Manu Chao célèbre l’autre…

Manu Chao, l'icône de la scène musicale mondiale, revient sur le devant de la scène en sortant un nouveau single baptisé "Viva tu". Après plusieurs années d'absence médiatique volontaire, l’artiste nous offre un avant-goût de son prochain opus tant attendu.…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Slowdive
Jane's Addiction - 04/06/...
Concerts

Bob Vylan

Gym tonique…

Écrit par

Bob Vylan est un duo londonien qui réunit le chanteur/guitariste Bobby et le drummer Bobbie. Et il se produit ce vendredi 27 octobre à l’AB Club de Bruxelles.

Il pratique un mix entre hip-hop et rock’n’roll musclé voire brut de décoffrage. Son dernier elpee, « Bob Vylan Presents the Price of Life », est paru en avril 2022. Il a décroché le prix Kerrang (NDR : cérémonie organisée par cet hebdomadaire britannique de musique rock et heavy metal)

On peut lire sur sa page Bandcamp : ‘The internet is dead, see us in the flesh !’ ; ce qui se traduit par : ‘Internet est mort, regardez-nous en chair et en os !’

C’est est un tandem engagé. Ses textes dénoncent les injustices : pauvreté, Brexit, inégalités raciales, coupes dans le secteur de la santé... Et dans sa musique, il s’évertue à rapprocher et mélanger les genres et les sous-cultures. C'est ce qui lui permet d’être apprécié par les amateurs de rock, de rap, de punk, de dance et de musique alternative.

Le concert est sold out.

Issue du Nord de la Belgique, et plus précisément de Bruges, SPACEBABYMADCHA, aka Maya De Zutter, assure le supporting act. C’est une artiste multidisciplinaire, compositrice et rappeuse. Sa musique se nourrit de trap et de soul alternatifs, d’ambient, de r’n’b ainsi que de hip-hop électronique. Cette année, elle figure parmi les neuf finalistes du concours ‘De Nieuwe Lichting’, organisé par StuBru.

Sur les planches, elle est soutenue par une autre fille, casquette de rappeur vissée sur la tête. Postée derrière une table, elle bidouille ses manettes. Maya est vêtue d’un pantalon et d’une veste sombres et s’est enfoncé un bonnet sur le crâne. Malgré leurs couvre-chefs, on distingue leurs cheveux bouclés. Plutôt jolies, elles ont le teint mat. Le set va se concentrer sur des extraits du dernier opus, « New Era », paru en 2021. Maya possède une voix imposante, mais samplée ou vocodée, elle en devient ondoyante. Elle remue constamment, se déplace de gauche à droite et inversement, bondit et grimpe même sur les deux haut-parleurs sis aux extrémités du podium. Très interactive, elle plonge dans la foule, et l’incite à lever les bras ou à jumper.

Franchement, sa réputation de show-woman responsable de concerts vibrants et énergiques, n’est pas usurpée.

Place ensuite à la Bob Vylan. Bobbie est planté à droite sur une estrade, derrière un kit de batterie imposant, dont 5 cymbales et un MPD. Bobby a enfilé un training couleur bleue et ses dreads sont ramenées en couettes tressés sur le devant.

Le chanteur entame le show, suivant un même rituel, par une série d'échauffements de style militaire sur des rythmes tonitruants.

Les nouveaux singles « Dream Big » et « Here A Man » constituent un avant-goût de la manière dont les Britanniques se rapportent à notre société de consommation occidentale. Pendant « I Heard You Want Your Country Back », un spectateur tend à Bobby, déjà torse-nu, un drapeau palestinien. Il le colle à gauche sur un empilement de 3 boxes en bois placé, en arrière-plan. Le public en profite pour cracher son venin. Ce morceau figure sur la B.O. de la série Netflix ‘The Bastard Son & The Devil Himself’. Le chanteur déclare : ‘Nos vies auraient pu finir dans les bennes à ordures. Ne le tenez pas pour acquis. Soutenez Warchild’. Il recommence à effectuer ses exercices d’éducation physique avant d’attaquer le titre maître de son second long playing, « We Live Here ». Des mosh pits éclatent régulièrement.  

Des samples pré-enregistrés reproduisent des sonorités de guitare, de basse, de claviers et de bruits divers. Tonitruantes, sauvages et tribales, les percus de Bobbie communiquent à la foule une forme de frénésie, qui danse sur chaque battement et reprend chaque mot. Bobbie se lance dans un crowdsurfing tout en continuant de chanter. Dans la fosse, ça pogote sec. On se croirait presque lors d’un concert de métal. A la demande du vocaliste, la scène est envahie par le public pendant « Wicked & Bad ». Mais aussi c’est la compo qui achève le show…

Setlist : « Down », « Big Man », « I Heard You Want Your Country Back », « CSGB », « Take That », « We Live Here », « Pulled Pork », « England's Ending », « The Delicate Nature », « Pretty Songs », « Dream Big », « Wicked & Bad ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Deadletter

Un peu court, mais percutant !

Écrit par

Deadletter est un sextet issu du sud le Londres qui, selon les médias les plus perplexes, se contente de faire revivre le post punk des eighties, alors que les plus ouverts estiment qu’il appartient à la nouvelle vague du rock qui s’abat depuis quelques années en Grande Bretagne. Certains le considère même comme une révélation sur la scène contemporaine insulaire. Lors du dernier festival BRDCST, qui s’était déroulé à l’AB, le public avait été conquis par sa prestation. Et puis, c’est quand même la dixième fois que la formation se produit en Belgique… Ce dimanche 22 octobre, il est programmé au club de l’AB. Et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Nona Problemo. Originaire de la région de Louvain, il s’agit d’un des lauréats de l’édition 2021 du concours Sound Track, en Flandre. Ce quatuor implique un guitariste, un claviériste, un drummer et un chanteur/bassiste, dont la voix évoque Robert Smith. Il n’est donc pas étonnant que son post punk soit influencé par The Cure, même s’il est teinté de psychédélisme.

La salle est blindée lorsque Deadletter grimpe sur l’estrade : Zac au micro, George à la basse, Poppy (une fille) aux saxophones, Will et James (il mesure plus de 2 mètres !) aux guitares, et enfin Alfie à la batterie.

