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Le guitariste et chanteur nantais Tilmann dévoile le clip d’animation de « Desert Moon », troisième extrait de l’Ep Chrysalis. Les paroles de « Desert Moon » ayant été imaginées à vélo, le long des paysages d'Ardèche, le parti pris du clip est de représenter…

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Juicy

En progression constante…

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Julie Rens et Sasha Vonk viennent enfin de publier leur premier elpee. Intitulé « Mobile », il a pris deux ans de retard à cause de la pandémie. Finalement, il aurait pu s’appeler « Désiré ». Lors de leurs deux release parties, consacrées à la sortie des Eps « CRUMS » (2019) et « Cast A Spell (2018), les filles avaient surpris l’auditoire, en attirant quelques guests, dont un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle), un contrebassiste et deux flûtistes, au VK. Que vont donc nous réserver les geishas du r&b, ce soir ? Une nouvelle ‘release party’ ? C’est ce qui a été annoncé !

Le supporting act est assuré par Isolde Van Den Bulcke aka Tristan. Etablie à Bruxelles, cette Gantoise a suivi des études au Conservatoire Royal de la capitale européenne, dans le domaine du chant et du jazz (NDR : tout comme   Sasha et Julie de Juicy, par ailleurs). Son patronyme, c’est un clin d'œil adressé à l'opéra Tristan & Isolde. A son actif deux Eps « Illusje » (2018 ») et « Delidomia » (2019).

Les hostilités débutent à 19h45. Isolde est soutenue par Gert Malfliet, aux drums. Elle se charge des machines, des synthétiseurs et d’un MPD. Elle a enfilé un pull en laine de teinte rouge vif, un short noir et porte des jambières de couleur blanche –également en laine– jusqu’aux genoux sur des bas noirs. Elle semble plutôt timide. Pendant 30 minutes, elle va nous présenter de larges extraits de ses deux Eps.

Tout à tour atmosphérique, sensuelle ou audacieuse, suivant ses humeurs, sa musique, riche en basses et percus, qu’on pourrait qualifier d’art-pop extravertie, incorpore également des éléments jazz et lounge, mais surtout se nourrit d’électronique. Les mots utilisés par Isolde sont totalement inventés. A cet égard, les titres des compos sont suffisamment éloquents. Elle n’en oublie pas son single « Lesthic », dont la vidéo (à voir et écouter ici) a été réalisée par la cinéaste Maya Mees. Une belle découverte !

Setlist : « Nonono », « Weslanda », « Femme à Fin », « Human Allergy », « Wildmouth », « Maljaande »

Une estrade est placée en bout de salle devant la table de mixage, dirigée par Ben De Vissch.

Le concert est divisé en deux actes. La première partie sera acoustique et la seconde, davantage électronique.

Lors du premier volet, Julie et Sasha sont soutenues par trois violonistes, un violoncelliste, une contrebassiste et deux flûtistes (des traversières !) Les filles sont plantées derrière leurs claviers. Elles ont revêtu un ensemble en latex de couleur noire. Soit un pantalon et une veste aux larges épaules, bardée probablement de crin de cheval (NDR : ces costumes ont été confectionnés par Catherine Somers). Finalement, hormis les compos, on assiste au même scénario que celui vécu au VK. Le set s’ouvre par « You Don’t Have To Know », un morceau envahi par un délire de cordes poursuivi par les interventions des flûtes, avant que la ligne de contrebasse ne calme l’atmosphère. Excellente entrée en matière ! « Remain » embraie tout en douceur. Synchros, les voix sont appuyées par les ivoires. Sasha et Julie se concentrent sur leurs pianos tout au long du paisible, « For Hands On Ass » (NDR : c’est la dernière plage de l’Ep « Cast a Spel »), une compo à la fois belle et grisante. Cet Ep reflète l’engagement politique et féministe du duo. Elles déclarent même que Théo Franken est un ‘con’.

La seconde partie se déroulera sur la grande scène. Des images de la planète terre sont projetées sur les demoiselles, pendant qu’elles débarquent sur les planches. « Love When It’s Getting Bad » reprend le fil du spectacle. Les voix sont sensuelles ; et un dialogue musical est perceptible entre chacune des filles. Lorsque les morceaux montent en puissance, notamment par la voie de l’électronique, une irrépressible envie de danser vous envahit, même si parfois l’expression sonore peut paraître torturée. Les interventions de violons et de contrebasse se mêlent parfaitement aux parties de rap.

Les voix se condensent tout au long de « Late Night », jusqu'à l’explosion ultime, moment choisi par le light show pour épouser les beats puissants.  Pendant « Treffles » on craint l’invasion des bonobos dans la salle, mais il n’y aura pas de remake de la ‘Planète Des Singes’, comme dans la vidéo. « Bug In » émarge au rapcore et chaque beat fait mouche. Souligné par les ivoires, « Truth » opère un retour au calme. Dansant, « See Me Now » replonge dans le r&b spécifique à Juicy. « Call Me » … mais pas nécessairement sur leur « Mobile » … et si vous n’avez pas compris le message, c’est que vous ne suivez pas le duo, depuis ses débuts, comme votre serviteur. 

« Count Our Fingers Twice » achève le show avant un rappel au cours duquel on aura encore droit à « La Gigue De La Ket » et au jazzy/lounge « Youth ».

Juicy souhaitait se produire devant un public sans masques ni distanciation sociale afin qu’il puisse exprimer sa joie et sa passion. Son vœu a été exaucé. Et à l’ABBox. Une preuve de leur progression constante…

Setlist :

Set acoustique : « You Don’t Have To Know », « Remain », « For Hands On Ass », « Fall Asleep »

Set électronique : « Love When It’s Getting Bad », « Late Night », « Treffles », « Seed And Ride », « Bug In », « Truth », « Haunter », « See Me Now », « Call Me », « Count Our Fingers Twice »

Rappel : « La Gigue De La Ket », « Youth ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Liar Thief Bandit

Descente de Vikings au Zik-Zak !

