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Peter Murphy ressuscite la magie gothique de Bauhaus... Spécial

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Le monde a découvert Bauhaus en 1982, grâce au clip d'introduction du film culte "Les Prédateurs" ("The Hunger"). Le groupe y interprétait "Bela Lugosi's Dead" derrière un grillage, lors d’une soirée postpunk décadente. Au cours de sa brève carrière, la formation créée en 1978 à Northampton par Peter Murphy, Daniel Ash, Kevin Haskins et David J, a jeté les bases d'un genre musical nouveau, le rock gothique, en combinant le punk et le glam-rock, tout en n’oubliant pas d’y coller un côté théâtral et cinématique sombre inspiré des films de vampires des années 30. Après la séparation du groupe en 83, Peter Murphy a formé un duo éphémère (Dali's Car) en compagnie de Mick Karn, le bassiste de Japan ; mais s’est surtout concentré sur une carrière solo au succès inégal, publiant huit albums consacrés à un éventail de styles musicaux beaucoup plus large. Bauhaus a reformé brièvement le combo. A deux reprises. Tout d’abord, en 1998 pour le besoin d’une tournée. Et puis entre 2005-2006, pour un autre périple, accompli en compagnie, entre autres, de Nine Inch Nails ; mais également pour graver un elpee proposant de nouvelles compositions, "Go Away White".

Les dernières apparitions de Bauhaus en Belgique remontent à 2006. Lors d’un très bon concert accordé à l'Ancienne Belgique, mais également d’une prestation décevante octroyée aux Lokerse Feesten, en raison d’évidentes dissensions qui avaient éclaté entre les musiciens du groupe. C'est donc en affichant un grand intérêt et une grande curiosité que nous attendions ce concert de Peter Murphy, organisé dans le cade d'une tournée d'hommage (Mr Moonlight Tour) destinée à célébrer les 35 ans d'existence de la formation.

Lorsque le chanteur charismatique monte sur l’estrade, il est accompagné de Mark Gemini Thwaite, son fidèle guitariste (ex-The Mission), du bassiste/violoniste Emilio Chine et du batteur Nick Lucero. Vêtu d'une veste bordée de fourrure et d'un pantalon en cuir, il arbore un look 'dark glam' parfaitement de circonstance. Bien sûr, il accuse ses 55 ans, arborant un début de calvitie mais tant au niveau des prestations vocales que dans son attitude, il assure un maximum! La formation entame le set, en douceur, par "King Volcano", une valse quasi-acoustique interprétée dans la pénombre. Elle embraie par "Kingdom's Coming", une compo également dominée par la guitare à douze cordes, évoquant évidemment une des références majeures du chanteur, David Bowie.

Mais ce calme relatif est de courte durée, car place ensuite au rouleau compresseur: "Double Dare". Un morceau caractérisé par son riff de basse saturé carrément metal, rappellant Killing Joke, voire Black Sabbath. La salle de l'Ancienne Belgique n'est pas complètement garnie, mais on sent déjà que la température monte d'un cran. Particulièrement sauvages, les parties vocales de ce brûlot sont exécutées à la perfection par Murphy. Sa maîtrise est étonnante et il accorde une attention permanente au son, donnant régulièrement des instructions aux ingénieurs responsables, sis sur le côté de la scène. Sa manière de faire varier la distance entre le micro et sa bouche, en fonction de la puissance des sons émis par sa voix, est très caractéristique... Et quelle voix ! Un baryton profond qui vous glace le sang dans les basses et explose de puissance dans les aigus. 

Plus tard, « In the Flat Field » constituera, pour le public, la première occasion de manifester son enthousiasme, et on décèle déjà, ça et là, les prémisses des premiers pogos. Murphy va ensuite puiser dans des titres un peu moins connus de Bauhaus pour en tirer des perles comme « God in an Alcove », « Boys » et surtout le magnifique « Silent Hedges ». Après « Too Much 21st Century », le seul titre tiré de l'album réunion « Go Away White », on a droit au second grand hit du groupe : « Kick in the Eye ». La basse quasi funky/disco d'Emilio Chine communique un groove irrésistible au morceau et Murphy se déhanche avec une belle élégance.