Le show s’ouvre par « Mysterical ». Les interventions de Poppy au saxophone sont envoûtantes. C’est manifestement ce qui fait l’originalité de la musique du band. Dès le deuxième morceau, Zac a trop chaud et enlève sa chemise, geste que va imiter Will, un peu plus tard. Le vocaliste est constamment au contact des premiers rangs. Il prend régulièrement des bains de foule. Elle est tout aussi enthousiaste, s’agite et on se bouscule à l’avant de la fosse. Un spectateur audacieux monte sur le podium puis se lance dans le vide, mais les mains des spectateurs lui permettent de crowdsurfer jusqu’au milieu de la salle.

 Efficace, la section rythmique se distingue par une ligne de basse cotonneuse et souvent plus puissante que les autres instruments. Et même de la voix de Zac. Les compos ne manquent pas d’énergie, mais elles sont régulièrement tramées sur une même structure. On en oublierait presque les paroles qui reflètent l’engagement sociopolitique du groupe.

Plus pop, « Degenerate Inanimate » permet un peu à tout le monde de souffler.   Avant le retour à l’intensité électrique, qui parfois évoque celle que dispensait Franz Ferdinand à ses débuts.

Pendant « Madge's Déclaration », les tambourins et les cymbalettes s’invitent et dynamisent le show, alors que Zac, déambule au milieu de l’auditoire, lui demande de s’accroupir, puis de se relever pour vivre un pur moment de folie. Zac peine alors à revenir sur les planches.

« Zeitgeist » achève un show d’à peine 50 minutes dont plusieurs titres ont été puisés au sein de l’Ep « Heat », paru l’an dernier. Pas de rappel. Un peu court, mais percutant !

Setlist : « Mysterical », « The Snitching Hour », « Murdered », « Hero », « Degenerate Inanimate », « Madge's Declaration », « Haunting », « Fit for Work », « Credit », « Binge », « Deus Ex Machina », « It Flies », « Zeitgeist ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Haru Nemuri

Expérimental, excitant et inventif…

Écrit par

Haruna Kimishima aka Haru Nemuri est l’une des artistes émergentes les plus passionnantes du Japon. Sa musique est le fruit d’un mélange unique entre J-rock, noise pop, punk, hardcore et hip-hop. De quoi faire tourner les têtes. Elle chante, bien sûr, dans sa langue natale. Elle se produit ce mardi 17 octobre, à la Rotonde du Botanique. Paru l’an dernier, son dernier elpee, « Shunka Ryougen », recèle de nombreux bangers (NDR : de puissantes sonorités de basse qui incitent à la danse). Elle incarne la parfaite ambassadrice improbable de la scène alternative nippone, riche et fertile qui y a prospéré depuis des décennies.

Dorothy Gale assure le supporting act. C’est une des 5 finalistes du Concours-Circuit qui se déroulera ce 8 décembre au Bota. Il n’y a pas grand monde dans la salle, lorsqu’elle grimpe sur l’estrade. Dorothy Gale est un personnage de fiction dans l'univers imaginaire d'Oz, inventé par l'auteur américain L. Frank Baum. C’est également le patronyme choisi par une jeune Bruxelloise responsable d’une musique électro. Derrière elle s’installent deux collaborateurs qui bidouillent des machines face à une table : Alwis et Jordan Le Galèze.

Tout au long de ce set, Dorothy chante d’une voix pop suave en racontant des histoires ou à travers un cri poignant et punk, dynamisant le tout par les productions électroniques. Face à son pied de micro, elle remue pas mal. Elle danse, sautille et invite le public à la suivre. Et il est réactif. Si la scène est dépouillée, elle se distingue par un contraste entre ombre et lumière. Malheureusement, le son est bien trop fort pour les oreilles de votre serviteur. Alors il préfère les préserver pour la tête d’affiche…

Quelques instants avant que Haru Nemuri ne monte sur le podium, la salle est comble. Elle est vêtue comme une geisha vaporeuse et froufrouteuse rappelant la mode japonaise à la lolita, fière de ses couettes. En retrait, se plante un bidouilleur devant une table sur laquelle sont posés des tas de machines électroniques. Pas de musicos ni d’instruments, seulement son collaborateur, Haru et son scratcher.

Une belle interactivité s’établit entre l’artiste et les premiers rangs, mais elle s’exprime dans un anglais approximatif que l’on comprend à peine. Il faut dire que lorsqu’elle parle, sa voix est fluette, enfantine et très chantante. Mais quand sa prose prend un ton détaché presque clinique, c’est pour mieux exploser en cris gutturaux qui tendent chaque syllabe dans une cadence grotesque. Chaque mot libère alors une certaine émotion. Sur fond de percussion tribale, elle matraque le public de ses ‘Ai ai ai ai ai’. Conquis, celui-ci lui répond en vociférant ces paroles entêtantes. Quant aux machines, elles répandent des sonorités vocales, parfois criées, de guitares bruyantes et de cordes lointaines.

Elle rit très souvent et son rire est communicatif. Elle se balance sur scène et danse comme dans un état de folie.

Une couture de sa tunique a cédé. Elle s’en amuse, mais file dans les loges, deux petites minutes, pour revenir dans un accoutrement aussi vaporeux. Elle récupérera, par la suite, sa tenue raccommodée. Elle n’en n’oublie pas « Angry Angry », une compo co-écrite avec sa compatriote Jaguar Jonze, un hymne au féminisme déterminé en réponse à la prédation et à la tentative de meurtre d'une concitoyenne, par un homme de 36 ans.

Manifestement, ses expérimentations défient le paysage pop japonais d'une manière aussi excitante qu’inventive. Belle découverte !

(Organisation : Botanique)

Adé

Entre pop luxuriante et country lumineuse…

Écrit par

À la suite de l’attentat perpétré l’avant-veille au Boulevard Sainctelette, peu de monde s’est déplacé pour assister au concert d’Adé programmé ce mercredi 18, au Crique Royal de Bruxelles. Seul les sièges du bas et la fosse sont remplis.