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Deux groupes intéressants, ce soir, au Zik-Zak, en suppporting act, Giac Taylor, le nouveau projet de Giacomo Panarisi (Romano Nervoso), et en tête d’affiche Liar Thief Bandit, un power trio suédois. A son actif, trois elpees : « Gun Shovel Alibi » (2016), « Straight Ahead » (2018) et « Deadlights » (2021). Le combo a publié un nouveau single, « The Art of Losing Battles », ce 4 mars 2022, un titre qui figurera sur son mini album, « Diamonds », dont la sortie est prévue pour cette année. Et pourtant, on ne dénombre qu’une cinquantaine de personnes (des habitués, en général) pour assister aux deux concerts. Mais p*****, il est incompréhensible qu’un si maigre public se déplace pour une telle affiche. La pandémie aurait-elle anesthésié les rockeurs ?

Place donc d’abord à Giac Taylor, le nouveau projet du leader de Romano Nervoso, Giacomo Panarisi. Et c’est Moorad, ex-ingé son du Botanique, qui est derrière les manettes. Giac est un amoureux d’un glam rock, issu d’une relation illégitime entre Mick Jagger et Marc Bolan, consommée lors d’une soirée bien arrosée, dans la Région du Centre.

Avant de grimper sur l’estrade, les haut-parleurs crachent la B.O. du film ‘Le bon, la brute et le truand’, signée, on vous le rappelle, Ennio Morricone. Une manière de confirmer que le western spaghetti est une référence de choix dans la musique de Panarisi.

Giac s’est planté derrière ses drums, dont la grosse caisse porte l’inscription ‘First Of All Fuck You’ (Trad. : ‘Tout d'abord, va te faire foutre’), qui serait le titre du premier futur LP. Le Louviérois se charge également des parties vocales. Ce qui n’est pas surprenant, puisque chez Romano Nervoso, il est le chanteur…

Il est accompagné du bassiste Diego Di Vito (NDR : un gaucher !), du guitariste Mick Torres et d’Angelo Guttadauria aux six cordes et aux synthés.

La set list va privilégier les nouvelles compos sculptées dans un rock bien carré, fruit d’un cocktail entre punk, metal et garage. Pas de temps mort ni de bavardages inutiles entre les morceaux. Pas de reprise ni de plages extraites du répertoire de Romano Nervoso.  

Outre les claviers, dont il tapisse généreusement la solution sonore, et la gratte, Mick se consacre également au chant et notamment aux backing vocals.

Brûlot incandescent, « Belgium Is Burning » libère une énergie folle à la manière de John Spencer voire de l’Experimental Tropic Blues Band. Une rythmique hypnotique trame le huileux « This World We Live In », un peu comme chez les Ramones. « I Want YouTo Die » s’ébroue lentement, mais finit par déraper dans l’esprit des New York Dolls, le sixcordiste s’autorisant une intervention à la Slash. Heureusement pas de trace de ‘38 specials’ comme dans la vidéo.

La musique de Giac Taylor se révèle bien plus sauvage que celle de Romano Nervoso. Le loup est peut-être dans la bergerie et semble annoncer une nouvelle orientation pour Giacomo…

Setlist : « Armachair Warrior », « Mister Hollywood », « Belgium Is Burning », « I Want You To Die », « The Witch », « The Circus », « Jesus Loves You », Catatonic States », « Soldier And Outlaw », « Kyuss », This World We Live In », « Little Man »

Place ensuite à Liar Thief Bandit. Des Vikings (dont le guitariste porte une casquette de basketteur et pas un couvre-chef à cornes) qui sont parvenus à fusionner le metal mélodique des 70’s et le garage/punk/rock brut de la fin des 90’s. Et ce soir, ils prennent d’assaut, le Zik-Zak à Ittre…

Le set s’ouvre par le titre éponyme du dernier album (« Deathlights »). Une compo qui oscille ente hard rock mélodique et punk redoutable. Les riffs de guitare flairent la graisse de moteur et la sueur. Les morceaux sont courts, mais véhiculent des thèmes moralisateurs. Jacobson est partout, debout à genoux ou encore brandissant sa guitare au-dessus de la tête. Irrésistible, « Catch And Release » pourrait incarner le chaînon manquant entre les Rolling Stones et AC/DC. Bien rythmé, « Limitations » est dynamisé par la ligne de basse agressive et caoutchouteuse. Pas de trace de « Cept the Truth », cependant !

Punk mélodique, « Good Enough » nous replonge dans les eighties, frôlant même l’univers d’un Offsping qui aurait pris l’air du côté de la Mer Baltique…

« Right From Wrong » vous prend littéralement à la gorge et ne vous lâche qu’à la fin du morceau. Hormis « On my way », plage issue du second LP, « Straight Ahead », et 3 pistes extraites du futur mini album (« Diamonds »), dont le single (« The Art Of Losing Battles »), tous les autres morceaux sont issus de « Deadlight », le dernier long playing.   

Le set s’achève par le rock’n’roll musclé et débridé « Feather », un titre sublimé par le refrain et caractérisé par un chant a cappella, chargé de reverb’.  

Lors du rappel, Liar Thief Bandit va nous réserver 3 morceaux, clôturant ainsi un concert particulièrement énergique, dans l’esprit de The Hellacopters, Imperial State Electric, Grande Royale voire des Norvégiens de Turbonegro…

Setlist : « Deathlights », « Brand New Day », « Good Enough », « I’Ve Got A Lot Of Morning Comin’In », « Right From Wrong », « Catch And Release », « Limitations », « Peace With Disaster », « On My Way », « Silver Tongue », « Better Days », « The Art Of Losing Battles », « Feather » 

(Organisation : Zik-Zak, Rock Nation)

Ykons

Muse, Imagine Dragons, U2 et Editors, parmi les icônes d’Ykons…

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Il y a bien 30 ans que votre serviteur fréquente le Stock, une salle mythique de la Cité des Loups. Un endroit qui est également devenu l’antre du cover band, Rock en Stock. Ce soir, le Stock accueille Ykons, un concert organisé par Sandra Lerate, une fan du band. Le spectacle avait été reporté à 3 reprises, suite à la pandémie.

