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C’est le premier album de Planterose, mais pas les premiers pas dans la musique pour ses équipiers. Amoureux de pop culture, ce monde idéal où Flavien Berger partage un verre avec l’homme de Rio, Gainsbourg s’adonne à la Dream pop, et Laetitia Sadier…

Ki ! en question !

Ki ! est l’alias de l'auteur-compositeur et multi-instrumentiste Christian Ki Dall.…

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GrandGeorge

Une chorale à vous laisser sans voix…

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C’est en 2015 que Benjamin Grandgeorge, ingénieur de formation, alors âgé de 30 balais, fait son apparition dans le paysage musical francophone, en gravant le futur tube « So Fine ». Ce single, véritable succès diffusé sur toutes les ondes durant l’été 2016, est rapidement suivi par son premier elpee, « So Logical ». À la clé : un D6Bels Music Award et une tournée de plus de 100 dates en Belgique suivie par une armée de fans.

Ce soir, le Versaillais se produit à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve, et il va bénéficier du concours d’une chorale de luxe : la Patshiva Cie. Bonne nouvelle, le show est sold out.

Coline et Toitoine, c’est-à-dire Coline Debry (chant, guitare, ukulélé) et d’Antoine Jorissen (synthés, machines) assurent le supporting act. Un duo que votre serviteur avait découvert dans le cadre de la finale de l’Envol des Cités, au Manège de Mons. Un couple fort sympathique qui propose une électro/pop sautillante, rafraîchissante et dansante. 

Judicieusement intitulé, « Opéra » permet à Céline d’afficher ses capacités vocales. Finalement, dans ce registre, elle pourrait postuler au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Tout au long d’« Alicia », dont le dernier clip affole les compteurs, Coline semble montée sur ressorts. L’avenir de ce duo est franchement prometteur…  

Setlist : « OAEOA (version longue) », « Tossed But Not Sunken », « Anxiously Me », « Opera », « Write A Song », « Alicia », « North ».

Sur les planches, Grandgeorge est soutenu par son backing group ; en l’occurrence le bassiste Nicolas L’Herbette, sa choriste (NDR : sa voix est vraiment puissante !) Stefy Rica, le drummer Samuel Rafalowicz et le claviériste Xavier Bouillon (Mister Cover, Lemon Straw, Antoine Hénaut). Benjamin se consacre à la semi-acoustique et au chant. Et ce soir, la formation va bénéficier de la participation de la Patshiva Cie, une chorale féminine constituée, ce soir, de 9 vocalistes (Dounia Depoorter, Camille Lanet, Manuela de Tervarent, Dorothée Dassy, Marie Caillou, Stéfanie van Leemput, Nelliyú Gutiérrez, Valeria Garre et Amélie Dieudonné).

Chez les Tziganes, le Patshiv' est célébré lorsque plusieurs collectivités du même groupe ethnique se retrouvent lors d'escales de voyages. Ces fêtes propices à la musique et à la danse exaltent des amitiés durables, invitent au partage et la mémoire de la culture, des gens et de leur histoire (NDR : suivant le site web de la troupe)

Les pompiers sont prévenus car Benjamin avait annoncé qu’il allait mettre le feu dans la salle pour ce concert unique et le dernier de l’année. Benjamin et Rafi débarquent pieds nus. Le très beau « Fading Away » nous emmène au Mali. Souriant, comme toujours, Benjamin joint le geste à la parole et mime une petite dance africaine en utilisant ses mains comme un volatile qui prend son envol. Cette entrée en matière, talonnée par les percus et les claviers, est vraiment magique. Rafi pousse ses cordes vocales dans ses derniers retranchements tout au long de « Sunny Anyway ». On ne reconnaît pas immédiatement la chanson, mais bien les paroles. D’ailleurs l’auditoire chante le refrain en chœur, bien soutenu par la chorale. Faut dire que si les titres s’enchaînent, ils bénéficient ce soir de nouvelles versions, et très souvent elles sont dynamisées par des rythmes exotiques. Benjamin et ses musicos quittent la scène pour laisser le chantier libre à la Patshiva Cie qui se lance alors dans un exercice de polyphonie à vous laisser sans voix…

En rappel, on aura droit à 4 morceaux dont « Petit Dje», qui va transporter l’auditoire jusque la Nouvelle Orléans. Un concert exceptionnel sublimé par la conjugaison entre les voix de la chorale, de Benjamin et de Stefy…

Setlist : « Fading Away », « Sunny Anyway », « Easy Emotion », « Dancing », » Warmer », « Go For A Ride », « So Cold  », « Patshiva et Cie seule », « Men Should », « Intro+ Spondo », « Just In Time », « I’ll Be Traying»

Rappel 1 : « Another Day », « Losing You », « So Fine », « Petit Dje ».

Rappel 2 : « Sunny Anyway », « So Logical ».

(Organisation : Ferme du Biéreau et UBU Productions)

Fat White Family

Un moment privilégié…

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Originaire de Peckham, en Angleterre, Fat White Family est un peu considéré, tout comme Girl Band, comme un des fondements du renouveau du rock. Pourtant, son parcours plutôt chaotique, entre problèmes d’addiction, tournées promo bancales, différents entre les frères Saoudi ainsi que projets montés en parallèle, a failli lui être fatal. Et finalement, c’est en gravant un troisième elpee, « Serfs up » (voir chronique ici) que le band est parvenu à relancer la machine, avant de partir pour une nouvelle tournée, qui recueille d’unanimes échos favorables dans la presse et auprès du public. Bref, il ne fallait donc pas manquer son concert, prévu à l’Ancienne Belgique, ce lundi 9 décembre 2020.

Shht assure le suporting act, un sextuor issu de Gand considéré au Nord de la Belgique comme absurdiste, surréaliste et novateur. Tous les musicos grimpent sur l’estrade vêtus de salopettes, l’un d’entre eux, torse nu et tablier baissé, se distingue par un bandeau qui lui enserre la bouche. Tout un symbole !