Adélaïde Chabannes de Balsac, aka Adé, a déjà bien baroudé. Elle a milité au sein de Thérapie Taxi avant de se lancer dans une carrière solo. On aimait alors déjà, son aplomb, sa voix claire, son allant et la fougue de sa jeunesse. La chanteuse a choisi aujourd’hui d’entamer sa mue, de développer les registres musicaux de son chant. Elle est venue défendre son premier elpee, « Et alors ? », un disque aux influences folk-pop et aux mélodies entêtantes.

Le supporting act est assuré par Hélène Sio, une jeune artiste de 22 ans qui a suivi des cours au Conservatoire auprès d’Ibrahim Malouf. Autrice, compositrice et interprète, celle qui a fait succomber des milliers de followers via ses reprises, dévoile enfin ses compositions originales. Originaire de Narbonne, elle a débuté le chant lyrique à l’âge de 9 ans. Elle avoue puiser ses influences chez Alain Bashung, Franck Sinatra, Michel Legrand et Juliette Armanet. A tout juste 17 printemps, elle a participé à l’édition française de The Voice où elle a atteint la demi-finale.

Sur les planches, Hélène, tête blonde bouclée à la Blondie, est soutenue par un guitariste et un bassiste/claviériste. Elle chante tantôt au milieu du podium, face à son micro ou à sa droite, derrière ses ivoires.   

Elle possède une voix profonde, cristalline, douce et aérienne, sorte d’hybride entre Emma Louise, Louane et France Gall. Elle nous réserve de jolies ballades romantiques aux sonorités pop, à l’instar de son premier single « Je Veux Toucher Vous » ainsi que « Fin de Film ».

Solaire, sensible et particulièrement interactive, elle établit un excellent contact avec le public.

Elle nous explique brièvement qu’elle a vécu une relation amoureuse qui s’est terminée brusquement. Son ex l’avait blacklistée sur le net. Elle devait lui transférer des virements de 50 cents via PayPal. Elle a traduit cette mésaventure dans la chanson « Les Virgules », qu’elle interprète aux claviers. Une bonne première partie.

A 21 heures, les lumières s’éteignent pour dévoiler le décor. Des spots accrochés au plafond illuminent la salle d’une lumière bleue. Sur la tenture sise en arrière-plan, apparaît des parties de néons bleus qui finissent par dessiner le nom ‘ADE’ en grand. Il réapparaîtra à plusieurs reprises, au cours du spectacle.

Après une courte intro pré-enregistrée, les musicos débarquent. Les deux guitaristes se plantent aux extrêmes du podium. Les rejoignent un bassiste et un drummer qui s’installe sur une estrade. Telle une princesse des temps modernes, Adé arrive à son tour. Du haut de ses 27 ans, les cheveux de couleur geai au vent, elle est vêtue d’un tee-shirt orange sur une petite jupe portefeuille noire de type trapèze ressemblant fortement à un short court.

Le set s’ouvre par « Les Silences ». Et on est immédiatement balayé par le vent qui souffle d’ordinaire sur les grandes plaines de l’Ouest américain. Il n’y manque que les saloons où traînent les cowboys. Car la musique dispensée ce soir évolue essentiellement dans un mix pop luxuriante et country lumineuse.

Dès « J’me barre », Adé met son public en poche. Toutes les chansons sont bonnes, efficaces, touchantes ou entêtantes. Adé occupe bien la scène libère une belle énergie et affiche un naturel plus qu’assumé. Il existe une vraie fraîcheur dans les mélodies de ses compos. Sa voix, à la fois pure, sucrée et sensible, y est pour beaucoup et porte des textes qui semblent souvent focalisés sur les désillusions amoureuses et le courage nécessaire pour les surmonter (« Solitude imprévue », « Insomnies » et « Side By Side »).

Lors du premier rappel, Adé va nous réserver un petit medley acoustique au cours duquel seront repris « Jolene » de Dolly Parton et « Jimmy » de Moriarty. Toute la formation se serre sur l’estrade du drummer, ce dernier se concentrant sur un petit tambourin. Pendant cet intermède country/folk, la voix d’Adé acquiert ce petit supplément d'âme qui apporte une autre dimension au concert. On l'imagine alors exceller dans un registre crooner jazzy.

Adé accorde un second encore constitué de trois nouvelles chansons : « 20 ans », « Nuit Américaine » et « Juke Box ». Elles seront intégrées à la réédition de son premier opus qui paraîtra en novembre 2023. La setlist a d’ailleurs été essentiellement consacrée à cet LP, enregistré à Paris, Bruxelles et -parce que la Parisienne rêvait de pedal steel, dobro, banjo, mandoline et harmonica- au studio Sound Emporium de Nashville, là où Emmylou Harris et Willie Nelson y ont enregistré…

Aucun titre de Thérapie Taxi n’y a été inclus lors de ce show de très bonne facture, mais malheureusement un peu court…

Setlist : « Les Silences », « J’Me Barre », « 20 Ans », « Berceuse », « Solitude Imprévue », « Nuit Américaine », « Side By Side », « Insomnies », « Juke Box », « Q », « Avec Des Si », « Tout Savoir ».

Rappel 1 : « Eh Alors », Medley « Jolene, Home, Don't Think Twice, It's Alright » (Elvis Presley cover), « America » (Razorlight cover).

Rappel 2 : « Sunset », « Si Tu Partais », « Bonne Année ».

Organisation : (Live Nation en accord avec Uni-T)

 

bdrmm

Un final un peu trop expérimental…

Écrit par

Issu de Hull, au Nord de l’Angleterre, bdrmm se produisait ce mercredi 18 octobre au club du Grand Mix à Tourcoing. Le quatuor réunit les frères Smith, Ryan (chant, guitare, claviers) et Jordan (chant, basse, claviers) ainsi que Joe Vickers (guitare, basse) et Conor Murray (drums). A son actif, de nombreux singles et Eps, mais surtout deux elpees : un éponyme paru en 2020 et « I don’t know », en juin dernier. Le patronyme s’inspire de ‘bedroom’ (Trad : chambre à coucher), alors que la musique navigue quelque part entre post rock et shoegaze. Pas étonnant que la formation ait été choisie par Ride pour assurer sa première partie, lors de sa dernière tournée, et signé chez Rock Action, le label de Mogwai.