Issu du Pays de Herve, le quintet est drivé par le chanteur charismatique Renaud Godart. Le premier elpee d’Ykons, « Reflected », est paru en 2019, et un Ep 6 titres intitulé « Colors And Lines », en 2021. Et c’est dans le cadre de cette sortie que la tournée a été organisée.  

Début des hostilités à 21h00. Le sigle lumineux du groupe est représenté par 3 losanges qui s’entrecroisent et diffusent leurs lumières via un laser placé au centre, lequel propage ses faisceaux de différentes couleurs en triangles vers le public. Le visuel est placé en arrière-plan sur une toile tendue.

Renaud Godart, le chanteur charismatique, est soutenu par le claviériste Patrick Loffet, le guitariste David Modave, le drummer Bernard Delvenne et le bassiste Yann Vanchaze.

Devant Renaud et Yan, deux imposants toms basse ont été installés. Le set s’ouvre par l’explosif « Colors And Lines », au cours duquel les percus tribales et métronomiques s’imposent, un peu comme chez Imagine Dragons. Mais ce n’est pas Dan Reynolds qui frappe les peaux des toms bass, mais bien Renaud, casquette de basketteur vissée sur le crâne, et Yann. La ligne mélodique est parfaite. « Sequoia Trees Pt 1 » allie puissance et musicalité. Renaud est très interactif. Chaud, son falsetto est aussi bien capable de descendre dans les graves que de monter dans les aigus. La section rythmique s’impose tout au long du puissant « Have A Great Crash », un extrait du premier album « Reflected ». David en profite pour dispenser des sonorités de gratte carillonnantes, comme The Edge, au sein de U2. Brûlant, « At Sunrise » lorgne manifestement vers Muse. Tout au long du paisible « Light Up », les ivoires sont talonnés par les cymbales. Interprété sous une forme acoustique, « Time » incite au recueillement. C’est le nouveau single. Le message est clair, il faut rester jeune, garder la santé et mourir le plus tard possible. Pas de contestation possible à ce sujet. Chaque morceau est un hit en puissance. Renaud se met dans la peau de Tom Smith pour attaquer une reprise épatante du « Papillon ». La foule balance les bras de gauche à droite ou de droite à gauche, les lèvent en l’air, applaudissent, et reprennent même les refrains de plusieurs chansons en chœur.

En rappel, le band va nous envoyer au « Paradise » avant de clore le set par une adaptation acoustique de « Red light ». Vraiment un chouette concert !

Ykons se produira le 6 mai à L’Entrepôt d’Arlon ainsi que dans le cadre de différents festivals, dont les Francofolies de Spa (22 juillet) et le Ronquières Festival (7 août).

Setlist : « Colors And Lines », « Have A Great Crash », « Sequoia Trees Pt 1 », « At Sunrise », « Light Up » (nouveau single), « Time » (acoustique), « Belong To You », « Like A Feather », « Reflected », « Papillon » (cover Editors), « Darwing Fool », « Silent Word », « Red Light » (électro), « Sequoia (part 2) » (acoustique), « Time ».

Rappel : « Paradise », « Red Light » (acoustique)

(Co-organisation : Le Stock et Sandra Lerate)

Elsa Esnoult

Deux heures de spectacle pour les petits, les ados et les grands…

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Le concert d’Elsa Esnoult, au Cirque Royal, avait été reporté deux fois en autant d’années, à cause de la pandémie. Et à l’entrée de la salle, la file est impressionnante. Le concert est sold out. Il y a même un gosse de 3 ans qui accompagne ses parents. Faut dire que la native de Neuilly-sur-Seine est particulièrement active sur les réseaux sociaux. Certains fans sont présents depuis le matin sur le trottoir de la rue de l’Enseignement. Après son parcours inattendu dans ‘Danse avec les stars’ (elle y a terminé à la troisième place), la chanteuse et actrice, héroïne de la série ‘Les mystères de l’amour’ (plus de 2 millions de téléspectateurs), se produit pour la première fois en Belgique. Elle est venue défendre son dernier album, intitulé « 5 ». Les quatre précédents ont été consacrés disques d’or et ponctués de trois Victoire de La Musique.

Pas de supporting act. Elsa Esnoult grimpe sur l’estrade vêtue d’une robe noire à paillettes ceinturée d’une bande de tissu couleur d’ébène, ornée du sigle ‘E’ entouré d’une paire d’ailes. Elle est soutenue par un guitariste, un batteur, une jolie claviériste et deux choristes/danseurs, installés chacun sur une estrade, et dont le haut du corps est souvent limité à un marcel on ne peut plus classique.

Le set s’ouvre par « Moi j'écrirai ton nom », un extrait du nouvel opus. Les filles sont déjà surexcitées. Faut dire que le fan club avait distribué des affiches, invitant le public à se lever, dès qu’elle entrait sur scène.   

Elsa retourne dans les coulisses lors d’un bref interlude, mais revient en compagnie de son fidèle ami Anthony Colette afin de partager le micro pour « Les plus belles histoires d’amour ». Tout le monde se met à danser.

Les hits défilent « J’suis là-haut », « Amoureuse », « Fidélité ». Et l’inoubliable « Le crime de s’aimer ». Les spectateurs sont déjà debout, avant l’entracte. La première partie a duré 75 minutes.