La musique de ce band oscille entre disco, punk, metal, électro et funk ; et particulièrement remuant, le chanteur vient se balader, micro en main, dans une fosse à moitié remplie. Malheureusement, le volume sonore est excessif. Surtout pour une première partie. Et puis la plupart des vocaux sont vocodés. De quoi horripiler votre serviteur. Dommage, car la troupe tente des harmonies vocales atmosphériques, dans l’esprit d’Animal Collective, mais en préférant les filtrer, plutôt que de les conjuguer, elle accentue l’aspect artificiel de sa musique…

Fat White Family débarque sur le podium à 21 heures. Un septuor ! Deux claviéristes, dont un double au saxophone et à la flûte traversière, se plantent aux extrémités du podium ; respectivement Alex White et Nathan Fabian Saoudi. Adam Brennan (Meatraffle, Scud FM) se charge de la basse, Adam J. Hammer et Saul Adamczewski, ce dernier un bonnet enfoncé sur le crâne, se consacrent aux guitares, Lias Kaci Saoudi assure le lead vocal et l’ex-Temples, Samuel Toms, les drums. Transparente, sa grosse caisse contient la réplique d’une tête de porc de couleur rose. Humour ou symbolique ? Et dès le premier morceau, le mid tempo « Auto neutron », Lias, chaussé de lunettes fumées, dont il se débarrassera, à partir du deuxième morceau, se fraie un chemin dans la fosse ; et déjà c’est le tumulte. La bière coule à flots ; mais plutôt sur les vêtements des spectateurs ainsi que sur le parquet, qui devient rapidement collant. Le chanteur va d’ailleurs régulièrement y retourner, obligeant les roadies à le suivre pour tenir le fil du micro. Sa voix est ténébreuse, mais bien timbrée. Très expressif, sauvage et à l’attitude sexuellement rock’n’rollesque, c’est un remarquable showman. Il se contorsionne, pastiche le fascisme, se prosterne, adopte des attitudes à la Iggy Pop (les bras autour de la tête) ou de Liam Gallagher (les mains dans le dos). Et puis quelquefois, tout comme son frère, il lampe une bouteille de vin au goulot. Les guitares sont savoureusement cinglantes. Et tout particulièrement tout au long de « I am Mark E. Smith », hommage rendu à feu le leader de The Fall, dont la formation se considère comme l’héritière naturelle, alors que le saxophone entre dans la danse (NDR : tout au long du concert Alex va jongler entre cet instrument, une flûte traversière, ses claviers et des percus) pour apporter davantage de variation dans l’expression sonore ; que ce soit de la profondeur ou un surplus d’atmosphère. Lias en profite pour jeter son t-shirt dans la foule (NDR : sa ceinture, puis une serviette de bain, vont suivre, un peu plus tard), avant de se lancer dans son premier crowdsurfing, pendant le pulsant « Tinfoil Deathstar », un titre imprimé sur un tempo réminiscent du « What we all want » de Gang of Four, tempo qui va d’ailleurs revenir régulièrement à la surface au cours du show. Ce rythme devient tribal pour le bien post punk « Heaven on earth ». La set list ne censure pas le « Touch the leather », aux lyrics explicitement homoérotiques. Faut dire que la musique baigne au sein d’un climat malsain voire sordide. Lias attribue la paternité de « Hits, hits, hits » à Ike Turner. Claviers rognés aux sonorités Hammond et tonalités de gratte surf alimentent ce morceau au cours duquel Lias frappe sur un gong qui sonne comme une casserole. Il dédie ensuite « Cream the young » au prince Andrew. Les harmonies vocales deviennent incantatoires tout au long de ce titre balisé par une boîte à rythmes. Petit moment d’accalmie ensuite, grâce à deux ballades atmosphériques interprétées quasi en solo par Adam, les autres musiciens apparaissant et disparaissant en catimini suivant le rôle qui leur est alors dévolu. Applaudi, il soulève alors son bonnet pour remercier la foule. Et la suite va repartir en force, grâce à une majorité de compos issues du dernier LP. Mais adaptées au ‘live’, elles se révèlent plus percutantes et prennent une autre dimension ! Paso doble envoûtant, « Bobby’s boyfriend », est parcouru par un bip bip de synthé récurrent. Plus mystérieux, le lancinant « Special ape » est carrément hanté par Swans ; même que la voix devient aussi rauque que celle de Michael Gira. L’intensité monte en crescendo sur le tropical et hymnique « I believe in something better », une chanson que la foule reprend en chœur. Et cette intensité est toujours aussi fiévreuse sur le presque disco « Feet », que chante Lias, d’une voix déclamatoire. Ce dernier repart en crowdsurfing tout en continuant de chanter. C’est la folie dans la fosse. Les gobelets de houblon volent dans tous les sens. De plus en plus enthousiaste, le public chante, danse, frappe dans les mains et est heureux de vivre ce moment privilégié. Avant que « Is it training in my mouth » n’achève ce concert dans une forme d’apocalypse psychédélique. Pas de rappel et pas de « Bomb Disneyland » non plus, comme mentionné dans la set list. Une chose est sûre, le band a donné, ce soir, tout ce qu’il avait dans le ventre. Probablement un des concerts de l’année...

Setlist : Auto Neutron, I Am Mark E. Smith, Tinfoil Deathstar, Fringe Runner, Heaven on Earth, Touch the Leather, Hits Hits Hits, Cream of the Young, Drones, Goodbye Goebbels, When I Leave, Bobby's Boyfriend, Special Ape!, I Believe in Something Better, Feet, Whitest Boy on the Beach, Is It Raining in Your Mouth?, Bomb Disneyland

Voir notre section photos ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

Alter Bridge

La règle de trois…

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Soirée métallique, ce soir au Cirque Royal, en compagnie de trois groupes. En l’occurrence Raven Age, Shinedown et Alter Bridge.  

Fondé en 2009, The Raven Age est un combo de metalcore mélodique britannique, fondé par les guitaristes Dan Wright et George Harris, le fils du bassiste d’Iron Maiden, Steve Harris. A son actif, deux elpees, « Darkness Will Rise », paru en 2017 et « Conspiracy », en septembre dernier.