Il fait très chaud dans la salle, lorsque bdrmm monte sur l’estrade. Enfin remonte, puisque quelques minutes plus tôt, elle réalisait son soundcheck. Amusant, mais Conor, le batteur, ressemble un peu à Dany Boon, mais en plus jeune. Les musicos sont d’ailleurs très jeunes. Et cette jeunesse est bien représentée au sein de la foule. Derrière le combo, on remarque la présence d’une grande toile, sur laquelle seront projetées, durant tout le set, des images brumeuses, psychédéliques. Quant aux planches, elles sont bien garnies de pédales d’effets de distorsion.

« Alps » ouvre le set. Déjà, la voix de Ryan se révèle à la fois douce, fragile, atmosphérique, mais angoissante. En outre, il commence déjà à manipuler les potentiomètres des effets de pédales. La compo (comme la plupart de celles du concert) monte progressivement en crescendo avant d’atteindre un premier pic d’intensité. Après le très shoegaze « It’s just a bit of blood », le plus connu « Gush » recueille tous les suffrages. « We fall apart » nous offre un véritable duel de grattes. La voix de Jordan et plus puissante. Faut dire que physiquement, il en impose. Pendant « Hidden camera », alors qu’il se déchaîne sur sa guitare, Ryan renverse malencontreusement son clavier. Ce qui ne l’empêche pas d’achever le morceau, en manifestant une même exaltation. Avant de tout remonter, à l’aide de Joe. Plus de peur que de mal, le Korg fonctionne normalement. Le groupe embraie par « Pulling stitches ». Alors que le drummer imprime un tempo binaire, le light show devient aveuglant. A mi-parcours de « Mud », les musiciens s’éclatent littéralement. Ryan se consacre aux claviers au début de « Push/Pull », une compo qui change de rythme à mi-parcours ; moment choisi pour reprendre sa gratte. Les deux sixcordistes conjuguent leurs instruments pendant « Happy », libérant alors des tonalités tintinnabulantes. Des sonorités qui deviennent carillonnantes, tourbillonnantes, sur le quasi-instrumental (Un)happy ». Les deux frangins ont les genoux au sol et font varier les boutons d’effets de pédales. Puis le morceau retrouve un mid tempo, avant que la déferlante ne fasse son retour, dans un univers sonore plus expérimental, tout comme lors du dernier long titre du set, pourtant entamé sur un rythme martial, mais au cours duquel les cordes sont très (trop) souvent triturées, frappées et les boutons à nouveau sollicités. D’ailleurs, totalement déjantés, les deux derniers morceaux se sont un peu trop égarés, au goût de votre serviteur, dans une forme d’impro qui s’est soldée par un bruitisme dévastateur et un peu hasardeux. Dommage, car le reste de la prestation était vraiment de bonne facture…

Setlist

Alps
Be Careful
It's Just a Bit of Blood
Gush
We Fall Apart
Hidden Cinema
Pulling Stitches
Mud
Push/Pull
Happy
(Un)happy
Port

(Organisation : Grand Mix)

The Boxer Rebellion

Une belle soirée qui est passée trop vite…

Écrit par

La dernière fois que The Boxer Rebellion s’était produit en Belgique, c’était en 2016, au Botanique. Un final mémorable, puisque les fans avaient envahi alors la scène, pendant que le groupe jouait « Dreamers ». Il revient de nouveau dans la capitale de l’Europe, ce samedi 14 octobre, mais à l’Ancienne Belgique. Son dernier elpee, « Ghost Alive », remonte à 2018. Et un single, « Powdered Sugar », vient de sortir, précédant la parution d’un sixième opus qui s’intitulera « Promise ». Le concert est complet depuis un bon bout de temps ; il aurait d’ailleurs pu se dérouler dans la grande salle.

Le line up réunit le chanteur/claviériste/guitariste Nathan Nicholson (NDR : il est originaire du Tennessee, aux States), le second sixcordiste Andrew Smith, le bassiste Adam Harrison et le drummer Piers Hewitt.

Le supporting act est assuré par Richard Walters, un parfait inconnu pour votre serviteur. Et pourtant, ce quadragénaire (NDR : il est issu d’Oxford, mais vit aujourd’hui à Paris) a milité chez Theremin, avant de se lancer dans une carrière solo. Il compte cinq albums à son actif et a relevé du même management que Radiohead. Une première partie qui suscite, donc, la curiosité.

La banane aux lèvres, Richard grimpe sur le podium. Cheveux roux comme Ed Shearan, il est coiffé d’une casquette de rappeur ou de basketteur, selon. Il a enfilé une salopette et est chaussé de baskets de marque Converse All Star. Il paraît, au moins, dix ans plus jeune que son âge. Il est armé d’une gratte semi-acoustique. Il possède une belle et suave voix de tête. On se rend bien compte que le gaillard a joué dans des pubs et la rue. Il a bossé en compagnie de Thom Yorke et l’Irlandais Damien Rice. La délicatesse des mots de l’artiste se ressentent dans ses moindres murmures. C’est une sorte de poète. La foule l’écoute attentivement. D’ailleurs, pendant son set, on pourrait entendre une mouche voler. Richard la remercie, à plusieurs reprises, pour le respect de son écoute.

De son récital, on épinglera le morceau d’entrée, le romantique « King Of Leaves » (extrait de l’album « Regret Less », publié en 2012), « Unconditional » et « Awards Night », deux titres au cours desquels sa voix devient atmosphérique, ainsi que la reprise du « Roads » de Portishead. De toute beauté ! Dommage qu’il n’ait pas interprété son dernier single, « Lost in Your Light » …

Setlist : « King Of Leaves », « Unconditional », « After Midnight », « Roads » (Portishead cover), « Awards Night », « Infatuation ».

A 21 heures pile, The Boxer Rebellion débarque. Nathan exécute un discret salut et le concert s’ouvre par le puissant « Step Out of the Car ». On entend la voix du chanteur qui est couverte par l’instrumentation. Il signifie à l’ingé son le souci et demande de régler le volume de son micro. Problème résolu !

Nathan est enrhumé et il le signale, mais ce refroidissement n’aura pas d’influence sur sa voix empreinte de douceur et bercée de mélancolie…

Pendant « Locked in the Basement », les grattes s’emballent. Avant d’attaquer « Love Yourself », le frontman plaisante en signalant que la salle est tellement cosy qu’il a l’impression de se produire dans un salon privé, en showcase. « What the Fuck » libère davantage de puissance que sur l’opus. Une transition idéale pour nous interpréter le nouveau single, « Powdered Sugar », paru il y a à peine deux jours.

