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Sous les couleurs de l’arc-en-ciel… Spécial

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Suzane vient de se produire à l’Olympia de Paris, devant une salle comble. Elle a littéralement retourné le site de l’abbaye de Floreffe, dans le cadre du festival Esperanzah, cet été ; et elle avait fait forte impression, lors de l’édition 2020 des Nuits Botanique, sous une pluie battante. Ce soir elle est de retour en Belgique, et à Bruxelles, dans la grande salle de l’Ancienne adaptée en Ballroom. Les 800 tickets prévus pour ce spectacle ont été vendus. Donc, il est sold out.

Océane Colom aka Suzane est née le 29 décembre 1990 à Avignon. Auteur, compositrice et interprète, c’est un électron libre de la nouvelle chanson française. Elle se définit elle-même comme une conteuse d'histoires vraies sur fond électro. A son actif deux albums : « Toï Toï », paru en 2020 et « Caméo », début de ce mois de novembre. Lors de Victoires de la musique 2020, elle a décroché celle de la révélation scène, il y a deux ans.

La première partie est assurée par Kalika. Également originaire d’Avignon, elle a publié son premier elpee, « Latcho drom », en mars dernier. Son patronyme est inspiré de ‘Sara-la-Kali’, sainte vénérée par la communauté des gitans des Saintes-Maries-de-la-Mer, mais également de la déesse indienne de la destruction et de la reconstruction. Elle a d’ailleurs été élevée dans la communauté des gens du voyage. Kalika leur est reconnaissante.

Elle dépeint ses émotions et défend ses propos dans des titres créés à partir du quotidien. Des morceaux à scander tels des véritables hymnes en concert, sur un ton souvent décalé. Ses paroles crues et provocantes racontent les histoires tumultueuses d'amour et de sexe d'une jeune féministe de 22 ans. Si elle n’a aucun tabou, ses textes sont à prendre au second degré.

En ‘live’, elle est soutenue par son compagnon aux synthés, aux machines, à la guitare et à la caisse claire.

« Chaudasse » dénonce le ‘slut-shamming’, un concept américano-canadien qui consiste à stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l'attitude ou l'aspect physique serait jugé provocant ou trop ouvertement sexuel ou qui cherche à se faire avorter. Des thèmes bien dans l’air du temps.

Déterminée, Kalika exprime sans détour son désir sexuel pour un homme dans « Olala ». Elle parle de ses émotions, ses pulsions, ses désirs propres, le tout sans retenue. Cette Catherine Ringer des temps modernes possède le regard crépitant de rage mais son sourire barre son doux visage.

Le flamboyant « Dinosaure » retrace l’histoire personnelle d’une de ses fans à l’égard d’un père rigoureux. Elle interprète ce morceau, uniquement en mode piano/voix.  

Kalika a bien joué son rôle de supporting act…

Setlist : « Intro », « Kalika Gang », « Olala », « Chaudasse », « Réveille-Toi », « Dinosaure », « L'Eté Est Mort », « Latcho Drom », « Tu Fais La Gueule », « La Dispute »

On entend Suzane déclamer un texte. Le rideau tombe et chaleureusement applaudie, elle débarque sous les applaudissements pour entamer le particulièrement « Génération désenchantée » (NDR : non ce n’est pas la reprise d’une chanson de Mylène Farmer !)

Le podium est surélevé sur les ¾ de sa surface, d’une estrade. Suzane est vêtue d’un pantacourt et d’un body de couleur noire, le tout recouvert d’un voile transparent de la même teinte.

Si elle n’est pas soutenue par des musicos en ‘live’, elle bénéficie d’une fameuse équipe technique qui se charge de la bande son, des lumières et de la projection de vidéos, sur un grand écran planté en arrière-plan. On va y découvrir des clips consacrés à ses chansons, des doublures de silhouettes de l’artiste quand il n’est pas inondé de lumières qui changent alors constamment de couleur. Et pourtant, ce team demeure discret. Un light show très susceptible d’aveugler la foule ou de se focaliser sur une Suzane en perpétuelle évolution, changeant de couleur au gré des beats et des sonorités électro dispensées.

Dès le premier titre, « Suzane », l’ambiance est déjà brûlante dans la fosse. « Et Toi Ça Va » relate le compte-rendu de ses apéros entre copines.

Suzanne s'aventure sur des rythmes plus dansants, parfois franchement festifs, un climat illustré par le single « Belladonna », tout en laissant la part belle aux paroles empreintes de réflexions sociétales, qui caractérisent son répertorie depuis ses débuts.

Lors de la chanson « « Pendant 24 H », Fabien Marsaud aka Grand Corps Malade apparaît sur l’écran, sa béquille à la main droite. S’ensuit un duo virtuel impressionnant. A l’issue du morceau on a droit à près de 10’ de ‘standing ovation’. Elle n’en oublie pas les compostions de son premier elpee, et tout particulièrement « L’Appart Vide », « SLT » et « Il Est Où Le SAV ? ». Pour ce dernier morceau, au cours duquel des images de désastres climatiques et de pauvreté défilent, un grand brun au cheveux bouclés déboule du backstage armé d’une gratte électrique : Témé Tam. Le tandem va alors mettre le souk, entrainant à nouveau, 10’ d’applaudissements. Et lorsqu’elle est émue, l’artiste nous renvoie alors des cœurs formés avec ses mains.

Le spectacle est vivant, les mots sont d'actualité, le son est excellent, mais un peu froid. Le public est jeune et même très jeune. Suzane chante son époque avec une énergie fédératrice et émouvante à souhait. Des titres immédiats, des thèmes universels et engagés.

« Krishna » raconte l’histoire de la restauratrice parisienne qui avait engagé Suzane, comme serveuse. Elle signale qu’elle lui a permis d’écrire les morceaux de son premier opus et cette chanson lui est dédiée. Bel hommage ! Adoptant la position de la déesse à plusieurs bras, elle nous parle du déracinement des populations migrantes et enchaîne par « 90 », une ode à la nostalgie de l'enfance.

« Clit Is Good » est un manifeste en faveur du plaisir (solitaire) féminin. « P'tit Gars » évoque la chronique glaçante d'un coming-out difficile. L'homosexualité est toujours présente dans l’album « Caméo », avec une différence de taille : cette fois, il ne s'agit plus d'un sujet. Car les quelques chansons d'amour de l'album sont simplement genrées au féminin. Comme une volonté, après avoir raconté, de normaliser. Deux drapeaux aux couleurs « LGPT » sont levés et un autre aux mêmes couleurs est lancé à Suzane qui l’embrasse. Le public est chaud et applaudit à tout rompre, alors que Suzane lâche quelques larmes. Le set s’achève par « Un Ticket Pour La Lune », sous un univers étoilé, tandis que sur l’écran apparait la voie lactée et la lune. Un ‘Happy Birthday’ sera même entonné pour fêter l’anniversaire de la tour manager qui débraque brièvement sur les planches.

(Organisation : Live Nation)

Informations supplémentaires

  • Band Name: Suzane
  • Date: 2022-11-16
  • Concert Place: Ancienne Belgique (Ball Room)
  • Concert City: Bruxelles
  • Rating: 8
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