Drivé par le chanteur et frontman Brent Smith, Shinedown est un band originaire de Jacksonville, en Floride. Son style ? A mi-chemin entre le hard rock et le post grunge. Six albums à son actif, dont le dernier, « Attention Attention », est sorti l’an dernier.

Et la soirée s’achèvera par Alter Bridge, une formation issue d’Orlando, également en Floride, qui implique le chanteur/guitariste Myles Kennedy, très souvent impliqué dans les projets de Slash, dont celui des Conspirators.

Début des hostilités ? 18h40 ! Pour un set bien cool de The Raven Age. D’une durée de 35 minutes, il va proposer 6 morceaux du dernier elpee et un du premier. Le groupe vient cependant d’engager un nouveau chanteur qui dépasse tout le monde de 3 têtes. Un géant qui répond au nom de Matt James. Quand il va chez le coiffeur, il fait des économies, car il ne coupe que le côté droit. Dan, le gratteur originel, a été remplacé par Rony Maue, en 2017. Le line up est complété par le bassiste Matt Cox, le drummer Jai Patel et bien sûr George Harris, balaise à la rythmique. Matt assure grave au micro, bien soutenu par Tony aux backing vocaux. D’excellente facture, les quatre premiers titres, dont le hit « Fleur de lis », ravissent manifestement l’auditoire… (pour les photos, c’est ici)

Setlist : « Betrayal Of The Mind », « Surrogate », « The Day The World Stood Still », «Fleur De Lis », «The Face That Launched A Thousand Ships », « Seventh Heaven », « Angel In Disgrace »

Place ensuite au deuxième combo américain, Shinedown. En une heure, il va mettre littéralement le feu à l’auditoire. Brent Smith, le chanteur, est monté sur ressorts. Une vraie pile électrique ! Mais sympa, il vient serrer la main des photographes, en front stage. La foule participe activement au show. Le band dispose de son propre light show. Imposant, il balaie régulièrement la fosse. Le décor est constitué d’imposants points d’exclamation lumineux reproduisant ceux de son dernier elpee, « Attention, Attention ». Les musicos sont habillés en noir et jaune. Ce qui provoque un effet particulier sous les lumières. Les morceaux s’enchaînent et le band n’en oublie pas les deux tubes dévastateurs, « Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom) » et « Cut The Cord ». Véritable star de la soirée, Brent descend dans la fosse, et la partage en deux parties avant de l’inviter à chanter alternativement. Zach Meyers, le guitariste, et Eric Bass, le bassiste (NDR : vu son nom…), déambulent de long en large sur le podium. Seul le drummer Barry Kerch n’abandonne pas son poste, derrière les fûts, mais s’il avait pu le faire, il les aurait imités… (pour les photos, c’est )

Shinedown a accordé un set super vitaminé. Après avoir vu ce quatuor en ‘live’, Papa Roach peut rentrer en maison de retraite et chausser ses charentaises…

Setlist : « Devil », « Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom) », « Enemies », « Monsters », « Get Up», « Cut The Cord », « Second Chance », « Simple Man » (Lynyrd Skynyrd cover), « Sound Of Madness », « Brilliant ».

Alter Bridge, c’est donc le band de Myles Kennedy, la voix de Slash and the Conspirators. La formation est considérée comme ce qui se fait de mieux comme métal mélodique, depuis 15 ans. Mark Tremonti (guitare/voix), Brian Marshall (basse) et Scott Phillips (batterie) complètent le line up. Alter Bridge n’est plus une découverte pour votre serviteur, mais un combo qu’il apprécie voir et écouter. Aujourd’hui, il est venu défendre son dernier elpee, « Walk The Sky ».

L’intro du dernier album ouvre le set. Myles débarque 3 bonnes minutes après les 3 autres musicos. Si le drummer est planté sur une estrade surélevée, le reste de la formation dispose de tout l’espace pour se balader, sur les planches, de long en large. La combinaison des 5 écrans entourés de leds est impressionnante. Les baffles Marshall crachent un son assourdissant en début de parcours. En tout cas, lors des trois premiers titres, dont un « Wouldn't You Rather », extrait du dernier LP, en forme de coup de poing dans la figure. Heureusement, l’ingé-son finit par rectifier le tir, à l’issue de ce trio de tracks assommants. Les musiciens sont de véritables pros. Mais les regards du public se focalisent surtout sur Myles Kennedy. De jolies mélodies et de longs solos de gratte communiquent de bonnes vibrations à l’auditoire. Mark Tremontiest, le soliste est omniprésent. Il accorde, en outre, un solo génial, après celui de Kennedy, sur « Blackbird », en fin de concert. Le set va également nous réserver trois morceaux plus lents et acoustiques, comme « In Loving Memory », « Blackbird » et « Metalingus ». Un excellent show, même si celui de Shinedown lui a volé la vedette… (pour les photos, c’est encore ici)

Setlist : « One Life », « Wouldn't You Rather », « Isolation », « Come To Live », « Pay No Mind », « Ghost of Days Gone By », « White Knuckles », « Dying Light », « Rise Today », « Cry Of Achilles », « Forever Falling», « In Loving Memory», « Blackbird », « Open Your Eyes », « Metalingus », « Godspeed », « Addict To Pain ».

(Organisation : Live Nation)

Trixie Whitley

Une identité artistique de plus en plus personnelle…

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Trixie Whitley se produit ce mardi 3 décembre à Saint-Nicolas. A De Casino, très exactement. Une salle accueillante où la proximité entre les artistes et le public n’est pas un vain mot. « Lacuna », le troisième long playing de la belgo-américaine (NDR : c’est la fille du guitariste feu Chris Whitley) est paru en mars dernier, un opus entièrement écrit et enregistré à Brooklyn. Ce soir, elle est soutenue par deux musicos, en l’occurrence un drummer et un claviériste. Et le concert est sold out. S’il a fallu le double de temps pour atteindre le chef-lieu d'arrondissement de la province de Flandre-Orientale, suite aux interminables embouteillages, il ne sera pas nécessaire de s’enfoncer des bouchons dans les oreilles, car le son sera nickel…