Peter nous accorde ensuite sa première composition 'solo', en l’occurrence la très jolie chanson « A Strange Kind of Love », que le chanteur interprète en s’accompagnant à la guitare sèche. La mélodie instrumentale n'est pas exécutée à la trompette comme sur la version studio mais, très belle surprise, par Chine au violon ; et en fin de parcours, Murphy chante un extrait de « Bela Lugosi's Dead » sur les accords de cette ballade. Transition toute logique pour introduire ce chef-d’œuvre de 9 minutes, qui est considéré comme la première chanson ‘gothique’ de l'histoire de rock. On attendait évidemment les musiciens au tournant sur ce titre et le résultat est tout bonnement époustouflant. En fermant les yeux, on aurait pu croire que Bauhaus renaissait de ses cendres. Le public tout entier chante à l'unisson avec Murphy : ‘White on white, translucent black capes, back on the rack... Bela Lugosi's Dead’. Un superbe moment, rehaussé d'un light show de toute beauté. Regardez la vidéo là 

A partir de cet instant, les hits imparables se succèdent, dont le lumineux « The Passion of Lovers », au cours duquel Murphy virevolte comme un derviche, et surtout, l'extraordinaire club-killer « She's in Parties », un hymne incontournable pour toute soirée 'dark' digne de ce nom. La rythmique est irrésistible et lors du refrain, Murphy oriente le micro vers le public, qui chante avec délectation. Au moment du break, Murphy va se placer à côté du batteur pour jouer du mélodica et l’accompagner aux percussions, tout en criant ‘Rastafari’ : on est en plein dub-reggae ! Revivez ce moment ici   

Si « Stigmata Martyr » nous crucifie sur place, « Dark Entries » déclenche instantanément un pogo, aux premiers rangs. Murphy y joue également de la guitare électrique. Curieusement, Murphy ajoute une reprise de Dead Can Dance, « Severance », comme dernier morceau du set, un choix discutable, car l'ambiance retombe malheureusement d'un cran à ce moment clef.

Lors du premier rappel, Murphy nous réserve le très beau « All We Ever Wanted Was Everything », sur lequel Emilio Chine utilise son violon comme une contrebasse, puis son deuxième morceau solo, « Subway », une chanson atypique, plutôt planante, dominée par de superbes nappes d'un synthé Roland Jupiter 80, sur lequel Murphy fait mine de pianoter, même si de toute évidence, cette partie est reproduite par un séquencer. Quoi qu'il en soit : c'est une bien belle chanson, qui montre toute l'étendue de l'inspiration de cet artiste polyvalent. Enfin, l'explosion finale nous viendra de « Ziggy Stardust », ce morceau de Bowie auquel Bauhaus avait donné une seconde vie.

Le second ‘encore’ est entamé par une version a capella de « Cool Cool Breeze », ce titre 'caché' tiré de l'Ep « Recall » de Peter Murphy (1998) et surtout, divine surprise, une de mes chansons préférées de Bauhaus, le lancinant « Hollow Hills ». Dans l'obscurité presque complète, la son de la basse se répand, rond et menaçant. Murphy chante et en même temps joue un jeu d'ombre et de lumière à l’aide d’un néon portable qu'il tient dans la main. Encore un moment magique, qui flanque la chair de poule ! Regardez la vidéo  

Pour clôturer ce concert d'anthologie, Peter Murphy et son band nous gratifieront encore un excellent « Spirit », extrait de « The Sky's Gone Out... » (1982). A l’issue du concert, on n’entendait que des louanges. Des louanges répercutées sur les réseaux sociaux. ‘Superbe concert !’ ou encore ‘Murphy is undead !’ ; et force est de constater que le fascinant chanteur a réussi son pari. Musicalement, c'était parfait et surtout, ce ‘godfather of goth’ a démontré qu'il avait l'énergie et la motivation pour ressusciter le moribond Bauhaus de si belle façon ! Pas de doute, Peter Murphy est toujours le Prince des Ténèbres...(voir section photos ici )

En première partie, Kiss The Anus Of A Black Cat (voir section photos ), la formation belge emmenée par Stef Heeren, a enchanté le public. Sa musique folk/darkwave aux accents tribaux évoque 16Horsepower pour la voix habitée à la David Eugene Edwards et Sisters of Mercy pour les superbes parties de guitare. Le groupe, dont le patronyme est tiré d'un rituel de sorcellerie, gagne clairement à être vu et entendu dans le cadre d'un concert complet, même si sa présence scénique pourrait être améliorée. Par le biais de vidéos, par exemple!! En tout cas, une très, très belle découverte. Regardez la vidéo du morceau « Take My Word As Gospel » ici 

(Organisation : AB)

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Peter Murphy
  • Date: 2013-06-03
  • Concert Place: Ancienne Belgique
  • Concert City: Bruxelles
  • Rating: 0
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