A partir de « Caught By The Light » le set grimpe en intensité et le light show est au diapason. Tous les musicos descendent dans la fosse pour nous réserver une version acoustique de « Big Ideas ». Les harmonies sont parfaites. Ce qui se traduit par un grand moment de recueillement a sein du public qui connaît et reprend en chœur les paroles de la chanson.

Hormis le drummer, polyvalents, les musiciens changent régulièrement d’instruments.

Pendant « New York » le guitariste Andrew Smith et le bassiste Adam Harrison rejoignent la drummer sur son estrade exiguë. « Evacuate » et « Semi-Automatic » charment littéralement l’auditoire ; d’ailleurs tout au long de ces deux titres, des applaudissements fusent de partout. « The Gospel of Goro Adachi » est dédié à Richard Walters. A l’issue de ce morceau, le quatuor salue la foule et se retire.

Mais nous aurons droit à un rappel de deux compos. Pour la circonstance, le batteur a enfilé des chaussettes de couleur rouge. « Diamonds » était attendu, mais ne provoque pas d’intrusion sur la scène. Nathan évoque l’interruption dans le parcours du band pendant cinq ans, mais sans rentrer dans les détails. Il promet d’ailleurs, de revenir bientôt. Une belle soirée qui est passée trop vite et surtout une chouette découverte, Richard Walters…

Setlist : « Step Out of the Car », « Spitting Fire », « Let's Disappear », « Love Yourself », « Locked in the Basement », « We Have This Place Surrounded », « Flight », « Semi-Automatic », « Here I Am », « What the Fuck », « Powdered Sugar », « Caught by the Light », « New York », « No Harm », « Big Ideas » (acoustique), « Evacuate », « The Gospel of Goro Adachi » (dedicated to Richard Walters).

Rappel : « Diamonds », « Let It Go ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Larkin Poe

Ce blues profond qui vient des States…

Écrit par

Larkin Poe est une formation drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Géorgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du band est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. Le combo s’est formé après la séparation du groupe de bluegrass familial, The Lovell Sisters. Si à l’origine, la formation pratiquait du folk, elle a depuis viré au blues/rock. Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) à la seconde voix et à une dobro trafiquée, dont elle se sert en position debout, comme une lap steel. Ben Harper y est d’ailleurs accro. Publié en 2022, le dernier elpee s’intitule « Blood Harmony ». Mais un Ep 4 titres, « An Acoustic Companion », est paru début de ce mois d’octobre. Le band se produit pour la quatrième fois en Belgique et votre serviteur assiste à sa prestation pour la troisième. La grande salle de l’AB est blindée.

A 20h45, The Sheepdogs monte sur le podium. Un combo canadien issu de Saskatoon, dans la province du Saskatchewan, actif sur le circuit depuis 20 ans. En 2016, il figurait en tête d’affiche au sein d’un club de l’AB, comble. Ce soir, il assure le supporting act. Enregistré ‘live’, son dernier Ep, « Jam In The Van », est sorti en juin 2023.

Le line up réunit Ewan Currie (lead singer, guitariste et claviériste), son frère Shamus Currie (claviériste, guitariste, seconde voix), Ryan Gullen (basse, backing vocaux), Ricky Paquette (guitariste soliste) et, installé sur une estrade, Sam Corbett (drums). Ils arborent tous une chevelure abondante. Et trois d’entre eux sont coiffés d’un stetson. Cinq énormes rampes de spots montées sur support entourent le combo.

Les gratteurs s’installent en ligne. En arrière-plan, le logo du quintet brille de mille feux. Manifestement, le band a emmené son fan base dans ses bagages. Le light show est particulièrement efficace. Bien qu’issu du pays à la feuille d’érable, le groupe pratique une musique ‘sudiste’. Blues lent, « Bad Lieutenant » se distingue par un duel de guitares qui monte progressivement en intensité, avant d’atteindre son pic en fin de parcours. Gullen est très interactif. Il invite les premiers rangs à applaudir dès le début de « Southern Dreaming », un bon rock aux grattes huileuses et graisseuses, rappelant tour à tour The Allman Brothers, The Eagles ou Thin Lizzy. Mais lorsqu’elles entrent en duel, pendant que les guitaristes prennent la pose, dos à dos, on ne peut s’empêcher de penser à Lynyrd Skynyrd. On se croirait alors revenu au cœur des seventies. Chaude, la voix d’Ewan campe un hybride entre celles de John Fogerty (Creedence Clearwater Revival) et de Randy California (Spirit). Un excellent set de 45 minutes !

A 20h55, les lumières s’éteignent. En arrière-plan, un faisceau lumineux représentant le logo de Larkin Poe, sur fond bleu, est projeté sur un écran géant. Le drummer grimpe sur une plate-forme à l’extrême-gauche et le bassiste se plante à droite, derrière un clavier et devant une contrebasse. Pendant que les baffles diffusent le « White Room » du Cream, les frangines, toutes habillées de blanc, débarquent, à leur tour. La scène est immense, ce qui leur permettra de disposer d’un bel espace pour y déambuler.

« Strike Gold » ouvre le set. Une composition qui donne le ton. Alors que Megan joue, le plus souvent, en slide, Rebecca libère des riffs serrés ou des soli puissants, huileux, graisseux, plutôt longs. Et elle finit religieusement par s’agenouiller. C’est d’ailleurs sur cette structure que repose, en général, le répertoire. Régulièrement, elles se dressent l’une à côté de l’autre ou se font face, les yeux dans les yeux. Sablée, rauque même parfois, la voix de Rebecca semble naviguer aux confins d’illustres chanteuses comme Beth Hart ou Janis Joplin. Megane, elle, épouse les harmonies vocales.

Toute la musique américaine vient du blues profond comme Rebecca aime bien le signaler. Et « Summertime Sunset » en est la parfaite démonstration.