Mais Juicy assure aussi le supporting act. Et il l’avoue, votre serviteur est devenu accro au duo féminin. La paire est en super forme. L’interactivité est parfaite entre l’auditoire et le tandem. Très pros, elles n’ont pas froid aux yeux et disent tout haut ce que certain(e)s pensent tout bas. Trop souvent, elles sont cependant victimes de problèmes techniques. Ce ne sera pas le cas ce soir. Sasha s’est procurée une nouvelle guitare d’un blanc immaculé, à l’instar de leurs pantalons à franges qu’elles ont enfilés. Elles portent également un body de teinte noire… plutôt sexy. Suivant un certain rituel, Julie amorce le tempo grâce aux percus émises par le MPD et les cymbales. Puis Sasha vient poser sa voix bien claire sur le morceau d’entrée, « Seed And Ride », une superbe compo à la fois lente et envoûtante. Empressement des filles qui décident de s’installer devant nous, le micro en main, pour exécuter une petite séance de gym tonique, et notamment en balançant les jambes d’avant en arrière. Les photographes s’en donnent à cœur joie pour les mitrailler sur toutes les coutures. Au fil du set, on a l’impression que le public apprécie de plus en plus leur prestation qui ne va cependant durer qu’une demi-heure. Bref, manifestement, Juicy est parvenu à séduire un auditoire issu du Nord de la Belgique… (voir notre section photos )

Setlist : « Seed and Ride », « Not A Hard Nut To Crack », « Didn’t Knock », « What You Can’t Confess », « Over My Shoulder », « Mama Told Me », « Count Our Fingers Twice ».

Trixie Whitley grimpe sur les planches, vêtue d’un long manteau noir, dont elle va rapidement se débarrasser, laissant apparaître une salopette de couleur noire qui rend sa silhouette davantage féline. Elle est soutenue par un solide drummer, dont le matos est constitué de deux caisses claires et de nombreuses cymbales, ainsi que d’un claviériste. Elle va nous proposer un set dans l’ordre du tracklisting de son LP, « Lacuna ».

Dès le début du concert, on est plongé dans un climat ténébreux, poisseux, boosté au blues et au rhythm and blues, un peu dans l’esprit des Rolling Stones. La voix de Trixie est puissante, sablée, très susceptible de rappeler Beth Hart voire Beverly Jo Scott, tout en s’autorisant des incursions dans le gospel et la soul profonde du bayou. Elle change de gratte électrique, pratiquement entre chaque titre. Hormis les compos plus paisibles comme « Time », « Touch » ou « Closer », son attaque sur les cordes est sauvage. Les claviers communiquent un parfum electro à « Closer ». Des claviers qui se chargent de délicatesse, alors que la guitare devient littéralement dantesque tout au long de « Fishing For Stars », une composition qu’elle interprète d’une voix envoûtante et particulièrement sombre. A charge du batteur de baliser l’ensemble de son drumming métronomique et technique. Ce dernier et Trixie se partagent enfin les fûts sur le dernier morceau.

En rappel, Mrs Whitley revient seule et sans doute fatiguée, s’emmêle les pinceaux, abrégeant donc cet encore… N’empêche, à travers ce set, Trixie a démontré, une nouvelle fois, qu’elle avait vraiment forgé sa propre identité artistique… (voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « Intro », « Heartbeat », « Long Time Coming », « May Cannan », « Time », « Touch », « Closer », « Fishing For Stars », « The Hotter I Burn », « Bleak », «Soft Spoken Words », «Breathe You in My Dreams », « Dandy »

Rappel : « Oh, The Joy », « The Shack »

(Organisation : De Casino)

Sarah Carlier

Un catalyseur à la batterie…

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Sold out ce soir à la Rotonde du Botanique pour accueillir Sarah Carlier, dans le cadre de la release party consacrée à son quatrième album, « Shy Girl », un disque paru en avril dernier. Elle avait déjà défendu cet elpee à la Maison des Loisirs de Mont-Saint-Guibert au cours du mois de juin 2019, en compagnie de son fidèle drummer Boris Tchango, sous une formule semi-acoustique. Outre ses fans, la famille de Sarah est également présente ; à l’exception de son père, en séjour à l’étranger.

Le supporting act est assuré par Idyl, une toute jeune artiste qui se produit en solitaire, en s’accompagnant au clavier. Bien que timide, elle maîtrise parfaitement sa voix. On la connaît surtout pour son clip consacré à la cover du « Lost on you » de l’Américaine LP, vidéo au cours de laquelle elle est soutenue par Mister Jali, à la gratte. 

Au cours de son set, elle adapte le « Strong » de London Grammar et le « Wicked game » de Chris Isaak.  A travers « Stockholm », elle nous parle de ce fameux syndrome. Chargées de feeling les compos sont empreintes de délicatesse et finissent par charmer l’auditoire, particulièrement attentif à sa prestation. A tel point que parfois, on aurait pu entendre une mouche voler. Suivant la formule consacrée, Idyl est à suivre de très près…

Setlist: « Keep It Going », « Mirror », « Little Girl », « Stockholm », « Strong (London Grammar), « Wicked Game » (cover Chris Isaak)

Place ensuite à Sarah Carlier. Qui est ce soir soutenue par d’excellents musicos. En l’occurrence le guitariste Yannick Werther (Selah Sue), le bassiste/claviériste Clive Govinden, le programmateur Fabrice Blin et le drummer Boris Tchango, dont le kit de batterie à de quoi impressionner. Resplendissante, Sarah a revêtu une longue chemise blanche sur un pantalon de couleur noire. Sur les planches, Boris est devenu le catalyseur du band. Lui et Sarah semblent également très complices. Un seul regard suffit pour qu’ils se comprennent. Ses interventions sont à la fois techniques, sauvages et percutantes. Lorsque celles du gratteur ne sont pas fluides, c’est pour s’autoriser une incursion dans le rock garage. Clive joue de sa basse en slap et tapping ou rogne ses claviers pour en libérer des sonorités bien Hammond, psychédéliques, dans l’esprit du Big Brother and the Holding Company de Janis Joplin. Encore que parfois, on pense au plutôt au Band de Bob Dylan. Même si ce soir, Sarah ne jouera pas de guitare avant le rappel, on ressent malgré tout l’influence qu’a pu et qu’exerce encore Ritchie Havens, sur sa musique. « Shy girls », c’est donc le titre du nouvel LP de Sarah Carlier. Mais même si au fond d’elle-même, elle est stressée, avant de grimper sur les planches, elle parvient à vaincre sa timidité dès qu’elle entame son set. Particulièrement attentive, la foule présente ce soir a beaucoup apprécié sa prestation.

