re right », « Sweet dreams » (cover Eurythmics ), « I heard the wind », « I Play Alone », « 81 square feet », « Death walk blues », « Born along the river », « Walking through the back door », « I wanna hear », « Sandra blues »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Antoine Goudeseune

Antoine Goudeseune plays The Beatles

Écrit par

Le Zik-Zak a entamé sa saison d’été le 3 juillet dernier par le concert de Fred and The Healers. Vu le déconfinement, les salles de moins de 250 personnes peuvent réouvrir leurs portes, bien-sûr en respectant la distanciation sociale et en autorisant un nombre limité de spectateurs. Soit un maximum de 60 âmes. Pour se déplacer, il faut porter le masque. Assis à une table, vous pouvez l’ôter. Dans la salle, il ne manque que Zorro et son fidèle étalon Tornado. Seul l’artiste qui se produit sur les planches n’est pas masqué. Ce vendredi 10 juillet, place à Antoine Goudeseune, un grand admirateur des Beatles. Une passion qu’il assouvit en interprétant leurs chansons à la guitare, en fingerpicking. Si en 2012, il avait intitulé son premier elpee, « Fingerpicking The Beatles », il a baptisé les deux suivants « Abbey Road » et « Let it be », parus respectivement en 2014 et en mai dernier, deux long playings enregistrés aux studios Abbey Road. Pour le premier, il avait reçu le concours de Mathias ‘IA’ Eklundh, du groupe Freak Kitchen, sur « Here come the sun », un LP exclusivement instrumental. Lors du deuxième il a bénéficié de la participation de Jacques Stotzem, de Fred Lani ainsi que de Julie Compagnon (si, si, celle qui faisait partie de l’équipe de l’émission ‘On n’est pas des pigeons » présentée alors par Sébastien Nollevaux), sur l’un ou l’autre titre…  

La première partie du set débute à 20h30 précises. Antoine Goudeseune s’installe sur son siège haut et salue le public. Il se sert d’une gratte semi-acoustique, d’un looper et d’un Mac.

Antoine relate avant de débuter chaque chanson, l’historique de chaque chanson et ce qu’il ressent, en l’interprétant. L’interactivité avec le public est parfaite.

Il entame sa prestation par « For You Blue ». Les sonorités de cordes sont fidèles aux originales. Puis embraie par « Come Together », en prenant soin de respecter les arpèges. « Don’t let Me Down » succède à « With a little help from my friends ». Antoine a décidé de puiser essentiellement dans ses deux derniers opus pour la setlist. On a l’impression de replonger un demi-siècle dans le passé. Pas de Fred Lani en chair et en os pour « One after 909 », mais bien sa partition à la ‘six cordes électrique’ qui émane du Mac.

Le concert est presque exclusivement instrumental, sauf sur deux morceaux, pour lesquels Julie Compagnon vient poser la voix. Soit la dernière chanson de la première partie, « The Long And Widing Road » et la dernière de la seconde, « Across The Univers ». Et ma foi, superbe et juste, sa voix est capable de monter très haut dans les aigus.  

Le second volet commence par une cover magistrale du tube « Ob-La-Di, Ob-La-Da », une piste qui figurait sur le « Double blanc », œuvre pourtant la plus expérimentale du quatuor. Oui, c’est vrai, la vie continue, comme nous raconte cette chanson bien de circonstance. Hymne à la nature, « Mother Nature’s Son » rappelle le séjour des Fab Four en Inde.  

Eric Clapton assurait la fameuse partie de guitare sur « While my guitar gently weeps » que chantait George Harrison. Ce dernier expliquait d’ailleurs que la présence d'un invité incitait toujours les Beatles à masquer les conflits ; car à l’époque, les tensions étaient très vives entre les quatre de Liverpool…

Finalement le temps a passé très vite. Un vrai régal pour les tympans délicats…  

Setlist partie 1 :

« For You Blue »,« Come Together », « With A Little Help from my friends », « Don’t Let Me Down », « I Want You », « Dig A Pony », « Two Of Us », « Penny Lane », « Strawberry Fields », « Here Come The Sun », « One After 909 » feat Fred Lani en virtuel, « The Long and Winding Road » feat Julie Compagnon

Setlist partie 2 :

« Ob-La-Di, Ob-La-Da », « Mother Nature’s Son », « While My Guitar gently weeps », « Helter Skelter », « Something », « Eleanor Rigby », « I Me mine », « I’Ve Got A Feeling », « Golden Slumbers / CTW», « Let It Be », « Across The Universe » feat Julie Compagnon. 

(Organisation : Zik Zak)

Page 4 sur 117