Exclusivement instrumentale, la version plutôt psychédélique du « Jessica » de l’Allman Brothers Band rappelle le ‘flower power’ de la fin des sixties. Megan s’autorise un copieux solo à la slide. Le spectre de feu Duane Allman se met alors à planer…

A l’issue d’une autre reprise, celle du « Preachin' Blues » de Son House, Rebecca plaisante sur le classique du « Georgia On My Mind » de Ray Charles pour introduire « She's A Self Made Man », un blues qui s’enfonce dans le bayou. Elle le dédie aux nombreuses femmes présentes au sein du public.

Le batteur descend de son piédestal en emportant un tambourin. Le bassiste empoigne une contrebasse et on apporte des grattes semi-acoustiques à Rebecca et Megan. Cette dernière la pose devant elle et en joue comme une lap steel. Quatre morceaux sont alors interprétés sous cette forme, dont une cover du « Crocodile Rock » d’Elton John qui s’emballe en fin de parcours, lorsqu’elles reprennent leurs guitares électriques. Ce qui va leur valoir une ovation de 5 bonnes minutes. Elles portent alors un toast en levant leur mug au Sud des States. 

Le set tire à sa fin. Pendant « Bad Spell », qui rend hommage à Screamin' Jay Hawkins, on assiste à un nouveau fantastique duel de guitares. A mi-parcours de l’adaptation du « Wanted Woman » d’AC/DC », le tempo s’emballe et plonge le concert dans une ambiance torride. Et « Bolt Cutters & The Family Name » clôt ce set en force.

On aura droit à « Deep Stays Down », en rappel. Un moment étrange au cours duquel les sœurs sont revenues sans leurs guitares, mais avec deux tambours…

Setlist : « Strike Gold », « Kick The Blues », « Summertime Sunset », « Jessica » (The Allman Brothers Band cover), « Georgia Off My Mind », « Preachin' Blues » (Son House cover), « She's a Self Made Man », « Back Down South », « Blue Ridge Mountains », « Might As Well Be Me » (acoustique), « Southern Comfort » (acoustique), « Crocodile Rock » (Elton John cover) (acoustique), « Holy Ghost Fire » (acoustique), « Bad Spell », « Wanted Woman (AC/DC cover), « Bolt Cutters & The Family Name ».

Rappel : « Deep Stays Down ».

(Organisation : Gracia Live)

 

Baxter Dury

Celebrate me !

Écrit par

Début novembre 2002, Baxter Dury accordait son tout premier concert à la Rotonde du Botanique. Près de 21 ans plus tard, et après de fréquents passages dans ce parc urbain bruxellois, il est de retour à l’Orangerie et le concert est archi sold-out.

Ttrruuces ouvre les hostilités. Comme son nom ne l’indique pas, le band s’est formé à Londres, à l’issue d’une rencontre entre le Français Jules Apollinaire et l’Anglaise Natalie Findlay. C’était en 2019. Par la suite, Ben Simon (à la basse) et Connor Burnside (à la batterie) sont venus compléter le line up. Ce dernier est toutefois remplacé par une jeune fille derrière les fûts, ce soir. Bien que tagué comme ‘psychédélique’, dans le communiqué de presse, la formation distille une musique plutôt éclectique, parfois aux relents très (trop) poppy ou parfois enrichie de touches de folk. Et lorsque le violon entre dans la danse, on pense alors à Arcade Fire. On a même droit à du disco kitsch lors d’un mix entre « Funky town » et « Rasputin ». Si le set est assez posé au début, et Jules plutôt relax et discret, Natalie va multiplier les poses sexy, et le finir de façon plus déjantée. Une première partie agréable à suivre, mais pas la découverte de l’année non plus.

Baxter Dury était revenu chez nous aux Lokerse feesten il y a un peu moins de deux mois, en ouverture de Blur. Un show qui avait quelque peu perturbé les fans de la première heure vu son changement de style. Pourtant ce soir, c’est toujours en tenue de dandy british, costume classique et chemise grise, que le natif du Buckinghamshire débarque sur les planches, précédé d’un batteur et d’un guitariste. Bien que leurs interventions s’avèrent particulièrement efficaces, ils resteront en retrait, tout au long de la soirée. A sa droite, sa fidèle et charmante claviériste est toujours au poste. Elle le soutient aux backing vocaux, d’une voix translucide et impeccable, qui contraste toujours avec le chanté/parler du leader.

« So much money » ouvre le bal (NDR : tout comme le dernier opus « I Thought I Was Better Than You », sorti cette année). Avant d’embrayer par deux titres phares de « Happy Soup » (NDR : l’elpee qui l’avait révélé au grand public, en 2011) : « Leak at the disco » et « Isabel ». Parfois Baxter reste figé face à son micro, ne s’autorisant que quelques mimiques, rappelant, quelque part, son paternel Ian (NDR : si vous ne le connaissez pas, on vous invite à découvrir le clip de « I Want to be Straight » ici,

 enregistré le 11 septembre 1979, dans le cadre de l’émission ‘Top of the Pops’, alors qu’il est déguisé en bobby, tout comme ses musicos, les Blockheads ; sachez également que c’est à la mort de son père, début 2000, que Baxter s’est mis à composer).

Mais souvent, ce soir, il abuse d’une gestuelle réminiscente du Tai-chi. Qui finit par irriter. A-t-il passé un séjour trop long en Asie ? Quand il se noue un foulard autour du front, on se remémore Christophe Walken, perdu au sein de la jungle vietnamienne, dans ‘Voyage au bout de l’enfer’. Ses pas de danse semblent hantés voire possédés. Mais il emprunte plutôt une voix rauque et un phrasé à la Sleaford Mods. Les nuances de douceur sont apportées par Madelaine, notamment sur l’un des titres phares de la soirée, « Celebrate me ».

La fin de set souffre d’ailleurs beaucoup moins de monotonie, et tout particulièrement lors d’un « Cocaïne man » au cours duquel Baxter porte un casque lumineux digne de Daft Punk. Il abandonne ses déhanchés pour se rapprocher du public qui l’applaudit et lui permet d’atteindre le sommet de son concert. A un certain moment, on imagine qu’il va se lancer dans un crowdsurfing ; mais après mûre réflexion, il y renonce. Paradoxal, mais pendant le refrain de « Prince of tears » (‘Everybody loves to say goodbye’), le public a envie que ce moment privilégié se prolonge et vire même à la fête. Et c’est ce qui va se produire, au cours d’un ultime rappel électro traduit par le « These Are My Friends », de Fred Again. Les premiers rangs se transforment en véritable dancefloor, et le band partage alors, avec le public, un délire en apothéose.