Ce n’est donc que lors du rappel qu’elle va se servir d’une gratte semi-acoustique et puis également du piano.

Une Sarah rayonnante et un Boris en forme olympique ont largement contribué au succès de ce concert. Pour cette raison, on peut les remercier…

Setlist : « Shy Girl », « Reborn », « Loner », « Big Planet », « I’ve Done My Share », « My Dear », « Watchtower », « Colors And Beauties », « If You Go », « Curve The Angles », « Nation Of Love », Something Somewhere ».

Rappel : « Going Back », « Chorus Man », Save My Soul », « Deep Down »

(Organisation : Botanique et Ubu Productions)

Charli XCX

Marilyn Monroe et Marilyn Manson…

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Charli XCX s’est rappelée à notre bon souvenir, en publiant « Blame It On Your Love », un hit en puissance, pour lequel elle a reçu le concours de Lizzo ; une compo qui fait des ravages dans toutes les playlists. Charlotte Emma Aitchison aka Charli XCX est une véritable machine à tubes : depuis « Fancy » à « I Love It », en passant par « Boom Clap », « Boys » ou encore « 1999 », qui avait bénéficié de la participation de Troye Sivan. Ce qui lui a permis d’accumuler les récompenses (Billboards Music et Brit Awards, nominations aux Grammys ainsi qu’au MTV EMA). Influencée par ses célèbres aînées, en l’occurrence Britney Spears, les Spice Girls, Kate Bush et Donna Summer, elle s’est taillée une place de choix dans un univers très concurrentiel, même si elle n’atteindra sans doute jamais le statut de Lady Gaga, qui n’a pas besoin d’artifices pour se produire en ‘live’, se contentant même parfois d’un piano et de sa voix…  

Dorian Electra assure le supporting act. Agé de 27 ans, il est originaire de Houston, aux States, et a gravé son premier elpee, « Flamboyant », en juillet dernier. Personnage androgyne, il est vêtu d’un pantalon ample et bouffant de couleur sombre, porte des chaussures aux semelles compensées et a enfilé un body féminin rembourré au niveau de la poitrine… Pas de musicos mais des bandes préenregistrées. Interactif, il arpente les planches de gauche à droite (et inversement) et se tortille comme un serpent. La fosse se mue déjà en immense dancefloor. Six spots se focalisent sur l’avant-scène et quatre autres balaient constamment l’ensemble du podium, sur lequel a été collé de la tape fluo. Le set s’ouvre par le titre maître de son LP, un morceau flamboyant et funky, bien dans l’esprit d’un Mickaël Jackson, qu’il chante d’une voix vocodée peu masculine. « Mr. To You » adopte un profil davantage dubstep. Il aligne la plupart des morceaux de son long playing, sans trop changer de ton. Dorian insistera à plusieurs reprises pour que le public se rende au stand merchendasing, après le show...

Setlist : « Flamboyant », « Mr. To You », « Man To Man », « Emasculate », « Live by the Sword », « Musical Genius », « Daddy Like », « VIP », « Guyliner », « Career Boy »

Deux immenses rectangles tronqués sont placés de chaque côté d’un couloir balisé au centre de la scène avec du tape fluo jaune. Au fond, à gauche et à droite, 16 stroboscopes sont superposés par rangées de deux. Pas de musiciens sur les planches, mais encore des bandes préenregistrées. Dommage, car en tournée, elle est régulièrement soutenue par un backing group. Et pas de guests, non plus, à l’instar d’artistes qui ont collaboré avec elle, comme Christine and the Queens, Troye Sivan, Lizzo HAIM ou encore la drag-queen Pabllo Vittar.

Sexy, Charli XCX est habillée d’une robe à froufrous qui s’agite sous le souffle d’un puissant ventilateur, planté juste devant elle. Un peu comme Marylin Monroe. Sa petite culotte est noire. Pas de surprise, elle va l’exhiber régulièrement.

Le set va se dérouler sous un déluge de lumières. Aveuglant, il émane tant de l’arrière-scène que du plafond. Du balcon, on ne voit d’ailleurs pas toujours très bien le spectacle. Les cubes et les smartphones s’allument régulièrement. La diva remue constamment, se déplace, danse et invite la foule à crier, lever les bras, s’accroupir et jumper. Sa voix est puissante. La setlist va privilégier les titres de son quatrième opus, « Charli ». La fosse se transforme de nouveau en énorme dancefloor et la température finit par devenir caniculaire, « Vroom Vroom » et « Gone », en atteignant même le pic. Le public –en général plutôt jeune même si on a croisé quelques parents et grands-parents qui ont probablement entraîné leur progéniture– reprend les paroles en chœur. La bombe insulaire aligne ses hits imparables, mais il y a de quoi être frustré quand on doit se contenter des voix de Haim, Lizzo et Cris (NDR : et tout particulièrement pour « Gone ») préenregistrées. Plus doux et indolents, « I Don't Wanna Know » et « Thoughts » permettent à l’auditoire de reprendre son souffle. Charli remercie la communauté LGBTQ en invitant sur scène de affreux drag queens pendant « Shake It », dont certains ressemblaient plus à Marilyn Manson qu’à Marilyn Monroe. Pas de trace de plus anciens hits comme « Boom Clap », « Fancy » ou encore « Break The Rules » ; et c’est bien dommage. Bon, maintenant, le public semble avoir apprécié le show, s’est amusé, et apparemment n’a pas été perturbé par l’absence de véritables musiciens. Charli XCX a donc récolté le succès que le public, acquis à sa cause, lui a accordé…

Setlist : « Next Level Charli », « Click », « I Don't Wanna Know », « Vroom Vroom », « Gone », « Cross You Out », « Warm », « February 2017 », « Thoughts », « White Mercedes », « Official », «Shake It », « I Got It », «Track 10, Blame It on Your Love », « Silver Cross », « 2099 ».