Elsa nous parle bien-sûr d’amour, mais également de désespoir, des personnes transgenres, des déceptions de l’existence. Son discours est positif ; pour elle, l’amour résout tous les problèmes de la vie.

Retour sur le podium pour Elsa qui est maintenant vêtue d’une robe bleue, mais toujours à paillettes. Sébastien Roch (son pote dans la série ‘Les Mystères de L’Amour’, et ‘Cri-Cri d’amour’ dans ‘Hélène et les garçons’) la rejoint pour un duo consacré à deux chansons, dont « Ma Star à moi ». La chorégraphie est parfaite tout au long de « La belle histoire », une compo reprise en chœur autant par les ados que les papys et mammys. Moment plus sérieux, « Dans Le Bleu De Tes Yeux » aborde le sujet du divorce.

Deux heures de spectacle pour un prix d’entrée plus que raisonnable, au cours duquel Elsa, en toute simplicité et le plus naturellement du monde, a libéré une énergie incroyable et communicative, avec la complicité de son équipe. Votre serviteur a des goûts éclectiques et finalement, à l’instar du public multigénérationnel, a passé une excellente soirée…

(Organisation : Next Step)

Whispering sons

L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB…

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Enfin un concert sans masque ni distanciation sociale. Le CST est encore de rigueur, mais il ne devrait bientôt plus être réclamé à l’entrée. Ce soir, l’AB accueille Whispering Sons, et la salle est bourrée comme un œuf.

Whispering Sons (trad : les fils chuchotants) sont issus de la Province du Limbourg. Les lauréats enfumés de l’édition 2016 du Humo’s Rock Rally ont publié, l’an dernier, un second album. Excellent par ailleurs. Un opus qui nous replonge dans les cryptes musicales sombres des eighties. Son cocktail de cold wave, post punk et shoegaze est pimenté par le baryton ténébreux de Fenne Kuppens. Au fil du temps, la formation s’est forgé une belle notoriété sur la scène indie ; ce qui lui a permis de se produire à Paris, et notamment au défilé de Raf Simons. Naomi Campbell est même venue féliciter les musiciens. Nominé en 2018, pour trois MIA, le combo s’est produit dans le cadre de l’édition 2019 du Rock Werchter, et il est de nouveau à l’affiche, cette année…

Le supporting act est assuré par Teen Creeps, un power trio gantois responsable de deux Eps et de deux albums, à ce jour, dont le dernier « Forever », est paru l’an dernier.

Le set est particulièrement énergique. Manifestement, sa musique est influencée par la scène alternative américaine ; depuis, Dinosaur Jr à Sonic Youth, en passant par Nirvana (donc Foo Fighters) et Metz, même si ce dernier band est canadien. Mais il le bon goût de traiter l’ensemble, sous une forme contemporaine. L’efficacité du drumming, le bourdonnement enivrant de la basse et les envolées de la guitare se fondent en une expression sonore à la fois intense et percutante. Dommage que le public soir resté aussi statique…

A revoir dans le cadre d’un festival, et pourquoi pas aux Lokerse Feesten… (voir notre section photos ici)

Les cinq musicos de Whispering Sons grimpent sur l’estrade. Outre Fenne Kuppens, la chanteuse, il implique un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste. Fenne est vêtue d’une chemise bleu ciel, à longs pans, ainsi que d’un pantalon et d’une veste de couleur bleu pétrole, adornés de motifs ésotériques.

On remarque la présence du logo du dernier elpee, projeté sur un écran, à l’arrière-plan, alors que constitué de leds, le light show va passer régulièrement du rouge au bleu, et inversement.

Ce qui frappe d’abord, c’est ce baryton sombre, caverneux et envoûtant de Fenne, qui semble parfois sortir des rives du Styx.

A deux reprises, le guitariste s’installe derrière les ivoires pour soutenir sa voix, lors de chansons plus paisibles, mais déchirantes. Des claviers qui semblent d’ailleurs bien plus présents dans la musique de Whispering Sons.

Dès le début du set, la musique baigne au sein d’un climat gothique.

« (I Leave You) Wounded » fascine et intrigue à la fois. Sauvages, les riffs de gratte électrisent « Heat » et « Visions ». Fenne hurle sa « Vision » tourmentée de l’existence. « (I Leave You) Wounded » adopte un profil davantage électro, alors que « Screens » s’enfonce dans l’indus.

L’ambiance devient carrément sépulcrale tout au long de « Satantango », alors que plutôt brefs, « Surface » et « Aftermath » sont relativement dépouillés.

Dernier titre de la prestation, « Surgery » monte progressivement en intensité et entre alors dans une sorte de frénésie

En rappel, le band attaque « Tift », le dernier single sorti il y a quelques jours. Une compo dont le climat oscille de Joy Division à Portishead en passant par Placebo, Idles, Fontaines D.C. et Shame, démontrant que sa musique a évolué depuis 2013, année de sa formation.

Un excellent concert auquel le public s’est montré un peu trop mou, au goût de votre serviteur. Bon, maintenant, il est vrai si Fenne a de la présence sur scène, elle manque encore de pétulance. Et puis, le style musical, ne s’y prête probablement pas. C’est un choix ! Mais quand même, certains morceaux auraient mérité de voir se déclencher des pogos ou même du crowdsurfing. L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB… (voir notre section photos )

Setlist : « Dead End », « Heat », « Got A Light », « White Noise », « (I Leave You) Wounted », « Performance », « Vision », « Seasons », « Flood », « Surface », Hallow », « Aftermath », « Santantango », « Surgery ».