Un show très varié, très lent à véritablement prendre son envol, mais qui s’est achevé dans une forme de frénésie collective. Baxter Dury s’éloigne, en effet, du côté dandy de ses débuts, mais cette métamorphose n’est finalement pas pour nous déplaire. Un signe distinctif ? L’ovation qu’il a reçue en fin de prestation…

(Organisation : Botanique)

 

While She Sleeps

Prêt à se produire dans les stades…

Écrit par

Depuis son passage à Forest National, comme supporting act de Parkway Drive, en 2022, votre serviteur rêvait de revoir While She Sleeps en tête d’affiche. Le vœu est exaucé, puisqu’il se produit ce jeudi 28 septembre à l’Ancienne Belgique, pour un concert ‘sold out’.  

Fondé en 2006, While She Sleeps est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais en 2009, le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor. A ce jour, le quintet a publié 5 elpees, dont le dernier en date, « Sleeps Society » (2021), est considéré par la critique, comme celui de la maturité ; et à. A l’instar de Bring Me The Horizon et Architects, comme un des acteurs majeurs du metalcore insulaire. En outre, il jouit d’une solide réputation en ‘live’ !

Deux supporting acts : la formation australienne Polaris et britannique Bury Tomorrow, que les médias regardent comme l’étoile montante du style.

Polaris ouvre donc les hostilités. Bien que « Fatalism », son troisième elpee, publié ce mois-ci, se soit hissé au premier rang des classements d'albums aux États-Unis, le groupe et ses fans continuent de pleurer la mort du guitariste Ryan Siew, survenue le lendemain de la prestation du band, accordée au Grasspop. La sortie de cet opus démontre que Polaris est cependant parvenu à traverser cette épreuve. Et puis son concert d’une demi-heure ne s’est pas exclusivement transformé en hommage...

Après « Nightmare », une excellente entrée en matière, le combo embraie par « Inhumane ». Mais c’est « All Of This Is Fleeting » qui construit le premier mur mortel de la soirée, une compo existentialiste. Polaris nous prend à la gorge, pendant quelques minutes, sur « Overflow ». La voix claire du bassiste Jake Steinhauser est alors empreinte d'émotion et crée une atmosphère à la fois intense et entraînante. Et la prestation de s’achever, comme une thérapie vaine, par « The Remedy » … (Pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Nightmare », « Inhumane », « All of This Is Fleeting », « Dissipate », « Hypermania », « Overflow », « The Remedy »

En 2021, le membre fondateur et guitariste rythmique, Jason Cameron, quittait Bury Tomorrow. Un départ qui a ébranlé le parcours du band insulaire. Pour pallier ce départ, deux nouveaux musicos ont débarqué au sein du line up qui est donc depuis devenu un sextuor.

Dès le premier titre, « Boltculter », le public, dans la fosse, est déjà en ébullition, et il ne faut pas longtemps avant que les premiers audacieux se lancent dans le crowdsurfing, mettant alors déjà, le personnel de sécurité au travail. Daniel Winter-Bates sollicite à plusieurs reprises des rounds circles et mosh pics, d'un simple geste de la main. Et la foule y répond favorablement, sans hésitation. Le hit « Choke » enflamme la salle. Mais Daniel réclame une dernière fois de l'énergie pour le titre final, « Death (Even Colder) ». En 45 minutes, Bury Tomorrow a donné tout ce qu’il avait dans le ventre, mais avec beaucoup de talent et d’enthousiasme…  (Pour les photos, c'est )

Setlist : « Boltcutter », « Black Flame », « Abandon Us », « Earthbound », « LIFE (Paradise Denied) », « Heretic », « Cannibal », « Choke », « DEATH (Ever Colder) »

Le rideau est fermé pour l’installation de la machinerie de WSS qui va nous en mettre plein les mirettes. Jugez plutôt : Adam Savage, le drummer, va se hisser à droite, presque au plafond, sur une estrade et un mur de baffles ‘Marshall’, qui s’élève à 5 mètres de hauteur. On remarque la présence d’une même structure, à gauche ; les deux guitaristes iront s’y percher et parfois le bassiste, à tour de rôle. Taylor, le chanteur, s’est coupé les (longs) cheveux. Il déboule sur les planches, tel un diable sorti de sa boîte. Vêtu d’un gilet à capuche de couleur noire et chaussé de lunettes fumées, il vient se planter devant les premiers rangs et est chaleureusement applaudi.

La formation démarre en trombe par « Sleeps Society », le morceau qui les a fait connaître. Les haut-parleurs déversent leurs décibels. Adam Sauvage est sous les feux des projecteurs. Ses fûts, ses claviers et son MPD servent de carburant à une véritable machine de guerre. Son drumming libère une puissance phénoménale. Taylor est en pleine forme. Il est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, mais elle passe bien la rampe, surtout lors des screams. Et puis, elle est hyper mélodique. Manifestement, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il n’escalade pas un banc posé sur le podium juste avant de plonger dans la foule pour s’y laisser porter. L’ambiance est électrique. Moshpits, walls of death, circle pits et crowdsurfings se multiplient dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show.

Six lanceurs de fumée entrent régulièrement en action et une pyrotechnie permet de projeter des flammes qui changent de couleur au gré des morceaux.

Malgré les nombreux sauts et les coups de pieds en ciseaux lancés en avant comme lors d’un mouvement de kung-fu, il est vraiment accroché à l’avant-scène pour pouvoir encore mieux canaliser l’ambiance électrique entretenue au sein des premiers rangs. Taylor demande au personnel de sécurité, posté devant les barrières d’être attentif, car le crowdsurfing va s’emballer. Et pour cause : il démarre du fond de la salle. Impressionnant ! Pendant « Fakers Plague », Taylor lève les poings et invite les spectateurs à l’imiter. Il parsème régulièrement son discours de ‘fucks’ revendicatifs. Le nouveau single, « Self Hell » (NDR : il est paru ce 13 septembre), n’est évidemment pas oublié, même si ce n’est que la troisième fois qu’il est joué en ‘live’.  