Rappel : « Unlock It », « I Love It (Cover Icona Pop) », « Boys », « 1999 ». 

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation) 

Carla Dal Forno

Un merveilleux voyage onirique…

Carla dal Forno est chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste. De nationalité australienne elle vit pour l’instant à Berlin. Révélée à l’automne 2016 par son album « You Know What It’s Like », sorti sur le label label Blackest Ever Black, elle propose une musique inclassable, un ‘omni’ (objet musical non-identifié) naviguant entre psychedelic folk, new-wave, trip-hop et lo-fi. Ce soir, l'artiste est venue présenter son deuxième elpee, « Look Up Sharp », paru sur son propre label, Kallista. Grâce à son atmosphère intimiste, La Rotonde du Bota constitue l'écrin idéal pour cette musique à la beauté fragile.

Mais avant de découvrir Carla, les programmateurs du Botanique nous réservent, une fois de plus, une belle surprise. En l’occurrence Daisy Darkpark qui ouvre le bal. Comme pour entretenir le mystère, on ne dispose d'aucune information sur le projet. On sait juste qu’il est belge. Sur le podium, seule derrière la table où sont alignées ses machines, une jeune chanteuse et musicienne développe ses ambiances sombres et ses beats hypnotiques. Le style est original : une musique dark-ambient, électronique et expérimentale, sur laquelle l'artiste vient placer des phrases tantôt parlées, tantôt chantées, le tout entrecoupé de petits cris façon Björk. On est emporté au sein d’un univers sonore post-industriel, rappelant ‘Blade Runner’, que célèbre une prêtresse mutante aux cheveux noirs bouclés, lovée dans une tunique deux-pièces blanche et futuriste. Le dernier morceau du set se détache clairement : plus mélodique, il évoque un Dead Can Dance post-apocalyptique. Complètement tripant ! Après le concert, nous avons pu rencontrer l'artiste et glaner quelques informations. Derrière Daisy Darkpark se cache, en fait, une jeune musicienne et artiste louvaniste, Femke. Elle n'a pas encore gravé de disque, se limitant jusqu'à présent à quelques publications sur Soundcloud mais elle prépare un premier album, dont elle a joué une partie des tracks lors du concert. Le dernier titre de sa setlist, « Felsic Vein » est épatant ! Une composition inspirée par un site majestueux qu'elle a visité en Chine et a provoqué chez elle une révélation quasi-chamanique. Il n'en faut pas plus pour attiser notre intérêt. On attend donc impatiemment ce premier release ! En tout cas, on a eu une belle révélation et, de surcroît, vécu une rencontre avec une artiste unique, hyperdouée et terriblement attachante. 

Toujours un peu perchés grâce à Daisy Darkpark, nous sommes dans l'état idéal pour nous plonger dans la musique vaporeuse de Carla Dal Forno. Accompagnée d'un seul musicien, un ‘synth-wizard’, l'artiste australienne pénètre discrètement sur le podium et tout, dans son look et son attitude, respire la simplicité. Habillée d'un pantalon et d'un pull noirs, elle apparaît comme dans ses clips : belle, douce, timide et mystérieuse. Arborant un sourire un peu mélancolique, elle entame son set par « Don't Follow Me » et le très beau « What You Gonna Do Now ? ». Par rapport à ses précédentes prestations en Belgique, l'interprétation en 'live' de ses morceaux est beaucoup plus fidèle aux versions originales. On regrette seulement la présence trop envahissante, par moments, des effets sonores produits par les synthés modulaires, qui flirtent par trop avec Monsieur Larsen. On remarque également quelques problèmes de justesse, surtout lorsque la chanteuse s'accompagne à la basse. Mais hormis ces petits détails, le spectacle est captivant et d’une grande beauté. Les références sont multiples : The Cure, période « Faith », Virginia Astley, Brian Eno, Tropic of Cancer, Dead Can Dance, Anika, Bat For Lashes, Soko ou Angel Olsen. On est fasciné par la beauté de « No Trace » et, surtout, « So Much Better », que la chanteuse ponctue par un ‘Shout out to my ex !’ très explicite... La setlist nous réserve deux reprises, « Blue Morning » de The Kiwi Animal et « Lay Me Down » de Renée. Mais ce sont surtout « Clusters » et « Took A Long Time » qui provoquent le plus de réactions au cœur d’un public resté jusque-là très silencieux. Sur ces compos envoûtantes, Carla se déhanche lentement, en affichant cette sensualité discrète qui la singularise. Un pur moment de bonheur... qui est malheureusement de courte durée car 45 minutes seulement après être montée sur les planches, la belle nous abandonne lâchement. Et l'absence de rappel s'ajoute alors à ce sentiment de trop peu. Mais ne dit-on pas qu'il vaut mieux un concert court et prenant qu'une longue prestation sans couleurs ? Ne boudons pas notre plaisir et remercions Carla Dal Forno pour ce merveilleux voyage onirique.

(Organisation : Botanique)

Photo : Samual Davidson

TR/ST

TR/ST, c'est loin d’être TRiSTe...

TR/ST, à ne pas confondre avec le groupe français Trust, est un projet créé en 2009 par Robert Hiley (alias Robert Alfons) et Maya Postepski (alors drummeuse au sein d'Austra). Sur son premier album –un éponyme– le duo canadien tissait une electro sombre et sensuelle. Le deuxième opus, « Joyland », coïncide avec le départ de Maya Postepski, désormais orpheline d'Austra et active en solo sous le patronyme de Princess Century. Cette année, Alfons opère son grand retour pour présenter « The Destroyer 1 et 2 », un elpee diptyque résolument sombre et mélancolique. Maya Postepski y fait son come-back, participant à la composition et à la production de plusieurs tracks. Quel plaisir de retrouver la machine à sudation infernale toujours habitée par le même leitmotiv : la danse. Ayant, par le passé, essuyé les planches du DNA, de l'AB Club et du Brass, TR/ST revient ce soir à Bruxelles par la grande porte. Et c'est une salle de l'Orangerie quasi-complète qui est prête à l'accueillir chaleureusement. 