Rappel : « Tift », « Alone », « Waste »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Puma Blue

Un moment de sérénité… au milieu de la tempête…

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Ce n’est pas trop une bonne idée de se rendre à Bruxelles, ce vendredi 18 février. Et pour cause, la tempête Eunice fait rage. Le vent souffle jusque 130 km/h. Et sur le parcours, la route est jonchée de branches d’arbres et même de troncs brisés ou déracinés. Dantesque ! Bref, arrivé sans encombre dans la capitale européenne, cap vers l’Ancienne Belgique où se produit, ce soir, Puma Blue. L’accès à la salle, qui sera remplie aux ¾, est conditionné à la présentation du CST. Assis, masqué, le public ne peut ni se lever ni quitter sa place.

Londonien, Jacob Allen, aka Puma Blue, est âgé de 27 ans. Il a suivi des cours de batterie dès l’âge de huit ans. Il cite D'Angelo, Radiohead et John Frusciante parmi ses références majeures. Il est également à la tête de deux autre projets, Ruby Bliels et Boss Nass, bien qu'il n’ait encore rien gravé sous ces patronymes.

Il a passé ces dernières années entre crises d’insomnie et idées noires, une période douloureuse qui a donné naissance à un premier opus baptisé « In Praise Of Shadows », paru l’an dernier. Les thèmes de ses chansons s’inspirent de la romance, de l’angoisse, de la contemplation et de la nostalgie…

Le supporting act est assuré par le producteur londonien Lucy Lu, aka Luke Bower. Egalement londonien, il lui arrive de se produire tantôt épaulé par un collectif d’une dizaine de musicos ou en solo. À la veille de la fermeture des frontières décrétées suite à la pandémie, Luke s’était installé en Espagne, dans la campagne, proche de Barcelone, afin de cultiver ses légumes, mais surtout composer, écrire et enregistrer son premier album qui devrait paraître bientôt ; sa discographie se limitant, pour l’instant, à deux Eps.

Mais ce soir, il est accompagné du batteur de Puma Blue et surtout d’Uma. Née en Catalogne en 1995 d'une mère britannique et d'un père thaïlandais, Uma a été formée au violon classique dès l'âge de quatre ans, avant de s’ouvrir vers d’autres alternatives instrumentales et notamment contemporaines.

Lucy Lu se consacre à la gratte électrique et Uma aux machines. Si ces deux artistes semblent vraiment fusionnels, les interventions du drummer sont plutôt discrètes. Cependant, il règne un climat plutôt étrange tout au long de ce set, climat entretenu par des vocaux profonds et cette guitare jouée en picking. Une forme de psycho-folk underground susceptible de rappeler Animal Collective…

Setlist : « Seadog », « Send Me Off », « Lost Your Mind », « Ultraviolet », « Going », « Bring Me The Mountain », « Talking Walls », « Super Quiet », « We Are The Heroes », « Only Trust A Liar ».

Place ensuite à Puma Blue. Le set s’ouvre par « Velvet Leaves », un concentré de bedroom-pop, soul, jazz et post-dubstep. Jacob est accompagné de son groupe. Soit Cameron Dawson à la basse à cinq cordes, Harvey Grant derrière ses synthés, ses ivoires et son saxophone et enfin le drummer Ellis Dupuis, bien plus dynamique que lors de sa participation au supporting act.

Jacob pratique un jazz hybride, où se mêlent cordes et groove lancinant et au sein duquel sa voix soul peut s’épanouir. Il est vraiment émouvant lorsqu’il interprète des chansons feutrées et fragiles comme « Already Falling » ou « Cherish (furs) », au cours de laquelle les chœurs préenregistrés sont samplés. C’est lors de morceaux downtempo et chill tels que « Snowflower » ou bien encore « Oil Slick », le single qui hésite entre britpop et jazz lancinant, que l’on se familiarise un peu plus avec la voix si sensible du musicien, une voix voilée par les synthétiseurs, mais aussi noyée sous les accès de percus et de basse profonde, une voix chargée d’émotion et de mélancolie qui peut aussi parfois rappeler celle de Jeff Buckley voire de Chet Baker. « Already Falling » est une chanson d’amour douce et enivrante. Il semble s'inspirer des travaux antérieurs de King Krule en ce qui concerne l'arrangement des accords et des paroles, qu’il combine, pour produire un élixir mielleux. L’amour est un concept sujet à de multiples interprétations. « Bath House » est un bel exemple de cette proclamation si complexe à avouer, mais tellement touchante. Le jeu de guitare dans ce titre, a été inspiré par John Frusciante. Et lorsque l’expression sonore devient intimiste, lo-fi, c’est à James Blake qu’on se met à penser.

Le concert est souvent planant, relaxant même, mais sans pour autant sombrer dans la léthargie. Jacob y mêle des textures aqueuses avec des grooves soul. Il y développe ainsi une certaine conception de la beauté…

Setlist : « Velvet Leaves », « Cherrish (Furs) », « (She’s) Just A Phase », « Lust », « Snowflower », « Already Falling », « Bruise Cruise », « Sheets », « Want Me », « Oil Slick », « Bath House », « Hounds », « Moon Undah Water ».

Rappel : « Silk Print » (solo), « Midnight Blue », « Only Trying 2 Tell U ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Ghalia Volt

Sans setlist !

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L’Espace Toots du Centre Culturel d’Evere est une très belle salle qui peut accueillir 150 personnes, assises. Elle bénéficie, en outre, d’une excellente acoustique. Ce soir, elle accueille Ghalia Volt. Cette Bruxelloise qui s’est établie à la Nouvelle Orléans pratique, bien évidemment, du blues. Le public est masqué. Espérons que cette situation va bientôt se terminer…

Votre serviteur avait découvert cette artiste en écoutant l’émission radio du dimanche, présentée par Beverly Joe Scott, sur Classic 21, ‘B.J.’s Sunday Brunch’. Ghalia a publié son quatrième LP, « On woman band », en janvier 2021. Elle a écrit ses compos en voyageant à travers les States ; depuis la Louisiane à l’Oregon en passant par le Texas et la Californie. Ou à travers le Mississippi. Pendant un mois et en empruntant le transport ferroviaire. L’elpee a été enregistré à Memphis (Tennessee) au Royal Studio (siège de Hi Records) là où des des pointures du blues et de la country comme Willy Mitchell et Al Green se sont illustrées. Elle y a reçu le concours du bassiste Dean Zucchero (NDR : membre de son backing group) et du sixcordiste Monster Mike Welch.