« Our Legacy » permet à tout le monde de souffler quelque peu et surtout, aux deux sixcordistes d’étaler leur dextérité sur leur instrument, tout en soignant la partie mélodique. Enfin Daniel Winter-Bates, le chanteur de Bury Tomorrow, se distingue en remplaçant Lawrence ‘Loz’ » Taylor sur le bourdonnant et hargneux « Silence Speaks ».

Un show époustouflant ! On en redemande ! While She Sleeps est prêt à se produire dans les stades, comme son grand frère, Bring Me The Horizon. (Pour les photos, c'est encore ici)

Setlist : « Sleeps Society », « You Are All You Need », « The Guiltry Party », « I've Seen It All », « Eye To Eye », « You Are We », « Haunt Me », « Self Hell », « Fakers Plague », « Our Courage, Our Cancer », « Know Your Worth (Somebody) », « Our Legacy », « Four Walls », « Silence Speaks », « Systematic ».

Rappel : « Enlightenment (?) », « Seven Hills », « Anti-Social »

(Organisation AB)

Eliades Ochoa

Viva la música cubana…

Écrit par

Eliades Ochoa, c’est une grande voix et un guitariste hors pair. En 50 années de carrière, il doit avoir accordé des milliers de concerts, que soit au sein de Buena Vista Social Club, de Santiago de Cuba (El Quarteto Patria), en solitaire ou en compagnie d’autres artistes. Il est un des derniers gardiens de la tradition musicale cubaine. Son dernier elpee solo, « Guajiro » (NDR : c’est son neuvième), est paru en mai dernier. Pour la circonstance, il avait reçu le concours, notamment, de Rubén Blades, Joan As Police Woman et du célèbre harmoniciste Charlie Musselwhite. Le concert est complet. Pas de première partie.

La scène est sobre et très intimiste. On y distingue les instruments des musicos et 4 énormes spots led sur pied en arrière-plan ainsi qu’un plus petit qui aveugle déjà l’auditoire. Les cinq musicos du backing group débarquent sur les planches. Ils sont vêtus d’un blanc immaculé. Quatre d’entre eux sont coiffés de chapeaux canotier et le trompettiste d’une casquette. En résumé, Eduardo Pineda aux claviers, le saxophoniste Angel Aguiar, le bassiste Santiago Jimenez et sur une estrade, le percussionniste Angel Herrera, entouré d’une belle panoplie de cymbales, djembés et congas, ainsi que le trompettiste, Frank Mayea, qui joue également des maracas quand il ne frappe pas (souvent) sur un guiro (un instrument cranté qui se frotte avec une baguette en bois).

Ochoa arrive le dernier sur la scène, pendant « A La Luna Yo Me Voy », le pas nonchalant et la banane aux lèvres. Il est totalement habillé de noir, comme Johnny Cash, de la tête aux pieds, soit du Stetson jusqu’aux bottes de cow-boy (NDR : une petite coquetterie qu’Eliades s’autorise depuis des années). Il est armé de sa fameuse guitare à huit cordes, de son invention depuis son plus jeune âge ; ce qui lui permet d’accrocher des sonorités proches du ‘tres’ (une guitare à 3 cordes doublées dont le son s’apparente à celui d’accordéon musette). Il ne l’abandonnera qu’à une seule reprise, pour empoigner une sèche classique.

Ochoa salue la foule et s’excuse pour son anglais médiocre. Il pose sa gratte contre sa poitrine et embraie par « Vamos A Alegrando El Mundo (Trad : apporter de la joie au monde), alors que les cuivres virent au mariachi. Sa guitare véhicule des accents arabisants sur « Creo En La Naturaleza », le premier single sur lequel Johan As Police Woman avait apporté sa collaboration, en studio. Ce sont les voix des musiciens qui remplacent celle de Joan Wasser.

Eliades reprend intégralement les 11 morceaux de son nouvel elpee, le très réussi « Guajiro ». Un titre d’album choisi comme pour rappeler fièrement d’où il vient. A cet égard, il déclare notamment : ‘Je suis un gajiro, un paysan, un homme de la terre né dans au centre de la montagne, près de Santiago’ (NDR : c’est dans l’Oriente ou l’est de Cuba où il a travaillé la terre très jeune ; et un grand merci à ma voisine de droite qui me traduit ces propos, votre serviteur ne comprenant pas grand-chose à la langue de Cervantès).

En général, les aficionados qui assistent à ses concerts sont des connaisseurs. Ochoa a baptisé cette communauté, la ‘familia’ (sa fan base) qu’il va remercier à plusieurs reprises. Outre les plages de son dernier long playing, il interprète évidemment d’autres compos dont « Ay Candela » de Faustino Oramas, « El Carretero » de Guillermo Portabales et inévitablement le « Chan Chan » de Francisco Repilado, pour lequel Eliades reçoit une standing ovation. Compay Segundo doit esquisser un sourire de là-haut. L’ambiance monte encore d’un cran, et le public, dans la fosse, commence à danser. En outre, il devient de plus en plus difficile de rester immobile sur son siège.

En général, c’est le claviériste qui lance les morceaux. Parfois, de ses congas, le percussionniste initie les rythmes de la rumba, du son, de la mambo ou du cha-cha-cha.

A un certain moment Ochoa se retourne vers les coulisses à gauche, un homme assez grand et d’un âge respectable apparaît. Il s’agit de Rey Cabrera, bien connu des habituées de ‘Music Village’, auquel Eliades rend hommage. Le claviériste va chercher une dame dans les premiers rangs et l’invite à danser la salsa. Elle se débrouille plutôt bien, puis réintègre la fosse. Une démarche qu’il va réitérer en fin de parcours. Mais pour la circonstance, ce n’est plus une spectatrice qui grimpe sur le podium, mais une vingtaine. Les cinq musicos s’acharnent alors à la danse, tandis qu’Eliades Ochoa reste de marbre derrière sa gratte semi-acoustique. Un final magique pour une prestation de 90 minutes, au cours de laquelle, le public s’est régalé à l’écoute de boléro, guaracha, mambo, merengue, salsa, et autres musiques cubaines, ponctuée par « El Cuarto De Tula » du Buena Vista Social Club…

(Organisation : Ancienne Belgique et Greenhouse Talent)

Page 4 sur 126