En lever de rideau, la première partie nous réserve d'emblée une très belle découverte : Ela Minus. De son véritable nom Gabriela Jimeno , cette jeune Colombienne établie aux USA, est une véritable magicienne des synthés. Et pour cause, elle les assemble elle-même. Excusez du peu ! Après une longue introduction instrumentale, elle entre dans le vif du sujet. Electro minimaliste, très 'groovy', sa musique évolue quelque part entre celles d'Austra, de Marie Davidson et de The Knife/Fever Ray ; et elle va littéralement fasciner l’auditoire du Bota. Récemment signée par Domino, le label qui héberge Austra, la belle va publier son premier LP l'année prochaine. Retenez son nom !

La température monte immédiatement d'un cran lorsque Robert Alfons apparaît sur les planches. Affichant un look longiligne et félin, adoptant des poses lascives et dévoilant un beau minois, ce musicien est devenu une icône de la communauté LGBT, qui est présente en masse ce soir. Dès les premières notes de « Candy Wall », on comprend que le concert va être très chaud. Musicalement, TR/ST occupe une place à part : c'est de la synthpop très mélodique mais avec une dimension dance, clubbing très prononcée. On pense évidemment à Austra et à Crystal Castles, également issus de Toronto, mais la comparaison peut également inclure les Pet Shop Boys, voire même Coldplay (le morceau « The Destroyer »). « Dressed For Space », extrait du premier long playing, convainc également grâce à sa pulsation disco irrésistible. Pendant « Grouch », le beau Robert tombe sa veste en vinyle et passe à la vitesse supérieure. Visiblement très en forme, il virevolte tel un lapin en rut et sa voix miaule délicieusement. Sur le podium, il est flanqué d'une claviériste, qui semble surtout chargée de vérifier que les séquences préprogrammées soient exécutées correctement par les machines, et d'une batteuse, efficace mais loin d'avoir la finesse technique et l'aura de l'incomparable Maya. Résidente à Bruxelles, cette dernière n'est malheureusement pas présente ce soir, eu égard à ses engagements avec Peaches, à Berlin.

Après la plage titulaire du dernier album, TR/ST entame ensuite une irrésistible montée en puissance, grâce à une version alternative de « Iris » et, surtout, à deux bombes atomiques : « Shoom » et « Bulbform ». La tension est à son comble et Alfons prend congé de la foule, à l'issue d'un « Peer Pressure » émouvant.

Trois titres seront dispensés lors de l’encore : tout d'abord « Unbleached », qui a été déplacé vers le rappel par rapport à la setlist prévue et, pour clore en beauté, « Colossal », une compo qui porte bien son nom ainsi que le petit bijou : « Sulk », qui achève la prestation, et surtout les fans épuisés par 80 minutes de danse non-stop.

Oui, on peut le dire : TR/ST, c'est loin d’être TriSTe… enfin, mention spéciale aux deux ingénieurs du son de la soirée : Elsa Grelot et Guy Tournay.

(Organisation : Botanique)

Photo : @petrafcollins

Sigrid

Une véritable bombe énergétique

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Sigrid Solbakk Raabe a choisi pour nom de scène Sigrid. Agée aujourd’hui de 22 printemps, cette jolie Norvégienne a décroché deux énormes hits, en 2017, grâce à ses singles « Don't Kill My Vibe » et « Strangers ». En janvier 2018, elle a remporté le prix ‘The Sound of’ de la BBC. En outre, à ce jour, elle a publié deux Eps (« Don’t Kill My Vibe » en 2017 et « Raw » en 2018) et un premier elpee, « Sucker punch », en mars dernier.

C’est la cinquième fois en deux ans que Sigrid se produit en Belgique. Et au fil des concerts, le public est de plus en plus nombreux. Ce soir, la salle est d’ailleurs presque sold out.

Ider assure le supporting act. Issu du Nord de Londres, ce duo est soutenu en ‘live’ par un batteur. Féminine, la paire réunit Megan Markwick et Lily Somerville, qui se consacrent aux claviers et aux guitares. Le drumming est à la fois technique et métronomique. La musique baigne au sein d’une forme d’électro/pop contemplative enrichie par les harmonies vocales dépouillées, atmosphériques et mélancoliques échangées par les filles. La formation va nous proposer des extraits de son dernier elpee, « Emotional Education, paru en juillet 2019. Au fil du temps, ces superbes harmonies et ces arrangements soignés deviennent de plus en plus captivants. A un tel point que lorsque le set, de trop courte durée, s’achève, on reste sur sa faim. Le band se produira ce 1er février 2020 au Trix à Anvers.  

Setlist : « King Ruby », « Whole Life », « Swim», « Body Love/NSOM », « Saddest Generation », « Wu Baby », « Mirror ».

Une estrade à 2 étages supporte un matos conséquent. Sigrid est vêtue, tout simplement et comme son public –surtout féminin– issu de la même génération :  jeans, baskets et tee-shirt de couleur blanche. Elle est soutenue par un préposé aux pads électroniques, deux gratteurs, dont un double aux claviers et une choriste à la voix puissante et haut-perchée. 

Dans la fosse on remarque la présence de nombreux drapeaux norvégiens. Particulièrement interactive, Sigrid interpelle son public, tant celui des premiers rangs que des deux balcons ou du reste de la salle. Et il est également participatif, reprenant les refrains en chœur. Elle va ainsi enfiler dix-huit titres d’une manière naturelle en ne s’accordant que très peu de temps de répit entre les différentes chansons. Une véritable bombe énergétique ! D’ailleurs, romantique, « In vain » s’achève de manière explosive. Pendant « Plot Twist », elle parcourt la scène de long en large. Mouvement qu’elle va répéter tout au long du concert. Résultat, la majorité du temps, la foule danse. Bénéficiant d’un light show très efficace, Sigrid est parvenue littéralement à mettre l’auditoire dans sa poche. Mais c’est aux deux-tiers du parcours que l’émotion atteindra son comble, lors de deux morceaux qu’elle va chanter seule en s’accompagnant aux claviers. Elle manque son intro de « Dynamite » ; ce qui rend finalement l’artiste humaine. En outre, elle remplit l’auditoire d’ambiance positive tout au long de « Home to you ». Pas de rappel ! En quittant les planches, Sigrid semblait ravie. Et le public aussi...