La scène est plutôt dépouillée. On y discerne la présence de 4 guitares dont deux électriques rutilantes et deux cigar-boxes (une superbe de couleur rouge et une autre ornée d’une plaque d’immatriculation du Mississipi). Quatre spots led sont plantés sur les planches, derrière l’artiste. Dès qu’elle grimpe sur l’estrade, Ghalia annonce qu’elle n’a pas de setlist. Mais tout en privilégiant les morceaux de son deuxième long playing, elle va également nous réserver des titres des opus précédents, de nouvelles compositions, quelques medleys ainsi qu’une cover très couillue du « Lithium » de Nirvana.

Elle est vêtue d’une robe noire et a enfilé des bas-résille de la même couleur. Elle ôte ses chaussures et s’assied sur un siège dont elle ne décollera pas avant la fin du concert. En fait, sa position lui permet de manipuler plus aisément les pédales, la deux caisses (grosse et claire) ainsi que le charleston et les cymbalettes

Ghalia converse énormément avec le public. Et elle est tellement interactive qu’elle lui permet de choisir quelle gratte elle va utiliser pour une chanson. Elle avoue apprécier l’Orval, la fête, le monde de la nuit et signale être insomniaque. Elle doit prendre un avion pour le Mexique le lendemain (via Ryanair ; donc le poids des bagages est limité). Par conséquent, elle ne pourra pas emporter son matos, et tout particulièrement ses deux amplis. Ajoutant que les contacts établis au sein des différents pays qu’elle visite lui permettent de dénicher le matériel pour se produire en ‘live’.

Elle raconte également que 4 jours après avoir passé son permis de conduire à la Nouvelle Orléans (c’était en 2021 !), elle entamait une tournée américaine en emportant l’ensemble de son matos. Elle qui n’avait jamais roulé sur l’autoroute, et ne s’était jamais fait klaxonner !!!!

Traitées à la slide, les sonorités de cordes dispensées tout au long d’« Esperitu Papago » vous flanquent des frissons partout, alors que les percus reproduisent le roulement du train qui traverse le désert californien. Pendant « Evil Thoughts », elle implore ses mauvaises pensées de la laisser tranquille. A l’aide de paroles soignées, elle aborde des sujets au travers desquels chacun se reconnaît, se raccroche. Elle suscite la réflexion chez chaque spectateur.

« Last Minute Packer » laisse une belle place à l’impro. Un titre qui nous plonge dans la vie d’une baroudeuse, bourlinguant d’hôtels en hôtels, de concerts en concerts.

« Meet Me In My Dreams » nous révèle la chance et le plaisir de revoir en rêves une personne décédée qui était appréciée.

Elle rend hommage à Tampa Red, en interprétant, lentement, son « It Hurts Me Too ». Sa voix est granuleuse, rocailleuse même, un peu comme celle de Beth Hart. Une voix qu’elle éclaircit en sirotant un petit whisky.  

« It Ain’t Bad » évoque les débuts de la pandémie aux Etats-Unis.

Energique, « Just One More Time » se nourrit de rock et de rockabilly. En fin de parcours, c’est l’auditoire qui choisit son répertoire.

Au cours de son show Ghalia Volt s’est frotté tour à tour au rhythm’n’blues, rock’n’roll, boogie rock, blues roots et delta blues, tout en ne négligeant ni le groove, ni le rythme. On espère la revoir bientôt en formule full band…

(Organisation : Rock Oasis)


 

Thomas Frank Hopper

Un disciple de Ben Harper…

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Ce sera le dernier concert limité à 50 spectateurs au Zik-Zak, à Ittre. Bientôt, il ne faudra plus rester assis par bulles, présenter un CST pour accéder à la salle et porter un masque lorsqu’on se déplace.

C’est la sixième fois que votre serviteur assiste à un concert de Thomas Frank Hopper. Né à Bruges, Thomas Verbruggen, aka Thomas Frank Hopper, est également le chanteur le Cheeky Jack, une formation responsable d’un seul elpee à ce jour, « Black Sheep », paru en 2014. En solo, Thomas a gravé deux Eps, « No Man’s Land », en mars 2015, « Till The Day I Die », en 2019, ainsi qu’un premier elpee, en 2021, « Bloodstone ». Ce soir, Thomas Frank Hopper est soutenu par le guitariste Diego Higueras, le bassiste Jacob Miller, le drummer Nicolas Scalliet et, c’est une nouveauté, un préposé aux claviers.

Le set d’ouvre par le titre maître de son album, dont il va nous en réserver de nombreux morceaux. Mais également quelques compos qu’il n’a jamais interprétées en ‘live’. Il raconte qu’il a vieilli (comme tout le monde) et signale qu’il faut profiter du moment présent, parce qu’il est unique. Et qu’il ne faut pas oublier de prendre du bon temps.

Dans sa musique on ressent, parmi ses influences, celles du Led Zeppelin (et pas seulement à cause de sa voix qui rappelle celle de… Robert Plant) de John Butler et de Jack White. Faut dire que sa musique est fondamentalement blues/rock.

Thomas Frank Hopper prend de plus en plus d’assurance sur les planches. Il passe avec une facilité déconcertante de la gratte électrique à la steel guitar qu’il joue assis, à la manière de Ben Harper. Son bootleneck y glisse naturellement, que ce soit à la lap steel ou en slide. Quand il s’arme d’une sèche, c’est en solitaire ; le public est alors particulièrement attentif et on n’entendrait pas une mouche voler.

