Le dernier combat de Malween…

Malween est le projet emmené par Julien Buys, auteur, compositeur et interprète, originaire de Nantes. Julien a quitté le monde de la finance, sans regret, en 2017 pour devenir comédien voix-off le jour et chanteur/guitariste a sein de différents projets…

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Lambchop plays ‘Nixon’ : de l’anesthésie à l’emballement… Spécial

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Ce soir, l’AB est en configuration Théâtre. Donc, le spectateur est confortablement installé dans un fauteuil pour assister au concert. Pas sold out, mais presque. En supporting act, un jeune groupe issu du Nord du pays : Little Dots. Egalement un résident de l'Ancienne Belgique. Ou un chouchou de l’institution, selon. Depuis quelques années, il est de bon ton pour un artiste, de reprendre en ‘live’, et dans son intégralité, l’album qui a marqué sa carrière. Pour Lambchop, un combo issu de Nashville qui compte aujourd’hui 21 ans d’existence, il s’agit de « Nixon », paru en 2000. Un choix posé par le frontman du groupe, Kurt Wagner. Lors de sa sortie, cet elpee avait fait un véritable tabac en Europe –certains magazines dont Uncut l’avaient même qualifié d'album de l'année– alors que l'Amérique boudait ce petit chef-d'oeuvre. En outre, la formation est particulièrement populaire à Londres. Le NME et The Guardian sont d’ailleurs particulièrement élogieux à leur égard. D’ailleurs, ce spectacle ne sera exécuté qu’à deux endroits : devant nous et au prestigieux Barbican Centre de la capitale britannique. Un show qui rend également hommage à Mark Trovillion, ex-bassiste de Lambchop, décédé en 2014, à l'âge de 56 ans. Lambchop avait déjà opéré ce type d’exercice de style, en 2010, au Cirque Royal, dans le cadre du festival 'Autumn Falls’, mais pour « Is A Woman », un long playing paru en 2002.

The Little Dots assure donc la première partie. Vu la quantité d'instruments dispersés sur les planches, j’imaginais la présence de nombreux musicos sur le podium. Ce n’est pas le cas ; il s’agit d’un trio gantois drivé par l’ex-choriste de Lady Linn, Sophia Ammann. Plutôt jolie, elle possède une voix d’Ange et circonstanciellement, se consacre à la gratte. Elle est soutenue par le muti-instrumentiste Tom Callens (claviers, clarinette basse, etc.) et le guitariste Pablo Casella. A leur actif, un album intitulé « A Clear Running Stream », bien reçu par la critique musicale issue du Nord du pays. Mais guère notoire au Sud.

Le trio est à l'aise sur les planches et le courant passe immédiatement entre les trois artistes et le public. Little Dots entame son set par « Getting Out ». Réunissant essentiellement des quadras et des quinquas, l’auditoire est attentif. Silencieux même. La voix douce et limpide de la jolie Sophia rassure. Et devient saccadée tout au long de « Spin The Wheel », une compo légèrement jazzyfiante. Généreux, les claviers soutiennent parfaitement le chant. En général, un supporting act est destiné à chauffer la foule, afin de mettre la tête d’affiche dans les conditions idéales pour sa prestation. Little Dots propose une musique paisible, feutrée, qui si elle se prête bien à la configuration cosy des lieux, baigne plutôt au sein d’un climat intimiste. Et « Mirror Of Everyone » ainsi que « In A Silent Way » en sont deux belles illustrations. Sophie est passée à la gratte acoustique pour « Lost », avant le dernier morceau, « Cold Wind », interprété à trois voix. De quoi vous flanquer des frissons partout. Malgré le laps de temps relativement court (30’) qui lui a été imparti, je dois avouer que le set du combo s’est avéré plus que convaincant. Bref, ma soirée est déjà réussie…

Après un petit interlude sonore, Kurt Wagner monte sur l’estrade pour régler ses grattes. Agé de 56 balais, le leader de Lambchop est coiffé d’une casquette de basketteur. Il se plante à droite du podium ; ce qui n’empêchera pas les spots de se focaliser sur cet artiste tout au long du concert. Il est soutenu par un backing group. Tout d’abord par Tony Crow, préposé au piano à queue et aux claviers. Très souriant, il s’installe légèrement en retrait. Matt Swanson se charge de la basse et Scott Martin, des drums. Ce dernier se place à l’extrême gauche. Enfin, les cuivres sont assurés par Matt Glassmeyer alors que Ryan Norris va jongler entre les synthés et la guitare. Le décor est planté. Lambchop n’a plus qu’à attaquer l’album, dans l’ordre des morceaux de l’opus. Je ne connais pas trop bien ce groupe. L’annonce de l’AB parlait d’americana. J’en avais donc conclu qu’il s’agissait d’une formation country dont les musiciens se servent d’une pedal steel, d’un banjo, d’un violon et autres instruments spécifiques. Pas du tout ! Lambchop est sans doute considéré comme combo de country ; mais ce soir, il n’en sera guère question.

Le drummer mène la danse. Kurt a plutôt une voix de crooner que celle d'un cow-boy. Au fil du set, elle devient même soporifique. L’expression sonore oscille entre le jazz, la soul et le folk. Les musiciens sont des pros et cela se ressent. L’ordre du tracklisting est respecté. Sans interruption, ni interlude. Un ennui certain commence à m’envahir. Pourtant, l’auditoire semble absorbé et applaudit chaleureusement.

« Nixon » a été joué dans son intégralité. Le boulot est terminé. Place à la détente. Tony plaisante. Il s’adresse à Kurt en parlant de sexe et de nanas. Ce dernier le rappelle à l’ordre et lui rappelle que le concert n’est pas encore arrivé à son terme. Et je dois avouer que c’est à partir de cet instant que je vais me réveiller. La cover du « Give Me Your Love » de Curtis Mayfield et « My Face Your Ass », extrait de l’album « Thriller », paru en 1997 (NDR : pas celui de Michael Jackson !), me bottent particulièrement. Tout comme « If  Not I'll Just Die », le morceau d’ouverture de l’album « Mr M », gravé en 2012. En finale, Tony refait le pitre et nous interprète « Gone Tomorrow ». Kurt revient à nouveau sur l’estrade pour attaquer une version magistrale et épatante du « Young Americans » de Bowie.

Curieux, la pièce centrale, en l’occurrence l’interprétation de l’album « Nixon », m’a littéralement cassé les pieds (ou anesthésié les oreilles). A contrario, la fin de parcours m’a vraiment emballée. Lambchop est un excellent groupe, ce n’est plus à démontrer. Mais je me demande s’il est bien judicieux de polariser tout un spectacle sur un album particulier. La concentration y est extrême ; ce qui nuit à l’interactivité entre les musicos et l’auditoire. On a d’ailleurs pu le constater en fin de parcours, lorsque les membres du band ont commencé à se libérer…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Lambchop
  • Date: 2015-01-29
  • Concert Place: Ancienne Belgique
  • Concert City: Bruxelles
  • Rating: 0
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