Setlist : « Mine Right Now », « In Vain », « Schedules », « Plot Twist », « Raw », « Sight Of You »  « Don’t Kill My Vibe », « Level Up », « High Five », Fake Friends », « Business Dinners », « Sucker Sunch », « Dynamite », « Home  To You », « Basic », « Never Mine », « Strangers », « Don’t Feel Like Crying ». 

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

Fontaines D.C.

Une ambiance digne d’un stade de foot, en Angleterre…

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La St-Patrick, c’est seulement dans quatre mois ; et pourtant on va déjà assister, à une belle fête irlandaise, ce soir. Et pour cause, trois formations issues de l’île verte vont se produire à l’Orangerie du Botanique. Ne vous y méprenez cependant toutefois pas, la musique proposée ne sera pas celtique, mais naviguera à mi-chemin entre (post-)punk et noisy. Et si le public tape du pied c’est parce qu’il escompte bientôt pogoter plutôt que d’envisager esquisser une danse traditionnelle.  

The Claque ouvre le bal à 20 heures pile. Il s’agit du combo le plus jeune du lot. Il a entamé son parcours en mars 2019, publié depuis le single single « Hush » et accordé quelques concerts. Le line up réunit une chanteuse au physique avantageux (NDR : pensez à Kim Gordon lorsqu’elle était jeune) et à la voix captivante. En l’occurrence Kate Brady. C’est également la frontwoman. La bassiste semble avoir été empruntée à Warpaint, alors que les deux gratteurs, dont Alan Duggan (NDR : qui a milité chez Girl Band), ont adopté une attitude très shoegazer. Ce sont d’ailleurs eux qui brisent la simplicité et la répétitivité des refrains, des refrains dispensés dans l’esprit d’un Stereolab, à travers leurs déferlantes de riffs. Encore clairsemé à cette heure, l’auditoire applaudit poliment. Manifestement, il y a du potentiel chez The Claque, mais il doit encore acquérir de la maturité, notamment dans la structure des morceaux et les accords un peu trop récurrents des compos, s’il veut finir par briller sur la scène indie rock…  

Fontaines D.C. était passé presque inaperçu aux Nuits du Bota 2018 au même endroit. Il ouvrait alors les hostilités pour deux autres poids lourds : Idles et Metz. Et puis surtout, il n’avait pas encore publié son LP « Dogrel », paru en avril 2019. Un disque unanimement salué par la critique (NDLR : il figurera certainement dans les sommets du top 20 de votre serviteur ; voir aussi la chronique ici).

Après avoir gravé un tel album et participé à de nombreux festivals, il s’est donc forgé une notoriété certaine. Conséquence, la salle est comble ce soir. Le set s’ouvre par « A hero’s death ». Le leader, Grian Chatten, se secoue et gesticule tel un épileptique, à la manière de Ian Curtis. Son physique évoque d’ailleurs feu le leader de Joy Division. Si « Television screens » constitue un des moments fort du set, « Roy’s tune » accorde un peu de répit à la fosse, un morceau qui aurait pu figurer au répertoire d’Adorable (NDR : qui a d’ailleurs opéré son comeback cette année) ; le timbre vocal nasillard de Grian accentuant cette impression. Mais le show va véritablement décoller à partir de « Too real ». Les verres de bière commencent à voltiger, les pogos se déclenchent massivement et ne s’arrêteront plus avant la fin du spectacle. Il faut dire que de nombreux aficionados issus d’Outre-Manche se sont glissé dans l’auditoire habituel du Bota. « Liberty belle », « Boys in the better land » et en final « Big » nous plongent dans une ambiance digne d’un stade de foot, en Angleterre, au cours duquel un but est marqué toutes les 3 minutes.

Après avoir vécu une telle secousse, Girl Band est attendu de pied ferme. Une formation qui pourrait presque faire figure de vétéran auprès des deux jeunes groupes programmés avant lui. Il faut remonter à 2015 pour retrouver trace de son premier elpee, « Holding hands with Jamie », paru chez Rough Trade. Une année au cours de laquelle il avait opéré un passage très remarqué à la Rotonde du Botanique. Quatre longues années se sont donc écoulées avant la sortie du nouvel opus, « The talkies », une œuvre un rien plus sombre que le précédent. Mais ce set va littéralement s’apparenter à un combat de boxe. Après un premier round d’observation, on s’inquiète quelque peu en observant le leader, Dara Kiely, qui a pris autant de poids. Sa barbe est négligée et il regarde dans le vide, conséquence, sans doute, de ses récents séjours en soins psychiatriques. Son attitude sur les planches intrigue. Il exécute continuellement un petit mouvement du bras. Tout au long de « Pears For Lunch », le band maîtrise la situation. A partir de « Lawman » (NDR : c’est le single !), quelques timides ‘headbangings’ se produisent. Mais en général, l’auditoire demeure encore plus ou moins paisible tout au long des plages du dernier long playing, dont « Shoulderblades » transcendé en ‘live’ par des guitares ravageuses. Et c’est lors de la deuxième moitié du round qu’on va se prendre des hypercuts en pleine face. La reprise du « Why They Hide Their Bodies Under My Garage? » du groupe electro Blawan soulève un vent d’hystérie au sein des premiers rangs. Entre dance floor et arène de pogo hardcore, le public ne se tient plus.  A la fois sombre, mais intense, « Going Norway », ainsi que l’incontournable autre single, « Paul », mettent KO les derniers spectateurs qui étaient encore sur la défensive…

Et après ces excellents concerts, quel plaisir de retrouver le musicos de ces trois groupes, souriants et décontractés, au stand merchandising. Une soirée rock’n’roll comme on en souhaiterait davantage…

(Organisation : Botanique)

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