Sa musique est particulièrement ancrée dans les 70’s, et l’utilisation d’amplis vintage ainsi que de synthés qui reproduisent els sonorités d’un orgue Hammond ?) accentuent cette impression. Le lightshow devient aveuglant lorsque les guitares se chargent d’intensité maximale.

On épinglera quand même « Come Closer », un morceau qui, à la fois, remue vos tripes et caresse vos tympans. A vous flanquer des frissons partout !  

Un excellent concert qu’il aurait été agréable de savourer dans la salle, pleine à craquer, dans l’esprit du blues/rock… A conseiller vivement, si vous êtes fans de Ben Harper.

Thomas se produira en supporting act d’Eiffel au Botanique, le 13 avril 2022. Si vous adorez Ben Harper, ne le manquez surtout pas ! D’autant plus que sur les planches, le groupe déménage littéralement. Votre serviteur, en tout cas, est convaincu de son talent…

Setlist : « Bloodstone », « Tales From The Rail », « Into The Water », « Crazy Mojo », « Cold Meat », « Change », « Mad Vagabond », « Dirtylicious », « Come Closer », « The Sinner », « Mississippi », « Bad Busines », « Savages », « Thousand Suns », « Whipping Boy », « SBMSB », « Till The Day I Die ».

Organisation : (Rock Nation et Zik-Zak)

(photos Philippe Ruelle ici)

 

Hillary Step

Après la Citadelle, les Alpes ou les Pyrénées ?

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Vu les mesures imposées par le Codeco, le Zik-Zak, à Ittre, ne peut, pour l’instant, qu’accueillir 50 personnes assises, invitées à respecter la distanciation sociale de 1,50 m et pour lesquelles le masque est obligatoire, lors de tout déplacement. Après Alpha, place à Omicron ; quand cette foutue pandémie va donc s’achever ?

Ce soir, c’est Hilary Step qui se produit dans la salle brabançonne. Né en 2013, ce quatuor compte à son actif deux Eps (« Bad Debt » en 2016 et « Entry point » en 2018) et un premier elpee (« Death In D Major »), paru l’an dernier. Un opus qui a bénéficié du concours technique et artistique d’Alonza Bevan (Kula Shaker, Johnny Marr and the Healers) ainsi que d’Erwin Autrique (Noir Désir, Louise Attaque, Renaud, Bashung) au mixing et au mastering.

Le line up réunit le drummer Cyril Wilfart (animateur de Classic 21), Maxime Ronce à la basse, Iliya Chakir à la guitare ‘lead’ et Martin Bérard au chant et à la rythmique.

Le set s’ouvre par l’énergique « Catch My Eye », un morceau qui nous replonge dans les eighties, en puisant ses références aussi bien chez XTC que Big Country. « Halfway There » se distingue par ses superbes harmonies vocales, ses solos de guitare inspirés et envoûtants ainsi que sa mélodie imparable. Le drummer s’en donne à cœur joie aussi bien sur ses fûts que les cymbales. Faut dire que la section rythmique est particulièrement solide. Une chose est sûre, le band est motivé pour se produire devant un public, même réduit, ce soir.

Plus folk, « Reborn » est un titre empreint de douceur. A contrario, nerveuse, « 5 minutes » constitue probablement une nouvelle compo.

« Here be Dragons » et « Madison grey » baignent dans l’americana. Encore que certaines sonorités texanes s’infiltrent insidieusement dans la solution sonore. La voix de Martin évoque tout à tour celle de Tom Robinson ou de Barry Hay (Golden Earring).

Sir Edmund Hillary a été le premier néo-zélandais à gravir l’Everest en 1953. Et ‘Hillary Step’ était (elle a été détruite en 2015, suite à un tremblement de terre) une paroi rocheuse presque verticale d'une hauteur d'environ 12 mètres située sur ce Mont Everest à environ 8 790 mètres. Hilary Step se contente cependant de grimper jusqu’en haut de la Citadelle. Mais il a l’explosivité pour y parvenir aisément. Prochaine étape, les Alpes ou les Pyrénées ? Un chose est sûre, le set était bien rock et si vous souhaitez vous faire une petite idée du potentiel de cette formation namuroise, n’hésitez pas à écouter son premier LP, « Death In D Major ». On vous le recommande vivement !  

Setlist : « Catch My Eye », « Halfway There », « Reborn », « Orphan Disease », « 5 Minutes », « Sleep Alone », « Here Be Dragons », « Madison Grey », « A Bear With My Dad », « Alone Above All », « A Horse That Never Dies », « Later Days », « Ghost Town », « Bad Debt », « This Song ».

Organisation : Le Zik-Zak, Rock Nation


 

BRNS

Davantage ouvert à l’expérimentation…

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Direction l'Aéronef, chouette salle de concerts située à Lille, au sein du bâtiment d'Euralille dessiné par Jean Nouvel, à proximité de la gare de Lille-Flandres.

Paradoxe, un artiste et un groupe belges sont passés outre-Quiévrain, histoire de démontrer à nos amis français, toute la richesse musicale affichée par le plat pays.

Les interdictions sont encore nombreuses. Hors de question de rester debout et de se déhancher. Quelque trois ou quatre cent chaises oranges (ringardes et peu confortables) ont été placées en rang d'oignon dans la fosse. Inutile de préciser l’impossibilité d’accéder aux gradins de l’étage, car les vigiles font respecter les règles !

Si les nombreuses plaques d’immatriculation belges laissaient supposer que de nombreux compatriotes ont décidé de rejoindre votre serviteur, l’accent ch'ti de la plupart des visiteurs, prouve une fois encore que l’exception confirme la règle.

Antoine Wielemans assure le supporting act de BRNS (prononcez brains). Si son nom est peu répandu auprès du grand public, l’artiste est pourtant l’un des deux fondateurs/compositeurs/chanteurs de Girls in Hawaii.

Après avoir accompli une tournée marathon en compagnie de son groupe, Antoine a ressenti le besoin de se ressourcer à Vattetot, petit village normand isolé derrière les falaises et la mer. C’est alors que l’écriture dans sa langue maternelle lui est apparue salutaire.

De quelques mots couchés sur le papier, une histoire polymorphe s’est peu à peu dessinée dans un savant mélange de douceur et de mélancolie joyeuse. C’est ainsi qu’est né ce premier disque fort prometteur.

L’approche de la prestation de ce soir est intimiste. Wielemans se plante au centre du podium armé d’une guitare branchée sur des pédales à effets. A sa gauche David et à sa droite Laetitia. Tous deux sont préposés aux claviers.

Le chanteur belge est parfaitement intégré dans ce qui pourrait être plus qu’un simple essai.

Dès les premières notes, un couac technique nécessite l’intervention de l’équipe. Très vite, « Sel », sur trame du thème de la mort, fait oublier ce petit incident. Caractérisé par ses envolées féeriques au piano, ce titre illustre toute l’étendue d’un répertoire velouté, aux antipodes de celui qu’il nous avait habitués chez Girls in Hawaii.

« Bruxelles », entre nostalgie et crise identitaire, capture les lendemains d’ivresse et les gueules de bois pour ensuite se plonger dans la mise en abîme d’une « Poésie » où le chanteur charismatique s’interroge quant à la portée de cette chanson. Une pensée très manichéenne à laquelle personne n’a trouvé de réponse.

Surprenant, « Samedikea » prend un sens relatif lorsqu’on sait que le trio se produit juste au-dessus d’une grande surface. Une chanson écrite comme si le leader était dans la peau d’un adolescent d’aujourd’hui, plongé dans le monde qui nous entoure et face à ses perspectives.

L’atmosphère douce et apaisante de « Ici », laisse transpirer un certain spleen plein d’humilité. Une compo qui colle parfaitement à l’air naturellement rêveur du compositeur.

Alors que la période hivernale tire doucement sa révérence, « Fin d’été » et sa ligne de trompette, rythme ce rapport dichotomique entre les ballades torses nus, short et tongs et la micro déprime de cette fin de saison.

Le set prend doucement fin. C’est alors qu’à la surprise générale, Antoine reprend Nino Ferrer pour ensuite embrayer par « Blanche », une chanson un brin électro qui aborde de nouveau le sujet de la mort…

Enfin, après une heure d’un show aussi déconcertant que passionnant, Antoine Wielemans quitte les planches, guidé par un « Chien », une version plutôt personnelle de thérapie solitaire.

A l’aide de sa guitare acoustique jouée en picking, quelques nappes de synthé, et une boîte à rythme pour les percussions, Wielemans a vraiment été très inspiré par le grand air de la Normandie.

Un show feutré, doux et amer qui lui va comme un gant.

Les membres de BRNS grimpent sur l’estrade. Le temps de quelques réglages et le show peut commencer. Les musicos ont tous enfilé des salopettes. Ils ressemblent, à s’y méprendre, à Mario et Luigi, les deux personnages de Mario Bros.

Antoine Meersseman (basse/chœurs) et Tim Philippe (batterie/chant), à la suite d’un nouvel-an arrosé, décident de créer un projet commun. Diego Leyder (guitariste) et César Laloux (multi-instrumentiste) les rejoignent peu de temps après.

Depuis, Laloux s’est lancé dans une nouvelle aventure (Mortalcombat) en compagnie de Sarah Riguelle (Italian Boyfriend), tandis qu’Antoine, s’est lui aussi échappé du groupe, en incarnant le corps et l’esprit de Paradoxant, le temps d’une parenthèse.

Le set prend forme par un « Void » qui donne le ton ! Une compo où la gravitation et la lévitation s’entrechoquent pour emmener le public dans une direction à mille lieues de la précédente.

« Money », titre sauvagement psychédélique, à la veine un brin électronique, évolue parfaitement dans la culture musicale du quatrième album de la formation. Intitulé « Celluloid Swamp » ce disque est davantage ouvert à des sonorités plus expérimentales voire radicales…

Il faut attendre le brillantissime « Light Houses » pour entendre la voix de Nele de Gussem, la claviériste qui a succédé à Laloux.

Que ce soit avec « Mess », un titre de 2016 clipé par un de leurs potes ou encore « My head into you », la structure musicale de BRNS repose sur une savoureuse combinaison batterie/voix, rapidement identifiable. Riffs de guitares et beats syncopés s’entrechoquent autour du grain de voix de Tim.

Les chansons s’enchaînent à un rythme effréné. Entre électro, pop et r&b, « Profond Pressure », « Suffer » ou encore « Inverted » se révèlent à la fois voraces et entièrement futuristes ; ce qui démontre, sans doute, qu’il y a chez ce combo une volonté de s’éloigner de la banalité, l’expression sonore dégageant en effet un profil moins gnangnan au fil des albums.

Caractérisé par le drumming tentaculaire de Meersseman, le trio belge sort de sa zone de confort afin de nous offrir un univers plus osé sur fond de maturité, tout en conservant cet espace de liberté qui lui permet de proposer un produit à la fois plus élitiste et avant-gardiste.

Avant de clore le set, BRNS revient, sous l’insistance du public, pour attaquer le surprenant « Mexico ». Nonobstant sa complexité rythmique, c’est cette compo, issue du premier Ep « Wounded », qui l’a fait connaître auprès du grand public.

Un seul regret, l’absence de « Clairvoyant » dans la setlist, un titre éliminé du répertoire de BRNS, semble-t-il…

(Organisation Aéronef)


 
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